vendredi 9 août 2019

28 bâtiments et lieux de culte liés à l'Eglise Protestante Unie des Côtes-d'Armor




Il est difficile d'imaginer que 29 lieux sont liés à l'histoire de la communauté protestante de l'Eglise Réformée dans les Côtes-d'Armor depuis une centaine d'années ! Et pourtant, en fouillant dans les archives, voilà des Temples, des chapelles, un manoir, de simples maisons louées pour célébrer des cultes...
Au travers de ces lieux c'est l'histoire d'une communauté, certes minoritaire, mais qui ne manque pas d'imagination pour trouver les moyens de faire vivre ses convictions, sa foi...

Liste des lieux évoqués :
Temple de St Brieuc, immeuble du Légué, Cesson, temple d’Étables, St Quay Portrieux, Val André, St Cast, temple de Lannion, Kérenoc en Trébeurden, Loquemeau, Trébeurden, L'Ile grande, Ker Aliès, Trégastel, Ploumanach, Beg Léguer, Kérénoc, Tréguier, St Quay Perros, la rade en Perros,  Penvern en Perros, temple de Perros-Guirec, manoir de Crampoisic, Guingamp, Pontivy, Loudéac, Lamballe-Coëtmieux,  Erquy-Fréhel, Montcontour...






Le temple protestant de Saint-Brieuc, rue Victor Hugo




Le temple protestant de St Brieuc, rue Victor Hugo.


L'origine du temple protestant de St Brieuc 1908


Tout d'abord, Théophile Roux, venu de Paris, trouva les protestants de St Brieuc rassemblés au sein de l'association de l'Eglise Evangélique Méthodiste. On lit ensuite dans le procès verbal de l'Assemblée du 14 février 1908 :
"Messieurs Ochart et Roux demandent à l'association de préciser ses intentions au sujet de la construction, à St Brieuc, d'une chapelle protestante et promettent l'appui pécuniaire de la caisse centrale.
L'association décide à l'unanimité que le profit de la construction d'une chapelle sera mis à exécution, s'en remettant à la générosité, et aux offres de ses membres, pour réunir le capital nécessaire."

Le 27 février 1908 :
[...] "Monsieur Roux offre de remplir, sans traitement, les fonctions de pasteur, de l'Association cultuelle de St Brieuc, et de prendre à sa charge, les frais d'achat du terrain, et de la construction d'une chapelle Presbytère.
L'Association accepte à l'unanimité les propositions de Monsieur Roux [...]"


Le pasteur Roux laissera le temple, ainsi que l’appartement, à disposition de l’église à son départ en 1921.




Plaque en souvenir du travail et de la générosité du pasteur Théophille Roux. Archives du Temple.


L'angle de la rue Victor Hugo, sur la droite le temple de St Brieuc en 1962.


L'angle de la rue Victor Hugo, sur la droite le temple de St Brieuc en 2018


Le mobilier et les travaux dans le Temple protestant de St Brieuc


Dès l'installation du temple en 1908, une souscription permet d'acheter le mobilier (une chaire, un porte-bible, des chaises, des pliants, des tabourets-poufs, des tentures, un porte parapluie) et d’acheter un poêle. Le temple possède aussi un harmonium. L'installation du gaz est prévue.
En octobre 1940, le pasteur Crespin fait aménager le grenier car la salle à manger du presbytère, contiguë au Temple est utilisée comme sacristie et salle de réunion. Le pasteur évoque une situation favorable qui ne va pas durer : les finances le permettent après la vente de la Roulotte et d'un don exceptionnel "qu'il convient d'employer aussitôt que possible pour éviter une dépréciation menaçante de la monnaie".

En mars 1950, le pasteur Marquer et les membres du Conseil presbytéral envoient une lettre à toutes les personnes qui connaissent ou ont connu le temple de St Brieuc (réfugiés pendant la Guerre, protestants ayant quitté la région, estivants depuis la Libération...). Le but est de trouver des finances pour l'agrandissement du temple qui dispose alors de 48 places assises :
"Nous comptons abattre la cloison légère qui sépare le Temple de la sacristie, et agrandir ainsi le temple de 24 places, ce qui donnerai 72 places assises (100 en ajoutant des chaises dans les grandes occasions)...Nous projetons de construire une salle annexe, sur le terrain derrière le bâtiment..."
Ces travaux seront réalisés surtout grâce à des dons et à une subvention importante de la Société Centrale d'Evangélisation. En juillet, il ne reste que de petits aménagements à réaliser mais les travaux d'agrandissement sont finis.


L'intérieur du Temple de St Brieuc avant modifications. 1950. Archives du temple St Brieuc



En 1953, différents meubles sont transportés par M.Martineau de l’Eglise anglicane de Dinan, en très mauvais état, jusqu’à Saint-Brieuc. Rappelons que l'Eglise anglicane a été inaugurée le 21 décembre 1870.
Le mobilier dont il est question peut dater approximativement de cette époque. 
Il s'agit en particulier d'une chaire en bois sculpté, 16 bancs de 3,20 m de long, un lutrin en bois1,65 m de largeur, 2 armoires, 2 troncs, 1 tableau d'affichage, 1 tableau de cantique.
Dans son livre "La colonie anglaise", Diane Moore indique que "jusqu'en 1953, l'Eglise Réformée de France utilisait l'église, mais personne ne voulait assumer la responsabilité de l'immeuble; il suivit un procès en 1958 entre la Société d'Evangélisation et l'évêque de Fulham".

En novembre 1959 un avoué de Dinan, M.Robert Gavard, défendant les intérêts de l'évêque de Fulham, demanda des comptes sur ce mobilier! Mais l'évêque perdit son procès et le mobilier resta à St Brieuc...

Nous voyons ci-dessous la chaire telle qu'elle se présentait dans l'Eglise anglicane de Dinan. La chaire mesure un mètre de haut. Elle était posée sur un support de 75 centimètres ce qui la rend nettement visible au dessus des chaises. A St Brieuc, elle est maintenant posée sur une estrade mais elle est séparée de sa partie inférieure.
C'est l'élément le plus remarquable du mobilier transféré à St Brieuc.




La chaire (dans le temple anglican de Dinan)
Photo extraite du livre La colonie anglaise. Diane Moore. Edition Plessix. Page 153


Gros plan sur la chaire (dans le temple anglican de Dinan) 



Partie supérieure de la chaire actuellement dans le temple réformé de St Brieuc


Partie inférieure de la chaire conservée dans le sous-sol du temple réformé de St Brieuc




En 1956, une bible du XVII ème siècle est offerte par le professeur Hoffman de la Faculté de théologie protestante pour remplacer celle qui servait avant et qui était trop petite. 





Première page de la bible présentée à chaque office au Temple de St Brieuc.1754. Neuchatel


En 1960, la vente d'un terrain à Lannion permet d'envisager l'achat du garage Delaunay qui touche le Temple.

Les vitraux modernes qui ornent encore aujourd’hui le temple sont offerts par la famille Hansen, suite au décès d’Oscar Hansen en 1970.

En 1972, les murs et plafonds sont repeints sous la direction de M.Deiss, décorateur à Saint-Brieuc.

En 2010, de nombreux travaux étant nécessaires, le Conseil prebytéral fait estimer le bâtiment par un notaire de St Brieuc dans la perspective de le vendre. Le chiffre de 280 000 euros est avancée.
En 2017, l’appartement du 1er étage (logement des pasteurs) est entièrement refait.




L'intérieur du logement du pasteur en 2004.





Saint-Brieuc, le Légué. La salle de culte protestant


Les archives du temple nous apprennent qu'en 1924, à l’initiative du pasteur Scarabin, le comité directeur du temple de Saint-Brieuc a fait l’acquisition d’un immeuble au Légué à Plérin, quai de la  cale fleurie, le propriétaire est M. Allendry. Cette propriété comprenant le logement du nouvel évangéliste, François Manach, une salle de réunion et un garage pour la roulotte missionnaire.

François Manach (arrivé du Havre) se sent à l'aise dans la mission qui lui est confiée au Légué. Il sait parler au ouvriers, aux marins...Fin 1924 il est installé dans l'immeuble du Légué tout en oeuvrant aussi sur Guingamp. F. Manach restere au Légué jusqu'en septembre 1928. Le poste reste vacant pendant un an jusqu'à l'arrivée de Daniel Manach, fils de François, qui à la fin de ses études, vient d'octobre 1929 à septembre 1930.
George Whelpton le remplace en septembre 1930 mais ne reste qu'un an et se concentre sur St Brieuc.

Lors de l'assemblée générale du 20 septembre 1935, M.Scarabin évoque les difficultés financières de l’œuvre d'évangélisation itinérant par le moyen de "la Semeuse" (une roulotte) et du colportage, par suite de la défaillance de la Mission Populaire Evangélique.


Une roulotte biblique de la Mission évangélique bretonne



Pour résoudre ces problèmes, et continuer l'évangélisation, l'Assemblée entérine la vente ou la location de l'immeuble du Légué, l'affaire est confiée à Maître Brochen. C'est en fait la location qui est la solution choisie. La salle d'évangélisation est fermée en 1936 et elle est louée à un commerçant. 
En 1950, l'Assemblée générale est d'avis de vendre ce bâtiment. Le pavillon nord ("La cale fleurie") est effectivement vendu à Mme Moreau en octobre 1951.

Jean Yves Carluer parle aussi de son côté  dans un article d'un autre lieu appelé "Sous-la-Tour" et désigné comme "un quartier ouvrier proche de Saint-Brieuc, à l’embouchure du Légué, où la mission méthodiste avait ouvert un local de réunions". 

D'après cette description, on peut donc situer ce lieu au pied de la tour de Cesson du côté du port du Légué, rue de la Tour. Ce quartier fait l'objet d'une notice détaillée éditée par le Service Régional de l'Inventaire de Bretagne.

Village de Sous-la-Tour, le Légué, vers 1930. Carte postale des Archives départementales 22 (reproduction interdite)








Cesson, proche de Saint-Brieuc. Maison de réunion protestante




Concernant la maison de réunion de Cesson, il est indiqué  dans les registres de l'association cultuelle de l'Eglise réformée de St Brieuc en octobre 1909 que "les frais d'installation seront payés par ce qui reste de la collecte faite pour l'emmeublement du Temple". Plusieurs membres fondateurs de  l' Association de l'Eglise Evangélique Méthodiste de St Brieuc résidaient à Cesson. Il s'agit de  Paul Gourvil, colporteur, né à Trémel le 14 mars 1879, Françoise Jégou, née à Louégat le 8 août 1882, Françoise Gourvil, couturière, née le 24 octobre 1845. Peut-être que cette salle de réunion était animée au départ par ces trois personnes, dont l'une est colporteur. En 1907 elles étaient parties mais d'autres habitaient Cesson en 1907, comme Guillaume Le Buanec, cordonnier et Augustine Le Buhanec, sans profession. Eux-mêmes s'en vont mais le colporteur Goulven Gallou (né à Landivisiau) arrive en 1908, avant de partir ensuite à Brest.


Sources : Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), registre "Modification des statuts" 1906-1952.








Le temple protestant d'Etables-sur-Mer 




Le temple protestant d'Etables sur mer (22).


Un terrain


Pendant des années, un culte saisonnier a été organisé en juillet et en août à Étables-sur-Mer, nous n'en n'avons pas la trace écrite. Par contre on sait que des rencontres étaient organisées autour d'un groupe bien identifié et regroupant jusqu'à 17 personnes en 1942 :
Mlles Scott, Blanc et Hélène Babut, résidant à le Courtil
Madame Diethelm, résidant à Le Clos St Jean
Mme Soustre (2), villa de l'étoile, Binic
Ginies (3)
Morel (2)
Mlle Remille
M et Mme Duvinage (5)

Remarques :
La famille Duvinage habite alors route de Plourhan à Binic. Le père de famille est Gaston, Mme Duvinage est née Vandenberghe, Claude, qui partira à Dieppe en 1960, et Georges Duvinage font également partie de la famille. M et Mme Duvinage partiront à Lannion en 1960 après avoir beaucoup oeuvré pour la communauté.
La famille Diethelm est originaire de Paris. On retrouve, dans le registre des inhumations de la paroisse de St Brieuc, une trace des obsèques de Mme Diethelm, 73 ans, présidées par le pasteur Théophile Roux au Temple de St Brieuc , le mardi 11 janvier 1919 à 11h. Le décès est enregistré le 9 janvier. Le pasteur note dans son registre que le fils et la fille (M. Edouard Diethelm, 99 bld de Montmonrancy à Paris) a passé deux saisons aux rosaires et souhaite s'établir à Etables.


Des archives mentionnent aussi par exemple en 1945 des réunions mensuelles chez Mlles Scott et Babut, au lieu-dit "le Courtil". En hiver on note en moyenne de 5 à 10 présents en hiver pour l'année 1946 et une quinzaine en été. Il y a aussi une école du jeudi avec 3 enfants.
En 1948, une "salle de danse" est louée mais à Binic. Douze personnes sont membres de l'Eglise Réformée. Maurice Géniés et son épouse ainsi que Hélène Babut sont les trois membres responsables de l'Eglise habitant Etables.
En mars 1949 avec l'aide du pasteur Rainaud se tiennent deux réunions publiques à Etables et Binic.
En 1950, les effectifs grossissent en été, entre 35 et 55 personnes.
Dans cette station balnéaire d'Etables se reconstituait chaque année une petite communauté protestante de vacanciers français principalement, mais aussi étrangers. Leur présence en constante augmentation a justifié en février 1952 l'achat d'un terrain pour y construire un temple annexe à celui de St Brieuc.
Dans un premier temps, ce sont des tentes qui sont installées en été pour héberger une colonie de vacances mais l'acte de vente comporte une obligation de construire dans les 3 ans un bâtiment en dur. Le pasteur Marquer pense faire une construction dans le cadre du mouvement des Castors. C'est un mouvement d'autoconstruction coopératif. les jeunes de la paroisse pourraient être associés à ce projet. En mai 1953, des meubles (lutrin, armoire, bancs ...) provenant du Temple anglican désaffecté de Dinan sont mis en réserve à St Brieuc pour servir à Etables quand le temple sera construit.

La construction en 1954

En 1954 la construction d'un petit temple annexe se concrétise. La vente d'une partie de l'immeuble du Légué, en octobre 1951, a permis cette réalisation.
C'est le trésorier-adjoint Oscar Hansen et le pasteur Marquer qui ont pris en charge ce dossier. Un artisan d'Etables, M.Borges a exécuté les travaux (une autre source parle de M.Prigent). En un mois le gros oeuvre a été terminé.
L'édifice était situé au 19 rue Paul Leblanc, à l'angle de la rue des écoles. Il a été construit en parpaings de béton. M.Rogier, un paroissien, s'est chargé de demander de l'aide quand il le fallait lors des réunions qui se tenaient au Temple à St Brieuc. Des habitants d'Etables ont témoigné de leur sympathie par différents gestes, certains ont donné des pierres pour les fondations du temple, d'autres ont donné des fleurs pour embellir le terrain...



Les premiers pas


Le premier dimanche du mois de juillet 1954 s'est tenu le premier culte protestant dans le nouveau temple d'Etables. Mais l'inauguration par le pasteur J.P Benoit, membre du Conseil national de l'Eglise réformée, se déroulera un peu plus tard, le dimanche 28 novembre.

Il reste encore alors quelques questions matérielles à régler en juillet 54 : l'installation électrique étant coûteuse est reportée ! Une personne va apporter un poêle à bois pour le chauffage, les boiseries doivent être peintes rapidement. Il faut aussi trouver un orgue, certainement celui de Lannion quand quelques réparations auront été effectuées. M.Coignard sera alors chargé d'être l'organiste de la paroisse.
Un trésorier gérant s'occupera du budget du Temple et en sera le responsable. C'est M. Gaston Duvinage qui assumera cette tache après avoir été élu lors de l'assemblée générale de février 1955. M et Mme Trolliet rejoignent les membres responsables de l'Eglise en décembre 1954.

En mai 1956, une bible du 18ème siècle a été offerte par M.Meyer, conseiller presbytéral à la Rochelle.
Pendant l'été 58, le culte se déroule 2 fois par mois et a regroupé une cinquantaine de personnes en juillet. C'est encourageant...  
Un terrible drame endeuille la paroisse cet été 58 où un jeune moniteur de la colonie, Jean-Paul Giraud de Paris, se noie à Etables.

Se faire connaître

Avant l'été 1960, le pasteur Marquer expédie une affiche aux Syndicats d'Initiative et hôtels de la région de St Brieuc, Etables, Binic et Saint-Quay Portrieux pour faire connaître aux touristes protestants de passage qu'ils peuvent venir dans un Temple à St Brieuc ou à Etables.
Au mois de juillet 1962, une exposition sur la Bible et trois conférences sont proposées aux estivants. 

Pendant l'été 1965, une exposition est proposée aux touristes de passage.
Dans les années 60, les protestants tiennent en été "un stand biblique" à Etables et Binic.  Voilà ce qu'en dit Pierre Simon, qui en rend compte en fin d'été au Pasteur Kieffer (qu'il appelle avec humour Cher "patron" : "Certes nous avons vendu quelques bibles , nouveaux testaments et littératures "chrétiennes" mais nous avons surtout pas mal accroché avec les estivants et les commerçants environnants... Des jeunes, beaucoup de jeunes nous interrogent. Notre devise étant Silence et Présence, nous évitons de forcer les gens..."




Affiche posée dans les hôtels. 1960. Archives du temple de St Brieuc



Le Temple d'Etables se développe


En 1975 et 1976, le culte en été a de plus en plus de succès à Etables alors qu'à St Brieuc l'assemblée se vide. Finalement, la décision est prise pour l'été 76 de ne faire qu'un culte à Etables et d'inviter les briochins à s'y joindre.  
En 1978, les cultes sont rétablis à St Brieuc mais l'affluence reste importante à Etables. Des estivants viennent de manière régulière et à leur demande, 3 études bibliques ont eu lieu.
A l'été 79 une caravane est installée sur le terrain.

En 1980, un bloc sanitaire est ajouté au bâtiment principal (on le voit sur la photo ci-dessous, tout à fait à droite). 

Cette même année, pendant l'été, le pasteur Gossin de Strasbourg vient avec quelques lycéens et étudiants pour proposer des animations aux vacanciers. Des temps d'échanges et de partages sont proposés dans une ambiance décontractée. Les jeunes vont à la rencontre des vacanciers sur les marchés. La formule est renouvelée en 1981.
La fête de l'association de l'Entraide protestante (diaconat) se déroule sur le terrain d'Etables en été dans les années 80. Profitant de nombreux touristes, une brocante, des jeux, un repas et une grande tombola  remportent un vrai succès. En 1987 par exemple 75 personnes assistent au culte du matin et 64 personnes participent au repas.
Plus tard, c'est en septembre que se déroule cette fête, appelée "fête de rentrée". L'objectif est différent : c'est un moment convivial où tout le monde se retrouve après l'été.

Plus tard avec le pasteur Guy Froment, et grâce au don d'une caravane qui se refuserait de reprendre la route, des pasteurs en vacances peuvent être accueillis l'été à Etables-sur-Mer, en échange de quelques services comme la conduite du culte dominical. 
En 1991, le terrain attenant est prêté à des Éclaireurs Unionistes et une dizaine de jeunes de la paroisse de l'Oratoire du Louvre à Paris. En remerciement, ces jeunes procèdent à l'impeccable réfection du temple d’Étables qui en avait le plus grand besoin. Seul bémol, un bras droit cassé, celui du pasteur Froment qui est tombé d'un escabeau !
Au mois d'août, une trentaine de Marseillais campent sur le terrain et font un camp "Bible et voile". En 1992, c'est un groupe de jeunes Alsaciens luthériens avec le pasteur Janus qui investissent le terrain pour camper.
En 1995, dès la fin du mois de juin, le camp des familles allemandes luthériennes de Göttingen s'installe sur le terrain de camping d'Etables. 

En 2001 le temple accueille une exposition intitulée « Débat 2000-2000 débats », un ensemble de panneaux  sur l'histoire du protestantisme, ses fondements et ses actions. 
il faut signaler que la fête de rentrée de la paroisse de St Brieuc-Perros s'est tenue pendant des années sur l'agréable terrain d'Etables. Elle était organisée par l'Association de l'Entraide protestante..

A l'intérieur du temple d'Etables, années 2000.



Sortie du culte protestant à Etables. Années 2000.

Le pasteur Solange Weiss-Déaux (2004-2009) célèbre le culte en plein air à Etables lors d'une fête de rentrée


La fin du temple d'Etables 


La caravane a dû être enlevée au début des années 2000 après avoir subi des dégâts importants. Les pasteurs, qui voulaient y séjourner en été pour célébrer le culte et proposer des animations, n'avaient comme solution que de camper sous tente ou de venir avec leur propre caravane. La proposition était moins intéressante et par conséquent rencontrait peu de candidatures.

En 2004, M. Escalette, responsable régional des bâtiments de l'Eglise Réformée, vient en octobre à St Brieuc, Perros et Etables pour faire le point et donner son avis sur le devenir des 3 temples. Dans ses conclusions, il met en évidence les points suivants :
-Le terrain représente une charge de travail chaque année (haie, herbe à couper...)
-Faute d'activité suffisante en dehors de l'été, le temple d'Etables n'est pas prioritaire.
-Etables n'est pas si loin que ça de St Brieuc (25 km), les "disséminés" peuvent s'y déplacer.
-Un culte peut être proposé en été dans une salle municipale ou privée
-La position du terrain, ses dimensions, sa constructibilité en font une opération financière très intéressante.
Un vote de l'Assemblée générale réunie en février 2005 est nécessaire pour prendre la décision de vendre.
Le résultat est sans appel : 28 pour la vente, 1 contre, 2 abstentions


Le Temple est finalement mis en vente début 2006 et un compromis est signé en novembre pour un prix de 113 000 euros avec M et Mme Hervé, artisans à St Quay. La vente prend un peu de retard car les acquéreurs doivent obtenir un permis de démolition. Les bancs et l'harmonium sont mis en vente.
Finalement, l'acte de vente est signé devant le notaire le 27 octobre 2007. Un dixième du produit de la vente est versé à la Région et presque tout le reste est consacré aux travaux indispensables à St Brieuc et Perros. Une petite réserve sera gardée pour des dépenses de fonctionnement à venir.

De nos jours, il ne reste pas de traces du temple car 2 maisons ont été construites sur ce terrain après la destruction du bâtiment.


Les cultes à Etables

Les différents pasteurs en poste à St Brieuc ont bien entendu célébré des cultes à Etables mais ils ont été aidés par de nombreux prédicateurs laïcs et en été par des pasteurs en vacances.

Citons quelques uns dont les noms sont mentionnés dans les archives :
1962 Pasteur Gérard Merminod, d'Aubenas
1963 M. Caumont, de Colombes
1964 Pierre Simon de Montpellier, M. Coupry, M. Tostivint 
1965 Pasteur Jean Besset de Lyon , M. Amargier de Clermont
1966 M. Benner, pasteur Muir de Paris, M. Tostivint 
1967 Pasteur Paulo Mendes de Dour les Mons en Belgique
1969 Pasteur Georges Appia de Strasbourg, M. Benner de Rennes
1970 Pasteur Maurice Guedj de Colombes
1971 A. Benner de Rennes, E. Hensen, J. Bourgenot
....
1993 Michel Granjean de Genève.
1997  Pasteur Ascany
1998 M. Silvestrini, étudiant suisse en théologie
2000 Pasteur Wayse (pasteur Baptiste)
2001 Pasteur Ascany
2003  Gilles Legrand

Couverture d'un prospectus répertoriant
tous les lieux de cultes protestants dans les stations balnéaires. 


Sources

Liste des membres 1906-1952
Registres de la paroisse


Liens

Lien pour accéder à des photos du temple d'Etables.
Lien pour accéder à une fiche descriptive sur le Temple



1980. Etables, animations d'été. Initiative des Pasteurs Le Cozannet et Gossin. Article de Ouest-France






Saint-Quay Portrieux. Une salle de culte protestant


On peut lire dans les registres de l'association cultuelle de l'Eglise réformée de St Brieuc en 1906 que St Quay était un lieu important de collecte pendant la saison d'été. En 1910, le pasteur Roux indique que c'est encore par les collectes effectuées à St Quay en été que les finances sont bonnes.

En 1942, le pasteur Crespin fait état de 3 familles à St Quay : Loyer (2) Arband (2), Schmidt

En 1944, le pasteur Vidal (qui remplace le pasteur Crespin, déporté en Allemagne) a assuré le culte à St Quay.

Plus tard, cette même association fait état qu'un culte avait lieu à Saint-Quay Portrieux pendant l'été (en 1946, 1947...). Par contre, aucune indication du lieu où il se déroulait... En 1946, on dénombre une trentaine de personnes en moyenne dans l'assistance. Une forte présence de familles Alsaciennes protestantes est connue à St Quay. Un témoignage fait référence au fait que la plage de la Comtesse était même appelée, autrefois, "la plage des protestants".

Sources : Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), registre "Modification des statuts" 1906-1952.






Pléneuf-Val André. Une salle de culte protestant




Dans le registre des membres de la paroisse de St Brieuc, on trouve vingt protestants inscrits en 1942 au Val André :
Cormel (2), St Amand (1), Edouard Le Meille, Marthe le Meille née Piget inscrits depuis le 1er novembre 1938 (3), Zwinger (2), Faugé (1), famille Boulat (4), famille Aeshachet (4), Raynaud (1), Lecomte (1)


En 1944, le pasteur Vidal (qui remplace le pasteur Crespin, déporté en Allemagne) a assuré le culte à St Quay.

En 1945, un culte mensuel est signalé, à la villa La Source, chez M et Mme Le Meille.
Un culte hebdomadaire se déroulait au Val André pendant l'été (en 1946, 1947...), mensuel en hiver (dans les années 50).
En 1948, Mme le Comte  rejoint les membres inscrits de l'Eglise.
Le pasteur Marquer, en 1952, parle d'un culte aménagé, plus simple, "un culte de famille". En 1958 le culte se déroule une fois toutes les 6 semaines, chez des paroissiens comme par exemple en octobre chez M et Mme Le Meille.

En 1962, des contacts sont pris avec M. Avril de Lamballe pour utiliser la chapelle de l'Amirauté. Il y entrepose un bateau et il faut juste lui proposer un autre abri en échange ! Un accord est trouvé avec ce propriétaire et le culte peut se tenir dans cet endroit.

Cette chapelle a été construite pour l'Amiral Charner et son épouse en 1864. Le bâtiment est de style néo gothique. Elle est aussi appelée "Notre Dame des Victoires". Elle est propriété de la commune.
Mais les cultes semblent rapidement se tenir au 1er étage de la maison Charner, située dans le Parc de l'Amirauté. Des travaux de peinture sont même réalisés par la municipalité pour rendre le lieu un peu plus agréable. Une bonne signalétique (affiches et panneaux) aide les vacanciers à venir plus facilement au culte protestant le dimanche matin.

Les cultes d'été ont un certain succès au Val André et en 1963, l'assemblée générale de l'Eglise protestante de St Brieuc est même amenée à se prononcer sur l'idée de mettre l'accent sur le Val André (et Etables) en maintenant un minimum à St Brieuc. En hiver des cultes se vivent chez des particuliers comme en 1966 pour Noël, chez M et Mme Lemeille.


La maison Charner, dans le parc de l'Amirauté,
 où se déroulait au premier étage le culte protestant en été au Val André

La chapelle de l'Amirauté
 où les protestants célébraient le culte en été dans les années 60



Les différents pasteurs en poste à St Brieuc ont bien entendu célébré des cultes au Val André mais ils ont été aidés par de nombreux prédicateurs laïcs et des pasteurs en vacances.
Citons quelques uns dont les noms sont mentionnés dans les archives :

en 1963 M. Caumont
en 1964 Pasteur Jean-Pierre Bury de Strasbourg, Pierre Simon de Montpellier, M. Tostivint 
en 1965 M. Besset, M. Hansen, M. Tostivint
en 1966  pasteur Muir, M. Tostivint, M. Hansen, M. Koechlin




Affiche annonçant les cultes protestants sur la côte. Années 60.



Lien pour accéder à la fiche détaillée sur la chapelle de l'Amirauté

Sources : Registres de la paroisse de St Brieuc-Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)




Saint-Cast. Une salle de culte protestant



En 1952, les archives mentionnent un culte hebdomadaire l'été à Saint-Cast, avec une présence d'une vingtaine de personnes à chaque fois du 1er juillet au 1er septembre.


Sources : Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)




Lannion. Le temple protestant.

D'une salle de location à la construction d'un temple protestant


Après 4 années à Saint-Brieuc, le pasteur Jean Scarabin part en octobre 1908 pour Lannion afin d'y mener une œuvre d'évangélisation. Il y restera jusqu'en 1912. Il habite au Marhallac à Lannion, c'est à dire sur la place très animée où se tenait le marché aux chevaux (ar Marc'h = le cheval). Il loue une salle pour le culte le 1er décembre et l'aménage avec le mobilier qui convient. Tous ses frais sont pris en charge par la Mission Bretonne d'évangélisation. En janvier 1909 il commence à prendre des contacts dans la région en allant à Paimpol et à Bec Léguer et Pen ar vern (Penvern) où il organise des réunions. 

En novembre 1909, il organise quatre réunions, en décembre cinq, en mars 1910 treize. Le succès qu'il rencontre le conduit à chercher un lieu de culte plus approprié pour les paroissiens. En 1919, une autre salle est louée. Puis, il est chargé de faire l'acquisition d'une maison située rue Kermaria lors d'une vente publique par Maître Fleury, notaire, le 18 septembre 1924. Le pasteur Whelpton y habite.

Le pasteur Whelpton (de 1922 à 1933 en poste à Lannion) et Théophile Roux, le trésorier général, abordent régulièrement le sujet de la construction d'un temple dès 1924 dans leurs fréquents échanges de courrier. Théophile Roux se déplace à Lannion en décembre et rapporte des croquis et des notes qui servent de point de départ à ce projet. Il faut dire qu'il s'y connaît bien...
Il n'en est pas à son premier Temple !
C'est lui qui a suivi tous les travaux pour la construction du temple de St Brieuc... Et ses remarques très techniques le prouvent, c'est "un pro" du bâtiment !


Croquis. Archives du temple de Lannion. Photo R.F


Croquis. Archives du temple de Lannion. Photo R.F


Le financement

Il faut penser au financement... Le pasteur Whelpton peut compter sur un don de son père et un emprunt chez Mirabaud, banquier à Paris.
Sinon, le pasteur écrit personnellement à tous les touristes, souvent anglais, dont il a gardé les coordonnées et dans le "Foreign Field". Il se déplace aussi à la Conférence britannique dans le même but. Il espère ainsi obtenir les fonds suffisants pour construire la chapelle. Des anglais vont effectivement répondre à son appel. Les dons affluent  dès 1925 de Belfast, Bristol, Hampstead à Londres, St Albans, Colchester...

Le pasteur Whelpton fait aussi paraître un article dans la revue « Le Témoignage » en 1927. Il lance un appel à la souscription. Là aussi les dons arrivent, beaucoup de Paris, mais aussi d’Alsace, de différentes régions de France. La famille Meyer (André et Jacques…) apporte aussi sa contribution… Le plan de financement est enfin supervisé par un comité de l'Eglise méthodiste à Londres (Mission House) qui donne son avis avant le lancement des travaux. Les recettes, concernant le terrain et divers aménagements, sont équilibrées avec les dépenses (17 896 francs). Pour les recettes :
-dons de septembre 1923 à novembre 1924    1006 francs
-don de G. Whelpton                                       8165 francs
-prêt de M. et Mme Whelpton                         8725 francs
Mais c'est plus compliqué quand l'architecte précise (après de nombreuses lettres de rappel) à combien le chantier va revenir... Pendant toute l'année 1926 c'est la course pour trouver de l'argent, et ce n'est pas gagné car Théophile Roux veut lancer le projet uniquement si tout est réglé... Le trésorier général s'inquiète aussi qu'un tel projet soit lancé alors que le pasteur n'a même pas encore une communauté bien solide sur laquelle il peut compter.
Mais qu'à cela ne tienne, la construction commence alors que tout est loin d'être au point !
On va voir par la suite que le trésorier Théophile Roux n'a pas fini d'avoir des sueurs froides avec le montage financier du pasteur Whelpton.



Dons pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F




Dons de toute la France pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F


Donateurs d'Alsace pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F





Dons de la famille Meyer (Jacques et André)  pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F



L'achat d'un terrain et le premier projet

Un premier acte de propriété est rédigé par Maître Laurent le 17 octobre 1924, un autre le 11 août 1927 et par Maître Queffelou les 25 mars et 3 avril 1926 et le 13 décembre 1929. 
Le pasteur évoque, lors d'une réunion, la construction d'une chapelle à Lannion en janvier 1926.
Un premier projet est préparé, il est très différent de celui qui sera effectivement édifié. Le bâtiment ressemble beaucoup à un manoir breton. Les reproductions qui suivent nous en donnent une idée.



Premier projet du temple de Lannion.





Premier projet du temple de Lannion.





Des aides de Paris


A mesure que le projet se précise, les collectes sont plus importantes (14 908 francs en avril 1926). De son côté Théophile Roux à Paris est très actif. Il affecte à ce projet des dons importants venant de certains de ses amis. Il plaide aussi la cause de cette chapelle avec succès auprès de ses collègues du Comité d'entraide franco-américain. En tout, il a été reçu 28 541 francs pour cette chapelle en 1927. Le pasteur Jean Meyer, beau-père d'Henri Whelpton a également beaucoup oeuvré à Paris par ses contacts avec des architectes (comme Henri Charles, architecte 44 rue de Tocqueville dans le XVIIème Arrondissement à Paris ou H. Moreels architecte 24 rue des écoles à Enghien, contacté en 1920, qui a construit l'église de la Villette). Il recherche aussi des financements nécessaires pour que cette construction puisse aboutir.




Les plans

Avant d'arriver au projet définitif, les architectes ont modifié leurs plans. La présence d'un clocher, voulu par le pasteur Whelpton, n'était pas trop du goût de Théophile Roux mais pendant longtemps cet élément d'architecture a figuré, avec une nette tendance à diminuer de taille. Il donnait une toute autre allure au Temple, doit-on le regretter?

Projet abandonné avec le clocher. Temple de Lannion


Détail du clocher. Temple de Lannion

  
Plan sur calque, projet de construction du Temple protestant de Lannion.
Archives, paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F


Plan du rez de chaussée du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F



Plans du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F


Plan du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F




Vue sur la rue. Plan du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F




La construction

Le temple de Lannion se situe au 42 rue Joseph Morand, proche de l'angle de la rue de la Bienfaisance. Les études sont confiées à M. Gaston Chabal, architecte à Brest, 46 rue Jean Macé (son père Abel Chabal avait construit le temple de Rennes). Mais M. Chabal ne suivra pas le chantier jusqu'au bout.
Les souhaits du pasteur Whelpton sont les suivants : une chapelle pouvant contenir une centaine de personnes, une annexe pouvant contenir une trentaine de personnes, les deux salles claires, ventilées, faciles d'entretien. "Un cachet ecclésiastique pas trop marqué, et qui s'accorde avec le style du pays".
Sur place, c'est donc l'architecte de Lannion J. Le Corre, rue du Léandy, qui se charge des démarches administratives et du suivi du chantier. Le "devis descriptif et estimatif" est signé par l'architecte et le pasteur le 9 décembre 1926 et les travaux peuvent commencer à la fin de l'année 1926.



Courrier de Jean Le Corre, architecte et maître d'oeuvre du Temple de Lannion.


Les artisans et entreprises ayant travaillé sur ce chantier sont les suivants :

L'entreprise Guégen (Jean Guégen), vielle route de Perros à Lannion, s'occupe de la maçonnerie, de la charpente et de la toiture.

P. Eudes, 82 rue de Brest à Morlaix,  exécute les châssis en fer des fenêtres.

Yves Hernot, rue de Tréguier à Lannion, effectue la gravure d'une pierre posée à droite du porche.

Albert Corollou, rue des chapeliers à Lannion, vend un poêle Godin.

Louis Briand, place du Marhallac'h à Lannion, installe le poêle.

P. et A. Picard de Paris, fournissent de la quincaillerie décorative.

Joseph Thomas, place des Halles à Lannion, pose du grillage et 2 pièges à souris !

A. Le Gac, à St Marc Buhulien en Lannion, livre du bois (orme et chêne de menuiserie)

Paul Daniel, rue de St Malo à Lannion, installe la ligne électrique, les lampes et les abat-jour.

La société l'Energie industrielle de Lannion, pose un compteur et effectue les branchements.

Mme Veuve Leysour de Rohello, rue de Tréguier à Lannion, fabrique et livre 81 chaises.

Georges Wendling, 21 rue des Grands Augustins à Paris, fournit 3 beaux livres de cantiques.

E. Mauger, avenue Ernest Renan à Lannion, imprime 250 livres de cantiques.







Et les finances ?
Le trésorier continue de se faire du souci avec le plan de financement du pasteur Whelpton. Le 21 avril 1927, alors que les travaux sont bien engagés, Théophile Roux comprend qu'il manque encore plus de la moitié de la somme nécessaire ! "Je tremble un peu", écrit-il.... On peut le comprendre ! Mais la situation finit par s'arranger .


L'inauguration est annoncée par la pose d'une douzaine d'affiches en ville. La cérémonie se déroule le 18 octobre 1927. Trois pasteurs prennent en charge la cérémonie : le pasteur Guiton, président du Synode national de l'Eglise Méthodiste, M. Dallé pasteur à Brest et M. Scarabin pasteur à St Brieuc.



Programme de l'inauguration du Temple de Lannion. 1927. Archives du temple de Lannion

Inauguration du temple de Lannion. Début de l'article du Lannionnais du 23 octobre 1927.


Extraits de l'article sur l'inauguration (édition du 23 octobre 1927) :

"La foule se dirigea vers le Temple qui s'élève rue Joseph Morand.
Après la cérémonie de l'ouverture officielle de la chapelle au culte, se déroulèrent une suite de chants de circonstance, d'invocations, de discours dont l'ensemble constituait la fête simple et grandiose à la fois de l'inauguration du monument religieux..."
Le pasteur Whelpton "remercie tous ceux qui soit par leur talent, soit par leur concours financier, soit même par leur appui moral ont contribué à l'érection de l'Eglise.
Désormais à Lannion, une porte sera ouverte à l'homme que le doute obsède et qui pourra trouver le calme et la paix dans la pratique des vertus évangéliques.

Monsieur Scarabin, pasteur à St Brieuc, qui fut l'un des fondateurs de l'Eglise de Lannion, évoque l'émotion qu'il ressentit lorsqu'il vint poser la première pierre de ce  temple il y a quelques mois, au milieu d'une foule sympathique. Les temps ne sont plus, dit-il, où les chrétiens payaient de leurs larmes et de leur sang l'hommage à la vérité. Le peuple a soif de la "Bonne nouvelle" et voilà la raison de ce temple qui disparaitra bientôt sous la poussée des foules pour faire place à une église plus vaste."...

"M. Whelpton termine cette belle cérémonie en adressant à tous de chaleureux remerciements; puis nous écoutons la formule de bénédiction, touchante invocation spontanée qui courbe la foule unie dans un même sentiment de foi ardente et de consolante espérance.
C'est fini. Quelques soient les opinions philosophiques et religieuses que l'on professe, il est impossible de ne pas rendre hommage aux efforts persévérants de ces hommes qui simplement, sans l'appui d'une pompe éclatante qui a toujours du succès sur les foules, parviennent dans un monde égoïste et sceptique à créer des îlots où se réfugient ceux qui acceptent d'assujettir leur volonté à des règles qui pour être évangéliques n'en sont pas moins sévères et rigides.
Pour notre part nous avouons avoir passé une matinée qui ne fut pas sans charme et par instant sans émotion..."

L'article est disponible dans son intégralité aux archives nationales (107 AS/5) ou de manière plus simple sur le site des archives départementales des Côtes-d'Armor. Références "Lot d'images : Lannionnais (Le), Lannion de 1927 (4 Mi 8 R 25), image 180".



Toujours les finances

Les finances sont toujours à l'ordre du jour car les collectes rapportent très peu en comparaison des sommes qui ont été engagées. A Paris certains ne sont pas satisfaits de la petite proportion des recettes locales de la Mission Bretonne. Le trésorier général suggère au pasteur Whelpton de présenter un projet de budget qui fasse prendre conscience aux fidèles des nécessités du moment ; "Même des Bretons peuvent se rendre compte que les salles de réunion exigent un loyer, un fourneau et du charbon, des bancs ou des chaises et des frais d'éclairage. Ils vous voient circuler et ils savent que cela coûte." (courrier du 9 décembre 1927).

En mars 1927, André Monod, le secrétaire-trésorier du Comité d'union protestante et d'entraide fait parvenir la somme de 5000 francs à Théophile Roux pour le temple de Lannion (dossier 107 AS 5, archives nationales).
 


D'autres travaux sont effectués après l'année 1927:

- En avril 1928, les vitraux sont réalisés par Lucien Piriou, peintre et vitrier à Lannion, rue de St Malo.
- En janvier 1929, Lucien Piriou intervient une autre fois pour des inscriptions sur les murs, une nouvelle teinte pour l'harmonium et la croix, la pose d'un panneau à l'extérieur du Temple.
- En août 1931, Charles Kerambrun, entrepreneur facture des travaux divers.



Inscriptions à l'intérieur du Temple de Lannion. Archives du temple. Photo R.F


Le pasteur Whelpton continue de faire des causeries à l'Hôtel de ville qu'il juge plus facile d'accès pour un public qui n'ose pas encore se montrer dans un temple protestant.
  
En avril 1929, il est décidé de vendre une vieille maison avoisinante du Temple à Lannion et d'acheter un terrain également avoisinant le Temple. L'été, le pasteur Welpton déplaçait le culte de Lannion à Trébeurden.
La vente du terrain contigu au temple de Lannion est actée en 1958, le nouveau propriétaire est M.Thomas.






Le déclin du temple protestant de Lannion


Dans les années 60, le temple est inutilisé car la communauté est surtout constituée de membres de Perros. Organiser un culte à Lannion pose plus de problèmes qu'autre chose. La communauté espère un moment grossir avec le développement du C.N.E.T (centre de télécommunications) mais c'est une déception...
M. Jean Paar, pasteur évangélique à Lannion depuis 1961, propose en 1965 de pouvoir utiliser le bâtiment en le louant. En 1967, il souhaite l'acheter.

La Société d’Évangélisation de Bretagne entend bien cette demande mais décide de prendre un peu de temps. L’Eglise orthodoxe de Bretagne est également intéressée et des particuliers de Lannion aussi. Finalement la vente est conclue en 1969.

C'est "France Mission" qui en fait l'acquisition pour la somme de 30 000 francs. Alors que Mlle Manach voit les derniers détails avec M.Paar, le pasteur Kieffer de St Brieuc supervise la transaction avec M.Ruegger, le secrétaire de France-Mission (courrier du 15 avril 1969). L'accord a été conclu sur des bases qui ne sont pas celles du marché immobilier : "Nous sommes d'accord sur le prix que vous nous proposez étant donné qu'il ne s'agit pas d'une "affaire commerciale" mais de l’œuvre de Dieu."

L'argent sera utilisé d'une part pour acheter une caravane destinée à héberger les pasteurs en été à Perros (au lieu de payer une location d'appartement) et d'autre part pour construire la petite salle annexe du temple de Perros.


  

Vue actuelle du Temple protestant de Lannion. Photo Google





Vie de la communauté


Dans les années 30 au Temple de Lannion.


En dehors de cet énorme projet de la construction du Temple, voici quelques événements qui sont intervenus dans la communauté protestante de Lannion.

Un texte du pasteur Raspail, daté de 1935 et intitulé "le Noël des petits bretons" nous donne des renseignements sur les difficultés de la communauté protestante pour s'implanter à Lannion :

"Lannion !
Calme sous-préfecture, reposant entre ses vertes collines, le long d’une rivière paisible, à l’ombre d’une imposante église, citadelle du Catholicisme breton. L’œuvre est difficile et lente. Les âmes qui nous observent nous témoignent discrètement leur sympathie. Nous avons une dizaine d’enfants protestants dans cette ville et c’est tout à fait en famille que nous avons chanté l’Amour du dieu qui se donne à la terre".

Après quelques années d'efforts, le résultat n'est pas celui qui était escompté, la communauté protestante commence à décliner...
La suppression "provisoire" du poste de pasteur de Lannion, intervient en 1952. Depuis cette date et jusqu'en 1961, les seuls cultes proposés le sont en été. Après l'été 1961 le temple ne sert plus pour le culte et quelques réunions sont occasionnellement organisées, mais elles sont peu fréquentées.

En avril 1964, le pasteur Kieffer propose une conférence sur "L'Inde et le Japon" mais choisit une salle municipale plutôt que le Temple...

Le 23  juin 1964, le conseil presbytéral de Lannion reçoit une demande de celui de St Servan. Ce dernier souhaite organiser des cultes à Dinan dans l'ancienne église anglicane désaffectée et fait appel à la solidarité d'autres paroisses : "Nous pensons à votre temple qui est actuellement peu utilisé et aux chaises que vous pourriez peut-être nous prêter. Il nous en faudrait environ une cinquantaine."
Voilà comment déshabiller Pierre pour habiller Paul !

En 1966, le pasteur Kieffer souhaite faire au moins une réunion dans l'année au Temple, elle se déroulera le 25 mai avec comme sujet Jonas.

En 1968 la situation est stable, on compte 18 foyers à Perros et 6 à Lannion.

La vente est effective en 1969. Depuis sa vente en 1969, jusqu'à nos jours, le Temple a toujours été en activité.
Les cultes sont maintenant assurés par L’Église Protestante Évangélique de Lannion




Liste des pasteurs, de l'Eglise Méthodiste puis Réformée, en poste à Lannion : 

Jean Scarabin (de 1908 à 1911) 
Henri Whelpton (de 1922 à 1933) 
Daniel Manach (1933)
Marcel Raspail (de 1933 à 1936)
Marcel Arnal (de 1936 à 1939)
François Manach (1939-1950)
Albert Trubert (1950-1951)
(ensuite, pas de pasteur spécifique mais des pasteurs en poste en même temps à Perros et à Lannion, voir la rubrique Perros pour plus de détails)
Jean-Marc Kieffer (1962 jusqu'à la vente du temple en 1969)


Document
1950 état du matériel au Temple de Lannion (extraits). Établi par le pasteur A. Trubert

99 chaises
11 bancs
3 tables
1 gratte-pied
1 harmonium
1 tronc
7 abat-jour et tulipe
3 drapeaux
1 lot de 90 « Cantiques chrétiens » en mauvais état
22 « Épitres et Apocalypse »
5 Nouveau Testament (en breton)
12 Livres des Psaumes (en breton)
24 Livres des Psaumes (en français)
1 robe pastorale
2 lampes portatives (électriques)
1 appareil à projection (vues fixes) en état de marche
1 balai neuf
2 balais en service
1 seau à charbon
1 hache
1 scie à bois
1 pelle à charbon
1 brosse tête de loup
1 clef de la baraque de Loquémeau
1 moto Tenot 100 cm3 avec outillage



Liens

Lien pour accéder à un article de 1921 sur l'Eglise Méthodiste dans la région de Lannion

Exposition en 2017 organisée par les Eglises évangéliques de Lannion

Article sur Maurice Leininger, pasteur de 1977 à 2017 au Temple de Lannion
(et non pas à partir de 1966 comme il est écrit dans l'article du site de Ouest-France ci-dessus)

Maurice Leininger en 1985.


Article sur Thierry Le Gall, pasteur à Lannion et auprès des parlementaires





Les lieux dont il est question ensuite s'inscrivent dans un mouvement d'évangélisation du début du XX ème siècle. 
Jean-Yves Carluer, dans son livre "Protestants et bretons" a analysé ce qui s'est passé à ce moment-là et c'est son diagnostic que nous publions ici: 

"Les derniers grands feux de l'évangélisation protestante opérée sur les modèles du XIX ème siècle datent plutôt des années 20,que des années 30. C'est dans la première décénnie de l'après-guerre que se situe, à notre avis, l'apogée de l'action des groupements évangéliques (Mission Populaire, Eglises baptistes et méthodistes). Dans les années qui suivirent la grande crise économique, plusieurs postes protestants durent être abandonnés faute de soutien financier et le travail d'édition en langue bretonne s'éteignit complètement. Plus inquiétant, beaucoup d'auditeurs réguliers abandonnèrent les temples et les salles d'évangélisation. Ces hommes et ces femmes avaient été des sympathisants, parfois des habitués des cercles de tempérance méthodistes ou des foyers de la Mission Populaire, mais ils ne s'étaient jamais convertis. Dans les années 30, alors que la perspective du Front populaire enthousiasmait les banlieues, les ports et les campagnes "rouges", ils furent nombreux à militer plutôt dans les rangs socialistes et communistes, alors en rapide progression en Bretagne. Mais plus que tout autre chose, la nouvelle guerre accéléra le phénomène."



Loquémeau en Trédez , une chapelle protestante

 

Photo publiée par Patrick Pichouron sur le site Bretania

Le 10 septembre 1910 Jean Scarabin organise sa première réunion à Loquémeau, suivie par d'autres le 18 octobre, le 13 décembre ...
Dès 1921, des cultes sont célébrés à Loquémeau dans une salle prêtée gratuitement. Puis un terrain  est  acheté dans cette commune en février 1925 dans le but de pouvoir y construire un bâtiment pour s'y réunir. En 1925, c'est donc une baraque en bois qui est construite pour 596 francs.

Patrick Pichouron  a publié cette remarquable photo sur le site Bretania, le portail des cultures de Bretagne. Il nous fournit aussi une description de ce temple :
Edifice en rez-de-chausée légèrement surélevé, construit en bois et recouvert d'un toit à longs pans. De plan rectangulaire, il était ajouré de baies en arc brisé, probablement sur trois côtés et ouvert d'une porte sur le pignon.



 L' Almanak Vat ar Vretonned de 1931 mentionne les cultes et l'activité d'évangélisation du pasteur Henri Whelpton à Locquémeau.



Un texte du pasteur Marcel Raspail, daté de 1935 et intitulé "Le Noël des petits bretons" nous donne quelques éléments sur la vie de la communauté protestante de Loquémeau :


"Locquémeau ! Gros bourg de pêcheurs, accroché au flanc d’un mamelon. C’est une grande et claire chapelle en bois où chaque mardi 50 à 70 enfants se réunissent avec entrain pour chanter et apprendre les récits bibliques avant la réunion d’évangélisation du soir. Le dimanche nous rejoignons 21 aînés enthousiastes que nous venons de constituer en groupe mixte. Pour la première fois dans l’histoire du village, une famille demande au pasteur de donner à ses deux enfants l’instruction religieuse complète.
Ces détails aideront à comprendre aux lecteurs combien nous préparons la fête de Noël avec amour !
….
Il fallut aller chercher des chaises. Des fillettes s’assirent sur l’estrade. La chapelle fut pleine d’amis heureux. Près de 100 enfants s’associèrent aussi à la joie de leurs parents en ce beau jour de fête.
Loquémeau ! Loquémeau ! Où plusieurs serviteurs de Dieu ont déjà semé à pleines mains l’évangile du salut par Grâce, l’heure de la moisson approche !"

"La famille était très appréciée à Locquémeau. L'enthousiasme était parfois débordant comme lorsque des paroissiens criaient "Vive le communisme et vive le pasteur !".
Le pasteur Raspail avait plusieurs assistantes : Anne-Marie Broudic, reconnaissable à sa coiffe, traduisait le culte en langue bretonne,  Monique, la jeune fille du pasteur jouait déjà un peu d'harmonium et Lucienne, son épouse, s'occupait de l'école du dimanche et entrainait la chorale". (d'après le récit en 2019 de Françoise Raspail, petite fille du pasteur). 


En novembre 1937, la police d'assurance est annulée. En 1956 il est question de revendre ce terrain car "l'actuel baraquement menace ruine". (Conseil presbytéral du 16 mars 1956).
Un voisin, souhaitant faire baisser le prix de vente, décrit la "chapelle" de la manière suivante : "La baraque est en très mauvais état car s'il n'y avait pas les bancs qui la soutiennent contre le pignon de la maison, elle tomberait sur celui-ci. Et s'il n'y avait pas ces bancs, elle risque de tomber et d'endommager la toiture recouverte d'ardoises de ce cellier"...

Le terrain (186 m2) et la "chapelle" sont, tout de même, vendus à M. Le Calvez en 1956 par l'intermédiaire de Maître Armand Larher, notaire à Plestin-les-grèves. La vente rapporte 200 000 francs à l'association cultuelle de l'Eglise Réformée de St Brieuc. M. Le Calvez (maire de Trédez) récupère en fait le bien qu'il avait lui même vendu autrefois. 
Le pasteur Marquer souhaite juste récupérer la cloche de la chapelle et une petite armoire mais veut se débarrasser des bancs et chaises car tout est en mauvais état. Il demande aussi au nouveau propriétaire s'il est disposé à démolir la chapelle ?


Lien pour accéder à la fiche détaillée de la Région Bretagne sur l'ancien temple de Loquémeau


Sources :  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)
Almanak Vat ar Vretonned de 1931
Inventaire du patrimoine de la région Bretagne. Trédez-Loquémeau 
Bretania, le portail des cultures


Document : 1950 état du matériel en dépôt à Trébeurden établi par le pasteur A. Trubert

1 harmonium
10 recueils "Louange et prières"
1 écran de cinéma
1 cahier de comptabilité



Trébeurden, une salle de culte protestant


Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne signale dès mars 1909 des dépenses pour un loyer concernant un local meublé où se tient un culte à Trébeurden. Le 5 novembre, le pasteur Scarabin y fait venir des bancs. Une salle au port de Trébeurden (Trozoul) est également louée et aménagée en janvier 1910.

Le pasteur Scarabin reçoit une indemnité pour sa desserte de Trébeurden et des communes avoisinantes. Cette allocation couvre les frais pour trois enfants, un cheval et le traitement d'une dame visiteuse (Anne-Marie Broudic).
Pendant l'absence du pasteur Scarabin, mobilisé en 1914 et 1915, Madame Scarabin et M. Droniou vont maintenir l'ouverture  de la salle de culte à Trébeurden. 

En 1920, on blanchit les murs, en 1921 on installe l'électricité dans la salle de culte. 
En 1928, le pasteur Henri Whelpton rapporte quelques anecdotes qui montrent que les protestants sont mieux reconnus. Il raconte qu'il a assuré la bénédiction d'une maison neuve, que deux familles se compromettent en faisant enterrer l'un des leurs selon le rite protestant, un vieillard isolé vient payer d'avance son enterrement pour être sûr que ce soit bien un pasteur qui le fasse !
L' Almanak Vat ar Vretonned de 1931 mentionne les cultes et l'activité d'évangélisation du pasteur Henri Whelpton à Trébeurden.


En 1935, le pasteur Raspail signale que dans le local plus de 40 garçons et filles se regroupent chaque semaine.

Sources : 
  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)

 Article de J.L Prunier sur les méthodistes sur la côte de Granit rose.

Almanak Vat ar Vretonned de 1931





L'île Grande, une salle de culte protestant



Le 25 janvier 1910 Jean Scarabin organise sa première réunion à Ile grande, suivie par deux autres en février.
Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne indique le 2 décembre 1911 des dépenses pour un loyer concernant un local où se tient un culte à l'Ile Grande.
Pendant l'absence du pasteur Scarabin, mobilisé en 1914 et 1915, Madame Scarabin et M. Droniou vont maintenir l'ouverture  de la salle de culte à l’Île Grande. 

En octobre 1924, la chapelle est totalement détruite par une tempête.
L' Almanak Vat ar Vretonned de 1931 mentionne les cultes et l'activité d'évangélisation du pasteur François Manach à l'Ile-Grande.

Sources :  

Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)

Article de J.L Prunier sur les méthodistes sur la côte de Granit rose.

Almanak Vat ar Vretonned de 1931






Ker-Aliès en Pleumeur Bodou, une salle de culte protestant


Le 13 novembre 1911 Jean Scarabin organise sa première réunion à Ker-Aliès.
Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne mentionne en 1912 des dépenses pour un loyer concernant un local où se tient un culte à Ker-Aliès. En 1912, c'est aussi à Ker-Aliès qu'habitent la famille Scarabin et leurs cinq enfants.

En 1925, le loyer est affecté à Kérénoc (dans le même secteur géographique).
Les gens sont un peu méfiants mais peu à peu, les choses changent. Le pasteur Henri Whelpton rapporte par exemple qu'au printemps 1928, "deux vieux nous ont fait savoir qu'ils avaient un local pour les réunions". 

Sources :  

Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)

Article de J.L Prunier "Sur la côte de Granit rose. L'Eglise méthodiste"





Kérenoc en Pleumeur Bodou (souvent orthographié Kérinoc ), une salle de culte


Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne mentionne en 1920 des dépenses pour un loyer concernant un local  où se tient un culte à Kérenoc en Pleumeur Bodou. Le local est fermé pendant un temps puis en 1926, à la réouverture, 55 personnes se pressent dans la pièce.

L' Almanak Vat ar Vretonned de 1931 mentionne les cultes et l'activité d'évangélisation du pasteur Henri Whelpton à Kérinoc.


Un texte du pasteur Marcel Raspail, daté de 1935 et intitulé "Le Noël des petits bretons" nous donne une idée de l'ambiance ressentie lors de cette journée particulière :
"Kérinoc, non loin de Penvern ! Dans une vieille cuisine pleine encore de la présence de deux bons vieux amis convertis sous le ministère d’Henri Whelpton et partis maintenant vers leur Sauveur. Les gens s’entassent. Il faut chercher des bancs dans les maisons voisines. Des enfants montent sur le rebord des hautes fenêtres. Anne-Marie la colportrice et ma fille Monique, s’assoient dans un coin sur une caisse. M. Manach et moi-même restons debout. 52 petits bretons occupent plus de la moitié de la grande pièce. Leurs parents et leurs amis se serrent de l’autre côté. Ici aussi on passe facilement du rire au sérieux et chacun emporte avec son gâteau le souvenir d’une bonne soirée".



Sources :  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc),
Archives Nationales, dossier 107 S 5, lettre du pasteur Whelpton, 1926.
Almanak Vat ar Vretonned de 1931







Trégastel, une salle de culte protestant


En 1921 des cultes sont célébrés à Trégastel puis disparaissent un peu plus tard. Ils reprennent en 1928.
 L' Almanak Vat ar Vretonned de 1931 mentionne les cultes et l'activité d'évangélisation du pasteur François Manach à Trégastel.

Le 5 février 1939, l'assemblée générale émet le vœu qu'un terrain soit acheté à Trégastel pour y édifier un bâtiment. Ce voeu a-t-il était suivi d'effets? Aucune trace ne permet de l'affirmer...

Sources :  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)
Almanak Vat ar Vretonned de 1931






Ploumanach, une chapelle protestante


Le 27 novembre 1911 Jean Scarabin organise sa première réunion à Ploumanach.




Le Synode 1912 (Codognan, 13-16 juin) autorise l’achat d’une chapelle démontable en bois, qui est mise en place sur un terrain loué à Ploumanach. D'après le pasteur et historien Jean-Louis Prunier, cette chapelle est la plus ancienne chapelle méthodiste dans le Trégor. 

Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne mentionne en 1913 des frais concernant la chapelle dans laquelle se tenait le culte à Ploumanach. Un concierge est rémunéré pour cette salle dès mars 1913.
Ce lieu de culte est une chapelle démontable en planches.

Pendant l'absence du pasteur Scarabin, mobilisé en 1914 et 1915, Madame Scarabin et M. Droniou vont maintenir l'ouverture  de la salle de culte à Ploumanach.
En juin 1917, Jean Scarabin signale que des travaux y sont urgents car il pleut dans la chapelle! Mais il faut attendre 1920 pour que des frais soient engagés pour payer des réparations effectuées par un menuisier. En 1935 les bancs de la chapelle sont transportés à Perros.





Sources :  

Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)

Article de J.L Prunier à propos des méthodistes "Sur la côte de Granit rose"





Beg Léguer en Lannion (orthographié Becléguer), une salle de culte protestant



En janvier 1909 Jean Scarabin organise sa première réunion à Bec Léguer.
Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne mentionne en 1920 des dépenses pour un loyer concernant un local  où se tient un culte à Becléguer en Lannion.





Tréguier, une salle de culte protestant


Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne mentionne en décembre 1913 des dépenses pour un loyer concernant un local où se tient un culte à Tréguier.


Sources :  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)




Saint Quay-Perros, une salle de culte protestant


Le budget de l'Eglise Evangélique Bretonne mentionne en 1914 des frais concernant la propagande et la maison du colporteur Jean Droniou dans laquelle se tenait le culte à Saint Quay-Perros.


Sources :  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)





La rade, en Perros, une salle de culte protestant


En 1926, le pasteur Bourguet trouve un nouveau lieu de culte à Perros, à la rade sur le port. Trente cinq personnes s'y pressent au début. C'est une location mais pour l'aménager on y met du mobilier, un chauffage à bois; on y fait aussi des projections ... L'essai n'est pas fructueux, en 1927 la salle de culte ferme.


Sources :  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), Archives Nationales, dossier 107 S 5, lettre du pasteur Whelpton, 1926.




Penvern, en Perros (orthographié Pen ar vern), une chapelle protestante


En janvier 1909 Jean Scarabin organise sa première réunion à Penvern. En 1933, Penvern est indiqué comme lieu de culte.
En 1935 les bancs de la chapelle sont déménagés à Perros.

Un texte du pasteur Marcel Raspail, daté de 1935 et intitulé "Le Noël des petits bretons" nous donne une idée de l'ambiance ressentie lors de cette journée particulière :

"Penvern ! Parmi les ajoncs qui commencent à fleurir, sur un roc sauvage dominant la mer immense se trouve une petite maison battue des vents, c’est là que « le protestant » de Perros vient faire ses réunions. 22 enfants avec leurs parents se pressent, admiratifs devant l’arbre illuminé. Quelques yeux bleus sous de blanches coiffes révèlent une âme mystique quand la lecture de l’Evangile et l’exhortation les rendent sérieux et méditatifs. Mais ces mêmes yeux reflètent une gaité presque enfantine quand on raconte l’histoire qui détend".



Sources :  
Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)





 Le temple protestant de Perros-Guirec

Carte postale. Archives du pasteur Manach conservées au temple de St Brieuc



L'origine du temple protestant


Après 4 années à Saint-Brieuc, le pasteur Scarabin part en 1908 pour Lannion et s’établit à Perros-Guirec en janvier 1911. De là, il évangélise la région (souvent en breton) aidé par le colporteur Droniou et Anne-Marie Broudic. 
Jean Scarabin rend compte des avancées de sa mission très régulièrement lors des assemblées de l'association cultuelle à St Brieuc. Inévitablement, la question de pouvoir rassembler les protestants de la région de Perros se pose. 
Une première décision importante est prise par l’Assemblée générale le 2 mars 1914 concernant l’achat d’un terrain en vue de la construction d'un Temple. M.Scarabin a effectué des démarches auprès d'un propriétaire et obtient une procuration du Président Théophile Roux pour faire toutes les transactions nécessaires à cet achat. En mars 1914 un terrain est donc acheté dans le bourg sur une parcelle entre l'actuelle rue des Frères-Le-Montréer et la rue du Général-de-Gaulle. En 1916 un autre terrain est acheté et on y bâtit "une salle de culte démontable" appelée aussi "chalet-temple".

En 1925, M. Scarabin est chargé par l'assemblée d'effectuer toutes les démarches qu'il jugera utiles pour acquérir des terrains ou des maisons sur les communes de Loquémeau, l'Ile Grande, Kérénoc, Trégastel et Perros.



Du projet à la construction


Le 18 mai 1928, nouvelle décision afin de construire un temple. Mais il faut attendre une réunion exceptionnelle le 9 août1936, où avec l’impulsion du pasteur Manach, ce projet avance. Le pasteur Manach écrit personnellement à tous les voyageurs dont il a gardé l'adresse en vue d'obtenir les fonds suffisants pour mener à bien son projet. Des anglais, en particulier, vont répondre à son appel et effectuer des dons. En 1936, M. Dérouin, notaire à Perros-Guirec conclue une transaction pour l'achat d'un terrain avec M. Manach. A la suite, l'Eglise Evangélique Méthodiste des Côtes-du-Nord demande un permis de construire, pour établir un temple sur un lot du lotissement du Pré. L'architecte choisi est Robert Vitasse de Perros Guirec. La question du terrain réglée, l'architecte trouvé et les fonds rassemblés, les travaux peuvent vraiment commencer, nous sommes en 1937. Le bâtiment est situé au 19 rue de la Poste.  



1937 construction du temple de Perros-Guirec. Archives conservées au temple de St Brieuc





1938 facture de l'architecte, construction du temple de Perros-Guirec. Archives conservées au temple de St Brieuc

1937 construction du temple de Perros-Guirec. Entreprise Gourdon et Madec. Archives conservées au temple de St Brieuc

1937 construction du temple de Perros-Guirec. Entreprise Lebon. Archives conservées au temple de St Brieuc

1937 construction du temple de Perros-Guirec. Entreprise Ollivier. Archives conservées au temple de St Brieuc



L'inauguration se déroule le 6 mai 1937. Nous en avons un compte-rendu publié par le journal de l'Eglise Méthodiste de France, "L'Evangéliste" du 16 mai 1937.



Première page du journal de l'Eglise Méthodiste de France, "L'Evangéliste".  16 mai 1937.



Inauguration du temple de Perros. Article complet du journal de l'Eglise Méthodiste de France, "L'Evangéliste".  16 mai 1937.




Le total de ce projet est chiffré par M. Manach, on notre par exemple :

-entrepreneurs (A. Bonnot, J. Le Gall, Lhéveder) 2 000 fr (en oct 1937) 2 850 fr (en fev 1938)
-menuiseries et charpentes (Aristide Bonnot) 200 fr et 500 fr
-plâtres (J.Messager) 500 fr
-zinguerie (Ollivier) 400 fr
-peintures (meunier) 300 fr



D'autres frais sont aussi inscrits dans les dépenses :

-démontage de l'ancien temple en bois 283 fr
-nivellement du nouveau terrain 232 fr
-transport du bois Rue de la poste, nettoyage du temple, montage de la sacristie provisoire 267 fr
-installation électrique 434 fr
-bois pour l'estrade en chêne et châtaignier. 250 fr
-mise en état du jardin et allées 113.75 fr
-photos de l'inauguration et édition des cartes postales 183 fr
-correspondance 180 fr
-transport des chaises et fourniture de sable 55 fr
TOTAL 1 997.75 francs


Dans l'inventaire du patrimoine des communes, le temple est décrit de la manière suivante : " Petite construction de plan allongé et mur-pignon en façade. Cette façade sur rue est en moellons de granite rose, les façades latérales sont enduites. Les baies sont couvertes d'arcs brisés... Le faîte du mur-pignon est orné d'une croix de granite. Au-dessus de l'entrée, le pignon présente un livre ouvert, sculpté du granite rose, où est inscrit Ta parole est la vérité."


Les locaux sont ensuite agrandis en 1971 avec une construction derrière le temple. C'est l'entreprise de M. Foucher (membre de la paroisse) qui réalise les travaux pour 24 200 francs.
Les travaux se répartissent dans 4 domaines : gros œuvre, sanitaires, peinture extérieure et électricité. L'Eglise avait prévu un fonds de réserve de 14 450 francs sur un livret de Caisse d'Epargne, bénéficie d'une subvention du Consistoire et de la commission régionale d'évangélisation. Le budget est presque équilibré mais un appel aux dons sera nécessaire...
En 1978, on procède à l'achat de nouvelles chaises plus fonctionnelles qui "tendront à remplacer peu à peu les anciennes chaises, dont certaines encore belles, mais la plupart très vermoulues représentent un certain danger pour leurs utilisateurs"!

Une caravane est aussi propriété de la paroisse, cela demande un entretien régulier (pour l'auvent par exemple) et des frais d'assurance, d'hivernage, de transport. Mais les pasteurs et leur famille commencent à trouver la formule contraignante et peu reposante pour eux et leur famille. En 1981, il est décidé de la vendre ("C'est un gouffre financier") et d'affecter cet argent pour financer quelques travaux dans le local attenant au temple. Le but est de pouvoir proposer un hébergement d'été pour un pasteur et sa famille avec une salle de séjour pour la journée et 2 chambres pour la nuit avec une cloison mobile, un coin douche. Le tout fait 25 m2. Ce logement d'été a régulièrement été amélioré pour procurer plus de confort.

Enfin, les bâtiments sont rénovés en 2012 sous la conduite du maître d'oeuvre Alain Hulot. Voilà ce qu'en disait un article du Télégramme publié le 8 octobre 2012.

"Le temple protestant a fait salle comble, lors du culte dominical du 30septembre, à l'occasion de la fête d'inauguration de l'édifice dont la complète réfection s'achève. Le maire, Yvon Bonnot et le délégué diocésain à l’œcuménisme, Yves Labbé, ont participé à cette cérémonie dirigée par Juliette Tonje, pasteur de la paroisse de Saint-Brieuc et des Côtes-d'Armor, et animée de chants gospels.
Le temple de Perros a été édifié en 1937-1938, rue de La Poste, sous le ministère du pasteur François Manac'h. Lors de la cérémonie de dimanche, la Perrosienne Joseline Giudecelli, née Le Briquir, a partagé ses souvenirs d'enfance liés à ce lieu et son plaisir de le voir restauré. Après plusieurs mois d'études, les travaux ont démarré au début de l'année 2012. L'arrière du temple a également été réaménagé afin de permettre la tenue de réunions d'étude biblique et l'accueil de pasteurs en visite. Ces travaux ont été possibles grâce à l'implication des paroissiens et une rentrée d'argent exceptionnelle liée à la vente du temple d'Étables-sur-Mer, en 2010. 

La paroisse de Saint-Brieuc espère que ces travaux viendront dynamiser les activités de la communauté protestante costarmoricaine et ouvriront le petit temple de Perros qui n'a rien perdu de sa simplicité, à de nouvelles animations culturelles".


Photo Le Télégramme. 8 octobre 2012



Anniversaire

En 1987, le pasteur Guy Froment a organisé le 50ème anniversaire de la création du Temple de Perros.



Sources

Registres de la paroisse de Perros-Guirec et du pasteur François Manach (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)

Des informations viennent du travail de Pierre Charlot, site à consulter ici

Pour l'origine du temple, base de donnée du Ministère de la Culture (base Mérimée)

Lien pour accéder à un article sur la rénovation du temple en 2012

Remarque : La vie de la communauté protestante de Perros-Guirec est à découvrir dans l'article spécifique qui lui est consacré.





 

 

 

Le manoir de Crampoisic, lieu de rencontre protestant.




Dépliant pour des rencontres bibliques à Crampoisic
en 2004-2005



Le magnifique manoir de Crampoisic, situé sur la commune de St Mayeux, a beaucoup été utilisé comme lieu d'une colonie de vacances pour les enfants des familles protestantes. Il a également servi pour des activités de stages et de rencontres. Il a été acheté en 1965.
Sachez aussi que "crampoisic" veut dire "petite crèpe" en breton !


Les débuts à Crampoisic


Au départ, le manoir était loué, grâce à au contact de Monsieur Masson, entrepreneur à Pontivy et membre de l’église protestante. Pour pérenniser cette œuvre, le Comité Protestant de Colonies de Vacances de Bretagne a été créé. Pour la première fois, en 1952, pour la Pentecôte, le bâtiment est loué et un groupe de jeunes a retroussé ses manches afin d'aménager les locaux. En août s'y déroule une colonie de vacances. M et Mme Marquer prennent la direction de la colonie de Camproisic en juillet 1955. En août, le manoir est loué par l'Eglise Pentecôtiste de Rouen pour y installer sa colonie de vacances.





L'achat du manoir en 1966

Le vendredi 18 mars 1955, le conseil presbytéral émet le souhait d’acheter cette propriété. C'est chose faite seulement en 1966, grâce à des dons venus de toutes les églises de Bretagne. L'association appelée "Comité Protestant des Centres de Vacances de Bretagne" va gérer ce centre.

Mais à la question "Qu'est-ce que Crampoisic aujourd'hui?", donc au moment de l'achat en 1966, un article publié dans "Le protestant Atlantique" nous en donne une petite idée : 
"C'est une vieille maison en très mauvais état, dont le toit est à refaire, dont les possibilités en eau ne suffisent pas aux deux mois de colonies qui s'y tiennent chaque année. L'absence de chauffage en empêche l'utilisation en hiver. La cuisine n'est pas des plus modernes !" mais "de l'avis des moniteurs de la colonie M et Mme Martineau, Crampoisic est un coin rêvé pour une colonie de vacances [...] Certes on est loin d'y trouver le confort mais d'un autre côté, dans le cadre de cette vieille maison pleine de mystères, peut se développer [...] un sympathique climat familial. Crampoisic, c'est aussi un parc de 3 hectares avec quelques arbres, des buissons et beaucoup de ronces." 



Crampoisic, un manoir à restaurer. 1966

Crampoisic, un lieu d'échanges. 1966




Les travaux

En 1972, des recettes conséquentes vont permettre d'envisager d'importants travaux. Ces recettes sont constituées :
-de collectes effectuées dans les paroisses (Brest, Quimper, St Brieuc, Rennes, Lorient, Vannes)
-de dons
-de subventions (jeunesse et Sports, Département, Ville de St Brieuc, Caisse d'Allocations Familiales, C.N.A.F) 

De nombreux travaux sont donc effectués en 72 : intervention de plâtriers, pose de fenêtres de toit, pose de lavabos dans toutes les chambres par un plombier, remplacement du plancher bois par un plancher béton, installation d'une chaudière pour l'eau chaude etc. Un groupe de 12 personnes de Lorient et Vannes a tout remis en ordre après l'intervention des artisans. 
Plusieurs membres de la paroisse de St Brieuc sont impliqués dans le Conseil d'Administration (M et Mme Alger, M et Mme Fischer, M et Mme Blanc, M. Prigent).



Plan pour se rendre à Crampoisic. Archives du temple de St Brieuc.



Le public accueilli

L'année 1972 marque une forte progression du développement de Cramposic. les travaux rendent le lieu plus attractif qui est maintenant occupé 9 mois sur 12. A Pâques et en juillet et août, l'occupation est à temps complet. Différents groupes protestants trouvent un lieu qu'ils jugent très agréable et central en Bretagne, citons La Croix Bleue, les groupes de jeunes ou d'adultes des différentes paroisses protestantes de Bretagne, des groupes de touristes comme celui de 50 personnes d'Alès. A noter aussi qu'une session organisée par le Service Civil International  a reçu 47 enfants irlandais...

En août 1973 des enfants de 12 à 15, moitié d'Irlandais et moitié d'Anglais se retrouvent à Crampoisic.
En juillet 1974, le centre accueille 60 enfants et 15 adultes font fonctionner le centre : 8 moniteurs, 1 directeur, 1 directeur adjoint, 1 cuisinier, 4 aides. Tous sont rémunérés.
En novembre 1977, les protestants disséminés de St Brieuc et Perros-Lannion se retrouvent pour une journée au manoir. Le principe d'une journée de rencontre par mois est mis en place avec l'ouverture possible aux personnes d'autres paroisses. 

Les participants d'une rencontre à Crampoisic

Un lieu de vie et de rencontres


En janvier 1978, le Comité Protestant des Centres de Vacances de Bretagne tient son assemblée générale à Crampoisic. C'est cette association qui gère le manoir. Un débat s'engage sur le nom de l'association. Le problème de fond qui est posé est de faire disparaitre ou non l'étiquette protestante trop visible et qui empêche de bénéficier de subventions de la Jeunesse et des Sports ou de la Caisse d'Allocations Familiales. Dans le soucis d'accroitre l'audience, le changement de nom est décidé. L'association propriétaire du manoir s'appelle désormais "Crampoisic, vacances, loisirs". 
Il faut absolument moderniser ce lieu, alors, intervenant auprès de son ministère de tutelle, le Dr Hansen, comme médecin inspecteur départemental de la Jeunesse et des Sports obtient d'importantes subventions.
En 1978, c'est un grand pas pour plus de confort avec l'installation du chauffage central. Un bon chauffage permet de se réunir toute l'année dans de bonnes conditions et ça tombe bien car une fois par mois le manoir est le lieu de rassemblement de différents groupes (jeunes, école biblique, formations...). C'est aussi un endroit où l'on peut expérimenter "une vie communautaire". Une idée tout à fait dans l'air du temps dans les années 70-80. Le compte-rendu du conseil presbytéral du 19 juillet 1979 évoque bien cet "art de vivre " à Crampoisic : "Pourquoi se plait-on à Crampoisic? entres autres raisons, parce qu'il est possible d'y venir en famille, que la relation y est plus aisée qu'ailleurs et surtout que l'on peut s'exprimer tout en ayant la certitude d'être écouté."
Les réunions du Consistoire (région) trouve un lieu idéal et central. Par exemple en mars 1981, le pasteur Bernard Charles y développe devant cette assemblée ses idées sur l’évangélisation. En mai 1981 se déroule une grande réunion avec différentes associations invitées sur le thème "Bretagne-Tiers monde, quelles missions?"

A une époque où le Consistoire était sur le point de vendre le manoir de Crampoisic (assez délabré), le pasteur Guy Froment (1985-1993) s'est saisi du dossier. Il a démontré que ce bâtiment, restauré et mis aux normes de sécurité, pouvait par sa position centrale se révéler encore d'une grande utilité pour l'ensemble des paroisses bretonnes.

L'été 1991 est particulièrement animé avec pour la seconde année consécutive, le pasteur Christophe Desplanque et une petite équipe qui ont encadré un camp de jeunes en juillet. En 10 jours, ils ont monté un spectacle sur l'Evangile et l'ont joué gratuitement à Quintin, Mur de Bretagne et Pontivy.
En août, cinquante jeunes de l'Union Chrétienne ont séjourné et beaucoup apprécié ce qu'ils appelaient "le château".
Et le manoir ne va pas sombrer dans le sommeil de si tôt car les sept paroisses de l'Eglise Réformée de Bretagne se sont mises d'accord pour que les jeunes se retrouvent lors de cinq journées de rencontres en 91-92.
Pendant l'été 1992, d'autres groupes font vivre le lieu : un groupe de Luxembourgeois de la Jeunesse étudiante catholique puis une quarantaine d'adolescents Allemands et enfin un camp d'éclaireurs unionistes de Livron-Auriol



Le manoir vu du parc. Photo site Crampoisic


Des difficultés à l'horizon

En juin 1992, coup de massue : la commission préfectorale de sécurité donne un avis défavorable quant aux normes de sécurité et établit la liste des mesures à prendre. En juillet, c'est logiquement que le Directeur départemental de la Jeunesse et des Sports suspend l'agrément pour l'hébergement des mineurs.
De 92 à 94, avec les conseils de l'architecte M. Chareire, les responsables de Crampoizic lancent une opération de financement des travaux de sécurité et de mises aux normes nécessaires. Des subventions sont demandées mais les dossiers sont bloqués.
Il faut donc se passer des subventions et compter sur la générosité des donateurs. Le pari est réussi puisque dix-huit personnes s'engagent à faire un prêt à l'association.
Les travaux les plus importants peuvent donc être effectués sur le début de l'année 95. Et le 25 juillet 95, quand la commission de sécurité se réunit sur le site, elle constate que les portes coupe-feux sont installées, les détecteurs de fumées et les alarmes sont en place. L'accord est donné pour ouvrir au public.

En 1996, les projets repartent car les questions matérielles sont en passe d'être résolues. Le conseil d'administration est largement renouvelé, en plus des piliers comme Guy Froment, Elisabeth Letournel, Charles Destouches, Jacques Sire et Daniel Homburger, plusieurs nouveaux viennent renforcer l'équipe : Jean-René Bouet, Liliane Chateau, Yvonne David, André de Kerpezdron, Jean-Jacques D'Hem, Mme Gothel, M. Petitot et Armand Schluchter.






Crampoisic Vacances loisirs (CVL)

L'association CVL gère le domaine avec de modestes moyens financiers et en personnels. Dans les années 2000, c'est surtout avec beaucoup de bénévolat que les diverses manifestations peuvent se dérouler dans d'assez bonnes conditions. Mais il faut sans cesse entretenir les bâtiments (17 chambres pouvant loger 60 enfants, 3 grandes salles communes et une cuisine) et le parc de 3 hectares est vite envahi par la végétation. 

Un temps fort de Crampoisic est chaque année (jusqu'en 2004) le traditionnel rassemblement des paroissiens protestants de Bretagne, le jeudi de l'Ascension. Les réunions des instances régionales (le Consistoire) continuent de s'y dérouler avec beaucoup de régularité, comme les camps de vacances, diverses formations...

En 2010, la responsable "historique" de l'entretien, Emmanuelle Bourel doit déménager vers Laval. Ce maillon essentiel est un coup dur pour l'équipe de CVL. Alain Borderon de Vannes accepte de prendre la suite dans la mesure de ses disponibilités.
Le conseil d'administration est constitué en 2010 des personnes suivantes :
présidente Clémence Seyrig, vice-président Jean Le Teuff, trésorier Maurice Alain Baillergeau.


Des bénévoles autour de la présidente Clémence Seyrig. Le Télégramme. Mai 2010


C'est une période où les paroisses de Bretagne s'interrogent sur leur engagement dans cette structure.

En 2016, le manoir finira par cesser ses activités et sera mis en vente.



Lien pour accéder au site du manoir de Crampoisic








Guingamp


L'évangélisation de la région de Guingamp remonte aux années 1920-1930 où  le pasteur Jean Scarabin s'y déplaçait avec sa roulotte évangélique. L'importance de la tradition catholique dans cette ville rendait difficile l'oeuvre de ces missionnaires.
L' Almanak Vat ar Vretonned de 1931 mentionne l'activité d'évangélisation de Jean Scarabin en langue bretonne à Guingamp..  

Mais c'est en 1956, pour la première fois dans les archives, que l'on trouve la trace de l'activité structurée de l'Eglise Réformée de France à Guingamp.
Le pasteur Marquer, pour la Société Centrale d’Évangélisation écrit dans son rapport annuel que
Guingamp figurait depuis toujours dans le "champ de travail" des protestant mais il n'y avait pas eu encore d'ouverture d'une annexe à cause de la présence d'autres groupes.
Ces personnes étant parties après 1956, un service protestant a été ouvert une fois par mois pour les deux familles dont les enfants bénéficiaient de l'enseignement religieux.
C'est la famille Huck qui a ouvert son salon au début et qui a invité des voisins. Une famille avec trois enfants a rejoint le groupe puis une autre.

En 1958, le pasteur Marquer parle alors d'une annexe de l'Eglise Réformée de France à Guingamp car la situation se stabilise. Une salle à la mairie est ouverte chaque mois pour un culte qui réunit en moyenne 8 personnes. Une réunion ("Causerie") est également programmée chaque mois.
En été "des routiers du Christ" parcourent les quartiers pendant une dizaine de jours, ils sont 7 et renforcent le travail déjà mené.
Ils ont effectué durant l'été 400 visites sur Guingamp et sa région. Leurs réunions ont regroupé entre 80 et 100 personnes en moyenne et une fois jusqu'à 300 personnes !

En 1959 et 1960 des réunions d'études bibliques se tiennent à Guingamp. Jusqu'en 1967 on signale cette activité autour des études bibliques chez un paroissien.

En avril 1987, les protestants viennent nombreux fêter Pâques dans la communauté des Soeurs du Christ à Guingamp. Lors de cette journée oecuménique, les jeunes protestants (entre 8 et 16 ans) animent un moment de prière. Dans la période de Noël, le 13 décembre, l'expérience d'une fête commune est renouvelée et pour Pâques 1988 également.

Le couvent de Montbareil à Guingamp (Communauté des Soeurs du Christ)
Photo Ouest-France illustrant la mise en vente du couvent en 2014.


A le demande de professeurs d'histoire du Lycée Notre Dame, Mme Froment, Pierre Charlot et le pasteur Froment passent la  matinée du 21 octobre 1991 à faire découvrir le protestantisme aux élèves de 4ème.


A Guingamp, en janvier 1997, Pierre Charlot est invité à une célébration oecuménique à la basilique, en tant que président du conseil presbytéral de l'Eglise Réformée. Dans les autorités ecclésiastiques, sont présents le curé Nicol, l'abbé Loisel et Monseigneur Fruchaud. Toujours en 1997, une exposition biblique est proposée au public.

En 1999, une célébration oecuménique, où les protestants sont représentés, est organisée le 19 février à Guingamp. Monsieur Pierre Charlot est présenté à l'assemblée générale de la paroisse  en 1999 comme "le relais de l'Eglise protestante réformée sur Guingamp". Un groupe oecuménique se réunit régulièrement à la fin des années 90 jusqu'en 2000.

Du 28 février au 14 mars 1999 se tient une exposition "Jérusalem dans la Bible" à l'Hôtel de Ville de Guingamp. M. Charlot travaille à la réussite de ce projet avec la paroisse catholique de Notre Dame de Bon Secours.

Au travers de tous ces événements nous avons bien la preuve d'une présence protestante sur Guingamp, même si aucun lieu de culte de l'Eglise Réformée n'y a été construit.







 
Lien :

Article sur les premières réunions publiques de Jean Scarabin à Guingamp en 1923


A noter aussi à propos du protestantisme à Guingamp: 
L'assemblée de l'Eglise Protestante Evangélique se réunit à Ploumagoar à côté de Guingamp, rue Yves Mazé, depuis l'année 1990.

 

 

Pontivy, une communauté protestante


Pontivy a une histoire ancienne avec le protestantisme puisque c'est en 1562 que s'est déroulé le premier culte protestant, quand le Vicomte de Rohan, propriétaire du château, a décidé de dédier sa chapelle aux Huguenots. un synode régional y est organisé en 1572 puis c'est un grand vide... Et nous arrivons au XXème siècle !

Bien que se situant dans le département du Morbihan, mais à la lisère des Côtes-d'Armor, Pontivy s'est retrouvé à différentes époques dans le secteur géographique des pasteurs de St Brieuc. C'est pour cette raison que nous avons quelques archives...

En 1950, on note l'existence d'un petit foyer de protestants (5 personnes).

De 1951 à 1958, le pasteur Marquer, de St Brieuc,  a assuré la desserte du poste de Pontivy. Les cultes ont alors lieu une fois par mois, avec au début seulement deux familles présentes.
En 1953, un culte mensuel rassemble un petit groupe de protestants.
En 1955, le pasteur Paul Marquer écrit dans un courrier : "Pontivy, au coeur de la Bretagne, là depuis trois ans nous avons un petit noyau qui a doublé (cela ne fait quand même que 10 foyers).

En 1958, le pasteur Mattei de Vannes prend en charge à partir du mois d'août ce qui est déjà appelé "une annexe". Le groupe s'est étoffé pour atteindre 25 personnes (12 foyers). Les "routiers du Christ" passent une semaine dans la ville pour promouvoir le protestantisme.
En 1959, l'annexe de Pontivy est officiellement inscrite dans le secteur dépendant de St Brieuc.
Le pasteur Marquer y tient des réunions d'étude biblique, elles regroupent 10 personnes.
En 1960 (ou 1961?) les protestants se réunissent chez M. Masson à Pontivy pour y célébrer un culte du Vendredi Saint.

De 1962 à 1971, le pasteur Kieffer, de St Brieuc, a assuré par intermittence la desserte de ce poste.

Entre 1950 et 1963, les pasteurs de St Brieuc ont célébré à Pontivy trois mariages, deux baptêmes et six enterrements.

Dans les années 90, des cultes se pratiquent de temps en temps. C'est ce que rapporte le pasteur Schluter de l'Eglise Réformée, responsable de Lorient-Vannes qui préside un culte exceptionnel le 26 septembre , dans la chapelle du château de Pontivy. Ce rassemblement réunit ce jour-là 80 personnes, dont le Maire de Pontivy et son adjoint.

Sources :

Archives du temple de St Brieuc
Registre des mariages (1939-1958) et des baptêmes (1939-1969) St Brieuc et Côtes-du-Nord



Années 70, conférence à Pontivy du pasteur Kieffer.

Loudéac


Après guerre, depuis 1951, des conférences sur le protestantisme sont proposées à Loudéac.
Les protestants étaient trop peu nombreux pour former une communauté mais ces "disséminés" pouvaient être des relais pour que des initiatives puissent voir le jour à Loudéac. C'est le cas par exemple en 1953 pour l'organisation d'une conférence publique. La méthode qui semble privilégiée pour faire venir du monde est celle des invitations individuelles (voir le carton ci-dessous).
Les "routiers du Christ" viennent en juillet dans le cadre de leur tournée d'évangélisation


Carton d'invitation. Conférence protestante à Loudéac. 1953.

En novembre 1991, à la demande de l'Abbé Le Borgne, dans le cadre de la "formation permanente des Chrétiens", le pasteur Froment intervient pour présenter le protestantisme.




Lamballe-Coëtmieux

De 1986 à 1990, un groupe biblique se réunit à Lamballe. Des contacts existent avec la communauté de la Poterie à Lamballe.
A partir de 1997, on signale aussi des cultes oecuméniques à Lamballe.



Erquy et Fréhel

Depuis les années 90, pour les enfants et en 1998, pour les adultes, on n'oublie pas de signaler l'existence d'un groupe biblique oecuménique à Erquy et Fréhel, sous la présidence d'une protestante, Mme Paule Roussel. Ce groupe va continuer pendant des années à se réunir et bientôt il va être désigné sous le terme "Ruminants". Ainsi en janvier 2007, les Ruminants font venir le pasteur Yves Noyer sur le thème de "La sagesse", 30 personnes participent à cette rencontre. Yves Noyer revient en 2008 sur le thème du "Notre Père" et l'historien Etienne Lefebvre sur "La Trinité". Le groupe d'une vingtaine de personnes continue de se retrouver tous les mois.

En juillet et août 2010, deux cultes protestants franco-allemands sont célébrés dans la chapelle du Vieux bourg de Pléhérel dans la zone d'Erquy. En mars 2011, le groupe reçoit la visite du pasteur Juliette Tonge et d'Yves Labbé qui viennent animer une conférence-étude biblique.


La chapelle du vieux bourg de Pléhérel,
lieu occasionnel de cultes protestants.

Montcontour


En janvier 1992, pour la première fois à l'église se déroule une cérémonie en soirée avec tout d'abord une présentation du protestantisme, suivie d'un temps de prière. En 1993 l'expérience est renouvelée.



Dinan

Les protestants de l'Eglise Réformée de France se réunissaient encore à la fin du XXe siècle au 3 rue de la Croix à Dinan. De nos jours les inscriptions "EGLISE REFORMEE de FRANCE, CULTE PROTESTANT" peintes au rez-de-chaussée sont à peine lisibles.

D'autre part, l'église anglicane, appelée aussi Christ Church, fut inaugurée en 1870. En 1945 il n'y avait plus de culte. L'Eglise Réformée de France l'utilisa quelques années jusqu'en 1953.
Une partie du mobilier de ce temple a été déplacé à St Brieuc en 1953 (voir les informations détaillées dans l'article consacré au temple de St Brieuc). En 1973, la ville a racheté ce bâtiment pour y organiser des expositions et des concerts mais pour des raisons de sécurité elle a été désaffectée en 2009. 

Pour plus d'informations lire l'ouvrage de Diane Moore. Dinan. La colonie anglaise 1800-1940. Editions  Plessix.
Le dernier projet en date pour réhabiliter l'église anglicane fait état d'un lieu qui pourrait abriter les archives municipales de la commune de Dinan-Léhon. 

Nous n'avons pas abordé l'histoire des protestants réformés de Dinan plus en détail car les paroisses de Dinan, Dinard et St Malo sont regroupées et constituent l'Eglise de la Côte d'Emeraude.



Enfin, trois temples protestants des Côtes d'Armor sont à signaler bien que n'étant pas liés à l'Eglise réformée.

 

 

Plougrescant, un temple protestant


  Temple de Plougrescant. Photo R. Fortat 2019
  


Intérieur du temple de Plougrescant. Photo R. Fortat 2019


La Mission aux Bretons du Havre, de tendance baptiste semble à l'origine de cette initiative. François-Marie Le Quéré (de la Mission de Trémel) et Hélène Biollay ont personnellement permis l'édification de ce temple. Mais le travail de François Manac'h a peut-être eu aussi une influence sur le développement de ce lieu de culte protestant.
Le temple de Plougrescant a été inauguré le 15 juin 1902.
Guillaume Le Buannec a assuré les cultes pendant une vingtaine d'années. Puis, dans les années 20, c'est un pasteur baptiste qui officie le dimanche, le pasteur Yves Omnès (1879-1952). Il rencontre un franc succès. Il restera de 1918 à 1952
De nos jours, en été, un culte est proposé aux habitants de la région et aux nombreux touristes qui séjournent dans la région. Ces cultes sont animés par des pasteurs et prédicateurs laïcs de diverses sensibilités protestantes (dont de l'EPUdF).

Des expositions et des concerts sont également proposés par une association qui a pour nom "Les amis du temple de Plougrescant". Jean-Pierre Le Guillou et David Boydell en sont les responsables.



Sources :

Almanak ar vretoned 1931.

 Site des "amis du Temple de Plougrescant"

Site de Jean-Yves Carluer, article sur le temple de Plougrescant

 

Kérity en Paimpol, un temple protestant 

 

A Kérity en Paimpol, on note l'existance d'un temple protestant gallois.

En 1931, on signale que le pasteur baptiste, M. Matheus, dirigeait un culte chaque dimanche à 13h dans la chapelle située route de Kérity.

Source : Almanak ar vretoned 1931

Lien pour découvrir un article sur l'histoire d'un temple protestant gallois


 

Le temple de Plémy

A quelques kilomètres de Montcontour, le temple de Plémy construit vers 1658 a fini par s'écrouler en 1983. C'était un édifice rare mais malheureusement il n'a pu être sauvé.

L'histoire d'un des plus anciens temple du département est racontée dans un article publié sur le site de l'Association des amis du protestantisme en bretagne centrale.



Document annexe 1


"Le noël des petits bretons", un texte du pasteur Marcel Raspail, daté de 1935.


Dans le pays du granit rose et des landes fleuries d’ajoncs, dans le vaste circuit que nous évangélisons, le sapin de Noël doit se dresser et s’illuminer 6 fois.

Perros ! Non loin de la plage renommée. La chapelle est comble : près de 25 enfants et de grandes personnes. Une douzaine de garçons et de filles constituent l’école. Mme Manach est placée au premier rang. Ils récitent et chantent délicieusement. L’atmosphère est cordiale. Les coiffes blanches voisinent amicalement avec les chapeaux à la mode. On s’y sent en famille. Bien des cœurs sont gagnés.

Penvern ! Parmi les ajoncs qui commencent à fleurir, sur un roc sauvage dominant la mer immense se trouve une petite maison battue des vents, c’est là que « le protestant » de Perros vient faire ses réunions. 22 enfants avec leurs parents se pressent, admiratifs devant l’arbre illuminé. Quelques yeux bleus sous de blanches coiffes révèlent une âme mystique quand la lecture de l’Evangile et l’exhortation les rendent sérieux et méditatifs. Mais ces mêmes yeux reflètent une gaieté presque enfantine quand on raconte l’histoire qui détend.

Kérinoc, non loin de Penvern ! Dans une vieille cuisine pleine encore de la présence de deux bons vieux amis convertis sous le ministère d’Henri Whelpton et partis maintenant vers leur Sauveur. Les gens s’entassent. Il faut chercher des bancs dans les maisons voisines. Des enfants montent sur le rebord des hautes fenêtres. Anne-Marie la colportrice et ma fille Monique, s’assoient dans un coin sur une caisse. M. Manach et moi-même restons debout. 52 petits bretons occupent plus de la moitié de la grande pièce. Leurs parents et leurs amis se serrent de l’autre côté. Ici aussi on passe facilement du rire au sérieux et chacun emporte avec son gâteau le souvenir d’une bonne soirée.

Locquémeau ! Gros bourg de pêcheurs, accroché au flanc d’un mamelon. C’est une grande et claire chapelle en bois où chaque mardi 50 à 70 enfants se réunissent avec entrain pour chanter et apprendre les récits bibliques avant la réunion d’évangélisation du soir. Le dimanche nous rejoignons 21 aînés enthousiastes que nous venons de constituer en groupe mixte. Pour la première fois dans l’histoire du village, une famille demande au pasteur de donner à ses deux enfants l’instruction religieuse complète.
Ces détails aideront à comprendre aux lecteurs combien nous préparons la fête de Noël avec amour !
….
Il fallut aller chercher des chaises. Des fillettes s’assirent sur l’estrade. La chapelle fut pleine d’amis heureux. Près de 100 enfants s’associèrent aussi à la joie de leurs parents en ce beau jour de fête.
Loquémeau ! Loquémeau ! Où plusieurs serviteurs de Dieu ont déjà semé à pleines mains l’évangile du salut par Grâce, l’heure de la moisson approche !


Trébeurden ! Grande plage renommée. Pays natal d’Anne-Marie la colportrice. Un accident très grave survenu à la propriétaire de la salle que nous louons nous a empêchés de célébrer au temps fixé la fête de Noël. Les 40 enfants qui fréquentent notre école ont eu leurs récompenses plus tard.

Lannion ! Calme sous-préfecture, reposant entre ses vertes collines, le long d’une rivière paisible, à l’ombre d’une imposante église, citadelle du Catholicisme breton. L’œuvre est difficile et lente. Les âmes qui nous observent nous témoignent discrètement leur sympathie. Nous avons une dizaine d’enfants protestants dans cette ville et c’est tout à fait en famille que nous avons chanté l’Amour du dieu qui se donne à la terre.








Le temple de St Brieuc à doite, caché par l'immeuble à l'angle de la rue Victor Hugo.







1 commentaire:

  1. A propos de l'histoire du Temple de Lannion, voilà ce qu'a transmis en mai 2018 Thierry LE GALL, directeur du Service Pastoral du Cnef auprès des Parlementaires(Conseil National des Évangéliques de France):
    "J'ai visité votre site et lu attentivement un certain nombre d'articles.Félicitations pour la qualité de votre travail".

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