mardi 19 mai 2020

Les protestants dans les Côtes-d'Armor : origines. L'Eglise Méthodiste 1906-1938



Notre but n'étant pas de présenter ce qui a déjà été très bien étudié et de balayer toutes les composantes de la mouvance protestante (évangéliques, baptistes etc.). Pour trouver une base de ressources sur le mouvement qui vous intéresse, sur la culture et l'histoire du protestantisme en général, utilisez le site Lexilogos.
Sur l'Eglise méthodiste, par exemple, visitez sans hésiter le site de la Société d'Etudes du Méthodisme Français, animée par le pasteur Jean-Louis Prunier.
Un article est particulièrement consacré aux origines des communautés protestantes de St Brieuc et Perros (lien pour y accéder).
Pour plus de précisions sur ce qui s'est passé en Bretagne du XVIe siècle au début du XXe siècle, allez sur le site internet du professeur Jean-Yves Carluer de l'Université de Brest. 
Les Protestants bretons, c'est donc un site incontournable !

Par contre, notre blog pourra vous apporter beaucoup plus de d'informations sur ce qui s'est passé dans le département des Côtes-d'Armor tout au long du XXe siècle dans la branche protestante qui est devenue aujourd'hui l’Église Protestante Unie... C'est un complément !



Les pionniers du protestantisme à Saint Brieuc


Au début du XXème siècle, commençons par citer Victor Bouhon (1834-1908). Victor Bouhon est né le 9 septembre 1834 à Paris. Il s'engage dans le protestantisme missionnaire (École des Missions de Passy en 1856) et part à Haïti en 1861 mais il est rapatrié en 1862.
Juste avant son départ pour Haïti il a épousé Frances Elisabeth Dockery (1836-1878) à Londres le 25 mai 1861.

La Société Missionnaire Baptiste lui propose alors de venir en Bretagne.

Ce pionnier, qui tenta de rassembler  les protestants de Guingamp, de Lannion ou de St Brieuc à partir de 1862-1863, eut à subir de fortes pressions des autorités politiques et religieuses. C'est ce que nous allons voir... 
Retour sur une époque où les protestants ne pouvaient pas encore exercer leurs droits tout à fait comme les autres !!!

Le 18 septembre 1864, Victor Bouhon célèbre un premier culte protestant dans la maison de Mme Veuve Young au numéro 7 de la rue Saint Guillaume.

L'immeuble du 7 rue Saint Guillaume

 La première réaction hostile va venir, un peu plus d'un an après, de l’Évêque de Saint Brieuc qui s'adresse ainsi au Préfet :


12 décembre 1865 lettre de l’Évêque de St Brieuc
"Permettez-moi de porter à votre connaissance un fait grave et illégal d’où naitraient surement de fâcheuses complications nuisibles à la religion et au pouvoir, surtout dans les Côtes-du-Nord. L’opinion s’en préoccupe déjà vivement.
Un ministre protestant William Bryant, vient de passer un bail, pour un prêche protestant, avec le sieur Jaffrain dont la maison est située rue du Champ de Mars. Le bail est passé au nom de l’église évangélique. L’appartement loué est un magasin assez vaste, sans doute pour en rendre l’accès plus facile à la foule.
Si l’on faisait le recensement exact des protestants à St Brieuc, on trouverait quelques étrangers très rares mais pas un seul briochin.
Cette tentative n’est pas seulement condamnée par la loi, mais aussi par l’intérêt du gouvernement…Quelle malheureuse pensée de venir jeter ces semences redoutables de discorde dans un pays tout catholique, que la foi unanime a jusqu’à présent préservé des déchirements de certaines provinces !
.....
William Bryant affirme qu’il a le soutien du Maire, ce que ne peut croire l’Évêque
......
Monsieur le Préfet, c’est à votre haute prudence, …, que je livre l’ouverture illégale d’un temple protestant au cœur de la Bretagne, le pays catholique par excellence, au mépris de la loi, aux dépens de la paix publique, au risque de faire retomber aux yeux de la population sur le gouvernement une responsabilité qui lui est étrangère.
Un mot de votre autorité fera disparaître cette malencontreuse tentative."


Les protestants continuent pendant ce temps à effectuer les démarches pour être en toute légalité et répondent à toutes les demandes des différentes autorités.
Dans les premiers noms qui figurent sur la liste des protestants en 1866 on trouve le nom surprenant de la Princesse de Vismes (voir en bas d'article, document 7). La présence du Prince et de la Princesse vont d'ailleurs susciter la curiosité des autorités.

Signature des protestants de St Brieuc. 1866. V 3769. Archives départementales 22.


Le 1er mars 1866, un courrier de la Direction générale de la Sureté publique est adressé au Préfet des Côtes-du-Nord concernant la demande faite par les protestants de St Brieuc de tenir leurs réunions. Les autorités ne semblent guère apprécier les protestants mais font appliquer la loi. Il ne peut rien faire d'autre que de laisser faire car « ces sectaires ne compteraient que seize adeptes ». La réglementation de l’époque stipule qu’il n’est pas nécessaire de demander une autorisation tant qu’ il n’y a pas plus de vingt personnes réunies. Mais le Ministre de l’Intérieur continue de surveiller la situation à St Brieuc et souhaite que le Préfet lui fournisse des renseignements « sur les signataires de la pétition…notamment sur la réalité de la position sociale des deux adhérents qui signent « Le Prince et la Princesse de Vismes et de Ponthieu ».

Le 8 mars 1866, le commissaire de police a fait son enquête et rapporte au Préfet ce qu’il a trouvé, en particulier sur le Prince et la Princesse.

Le 12 mars 1866, sur la demande du Préfet, Victor Bouhon est obligé de fournir les adresses de plusieurs protestants de St Brieuc : Mme veuve Young et sa fille, 7 rue St Guillaume ; Miss Thain, Mme veuve Bowler, idem ; M. James Mettler, peintre en équipages, 1 rue d’Orléans ; Jean Orwan, fusilier, au dépôt d’instruction.

Le 20 Avril 1866, le ministre de l’Intérieur, réaffirme les règles en vigueur à propos de la demande d’autorisation des protestants de se réunir.
« Je ne puis que maintenir mes instructions du premier mars concernant la manière dont il convient de procéder à l’égard de ces dissidents... »

Le 24 juin 1866, le commissaire de Police, accompagné d’un agent,  va compter le nombre de participants à une réunion de protestants et doit vérifier s’ils sont plus de 20.
En fait le commissaire compte au moins 36 personnes, il cite dans son courrier au Préfet le nom de la plupart des personnes qu'il connaît.

Le 6 août 1866, Victor Bouhon dresse la liste des personnes présentes au service religieux tenu dans la salle Évangélique de la rue du Champ de Mars le 5 août 1866 et l'envoie au Préfet qui lui en a fait la demande : Messieurs Marshall, de Jersey, voyageur ; Hamet, de Cesson, propriétaire ; Colisse (?), de Cesson ; James Bryant, négociant en faïence à St Brieuc.
Mesdames la princesse de Vismes, de Cesson, propriétaire, veuve Bowler, veuve Young, Mlle Young Alice, Mlle Thain Maria, Mme Braux et Mlle Braux, place Duguesclin, Mme Perrin-Soing, pâtissière, et ses deux garçons ; Marie Legas, portière, plus deux hommes et une jeune fille, en tout dix-huit personnes.

Liste de protestants de St Brieuc. 1866. V 3769. Archives départementales 22.


Le 9 oct 1866 Victor Edouard Bouhon, "ministre du St Évangile", habitant  Guingamp adresse une lettre au préfet indiquant le changement de lieu des réunions protestantes. Elles ne se déroulent plus chez M. Jaffrain Joseph, rue du champ de Mars mais dans la maison dite « Lécuyer », rue Jouallan, dont M. Lhotellier est le locataire.

La ville de St Brieuc doit commencer à s'habituer à la présence des protestants car les échanges de courrier cessent entre Victor Bouhon et les autorités à la fin de cette année 1866 (dossier V 3769 consultable aux archives départementales 22)
Victor Bouhon va rester dans la ville jusqu'en 1885.
Ensuite, des archives (Dossier V 3770) attestent du rapprochement des protestants de St Brieuc avec Rennes. En 1889, l'arrondissement de St Brieuc est rattaché à Rennes en ce qui concerne les cultes et les autorités compétentes demandent à la ville de St Brieuc de contribuer à l'indemnité logement du pasteur de Rennes comme le veut la loi en vigueur à l'époque. La municipalité n'y est pas favorable mais un décret du Président Carnot va clore la discussion (courrier du 13 mai 1890). La somme est fixée à 600 francs pour Rennes et 50 francs pour chaque commune concernée (St Malo, St Servan, Dinan et St Brieuc).
Les protestants locaux bénéficient donc de la venue d'un pasteur de Rennes, M. Arnoux de l'Eglise Réformée. La mission de Trémel détache aussi un colporteur.


Les protestants de St Brieuc au début du XXe siècle

Plus tard, lors du 51ème synode de l’Église Évangélique de France (méthodiste), constatant qu’elle n’avait aucune implantation dans les Côtes-du-Nord décida en juin 1904 d’y envoyer le pasteur Jean Scarabin.(voir son portrait complet dans la rubrique "Pasteurs...")

« Le synode décide qu’il y a lieu de commencer dès cette année une œuvre d’évangélisation en Bretagne. M. Jean Scarabin sera l’agent de cette œuvre. Les frais seront à la charge du fonds du 20e siècle. Cette œuvre sera entreprise sous la direction du Comité d’évangélisation. Il ne sera acheté aucun terrain ni élevé aucune construction sans l’assentiment du synode. Le synode décide qu’un rapport sur l’œuvre d’évangélisation sera publié chaque année par les soins du Comité d’évangélisation et du directeur de l’œuvre. Ce rapport devra être distribué largement dans le public religieux. »

On doit donc bien prendre en compte qu'en ce début du XXème siècle à St Brieuc, l'implantation et la structuration de l’Église protestante doit plus au mouvement de renouveau venu de la Grande-Bretagne appelé "Le Réveil" qu'à une vieille tradition huguenote du XVIe siècle.


La première association cultuelle protestante à St Brieuc


Après avoir pris des contacts sur place, Jean Scarabin commence par réunir des protestants de St Brieuc le dimanche 20 mai 1906. Tout se passe dans une salle louée dans le centre ville, au 12 rue du Champ de Mars (rue du Général Leclerc de nos jours). Les membres présents ce jour-là sont Messieurs Bird, Hansen, Hervet, Bonnet, Gouriou, Le Hech, Scarabin et Mesdames Bird, Aubin, Guillou, Doucet et Scarabin. L'assemblée désigne deux personnes pour déposer les statuts d'une association.
C'est ainsi qu'est fondée en juin 1906 l' Association de l'Eglise Evangélique Méthodiste de St Brieuc  (au Journal Officiel du 12 juin). Le but de cette association est écrit en première page du registre (photo ci-dessous): "Une association cultuelle est fondée, conformément aux dispositions de la loi du 1er juillet 1901 et de la loi du 9 décembre 1905, en vue de soutenir et de développer le culte évangélique méthodiste". Il s'agit juste dans un premier temps de déposer les statuts à la préfecture et de nommer le comité directeur :
Président, Jean Scarabin, pasteur, né à Plougras le 15 novembre 1876, résidant à Lannion, Villes dorées, le Marhallac'h
Vice-président, Oscar Hansen, commis interprète, né en Norvège le 24 septembre 1874, résidant au Légué
Secrétaire, Auguste Le Hech, employé des postes, né le 26 janvier 1869, résidant 15 rue Luzel à St Brieuc  
Trésorier, Abraham Jean Bird, agent maritime, né à Guernesey le 3 mars 1852, résidant route du Légué à St Brieuc

Les autres membres fondateurs sont :

Philippe William Aubin, négociant, né à Jersey le 30 juin 1858, résidant à St Brieuc  
Clara Aubin, née à Jersey le 26 janvier 1860, résidant à St Brieuc 
Abraham Jean Bird, agent maritime, né à Guernesey le 3 mars 1852, résidant route du Légué à St Brieuc 
Héloïse Bird, sans profession, née à Guernesey le 24 septembre 1854, résidant à St Brieuc (décédée le 6 mars 1932 à son domicile rue des Merles, obsèques célébrées par le pasteur George Whelpton)
Maud Héloïse Bird, professeur, née à St Brieuc le 4 octobre 1874, résidant à St Brieuc 
Gertrude Bird, professeur, née à St Brieuc le 20 décembre 1880, résidant à St Brieuc 
Clarice Bird, sans profession, née à St Brieuc le 9 novembre 1882, résidant à St Brieuc 
Winifred Bird, sans profession, né à St Brieuc le 18 septembre 1885, résidant à St Brieuc 
Jean Bonnet, garçon d'hôtel, né à Verrine le 14 juillet 1856, résidant 12 rue Klébert à St Brieuc 
Gabriel Bonnet,, né à St Maixent le 30 juillet 1885, résidant à la caserne de St Brieuc 
Madeleine Dausset, née à Rouillé dans la Vienne le 16 septembre 1838, résidant à St Brieuc 
Pierre Cruchon, opticien, né à Granville le 11 avril 1833, résidant à Lannion, Villes dorées
Mme Eyer, né à Baccarat le 28 février 1859, résidant rue Notre Dame à Lamballe
Marie-Noël Le Seaux, sans profession, résidant 79 rue Nicolas à Guingamp
Louis Quoniam, capitaine en retraite, résidant 60 bld Charner à St Brieuc  
Mina Quoniam, née Ménégoz, sans profession, résidant à St Brieuc 
Hélène Quoniam, sans profession, résidant à St Brieuc 
Wilhelm Ingwald Nicolaysen, officier, né à Douarnenez le 17 août 1875, résidant Bld Pasteur à St Brieuc 
Emile Emboulas, comptable, né le 21 février 1883, résidant rue du 71ème R.I à St Brieuc 
Paul Gourvil, colporteur, né à Trémel le 14 mars 1879, résidant à Cesson
Françoise Jégou, née à Louégat le 8 août 1882, résidant à Cesson
Françoise Gourvil, couturière, née le 24 octobre 1845, résidant à Cesson
Anna Guillou, sans profession, née le 24 octobre 1845, résidant 39 bld Carnot à St Brieuc 
François Hervet, colporteur, né le 16 septembre 1852, résidant à St Brieuc 
Eugénie Scarabin, sans profession, née à Paris le 12 décembre 1878, résidant à Lannion,Villes dorées

Remarque : il faut noter que Philippe William Aubin est le grand-père d'Emile Le Cozannet, pasteur de la paroisse de St Brieuc de 1977 à 1985.


Le 18 février 1907 à St Brieuc a lieu la première assemblée générale de l'association à son siège, toujours au 12 rue du Champ de Mars, dans un ancien magasin dont l'enseigne avait été remplacée par l'inscription "Conférences Evangéliques". Nous n'avons malheureusement pas de vue de l'immeuble d'origine car ce dernier a été entièrement reconstruit en 1939 à la demande de son propriétaire M. Lavollée.
Le président, le vice-président et le trésorier sont reconduits dans leurs fonctions mais c'est M. Wilhem Nicolaysen qui devient secrétaire. Messieurs Louis Ricoeur, Guillaume Le Buanec et Adrien Gros sont admis comme membres de l'association ainsi que Mesdames Sarah Bryant, Marie Elise Ricoeur et Augustine Le Buanec et Mademoiselle Jeanne Garchery. Des femmes sont aux responsabilités dès la première heure. Remarquons aussi que c'est le pasteur Galienne qui clôt cette première séance.
On peut noter que M et Mme Ricoeur sont Louis et Marie Elise Ricoeur, les grands-parents du philosophe Paul Ricoeur. Ils habitent alors à St Brieuc, juste avant de partir en 1909. Louis Ricoeur travaillait à la Trésorerie Générale et il obtiendra ensuite sa mutation à Rennes.

Les autres membres présents le 18 février 1907 sont :

Louis Ricoeur, fondé de pouvoir, né le 9 juillet 1856 à Luneray, Seine-Maritime (76), résidant à la Trésorerie générale de St Brieuc
Marie Elise Ricoeur (née Sarradet), sans profession, née le 12 mai 1856 à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques.
Sarah Bryant, sans profession, née en Angleterre, résidant rue St Guillaume
Adrien Gros, capitaine, résidant 24 bld Thiers
Jeanne Garchery, sans profession, résidant au Légué
Guillaume Le Buanec, cordonnier, résidant à Cesson
Augustine Le Buhanec, sans profession, résidant à Cesson


Registre de l'association cultuelle de Saint Brieuc. 1906-1952
archives du Temple de St Brieuc. Photo R.F




Le 30 janvier 1908, l'assemblée déplore le départ de sept membres qui ont quitté St Brieuc mais d'autres arrivent comme Messieurs Maurice Roussel et Goulven Gallou et Mesdemoiselles Collin et Dyson. Madame Bryant est chargée de recevoir les dons qui contribueront à la construction du temple (en fait, ils serviront uniquement à l'ameublement). 
Tout le monde souhaite le maintien de M.Scarabin comme pasteur mais ce dernier a d'autres vues. Il a pour objectif de quitter la ville trop peu sensible au protestantisme à son goût et préfère poursuivre son œuvre d’évangélisation dans d’autres villes (Lannion, Perros…). 
Monsieur Théophile Roux, trésorier du Comité central de Paris, est présent le 27 février 1908 à St Brieuc. Il fait part de ses intentions de prendre à sa charge tous les frais concernant l'édification du temple (voir l'article sur les bâtiments).


Page 7 du registre de l'association cultuelle de Saint Brieuc. 1906-1952
archives du Temple de St Brieuc. Photo R.F


Le pasteur Roux, prend donc le relais de Jean Scarabin, il est nommé à St Brieuc en septembre 1908 et fait édifier un temple pendant cette année 1908. 

Le dimanche 4 octobre 1908, le Temple protestant de St Brieuc est inauguré et le pasteur Théophile Roux est installé !
Le pasteur O. Prunier préside la cérémonie.


Le dimanche 4 octobre 1908, annonce de l'inauguration du Temple de St Brieuc. Le Réveil, vue 324, archives 22. Photo RF


Une plaque indique à l'entrée du temple les heures des cultes, l'Ecole du Dimanche et ce qui est appelé "conférence" se tenant à heure fixe en fin de journée le dimanche. 
Le 18 octobre le pasteur Roux ouvre la page vierge du registre des inhumations pour inscrire quelques mots sur l'inhumation de Jean Bird, 14 ans. Le culte est célébré au temple par le pasteur Roux et la cérémonie au cimetière "devant une foule très recueillie" est assurée par le pasteur Jean Scarabin, venu de Lannion.
Le dimanche 27 décembre 1908 a lieu le premier baptême célébré par le pasteur Roux. il s'agit de Henri Charles Gustave Basire, dont les parents habitent paris et le parrain, M. Bonnet, son grand-père,  à St Brieuc.

Dans la foulée de l'inauguration du temple, le pasteur Roux va inaugurer un cycle de conférences, annoncées dans la presse locale par l'intermédiaire du journal "Le Réveil". La première conférence se déroule le 11 octobre 1908 : "A la recherche de la vérité". Les autres thèmes traités seront les suivants : "Première prédication de l'Evangile en Europe", "Pourquoi y a -t-il eu une Réforme protestante?", "Pourquoi suis-je croyant?", "Les impressions d'un laïque lisant l'Evangile", "Les surprises d'un laïque lisant l'Evangile", "Les expériences d'un Evangéliste dans une grande ville", "Patrie et famille en danger, ne jouons pas avec le feu", "Mission française parmi les kabyles de l'Algérie", "La Sainte Vierge".


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 332, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 342, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 357, Archives 22


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 365, Archives 22


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908 (15 novembre), vue 373, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 381, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 390, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 398, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 406, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 422, Archives 22


C'est dans son nouveau siège social, au Temple, rue Victor Hugo que se réunit l'assemblée de 1909, le 19 janvier. Les questions financières sont abordées en priorité car les frais sont importants (mobilier pour le temple, chauffage, éclairage...). Les frais nécessités par l'évangélisation dans la région de Lannion sont pris en charge par un comité qui siège à Paris. Pour le reste, les recettes proviennent surtout des dons des membres que l'assemblée souhaite voir sous forme de versements mensuels ou trimestriels. Il faut aussi prendre en compte les recettes venant des collectes qui sont effectuées en été à St Quay-Portrieux. 

Le comité directeur est renouvelé avec :
Président: Monsieur Roux, pasteur à St Brieuc
Vice-président: Monsieur Scarabin, pasteur à Lannion
Trésorière: Madame Bryant
Secrétaire: Monsieur Hansen
Assesseur: Madame Ricoeur.

Le 8 septembre se déroule le premier mariage célébré dans la paroisse de St Brieuc par le pasteur Roux. Les heureux mariés sont Edmond Verde, de Paris, et Clarisse Constance Bird, de St Brieuc.

Le pasteur Roux va continuer son cycle de conférences au cours de l'année 1909. Elles sont toujours annoncées dans la presse locale dans le journal "Le Réveil". Le pasteur Roux fait preuve de beaucoup d'imagination, on trouve par exemple les sujets suivants : "Pourquoi y a-t-il tant d’incrédules ?",  "Comment y a-t-il encore tant de gens qui croient en Dieu ?", "Un industriel qui a réussi", "Le continent noir", "Progrès et christianisme", "Une scène de famille"...
(liste complète en bas d'article, document 2)


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1909, vue 44, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1909, vue 92, Archives 22


Début 1910, pas de changements notables sinon au poste d'assesseur où Mlle Maud Bird remplace Mme Ricoeur en janvier. L'association se réunit une fois par trimestre et dans le procès verbal d'avril on lit  que le pasteur fait un rappel à l'ordre sur la ponctualité au culte !
 
Le pasteur Roux n'est pas prêt à abandonner ses conférences du dimanche après-midi en 1910 et les sujets sont toujours très originaux :
Prenez garde à vous ; Maitre trompeur ; un Irlandais original ; « Je ne crois qu’à ce que je vois » ; Le testament du Père ; Chez des Chinois ; Les braves gens ; La confession ; Le crédo d’un socialiste ; Le mécontentement universel et son remède ; Le secret du contentement ; Ni incrédule, ni croyant ; Un tour chez d’anciens cannibales ; Faiseurs de joie...

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1910, Archives 22
Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1910, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1910, Archives 22


En 1911, un premier état est fait du nombre d'adhérents à l'association: 65 personnes y compris les enfants. Le procès verbal se termine sur une note très curieuse avec M. Montmasson, évangéliste à Jenzé, qui dans son allocution a expliqué comment parti de France comme missionnaire catholique en Chine, il était revenu en France converti au protestantisme !

La communauté protestante a le souci de se faire connaître. Déjà en octobre 1908, il avait été décidé de voir "des cadres indiquant les heures du culte, déposés dans les principaux hôtels de la ville de St Brieuc, à Binic et même à St Quay." En juillet 1911, une autre idée est avancée : "M. Gros propose qu'on fasse mettre une annonce dans le guide du Syndicat d'Initiatives de St Brieuc pour faire connaître aux étrangers qu'il y a un Temple." En décembre une nouvelle proposition va dans le même sens d'une ouverture avec la tenue de 3 conférences de M. Prunier (16, 17 et 18 décembre 1911). Des affiches et des prospectus serviront de matériel d'information en direction du public briochin. 


Dans le bilan de l'année 1911, on peut encore porter au crédit du pasteur Théophile Roux son lot de conférences du dimanche après-midi. Les thèmes ont l'art d'attirer la curiosité du public :
Démocratie et Evangile ; Criminels ; Le fondateur de la plus grande Eglise protestante du monde jugé par un professeur catholique ; Une héroïne de la guerre de Crimée, Florence Nightingale ; La foi d’un Romain ; Horizons sectaires et horizons chrétiens ; Le rugissement d’un lion ; Le Dieu qui descend et l’homme qui monte ; La religion qu’il faut à la France ; Le procès des religions, quelques témoins ; Chez les Peaux-rouges au Canada ; Un chrétien social ; L’avis de famille...
Souvent les conférences sont reprises sur deux dimanches à suivre. Il arrive aussi qu'elles soient remplacées par "un thé amical" comme il est indiqué sur les annonces dans le journal.


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1911, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1911, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1911, Archives 22


A partir de 1912, l'assemblée décide que les conférences du dimanche après-midi " seront annoncées par voie d'affiches imprimées, portant comme titre "Conférences Religieuses et Morales basées sur l'Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ". 

On dit les protestants très sérieux, voire un peu austères mais la convivialité est recherchée par les membres de la communauté protestante dès les premières années de fonctionnement : les membres sont réunis pour une "soirée amicale" en décembre (1909), il est prévu une promenade à la campagne pour le jeudi de l'Ascension (avril 1910), "Après l'allocution de M. Roux, il y a eu des morceaux de chants, de musique et la soirée se termine par une collation..." (octobre 1910), une fête de Noël est organisée dès 1911. Le fait d'être un petit groupe favorise la proximité entre les personnes.


En 1912, pas de gros changements, M. Hansen passe trésorier et M. Bird assure le secrétariat.
On imagine que le pasteur Théophile Roux doit avoir un certain succès avec ses conférences du dimanche après-midi. Il lui faut beaucoup d'imagination pour trouver des thèmes qui surprennent le public et ceux de l'année 1912 ne dérogent pas à la règle : Nos enfants ; Le problème de la souffrance et la foi en Dieu ; Le portrait du Christ ; Le sauvetage de l’enfance abandonnée ; La devise républicaine Liberté, Egalité, fraternité ; Les traits essentiels de la religion chrétienne ; La vie joyeuse ; Le plus lourd des impôts ; témoignage d’un ex-Silloniste (par lui-même) ; un acte du drame de la Passion ; Notre foi religieuse ; Notre programme social ; M. Ed Gallienne, de Paris ; Le naufrage du Titanic ; Les musulmans ; A Londres, choses vues ; Le bon sens et la foi chrétienne.


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1912, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1912, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1912, Archives 22



En 1913, les 11, 12 et 13 janvier, un nouveau cycle de conférences est lancé avec la venue du professeur et pasteur Franck Thomas de Genève
 
Les autres thèmes traités cette année 1913 ne manquent pas d'intérêt : Les œuvres d’un orateur populaire ; M. le pasteur et le professeur Franck Thomas ; Une religion fraternelle ; Science et Foi ; Le croyant moderne ;  Un livre unique et merveilleux ; Peut-on encore croire en la Bible ? ; Docteur Livingston, le missionnaire explorateur ; Si l’homme meurt, revivra-t-il ?; L’école sans Dieu ; Toutes les religions sont bonnes ; peut-on connaître Dieu (lettre de quelqu’un qui a perdu la foi et réponse) ; L’âme française ; Un missionnaire chez les cannibales ; La pensée ouvrière ; Cléricalisme ou athéisme ? (par le pasteur O. Prunier, de Paris) ; Vie de Jésus-Christ ; Le sourire au Foyer.


Le Réveil 1913 (erreur sur l'annonce), vue 24, Archives 22


En 1914, la première conférence de l'année du pasteur Roux, le dimanche 4 janvier, porte un titre qui veut peut-être conjurer le sort : "Une bonne année". Tous les 15 jours un nouveau sujet est proposé au public : "Voyage aux Iles de la mer du Nord ; Icônes et héros de la Réforme ; Dans nos rues et nos journaux ; La jeunesse d’un philosophe ; Les sources de la vie ; Le sang de nos frères ; Un empire à conquérir ; La renaissance physique de la France ; Ce qu’il faudra toujours". Mais ces discussions vont bien souvent être remplacées, dès le début de la guerre au mois d'août, par de graves préoccupations : l'afflux de réfugiés, la mobilisation, les premiers blessés, les premiers morts.

Le pasteur Roux n'est pas mobilisé et il va avoir un rôle très important pendant cette période de guerre. En quelques mois, il va présider à l'ensevelissement d'une centaine de soldats, pour la plupart des protestants allemands (voir la page du blog qui aborde de manière très complète ce sujet).
Le pasteur Roux n'hésite pas à traiter du sujet de la guerre lors de conférences qu'il donne régulièrement en fin d'après-midi le dimanche, par exemple le titre de la conférence du 1er novembre est "A propos de la guerre". C'est le sujet qui occupe tous les esprits.

En cette fin d'année 1914, le 27 décembre le dernier sujet abordé lors de la conférence au Temple ne peut être qu'en rapport avec la guerre : "Les leçons de 5 mois de guerre".


Annonce dans le journal de St Brieuc Le Réveil (socialiste) 1914-1915



En 1915, l'assemblée note l'absence du pasteur Scarabin, mobilisé sur le front. L'évangélisation de la région de Perros retombe et à St Brieuc peu de progrès sont faits comme le constate avec regret le pasteur Roux. Théophile Roux s'active auprès des soldats allemands hospitalisés, des réfugiés et des prisonniers civils allemands enfermés dans les camps autour de St Brieuc (camp du Jouguet et camp de St Ilan).
En 1915 les thèmes des conférences du dimanche après-midi portent uniquement sur des sujets en rapport avec la guerre. Par exemple en Février : "Si Dieu existe, si ce Dieu est bon et tout puissant, pourquoi a-t-il permis cette guerre ?"; Dans les mois qui suivent : "Dieu est-il avec nous ou avec eux ? ; Sur le front avec nos soldats ; La nouvelle France ; Guerre religieuse ? Représailles ? ; Pour l’honneur ; La force victorieuse ; Les trois croix".
Les questions posées ne manquent pas d'à-propos et de courage.


1916, la paroisse vit au rythme de la guerre et les conférences du pasteur Roux sont toujours le reflet des préoccupations du moment : "Ce qui empêche de croire en Dieu ; Le meilleur de tout ; Glorieux fugitifs ; Après 18 mois de guerre ; L’allemand de l’intérieur ; Mobilisation générale contre l’Allemand de l’Intérieur ; Le relèvement de nos ruines ; Taisez-vous ! ; Propos de guerre ; Les surhommes ; Ce que nous a voilé la figure de Jésus-Christ ; En écoutant Jésus-Christ ; Un réquisitionné ; Le commandement difficile". On peut imaginer que ce dernier titre porte sur le commandement si difficile à tenir pour un chrétien alors : "Tu ne tueras point" !

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1916, Archives 22

Des membres de la communauté protestante de St Brieuc, comme M. Bird, sont engagés auprès des blessés de guerre. Abraham Jean Bird, né à Guernesey, utilise ses compétences d'agent maritime pour faire venir des secours de son île natale.


Article paru dans Le Réveil 1916, vue 172
Article paru dans Le Réveil 1917, R 34 vue 43

En 1917, le pasteur Roux fait remarquer que "le nombre de personnes au Culte du dimanche a augmenté, par la présence de familles étrangères à St Brieuc et des militaires. Beaucoup de militaires ont profité de notre invitation chaque dimanche et beaucoup de ceux-ci ont écrit depuis leur départ en nous avisant que les services au Temple ont été pour eux un rayon de soleil pendant leur séjour à St Brieuc". 
Les conférences ont continué au même rythme que les autres années. On retrouve dans les thèmes des sujets sur la guerre mais peut-être aussi un renouveau de sujets plus religieux : La grande attente ; Le pardon des offenses de nos ennemis ; Le Christ héroïque ; Trois officiers de l’Evangile ; Comment un non-croyant peut-il venir à la foi ? ; Sur le chemin de la croyance ; Nos alliés les américains ; Ames héroïques de soldats ; Soyons forts ; Le royaume des cieux ; entre Gaza et Jérusalem ; Soldats coloniaux et missions évangéliques ; sur le chemin de Jérusalem : un ministre des finances ; Vie de Jésus ; La Sainte Bible.



La caserne Charner à St Brieuc.


Fin 1919, le pasteur Roux annonce son départ de St Brieuc car d'autres fonctions l'appellent. A l'été 1920 il prendra la Présidence du Synode. C'est un mélange de bonheur de voir la pasteur accéder à d'importantes fonctions, et de tristesse de le voir partir, qu'expriment les paroissiens. Un autre problème se pose, celui de la prise en charge d'un nouveau pasteur car le pasteur Roux assumait l'intégralité de sa charge.

En février 1920, le pasteur Paul Wood exerçant à Bourdeaux dans la Drôme est pressenti pour venir à St Brieuc mais en octobre aucune solution n'est encore trouvée car les dons pressentis ne sont pas assez élevés pour qu'un pasteur puisse être pris en charge. M. Roux est toujours présent, il incite les paroissiens à se montrer un peu plus généreux et assure que d'autres paroisses plus riches pourront alors aider St Brieuc. Le pasteur Wright, méthodiste anglais était présent assistait à l'assemblée du mois d'octobre.

En mai 1921, rien n'a bougé, M. Roux est encore là, personne d'autre n'a été nommé. M.Roux presse le comité directeur de proposer d'autres noms que celui du pasteur Wood mais l'assemblée ne l'entend pas ainsi et pose ses conditions : "Elle rappelle toutefois au Synode et à la Commission de stationnement des pasteurs, que la ville de St Brieuc étant fort éloignée des autres églises protestantes et étant la préfecture d'un département populeux, doit avoir comme pasteur, non pas un homme affaibli par l'âge ou absorbé par d'autres travaux mais un pasteur actif et fort, qui puisse entièrement se consacrer à l'évangélisation du pays."
Le 13 juillet 1921, M et Mme Roux fixent les conditions matérielles dans lesquelles ils organisent leur départ. La maison (leur propriété) est louée à l'association cultuelle pour 1100 francs par an. L'association règlera les différentes charges (impôts, assurances...). Un inventaire du mobilier est dressé et la totalité de l'ameublement est laissé au pasteur qui arrivera. Il est aussi noté que le Temple "doit être soigneusement entretenu, sans qu'il puisse être employé pour rien de profane, de façon à ne point blesser les sentiments religieux des Bretons et des Protestants."
En octobre 1921, le pasteur Jean Scarabin fait son grand retour à St Brieuc et le pasteur Henri Whelpton est nommé à Perros. 

Le 26 mars 1922, pour l'assemblée générale, le pasteur Roux vient présider la séance. Il fait ainsi le lien entre  les instances nationales et St Brieuc.

En 1924, plusieurs préoccupations agitent la communauté : avoir un pasteur à temps plein à St Brieuc car pour le moment M. Scarabin s'occupe surtout de l'évangélisation dans la région de Lannion et de trouver un lieu de culte pour les paroissiens de Lannion en faisant l'acquisition d'une maison, rue Kermaria. Un immeuble est également acquis au Légué, à la Cale fleurie, à Plérin.

Vue du Légué.





En 1925, en dehors des affaires courantes, on note que des pasteurs gallois seront accueillis à St Brieuc dans le cadre de la Mission Évangélique en Bretagne. Un thé amical leur sera servi au Temple.
Dans les années qui suivent et jusqu'en 1933, l'activité principale semble être du côté de Lannion et Perros. St Brieuc suit un rythme plus tranquille avec à la tête de la paroisse pendant quelques années un pasteur méthodiste âgé et souffrant, George Whelpton (à ne pas confondre avec son fils, Henri Whelpton de Perros). 

En 1929, Henri Orange vient remplacer François Manac'h au Légué. Le groupe des enfants qui participent à l'école du dimanche atteint des records. Le pasteur Jean Scarabin en dénombre 40 au Légué et 16 au temple. Dix enfants sont inscrits officiellement comme membres : Solveig Hansen, Pierre, France et Lucie Scarabin, Lucie Forestier, Odette Anderson, Denise Guyomard, Lucien et Maurice Sandr, Jacques Vivier.

En 1935, la question de vendre l'immeuble du Légué est posée car les difficultés financières s'accumulent, mais finalement c'est la location qui sera choisie. 

En 1936 est évoquée la question de l'Union des Eglises Protestantes, le sujet sera abordé lors du prochain synode. N'oublions pas que différentes tendances du protestantisme sont présentes dans une paroisse comme celle de St Brieuc. Les pasteurs sont méthodistes mais les paroissiens peuvent être luthériens, comme les Hansen venus de Norvège; évangéliques comme les Stamps...

En 1937, les travaux préparatoires à la création de l'Eglise Réformée de France sont sur le point d'aboutir. Des pasteurs méthodistes demandent leur inscription. On retrouve les noms des pasteurs bretons Henri Whelpton, Marcel Arnal, Marcel Raspail, Daniel Manac'h, François Manac'h, Jean Scarabin et Yves Crespin (Archives nationales, dossier 107 AS 12)

Le 10 juillet 1938 va se tenir  la dernière Assemblée générale de l’Église Évangélique  Méthodiste de St Brieuc. Ce jour-là, elle s'est déclarée comme faisant partie de l’Église Réformée de France.
En Bretagne, St Brieuc, Perros, St Servan- St Malo et Quimper ont fait ce choix, en tout ce sont 16 églises méthodistes sur 22 qui ont rejoint l’Église Réformée (Morlaix et Paimpol sont restées dans l’Église Méthodiste).
C'est une nouvelle page qui s'ouvre...



Sources

Dossiers rassemblés dans les archives du Temple de St Brieuc, registres de l'association cultuelle, registre des membres 1906-1952, registres du conseil presbytéral.

Archives départementales des Côtes d'Armor. Presse en ligne, journal Le Réveil, Républicain et socialiste, années 1908, 1909, 1910, 1911, 1912, 1913 annonces des conférences du pasteur Théophile Roux.
Pour 1908, les numéros des vues qui indiquent les conférences sont les suivants : 324 (inauguration). 332. 342. 357. 365. 373. 381. 390. 398. 406. 422.
Pour 1909, les numéros des vues sont les suivants : 12. 20. 28. 32. 44. 60. 68. 84. 92. 100. (interruption jusqu'en octobre) 329. 337. 349. 370. 378. 387. 399. 407.
Pour 1910, les numéros des vues sont les suivants : 12. 16. 32. 40. 49. 57. 77 (interruption). 140. 152. 160. 168. 180. 188. 196
Pour 1911, les numéros des vues sont les suivants : 8. 20. 28. 36. 52. 60. 68. 84. (interruption) 365. 373. 381
Pour 1912, les numéros des vues sont les suivants : 4. 12. 20. 28. 36. 60. 68. 76. 84. 100 (fin mars puis interruption jusqu’en novembre). 351. 359. 363. 372. 380. 388. 396. 404
Pour 1913, les numéros des vues sont les suivants : 8. 16. 28. 36. 44. 52. 60. 68. 84. 223. 228. 236. 244. 252. 260. 268. 276. 284 
Pour 1914, 4Mi 19 R 33 les numéros des vues sont les suivants : 8. 12. 20. 32. 36. 44. 69. 77. 85. 101
Pour 1914, M1 19 R34, les numéros des vues  sont les suivants : 35. 39. 44. 47. 51. 55. 61. 66. 72.
article de presse édition du 20 septembre 1914, page 12 de la série 1914 en ligne;  
Pour 1915 les numéros des vues sont les suivants : 35. 39. 44. 47. 51. 55. 61. 66. 72
Pour 1916 les numéros des vues sont les suivants : 11. 15. 19. 23. 27. 31. 35. 43. 47. 51. 184. 188. 192
Pour 1917, première partie 4Mi 19 R34, vues 3. 7. 11. 15. 19. 23

Pour 1917, deuxième partie 4Mi 19 R35, vues 41. 45. 49. 53. 57. 61. 65. 69. 73

 
Site Internet de Jean-Yves Carluer, "Les Protestants bretons

Site internet de la "Société d'Etudes du Méthodisme  Français"

Archives municipales de St Brieuc concernant la reconstruction de l'immeuble du 12 rue Général Leclerc en 1939. Cotation 2T52 n° de permis 1048.

Série de 4 articles écrits par le Docteur Erling Hansen dans le bulletin "Le Lien" en 1995.

Protestants et bretons. Jean-Yves Carluer. Edition "La Cause", trois éditions 1994-1998-2003. Disponible en consultation aux Archives départementales des Côtes d'Armor. 

Archives départementales 22. Dossiers V3769 (Bouhon), V 3770 (indemnités )

Liens 

Le blog d'Erwan Chartier :  Les missionnaires gallois en Bretagne au XIXème 
Le site de Jean-Louis Prunier : Société d'Etudes du méthodisme français
Le site de Jean-Yves Carluer : Les protestants bretons
Encyclopédie en ligne Lexilogos : Protestantisme

 

 

Document 1.  

Les membres fondateurs de la première communauté protestante avant 1900 : Famille Bouhon

Victor Bouhon (1834-1908) est né le 9 septembre 1834 à Paris. Il s'engage dans le protestantisme missionnaire (Ecole des Missions de Passy en 1856) et part à Haïti en 1861 mais il est rapatrié en 1862.
Juste avant son départ pour Haïti, il a épousé Frances Elisabeth Dockery (1836-1878) à Londres le 25 mai 1861.
  Le 28 mai a lieu la cérémonie religieuse à la chapelle Eliatah-Islington, Comté de Middlesex (GB)

Après leur année très éprouvante à Haïti,  St Brieuc, Victor et Francès habitent rue des petites Forges. Cinq enfants naitront de cette union. C'est à leur domicile de St Brieuc que Francès décède le 18 février 1878 à l'âge de 39 ans.

A la mort de son épouse, Victor Bouhon se remarie avec Marie Olive Corlay, née le 9 septembre 1852 à Guingamp. 
Le 22 mai 1878 le mariage est célébré à Saint Brieuc.
Après de nombreuses années en Bretagne, Victor Bouhon part à Montrouge, en région parisienne, puis à Paris, rue de Rivoli. C'est à Montrouge que décède son épouse Marie, le 20 novembre 1900 à l'âge de 48 ans.
Victor Bouhon décède quelques années plus tard à la Charité-sur-Loire (58) le 31 mai 1908, à l'âge de 73 ans.

Victor Bouhon aura de nombreux enfants de ses deux mariages. Les registres d'état-civil et le site de généalogie Généanet, nous permettent d'apporter quelques précisions :

Victor et Charles, décédés à la naissance en 1861
Elisabeth (1863-1929), mariée à Montrouge le 25 février 1892.
Victor Emile Noël Bouhon, né  le 22 septembre 1864 à Guingamp, décédé à l'âge de 19 ans à St Brieuc le 29 novembre 1883 à St Brieuc. La mention "étudiant" est porté sur l'acte de décès.
Marie Catherine, née le 24 avril 1867 à Guingamp, décédée en 1938.
Henriette Caroline Bouhon est née le 17 juin 1871 à St Brieuc, elle est décédée à Billancourt (Seine et Oise) le 13 août 1953.
Charles Adolphe Bouhon (1873-1960)
Henri Auguste Bouhon (1875-1956)

Les enfants nés de son deuxième mariage sont :
Edouard Louis Bouhon (1880-1941)

Maurice Olivier Bouhon (27 sept 1883-1915)
Emile Alexandre Bouhon (1889-1930)
Daniel François Bouhon (1893-1960)


Sources : 

Archives départementales 22 en ligne :  
Marie Catherine Bouhon, registre des naissances Guingamp 1867, page 37
Bouhon Maurice
Bouhon Henriette,  registre des naissances St Brieuc 1871, page 89 
Victor Emile, registre de 1864 des naissances Guingamp page 210
Victor Emile Noël Bouhon, registre des décès St Brieuc 1883, page 503, 

Site Généanet, fiche sur Victor Bouhon établie par Jean-Jacques Bouhon

Article de Jean-Yves Carluer sur Victor Bouhon

 

Document 2.

Précisions sur des membres fondateurs de la communauté : 

Familles Bird, Audrain, Ricoeur, Hansen, Scarabin, Manac'h, Nicolaysen.

 

La famille Ricoeur est en bas de page, document 2

Pour les familles Hansen, Scarabin, Manac'h, voir la page sur les pasteurs et laïcs et aussi dans Perros pour la famille Manac'h.

 

Famille Nicolaysen. 
Wilhelm Nicolaysen (1875-1914)

Wilhem Nicolaysen (1875-1914)


Origines
Dans les membres fondateurs et jusqu'en 1913, nous trouvons dans les registres de la paroisse protestante de St Brieuc Wilhelm Ingwald Nicolaysen, né à Douarnenez (29) le 17 août 1875, marié le 28 mai 1906 à St Brieuc avec Nelly Trouessart, résidant Bld Pasteur à St Brieuc. Le capitaine Nicolaysen est le fils du consul norvégien de Douarnenez (Finistère). Le père de son épouse est directeur de la Banque de France à St Brieuc.
Le couple aura trois enfants. Ses trois filles, Hilda, Dagny et Yanhe, qui habitaient à Saint-Brieuc, venaient régulièrement passer leurs vacances à Douarnenez chez leur oncle Valentin qui avait également trois filles. Dans la famille, on précisait donc : les trois filles Nicolaysen de Douarnenez et les trois filles Nicolaysen de Saint-Brieuc.


Carrière et Guerre 14-18

Le capitaine Wilhelm Nicolaysen est d’origine norvégienne mais il opte pour la nationalité française. Il fait partie de la classe 1895 et son bureau de recrutement est Quimper. On lui attribue le matricule n°895. Il entre à l'Ecole militaire d'Infanterie de Saint-Maixent, promotion 1899-1900.

Pendant la guerre de 14-18, il est affecté au 31e bataillon de chasseurs, et meurt à Breschwiller (Alsace) le 22 août 1914.
Extrait du "Tableau d'honneur de la Grande-Guerre" : "A tenu la plus brillante conduite. Blessé grièvement en soutenant la retraite de son bataillon le 21 août 1914, est décédé à l'ambulance des suites de ses blessures."
Son nom est inscrit sur le monument aux morts dressé au cimetière de Douarnenez.

Il fut tué à la guerre de 1914-1918. C'était le premier officier de l'armée française, et protestant, qui ne portait pas un nom français. La revue L'Illustration rapporte que c'est à ce titre que les allemands lui firent des funérailles particulières.
  
Sources :
Registre des membres Temple de St Brieuc
Site Généanet. Fiche établie par Joël Chirol 
Site Généanet. Fiche sur sa fille, Hilda née à St Brieuc (6.11.1910), Dagny née à St Brieuc (17.06.1907) et Yanhe née à St Dié dans les Vosges (4.06.1914)
Forum 14-18, anciens élèves de St Maixent, recherches Francine Laude, fiche Wilhem Nicolaysen



 

 

 


LA FAMILLE BIRD, au port du Légué


Jean Bird, agent maritime au Légué à l'époque où les bateaux à vapeur permettaient de relier St Brieuc à Jersey.


L'histoire des Bird est très précieuse pour nous car elle montre comment, non pas un individu isolé, mais une famille toute entière, à travers chacun de ses membres, a pu marquer la communauté protestante par son engagement et son implication sur plusieurs décennies. Si l'on ajoute la présence de la famille Hansen, des protestants venus de Norvège également dans les affaires maritimes, on comprend pourquoi les protestants se sont rapidement implantés au port du Légué.

L'histoire de la famille Bird montre aussi l'apport très important des protestants venus des îles Anglo-normandes et de l'Angleterre en Bretagne. L'histoire de la paroisse de St Brieuc en est une belle illustration. 

En plus de la famille Bird (de Guernesey), citons par exemple dans les membres à l'origine de la paroisse de St Brieuc : Philippe William Aubin (grand-père du pasteur de St Brieuc Emile Le Cozannet), né à Jersey et son épouse Clara ; Pierre Joseph Audrain, breton mais venu au protestantisme à Jersey ; Sarah Breedon Bryant (Angleterre) ; Miss Nellie Dyson (Angleterre); Miss Wood ; Miss Brooks... 

Rappelons que le courant méthodiste, qui est celui qui a prévalu à St Brieuc de 1909 à 1938, est arrivé à Jersey en 1774. Le premier ministre méthodiste de Jersey a été nommé en 1783 et John Wesley a prêché à Guernesey en 1787 et à Jersey en août 1789. La première chapelle wesleyenne a été construite à Guernesey en 1788.


Registre des membres de la paroisse protestante de St Brieuc. 1906. Familles Aubin (Jersey) et Bird (Guernesey)
 

Abraham Jean Bird (1852-1937) est un membre fondateur de la communauté protestante de St Brieuc en 1906 et le trésorier de l'association cultuelle. Il occupera aussi la fonction de secrétaire jusqu'en 1930.

Abraham Jean (John de son nom d'état civil) Bird est né à Guernesey le 3 mars 1852. Il se marie le 23. 09. 1873 à Guernesey dans l'église anglicane de Trinity Church (St Peter Port) avec Héloïse Eliza Rouly (22 septembre1855 - 7 mars1932). 

 
Guernesey, l'église anglicane de Trinity Church (St Peter Port)



 Le couple aura 6 enfants dont plusieurs seront engagés dans la communauté protestante de St Brieuc quand la famille s'y fixera, en 1874 au plus tard, année de naissance de Maud, leur première fille, cette année-là à St Brieuc. Abraham Bird réside au début du siècle avec sa famille route neuve du Légué à St Brieuc. Le 90 rue du Légué est également cité comme adresse.
M. Bird est le représentant d'une compagnie qui effectue des trajets entre le Légué et l'Angleterre. 

Le 9 juillet 1880, un bail de trois ans lui est consenti pour une concession d'un terrain situé sur le port du Légué, sur le quai de Nemours. Ce bail est renouvelé en 1883.
On le connaît bien à St Brieuc et au port du Légué car il est un agent maritime très apprécié. 


1884. Article communiqué par Philippe Saudreau.


Dès 1885, la presse locale signale son esprit d'entreprise à l'occasion de nouveaux services de bateaux à vapeur inaugurés le 18 juillet. Le premier bateau, un steamer appelé "Le Terrible", dessert les îles Anglo-normandes et Saint-Brieuc, Pontrieux et Tréguier. C'est un service appréciable pour les passagers et un atout commercial indéniable pour les villes de la côte qui vont pouvoir transporter leurs marchandises, de manière régulière, vers Jersey et Guernesey. Le second bateau permet de relier Saint-Brieuc et Londres.



En 1895, dans la compagnie où travaille M. Bird, ce sont les steamers  "Channel-Queen" et le "Commerce" qui assurent la liaison entre St Brieuc et les îles Anglo-normandes. 
Quelques années plus tard, la fin du Channel-Queen est tragique puisqu'il va s'échouer le 1er février 1898 au nord de Guernesey : 16 passagers et 5 membres d'équipage vont périr. 


La compagnie conserve son deuxième bateau, le "Commerce", avec à sa tête le capitaine J. Collings (voir l'annonce ci-dessous).


Le "Commerce", photo du Musée de Bretagne, collection Binet. Site Histoire du Légué.




En 1902, la presse nous renseigne sur les nouveaux services apportés par la compagnie dont M. Bird est l'agent au Légué : la liaison maritime Jersey-St Brieuc est assurée par le steamer "Barrow Castle" tous les mardis, le retour s'effectue le mercredi et le jeudi le trajet se poursuit vers Guernesey et Plymouth. Les passagers et les marchandises peuvent ensuite relier Londres et les autres grandes villes de la Grande-Bretagne, et même l'Australie et l'Afrique du Sud. Le steamer "Margaret" est également affrété par la compagnie pour effectuer les liaisons selon une annonce passée le 31 mars 1902 dans Ouest-Eclair.

En septembre 1906, A. Bird et Oscar Hansen font partie de l'organisation de grandes fêtes dans le bassin à flot du Légué. On trouve entre autre chose dans le  programme des réjouissances : course à la nage pour les jeunes gens de 12 à 15 ans, concours de fumeurs, course en sabots, course à l'aviron pour canot à quatre rameurs, course à la godille pour femmes, joutes nautiques, course aux canards, course aux cochons, course d'ânes et la nuit, fête vénitienne et feux de bengale. Un train partira à 20h30 de la gare centrale de St Brieuc vers le Légué et le retour pourra s'effectuer en train également à 23h30.

En 1909, Abraham Bird passe le relais provisoirement à Oscar Hansen, qu'il connaît bien comme membre de la communauté protestante, en attendant qu'un agent soit nommé au Légué pour représenter "The Anglo-French Steamship Company Limited". Le bateau de cette compagnie qui circule à l'époque est Le Devonia dont le capitaine est E.J Collins..


1909. Article communiqué par Philippe Saudreau.


En 1911, changement de statut pour M. Bird qui obtient la naturalisation française. La presse marque sa satisfaction: "Tous les Briochins connaissent M. Bird. Depuis de longues années parmi nous, il a su acquérir la confiance, l'estime de tous ceux qui l'ont approché. Français de cœur, il devient Français de droit, nous en sommes heureux et lui envoyons l'assurance de toute notre sympathie".
C'est aussi l'année où M. Bird fait l'acquisition d'un nouveau bateau à vapeur, le "Jacques Cartier" pour organiser en été des excursions dans la baie de St Brieuc. Ce bateau a été construit à Cantenay en 1903. Il faisait une trentaine de mètres de long.


1911. Article communiqué par Philippe Saudreau.

M. Bird se fait remarquer plus tard, dans la presse (Ouest-Eclair du 3 novembre 1914), pendant la Première guerre mondiale en fournissant des secours venant de Guernesey. Il est à l'origine d'un grand mouvement de générosité dans l'île et de la création d'un comité de secours aux soldats hospitalisés en France.

En 1922, la presse locale mentionne son remarquable travail pour rétablir des liaisons maritimes entre St Brieuc et Jersey. La Compagnie Transinsulaire Française est dirigée par M. Bobignier et M. Bird est son second, "un briochin dont l'activité est à la hauteur de toutes les tâches et qui connaît le port dans tous ses détails". Pour l'arrivée du premier navire à vapeur "Le Celuta", les discours sont prononcés par le directeur de la compagnie, le bailli de St Hélier (Jersey), par la municipalité et par M. Bird.
Le 30 juin 1922, sa compagnie fait paraître une publicité dans le journal Ouest-Eclair pour d'autres liaisons possibles vers les ports du Nord, à partir de St Brieuc ou vers St Brieuc.


Ouest-Eclair 30 juin 1922.


La vie bien remplie d'Abraham Bird va s'achever le 22 octobre 1937, il avait 83 ans.



Sources 

Registres des membres, des naissances, des mariages et des inhumations 1906-1938. Archives du temple de St Brieuc.

Merci à Françoise Verde pour son travail à propos de la famille Bird, mis en ligne sur le site Généanet. Fiche sur Abraham Bird et ses descendants. Lien en cliquant ici  

Merci à toute l'équipe de passionnés qui anime le site sur l'Histoire maritime du Légué et à Philippe Saudreau, pour tous les articles de presse qu'il nous a communiqués sur M. Bird.
Nous vous conseillons d'aller voir ce remarquable site internet sur l'histoire maritime du Légué.
La base de données sur les bateaux du Légué a été utile pour cet article.

Le naufrage du Channel-Queen est parfaitement raconté sur le site de l'Histoire maritime du Légué.
et très bien détaillé également sur le site histomar.net

Article paru dans Le Réveil 1916, vue 172; 1917, R 34 vue 43; 16 avril 1922, vue 62 (site des archives 22 en ligne). 


Avril 1922, le Réveil. A.J Bird est cité comme agent.


Héloïse Bird (née Rouly) était en 1906 dans les membres fondateurs de la paroisse protestante de St Brieuc, elle est restée membre de la paroisse, comme son mari, jusqu'en 1930. Elle était née à Guernesey le 24 septembre 1854. Mariée avec Abraham Bird, elle a élevé ses enfants dans la maison familiale route du Légué à St Brieuc, puis 22 rue du Port et bien plus tard elle habita rue des Merles. Elle est décédée le 6 mars 1932. C'est le pasteur Henri Whelpton qui a présidé ses obsèques le 10 mars 1932. Son époux et ses enfants étaient présents ainsi qu'un "très grand nombre d'amis, de toutes les classes de la population".
  
Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres et des inhumations 1906-1938, page 73


Maud Héloïse Bird  est née à Plérin le 4 octobre 1874, le premier témoin mentionné sur l'acte de naissance s'appelle Jean Richard, il demeure habituellement à Guernesey comme laboureur et le deuxième témoin n'est autre que Louis Moulin, boulanger à Plérin. 

Maud Bird est en 1906 dans les membres fondateurs de la paroisse protestante de St Brieuc. Elle participe activement à la vie de la paroisse comme membre de 1906 à 1930. Elle prend aussi quelques responsabilités, comme le poste d'assesseur en remplacement de Mme Ricoeur en janvier 1910. Après une interruption dans les années 30, elle va reprendre ensuite des activités dans la paroisse jusqu'en 1943.
Sur le plan professionnel, elle était pourvue d'un Certificat d'Aptitude à l'enseignement de l'anglais et enseignait au Mans au collège puis au Lycée de jeunes filles avant d'être nommée professeur de Lettres et d'Anglais au Cours secondaire de jeunes filles à St Brieuc le 9 octobre 1906, en remplacement de Mlle Verharne (Revue mensuelle de l'enseignement des jeunes filles).
Maud Bird exerce donc le métier de  professeur à St Brieuc. Elle est promue "Officier d'Académie", promotion Violette du 14 juillet 1914 (citation dans "Le Matin de Paris" 14.07.1914). Elle passe de la 5ème à la 4ème classe en 1913 puis de la 4ème classe à la 3ème classe en 1918.
Elle reste célibataire toute sa vie et habite avec ses parents. Elle décède le 23 décembre 1944 à St Brieuc et le 27 décembre, une cérémonie d'inhumation, présidée par le pasteur Élie Vidal, se déroule au temple. 

27 décembre 1944, inhumation de Maud Bird, archive du temple de St Brieuc


Sources
Fiche sur Généanet.  
Etat civil en ligne de la commune de Plérin (22) année 1874 page 150.
Registres des membres et des inhumations du temple,1944.

Clarice Constance Bird (Verde par mariage), est en 1906 dans les membres fondateurs de la paroisse protestante de St Brieuc et reste membre de la paroisse jusqu'à son départ en 1909 après son mariage. 
Clarice est née à Plérin le 8 novembre 1882.
En 1906, elle est mentionnée comme sans profession et résidant à St Brieuc. Elle se marie le 8 septembre 1909 avec Edmond Verde, né à Paris le 7 septembre 1885, mobilisé de 1914 à 1919 (décédé en 1950). La cérémonie de mariage se déroule au Temple sous la présidence du pasteur Théophile Roux. Le couple aura un enfant, Max Verde (5.10.1910 -11.07.1988). 
La famille va déménager à Paris après le mariage, puis à Darnétal en 1913 (Seine-Inférieure) et enfin à Rouen en 1930.
Clarice est décédée le 23 Avril 1936 à Rouen.

Sources
Fiche sur Généanet
Registre des membres du temple de St Brieuc et des mariages 1909, page 24. 
Registre des naissances Plérin année 1882, page 76.
Etat signalétique et des services militaires, ville de Paris, classe 1905, Edmond Verde


Gertrude Marie Bird (Hillion par mariage), elle est membre fondateur en 1906 et membre de la paroisse jusqu'en  1919 environ. Elle exerce le métier de professeur.
Gertrude est née à Plérin le 21 décembre 1880
, résidant à St Brieuc en 1906 puis partie à Rennes, mariée avec Joseph Hillion
Joseph Hillion est né le 27 janvier 1884 à St Brieuc.
Gertrude et Joseph Hillion auront trois enfants, Joseph, Michel et Jean. 
Michel est né à Rennes le 11 octobre 1908, il a été baptisé le dimanche 29 décembre 1918 au temple de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux. Son parrain est M. Paul Hillion, son oncle et sa marraine Mrs Turner, sa tante.
Jean est né à Manonviller (54) le 21 août 1913, il a été baptisé le dimanche 29 décembre 1918 au temple de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux. Son parrain est M. Charles Hillion, son oncle et sa marraine Mme Quintin, sa tante.

Gertrude est décédée le 18 juin 1932. Son fils, Michel Hillion, lieutenant, est décédé en 1936 et une cérémonie s'est déroulée au temple et au cimetière St Michel à St Brieuc présidée par la pasteur Jean Scarabin. "Le colonel Hillion, père du défunt assistait au service".  Après le décès de son épouse, Joseph Hillion s'est remarié le 30 janvier 1936 à Casablanca. Joseph est décédé à Toulouse le 4 mai 1971.

Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres du temple de st Brieuc. Registre des naissances Plérin 1880 page 193.
Registre des baptêmes de 1918 page 8 et  des inhumations de 1936, page 74
Registre des naissances St Brieuc 1884, page 20 pour Joseph Hillion et fiche militaire sur Généarmor


Winifred Elise Bird, membre fondatrice en 1906 puis membre inscrit de la paroisse jusqu'en 1921, sans profession en 1906.
Winifred est
née à St Brieuc le 18 septembre 1885, elle réside à St Brieuc en 1906 puis elle est partie en Angleterre vers 1920. Elle est décédée le 31 mars 1953. 

Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres du temple de St Brieuc.  
Registre des naissances de St Brieuc, année 1885 page 399



Béatrix Marie Bird (Quintin par mariage), n'était pas membre fondateur en 1906. Son prénom usuel était Béatrice (et non Béatrix comme dans l'état civil). Elle est née le 25 février 1887, elle se marie le 6 juin 1912 avec Louis-Alexandre Quintin, la cérémonie se déroule au temple de St Brieuc sous la présidence du pasteur Jean Scarabin. Le couple aura deux enfants Noëlle et Hélène. 
Leur fille Hélène (Mirian), née à St Brieuc le 18 mars 1913, est baptisée par le pasteur Jean Scarabin le dimanche 20 avril 1913. Le parrain est son oncle, Edmond Verde et sa marraine Mlle Mirian Leale de Guernesey.
Un véritable drame survient car son mari, Louis Quintin-Bird, décède le 30 novembre 1915 pendant son service militaire  des suites d'une maladie pulmonaire. La cérémonie se déroule le 3 décembre au 55 rue du Légué où réside la famille Bird, puis au Temple et enfin au cimetière St Michel à St Brieuc.

Noëlle née le 23 décembre 1914, la fille de feu Louis Quintin, est baptisée le dimanche 29 décembre 1918 au temple de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux. Son parrain est M. Decambos et sa marraine Mme Bird, sa grand-mère. 
Béatrice se remarie le 3 avril 1919 avec Louis Decambos au temple de St Brieuc. La cérémonie est présidée par le pasteur Théophile Roux. Louis Decambos est né à Tourville le 15.11.1890, il est alors sous-lieutenant d'infanterie.
Beatrix est décédée à Codève dans l'Hérault le 16 mars 1976.

Sources
Fiche sur Généanet
Registres du temple protestant des membres, des mariages 1912, page 26 et en 1919 page 38; des décès page 65. 
Registre baptême, 1913, page 4 et baptême 1918 page 8.
Registre des naissances de St Brieuc 1887 page 41

Signature des mariés et témoins du mariage de Béatrix Bird. 1912. Archives du temple de St brieuc

Hélène Aline Juliette Bird, n'est pas membre fondateur en 1906 mais s'inscrit comme membre en 1909 et y restera jusqu'en 1956. Elle est née à St Brieuc le 17 septembre 1888.
Hélène décède le 24 septembre 1957, la cérémonie présidée par le pasteur Paul Marquer se déroule au cimetière St Michel de St Brieuc.

Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres du temple de St Brieuc.
Registre des naissances de St Brieuc, année 1888 page 177



Alice Mathilda Bird, née le 7 juillet 1876, mariée avec Pierre Le Gall (1876-1918) qui était droguiste. Le couple habitait au 4 rue de la Halle à St Brieuc. Alice est  décédée le 16 septembre 1918, à l'âge de 42 ans.
Alice et Pierre Le Gall ont eu un fils, Georges Frédéric Le Gall, né le 8 janvier 1915 à St Brieuc, décédé le 20 janvier 1950 au Kremlin-Bicêtre (Seine)

Sources
Généanet mais pas de trace dans les registres de naissance de St Brieuc...
État civil  aux archives municipales de St Brieuc pour la naissance de Georges, le fils d'Alice et Pierre en 1915.


Jean Bird est né le 4 octobre 1890 mais malheureusement il va décéder à l'âge de 15 ans. Le 18 octobre 1908, un service funèbre  est présidé au Temple protestant de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux et au cimetière par le pasteur Jean Scarabin.

Source
Registre des inhumations, temple protestant de St Brieuc.
Article dans la presse locale, Ouest-Eclair 20 octobre 1908.
 


Quelques renseignements sur un autre membre de la paroisse venu des îles Anglo-normandes :

Pierre Joseph Audrain était membre de la communauté depuis 1910, il est décédé le 14 février 1916. Le pasteur Théophile Roux écrit : "Breton d'origine, c'est à Jersey, où il avait vécu de longues années, qu'il était venu au Protestantisme. M. Audrain était à l'hôpital depuis environ 5 ans. Il est décédé "aux incurables ". Le pasteur a présidé les obsèques de Pierre Joseph Audrain le 16 février au cimetière de l'ouest de St Brieuc.

Source
Registre des inhumations 1906-1938, page 65

 


Document 3

La famille Ricoeur et St Brieuc

 

On peut lire dans la page sur les origines de la communauté protestante briochine au XXème siècle que c'est le 18 février 1907 qu'a lieu à Saint-Brieuc la première assemblée générale de l'association cultuelle, 12 rue du Champ de Mars. 

Le président, le vice-président et le trésorier sont reconduits dans leurs fonctions  et M. Nicolaysen devient secrétaire. Messieurs Ricoeur, Buanec et Gros sont admis comme membres de l'association ainsi que Mesdames Bryant, Ricoeur et Buanec sans oublier Mademoiselle Jeanne Garchery. 

L'assemblée de 1909 se déroule le 19 janvier dans le Temple qui vient d'être construit rue Victor Hugo.
Le comité directeur est renouvelé avec comme président Monsieur Roux, le pasteur de St Brieuc, vice-président Monsieur Scarabin, pasteur à Lannion, trésorière Madame Bryant, secrétaire Monsieur Hansen, et assesseur Madame Ricoeur.

Début 1910, pas de changements notables sinon au poste d'assesseur où Mlle Maud Bird remplace Mme Ricoeur en janvier.


Qui sont M et Mme Ricoeur présents ce jour là ? 
Jean-Yves Carluer écrit à ce sujet dans son blog :
"Les Ricoeur sont probablement les parents de Paul, le grand théologien et philosophe protestant".
Il restait à en apporter la preuve et pour cela nous nous sommes tournés vers Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur. Les recherches effectuées par Mme Goldenstein pour répondre à ces questions n'ont pas pu prouver la présence à St Brieuc de personnes liées à Paul Ricoeur. 


Mais en fait, en examinant un registre qui était bien caché dans un meuble au Temple de St Brieuc, le nom de Ricoeur est de nouveau apparu. Dans la liste des membres de 1907, M et Mme Ricoeur sont bien inscrits, mais la mention de la profession est particulièrement intéressante puisque monsieur Ricoeur est "fondé de pouvoir" et  le couple a comme domicile la Trésorerie générale. Fin décembre 1909, ils partent de St Brieuc.
Avant de venir en Bretagne le grand-père de Paul Ricoeur a tout d'abord exercé comme instituteur dans une institution protestante à Blois (41). Il est ensuite devenu fondé de pouvoir à St Brieuc jusqu'en 1909, comme nous l'avons établi, puis à Rennes au moment de la Guerre 14-18, on peut donc dire que ces deux personnes sont Louis et Marie Elise Ricoeur. Ce sont eux qui vont recueillir, à Rennes, Paul, devenu orphelin de sa mère en 1913 puis de son père en 1915.
Louis et Marie Ricoeur semblent avoir été particulièrement appréciés puisque le 26 janvier 1910, on peut lire dans le registre de l'assemblée cultuelle de St Brieuc : "Sur proposition de Mme Bryant, l'Assemblée a chargé le secrétaire d'envoyer une lettre à la famille Ricoeur, pour lui exprimer ses regrets de son départ de St Brieuc et lui envoyer ses plus vives sympathies."



Précisons que Louis Ricoeur est né le 9 juillet 1856 à Luneray, Seine-Maritime (76), décédé le 24 septembre 1932 à Luneray. Marie Elise Ricoeur (née Sarradet) est née le 12 mai 1856 à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques, elle est décédée le 8 mai 1928 à Rennes (35).




Dans les années 30, nous allons revoir à St Brieuc un autre Ricoeur, il s'agit de Paul, le célèbre philosophe.
Revenons un peu en arrière. Le jeune Paul Ricœur naît à Valence le 27 février 1913 dans une famille protestante.
Il est marqué par la mort de sa mère quelques temps après sa naissance le 27 février 1913, puis par celle de son père, tué en septembre 1915.
Paul et sa soeur Jeanne Alice sont recueillis par les grands-parents paternels Louis et Marie Elise. C'est une famille aisée qui réside 35 boulevard de Sévigné à Rennes, dans un quartier bourgeois proche du Parc du Thabor. Leur tante, Juliette Adèle Ricoeur, va également beaucoup s'occuper des deux enfants.

Juliette Adèle Ricoeur, tante de Paul et Jeanne Ricoeur.


Paul fréquente le temple protestant du boulevard de la Liberté, comme Simone Lejas, son amie qui deviendra son épouse.
Paul fait de brillantes études et devient licencié ès-lettres de la faculté de la place Hoche en 1933. Il échoue au concours d'entrée de Normale sup et quitte Rennes, pour enseigner comme professeur au Lycée de Garçons de Saint-Brieuc (aujourd'hui Collège Anatole Le Braz).  Parallèlement, il enseigne au Lycée de filles de la ville pour remplacer le professeur de philosophie qui est absent (aujourd'hui Lycée Renan). Il prépare sa maîtrise de philosophie Méthode réflexive appliquée au problème de Dieu chez Lachelier et Lagneau.




Paul Ricoeur enseigne-t-il à St Brieuc en 1933 ou en 1935 après avoir obtenu son agrégation?  Les sources sont contradictoires mais c'est bien après sa licence obtenue en 1933 qu'il vient à St Brieuc, pendant l'année scolaire 1933-1934. Ce jeune professeur, âgé de vingt ans, enseigne dix-huit heures par semaine.

Fréquentait-il le temple de St Brieuc? Non probablement pas car le jeune professeur rentrait à Rennes dès qu'il le pouvait...

A-t-il pu avoir des activités politiques ou syndicales à St Brieuc, comme il en a eu à Lorient quelques années plus tard ? C'est difficilement imaginable.
En effet c'est sa première année d'enseignement et il doit préparer tous ces cours.
Mme Goldenstein  a eu la chance d'accompagner Paul Ricoeur, alors qu'il était âgé, lors d'une rencontre avec une ancienne élève du Lycée de filles de St Brieuc. Cette dernière gardait le souvenir d'un professeur qui se donnait totalement à son enseignement.

En plus Paul Ricoeur travaille en 1933-1934 sur sa maîtrise de philosophie, un ouvrage remarquable (aux dires de spécialistes !). C'est son premier écrit philosophique et il compte encore de nos jours dans le monde de cette discipline.
Le trop court passage de Paul Ricoeur ne lui a pas permis de marquer la ville de St Brieuc, on ne va pas lui en faire le reproche !

Conclusion : Louis et Marie Elise Ricoeur, vont recueillir Paul Ricoeur et sa soeur. Les grands-parents paternels ont été des membres actifs de la paroisse protestante de St Brieuc au début du XXe siècle.


Sources :  

Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), registre "Modification des statuts" 1906-1952, page 12


Biographie chronologique Fonds Ricoeur

Correspondance avec M. Marc Boss, membre du Conseil scientifique du Fonds Paul Ricoeur et entretien avec Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur.
Mai 2019

Rennes, la ville de rencontre de Paul Ricoeur sur le site An Envor

Souvenirs de Paul Ricoeur en 2004 lors d'une rencontre à la mairie de Rennes.

Paul Ricoeur et Lorient 

Introduction à la maîtrise de philosophie de Paul Ricoeur rédigée en 1933-1934

Résultats des examens de philosophie, 2ème colonne 22 juin 1933 Ouest-Eclair Rennes

Site de généalogie, Généanet :
fiche Paul Ricoeur,
fiche Louis Ricoeur 
fiche Adèle Ricoeur

Fiche Paul Ricoeur, sur le site du Musée protestant

 

 

Document 4


Titre des conférences du pasteur Théophile Roux au temple de St Brieuc en 1909

Notre association cultuelle
Les grands hommes catholiques et protestants, avec projection lumineuse
Pourquoi y a-t-il tant d’incrédules ?
Comment y a-t-il encore tant de gens qui croient en Dieu ?
Un industriel qui a réussi
Carnaval et carême
Un gentilhomme breton de 1789
L’homme peut-il être changé ?
Le continent noir
Notre Dieu
Le secret du bonheur 
La France peut-elle se passer de religion ?
Notre manifeste (ce que nous sommes ; ce que nous voulons)
Nos morts
Liberté et libérateur
Les origines du christianisme en Bretagne
Progrès et christianisme
Chez les Kabyles
Une scène de famille
Les idylles de Bethléem


Document 5

Quelques précisions sur les premiers membres de la paroisse de St Brieuc, années 30.


M. Stamps était un évangélique, c'est lui qui a fondé "La salle Bonne Nouvelle" dans la vieille côte du Légué, M. Stamps y faisait des baptêmes.   Cette salle était située juste en dessous de la maison de M et Mme Nexon, d'autre protestants qui étaient domiciliés Rue du Port. En 1929, deux personnes de la famille Stamps (H. Stamps, rue des bouchers et Mlle L. Stamps, rue Duguay Trouin) ont quitté la paroisse réformée. Le pasteur Scarabin a porté la mention "dissidents, partis" après leur nom en 1929.
(registre des membres 1929 page 15)

M. Anderson était un suédois (registre des membres 1930 page 16)
 
M. Peterhansen était alsacien, il travaillait dans les brasseries (registre des membres 1930 page 16)
Sources : précisions fournies par Solveig Hansen (née en 1916) lors d'un entretien le 10 décembre 2019   

Mlle Sallier  était intendante à l’École Normale d'Institutrices (registre des membres 1931 page 17)

Mme Taffatz  tenait une pâtisserie à l'angle de la rue Glais Bizoin. Elle était la trésorière de l'association cultuelle  (registre des membres 1932 page 18)

 

Document 6

Souvenir de l'école du dimanche en 1929.

Solveig Hansen faisait partie du groupe d'enfants réunis au Port du Légué et au Temple. Elle se souvient : "Nous étions répartis en deux groupes, suivant notre âge. Deux monitrices, Madame Décarpentries et Marthe Marquer-Carlier (des réfugiés du nord),  s'occupaient de nous. On préparait les fêtes comme celle de Noël où une année nous étions déguisés en arbres pour constituer toute une forêt. Je faisais le sapin avec ma robe verte."
(Entretien réalisé le 10 décembre 2019)


 

Document 7

Les protestants des Côtes-du-Nord vus par les catholiques.

 

Enquête 1936-1939. Archives du diocèse de St Brieuc

 


Entre 1936 et 1939, les curés des Côtes-du-Nord ont répondu à une vaste enquête sur la vie dans leur paroisse. Quatre questions sur les protestants sont  posées, elles figurent à la page 40 d’un questionnaire qui en comporte 41, c’est dire que ce n’est pas le sujet central !
Les quatre questions posées sont les suivantes :
  1. Y a-t-il des protestants dans la paroisse ?
  2. Ont-ils des lieux de culte ?
  3. Des catholiques assistent-ils aux réunions protestantes ?
  4. Des parents catholiques ont-ils laissé baptiser leurs enfants par des protestants ? Y a-t-il eu des catholiques à se marier devant le ministère protestant ?

Enquête 1936-1939. Archives du diocèse de St Brieuc


Combien de protestants ?

Les réponses apportées sont souvent très courtes, seuls 53 curés ont renseigné au moins une rubrique concernant leur paroisse.
Malgré tout, sur plus de 400 paroisses des Côtes-du-Nord entre 1936 et 1938, ces curés qui ont répondu à l’enquête permettent d’établir un aperçu des protestants dans ce département et de leurs relations avec le monde catholique.
Du côté des chiffres, il ne faut pas chercher un total purement mathématique car il reste une marge d’erreur importante. Tout d’abord à la question  « Y a-t-il des protestants dans la paroisse ? », certains curés répondent en toute honnêteté que cela dépend souvent de ce qu’ils savent ou de ce qu’on leur a dit, comme ce curé de Plouër qui écrit : « il n’y en a pas, à ma connaissance ».  D’autre part les protestants ne sont pas censées se déclarer au curé de la paroisse catholique, ce « recensement » dépend donc de ce qui est dit sur les uns et les autres dans les petites communes où comme on dit « tout se sait » ! Dans les plus grandes communes, l’exercice est encore plus difficile et le nombre donné est approximatif.  Mentionnons aussi les protestants « saisonniers », c’est à dire ceux  qui ne vivent en Bretagne que l’été. Ils sont souvent mentionnés mais ne résident pas à l’année.
Les « étrangers » sont bien identifiés par les curés : Langueux « une famille sarroise »,  Pléneuf « deux de nationalité anglaise », Ploubalay « une famille américaine, venue depuis un an, propriétaires de la Ville Briand », St Jacut de la Mer « des étrangers », St Jouan de l’Isle « Un ménage anglais dont les enfants sont catholiques ».
Sur l'île de Bréhat, le curé indique qu'il n'y a qu'un seul protestant, "un israélite"...


Où sont les protestants ?

Les zones d’influence protestante correspondent à ce que l’on connaît déjà au travers des archives de l’Eglise Réformée dans le département. Il n’y a donc pas de surprise, on retrouve surtout les protestants à Saint-Brieuc (une cinquantaine), à Paimpol (évangéliques), à Lannion, à Trémel (une cinquantaine et jusqu’à 100 à 150 personnes pour Noël), à Plougrescant (une trentaine).

Ce qui est étonnant aussi est de voir les zones où les protestants  sont totalement absents : Loudéac-Uzel-Plémet-Plouguenast.
Dans d’autres, on ne trouve que quelques rares individus : Broons-Merdrignac, Corlay-Mur-St Nicolas, Lanvollon-Plouagat-Pontrieux.

Les salles de prières ou les lieux de culte (temples), dans cette fin des années 30, sont bien identifiés comme à Saint-Brieuc, Le Légué, Dinan, Paimpol, Trémel, Perros-Guirec, Lannion, Perros-Guirec, Pleumeur-Bodou, Trébeurden, Trédez, Plougrescant, Plouëzec, Plouha.
Le curé de Guingamp de la paroisse Notre Dame de Bon Secours parle de la roulotte évangélique qui « fait une apparition de quelques jours dans un coin quelconque en ville mais n’a pas de succès ».
On fait quelques découvertes comme lorsque le curé de Trémuson écrit : « Quelquefois les protestants de St Brieuc se rendent à la mine ». Aucune mention dans les registres de la paroisse ne parlait de cette activité missionnaire auprès des ouvriers de cette mine de plomb argentifère qui a regroupé jusqu’à plus de 800 ouvriers dont de nombreux ouvriers étrangers souvent d’Europe de l’Est (Pologne, Tchécoslovaquie, Allemagne, Autriche…). Malgré la fermeture de la mine au début des années 30, de nombreux ouvriers sont restés vivre dans leurs petites maisons construites autour du site.
La mention concernant la salle Bonne nouvelle par le curé de la paroisse St Michel de St Brieuc est également intéressante. Cette salle ouverte par M. Stamps, un évangélique, fait bien partie du paysage protestant de l’époque.

 
Enquête 1936-1939. Archives du diocèse de St Brieuc

Le regard des curés sur les protestants

Certains sont bienveillants ou neutres comme le curé de Robien à St Brieuc qui mentionne que quelques uns de ses paroissiens sont allés à un culte protestant « par curiosité ».
Le curé de St Jacut-de-la-Mer évoque des protestants étrangers qui « seraient plutôt très agréables au clergé pastoral ».
Le curé de Plouguenast, près de Loudéac parle de protestants qui  « sont venus nous vendre des brochures protestantes, des évangiles, surtout très bien présentés et très bon marché ».
Le curé de la paroisse St Malo de Dinan atteste que des catholiques assistent aux réunions protestantes « avec assez de bonne foi ».
A Port-Blanc, le curé parle de  « 4 familles propriétaires de villas dont deux participent à nos œuvres et sont de parfaite tenue »

D’autres n’hésitent pas à envoyer quelques piques quand ils répondent à la question : « Des catholiques assistent-ils aux réunions protestantes ? »
Le curé J. Marcadet de la paroisse St Étienne à St Brieuc note par exemple « assez peu, seulement en passant pour manifester leur mauvais esprit ».
Le curé de Plérin mentionne « quelques catholiques renégats attirés par des faveurs ».
Le curé de Pleumeur-Bodou ironise sur le fait qu’il n’y a plus de catholiques à aller voir du côté des protestants « depuis que la distribution de thé a cessé ». Il explique aussi l’échec des protestants par la remarque suivante : « avant il y avait quelques pêcheurs difficiles à endoctriner ».
A Trébeurden il n’y a d’après le curé que quelques catholiques « indifférents » qui assistent au culte protestant « surtout l’hiver pour être au chaud ».  Le curé de Paimpol pointe aussi l’intérêt supposé de « quelques pauvres » qui se sont rapprochés des protestants « pour bénéficier des distributions de vêtements, secours… »
Le curé de Kérity proche de Paimpol met en avant le fait que des catholiques ont pu être attirés temporairement mais « ils sont revenus à l’église catholique ». Le curé de Plouha,  en 1936, indique que le vicaire du pasteur de Kérity tient un culte dans  une petite maison de location mais que très peu de catholiques y assistent et s’ils le font c’est « plutôt en curieux ».
Le curé d’Illifaut raille une dame « qui s’est affiliée au protestantisme, dit-elle, et la grande raison c’est qu’elle était en difficulté avec le recteur. En tout cas c’est une protestante « non-pratiquante ».
Le curé d’Étables, en 1938, ne peut que constater que « deux vieilles dames rassemblent chez elles les personnes de leur quartier » et que des catholiques participent à ces réunions « malheureusement  malgré mes avertissements ». Il semble soulagé car « actuellement ces réunions semblent avoir cessé », écrit-il.


Conclusion 

Cette photographie des protestants des Côtes-du-Nord, entre 1936 et 1939, vus par les curés catholiques,  n'est pas sans intérêt. On y retrouve un mélange de respect et de petites disputes... Mais dans l'ensemble tout y est : les lieux de culte ne sont pas omis, le nombre de protestants est assez exact. Ce qui apparait aussi c'est l'isolement de nombreux protestants, dans de vastes secteurs où ils sont parfois seuls, et dans le sud du département on ne trouve aucune trace des protestants .
Cette enquête se termine à la veille d'une période douloureuse de l'histoire de la France, un moment où tous les chrétiens qui ne veulent ni de la collaboration, ni de l'occupation, devront se serrer les coudes et travailler avec d'autres ne partageant pas leurs convictions. Devant la gravité de la situation, les lignes vont bouger...


Sources 
La cote des Questionnaires est 3F11a et 3F11b. Ils ne sont pas par ordre alphabétique des paroisses (mis à part les grandes villes elles correspondent en gros aux communes), mais par doyennés et pour chaque doyenné on retrouve l'ordre alphabétique des paroisses.
Merci à Alain Quillévéré qui m'a mis sur le piste de cette enquête.


Enquête 1936-1939. Archives du diocèse de St Brieuc

L'intégralité des notes prises aux archives du diocèse est disponible en cliquant ici

 

 

Document 8

Une princesse dans les premiers protestants de St Brieuc en 1866.

 

Blason de la famille de Vismes


La Princesse de Vismes figure dans la liste des premiers protestants qui tentent de s'organiser en 1866 autour de Victor Bouhon. Qui était cette mystérieuse personne ?

Sa présence semble même inquiéter le Ministre de l’Intérieur qui demande une enquête. Les premiers faits qui lui sont rapportés le 17 mars 1866 indiquent que "Le prince et la princesse  Ponthieu sont venus s’établir il y a environ dix ans à Cesson, près de St Brieuc où ils louèrent une maison qu’ils ont depuis achetée... Le Prince  se dit des descendants d’un ancien Roi de France et montre très volontiers une longue généalogie établissant sa filiation. La Princesse se dit être fille d’un Ministère protestant. Elle se nomme Eliza Carter-Palmer… Ils ont deux fils dont l’un habite Bruxelles et l’autre St Servan".

Eliza Carter-Palmer (1801-1885) vivait bien à Cesson. Elle est  née en Angleterre en 1801, et comme l’indique son acte de décès du 27 janvier 1885, elle était la fille du Révérend William Palmer  et d’Élisabeth Carter. Eliza était mariée avec Guillaume de Vismes, comte de Vismes et de Ponthieu. La déclaration de son décès est faite par Victor Edouard Bouhon, pasteur évangélique, demeurant à St Brieuc, ami de la défunte. L’autre témoin est Henri Dickinson Baronnet Nightingale, demeurant à Saint Brieuc, lieutenant-colonel en retraite de l’armée anglaise. Malheureusement l’acte ne mentionne ni le lieu, ni le jour ni le mois de sa naissance.


Le Prince Guillaume de Vismes et de Ponthieu (1805-1877) est né le 19 juillet 1805 à Hatch Beauchamp dans le Somerset (Angleterre). Il est le fils de feu Elisée Guillaume, Comte de Vismes, colonel au régiment des Coldstream Guards et de Jane Salt.
Il épouse Eliza Carter-Palmer en 1832.
Le couple aura deux fils, Théobald-Raoul-Guillaume, né le 26 décembre 1833 (ou 1832?), marié en 1859 à Caroline Musgrave (fille du Révérend Richard Musgrave, chanoine de Windsor), décédé en 1871 et Angilbert-Vallery de Vismes, né le 28 janvier 1835, marié avec Adélaïde Musgrave, soeur de la précédente. Le couple est venu s'installer à Cesson vers 1856.
William de Vismes est décédé le 7 août 1877 à Cesson (St Brieuc)


Remarque : le comté de Ponthieu est situé en Picardie (Abbeville)


Sources
Archives départementales 22 en ligne. Registre des décès 1877, 1885
Registre des décès, St Brieuc, 1885, Image 25. Eliza de Vismes
Registre des décès, St Brieuc, 1877, Image 174. William de Vismes
Blog sur l'histoire de la famille de Vismes

Généalogie de la famille de Vismes 
https://www.heraldica.org/topics/britain/Vismes.htm

Descendants de Eliza et William de Vismes
Fiche Généanet Théobald

Notice historique, Google Book

Dictionnaire de généalogie et d'héraldique, page 1151

Liste des protestants de St Brieuc. 1866. V 3769 archives 22.

 

 

Document 9

Eglise Protestante Méthodiste de St Brieuc
Statistiques indiquant le nombre de familles et le nombre d'enfants


1909 : 28 familles
1910 : 30 familles
1911 : 65 personnes (adultes et enfants)
1913 : 48 familles (et 23 enfants)
1914 : 52 familles (et 20 enfants )
1917 : 40 familles
1919 : 52 familles
1920 : 27 familles (et 10 adhérents) et 40 autres membres
1923 : 56 familles (et 14 enfants )
1927 : 50 familles (et 16 enfants )
1930 : 54 familles
1934 : 46 familles (et 44 enfants)


Le temple protestant de la rue Victor Hugo à Saint Brieuc édifié en 1908 et photographié ici dans les années 60.
Archives du Temple de St Brieuc.




1 commentaire:

  1. Message de Jean-Louis Prunier, pasteur, président de la Socité d'Etudes Méthodistes de France : "Après une lecture du contenu de votre blog, très richement documenté,j'ai demandé à notre webmaster d'établir un lien entre nos deux blogs.
    Pour la thèse de doctorat que je soutiens à l'Institut Protestant de Théologie de Montpellier sur "Le méthodisme français (1790-1940), dans mon chapitre sur la Bretagne, j'ai aussi travaillé sur les archives méthodistes de Saint-Brieuc"[...]

    Cette thèse, quand elle sera publiée, élargira certainement le champ de nos connaissances...Nous pourrons en reparler dans ce blog.

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