jeudi 11 juillet 2019

L'église protestante à Perros-Guirec

 

Les caractéristiques de l'église protestante de Perros

 

- Le secteur de Perros-Lannion est une terre de mission au début du XXème siècle, ce qui signifie que les colporteurs Jean Droniou et Anne-Marie Broudic, aidés du pasteur Jean Scarabin ont eu bien du mal à faire entendre une voix protestante. Leurs efforts ont fini par être récompensés et une communauté stable s'est installée, a construit un premier temple en bois, puis un autre plus solide qui est encore bien là aujourd'hui à Perros ! 


- La communauté protestante s'est d'abord développée autour de l'Eglise méthodiste, puis en 1938 est devenue l'Eglise Réformée de France et enfin de nos jours l'Eglise Protestante Unie de France. Mais sous ces différents termes il y a bien continuité dans les personnes et dans les idées.



- Le pasteur François Manach a marqué l’histoire de la paroisse en y restant 22 ans, jusqu'en 1950. Deux filles de François et Madeleine Manach ont également été très engagées au niveau du conseil presbytéral pendant des décennies, dans l'animation de l'école du jeudi dans les années 60. Il s'agit en particulier de Paulette, née en 1914, très investie ; Yvonne Manach (née en 1919) a également beaucoup servi la paroisse.

- Depuis 1938, les pasteurs de St Brieuc sont aussi rattachés à Perros mais du fait de l'éloignement de Perros, la communauté a toujours eu une certaine forme d'autonomie. Ce sont des laïcs qui organisent principalement le culte du dimanche.


- Le culte a été assuré en été par des pasteurs venus en vacances dans la région particulièrement touristique. Ils étaient logés, suivant les époques, dans "une roulotte"(sur le terrain de Trestraou ou de la Claire Fontaine), dans une location ou dans le presbytère (après la vente de la caravane en 1981).

-L'indépendance de Perros par rapport à St Brieuc est régulièrement posée. Par exemple, le conseil presbytéral de Perros n'existe pas sur le plan des statuts mais de fait, "un bureau" a assuré les responsabilités indispensables à la vie du groupe avec un secrétariat, une trésorerie et des membres élus associés aux discussions.
Dans les années 80, on parle dans les statuts d'un Conseil local qui dépend du conseil presbytéral de St Brieuc. Ce conseil local permet à Perros d'avoir un représentant à la Région (Consistoire) et au synode régional. Ce n'est pas l'indépendance mais une forme d'autonomie.



Document touristique. 1937.




L'implantation protestante à Perros au début du XXème siècle, l'Eglise méthodiste.


Après 4 années à Saint-Brieuc, le pasteur Jean Scarabin part en 1908 pour Lannion, il prend ses premiers contacts peu après à Perros-Guirec en installant une première salle le 17 mars 1909. Le 17 septembre, il change de salle de réunion et contracte un nouveau bail. 
Il quitte Lannion et emménage à Perros en novembre 1911, déménage dans un autre logement le 30 mai 1912.
Membre de la Mission Bretonne d'Evangélisation, il parcourt la région, aidé par le colporteur Jean Droniou et Anne-Marie Broudic de Trébeurden. 



Anne-Marie Broudic en photo dans le journal "Le Libérateur" 1923.



En 1913, il n'y a pas moins de 6 lieux de culte qui sont mentionnés par la mission bretonne dont 3 sont dans la région de Perros (Trébeurden, l'Ile Grande, Ker-Iliès en Trébeurden, suivi de St Quay-Perros un peu plus tard). Les cultes et réunions réunissent 400 personnes par semaine. Partout il faut être attentifs aux moindres détails pour améliorer le confort et l'accueil : livraisons de bidons de pétrole ou de sacs de charbon, de lampes à pétrole ou de bougies, bancs, rideaux, faire remastiquer les carreaux, construction d'une écurie (décembre 1911)....
Le pasteur Scarabin est mobilisé durant la Première Guerre mondiale, et sa femme s'occupe de la comptabilité à partir de septembre 1914. Théophile Roux, le trésorier général, correspond régulièrement avec elle pour donner quelques petits conseils afin  que les finances soient toujours parfaitement tenues... En décembre 1916 Jean Scarabin est de retour... 
Pendant la guerre, des réunions sont organisées régulièrement malgré tout et elles rassemblent environ 200 personnes par semaine.
En 1918, les membres de la mission, de vrais pionniers, sont au nombre de neuf : Le pasteur Foss et son épouse, M et Mme Droniou, Mme Jeanne Bodiou et Mlle Alice Bodiou de St Quay-Perros, Mme Séline Denès, Mme de la Rue, Mlle Anne-Marie Broudic. Un groupe de 15 personnes constitue les adhérents. Les trois salariés sont le pasteur Foss, M. Droniou et Mlle Broudic.

Lors d'une enquête plus approfondie demandée par l'Eglise Méthodiste on apprend qu'à Perros la communauté est composée d'une trentaine de protestants de naissance et d'une douzaine de convertis. Le pasteur Foss signale l'immense travail qui a été réalisé dans une région où le protestantisme était quasiment inconnu. Trois cultes par semaine se déroulent à Perros, surtout suivis par des femmes mais des hommes commencent à y venir en plus grand nombre... Pour se développer le pasteur émet un souhait auprès du Trésorier général : "Il nous serait possible de visiter d'autres endroits où nous n'avons pas encore de réunions si nous disposions d'une bonne motocyclette"...



Feuille de comptes 1919 (en français et en anglais). Archives du temple de Perros. Photo R.F



En 1919, le groupe s'est étoffé, il comporte maintenant 26 personnes. M. Rolland, de Perros, devient le trésorier de la Mission en 1920.

Le développement du protestantisme dans la région de Perros-Lannion est impressionnant quand on fait le bilan des lieux de culte en 1919 :

-Perros bourg, acheté depuis 1916

-Pont-Couënnec à Perros (chez le pasteur), loué depuis 1912

-Ploumanach, acheté depuis 1913

-Trébeurden, loué depuis 1911

-Ker Aliès en Trébeurden, loué depuis 1912

-Ile Grande, loué depuis 1911

-Trélévern, loué en 1919

-Lannion, loué en 1919 

En 1920 des cultes sont célébrés en plus dans les localités de Trégastel, Becléguer en Lannion (devenu Beg Léguer) et Locquemeau. Les deux dernières salles sont prêtées gratuitement.



1921. Courrier du trésorier général au pasteur de Lannion-Perros. Archives du temple de Perros. Photo R.F



Le groupe continue de progresser en 1920 (16 membres et 21 adhérents) mais le pasteur Foss déplore la diminution du nombre de participants aux réunions car "depuis l'armistice les bals ont repris un peu partout, attirant la jeunesse." Le pasteur Whelpton prend le relais en 1920 et il a la chance de bénéficier d'un compte spécial pour acheter une nouvelle moto ! 
Sinon, on note dans les registres les noms de familles de Perros : Rolland, Lescanf, Collin, Moullec (Pierre Lescanf ; Yves, Augustine, Yvette Collin ; Renée, Léontine et Marie Moullec)...

En 1923, deux lieux de culte semblent avoir été abandonnés, il s'agit de Ker Aliès en Trébeurden, et de Trélévern mais les autres continuent de fonctionner.
La communauté protestante fait des collectes pour différentes oeuvres ou dans le cadre d'aide humanitaire. C'est ainsi qu'en 1917 elle verse 142 francs à M. Faivret pour la mission protestante en Kabylie, en 1922 elle fait un envoi pour "les affamés russes", en 1923 elle apporte un "secours aux Japonais", en 1924 pour les missions au Togo, en 1925 pour les Arméniens et la Côte d'Ivoire.

Au début de l'année 1925, la communauté accueille des pasteurs gallois en visite en Bretagne.

Les courriers entre le pasteur Whelpton et le trésorier général Théophile Roux, n'ont rien de la froideur administrative. Quand le trésorier fait un rappel à l'ordre sur des retards, de mauvaises habitudes ou sur le manque de recettes dans certaines paroisses, c'est avec une grande franchise. Mais le plus souvent, il glisse de petits mots amicaux et prend vraiment soin du pasteur comme dans cette lettre du 16 décembre 1925 : "Ne vous tuez pas par quelque accident avec votre auto ! Je parle sérieusement. Partez à temps pour ne pas être pressé et pour arriver avant l'heure, et soyez toujours très prudent. On m'a dit que quand nos pères allaient à pied, ils arrivaient à l'heure, faisaient des visites pastorales en chemin et qu'aujourd'hui qu'on va en vélo, moto, auto, on arrive en retard et on ne voit personne en chemin !" 


1929. Carnet de comptes de la paroisse de Lannion-Perros. Archives du temple de St Brieuc. Photo RF






Une lecture attentive des petits carnets de comptes de la paroisse nous font découvrir la trace, de 1926 à 1929, de cultes en anglais à Perros en été (août et septembre). Peut-être se sont-ils poursuivis mais les carnets ne le font pas apparaître distinctement... Déjà en 1920, on notait dans les dépenses les frais de douane et de port pour l'achat de "gravures bibliques de Guernesey", ce qui signifie que des cultes en anglais se tenaient certainement au début des années 20 quand le pasteur Foss (anglais) était à Perros.




Avant d'être résumées et reportées dans les livres de comptes, les dépenses et recettes sont notées au jour le jour dans de petits carnets. Archives du temple de Perros. Photo R.F


Le pasteur Whelpton rédige parfois un bilan de l'année, c'est le cas en 1927. Voilà ce qu'avec une pointe d'humour il commence à nous raconter :

"J'ai lu ou ouï dire qu'une église était un des organismes les plus difficiles à tuer, et cela doit être vrai, étant donné ce que nous pasteurs faisons de gaffes et d'erreurs, sans que mort s'en suive. Selon une loi de la nature, sa croissance est extrêmement lente, surtout aux yeux de ceux qui surveillent leurs progrès. Il y a pourtant une rubrique à ajouter au rapport annuel de notre section, qui marque un sérieux progrès : Actes pastoraux : enterrements 2, mariages 3, communions 5, et lorsque des pères, marins, reviendront de leurs croisières, il y aura le baptême de trois enfants. 
Les cultes sont suivis partout avec beaucoup plus de régularité [...], par des auditoires plus nombreux [...] A la sortie des réunions on ne dit plus : nous nous sommes bien amusés; merci pour la bonne soirée.[...] A Trébeurden, un capitaine de cabotage à la retraite a sculpté un panneau pour le pupitre de la nouvelle chapelle à Lannion. En janvier M. Scarabin est venu pour la pose de la première pierre de cette chapelle. Ouvriers et voisins se sont joints avec respect aux quelques protestants qui seuls avaient été invités. Qu'il est facile de comprendre pourquoi les larmes vinrent aux yeux de celui qui a commencé l'oeuvre ici il y a vingt ans. Un des premiers dimanches après son arrivée, un groupe de jeunes et de garçons était venu jeter des pierres et cogner contre la porte du jardin en criant des insultes. De nos jours on écoute avec respect, et l'on demande de tous côtés quand le Temple sera fini pour pouvoir y venir". 
On voit que l'humour a fait place à l'émotion dans ce récit. Ces petits faits montrent à quel point la situation a changé dans le Trégor vis à vis des protestants en quelques années...

A Perros, les protestants se développent donc et un culte est également proposé en plus du bourg, sur la rade à partir de 1926 mais il ne durera pas. En février1927 on peut aussi noter une conférence à Perros du pasteur Métayer de Saumur, sur l'Indochine. Une cinquantaine d'auditeurs et 300 à Lannion le lendemain.
Au départ du pasteur Bourguet, fin 1928, François Manach, vient renforcer l'action du pasteur Whelpton dans le Trégor. Sa femme et ses deux filles, Madeleine et Paulette sont également membres actives dès 1928.





La lutte anti-alcoolique dans la région de Perros









La lutte contre l'alcoolisme est un combat mené de longue date par les protestants, souvent dans le cadre de la Croix bleue. Cette association (créée en 1883) soutient et accompagne les personnes dépendantes de l'alcool sur le chemin de la guérison.
Dès 1923 à Perros et Lannion, le pasteur Whelpton et son épouse ont accueilli un conférencier de la Croix bleue, M. Bovon. On trouve le récit de cette action dans le journal "Le Libérateur" de mai 1923. La première conférence se déroulait, l'après-midi "à Ploumanach, dans une petite chapelle qui porte l'inscription bretonne "Ty Doué" (Maison de Dieu), au bord d'une des plus belles plages de Bretagne. Le soir à Perros, chapelle bondée; la Croix bleue sert d'illustration moderne  au récit de la guérison démoniaque. 
Le lendemain à Lannion même, séance scolaire dans une grande salle de la Mairie, sous la présidence de l'Inspecteur d'Académie, plus de 500 enfants, arrivant classe après classe, garçons et filles, avec leurs maîtres et maîtresses. Le soir, dans la même salle, grande séance publique, surtout d'hommes et de jeunes gens, sous la présidence de M. Le Lay, professeur de philosophie. Au premier rang deux reporters de journaux écoutaient, le crayon à la main."




La photo du journal "Le Libérateur" montre le pasteur Eugène Bovon et la colporteuse Anne-Marie Broudic


La même photo que celle publiée dans le journal "Le Libérateur" avec le pasteur Eugène Bovon et la colporteuse Anne-Marie Broudic. Cette photo est envoyée par le pasteur Jean Scarabin et dédicacée au dos : "Ploumanach 25 février 1923, pour Anne-Marie en souvenir de notre promenade dans les beaux rochers de l'endroit."




Les conférences sont suivies de la prise d'un engagement des buveurs à devenir abstinent.









En 1931, le pasteur Manach a initié un autre type d'action avec l'ouverture d'un "débit de boisson hygiénique". Le 16 octobre 1931, Alexis Jégou a ouvert cet établissement dans une maison contigüe au jardinet du Temple. Le but était certainement de permettre de se retrouver autour d'un verre mais pas obligatoirement un verre d'alcool. Il reste à savoir si cette expérience a eu du succès? En Bretagne c'était audacieux !





Une mission protestante en train de devenir une Eglise 1929-1938


En 1929, le pasteur Whelpton répond à une enquête et résume ainsi la situation dans le secteur de Lannion-Perros : "Nous sommes une mission; nous voulons devenir une église, mais nous en sommes encore loin".
Le travail accompli est pourtant immense mais il ne peut s'en satisfaire :"Il nous faut sortir de nos chapelles et dans des salles neutres ou en plein air atteindre les foules qui nous ignorent ou nous méconnaissent." 

En 1930, dans la région de Lannion-Perros, voici les 8 lieux de culte :

-Perros bourg, acheté depuis 1916, chapelle en bois
-Lannion, chapelle inaugurée en 1927 
-Trébeurden, loué depuis 1911
-Locquémeau, acheté en 1925, construction en bois
-Kerinoc en Trébeurden, loué 
-Ile Grande, loué depuis 1911
-Ploumanach, loué
-Trégastel, loué depuis 1912
(en 1933, un autre lieu apparaît, il s'agit de "Penvern" en Perros, orthographié "Pengwern")

Arrêtons-nous un instant sur toutes ces locaux loués pour proposer des cultes. Le pasteur Manach dans un rapport au Synode, dans les années 30, nous en dit un peu plus : "Une des très grande difficultés que nous rencontrons  mais qui n'est pas spécial à Perros car on le rencontrer partout en Bretagne, c'est de trouver des maisons à louer pour y faire des réunions. Cela provient tout d'abord que les maisons d'une seule pièce dont nous avons besoin sont très recherchées. Ensuite on redoute les conséquences. Louer sa maison aux protestants cela signifie être mis à l'index par le clergé et avoir parfois des ennuis avec sa famille. Pour éviter ces inconvénients les personnes même qui ne nous sont pas antipathiques s'abstiennent. [...] Dans certains postes nous sommes réduits à travailler par intermittence. Il en est ainsi pour Trégastel."


En 1933, il y a bien entendu un groupe d'une quinzaine de membres de Perros, mais aussi un bon groupe de Trébeurden avec à sa tête Mlle Anne-Marie Broudic la colporteuse et M. Rolland, Mme Bourdalous, M et Mme Yves Bodmeur, Mlles Marie Lissillour, Marie Le Bail, Marie-Jobic Turket et Mme Sarah le Corre... Le pasteur Raspail s'occupe de la communauté protestante de Lannion.
Le 27 mars 1933, un missionnaire vient faire une conférence à Perros à l'Hôtel Roc'h Arvor. Sans doute s'agit-il de M. Bernard qui a donné une conférence sur "Le destin" dans un hôtel à Perros devant une cinquantaine de personnes.
Dans la même période, c'est le pasteur Édouard Bénignus, ancien missionnaire en Nouvelle-Calédonie qui est venu à Perros. D'après des notes laissées dans les archives de la paroisse il a eu du succès. Attention, les propos qui suivent sont à remettre dans le contexte de l'époque :

"Il parlait d'un pays qui intéressait tout particulièrement notre population de marins ou d'anciens marins car pour les circonstances, notre chapelle s'est trouvée trop petite. Pendant deux heures il a su intéresser son auditoire, racontant de nombreuses transformations opérées par l'évangile parmi la race indigène et parmi les forçats".

En 1935, dans la région de Perros, les 7 lieux de culte sont les suivants : 
Perros bourg, Lannion, Trébeurden, Locquémeau, Kerinoc en Trébeurden, Penvern.


On compte 39 membres, 18 enfants viennent à l'école du dimanche et 95 à l'école du jeudi et 8 réunions sont proposées dans la semaine sur les différents sites.


Un texte du pasteur Marcel Raspail, daté de 1935 et intitulé "Le Noël des petits bretons" nous donne une idée de l'ambiance ressentie lors de cette journée particulière :

"Perros ! Non loin de la plage renommée. La chapelle est comble : près de 25 enfants et de grandes personnes. Une douzaine de garçons et de filles constituent l’école. Mme Manach est placée au premier rang. Ils récitent et chantent délicieusement. L’atmosphère est cordiale. Les coiffes blanches voisinent amicalement avec les chapeaux à la mode. On s’y sent en famille. Bien des cœurs sont gagnés".
...
En 1937 les membres sont encore plus nombreux, leur nombre atteint 48. 
1937 c'est le moment où l'église méthodiste va se poser la question de s'affilier à L'Eglise Réformée de France. C'est aussi l'année où un nouveau temple va être inauguré.

Une nouvelle page va s'ouvrir...

C'est le moment de faire une pause dans cette histoire et de revenir sur l'origine du Temple de Perros..

 




L'origine du temple de Perros 


Le pasteur Scarabin (de 1911 à 1914), puis le pasteur Foss (de 1918 à 1920), le pasteur Whelpton et le pasteur Bourguet (de 1927 à 1928) ont tous souhaité avoir un temple digne de ce nom à Perros Guirec. Mais il faudra attendre de nombreuses années et l'énergie du pasteur Manach (en poste de 1928 à 1950) pour que cela se concrétise.
Tout d'abord, en mars 1914 un terrain est acheté par le pasteur Scarabin, dans le bourg sur une parcelle entre l'actuelle rue des Frères-Le-Montréer et la rue du Général-de-Gaulle. L'acte est signé devant Maître Tassel, notaire à Lannion.




Reçu 1914 pour l'achat d'un terrain. Etude de Maître Tassel à Lannion. Archives du temple de Perros



En 1916 un autre terrain est acheté et on y bâtit provisoirement "une salle de culte démontable" appelée aussi "chalet-temple". Cette construction en bois a été acquise pour la somme de 750 francs. 

 
Achat du chalet. Archives du Temple de Perros. Photo R.F


Ensuite il a été nécessaire d'effectuer quelques travaux. Ils ont été effectués par deux entreprises de Perros :  Le Jannou-Connan (matériaux de construction) et Durand (couverture, zinguerie, plomberie). Le tout est revenu à 2122 francs. 

 
Facture des travaux nécessaires de menuiserie pour l'installation du chalet. Archives du Temple de Perros. Photo R.F




Facture des travaux de couverture et gouttières pour l'installation du chalet. Archives du Temple de Perros. Photo R.F




Cette solution avait l'avantage de n'être pas trop coûteuse et de voir si la paroisse va grossir. Théophile Roux, le trésorier général de l'Eglise méthodiste, qui suit le dossier l'écrit au pasteur Scarabin  qui souhaitait au départ quelque chose de plus ambitieux : "Si, par malheur, nous nous avisions qu'à Perros la lutte catholique ou l'indifférence sont telles qu'il n'y a pas lieu d'édifier la construction pour laquelle nous demandons 2000 francs, notre chapelle en bois ne suffirait que trop."(lettre du 3 juin 1914)



Le pasteur Scarabin devant la chapelle en bois de Perros. Archives du temple de Perros.





C'est le pasteur Manac'h, venu du Légué en 1928 et nommé à plein temps par l'Eglise méthodiste. Il est domicilié à Perros au presbytère, appelé Villa les lilas
C'est lui qui concrétisera ce projet de temple en dur auquel pensait son prédécesseur M. Scarabin depuis que le pasteur Whelpton en a fait construire un en 1927. Le 16 décembre 1927, pratiquement au lendemain de l'inauguration à Lannion, M. Scarabin intervient au Comité à Paris en plaidant pour la construction d'un temple à Perros...
Le pasteur Manac'h reprend cette idée. Pourtant le contexte n'est pas très favorable à son arrivée : des paroissiens peu nombreux et isolés,  hésitant à s'afficher en tant que protestants dans une région très catholique. Un pauvre baraquement sert de lieu de culte dans une rue malfamée, proche des bars... A quelques kilomètres, à Lannion, on trouve un temple tout neuf et un pasteur dynamique, le pasteur Whelpton.  
Mais, peu à peu, le travail du pasteur Manac'h produit des effets sur Perros, les paroissiens sont plus nombreux et les étrangers de passage sur la côte viennent gonfler les rangs des fidèles à la belle saison. Le temps est venu de faire l'acquisition d'un terrain dans un autre quartier et de construire un Temple pour accueillir cette communauté religieuse qui se développe. Le pasteur Manach écrit personnellement à tous les voyageurs dont il a gardé l'adresse en vue d'obtenir les fonds suffisants pour mener à bien son projet. Des anglais, en particulier, vont répondre à son appel et effectuer des dons. 
En 1936, l'Eglise Evangélique Méthodiste des Côtes-du-Nord demande un permis de construire, pour établir un temple sur un lot du lotissement du Pré. Des actes notariés sont signés à l'étude de Maître Dérouin à Perros-Guirec les 8 août et 12 octobre 1936.
L'architecte choisi est Robert Vitasse de Perros Guirec. La question du terrain réglée, l'architecte choisi et les fonds rassemblés, les travaux peuvent vraiment commencer, nous sommes en 1937. Le bâtiment, situé au 19 rue de la Poste, est inauguré le 6 mai 1937 (voir aussi l'article dans ce blog sur "Les bâtiments"). 
Plusieurs pasteurs assurent sur deux jours le culte et différentes conférences. Ils se sont déplacés de loin, Montreuil, St Nazaire, Lorient, Brest, Morlaix et St Brieuc, ce qui montre toute l'attention portée à cette inauguration à Perros. C'est le président du Synode, le pasteur Parker, qui délivre le sermon d'inauguration.

 
1937 Inauguration du temple de Perros. Archives du Temple de Perros. Photo R.F


1937 Inauguration du temple de Perros. Archives du Temple de Perros. Photo R.F



A l'automne 1937, le temple a été inauguré depuis peu et le pasteur Crespin de St Brieuc vient faire une conférence à Perros, 200 bulletins sont imprimés pour en faire la publicité.
Un an plus tard, en 1938, la communauté protestante méthodiste de Perros rejoint l'Eglise Réformée de France. La décision est prise en commun avec St Brieuc. 


Affiche non datée pour les conférences au Temple de Perros. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F



L'église Réformée à Perros (article en construction)

 Il en était question depuis quelques temps chez les protestants méthodistes mais c'est après le synode de Bourdeau le 21 juin 1938 que la décision est prise de s'affilier à l'Eglise Réformée de France. Avant la guerre en 1939, le pasteur Manac'h dessert Perros, mais aussi Lannion, quand le pasteur Arnal quitte son poste sans être remplacé.
La période de la guerre n'est pas facile pour le pasteur Manac'h qui doit desservir Lannion-Perros-Trébeurden à bicyclette et souvent à pied. Il souffre des restrictions...

En 1947, le 17 juillet la paroisse organise une réunion publique avec M. Benoit, des affiches sont mises sur Perros et Trébeurden.

François Manac'h (consacré en 1937) reste à Perros jusqu'en 1950 où il prend sa retraite. A 73 ans, il aurait encore souhaité continuer mais il peut, tout de même, apprécier le travail immense qui a été fait depuis son arrivée. 

 

 

Les années 60-70 journal de bord.


Les cultes sont assurés au rythme de deux par mois dans les années 60 grâce au dévouement de pasteurs ou de laïcs de Brest et de St Brieuc. En 1963, le séjour de M. Chapal de la Société Centrale d'Evangélisation vient prouver que l'on n'oublie pas Perros et Lannion... En 1964, trois conseillers élus secondent le pasteur Manac'h, il s'agit de Mlle Manac'h (de Pleumeur Bodou), M. Le Cerf (de Ploumanach) et M. Herlent. Les membres déclarés de l'Eglise sont au nombre de 21: 11 de Perros, 3 de Lannion, 4 de Ploumanach, 1 Pleubian, 1 Louannec, 1 Pleumeur bodou. Le pasteur Kieffer est le lien entre St Brieuc et Perros. M. Manac'h est en retraite mais participe toujours aux activités de la paroisse. 
Dans les années 70, le pasteur Blanc arrivé en 1972 a bien conscience qu'il n'a pas assez de temps pour venir régulièrement à Perros (5 dimanches dans l'année 73 par exemple). Heureusement, les laïcs répondent présents pour assurer les cultes. Réunis en assemblée générale en 1975, les paroissiens se posent des questions de fond sur l'avenir de l'Eglise de Perros : à quel rythme faut-il assurer un culte? Quel type de culte? Comment faire cohabiter "les personnes âgées désorientées par les nouveautés" avec ceux qui veulent plus d'innovations? Les questions sont sérieuses mais l'ambiance est au dialogue et à la confiance dans l'avenir. 

Du dialogue, avouons que ce n'est pas toujours le cas, ou alors du dialogue musclé ! Des discussions ont été très vives à certains moments dans les années 70, on peut même parler de "règlements de comptes" ! Conflits entre des membres, entre des membres et le pasteur, entre "piliers" de la paroisse et nouveaux venus, entre "anciens" et "modernes"... Parfois des personnes quittent la réunion brutalement sur un désaccord, des membres démissionnent (puis reviennent!), on refuse de se réunir en dehors du Temple... C'est la vie d'un groupe, mais quand tout est calmé la communauté se ressoude. Le travail à mener en commun est plus fort que les conflits personnels... 
Et tout ça donne certainement de riches exemples vécus pour alimenter la réflexion du Synode régional de 1973 qui a pour thème : "Qu'est-ce qui ne va pas dans la paroisse et dans notre église?". Voilà un sujet qui ne pouvait pas mieux tomber !!!
Autre point positif, après un grand vide, on note en 1975 des rencontres œcuméniques réussies entre le pasteur Blanc et des prêtres de Lannion et des environs. Le nombre de membres est assez élevé, on en compte 59 en 1976, dont 19 participent activement à la vie matérielle de la paroisse.
En dehors des cultes, des moments de dialogue sont proposés sous différentes formes, souvent au travers des études bibliques, "d'ateliers de recherche", de veillées sur des thèmes... Mais comme il est indiqué dans un compte-rendu, "ce sont les personnes qui sont importantes, plus que le thème". 









L'enseignement religieux des enfants est pris en charge par des femmes (Chantal Thomas, Mme Herlent, Mlle Manach, Mme Le Cerf, Mme Brault, Mme Le Goffic, Mme Métafiot...). Ces adultes qui encadrent des enfants bénéficient régulièrement de formations. Les enfants sont réunis sur place à Perros ou lors de WE.

Les baptêmes, bénédictions de mariages et services funèbres sont régulièrement pris en charge dans le secteur de Perros par des membres de la communauté ou par les pasteurs. Ils demandent souvent une grande "diplomatie" car il ne faut pas choquer les personnes des familles concernées (cas des mariages mixtes par exemple), parfois surprises des pratiques protestantes dans ces domaines.

L'Eglise de Perros sait s'ouvrir sur l'extérieur quand l'occasion se présente. Plusieurs conférenciers y animeront des débats. C'est le cas de pasteur Kieffer sur le thème "L'Homme, cet engagé" (avril 1964), de M. Balzli, conférencier de la Croix bleue (octobre 1965), du pasteur Mikolack, missionnaire au Cameroun (novembre 1965), du pasteur Cavalier de Nantes, membre de la conférence chrétienne pour la Paix (mars 1966), du pasteur D. Cook, missionnaire au Lésotho (octobre 1966), du pasteur Barral, secrétaire de l'alliance biblique française (Mars 1967), de Bernard Besret, l'ex prieur de l'abbaye de Boquen, sur le thème de l’œcuménisme (janvier 1971), à Lannion le Père Desseaux et le pasteur Appia pour une réunion sur l’œcuménisme (janvier 1976)...
En 1978, le pasteur Le Cozannet prend l'initiative de diffuser un dépliant indiquant les lieux de culte protestants en Bretagne. ce document est déposé par les membres de la paroisse de Perros dans les syndicats d'initiatives et les hôtels de la côte. C'est aussi à partir d'octobre 1978 qu'une modeste mais efficace feuille d'information, recto-verso, rédigée et tapée à la machine par Michèle Le Goffic est imprimée régulièrement et envoyée aux membres de la paroisse. 

 
Première feuille d'information imprimée. Eglise protestante de Lannion-Perros. Octobre 1978. Photo RF



Les rencontres sont peu fréquentes avec St Brieuc mais heureusement, dans les années 70, le manoir de Crampoisic permet, en particulier aux familles, d'avoir des échanges. A chaque automne, un grand rassemblement de rentrée donne une joyeuse occasion de se retrouver...

Pour les membres de la paroisse, la solidarité n'est pas un vain mot. Ainsi, le Noël 1970 est centré sur le Pakistan après une catastrophe qui vient d'endeuiller ce pays. Le pasteur Kieffer se charge d'animer cette journée, de fournir des informations sur ce pays et de récolter des dons qui seront envoyés sur place. En 1972, des colis sont distribués à 7 personnes âgées de la paroisse. En 1980, c'est une collecte pour les sinistrés du tremblement de terre d'El Asnam en Algérie.



L'argent dégagé par la vente du Temple de Lannion en 1969 permet d'une part d'acheter une caravane destinée à héberger les pasteurs en été (au lieu de payer une location d'appartement). D'autre part la communauté peut envisager construire la petite salle annexe du temple.

En 1971, c'est donc, un bâtiment comprenant une salle de réunion, une petite cuisine et des toilettes qui est construit derrière le temple (25 m2). Ce projet a demandé beaucoup d'énergie aux personnes qui ont pris en main ce dossier. Comme souvent dans ce cas, les tracas s'accumulent : questions de financements, devis, retards de chantier, litiges sur des factures, petits travaux à effectuer par les "bricoleurs" de la paroisse pour diminuer les dépenses (voir l'article sur les bâtiments dans ce blog).


Bâtiment annexe du temple de Perros. Archives du temple de St Brieuc


En 1976, le pasteur Le Cozannet et son épouse vont souhaiter rester dormir dans ce local aménagé quand le pasteur fait le culte à Perros. Cela lui permet d'effectuer des visites aux personnes isolées le lendemain avant de repartir sur St Brieuc. Mais en hiver, cette solution n'est pas la plus adaptée...


Le temple de Perros-Guirec


Les 90 ans du pasteur Manach. Dimanche 8 Octobre 1967

Un événement a particulièrement marqué la paroisse en octobre 1967 : les 90 ans du pasteur Manach, un homme qui a tant donné pour la paroisse.

Les 90 ans du Pasteur Manach. Le Télégramme. 10 octobre 1967. Archives Perros. Photo R.F




Les 90 ans du Pasteur Manach. Ouest-France 10 octobre 1967. Archives Perros. Photo R.F



Les années 80 

En 1978, la liste des adhérents de l'Eglise de Perros-Lannion fait apparaitre 58 membres.
L'assemblée générale ne peut pas se tenir en 1980, la communauté est dans un creux mais l'année d'après, 14 personnes sont bien là pour débattre et elles sont 17 en 1982... Le culte continue d'être assuré une fois par mois, il est suivi d'un moment de réunion sur un thème où restent ceux qui ont plus de temps. On parle alors de "culte-rencontre". Le pasteur Le Cozannet est très favorable à cette formule "qui permet l'échange et offre une ouverture vers les couples mixtes maintenant majoritaires". 



En janvier 1983, l'assemblée générale décide qu'un membre sera désigné pour représenter Perros au conseil presbytéral de St Brieuc. A cette occasion, afin de clarifier la situation administrative, un nouveau compte CCP est ouvert sous l'intitulé "Association cultuelle de l'Eglise Réformée, section Lannion-Perros, 3 rue Victor Hugo".

En 1987, le pasteur Guy Froment organise le 50ème anniversaire de la création du Temple de Perros. On a refusé du monde à l'intérieur du temple ce jour-là, il faut dire que ce n'était pas moins que le pasteur Jean-Pierre Montsarrat, président du Conseil national de l'église réformée de France qui assurait la prédication ! Et l'après-midi une table ronde réunissant d'éminents spécialistes donnait matière au public à découvrir "La différence protestante". Étaient réunis :
- Olivier Abel, professeur de philosophie, vice-président de l'Institut Protestant de Théologie de Paris
- Gérard Fraysse, professeur agrégé de philosophie, auteur de "Les falsifications du prophétisme"
- M. Gardies, professeur agrégé de philosophie, docteur en philosophie à la faculté de Nantes
- Mme Jacquet-Tisseau, traductrice des oeuvres complètes de S. Kierkegaard.
Le débat était conduit par A. Tiercet, directeur de la librairie protestante de Paris.


1987 Cinquantenaire du temple de Perros. Article de Ouest-France. Archives du Temple de Perros. Photo R.F

L'année 87 est vraiment l'année où Perros ne désemplit pas... En octobre, 48 protestants de la paroisse suisse d'Argovie sont accueillis. Une soixantaine de personnes se rassemblent dans le Temple pour chanter,  présentation réciproque des paroisses, échanges de cadeaux... et plus tard, repas en commun.
L'invitation est lancée aux bretons de venir en Suisse...

En 1993, l'Assemblée générale de la paroisse de St Brieuc-Perros se déroule exceptionnellement à Perros.  Alors même si pour certains c'est un trajet un peu long, au total, quarante deux personnes sont venues.

 

Les années 2000, des questionnements...

En 2000, l'entretien du Temple pose problème par manque de personnes disponibles. Si faute d'entretien le temple ne peut être ouvert au public, la question se pose même de le vendre... Des travaux importants sont nécessaires et à moins de trouver des subventions, on ne voit pas comment faire... 
De plus, la fréquentation en hiver est très basse, environ 8 personnes. Enfin, les membres ne sont souvent pas très jeunes (par exemple, en janvier 98 on a  fêté dans la communauté de Perros, les 80 ans de quatre de ses membres, en présence du pasteur Caroline Engel)

 

L'accueil des protestants d'autres pays

En été, la population de Perros change et la communauté protestante s'adapte pour accueillir au mieux les nombreux touristes étrangers qui viennent en vacances et souhaite continuer de venir à un culte au temple.
Prenons par exemple en 2005 le travail d'information mené par Pierre Kerlévéo (paroissien comme il se définit "de Lille-Perros") et Solange Weiss-Déaux. Reprenant les adresses des touristes inscrits dans le registre d'accueil de la paroisse, le conseil presbytéral a demandé à Pierre Kerlévéo de contacter toutes ces personnes pour les inviter à revenir et faire part des projets d'aménagements nécessaires et urgents.
Une lettre en ce sens est donc envoyée aux estivants en 4 langues différentes avec en plus le tract de présentation de la paroisse : 
- 50 en français pour les français et les suisses (3)
- 25 en néerlandais pour les Pays-Bas
- 10 en allemand (Allemagne et Hongrie)
- 4 en anglais (1 Ecosse, 1 Irlande, 2 Afrique du sud)

Plusieurs réponses encourageantes sont parvenues au Temple, parfois accompagnées de généreuses marques de soutien financier ou de propositions d'aide matérielle sur place sous forme de journées de bricolage.


Il est temps d'apprendre le néerlandais !


Les pasteurs de la paroisse de Perros-Guirec


Dans les personnes ayant assuré le culte, citons en particulier avant 1950 :
Pasteur Jean Scarabin,
Pasteur Foss (1918-1920)
pasteur Henri Whelpton (1921-1935)
Pasteur Bourguet (1927 proposant-1928)
Pasteur Daniel Manach
Pasteur Yves Crespin
Pasteur Elie Vidal
Pasteur François Barre
Pasteur Paul Marquer


De 1950 à nos jours :  Pasteur Jean-Marc Kieffer (1962-1971), Robert Somerville, Jean-Pierre Blanc,  Emile Le Cozannet, Guy Froment, Thomas Mentzel, Caroline Engel, Solange Weiss-Déaux, Juliette Tonge, Hervé Stücker.


La photo (ci-dessus) prise le 18 août 1976 au départ du pasteur Jean-Pierre Blanc, devant le temple de Perros-Guirec, le montre avec son épouse et leurs deux enfants. Se trouvent à leurs côtés Monsieur Yves Herlent (avec les lunettes) qui deviendra Président de Musique et Chant de la Fédération protestante de France et son épouse à gauche ainsi que, en retrait, Madame Michèle Le Goffic, responsable de l’église de Lannion.


En été, de 20 à 30 personnes se rassemblent, des français mais des étrangers surtout : anglais, hollandais, allemands, suisses. Des pasteurs en "vacances" célèbrent le culte, les archives permettent de citer en particulier les noms qui suivent :



1966 M. Jundt  de Lausanne
1967 M. Dessen de Paris
1968 Haeflinger
1969 M.Buard de Genève
1970 M. Buard de Genève et M. Keijzer et M. Simonet de Chatellerault
1971 le pasteur A. Cornette et J.P Metin
1972 M. et Mme Vargenau et le pasteur Escande
1973 le pasteur Jean-Luc Blanc, le pasteur Zoltan Daboczi et le pasteur Derôme de Paris
1976 le pasteur Rosenstiehl d'Ostwald et le pasteur Birmele de Roppenheim
1977 le pasteur Marcel De Maude de Charleroi et la pasteur Gery Derôme de Paris
1978 M.White et Douglas H.Miller
1979 M. et Mme Paul Muller étudiants en théologie à Strasbourg, le pasteur Derôme
1980 le pasteur Muller
1981 le pasteur Miaz de Neuchâtel, les pasteurs Paul et Eliane Muller
1982 le pasteur Danielle Maegey
1983 Mlle Stiegelmann, M. Finet
1989 le pasteur Frédéric Delforge et le pasteur Georges Jurie
...
1993 le pasteur Muller de Drülingen dans le Bas Rhin et le pasteur en retraite Georges Jurie
1997 le pasteur Bois et le pasteur César.
1998 en juillet M. Hervieux, étudiant en théologie et en août le pasteur Denis Muller
2000 le pasteur Bois, pasteur Houziaux (le pasteur Bois a donné une conférence sur l'Islam)
2001 Mme Anne Muller, Pierre Charlot, Marta Risko et Michèle Le Goffic.
2003 en juillet Valérie Journet et Michèle Le Goffic et en août le pasteur Bois
2005 Jean-Jacques Maison (d'Aubonne)...

Le pasteur Miaz est le premier à profiter d'un hébergement "en dur" au presbytère de Perros en juillet 81. La caravane c'est du passé ! La situation centrale du temple facilite la vie, évite les déplacements inutiles (et fait faire des économies d'essence!).


On comprend les pasteurs qui viennent en "vacances" à Perros !
Comment résister à la côte de granit rose? (ici à Ploumanach). Photo R.F


Des membres laïcs très impliqués dans la paroisse de Perros-Guirec



A différentes époques, de nombreux laïcs de Perros, mais aussi de St Brieuc et de Brest (dans les années 60), ont assuré le culte (problème de déplacement du pasteur ou absence de nomination sur la paroisse comme en 1977). Citons par exemple Yves et Christiane Herlent qui, jusqu'à leur départ en 1978 pour Bordeaux, ont beaucoup donné pour que la paroisse se développe. En 1971, Yves Herlent est devenu co-président du Consistoire (région).

M et Mme Michèle Le Goffic ont aussi exercé d'importantes responsabilités depuis le début des années 70.

De 1950 à nos jours, on peut ajouter Monsieur Cottenceau,  M. Foucher, M. Tostivint, M. Grangaud, M et Mme Alain Métafiot, Mme Brault et Mme Michèle Le Goffic, Anne Gascuel, Mme Descout, M. Koechlin, Jacques Bourgenot, Docteur Hansen, Pierre Charlot, M. Jean Paul, Pierre Coyault, J.M Métin (1971), M. Ludin (1971), E. Sommerville, A. Cornette, M. Beauchamp, M. Simonnet , J.J Bruard (1970) M. Zwingelstein, M. Bost,  Nédélec(1969).

En raison de l'absence de pasteur et de prédicateur, les paroissiens de Perros ont été amenés parfois à certaines époques (années 60) à pratiquer ce qui est appelé "un culte des disséminés". Il s'agit pour un petit groupe de suivre les indications données sur une feuille et de se répartir les taches : déterminer un lecteur pour un texte biblique, bâtir une prière commune, choisir deux cantiques...

Remarque : faute du dynamisme nécessaire, les assemblées générales n'ont pas toujours pu se tenir comme en 1968, 1977, 1980.

La paroisse a pratiqué pendant les années 70 la formule du "Conseil élargi". En 1976, elle a élu un "bureau technique", formé d'une secrétaire et d'une trésorière autour duquel un "Conseil d'animation" rassemblait tous ceux qui voulaient prendre part à la vie de la communauté.

Madeleine Manac'h à gauche, née le 30/07/1912, fille du pasteur et à droite Yvonne Manach ou Paulette Manach.
Archives du pasteur Manach conservées au temple de St Brieuc


Dans le détail, on peut dresser une liste ( d'après les registres de la paroisse) avec les personnes suivantes qui ont assuré des responsabilités au sein de la paroisse :

1964 : responsables M. Le Cerf (chauffeur), M. Herlent (ingénieur), Mlle Manach (institutrice) et les membres Mme Le Coz , Mme Kervarec, Mme Le Cerf, M. et Mm Le Beuvant, M. et Mm Le Rouzès

1965 : trésorier M. Pierre Le Cerf, membres Mlles le Beuvant, Manach, Moullec; mesdames Creach, Fichoux, Joëlle Le Beuvant, Christiane Le Beuvant, Le Coz, Thomas, Marie-Thérèse Le Cerf ; messieurs Arzur, Yves Herlent, Le Cerf.

1966 : trésorier M. Le Cerf, membres Mlles Manach, Thomas; mesdames Créach, Herlent, Le Coz, Thomas, Kervarec; messieurs Herlent, Le Cerf. Manach, Moullec

1969 : trésorier M. Pierre Le Cerf, membres Mlles Manach,  mesdames Créach, Herlent, Foucher, Guillou, Thomas,  messieurs Herlent, Le Cerf, Manach, Guillou, Philippe Zwingelstein, Foucher

1971 : vice-présidente Mlle Manach, trésorier M. Le Cerf, secrétaire Mme Michèle Le Goffic, membres mesdames Yvonne Créach, Herlent, Foucher, Meudec et messieurs Herlent, Le Cerf, Manach, Fernand Foucher

1976 : trésorière Mme Andrée Brault, secrétaire Mme Le Goffic, membres mesdames Herlent, Le Cerf, Métafiot, Bogais, Mme et Mlle Le Beuvant, Mlle Manach et messieurs Yves Herlent, Bogais, Pierre Le Cerf, Alain Métafiot.

1979 : trésorière Mme Andrée Brault, secrétaire Mme Le Goffic, membres mesdames Métafiot, Bogais, Le Goffic, Mlles Le Ny, Le Beuvant, Manach et messieurs Fernand Foucher, Alain Métafiot, Jean-Claude Brault.

1982 :  vice-président Dr Sap, trésorière Mme Gibassier, secrétariat assuré par le vice-président et le pasteur Le Cozannet, membres mesdames Bajot, Gibassier, Le Goffic, Mlles Le Goffic, Manach, Eliane Serveyre et Alain Métafiot.

1982 :  vice-président Mme Michèle Le Goffic, trésorière Mme Le Cerf, trésorier-adjoint M.Métafiot, secrétaire Mme Maurice, membre de l'association Mlle Paulette Manach, déléguée au Consistoire Mlle Serveyre.


A l'intérieur du temple de Perros dans les années 2000.




Dans le détail, on peut dresser une liste ( d'après les registres de la paroisse) avec les personnes suivantes qui ont assuré des responsabilités au sein de la paroisse :

1964 : responsables M. Le Cerf (chauffeur), M. Herlent (ingénieur), Mlle Manach (institutrice) et les membres Mme Le Coz , Mme Kervarec, Mme Le Cerf, M. et Mm Le Beuvant, M. et Mm Le Rouzès

1965 : trésorier M. Pierre Le Cerf, membres Mlles le Beuvant, Manach, Moullec; mesdames Creach, Fichoux, Joëlle Le Beuvant, Christiane Le Beuvant, Le Coz, Thomas, Marie-Thérèse Le Cerf ; messieurs Arzur, Yves Herlent, Le Cerf.

1966 : trésorier M. Le Cerf, membres Mlles Manach, Thomas; mesdames Créach, Herlent, Le Coz, Thomas, Kervarec; messieurs Herlent, Le Cerf. Manach, Moullec

1969 : trésorier M. Pierre Le Cerf, membres Mlles Manach,  mesdames Créach, Herlent, Foucher, Guillou, Thomas,  messieurs Herlent, Le Cerf, Manach, Guillou, Philippe Zwingelstein, Foucher

1971 : vice-présidente Mlle Manach, trésorier M. Le Cerf, secrétaire Mme Michèle Le Goffic, membres mesdames Yvonne Créach, Herlent, Foucher, Meudec et messieurs Herlent, Le Cerf, Manach, Fernand Foucher

1976 : trésorière Mme Andrée Brault, secrétaire Mme Le Goffic, membres mesdames Herlent, Le Cerf, Métafiot, Bogais, Mme et Mlle Le Beuvant, Mlle Manach et messieurs Yves Herlent, Bogais, Pierre Le Cerf, Alain Métafiot.

1979 : trésorière Mme Andrée Brault, secrétaire Mme Le Goffic, membres mesdames Métafiot, Bogais, Le Goffic, Mlles Le Ny, Le Beuvant, Manach et messieurs Fernand Foucher, Alain Métafiot, Jean-Claude Brault.

1982 :  vice-président Dr Sap, trésorière Mme Gibassier, secrétariat assuré par le vice-président et le pasteur Le Cozannet, membres mesdames Bajot, Gibassier, Le Goffic, Mlles Le Goffic, Manach, Eliane Serveyre et Alain Métafiot.

1982 :  vice-président Mme Michèle Le Goffic, trésorière Mme Le Cerf, trésorier-adjoint M.Métafiot, secrétaire Mme Maurice, membre de l'association Mlle Paulette Manach, déléguée au Consistoire Mlle Serveyre.


Sources

On ne dira jamais assez à quel point le travail de prise de notes par les secrétaires est important. C'est une source inestimable pour les personnes qui font des recherches historiques.
Merci à tous et à toutes ! Merci aussi à toutes les personnes qui ont su préserver ces registres en les mettant en lieux sûrs...

Compte rendu des réunions du Conseil presbytéral, avril 1965-mai 1972, septembre 1972-novembre 1975, novembre 1975-octobre 1982, octobre 1882-septembre 1984

Registre des assemblées générales de l'Eglise de Perros-Guirec, février 1963 à février 1982.

Dossier complet des finances de la Mission Bretonne à Perros-Guirec 1910-1933 et 1933-1939

Carnets de comptes de la Mission Bretonne  octobre 1908-décembre 1928, 1925-1940, 1928-1939, 1940-1949

Pour l'origine du temple, base de donnée du Ministère de la Culture (base Mérimée)

Etat civil en ligne de la commune du Havre



La communauté protestante de Perros réunie pour les 90 ans du Pasteur Manach en 1967. 



Document 1.

1950 état du matériel au Temple de Perros (extraits). Liste établi par le pasteur A. Trubert

70 chaises (4 détériorées)
20 chaises pliantes
4 bancs (2 chez M. Manach)
2 lampes électriques
1 scie égoïne
1 hachette
1 râteau
1 binette
1 brosse tête de loup
20 « Louanges et prières »
7 cantiques de l’école du dimanche
2 quêteuses
1 harmonium
1 tapis d’allée




Document 2
La famille Manac'h.

 

Les enfants du pasteur François Manac'h et de Louise Bohec

Les archives en ligne de la commune du Havre nous donnent des renseignements tout à fait fiables sur la famille du pasteur François Manach (le nom est également écrit Manac'h).
François Manac'h se marie le 9 décembre 1904 au Havre avec Louise (Victorine, Célestine) Bohec
Leurs enfants nés au Havre sont : 
Rachel (Louise), née le 7 septembre 1905 (acte en ligne)
Daniel (Jean), né le 24 mars 1907 (acte en ligne
André (François) né le 24 novembre 1908 (acte en ligne) ; 
Madeleine (Marie) née le 30 juillet 1912 (acte en ligne page 83).

Remarques : 
Daniel, né en 1907 deviendra pasteur à Lannion et aura par la suite une place de premier plan dans la fondation de l'Eglise Réformée de France en 1938.

Madeleine Marie Manac’h, née le 30 juillet 1912 au Havre, fille du pasteur François Manac’h et de Mlle Bohec.
Elle était active dans la paroisse de Perros. Elle est enterrée avec ses parents à Perros.



Les enfants d'Efflam Manach et de Yvon Manach

Plusieurs autres Manach (à chaque fois sans 'h) vivaient aussi au Havre à la même époque. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.
Des enfants sont nés de Efflam Mathurin Manach , journalier (né en 1870) et de  Marie Emmélie Duval (née en 1876).   
D'autres enfants sont nés de Yvon Manach, journalier (né en 1874) et de Blanche Pauline Duval (née en 1879) mariés au Havre le 5 juillet 1899. Ces deux mariages entre des Manach et des Duval peuvent entrainer des confusions, le prénom de la mère n'est pas indiqué dans les tables décénales.

Madeleine Alice Manach est née le 13 avril 1904 au Havre. Elle est la fille de Yvon Manach et de Blanche Duval.
Madeleine s’est mariée au Havre le 28 août 1925 avec Eugène Emile Philippe.
Décédée le 28 mai 1975 au Havre.

Paulette Jeanne Manach est née le 2 mai 1912 au Havre. Elle s'est mariée au Havre le 25 octobre 1930 avec Robert Louis James.

Odette, Yvonne est née le 2 août 1904 (le peu d'écart entre la naissance d'Odette et de Madeleine, ci-dessus, laisse à penser que les deux enfants sont de deux mères différentes)

Marie, Geneviève est née le 19 août 1906

Eugénie est née le 15 septembre (année illisible)

Pierre Marcel (date illisible)


Les enfants de Guillaume Manach et Lucie Huet

Nous trouvons deux filles de Guillaume Joseph Marie Manach et Lucie Louise Huet (il n'y a pas de registre des naissances mais on trouve des indications dans la table décennale "Le Havre")  
Yvonne Manach née le 19 avril 1919 au Havre, 

Lucienne Marie Louise Manach née le  25 août 1914, Lucienne s’est mariée à Rennes le 11 mai 1937 avec Yves Marcel Théophile  Logeais puis mariée à Combourg (35) le 15 avril 1944 avec Henri Richard.






1 commentaire:

  1. Commentaire de Michèle Le Goffic.
    Je prends connaissance de l'historique du temple de Perros-Guirec. J'ai ressenti surprise et émotion de retrouver presque 50 de ma vie en lien avec l'église de Perros-Guirec. J'atteins les 84 ans!
    J'ai retrouvé toutes celles et ceux en compagnie desquelles j'ai oeuvré, et je suis contente que mon mari, catholique pratiquant mais trés oécumènique) sois nommé, car non seulement il m'a soutenue dans mon service mais il a beaucoup donné pour la vie pratique de notre église.

    Il semble manquer pour le moment la période de reconstruction du temple et de son local habitable, par le maître d'oeuvre Alain Hulot, pendant le pastorat de Juliette Tonge...

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