mercredi 14 août 2019

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Ce blog a pour but de donner toute sa place à la rubrique "Histoire" du site de l'église Protestante Unie des Côtes-d'Armor.
Vous y trouverez des documents directement issus des archives du Temple protestant de Saint-Brieuc,  des archives municipales et de la Bibliothèque André Malraux, des archives départementales et nationales. Nous vous livrerons aussi le contenu des dossiers du docteur Erling Hansen de Saint Brieuc, véritable mémoire vivante de la communauté protestante pour une bonne partie de ce XXe siècle et du pasteur Yves Crespin.
D'autres témoignages et documents historiques originaux viendront aussi enrichir le contenu de ces pages et des liens permettront de compléter vos découvertes.


Deux noms de cette communauté protestante de Saint Brieuc ont pu déjà retenir l'attention d'un certain public. Il s'agit du docteur Erling Hansen et du pasteur Yves Crespin. Le courage de ces deux hommes, lié à leur foi et à leur engagement protestant, a déjà été évoqué dans des ouvrages et leur trace reste présente encore aujourd'hui. Nous nous efforcerons d'apporter de nouveaux éléments les concernant.
C'est aussi l'histoire des "sans grade", de toutes ces personnes qui en exerçant une responsabilité ont fait vivre ces petits groupes à St Brieuc, Perros, Lannion, Etables et autres. Par exemple, en 1958, le pasteur Marquer les remerciait en citant leur nom et leurs  fonctions: responsables de la colonie de vacances, des groupes de jeunes, de l'association familiale, de l'entraide, de l'expédition du journal, moniteurs de l'école du jeudi ou du dimanche, prédicateurs laïcs et membres du Conseil. presbytéral... Les années passent mais toute communauté repose sur ces individus qui donnent un peu, ou beaucoup, de leur temps...

En conclusion, nous espérons éclairer toutes les personnes curieuses d'en savoir plus sur cette communauté, si discrète, mais qui mérite d'être beaucoup mieux connue.
On pense trop hâtivement que la Bretagne est une terre exclusivement catholique, c'est une erreur.
Si l'on y regarde de plus près, l'histoire du protestantisme y est bien ancrée localement...




Registre  des délibérations du Conseil presbytéral.1908-1962
Archives du Temple de St Brieuc. Photo R.F


mardi 13 août 2019

Les origines de la communauté protestante dans les Côtes-d'Armor, l'Eglise Méthodiste 1906-1938



Notre but n'étant pas de présenter ce qui a déjà été très bien étudié et de balayer toutes les composantes de la mouvance protestante (évangéliques, baptistes etc.). Pour trouver une base de ressources sur le mouvement qui vous intéresse, sur la culture et l'histoire du protestantisme en général, utilisez le site Lexilogos.
Sur l'Eglise méthodiste, par exemple, visitez sans hésiter le site de la Société d'Etudes du Méthodisme Français, animée par le pasteur Jean-Louis Prunier.
Un article est particulièrement consacré aux origines des communautés protestantes de St Brieuc et Perros (lien pour y accéder).
Pour plus de précisions sur ce qui s'est passé en Bretagne du XVIe siècle au début du XXe siècle, allez sur le site internet du professeur Jean-Yves Carluer de l'Université de Brest. 
Les Protestants bretons, c'est donc un site incontournable !

Par contre, notre blog pourra vous apporter beaucoup plus de d'informations sur ce qui s'est passé dans le département des Côtes-d'Armor tout au long du XXe siècle dans la branche protestante qui est devenue aujourd'hui l’Église Protestante Unie... C'est un complément !



Les pionniers du protestantisme à Saint Brieuc


Au début du XXème siècle, commençons par citer Victor Bouhon (1834-1908), un pionnier qui tenta de rassembler les protestants de Guingamp, Lannion ou St Brieuc. Son œuvre ne fut pas couronnée de succès, car il eut à subir de fortes pressions des autorités politiques et religieuses.

Plus tard, lors du 51ème synode de l'Eglise Evangélique de France (méthodiste), constatant qu’elle n’avait aucune implantation dans les Côtes-du-Nord décida en juin 1904 d’y envoyer le pasteur Jean Scarabin.(voir son portrait complet dans la rubrique "Pasteurs...")

« Le synode décide qu’il y a lieu de commencer dès cette année une œuvre d’évangélisation en Bretagne. M. Jean Scarabin sera l’agent de cette œuvre. Les frais seront à la charge du fonds du 20e siècle. Cette œuvre sera entreprise sous la direction du Comité d’évangélisation. Il ne sera acheté aucun terrain ni élevé aucune construction sans l’assentiment du synode. Le synode décide qu’un rapport sur l’œuvre d’évangélisation sera publié chaque année par les soins du Comité d’évangélisation et du directeur de l’œuvre. Ce rapport devra être distribué largement dans le public religieux. »

On doit donc bien prendre en compte qu'en ce début du XXème siècle à St Brieuc, l'implantation et la structuration de l'Eglise protestante doit plus au mouvement de renouveau venu de la Grande-Bretagne appelé "Le Réveil" qu'à une vieille tradition huguenote du XVIème siècle.


La première association cultuelle protestante à St Brieuc


Après avoir pris des contacts sur place, Jean Scarabin commence par réunir des protestants de St Brieuc le dimanche 20 mai 1906. Tout se passe dans une salle louée dans le centre ville, au 12 rue du Champ de Mars (rue du Général Leclerc de nos jours). Les membres présents ce jour-là sont Messieurs Bird, Hansen, Hervet, Bonnet, Gouriou, Le Hech, Scarabin et Mesdames Bird, Aubin, Guillou, Doucet et Scarabin. L'assemblée désigne deux personnes pour déposer les statuts d'une association.
C'est ainsi qu'est fondée en juin 1906 l' Association de l'Eglise Evangélique Méthodiste de St Brieuc  (au Journal Officiel du 12 juin). Le but de cette association est écrit en première page du registre (photo ci-dessous): "Une association cultuelle est fondée, conformément aux dispositions de la loi du 1er juillet 1901 et de la loi du 9 décembre 1905, en vue de soutenir et de développer le culte évangélique méthodiste". Il s'agit juste dans un premier temps de déposer les statuts à la préfecture et de nommer le comité directeur :
Président, Jean Scarabin, pasteur, né à Plougras le 15 novembre 1876, résidant à Lannion, villes dorées, le Marhallac'h
Vice-président, Oscar Hansen, commis interprète, né en Norvège le 24 septembre 1874, résidant au Légué
Secrétaire, Auguste Le Hech, employé des postes, né le 26 janvier 1869, résidant à St Brieuc  
Trésorier, Abraham Jean Bird, agent maritime, né à Guernesey le 3 mars 1852, résidant à St Brieuc

Les autres membres fondateurs sont :

Philippe William Aubin, négociant, né à Jersey le 30 juin 1858, résidant à St Brieuc  
Clara Aubin, née à Jersey le 26 janvier 1860, résidant à St Brieuc 
Abraham Jean Bird, agent maritime, né à Guernesey le 3 mars 1852, résidant à St Brieuc 
Héloïse Bird, sans profession, née à Guernesey le 24 septembre 1854, résidant à St Brieuc 
Maud Héloïse Bird, professeur, née à St Brieuc le 4 octobre 1874, résidant à St Brieuc 
Gertrude Bird, professeur, née à St Brieuc le 20 décembre 1880, résidant à St Brieuc 
Clarice Bird, sans profession, née à St Brieuc le 9 novembre 1882, résidant à St Brieuc 
Winifred Bird, sans profession, né à St Brieuc le 18 septembre 1885, résidant à St Brieuc 
Jean Bonnet, garçon d'hôtel, né à Verrine le 14 juillet 1856, résidant à St Brieuc 
Gabriel Bonnet,, né à St Maixent le 30 juillet 1885, résidant à la caserne de St Brieuc 
Madeleine Dausset, née à Rouillé dans la Vienne le 16 septembre 1838, résidant à St Brieuc 
Pierre Cruchon, opticien, né à Granville le 11 avril 1833, résidant à Lannion, villes dorées
Mme Eyer, né à Baccarat le 28 février 1859, résidant à Lamballe
Marie-Noël Le Seaux, sans profession, résidant à Guingamp
Louis Quoniam, capitaine en retraite, résidant à St Brieuc  
Mina Quoniam, née Ménégoz, sans profession, résidant à St Brieuc 
Hélène Quoniam, sans profession, résidant à St Brieuc 
Wilhelm Ingwald Nicolaysen, officier, né à Douarnenez le 17 août 1875, résidant à St Brieuc 
Emile Emboulas, comptable, né le 21 février 1883, résidant à St Brieuc 
Paul Gourvil, colporteur, né à Trémel le 14 mars 1879, résidant à Cesson
Françoise Jégou, née à Louégat le 8 août 1882, résidant à Cesson
Françoise Gourvil, couturière, née le 24 octobre 1845, résidant à Cesson
Anna Guillou, sans profession, née le 24 octobre 1845, résidant à St Brieuc 
François Hervet, colporteur, né le 16 septembre 1852, résidant à St Brieuc 
Eugénie Scarabin, sans profession, née à Paris le 12 décembre 1878, résidant à Lannion, villes dorées

Remarque : il faut noter que Philippe William Aubin est le grand-père d'Emile Le Cozannet, pasteur de la paroisse de St Brieuc de 1977 à 1985.


Le 18 février 1907 à St Brieuc a lieu la première assemblée générale de l'association à son siège, toujours au 12 rue du Champ de Mars, dans un ancien magasin dont l'enseigne avait été remplacée par l'inscription "Conférences Evangéliques". Nous n'avons malheureusement pas de vue de l'immeuble d'origine car ce dernier a été entièrement reconstruit en 1939 à la demande de son propriétaire M. Lavollée.
Le président, le vice-président et le trésorier sont reconduits dans leurs fonctions mais c'est M. Wilhem Nicolaysen qui devient secrétaire. Messieurs Louis Ricoeur, Guillaume Le Buanec et Adrien Gros sont admis comme membres de l'association ainsi que Mesdames Sarah Bryant, Marie Elise Ricoeur et Augustine Le Buanec et Mademoiselle Jeanne Garchery. Des femmes sont aux responsabilités dès la première heure. Remarquons aussi que c'est le pasteur Galienne qui clôt cette première séance.
On peut noter que M et Mme Ricoeur sont Louis et Marie Elise Ricoeur, les grands-parents du philosophe Paul Ricoeur. Ils habitent alors à St Brieuc, juste avant de partir en 1909. Louis Ricoeur travaillait à la Trésorerie Générale et il obtiendra ensuite sa mutation à Rennes.

Les autres membres présents le 18 février 1907 sont :

Louis Ricoeur, fondé de pouvoir, né le 9 juillet 1856 à Luneray, Seine-Maritime (76)
Marie Elise Ricoeur (née Sarradet), sans profession, née le 12 mai 1856 à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques.
Sarah Bryant, sans profession, née en Angleterre
Adrien Gros, capitaine
Jeanne Garchery, sans profession, résidant au Légué
Guillaume Le Buanec, cordonnier, résidant à Cesson
Augustine Le Buhanec, sans profession, résidant à Cesson


Registre de l'association cultuelle de Saint Brieuc. 1906-1952
archives du Temple de St Brieuc. Photo R.F




Le 30 janvier 1908, l'assemblée déplore le départ de sept membres qui ont quitté St Brieuc mais d'autres arrivent comme Messieurs Maurice Roussel et Goulven Gallou et Mesdemoiselles Collin et Dyson. Madame Bryant est chargée de recevoir les dons qui contribueront à la construction du temple (en fait, ils serviront uniquement à l'ameublement). 
Tout le monde souhaite le maintien de M.Scarabin comme pasteur mais ce dernier a d'autres vues. Il a pour objectif de quitter la ville trop peu sensible au protestantisme à son goût et préfère poursuivre son œuvre d’évangélisation dans d’autres villes (Lannion, Perros…). 
Monsieur Roux, trésorier du Comité central de Paris, est présent le 27 février 1908 à St Brieuc. Il fait part de ses intentions de prendre à sa charge tous les frais concernant l'édification du temple (voir l'article sur les bâtiments).


Page 7 du registre de l'association cultuelle de Saint Brieuc. 1906-1952
archives du Temple de St Brieuc. Photo R.F


Le pasteur Roux, prend donc le relais de Jean Scarabin, il est nommé à St Brieuc en septembre 1908 et fait édifier un temple pendant cette année 1908. Une plaque indique à l'entrée du temple les heures des cultes, l'Ecole du Dimanche et ce qui est appelé "conférence" se tenant à heure fixe en fin de journée le dimanche. 
Et c'est dans son nouveau siège social, au Temple, rue Victor Hugo que se réunit l'assemblée de 1909, le 19 janvier. Les questions financières sont abordées en priorité car les frais sont importants (mobilier pour le temple, chauffage, éclairage...). Les frais nécessités par l'évangélisation dans la région de Lannion sont pris en charge par un comité qui siège à Paris. Pour le reste, les recettes proviennent surtout des dons des membres que l'assemblée souhaite voir sous forme de versements mensuels ou trimestriels. Il faut aussi prendre en compte les recettes venant des collectes qui sont effectuées en été à St Quay-Portrieux. 

Le comité directeur est renouvelé avec :
Président: Monsieur Roux, pasteur à St Brieuc
Vice-président: Monsieur Scarabin, pasteur à Lannion
Trésorière: Madame Bryant
Secrétaire: Monsieur Hansen
Assesseur: Madame Ricoeur.

Début 1910, pas de changements notables sinon au poste d'assesseur où Mlle Maud Bird remplace Mme Ricoeur en janvier. L'association se réunit une fois par trimestre et dans le procès verbal d'avril on lit  que le pasteur fait un rappel à l'ordre sur la ponctualité au culte !

En 1911, un premier état est fait du nombre d'adhérents à l'association: 65 personnes y compris les enfants. Le procès verbal se termine sur une note très curieuse avec M.Montmasson, évangéliste à Jenzé, qui dans son allocution a expliqué comment parti de France comme missionnaire catholique en Chine, il était revenu en France converti au protestantisme !

La communauté protestante a le soucis de se faire connaître. Déjà en octobre 1908, il avait été décidé de voir "des cadres indiquant les heures du culte, déposés dans les principaux hôtels de la ville de St Brieuc, à Binic et même à St Quay." En juillet 1911, une autre idée est avancée : "M.Gros propose qu'on fasse mettre une annonce dans le guide du Syndicat d'Initiatives de St Brieuc pour faire connaître aux étrangers qu'il y a un Temple." En décembre une nouvelle proposition va dans le même sens d'une ouverture avec la tenue de 3 conférences de M.Prunier (16, 17 et 18 décembre 1911). Des affiches et des prospectus serviront de matériel d'information en direction du public briochin. En 1913, les 11, 12 et 13 janvier, nouveau cycle de conférences par le professeur et pasteur Franck Thomas de Genève. D'autre part à partir de 1912, les conférences du dimanche après-midi "seront annoncées par voie d'affiches imprimées, portant comme titre "Conférences Religieuses et Morales basées sur l'Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ". 

On dit les protestants très sérieux, voire un peu austères mais la convivialité est recherchée par les membres de la communauté protestante dès les premières années de fonctionnement : les membres sont réunis pour une "soirée amicale" en décembre (1909), il est prévu une promenade à la campagne pour le jeudi de l'Ascension (avril 1910), "Après l'allocution de M.Roux, il y a eu des morceaux de chants, de musique et la soirée se termine par une collation..." (octobre 1910), une fête de Noël est organisée dès 1911. Le fait d'être un petit groupe favorise la proximité entre les personnes.


En 1912, pas de gros changements, M.Hansen passe trésorier et M. Bird assure le secrétariat.

En 1915, l'assemblée note l'absence du pasteur Scarabin, mobilisé sur le front. L'évangélisation de la région de Perros retombe et à St Brieuc peu de progrès sont faits comme le constate avec regret le pasteur Roux. M.Roux s'active auprès des réfugiés et des prisonniers allemands enfermés dans les deux camps de St Brieuc.

En 1917, le pasteur Roux fait remarquer que "le nombre de personnes au Culte du dimanche a augmenté, par la présence de familles étrangères à St Brieuc et des militaires. Beaucoup de militaires ont profité de notre invitation chaque dimanche et beaucoup de ceux-ci ont écrit depuis leur départ en nous avisant que les services au Temple ont été pour eux un rayon de soleil pendant leur séjour à St Brieuc". 

La caserne Charner à St Brieuc.


Fin 1919, le pasteur Roux annonce son départ de St Brieuc car d'autres fonctions l'appellent. A l'été 1920 il prendra la Présidence du Synode. C'est un mélange de bonheur de voir la pasteur accéder à d'importantes fonctions, et de tristesse de le voir partir, qu'expriment les paroissiens. Un autre problème se pose, celui de la prise en charge d'un nouveau pasteur car le pasteur Roux assumait l'intégralité de sa charge.

En février 1920, le pasteur Paul Wood exerçant à Bourdeaux dans la Drôme est pressenti pour venir à St Brieuc mais en octobre aucune solution n'est encore trouvée car les dons pressentis ne sont pas assez élevés pour qu'un pasteur puisse être pris en charge. M. Roux est toujours présent, il incite les paroissiens à se montrer un peu plus généreux et assure que d'autres paroisses plus riches pourront alors aider St Brieuc. Le pasteur Wright, méthodiste anglais était présent assistait à l'assemblée du mois d'octobre.

En mai 1921, rien n'a bougé, M. Roux est encore là, personne d'autre n'a été nommé. M.Roux presse le comité directeur de proposer d'autres noms que celui du pasteur Wood mais l'assemblée ne l'entend pas ainsi et pose ses conditions : "Elle rappelle toutefois au Synode et à la Commission de stationnement des pasteurs, que la ville de St Brieuc étant fort éloignée des autres églises protestantes et étant la préfecture d'un département populeux, doit avoir comme pasteur, non pas un homme affaibli par l'âge ou absorbé par d'autres travaux mais un pasteur actif et fort, qui puisse entièrement se consacrer à l'évangélisation du pays."
Le 13 juillet 1921, M et Mme Roux fixent les conditions matérielles dans lesquelles ils organisent leur départ. La maison (leur propriété) est louée à l'association cultuelle pour 1100 francs par an. L'association règlera les différentes charges (impôts, assurances...). Un inventaire du mobilier est dressé et la totalité de l'ameublement est laissé au pasteur qui arrivera. Il est aussi noté que le Temple "doit être soigneusement entretenu, sans qu'il puisse être employé pour rien de profane, de façon à ne point blesser les sentiments religieux des Bretons et des Protestants."
En octobre 1921, le pasteur Jean Scarabin fait son grand retour à St Brieuc et le pasteur Henri Whelpton est nommé à Perros. 

Le 26 mars 1922, pour l'assemblée générale, le pasteur Roux vient présider la séance. Il fait ainsi le lien entre  les instances nationales et St Brieuc.

En 1924, plusieurs préoccupations agitent la communauté : avoir un pasteur à temps plein à St Brieuc car pour le moment M.Scarabin s'occupe surtout de l'évangélisation dans la région de Lannion et de trouver un lieu de culte pour les paroissiens de Lannion en faisant l'acquisition d'une maison, rue Kermaria. Un immeuble est également acquis au Légué, à la Cale fleurie, à Plérin.

Vue du Légué.





En 1925, en dehors des affaires courantes, on note que des pasteurs gallois seront accueillis à St Brieuc dans le cadre de la Mission Evangélique en Bretagne. Un thé amical leur sera servi au Temple.
Dans les années qui suivent et jusqu'en 1933, l'activité principale semble être du côté de Lannion et Perros. St Brieuc suit un rythme plus tranquille avec à la tête de la paroisse pendant quelques années un pasteur méthodiste âgé et souffrant, George Whelpton (à ne pas confondre avec son fils, Henri Whelpton de Perros).

En 1935, la question de vendre l'immeuble du Légué est posée car les difficultés financières s'accumulent, mais finalement c'est la location qui sera choisie. 

En 1936 est évoquée la question de l'Union des Eglises Protestantes, le sujet sera abordé lors du prochain synode.

En 1937, les travaux préparatoires à la création de l'Eglise Réformée de France sont sur le point d'aboutir. Des pasteurs méthodistes demandent leur inscription. On retrouve les noms des pasteurs bretons Henri Whelpton, Marcel Arnal, Marcel Raspail, Daniel Manach, François Manach, Jean Scarabin et Yves Crespin (Archives nationales, dossier 107 AS 12)

Le 10 juillet 1938 va se tenir  la dernière Assemblée générale de l'Eglise Évangélique  Méthodiste de St Brieuc. Ce jour-là, elle s'est déclarée comme faisant partie de l'Eglise Réformée de France.
En Bretagne, St Brieuc, Perros, St Servan- St Malo et Quimper ont fait ce choix, en tout ce sont 16 églises méthodistes sur 22 qui ont rejoint l'Eglise Réformée (Morlaix et Paimpol sont restées dans l'Eglise Méthodiste).
C'est une nouvelle page qui s'ouvre...


Sources

Dossiers rassemblés dans les archives du Temple de St Brieuc, registres de l'association cultuelle, registre des membres 1906-1952, registres du conseil presbytéral.

Site Internet de Jean-Yves Carluer, "Les Protestants bretons

Site internet de la "Société d'Etudes du Méthodisme  Français"

Archives municipales de St Brieuc concernant la reconstruction de l'immeuble du 12 rue Général Leclerc en 1939. Cotation 2T52 n° de permis 1048.

Série de 4 articles écrits par le Docteur Erling Hansen dans le bulletin "Le Lien" en 1995.

Protestants et bretons. Jean-Yves Carluer. Edition "La Cause", trois éditions 1994-1998-2003. Disponible en consultation aux Archives départementales des Côtes d'Armor. 



Liens 

Le blog d'Erwan Chartier :  Les missionnaires gallois en Bretagne au XIXème 
Le site de Jean-Louis Prunier : Société d'Etudes du méthodisme français
Le site de Jean-Yves Carluer : Les protestants bretons
Encyclopédie en ligne Lexilogos : Protestantisme

 

 

Document 1 Les membres fondateurs de la communauté


Héloïse Bird était en 1906 dans les membres fondateurs de la paroisse protestante de St Brieuc. Elle était née à Guernesey le 24 septembre 1854, et habitait à St Brieuc rue des Merles. Elle est décédée le 6 mars 1932. C'est le pasteur Henri Whelpton qui a présidé ses obsèques le 10 mars 1932. Son époux et ses enfants étaient présents ainsi qu'un "très grand nombre d'amis, de toutes les classes de la population".

Source : registre des inhumations 1906-1938, page 73

Pierre Joseph Audrain était membre de la communauté depuis 1910, il est décédé le 14 février 1916. Le pasteur Théophile Roux écrit : "Breton d'origine, c'est à Jersey, où il avait vécu de longues années, qu'il était venu au Protestantisme. M. Audrain était à l'hôpital depuis environ 5 ans. Il est décédé "aux incurables ". Le pasteur a présidé les obsèques de Pierre Joseph Audrain le 16 février au cimetière de l'ouest de St Brieuc.

Source : registre des inhumations 1906-1938, page 65

 

Document 2
Eglise Protestante Méthodiste de St Brieuc
Statistiques indiquant le nombre de familles et le nombre d'enfants


1909 : 28 familles
1910 : 30 familles
1911 : 65 personnes (adultes et enfants)
1913 : 48 familles (et 23 enfants)
1914 : 52 familles (et 20 enfants )
1917 : 40 familles
1919 : 52 familles
1920 : 27 familles (et 10 adhérents) et 40 autres membres
1923 : 56 familles (et 14 enfants )
1927 : 50 familles (et 16 enfants )
1930 : 54 familles
1934 : 46 familles (et 44 enfants)


Le temple protestant de la rue Victor Hugo à Saint Brieuc édifié en 1908 et photographié ici dans les années 60.
Archives du Temple de St Brieuc.




lundi 12 août 2019

La communauté protestante dans les Côtes-d'Armor, l'Eglise Réformée, 1938 à 2012


Ce "journal de bord" de l'Eglise Réformée de St Brieuc ne se veut pas exhaustif, au contraire ! Dans les registres des archives du Temple, on trouve mille petits détails sur les finances, la répartition des tâches, les menus ou gros travaux à effectuer, les modifications dans la liturgie... C'est la vie réelle d'une communauté mais le but ici est de retenir, année après année, quelques faits qui caractérisent bien leur époque et ont encore, bien souvent, une résonance aujourd'hui. 
Notez aussi que des événements spécifiques complètent les rubriques "dialogue entre les religions", "Engagements des protestants", "Bâtiments"...


Les débuts de l'Eglise Réformée de France à St Brieuc

Le 10 juillet 1938, les protestants réunis au Temple de la rue Victor Hugo à St Brieuc, sous la présidence du pasteur Yves Crespin, ont décidé en assemblée générale de rejoindre l'Eglise Réformée de France. En octobre, une circulaire et un formulaire d'adhésion sont envoyés à tous les membres pour qu'ils puissent déterminer s'ils souhaitent entrer dans l'Eglise Réformée.



10 juillet 1938.  Archives du Temple de St Brieuc.


Le 5 février 1939, l'Assemblée générale toujours réunie sous la présidence du pasteur Crespin "suggère et souhaite que le prochain synode national de l'Eglise Evangélique Méthodiste vote sa propre dissolution, attribuant ses biens, meubles et immeubles à l'Eglise Réformée de France ou à l'association cultuelle locale".

L'Eglise Réformée de St Brieuc ne va pas avoir le temps de trouver un rythme de croisière tranquille car la situation dans le pays s'aggrave. Un an plus tard, le 25 février 1940, l'assemblée évoque avec tristesse les débuts de la guerre et le départ de quelques uns de ses membres. "Elle souhaite ensuite une cordiale bienvenue aux réfugiés et souhaite que leur collaboration soit féconde". La situation financière est difficile et une vente de charité est fixée le 14 novembre pour récolter des fonds.

En février 1941, dans le compte-rendu de l'assemblée générale, le pasteur Crespin écrit : "Dans l'affreuse tempête qui a assombri nos cœurs, l'Eglise nous a apporté un précieux réconfort [...] Pour quelques réfugiés éprouvés et dépaysés elle a été un asile, un foyer spirituel."
Les archives  sont laconiques par la suite mais le pasteur Crespin est arrêté une première fois le 10 juin 1941. C'est un choc pour la communauté protestante.

En 1942, le pasteur Crespin, après avoir purgé sa peine de prison, a repris ses activités pastorales. Il a demandé à M.Deschamps de Versailles de faire une mission à St Brieuc en novembre et d'aborder les questions du culte, de la jeunesse et de l'ecole du dimanche.

Le compte-rendu de la réunion du conseil presbytéral de février 1943 est bref. Pourtant les discussions ont certainement été intenses. Il est par exemple question de la lecture d'une lettre de démission d'un membre de la communauté et des explications sur "l'attitude que doit adopter l'Eglise en face de certains problèmes politiques." A noter aussi que l'Association Familiale Protestante de St Brieuc voit le jour et fonctionne depuis le 9 mai 1943.

Février 1944, la communauté protestante tente de supporter le choc de l'arrestation et de la déportation du pasteur Crespin. C'est difficile sur le plan moral et il faut aussi continuer de faire vivre la paroisse. Un tableau des services est mis en place : le pasteur Vidal est à St Brieuc, mais aussi au Val André, à St Quay et assez régulièrement à Brest. Le pasteur Raspail viendra épauler et M.Tostivint assure le culte quand il le faut. Le pasteur Scarabin et le pasteur Manach sont également appelés en renfort.
L'Association Familiale Protestante de St Brieuc se réunit régulièrement. C'est dans ce cadre, qu'en avril, le pasteur Vidal fait une conférence sur l'éducation dans la famille.


L'après guerre


En février 1945, le conseil presbytéral examine les questions posées par le prochain synode qui va se dérouler au Mans. On y abordera par exemple le projet des statut des ministères féminins, celui des pasteurs ayant dépassé l'âge des deux prolongations soit 71 ans... Le pasteur Vidal évoque aussi la situation à Brest dont la paroisse est étroitement liée à celle de St Brieuc, le Temple de Brest a été détruit dans les bombardements : "un baraquement sera construit, aux frais de la municipalité brestoise, pour servir provisoirement de temple. On y utilisera les chaises disponibles au Légué".

Ancien temple de Brest détruit en 1944. Voir l'article sur le site de J-Y Carluer



Le 11 mars 1945, le pasteur Vidal rappelle la grande joie éprouvée avec la Libération, "souhaite un retour prochain de nos prisonniers et déportés, signale l'accueil que nos amis américains ont reçu dans nos familles, et les cultes franco-américains qui ont eu lieu dans notre temple". Concernant le pasteur Crespin, l'espoir persiste : "Il est probable qu'à son retour de captivité, M. le Pasteur Crespin ne reprendra pas aussitôt son activité".

En février 1946, le pasteur Barre fait part à l'assemblée des premiers détails qui sont parvenus concernant la fin tragique du pasteur Crespin : "Les renseignements reçus nous apprennent comment le pasteur Crespin a témoigné jusqu'au bout de sa foi dans le camp de Dora."
Mais il faut aller de l'avant et très concrètement organiser l'accueil des délégués de la Fédération bretonne et du Consistoire de Brest qui se réunissent à Saint Brieuc le 21 mai 46. Le conseil presbytéral et le pasteur Barre en profiteront pour faire une conférence publique dans une grande salle de St Brieuc. Le pasteur Gall (de Rennes) et un autre pasteur de St Lô ont pris la parole.

Cérémonie de mariage au Temple avec le pasteur François Barre.


1947, le pasteur Gall, Président du Conseil régional vient à St Brieuc pour présenter à l'assemblée plusieurs réformes des structures de l'Eglise protestante. C'est un organisme appelé "Société Centrale Evangélique" qui dirigera les paroisses. Il annonce aussi des charges  plus lourdes car les pasteurs vont être admis au régime de la sécurité sociale.
Le docteur Hansen donne une information sur la plaque à la mémoire du pasteur Crespin qui doit être commandée par la Fédération des Déportés.
Le pasteur François Barre est remplacé par le pasteur Marquer. Ce dernier prend vite ses repères et fait preuve d'un grand dynamisme. Il visite les paroissiens disséminés, les malades, les gens âgés, les "annexes" comme Etables (chaque 1er dimanche du mois dans l'après-midi), le Val André (2ème dimanche du mois dans l'après-midi), l'hospice de Plouguernevel, Pluzunet.
Un petit groupe est chargé de l'organisation d'une réunion en octobre à St Brieuc avec les représentants de différentes paroisses de Bretagne (St Servan, St Brieuc, Vannes, Lorient, Brest, Perros Guirec, Trémel, Morlaix, Paimpol, Quimper). Il sera surtout question de l'évangélisation. Les repas du midi seront pris au Temple et le petit déjeuner et le repas du soir, chez les paroissiens qui hébergent les invités.
Plusieurs conférences sont programmées : le pasteur Henri Roser viendra en novembre parler de la Paix, le pasteur Edmond Brunel (missionnaire à Madagascar) exposera en décembre les activités de la Société des missions et au début de l'année 48, André Roux devrait faire une série d'exposés sur Madagascar.
Henri Roser  (décédé en 1981) a été pendant sa vie, directeur de la Mission populaire évangélique de France, président de la Croix bleue, président du Mouvement International pour la Réconciliation.

Le pasteur Henri Roser


1948, les responsables de la paroisse décident de dresser une liste précise "des membres responsables" qui peuvent effectivement voter lors des assemblées générales. Une telle liste n'existe plus depuis des années (en particulier après l'arrestation du pasteur Crespin en 1943 et la fouille de son bureau). 

La liste complète a été conservée dans les archives du temple de St Brieuc. Elle comporte 77 noms et il apparaît que la région de St Brieuc comporte le plus de membres inscrits, devant celle de Lannion-Perros. C'est assez logique puisque ces deux centres possèdent un temple où se déroulent les différentes activités des paroisses. Dans le détail, on a :

Groupe de 57 membres : St Brieuc 44, Plérin 4, Le Légué 3, Trégueux 2, Ploufragan 1, Quintin 1, Bréhan 1, Hénon 1

Groupe de 13 membres : Perros 6, Lannion 3, Pleubian 1,Trébeurden 2, Tréguier 1

Groupe de 3 membres : Etables 1, St Quay 1, Pordic 1

Groupe de 4 membres : Guingamp 2, Rostrenen 2


Tous les noms sont lus à haute voix lors de l'assemblée du 25 janvier et finalement 32 personnes se sont déclarées "membres responsables".
L'évangélisation est au centre des préoccupations. Un temps fort est prévu en mai à Binic avec deux conférences et des équipes qui feront du porte à porte. Sur St Brieuc, réunions dans une salle de café à la Ville Ginglin. 1000 tracts seront imprimés. Les projets vont même plus loin :  "On discute sur l'opportunité de faire des réunions par la suite, aux sorties d'usines, plus particulièrement avec l'aide du pasteur Roser". Les protestants ont aussi assuré une présence lors de la Foire exposition de St Brieuc.

1949. Le conseil presbytéral continue de travailler sur des statistiques (voir liste de 1948 ci-dessus).
Une nouvelle liste est établie avec 64 personnes de St Brieuc et 22 disséminés (Etables, Val André etc.). Une autre liste est établie avec 108 adultes, 31 enfants.
En plus du traditionnel rapport financier, le rapport moral du pasteur Marquer, présenté lors de l'Assemblée générale du 14 février 1949, fait l'objet d'un compte-rendu très détaillé. Avec comme point de départ un récit des actes des Apôtres sur l'Eglise primitive, le pasteur poursuit : "Il est essentiel que des gens qui désirent être disciples de Jésus-Christ aient une claire conscience de leur foi. Actuellement notre église approfondit la foi de ses membres par trois moyens : Le sermon du culte du dimanche [...], les études bibliques mensuelles [...], les instructions religieuses suivies par des jeunes et des adultes [...]".
Sur le sermon, le pasteur souhaite savoir ce que les fidèles en attendent et en reçoivent. il veut en faire un instrument d'échanges. De la même manière, il engage une discussion sur la célébration de la Cène. Après débat, le rythme de 4 fois par an passe à 6 fois par an  (L'année suivante le rythme passera à une fois par mois).
Le pasteur Marquer insiste aussi sur l'évangélisation : "Conférences, propagande, colportage, stands, expositions sont utiles, mais c'est surtout le témoignage personnel auprès du "prochain" que Dieu met sur notre route qui importe."

1950. Lors de l'assemblée générale, on parle beaucoup des bâtiments : ceux du Temple que les membres veulent agrandir et ceux du Légué qu'ils veulent vendre !
Sujet plus léger, la mise en place de groupes de scouts unionistes, 2 patrouilles d'éclaireurs dont le pasteur est le chef. Le témoignage de Jacqueline, fille du pasteur Marquer, nous fait revivre ces petits moments de bonheur...Cette activité se développera dans les années 50. On lit par exemple en avril 52: "Une meute de louveteaux a été lancée [...] On évoque la possibilité du lancement d'un groupe similaire pour les fillettes..."

Scouts unionistes


1951. Le pasteur Marquer lance une nouvelle idée avec des rencontres de quartiers chez les particuliers. Quatre paroissiens se proposent pour inviter leurs amis et voisins dans leur maison ou leur appartement.
Sinon, la vente d'une partie de l'immeuble du Légué est conclue et l'achat d'un terrain à Etables, rendu possible par cet apport d'argent, est en bonne voie.

1952. De grands débats sur les engagements pour la Paix traversent la paroisse, mais aussi des questions plus pratiques comme l'achat du terrain d'Etables ou l'installation du téléphone au presbytère ! Par ailleurs, le pasteur va donner des cours d'instruction religieuse dans les lycées. Quatre élèves dans chaque lycée sont inscrits (cours reconduits en 1953).


Série de conférences à st Brieuc, 1952 ou 1953.



1953. La Simca du pasteur donne des signes de fatigue ! Au regard des finances du moment, acheter une voiture neuve est impossible. Le montant des réparations est déjà conséquent... En janvier 1954 un budget sera voté pour l'acquisition d'une 2CV Citroën

1954. L'organisation de la Fédération Bretonne Protestante pose problème. Nantes est rattaché au Poitou et Rennes à la Normandie. Le conseiller pastoral M.Rogier émet un voeu pour que les choses rentrent dans l'ordre ! Nantes et Rennes en Bretagne !
La paroisse suit de très près les travaux du temple d'Etables...
Le pasteur sera remplacé pour les cultes en juillet par Pierre Prigent et les pasteurs Scarabin et Le Cozannet et en août par M et Mme Haering et un pasteur Suisse. Pendant ce temps, le pasteur Marquer passera quelques semaines dans les Cévennes avec les jeunes routiers réunis lors d'un camp de vacances (précisons que ce sont Les Routiers du Christ).
En fin d'année, on prépare le jubilé du pasteur Scarabin (50 ans d'activités) et de l'Eglise, une fête qui sera très réussie ! (voir biographie de Jean Scarabin)

1955. La 2CV du pasteur est arrivée !

Une 2 CV Citroën, modèle 1955

 
Mais le sujet qui fait débat est celui du "mariage mixte", entendons le mariage entre, par exemple, un catholique et une protestante. Le pasteur a distribué un texte officiel de l'Eglise catholique concernant le mariage où il est écrit "L'époux catholique a le devoir de travailler prudemment à la conversion de l'époux non-catholique" (Canon 1062)...L'engagement exigé par les époux lors du mariage catholique exige pour le conjoint non-catholique consente "à ce que tous les enfants garçons et filles, à naître de notre futur mariage soient baptisés et élevés dans la religion catholique." Le conjoint protestant est ainsi dépossédé par ce contrat de toute influence spirituelle sur la famille qu'il va créer. A noter aussi que sur 18 mariages mixtes depuis l'année 1940, 6 mariés ne sont pas revenus au Temple. Le pasteur Marquer souhaite que le conseil presbytéral se positionne sur cette question.
De manière plus légère, il faut aussi penser à l'organisation de la paroisse en été. M et Mme Marquer vont prendre la direction de la colonie de Crampoisic en juillet avant de partir en vacances en août. Un étudiant en théologie, M.Fredwell, viendra habiter au temple pour assurer les services à St Brieuc, Etables et au Val André.

1956. La communauté protestante qui n'avait jamais rien demandé à la municipalité se décide à solliciter une aide pour remettre en état le bâtiment du Temple, des travaux de maçonnerie, toiture, menuiserie, peinture et chauffage (pour 1.580.000 francs) sont nécessaires. Une délégation est chargée d'aller voir M. le Maire et cette entrevue sera fructueuse puisque 500 000 francs d'aides seront versés.
Les cours d'instruction religieuse se poursuivent dans les lycées à raison d'une séance par semaine:
-Lycée de garçons : 8 participants sur le thème "La science et la foi"
-Lycée de filles : 5 participantes sur le thème "Les grands hommes de la Réforme"

1957. Une bibliothèque est mise en place au Temple pour compléter ce qui existe dans les bibliothèques municipales.
Le synode des églises protestantes de Bretagne se réunit à St Brieuc.

Ouest-France 1957.


Le pasteur dirige une colonie regroupant les garçons des 4 églises de la région (Brest, St Brieuc, Le Mans, Nantes ...), les filles participeront au camp des Eclaireuses dans les Alpes ou à la colonie de Crampoisic que dirigera Mme Blanc de Rennes.

1958. Le 20 février, une "causerie" est proposée sur le thème "Laïcité et paix scolaire" avec M. Maroury, protestant et instituteur dans l'enseignement public.
En avril, le pasteur Marquer fait une conférence sur "Le psaume et le choral".
Tous les étés, le pasteur Marquer prend en charge un groupe de jeunes. Cette année 1958, ce camp des Eclaireurs se déroulera dans l'Isère. Pendant ce temps, les "Routiers du Christ" ont effectué durant l'été 400 visites sur Guingamp et sa région. Leurs réunions ont regroupé entre 80 et 100 personnes en moyenne et une fois jusqu'à 300 personnes !
A l'automne, on inaugure un nouveau temple à Nantes, le 26 octobre et M.Rogier et Hansen, de St Brieuc sont invités.
La communauté se mobilise pour les sinistrés du Gard après de meurtrières inondations.

1959.  C'est l'année du 4ème centenaire de l'Eglise Réformée et les projets sont nombreux pour cette célébration :
-projection du film "Luther" sorti en 1953 ou "La seule gloire de Dieu" (présentaion par M. Jean Lestocquoy, professeur d'histoire à l'Université)
-exposition oecuménique dans la salle du Musée de St Brieuc (voir les 3 articles dans la rubrique "Le dialogue entre les religions)
-réfection de la "Croix des Protestants" dans la forêt de Lorge
En été, le camp de garçons se déroule en Espagne, 22 inscrits dont 6 de St Brieuc. Le pasteur est remplacé par M.Jezequel qui vient de Pau.
En septembre la communauté est présente à la Foire St Michel avec un stand de livres ("un comptoir de librairie"). En octobre, les protestants se chargent d'organiser, au Théâtre municipal, un concert de la chorale "Les compagnons du Jourdain" (extrait vidéo en cliquant sur le lien). C'est un succès pour ce groupe de "negro spirital" puisque la recette fait apparaitre 364 places payantes.
Sur le plan de l'organisation de la paroisse, l'annexe de Pontivy est maintenant à la charge de St Brieuc.

Image du film "Luther" sorti en 1953


1960. En mai M. Michaeli préside le culte et donne l'après-midi une conférence sur "Les manuscrits de la Mer Morte".
Au Temple, les études bibliques reprennent après plusieurs années d'arrêt. Elles se tiennent également à Guingamp, Etables et Pontivy.

1961. C'est l'année du départ du pasteur Marquer après 15 années passées à St Brieuc.
Grâce à un prêt de la Société Centrale, d'importants travaux de rénovation du temple sont entrepris (électricité, peinture, parquet...). Mais les travaux sont effectués et le prêt n'est toujours pas arrivé. C'est donc M.Hansen qui avancera la somme nécessaire au règlement des factures d'artisans.
En été les jeunes garçons partent en Yougoslavie et le pasteur est remplacé par un étudiant de 3 ème année M.Lartigue. En 1961, l'Association familiale protestante se préoccupe beaucoup des jeunes et décide de l'achat d'un petit voilier "Le Génopage". Ce bateau servira jusqu'à sa vente en 1967...

1962. Le pasteur Jean-Marc Kieffer arrive en janvier mais son ordination n'aura lieu qu'en octobre. A cette occasion, le pasteur Gerber donnera une conférence en ville.

1963Déclaration en Préfecture le 3 octobre 1963 de l'Association cultuelle de l'Eglise Réformée de St Brieuc.
A partir de 1963, le pasteur Kieffer diffuse une feuille d'information appelée "Le petit lien des Côtes d'Armor". C'est ce qui deviendra, en 1967, sous une forme plus aboutie, le bulletin paroissial  "Notre lien".

Le petit Lien des Côtes d'Armor, une feuille d'information "épisodique" comme l'écrit le pasteur Kieffer. 1963


1964. Pour remédier à une certaine désaffection du culte du dimanche, un culte parents et enfants sera proposé une fois par trimestre. Un "club des jeunes" a été relancé, il regroupe une quinzaine de personnes dont 9 jeunes protestants (en 1966 ce club disparaît).

1965. Exposition "La réforme au service des Hommes". On compte 300 visiteurs pendant les 15 jours d'ouverture de l'exposition.

Exposition 1965 St Brieuc


1966. Conférence de Pierre-Yves Emery, frère de la communauté de moines protestants de Taizé, "centre de réflexion et d'action pour et avec des mariages mixtes, pour et avec des agriculteurs, pour et avec l'Amérique du sud".

1967. Le pasteur Kieffer pense qu'il faut dialoguer avec tout le monde et s'engager plus encore dans la société civile. C'est ainsi qu'il s'est présenté et a été élu au conseil d'administration du Planning familial.
Une grande exposition sur la Bible est présentée pendant une semaine en mai et elle est accompagnée de trois conférences. La première, proposée par le pasteur Barral, est intitulée ""Des sources du Jourdain à la Mer rouge". La seconde est animée par le chanoine Péron, curé de Guingamp et par pasteur Barral. La dernière séance, avec les mêmes intervenants, s'adresse particulièrement aux scolaires.

1968. Nombreuses réunions et actions contre la Guerre du Vietnam (voir "Les protestants engagés"). Une rencontre a aussi eu lieu avec des allemands de l'Est, une conférence avec Hébert Roux sur l'oecuménisme

1969. Le pasteur Kieffer participe à une table ronde à la M.J.C du Point du jour en janvier 69 sur le thème "L'Homme dans la société actuelle". Différents courants de pensée sont représentés : Marxisme avec Mme Rousseau et M. Carrioux, Libre pensée avec M. Le Cardener, , M. Brengue de L'union rationaliste, M. Galaup pour le christianisme (et le pasteur Kieffer).
Le culte "Parents-Enfants" lancé en 1964 est abandonné. 




Les années 70. Remises en cause, interrogations...



1970.   Exposition au foyer du théâtre du 17 au 19 avril et une conférence sur "Les origines de la Réforme". Le jumelage avec la ville d'Alsdorf  qui vient juste de se mettre en place est évoqué comme pouvant amener des échanges entre protestants allemands et français... Sur le plan de la liturgie la question est celle "des cultes en rond". Ils sont annoncés à l'avance pour que les gens s'y préparent (on parle aussi d'autres formes comme les "cultes dialogués", les "cultes animés" ... Un dimanche matin en décembre, une émission de télévision sur Dietrich Bonhoeffer pourrait exceptionnellement remplacer ce culte "en rond".
C'est une période de fortes remise en cause pour l'Eglise protestante, Mai 68 est passé par là. De nouvelles façons d'aborder les cérémonies de baptême, mariage et enterrement font débat dans la paroisse. Après le Synode régional, M. Le Gall, le délégué de St Brieuc, rapporte que les tensions ont été vives entre "les anciens et les nouvelles pousses"..."A la fin de la deuxième journée, une rupture s'est produite... L'Eglise est en crise... Le Centre Protestant de l'Ouest est très en pointe. Il a des contacts avec des marxistes, des laïcs, des catholiques."
Dans le même ordre d'idée, on sera à peine étonné qu'en juin 71, le le pasteur Kieffer souhaite la participation de l'Eglise au Planning familial.



1971. L'Eglise doit s'organiser après le départ du pasteur Kieffer. M. Bourgenot prend en mains le planning des cultes et coordonne les différentes activités. Les prédicateurs laïcs travaillent par paire pour assurer les cultes: M. Paul et le Dr Hansen, M. Le Gall et M.Bourgenot. Le pasteur Cartal, aumônier militaire à Coëtquidan, accepte d'assurer le culte toutes les 6 semaines. D'autres pasteurs seront envoyés une fois par mois à St Brieuc (exemple en décembre avec le pasteur de St Servan).
D'autre part, M.Paul se charge de la rédaction mensuelle du Lien.

1972. Année de transition avant l'arrivée du pasteur Blanc en juillet. Différents travaux dans le logement sont entrepris en vue de cette installation.

1973. Le pasteur Jacques Maury, président du Conseil National de l'Eglise  Réformée de France, est invité à faire une conférence le 7 mars à St Brieuc. Il venait partagé son expérience après la grande réunion du Conseil oecuménique des églises qui s'était déroulée à Bangkok.
Le pasteur Blanc développe de nouvelles activités (voir son portrait dans l'article sur les pasteurs). Sa journée de formation-réflexion à Crampoisic avec une dizaine de couples est encourageante (culte, échanges, film et discussion). Il aime aussi animer des "ateliers de réflexion". Mais de nombreuses réunions et activités (Cultes à Perros, réunions de la Croix bleue, du Consistoire etc.) l'obligent à s'absenter de St Brieuc (présence à 24 cultes sur 43 dimanches). Il pose lui-même la question d'un recentrage de son temps sur la paroisse au conseil presbytéral.
Un questionnaire a aussi été envoyé à 108 membres pour savoir les raisons d'une faible participation des membres de la paroisse au culte du dimanche. Après dépouillement, la raison principale évoquée est l'éloignement, ensuite sont évoquées des raisons familiales (enfants, foyer mixte) et enfin des obligations professionnelles...



1974.  La réunion du Consistoire (région) se déroule le 16 juin à St Brieuc, tout le monde se mobilise pour l'organisation de cette journée.
Sinon, le pasteur Blanc continue de s'intéresser au sort des détenus de la prison de St Brieuc et signale qu'il y a d'ailleurs deux détenus protestants en ce moment !
Dans ce début des années 70, l'Eglise Réformée de France est, comme bien des éléments de la société française, en plein bouleversement et réflexion. La communauté de St Brieuc n'y échappe pas.
Ainsi, la présence au culte du dimanche qui diminue depuis quelques années, en moyenne de 10 à 15 personnes à St Brieuc, de 8 à 10 à Perros. amène le conseil presbytéral " à la conclusion unanime que la situation actuelle ne justifiait plus un poste pastoral à plein temps".
La fête de Noël sera axée sur la faim dans le monde, pas de cadeau, repas froid, le temple remettra la valeur des repas et des cadeaux à Terre des Hommes, une organisation humanitaire (1600 francs récoltés), montage audiovisuel sur Noël et la faim présenté par les enfants.




1975. Toujours dans cette période, de doute et de remise en question, après l'été, on parle de supprimer les cultes estivaux à St Brieuc, car la présence est "dérisoire" au profit de ceux d'Etables... Des relations plus étroites sont nouées avec le pasteur Perrin-Willm de St Servan et la revue "Le lien" devient celle de St Brieuc et St Malo et s'appelle "Notre lien"... C'est une revue qui se veut une revue de recherche, et les pasteurs Perrin-Willm et Blanc précisent bien qu'ils n'envisagent pas de renouveler leur mandat dans cette région et que ce qu'ils proposent est donc "totalement dégagé de toute aspiration personnelle". La grande question posée est celle du mode de vie dans les paroisses. La situation du moment avec un pasteur à temps plein ou à mi-temps est remise en cause. On s'oriente vers une équipe de deux pasteurs sur une même ville, dans un rôle d'animateurs, de formateurs, de coordinateurs... Travailler à deux permet aussi de rompre l'isolement. Mais la vie autour du Temple devrait évoluer. La vie commune s'organiserait plus autour d'un Centre de rencontres (jeunes, couples, œcuménisme ..), mais aussi d'un lieu d'animation (conférences, films...), d'un lieu de formation (prédicateurs, groupes de réflexion...). On envisage d'adjoindre à ce Centre multi-fonctions, une annexe (centre d'accueil pour les libérés de prison ou centre d'information ou activités touristiques).
Ce Centre de Rencontre, d'études serait implanté sur la côte nord de la Bretagne (Baie de St Brieuc, Etables ou Pléneuf)...
La formule est originale !


Notre lien, bulletin. 1975. Archives Temple St Brieuc



1976. Pas de tabou chez les protestants, on aborde tous les sujets comme, dans le cadre du conseil presbytéral, avec la mise en place d'un groupe d'étude sur "l'éthique sexuelle". C'est d'ailleurs le sujet du synode à venir en 1977 et "la région demande le résultat des travaux de groupe"...
Comme il avait été envisagé l'année précédente les cultes d'été sont supprimés à St Brieuc et se dérouleront à Etables. Le pasteur pense avancer son départ. La remise en question est profonde, les mots sont forts : "M.Blanc rappelle qu'il se sent plus pasteur pour les autres que pour la paroisse"..."La paroisse traditionnelle est maintenant périmée" ..."Le principal objectif du Conseil sera d'assurer l'école biblique par devoir, la prédication par obéissance les actes pastoraux par service" (Séance extraordinaire du Conseil Presbytéral du 1er juin 1976).
Le pasteur Blanc part un peu plus vite que prévu de St Brieuc, la paroisse reste sans pasteur pendant 6 mois avant l'arrivée du pasteur Le Cozannet en juillet 77.

1977.  Le nouveau pasteur (Le Cozannet) voit son rôle précisé entre l'activité sur St Brieuc, Perros, Lannion et les disséminés et l'animation du Consistoire (région). Deux personnes se proposent pour assurer la formation des moniteurs de l'école biblique au niveau de la région. On peut compter sur eux car il s'agit de  M.Charlot et M.Paul, deux grands professionnels de l'Education Nationale !

1978. Le pasteur fait depuis quelques temps une tentative pour déplacer le culte du dimanche matin au samedi à 18H30, cette dernière solution semble apporter satisfaction, permet à des plus jeunes de venir mais la participation reste assez faible.
C'est anecdotique, mais signalons qu'un don de 1100 francs, adressé par une paroisse du Vaucluse, est reçu en mai 1978 pour réparer les dégâts "de la Marée noire" qui souille les côtes de la Bretagne nord depuis le naufrage du pétrolier "Amoco Cadiz" en mars 78.

La marée noire en Bretagne en 1978
Les cultes sont rétablis en été à St Brieuc le dimanche à 9H30 et se déroulent à 11H à Etables.

1979. L'idée est émise d'organiser des dîners-rencontres qui auraient lieu une fois par mois, le samedi après le culte, au Rocher Martin pour y retrouver l'ambiance qui règne lors des WE à Crampoisic (lien)

1981. Le club Fraternité propose une rencontre chaque mois au Temple (distractions et convivialité).
En décembre 1981, au cours d'une rencontre au Vau Meno, Marie Thérèse Calvez parle de son travail à Naplouse, dans un hôpital en territoire palestinien.

Petite interruption dans cette chronologie de 1982 à 1985, à suivre quand les archives seront dépouillées !

1985. Le pasteur Le Cozannet s'en va et le pasteur Guy Froment arrive de Marseille.
La paroisse est endeuillée par la disparition de la doyenne, Mme veuve Oscar Hansen,  Anna Hansen 101 ans. Arrivée en France en 1908, elle avait connu tous les pasteurs de la paroisse depuis la construction du Temple.
Le bulletin "Le Lien" se fait le porte-parole de nombreux malgaches qui fondent de grands espoirs dans le nouveau président Didier Ratsiraka. Ils ne tarderont pas à être déçus (voir en 1988) par ce président si peu en cohérence avec sa foi chrétienne pourtant affichée.

1986. L'assemblée générale de la paroisse se déroule au Rocher Martin en raison du nombre important d'inscrits.
Trois manifestations culturelles à signaler : à la bibliothèque municipale de St Brieuc, une exposition "Les Huguenots"; dans la salle du Crédit Mutuel une table-ronde sur "Commémoration du tricentenaire de la révocation de l'Edit de Nantes"; concert "Musiques religieuses du XVIème siècle, œuvres luthériennes et psaumes huguenots".
Le bulletin "Le Lien" publie le communiqué commun des responsables nationaux des cinq grandes religions après la série d'attentats perpétrés à Paris en septembre.

1987. Tout le monde est mobilisé pour Perros car c'est le dimanche 17 mai le 50ème anniversaire de la paroisse. Plus de 200 personnes participent aux activités proposées ce jour-là (culte, table-ronde, repas...).
En juin, la commune de Plérin met à la disposition du pasteur la chapelle d'Argantel pour célébrer un culte dans le cadre du jumelage avec une ville allemande.
Le premier journal télématique du protestantisme en France est disponible : Tapez sur votre Minitel 36.15 + LECEP pour obtenir des informations ! On n'arrête pas le progrès !

1988.  Guy Aurenche, président de l'ACAT est à St Brieuc pour deux jours de rencontres et de conférences.
Un voyage se prépare en Suisse, à Baden, où les protestants venus à Perros en 87 ont proposé de recevoir à leur tour les bretons. Malheureusement le nombre d'inscrits n'est pas suffisant, le projet tombe dans le lac...
Le bulletin "Le Lien" du mois de mai publie  sur 3 pages un appel à l'aide pour Madagascar. Le pays s'enlise dans une crise économique et humanitaire dramatique. Les choix du président Didier Ratsiraka sont catastrophiques pour la population.

1989. En mars, une conférence au Temple sur "Les églises de Chine aujourd'hui" par Mireille Lanza, membre de la délégation de la Fédération protestante de France invitée en Chine en 1987.

1991. Pierre Charlot propose en janvier une conférence sur "Ces cantiques que nous chantons. Histoire et hymnologie de la Réforme".
En avril l'assemblée générale de la Fédération protestante de Bretagne se déroule à Paimpol .
Le pasteur a eu un petit souci en faisant une chute d'un escabeau lors de travaux réalisés au Temple d'Etables avec l'aide de jeunes scouts parisiens. Il s'en explique avec humour dans son éditorial du bulletin "Le Lien" de l'été : "Quelqu'un m'avait dit un jour : "Un pasteur vivant est préférable à un pasteur mort". Ce qui est vrai de tout être humain d'ailleurs...Aujourd'hui je peux affirmer : "Un pasteur avec deux bras est préférable à un pasteur au bras cassé et en arrêt de travail"....
En novembre, c'est à St Brieuc que se déroule le Synode régional, cela demande une grosse organisation ! Il s'agit de recevoir, d'accueillir, de loger et de nourrir environ 150 personnes venues de tout le Grand Ouest : Bretagne, Centre-Val de Loire, Poitou, Limousin, Vendée-Loire Atlantique, Charente Maritime. Heureusement, la paroisse a bénéficié d'un vaste mouvement de solidarité  dépassant largement le cadre protestant. De nombreux catholiques ont offert leur aide (hébergement et locaux). Voir pour plus de détails dans la rubrique "Dialogue entre les religions"....

1992. A partir du mois de juillet, le pasteur Guy Froment ne va plus exercer qu'à mi-temps avant de prendre sa retraite définitive en juillet 93.

1993. L'Assemblée générale se déroule exceptionnellement à Perros.  Alors pour certains, comme l'écrit le pasteur Froment, la question est "J'y va-t-y? J'y va-t-y pas ?" Au total, quarante deux personnes sont venues, ce n'est pas si mal. Fin juin, c'est le vrai départ en retraite du pasteur Froment et Pierre Charlot prend la présidence de la communauté. En juillet, un jeune étudiant en théologie Davis Steward, loge au presbytère et assure les cultes, en août c'est au tour de Michel Granjean, pasteur genevois, de venir à St Brieuc et Etables; mais ces présences ne font pas oublier que pendant un an il faudra se débrouiller sans pasteur !

1994. Le pasteur Mentzel vient des Ardennes jusqu'à St Brieuc pour rencontrer la communauté et conduire un culte. Ce n'est pas une simple visite de courtoisie, on l'aura compris, mais une prise de contact pour postuler...
Le 17 avril se déroule un culte pour se souvenir de la disparition il y a 50 ans du pasteur Crespin au camp de Dora en 1944. Et en juillet, la communauté est endeuillée par la disparition de l'épouse du Docteur Hansen.
Le 9 octobre, c'est le culte d'installation du pasteur Mentzel. De nombreuses personnalités sont présentes : le député Christian Daniel, l'abbé Chevalier délégué oecuménique, le pasteur Olivier Pigeaud président de la région Ouest, venu de Tours et  Daniel Homburger président du Conseil régional de l'Eglise réformée...Une soixantaine de personnes se sont ensuite retrouvées pour un repas à la maison des Soeurs du St Esprit.
En octobre le pasteur luthérien, Hans Redenius, d'Hambourg, un ami du pasteur Mentzel vient pour une dizaine de jours à St Brieuc et partage son expérience des camps de jeunesse.

Le pasteur Thomas Mentzel Ouest-France 10.10.1994


1995. Le pasteur Mentzel lance un nouveau groupe pour les jeunes (adolescents et jeunes adultes) de la paroisse. Une réunion mensuelle permet de prendre un repas en commun, d'écouter un exposé préparé par un participant et d'aborder dans un débat un sujet de fond. Après l'Art, le deuxième sujet est plus difficile : L'euthanasie et l'avortement.
Pour les bien plus jeunes, les enfants des écoles bibliques (St Brieuc, Louannec et Goudelin), le pasteur leur a proposé de recueillir des crayons, des cahiers et de l'argent pour envoyer à l'école biblique de Boko au Congo. Le pasteur menait cette action dans son poste précédent et il a gardé des contacts avec l'animateur qui est sur place François Malongua.
Plusieurs membres de la paroisse animent une émission mensuelle sur Radio Clarté.

1995 Le Télégramme

1996. Le pasteur dispose maintenant d'un photocopieur, outil devenu indispensable.
La communauté se fait connaître par de multiples interventions et conférences : au lycée de Lamballe, dans des collèges, au Rotary Club, en répondant présent à des invitations à la Mairie, à la Préfecture, au Conseil général, au Tribunal, en participant au Conseil départemental de la Prévention et de la Délinquance.
En février le pasteur Guy Nimsgerm de Rennes vient animer une conférence sur "La Réforme, Luther, Calvin...et aujourd'hui?" et le professeur Gounelle de la faculté de théologie de Montpellier vient également parler de l'histoire du protestantisme.

1997. Changement de nom de l'Association cultuelle déclarée en 1963. Elle devient l'Association cultuelle de l'Eglise Réformée de St Brieuc-Côtes d'Armor. La première femme pasteur arrive en poste à st Brieuc en août, elle s'appelle Caroline Engel.




1998. La commémoration du 4ème centenaire de la promulgation de l'Edit de Nantes donne lieu à la présentation d'une exposition et d'une conférence appréciée de M. Charlot.
C'est en fin d'année le moment de l'évaluation du nouveau pasteur en présence du pasteur Schlumberger, président de la région. Pas de problème, Caroline Engel est bien admise officiellement comme pasteur de l'Eglise Réformée de France !



1999. Des contacts sont repris avec le Révérend Thompson dans le cadre du jumelage de Plérin avec la ville de Cookstown en Irlande. Ce jumelage existe depuis 1996.
Un album sur l'histoire de la paroisse protestante, rédigé par le Dr Hansen et mis en page par André de Kerpezdron, est vendu au Temple.

Ouest-France 15 avril 1999


2000. Le Synode encourage la paroisse à créer une page internet sur le site régional. Il n'est pas question d'ouvrir un site mais cette visibilité permettra de présenter quelques activités et de communiquer en ayant une boite électronique...
Le pasteur part une semaine en Irlande du Nord rencontrer les paroissiens de Cookstown (450 familles), elle est hébergée chez le Révérend Thompson.
De nouvelles interventions dans les lycées et collèges,  pour présenter le protestantisme à St Brieuc, Loudéac... A l'école d'infirmières, c'est sur les questions d'éthique que le pasteur intervient.

2001. C'est le début des émissions de radio avec Radio Clarté et pour trouver un nouveau souffle, l'idée germe de créer un café théologique. Il s'agit de trouver le lieu, les animateurs, les intervenants...



2002. Les cafés théologiques commencent à St Brieuc avec une équipe oecuménique pour l'animation. En mai des membres de l'église de Cookstown sont reçus au Temple. On parle de faire un jumelage des deux paroisses. Le pasteur se rend cette année-là en Allemagne pour un stage de formation pendant 5 semaines.

2003. C'est l'année de départ de Caroline Engel qui rassemble autour d'elle pour son dernier culte Madame le Préfet, Monsieur le Maire de St Brieuc, les responsables des autres églises chrétiennes et une vaste assemblée.


2004 à 2009
Pour ces 5 années, laissons la parole au pasteur Solange Weiss-Déaux qui a eu la gentillesse de produire un texte qu'elle a intitulé  "Cinq ans de ministère au large dans une minorité !"...
"J’ai choisi de postuler pour l’ERF de St Brieuc et Côtes d’Armor, sur cette seule phrase de Laurent Schlumberger, alors Président du Conseil régional dans la Région Ouest : « Ils sont prêts à se laisser ébouriffer ! ». 
Solange Weiss-Déaux 7 juin 2008. 

Bien vu ! J’ai en effet vécu avec une communauté qui n’était pas frileuse : consciente d’être minoritaire mais consciente d’exister et d’avoir à faire pour servir l’Évangile dans ce (large) coin de Bretagne.
Ma mémoire se peuple de visages, de rencontres, de collaborations. Il est difficile d’en nommer quelques uns sans en oublier beaucoup. Cependant voici trois événements qui ont marqué mon ministère en Côtes d’Armor :
    Les Cafés théologiques œcuméniques, initiés par le pasteur Caroline Engel, au café Rollais. Pour moi, ce fut un apprentissage avec cette part d’appréhension au ventre avant chaque animation… mais faire de la théologie en direct et sans filet, c’est tellement passionnant ! Ces cafés théologiques sont également un bon souvenir de collaboration œcuménique dans un lieu inédit !
    Samedi 27 septembre 2008 : une journée de rencontres sur le thème « Que vaut la parole ? », autour de paroles qui résistent et qui libèrent, avec en soirée un récital de Jacques Bertin. Imaginer et réaliser ce projet en Bretagne, démarcher, moduler, adapter, tenir bon, a mobilisé 4-5 personnes pendant 18 mois, mais avec le bonheur d’aboutir et l’encouragement et le soutien au niveau de la paroisse et du Consistoire de Bretagne. L’association (1901) alors créée « Autrement lire, Autrement dire » hélas n’a pas eu d’avenir après cet événement…


    À Perros-Guirec comme à St Brieuc : les temples modulables en fonction des événements : cultes autrement, journées d’éveil biblique, KT, conférence, semaines de Pâques, ateliers de l’Avent et … repas ! J’ai même eu l’occasion de m’y allonger dans mon duvet !
    Ne pas disposer de grands espaces… nous incite à ouvrir nos esprits pour vivre autrement nos lieux d’église et les adapter pour bien vivre la rencontre".
Voilà quelques temps forts de ces années de vie dans la paroisse de St Brieuc-Perros racontés par son pasteur. On pourrait aussi parler de Théovie, ce groupe conçu comme une formation pour adultes sur internet qui se réunissait tous les deux mois au Temple. La diversité du groupe était très appréciée. Pour les enfants et les familles, la création d'une valise à histoires bibliques est aussi une initiative originale lancée en 2007. Du côté des enfants toujours, l'équipe d'adultes s'est mobilisée en 2008 pour leur faire visiter le musée du Louvre sous forme d'un rallye afin de découvrir la Bible à travers le regard des peintres.

D'autres éléments sont à retrouver dans les rubriques "La place des femmes..." et "Le dialogue entre les religions". Mais ce que l'on peut retenir, c'est cette belle énergie, beaucoup s'en souviennent parfaitement et le pasteur en parle en 2018 comme d'"un partage de cinq années de ministère heureux !". Il suffit de voir la photo de l'équipe pour en être convaincu !

Au premier rang à gauche Sébastien Rodier, Magali Lenot, Jutta Andrieux, Lionel  Argaud   
Au deuxième rang Suzette Ramilson, Jean-Claude Chevalier, Solange Weiss-Déaux, André de Kerpezdron. 

2010. Sans pasteur, la communauté continue de vivre et se partage les tâches. Et, comme le dit Lionel Argaud dans son rapport moral : "Un an à vivre l'adaptablité, la souplesse, l'autonomie, la convivialité, les responsabilités mais aussi la fatigue et l'acceptation des limites de chacun!".
Les prédicateurs laïcs (Jutta Andrieux, Magali Lenot, Anne Gascuel, Suzette Ramilson, Jean-Luc Pillet et Jean-Claude Chevalier) sont, de leur côté, fortement sollicités pour assurer les cultes et les cérémonies (baptêmes, mariages, services funèbres)... Mais tout le monde est sur le pont pour assurer le lien dans le cadre de l'oecuménisme ou avec les autres groupes (CIMADE, ACAT...), continuer les visites de malades, chez des personnes isolées ou en maison de retraite, animer les groupes de cathéchèse et ceux de formation pour les adultes, préparer les fêtes, les repas pris en commun, aller aux réunions de la Région, répondre au courrier, éditer le bulletin de la paroisse, suivre les dossiers de travaux, tenir les comptes

Le pasteur Juliette Tonge arrive en juillet et la paroisse se réorganise d'une autre manière. Le Temple s'ouvre aussi sur des manifestations culturelles programmées régulièrement (ci-dessous affiches de concerts en 2010, 2011, 2012.


Concert au temple protestant. Janvier 2010
Concert au temple protestant. Avril 2011

Concert au temple protestant. Juillet 2012


2011. De nombreux travaux urgents sont effectués au Temple de St Brieuc. Sur le plan de la communication, un site Internet est créé.


2012. Après des modifications en 1963 et 1997, une assemblée générale extraordinaire est convoquée le dimanche 18 novembre 2012 pour voter les nouveaux statuts de l'Association cultuelle de l'Eglise Réformée de France (ERF), paroisse de St Brieuc-Perros qui devient l'Eglise Protestante Unie des Côtes-d'Armor (EPU). 



Document annexe 1

Eglise Réformée. St Brieuc
Statistiques indiquant le nombre de familles et le nombre d'enfants


1938 : 70 familles (et 30 enfants)
1939 : 80 familles
1941 : 100 familles (et 34 enfants)
1948 : 108 familles (et 31 enfants)
1949 : 112 familles (et 32 enfants)
1950 : 115 familles (et 39 enfants)
1951 : 198 familles
1953 : 222 familles (et 45 enfants), cotisants 121, responsables 52, paroissiens 49
1954 : 145 familles (et 67 enfants)
1957 : 145 familles (et 40 enfants)
1960 : 145 familles (et 40 enfants)
1962 : 145 familles (et 36 enfants)
1963 : 145 familles (et 43 enfants)
1964 : 118 familles (et 93 enfants)
1966 : 118 familles (et 45 enfants)
1972 : 118 familles (et 40 enfants)
1973 : 105 familles
1974 : 114 familles (St Brieuc 52, Perros-Lannion 23, disséminés 39)
1977 : 132 familles
1992 : 150 familles (250 paroissiens, enfants compris; 64 personnes participent à la vie matérielle)
1995 : 145 familles
2006 : 120 familles
2008 : 130 familles

Lorsqu'on observe les statistiques concernant le nombre de familles protestantes de la paroisse St Brieuc-Perros, on remarque une forte augmentation entre 1938 (70 familles) et 1950 (115 familles). L'année 1953 est à mettre à part. Comment expliquer le nombre de 222 familles d'une manière soudaine? L'activité du pasteur Marquer et de son équipe est une explication possible.
Le nombre de 145 familles restera stable entre 1954 et 1963 et il faudra attendre 1995 pour retrouver un nombre aussi élevé.

Un autre point est à noter, c'est celui de l'origine protestante ou non des membres de la paroisse de St Brieuc.
Par exemple en 1956, sur 87 membres, 28 sont d'origine protestante et 59 ne le sont pas. Pour une majorité c'est donc un choix personnel qui ne dépend pas de l'éducation familiale.