jeudi 6 août 2020

Les protestants à Lannion. Le temple réformé de Lannion.



D'une salle de location à la construction d'un temple protestant


Après 4 années à Saint-Brieuc, le pasteur Jean Scarabin part en octobre 1908 pour Lannion afin d'y mener une œuvre d'évangélisation. Il y restera jusqu'en 1912. Il habite au Marhallac à Lannion, c'est à dire sur la place très animée où se tenait le marché aux chevaux (ar Marc'h = le cheval). Il loue une salle pour le culte le 1er décembre et l'aménage avec le mobilier qui convient. Tous ses frais sont pris en charge par la Mission Bretonne d'évangélisation. En janvier 1909 il commence à prendre des contacts dans la région en allant à Paimpol et à Bec Léguer et Pen ar vern (Penvern) où il organise des réunions. 

En novembre 1909, il organise quatre réunions, en décembre cinq, en mars 1910 treize. Le succès qu'il rencontre le conduit à chercher un lieu de culte plus approprié pour les paroissiens. En 1919, une autre salle est louée. Puis, il est chargé de faire l'acquisition d'une maison située rue Kermaria lors d'une vente publique par Maître Fleury, notaire, le 18 septembre 1924. Le pasteur Whelpton y habite.

Le pasteur Whelpton (de 1922 à 1933 en poste à Lannion) et Théophile Roux, le trésorier général, abordent régulièrement le sujet de la construction d'un temple dès 1924 dans leurs fréquents échanges de courrier. Théophile Roux se déplace à Lannion en décembre et rapporte des croquis et des notes qui servent de point de départ à ce projet. Il faut dire qu'il s'y connaît bien...
Il n'en est pas à son premier Temple !
C'est lui qui a suivi tous les travaux pour la construction du temple de St Brieuc... Et ses remarques très techniques le prouvent, c'est "un pro" du bâtiment !

Croquis. Archives du temple de Lannion. Photo R.F





Croquis. Archives du temple de Lannion. Photo R.F



Le financement

Il faut penser au financement... Le pasteur Whelpton peut compter sur un don de son père et un emprunt chez Mirabaud, banquier à Paris.
Sinon, le pasteur écrit personnellement à tous les touristes, souvent anglais, dont il a gardé les coordonnées et dans le "Foreign Field". Il se déplace aussi à la Conférence britannique dans le même but. Il espère ainsi obtenir les fonds suffisants pour construire la chapelle. Des anglais vont effectivement répondre à son appel. Les dons affluent  dès 1925 de Belfast, Bristol, Hampstead à Londres, St Albans, Colchester...

Le pasteur Whelpton fait aussi paraître un article dans la revue « Le Témoignage » en 1927. Il lance un appel à la souscription. Là aussi les dons arrivent, beaucoup de Paris, mais aussi d’Alsace, de différentes régions de France. La famille Meyer (André et Jacques…) apporte aussi sa contribution… Le plan de financement est enfin supervisé par un comité de l'Eglise méthodiste à Londres (Mission House) qui donne son avis avant le lancement des travaux. Les recettes, concernant le terrain et divers aménagements, sont équilibrées avec les dépenses (17 896 francs). Pour les recettes :
-dons de septembre 1923 à novembre 1924    1006 francs
-don de G. Whelpton                                       8165 francs
-prêt de M. et Mme Whelpton                         8725 francs
Mais c'est plus compliqué quand l'architecte précise (après de nombreuses lettres de rappel) à combien le chantier va revenir... Pendant toute l'année 1926 c'est la course pour trouver de l'argent, et ce n'est pas gagné car Théophile Roux veut lancer le projet uniquement si tout est réglé... Le trésorier général s'inquiète aussi qu'un tel projet soit lancé alors que le pasteur n'a même pas encore une communauté bien solide sur laquelle il peut compter.
Mais qu'à cela ne tienne, la construction commence alors que tout est loin d'être au point !
On va voir par la suite que le trésorier Théophile Roux n'a pas fini d'avoir des sueurs froides avec le montage financier du pasteur Whelpton.
Dons pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F
Dons de toute la France pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F


Donateurs d'Alsace pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F




Dons de la famille Meyer (Jacques et André)  pour la chapelle de Lannion. Archives du temple de Lannion. Photo R.F



L'achat d'un terrain et le premier projet

Un premier acte de propriété est rédigé par Maître Laurent le 17 octobre 1924, un autre le 11 août 1927 et par Maître Queffelou les 25 mars et 3 avril 1926 et le 13 décembre 1929. 
Le pasteur évoque, lors d'une réunion, la construction d'une chapelle à Lannion en janvier 1926.
Un premier projet est préparé, il est très différent de celui qui sera effectivement édifié. Le bâtiment ressemble beaucoup à un manoir breton. Les reproductions qui suivent nous en donnent une idée.



Premier projet du temple de Lannion.





Premier projet du temple de Lannion.





Des aides de Paris


A mesure que le projet se précise, les collectes sont plus importantes (14 908 francs en avril 1926). De son côté Théophile Roux à Paris est très actif. Il affecte à ce projet des dons importants venant de certains de ses amis. Il plaide aussi la cause de cette chapelle avec succès auprès de ses collègues du Comité d'entraide franco-américain. En tout, il a été reçu 28 541 francs pour cette chapelle en 1927. Le pasteur Jean Meyer, beau-père d'Henri Whelpton a également beaucoup oeuvré à Paris par ses contacts avec des architectes (comme Henri Charles, architecte 44 rue de Tocqueville dans le XVIIème Arrondissement à Paris ou H. Moreels architecte 24 rue des écoles à Enghien, contacté en 1920, qui a construit l'église de la Villette). Il recherche aussi des financements nécessaires pour que cette construction puisse aboutir.




Les plans

Avant d'arriver au projet définitif, les architectes ont modifié leurs plans. La présence d'un clocher, voulu par le pasteur Whelpton, n'était pas trop du goût de Théophile Roux mais pendant longtemps cet élément d'architecture a figuré, avec une nette tendance à diminuer de taille. Il donnait une toute autre allure au Temple, doit-on le regretter?


Projet abandonné avec le clocher. Temple de Lannion

Détail du clocher. Temple de Lannion

  
Plan sur calque, projet de construction du Temple protestant de Lannion.
Archives, paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F


Plan du rez de chaussée du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F



Plans du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F


Plan du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F



Vue sur la rue. Plan du Temple protestant de Lannion. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F



La construction

Le temple de Lannion se situe au 42 rue Joseph Morand, proche de l'angle de la rue de la Bienfaisance. Les études sont confiées à M. Gaston Chabal, architecte à Brest, 46 rue Jean Macé (son père Abel Chabal avait construit le temple de Rennes). Mais M. Chabal ne suivra pas le chantier jusqu'au bout.

Les souhaits du pasteur Whelpton sont les suivants : une chapelle pouvant contenir une centaine de personnes, une annexe pouvant contenir une trentaine de personnes, les deux salles claires, ventilées, faciles d'entretien. "Un cachet ecclésiastique pas trop marqué, et qui s'accorde avec le style du pays".
Sur place, c'est donc l'architecte de Lannion J. Le Corre, rue du Léandy, qui se charge des démarches administratives et du suivi du chantier. Le "devis descriptif et estimatif" est signé par l'architecte et le pasteur le 9 décembre 1926 et les travaux peuvent commencer à la fin de l'année 1926.



Courrier de Jean Le Corre, architecte et maître d'oeuvre du Temple de Lannion.


Les artisans et entreprises ayant travaillé sur ce chantier sont les suivants :

L'entreprise Guégen (Jean Guégen), vielle route de Perros à Lannion, s'occupe de la maçonnerie, de la charpente et de la toiture.

P. Eudes, 82 rue de Brest à Morlaix,  exécute les châssis en fer des fenêtres.

Yves Hernot, rue de Tréguier à Lannion, effectue la gravure d'une pierre posée à droite du porche.

Albert Corollou, rue des chapeliers à Lannion, vend un poêle Godin.

Louis Briand, place du Marhallac'h à Lannion, installe le poêle.

P. et A. Picard de Paris, fournissent de la quincaillerie décorative.

Joseph Thomas, place des Halles à Lannion, pose du grillage et 2 pièges à souris !

A. Le Gac, à St Marc Buhulien en Lannion, livre du bois (orme et chêne de menuiserie)

Paul Daniel, rue de St Malo à Lannion, installe la ligne électrique, les lampes et les abat-jour.

La société l'Energie industrielle de Lannion, pose un compteur et effectue les branchements.

Mme Veuve Leysour de Rohello, rue de Tréguier à Lannion, fabrique et livre 81 chaises.

Georges Wendling, 21 rue des Grands Augustins à Paris, fournit 3 beaux livres de cantiques.

E. Mauger, avenue Ernest Renan à Lannion, imprime 250 livres de cantiques.







Et les finances ?
Le trésorier continue de se faire du souci avec le plan de financement du pasteur Whelpton. Le 21 avril 1927, alors que les travaux sont bien engagés, Théophile Roux comprend qu'il manque encore plus de la moitié de la somme nécessaire ! "Je tremble un peu", écrit-il.... On peut le comprendre ! Mais la situation finit par s'arranger .


L'inauguration est annoncée par la pose d'une douzaine d'affiches en ville. La cérémonie se déroule le 18 octobre 1927. Trois pasteurs prennent en charge la cérémonie : le pasteur Guiton, président du Synode national de l'Eglise Méthodiste, M. Dallé pasteur à Brest et M. Scarabin pasteur à St Brieuc.



Programme de l'inauguration du Temple de Lannion. 1927. Archives du temple de Lannion

Inauguration du temple de Lannion. Début de l'article du Lannionnais du 23 octobre 1927.


Extraits de l'article sur l'inauguration (édition du 23 octobre 1927) :

"La foule se dirigea vers le Temple qui s'élève rue Joseph Morand.
Après la cérémonie de l'ouverture officielle de la chapelle au culte, se déroulèrent une suite de chants de circonstance, d'invocations, de discours dont l'ensemble constituait la fête simple et grandiose à la fois de l'inauguration du monument religieux..."
Le pasteur Whelpton "remercie tous ceux qui soit par leur talent, soit par leur concours financier, soit même par leur appui moral ont contribué à l'érection de l'Eglise.
Désormais à Lannion, une porte sera ouverte à l'homme que le doute obsède et qui pourra trouver le calme et la paix dans la pratique des vertus évangéliques.

Monsieur Scarabin, pasteur à St Brieuc, qui fut l'un des fondateurs de l'Eglise de Lannion, évoque l'émotion qu'il ressentit lorsqu'il vint poser la première pierre de ce  temple il y a quelques mois, au milieu d'une foule sympathique. Les temps ne sont plus, dit-il, où les chrétiens payaient de leurs larmes et de leur sang l'hommage à la vérité. Le peuple a soif de la "Bonne nouvelle" et voilà la raison de ce temple qui disparaitra bientôt sous la poussée des foules pour faire place à une église plus vaste."...

"M. Whelpton termine cette belle cérémonie en adressant à tous de chaleureux remerciements; puis nous écoutons la formule de bénédiction, touchante invocation spontanée qui courbe la foule unie dans un même sentiment de foi ardente et de consolante espérance.
C'est fini. Quelques soient les opinions philosophiques et religieuses que l'on professe, il est impossible de ne pas rendre hommage aux efforts persévérants de ces hommes qui simplement, sans l'appui d'une pompe éclatante qui a toujours du succès sur les foules, parviennent dans un monde égoïste et sceptique à créer des îlots où se réfugient ceux qui acceptent d'assujettir leur volonté à des règles qui pour être évangéliques n'en sont pas moins sévères et rigides.
Pour notre part nous avouons avoir passé une matinée qui ne fut pas sans charme et par instant sans émotion..."

L'article est disponible dans son intégralité aux archives nationales (107 AS/5) ou de manière plus simple sur le site des archives départementales des Côtes-d'Armor. Références "Lot d'images : Lannionnais (Le), Lannion de 1927 (4 Mi 8 R 25), image 180".



Toujours les finances

Les finances sont toujours à l'ordre du jour car les collectes rapportent très peu en comparaison des sommes qui ont été engagées. A Paris certains ne sont pas satisfaits de la petite proportion des recettes locales de la Mission Bretonne. Le trésorier général suggère au pasteur Whelpton de présenter un projet de budget qui fasse prendre conscience aux fidèles des nécessités du moment ; "Même des Bretons peuvent se rendre compte que les salles de réunion exigent un loyer, un fourneau et du charbon, des bancs ou des chaises et des frais d'éclairage. Ils vous voient circuler et ils savent que cela coûte." (courrier du 9 décembre 1927).

En mars 1927, André Monod, le secrétaire-trésorier du Comité d'union protestante et d'entraide fait parvenir la somme de 5000 francs à Théophile Roux pour le temple de Lannion (dossier 107 AS 5, archives nationales).
 


D'autres travaux sont effectués après l'année 1927:

- En avril 1928, les vitraux sont réalisés par Lucien Piriou, peintre et vitrier à Lannion, rue de St Malo.
- En janvier 1929, Lucien Piriou intervient une autre fois pour des inscriptions sur les murs, une nouvelle teinte pour l'harmonium et la croix, la pose d'un panneau à l'extérieur du Temple.
- En août 1931, Charles Kerambrun, entrepreneur facture des travaux divers.



Inscriptions à l'intérieur du Temple de Lannion. Archives du temple. Photo R.F

Le pasteur Whelpton continue de faire des causeries à l'Hôtel de ville qu'il juge plus facile d'accès pour un public qui n'ose pas encore se montrer dans un temple protestant.
  
En avril 1929, il est décidé de vendre une vieille maison avoisinante du Temple à Lannion et d'acheter un terrain également avoisinant le Temple. L'été, le pasteur Welpton déplaçait le culte de Lannion à Trébeurden.
La vente du terrain contigu au temple de Lannion est actée en 1958, le nouveau propriétaire est M.Thomas.






Le déclin du temple protestant de Lannion


Dans les années 60, le temple est inutilisé car la communauté est surtout constituée de membres de Perros. Organiser un culte à Lannion pose plus de problèmes qu'autre chose. La communauté espère un moment grossir avec le développement du C.N.E.T (centre de télécommunications) mais c'est une déception...
M. Jean Paar, pasteur évangélique à Lannion depuis 1961, propose en 1965 de pouvoir utiliser le bâtiment en le louant. En 1967, il souhaite l'acheter.
La Société d’Évangélisation de Bretagne entend bien cette demande mais décide de prendre un peu de temps. L’Eglise orthodoxe de Bretagne est également intéressée et des particuliers de Lannion aussi. Finalement la vente est conclue en 1969.

C'est "France Mission" qui en fait l'acquisition pour la somme de 30 000 francs. Alors que Mlle Manach voit les derniers détails avec M. Jean Paar, le pasteur Kieffer de St Brieuc supervise la transaction avec M. Ruegger, le secrétaire de France-Mission (courrier du 15 avril 1969). L'accord a été conclu sur des bases qui ne sont pas celles du marché immobilier : "Nous sommes d'accord sur le prix que vous nous proposez étant donné qu'il ne s'agit pas d'une "affaire commerciale" mais de l’œuvre de Dieu."

L'argent sera utilisé d'une part pour acheter une caravane destinée à héberger les pasteurs en été à Perros (au lieu de payer une location d'appartement) et d'autre part pour construire la petite salle annexe du temple de Perros.

  

Vue actuelle du Temple protestant de Lannion. Photo Google





Vie de la communauté


Dans les années 30 au Temple de Lannion.


En dehors de cet énorme projet de la construction du Temple, voici quelques événements qui sont intervenus dans la communauté protestante de Lannion.

Un texte du pasteur Raspail, daté de 1935 et intitulé "le Noël des petits bretons" nous donne des renseignements sur les difficultés de la communauté protestante pour s'implanter à Lannion :

"Lannion !
Calme sous-préfecture, reposant entre ses vertes collines, le long d’une rivière paisible, à l’ombre d’une imposante église, citadelle du Catholicisme breton. L’œuvre est difficile et lente. Les âmes qui nous observent nous témoignent discrètement leur sympathie. Nous avons une dizaine d’enfants protestants dans cette ville et c’est tout à fait en famille que nous avons chanté l’Amour du dieu qui se donne à la terre".
Après quelques années d'efforts, le résultat n'est pas celui qui était escompté, la communauté protestante commence à décliner...
La suppression "provisoire" du poste de pasteur de Lannion, intervient en 1952. Depuis cette date et jusqu'en 1961, les seuls cultes proposés le sont en été. Après l'été 1961 le temple ne sert plus pour le culte et quelques réunions sont occasionnellement organisées, mais elles sont peu fréquentées.

En avril 1964, le pasteur Kieffer propose une conférence sur "L'Inde et le Japon" mais choisit une salle municipale plutôt que le Temple...

Le 23  juin 1964, le conseil presbytéral de Lannion reçoit une demande de celui de St Servan. Ce dernier souhaite organiser des cultes à Dinan dans l'ancienne église anglicane désaffectée et fait appel à la solidarité d'autres paroisses : "Nous pensons à votre temple qui est actuellement peu utilisé et aux chaises que vous pourriez peut-être nous prêter. Il nous en faudrait environ une cinquantaine."
Voilà comment déshabiller Pierre pour habiller Paul !

En 1966, le pasteur Kieffer souhaite faire au moins une réunion dans l'année au Temple, elle se déroulera le 25 mai avec comme sujet Jonas.
En 1968 la situation est stable, on compte 18 foyers à Perros et 6 à Lannion.

La vente est effective en 1969. Depuis sa vente en 1969, jusqu'à nos jours, le Temple a toujours été en activité.
Les cultes sont maintenant assurés par L’Église Protestante Évangélique de Lannion

Document 1
Liste des pasteurs, de l'Eglise Méthodiste puis Réformée, en poste à Lannion : 

Jean Scarabin (de 1908 à 1911) 
Henri Whelpton (de 1922 à 1933) 
Daniel Manach (1933)
Marcel Raspail (de 1933 à 1936)
Marcel Arnal (de 1936 à 1939)
François Manach (1939-1950)
Albert Trubert (1950-1951)
(ensuite, pas de pasteur spécifique mais des pasteurs en poste en même temps à Perros et à Lannion, voir la rubrique Perros pour plus de détails)
Jean-Marc Kieffer (1962 jusqu'à la vente du temple en 1969)


Document 2
1950 état du matériel au Temple de Lannion (extraits). Établi par le pasteur A. Trubert

99 chaises
11 bancs
3 tables
1 gratte-pied
1 harmonium
1 tronc
7 abat-jour et tulipe
3 drapeaux
1 lot de 90 « Cantiques chrétiens » en mauvais état
22 « Épitres et Apocalypse »
5 Nouveau Testament (en breton)
12 Livres des Psaumes (en breton)
24 Livres des Psaumes (en français)
1 robe pastorale
2 lampes portatives (électriques)
1 appareil à projection (vues fixes) en état de marche
1 balai neuf
2 balais en service
1 seau à charbon
1 hache
1 scie à bois
1 pelle à charbon
1 brosse tête de loup
1 clef de la baraque de Loquémeau
1 moto Tenot 100 cm3 avec outillage



Liens 

Voir la page sur l'histoire de Perros dans ce blog (baptêmes, mariages et inhumations).
Lien pour accéder à un article de 1921 sur l'Eglise Méthodiste dans la région de Lannion

Exposition en 2017 organisée par les Eglises évangéliques de Lannion

Article sur Maurice Leininger, pasteur de 1977 à 2017 au Temple de Lannion
(et non pas à partir de 1966 comme il est écrit dans l'article du site de Ouest-France ci-dessus)

Maurice Leininger en 1985.


Article sur Thierry Le Gall, pasteur à Lannion et auprès des parlementaires




Les lieux dont il est question ensuite s'inscrivent dans un mouvement d'évangélisation du début du XX ème siècle. 
Jean-Yves Carluer, dans son livre "Protestants et bretons" a analysé ce qui s'est passé à ce moment-là et c'est son diagnostic que nous publions ici: 

"Les derniers grands feux de l'évangélisation protestante opérée sur les modèles du XIX ème siècle datent plutôt des années 20,que des années 30. C'est dans la première décénnie de l'après-guerre que se situe, à notre avis, l'apogée de l'action des groupements évangéliques (Mission Populaire, Eglises baptistes et méthodistes). Dans les années qui suivirent la grande crise économique, plusieurs postes protestants durent être abandonnés faute de soutien financier et le travail d'édition en langue bretonne s'éteignit complètement. Plus inquiétant, beaucoup d'auditeurs réguliers abandonnèrent les temples et les salles d'évangélisation. Ces hommes et ces femmes avaient été des sympathisants, parfois des habitués des cercles de tempérance méthodistes ou des foyers de la Mission Populaire, mais ils ne s'étaient jamais convertis. Dans les années 30, alors que la perspective du Front populaire enthousiasmait les banlieues, les ports et les campagnes "rouges", ils furent nombreux à militer plutôt dans les rangs socialistes et communistes, alors en rapide progression en Bretagne. Mais plus que tout autre chose, la nouvelle guerre accéléra le phénomène."


 

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