vendredi 10 janvier 2025

Kérity en Paimpol, un temple protestant évangélique baptiste


 

Temple de Kérity en Paimpol. Photo R.F
 

Le temple de Kérity a une longue et intéressante histoire, il est d'origine baptiste. De nos jours, c'est une église évangélique baptiste affiliée, en particulier, à la fédération protestante de France.
Le temple se situe au 36 rue du professeur Jean Renaud, à l'entrée de Paimpol quand on arrive de Plouézec.


Un missionnaire gallois à l'origine
A Kérity en Paimpol, on note l'existence d'un temple protestant gallois. Son histoire est racontée le 30 mars 2018 dans le journal Regards protestants :

"L’histoire de l’Église évangélique baptiste de Paimpol reste plus que jamais liée au monde anglo-saxon. La proximité des côtes anglaises avec ce joli port de pêche breton explique sans doute ce lien. Mais pas seulement. En quelque 114 années, sur un total de huit pasteurs, cinq sont issus du monde anglo-saxon, du Royaume-Uni à l’Irlande en passant par les États-Unis. 
Tout débute à l’automne 1902 lorsque Charles Dickinson Terrell traverse la Manche en compagnie de sa femme Mabel pour venir évangéliser la région de Paimpol. Ce pasteur en provenance de Bristol fera construire le premier temple en bois en 1905 à Coatmer. Ce temple sera démonté et remonté à Paimpol en 1913 rue de l’Enfer (cela ne s’invente pas) aujourd’hui renommée rue de Goas Plat. 

A cette époque, les cultes dominicaux débutent. « En 1920, arrive l’homme clé de cette paroisse, Caradoc Jones. Un pasteur missionnaire gallois baptiste originaire de Cardiff, qui assurera son ministère pendant pas moins de 46 ans. Soutenu par Pioneer Mission, institution anglaise, Caradoc Jones donne son essor à la communauté baptiste. Celle-ci pourra acheter un terrain et faire construire le temple actuel au 36 de la rue du Professeur Jean Renaud », raconte Charles-Frank Thomas, pasteur de la paroisse, lui-même américain et parlant merveilleusement le français (Ouest-France).
 
Recensement 1936 Menguen en Kérity, vue 25. Archives 22 en ligne

 

Caradoc Jones, photo sur le site de l'Eglise de Plougrescant

 
L'inauguration du temple
Le temple est construit en 1929 et 1930, et l'inauguration donne lieu à des festivités où la population est invitée le 1er septembre 1930.

30 août 1930, Journal de Paimpol, vue 74. Archives 22 en ligne.

 
30 août 1930, Journal de Paimpol

Couverture du programme de l'inauguration du temple de Kérity 1930

Programme de l'inauguration du temple de Kérity en Paimpol. 31 août et 1er septembre 1930. Archives de la paroisse de St Brieuc

En observant le document ci-dessus, on notera que de nombreuses personnalités du monde protestant de cette époque ont apporté leur contribution pour cette inauguration du temple de Kérity :
M.A Mathews, les prédicateurs Dr A. M’Caig de Londres, M. Chas Phillips de Londres, le pasteur Théo Oriol de Paris, le pasteur Caradoc Jones, le pasteur S. Daullé de Brest, le pasteur Somerville de Morlaix, les prédicateurs J. Williams de Quimper et E. Benignus de Lorient.
 

Les traces de cette inauguration
À l’entrée du temple, on trouve quatre plaques commémoratives de 1930 avec les noms du pasteur Caradoc Jones ;  les pasteur JP Fros et Cornelius A. Griffits de Cardiff ; Morgan Davies, pierre posée "à la mémoire d'un ami de cette église Ivan Micholas" ; Arthur Mac Caig, de Londres, pour la Pioneer Mission.
Temple de Paimpol, Plaque posée le 9 juin 1930. Photo R. Fortat 2024

Temple de Paimpol. Photo R. Fortat

Temple de Paimpol. Photo R.Fortat 2024

 
Temple de Paimpol. Photo R. Fortat 2024

Les années 30-40-50
En 1931 l'Almanak mat ar vretoned, en langue bretonne et en français, mentionne le pasteur baptiste, M. Mathéus qui dirigeait un culte chaque dimanche à 13 h dans la chapelle située route de Kérity. Il s'agit tout simplement du pasteur Mathews !
 
Dans l'entre deux-guerres, Caradoc Jones sera aidé dans sa mission par un colporteur évangélique Adolph Huck (1882-1959), colporteur évangélique à l'Eglise baptiste de la rue Meslay à Paris 3e puis au 48 de la rue de Lille (7e Arr) dans l'Eglise d'Arthur Blocher. Il était le père de Jean Huck (1914-1963) et le beau-père de Solveig Huck-Hansen.
Le pasteur Arthur Mathews aidera aussi grandement au développement de cette communauté. « Ces trois hommes feront équipe pendant une quarantaine d’années et formeront la communauté. A l’époque l’église était pleine », indique Charles-Frank Thomas. 
 
Notons aussi qu'à Plouha, en 1936, une petite maison de location servait de lieu de culte. Le vicaire du pasteur de Kérity y habitait et devait y rassembler quelques personnes. Le curé de Plouha mentionne ce fait et indique que quelques-uns de ses paroissiens assistent "plutôt en curieux" à ces moments de prières. 
En juillet 1938 de nombreuses paroisses protestantes vont intégrer l’Église Réformée de France. En Bretagne, St Brieuc, Perros, St Servan-St Malo et Quimper font ce choix mais les baptistes de Morlaix et Paimpol resteront en dehors de ce mouvement.
Au début des années 50 M. Chapellaz de Paimpol va régulièrement épauler le pasteur Omnès à Plougrescant et Caradoc Jones fera de même.

Le temple

Sur la route de Kérity, on a encore l’ancienne boulangerie de Fautin Le Berre, « Au Minguen ». À la suite d’un incendie en 1927, le boulanger a vendu des terrains à l’association de Caradoc Jones.

Le temple protestant de Paimpol, c’est une austérité voulue, où statues et reliques ne trouvent pas leur place : « Tu ne feras pas de représentation quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, de ce qui est en bas sur la terre, de ce qui est dans les eaux plus bas que terre », disait le Chapitre 20 de l’Exode.

À l’intérieur, seuls bois et blanc se mêlent au culte. Avec toutefois cette particularité Paimpolaise : « Des versets de la Bible qui ornent les murs », note Geneviève Cleuziat, présidente de l’association de l’Église Évangélique Baptiste. Au fond, un baptistère remarquable, en marbre pour permettre l’immersion totale de tout nouveau membre à la communauté.(Ouest-France 20 février 2017)

Photo Ouest-France 2017. Depuis, des chaises ont remplacé les bancs.

Photo Ouest-France 2017


L'intérieur du temple avec le pasteur Charles Du. Photo Richard Fortat nov 2024

L'intérieur du temple se modifie au fil du temps pour s'adapter à son époque : un coin pour les enfants est installé avec des jeux et de la moquette ; les bancs sont remplacés par des chaises plus fonctionnelles et confortables.

Le coin des enfants dans le temple.

Un banc conservé comme témoin d'une époque. Photo RF


L'orphelinat
 
L'oeuvre du pasteur Jones comprenait aussi un orphelinat ouvert quand le temple de Kérity a été mis en fonction. Un article du Télégramme donne la parole à deux personnes qui ont connu l'orphelinat, Yves Le Bihan et Madeleine : « C’était un homme simple, se souvient Yves Le Bihan, qui a pu côtoyer le pasteur à l’orphelinat de Goas Plat. Il s’est saigné pour faire entrer de l’argent du Pays de Galles, et pour construire ce Temple. Il voulait le bonheur des gens »... «C'était Miss Cave, une Anglaise aisée qui avait tout vendu pour subvenir aux besoins de l'orphelinat, qui s'occupait de nous, se souvient Yves, ému. Jamais un mot plus haut que l'autre, j'en garde un merveilleux souvenir. » Mais au moment de l'Occupation, elle doit repartir en Angleterre et le pasteur, Caradoc Jones, est placé sous surveillance. C'est Mrs Matthews, une Française, épouse d'un autre pasteur, qui reprend le flambeau. «Tout le monde l'appelait Tante Germaine et elle faisait des miracles pour trouver un peu de viande. Les commerçants de Paimpol étaient solidaires», se souvient Yves. (extraits de Ouest-France)
 
Des décennies plus tard, Madeleine et Yves Le Bihan sont complices et se retrouvent à l'office de l'église évangélique, tous les dimanches. Ils témoignent de leur vie dans l'orphelinat protestant de Paimpol dans Le Télégramme du 15 octobre 2012
Yves Le Bihan a vécu son enfance à l'orphelinat de Paimpol. Madeleine Le Roux y a travaillé. Malgré les moments difficiles, notamment pendant la guerre, ils s'en souviennent comme d'un endroit chaleureux et formateur.

"L'orphelinat de la rue de Goas-Plat (qui n'existe plus) était fait de tôle et de bois. Il servait auparavant de temple avant la construction de l'actuel, route de Kérity, en 1930. En 1947, l'église évangélique se procura une deuxième maison, la villa «Revenez-y», 9 rue du Commandant-Le Conniat. Mais dans les années 60, les structures n'étaient plus aux normes, c'est la Ddass qui prit le relais".
(Histoire de l'orphelinat évangélique,15 octobre 2012, article Le Télégramme)

Madeleine et Yves. Le Télégramme 15 octobre 2012

L'ancien orphelinat 9 rue du Commandant-Le Conniat à Paimpol. Photo R. Fortat

La plaque à l'entrée de l'orphelinat. "Revenez-y". Photo R. Fortat


 
Après Caradoc Jones  
Caradoc Jones termine son pastorat en mai 1967 où se déroule un culte d'adieu. Le pasteur Jones meurt deux ans plus tard, le 12 janvier 1969.
Obsèques de C.Jones, avis le 31 janvier 1969 Ouest-France

Brian-Russel Jones prend la suite...
Maurice Decker est le premier pasteur français de l’église évangélique de Paimpol en 1970, Pierre Boulanger en 1979, Philippe Hamon, Michael Mac Gowan, prendront alors sa suite. Fabio Morin, pasteur de Lannion a aussi dirigé des offices quand il n’y avait plus de pasteur attitré sur Paimpol dans les années 2000. Après une décennie sans pasteur, Franck Thomas, venu des Etats-Unis reprend la tête de cette paroisse en 2017.
Le pasteur Franck Thomas à Kérity.18 novembre 2017 Ouest-France

En 2018, le pasteur Charles Du et son épouse prennent la suite de Franck Thomas.
Le Télégramme 22 septembre 2018

L'histoire continue....

 
Le saviez-vous ?
 
Dans l'histoire de la communauté baptiste de Paimpol, nous retrouvons, dans le recensement de 1931 au bourg Huguen à Kérity, Jean Huck, futur mari de Solveig Hansen et Adolph Huck, son beau-père. Solveig est une personnalité de la communauté protestante de Saint-Brieuc, un article lui est consacré (cliquez ici).
 
Recensement 1931 Kérity, vue 6. Bourg Huguen. Archives 22 en ligne

Adolphe Alphonse Huck est né le 9 février 1882 à Paris 14e arrondissement. Il s’est marié le 8 juin 1912 à Paris dans le 6e arrondissement avec Adèle Marie Randin (1889-1966). Le couple aura trois enfants : Andrée (1913-2008), Jean (1914-1963) et Daniel-Paul (1920-1965).
 
Ci-dessous, on peut voir au centre Jean Huck, au moment de son mariage avec Solveig Hansen. Adolphe Huck, est tout à fait à droite portant un chapeau, son épouse est la 4e personne à partir de la droite.
Photo Solveig Hansen.
 
Adolphe Huck est décédé le 3 juillet 1959 à Paimpol.
 
Obsèques A. Huck. 4 juillet 1959 Ouest-France


   
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Sources  

Maison du diocèse De Saint-Brieuc, archives, Questionnaires cote 3F11a et 3F11b. 
 
Article dans Regards protestants (cliquer ici)
 
Le Télégramme du 15 octobre 2012 

Article dans Ouest-France, 20 février 2017, cliquer ici

Almanak mat ar vretoned 1931, cliquer ici




Article : Paimpol et ses premiers protestants, observés par le pasteur Théophile Roux en 1908, sur le site de Jean-Yves Carluer, cliquer ici.

Entretien avec Solveig Huck, 28 septembre 2023
 
Histoire de l'Eglise de Plougrescant, ici
 
Site de l'Eglise de Kérity, cliquer ici 
 



vendredi 27 décembre 2024

Jean-Marc Kieffer (1934), pasteur à Saint-Brieuc de 1962 à 1971


Le pasteur Jean-Marc Kieffer (à St Brieuc de 1962 à 1971)



 
Origines

 
Jean-Marc Kieffer est né le 11 juillet 1934 à Colmar dans le Haut-Rhin, il se marie avec Lydie Roth. Après avoir effectué ses études et commencé à exercer (installé pasteur en janvier 1961), il arrive à Saint-Brieuc, au mois de février 1962 avec son épouse Lydie, qui attend un bébé et leur fille Laurence née à Paris (19/11/1960). Les trois enfants suivant vont naître à St Brieuc : Stéphan le 9 février 1962 (malheureusement décédé en 2003), Bertrand le 6 juin 1964 et Nadine le 5 avril 1966. Suivront douze petits enfants et deux arrières-petits enfants de la lignée de Stéphan.
 
 
L'ordination du pasteur Kieffer


Deux jours de dialogue sont organisés à St Brieuc entre 200 évangéliques, baptistes ou réformés les 27 et 28 octobre 1962. Tenant compte du nombre de personnes présentes pour ce rassemblement, c'est la petite salle de Robien qui a été choisie. L'ordination du pasteur Kieffer se déroule à cette occasion avec l'imposition des mains des onze pasteurs présents. De nombreux amis catholiques participaient à ce moment ainsi que le prédécesseur du pasteur Kieffer, M Marquer accompagné de son épouse.





L'action du pasteur Kieffer à St Brieuc

 
L'action du pasteur Kieffer s'étend de Saint-Brieuc à Pontivy mais aussi dans le secteur de Lannion-Perros-Guirec.
Il assure la fonction de président du Consistoire (région) et de secrétaire du Comité de la colonie de vacances de Crampoisic (acquise dans cette période).

Il a été aumônier de la prison de St Brieuc de 1962 jusqu'à son départ.

On lui doit la création du bulletin paroissial  "Notre lien" à partir de 1967. Mais à partir de 1963, une feuille d'information, appelée "Le petit lien des Côtes d'Armor", circulait déjà. On notera que le pasteur Kieffer avait déjà adopté le nom de "Côtes-d'Armor" en 1963 alors que le département des Côtes-du-Nord ne changea de nom qu'en 1990 !

Une section de Croix Bleue est créée à Saint-Brieuc, avec l’appui du pasteur Albert Trubert de Lorient et de la section de la Croix Bleue de St Nazaire. La municipalité de St Brieuc apporte également son concours. Des paroissiens de St Brieuc, de Perros et de Guingamp s'impliquent alors dans ce groupe éphémère, en tant que personnes en difficulté avec l'alcool et d'autres addictions, comme victimes ou solidaires.
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De 1963 à 1970 J.M Kieffer réalise régulièrement des "tournées" à Guernesey. Le but est d'entretenir de bons contacts avec d'autres pasteurs (méthodistes, comme les pasteur Davies et Collas), de monter des camps de jeunes à Crampoisic.

De 1964 à 1969, un culte parents-enfants est proposé une fois par trimestre.

Sur un plan plus personnel, Jean-Marc Kieffer devient vice-président du planning familial à St Brieuc. N'oublions pas Lydie, son épouse, qui, n'exerçant plus comme assistante sociale, a alors représenté les associations familiales du Département au sein du Bureau d'Aide Sociale de St Brieuc. 
 
 


Départ

 
En 1971, le pasteur Kieffer part à Tours, où cinq ans plus tard, il sera appelé à présider le conseil régional de la Région Ouest à la suite du pasteur Bösiger.



 
 
Sources

 
Cette biographie a été vérifiée et complétée par Jean-Marc Kieffer lui-même en mai et juin 2019.
 
 
 

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Danièle Vaudrey (1946-2024), historienne, journaliste, écrivaine, protestante

Danièle Vaudrey
Historienne de formation, journaliste (à Ouest-France, Radio Bleue Armorique etc.), réalisatrice, écrivaine, voyageuse, Danièle Vaudrey semble avoir eu plusieurs vies tant elle a exploré de domaines.

Elle était une pionnière dans certains domaine par exemple la première femme rédactrice en chef du magazine Auto-moto (Elle avait d'ailleurs reçu un Prix d'Honneur pour cela).

Danièle, une passionnée de moto

Formations

Danièle Vaudrey avait plus d'une corde à son arc comme on dit mais elle avait un bagage solide parce qu'elle avait beaucoup étudié : facultés de REIMS et de Paris VII ; licence de Lettres et DEUG de Sociologie ; maîtrise et DEA d'Histoire et Sciences Sociales ; école d'Interprètes de Genève ; diplôme de Traducteur anglais espagnol ; Centre de Formation des Journalistes.

Grand reporter

Danièle a parcouru le monde pour exercer son métier dans le reportage ; elle a présenté de journaux télévisé et a réalisé des films documentaires pour R.F.O (Outre-mer), France Télévision, TV5 etc.

Photographe

Sa carrière comme journaliste et photographe à Ouest-France date de la fin des années 90 où elle a tenu une place importante dans l'organigramme du journal (voir ci-dessous en 1997).

Ses photographies étaient de qualité et elle a réalisé la couverture du spécial Guide des vacances en Côtes d'Armor en l'an 2000.
2 avril 1998 Photo Danièle Vaudrey

5 août 1998 Photo Danièle Vaudrey

3 novembre 1998 Photo Danièle Vaudrey

 3 août 2000 Photo Danièle Vaudrey

Peintre

Danièle s'exprimait aussi par la peinture.




Une écrivaine reconnue

Auteure de cinq ouvrages sur les grandes affaires criminelles et les mystères de Bretagne, "Ça s’est passé en Côtes-d’Armor", elle pouvait écrire sur commande comme pour l'Histoire de l'hôpital Saint-Jean-de-dieu à Léhon. Elle avait également abordé des sujets plus personnels, plus intimes : « Les ailes du Délire » (dialogue avec une malade d’Alzheimer) ; « Mourir d’En-Vie » ; "Au nom de tous les seins" (son propre parcours contre le cancer). 

Danièle était présente dans de nombreux salons littéraires pour faire connaître ses ouvrages et rencontrer le public. 

Dédicace 11 octobre 2009 Ouest-France

13 novembre 2016, dédicace du livre sur Marie Durand l'insoumise

Même très affaiblie, elle était présente encore en septembre 2023 au salon des écrivaines à Saint-Quay et le 25 janvier 2024 elle était l'invitée de Michel Guyomard dans le cadre de l'association 3motsdeplus.

Septembre 2022 St Quay

Danièle Vaudrey 17 septembre 2023 à Saint-Quay-Portrieux


Michel Guyomard et Danièle Vaudrey. Janvier 2024 Photo Le Télégramme

Les Côtes d'Armor et Pordic

Elle s'était installée à Pordic il y a 25 ans. Dans un article de Ouest-France du 2 septembre 2019, elle déclarait : « J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce département. La première fois que j’ai découvert les Côtes-d’Armor remonte à un bon bout de temps. Je réalisais un documentaire pour M6, pour l’émission Écolo 6 produite et présentée par Michel Cellier. Une des premières émissions sur l’écologie. »

Elle était très investie dans la vie sociale et politique locale et c'est ainsi que la presse a pu la présenter au moment de son décès le dimanche 28 avril (voir ci-dessous)

Le Télégramme 2 mai 2024


Ouest-France 2 mai 2024

Une chrétienne

Alors Danièle Vaudrey était certes une femme engagée, mais elle était aussi une croyante fervente, une croyante par choix dans la foi protestante. Elle n’en parlait pas forcement autour d’elle dans les nombreux cercles militants qu’elle fréquentait.
Son livre sur Marie Durand est une référence dans le milieu protestant, elle l'avait présenté à l'Assemblée du désert au moment de sa sortie.




Elle participait aux cultes du temple réformé de Saint-Brieuc, aux assemblées générales et de rentrée, quand elle le pouvait.

 

La cérémonie d'hommage du 2 mai 2024

Une cérémonie d’hommage lui a été rendue le jeudi 2 mai à la chambre funéraire des Champs-de-Pies à Saint-Brieuc où sa famille (son fils Shane était présent) et ses très nombreux amis d’horizons différents étaient rassemblés.

Le 2 mai 2024, Fabio Morin à l'orgue, John Colomb à droite de dos. Photo RF


Fabio Morin, pasteur évangélique bien connu dans la région, et John Colomb ami de longue date, avaient déjà préparé cette cérémonie, il y a déjà deux ans, alors qu’elle se savait condamnée (La pasteure Agnès Pascaraut n'avait pu être présente le jour de la cérémonie, retenue dans le sud de la France).

Photo publiée dans Ouest-France 6 octobre 2016

Avec quelques notes bien senties d’un Alléluia, sur son orgue Yamaha, Fabio avec sa décontraction naturelle et sa chaleur humaine a su tout de suite donner le ton à ce moment de recueillement et de consolation.
Tout avait été discuté au préalable avec Danièle, : un texte de Martin Luther King extrait de "Combats pour la Liberté"; l’histoire de la brebis perdue sauvée par le berger ; le chant préféré de sa mère "A toi la gloire".

"La loi qui régit l'univers est une loi de justice. Celui qui croit en la non-violence a une foi profonde en l'avenir, qui lui donne une raison supplémentaire d'accepter, de souffrir sans esprit de repésailles..." Martin Luther King

Une galerie de photos retraçait des moments heureux de sa vie.


On the road !

Interview de Robert Badinter, Danièle à gauche

Lors d'une émission de France-Bleue-Armorique

Au mariage de Fabio Morin, John et Marie-Claude Colomb également présents sur la photo

Avec son fils Shane

Fabio Morin à gauche, Danièle très affaiblie mais sereine...

Avec sa petite fille

Alléluia, composé par Danièle et Fabio 

pour la cérémonie du 2 mai, extraits.

Sur le chemin de ma vie

j'ai bourlingué j'ai vu la vie

j'ai pleuré, j'ai chanté Alléluia...

J'en ai visité des pays, des étoiles et des galaxies

des r'portages, des voyages pleins de vie

J'en ai écrit des bouquins

ce n'était pas juste pour faire bien

C'était la joie du partage...

Ne pleurez donc pas mes amis

Ne soyez pas tristes aujourd'hui

Je pars en voyage vers l'infini

On s'est marré, on a pleuré

mais on a jamais oublié de chanter tous ensemble Alléluia


Document

Marie Durand - L'insoumise, Danièle Vaudrey. 2016
Arrachée au monde de l'enfance pour avoir refusé de renier sa religion protestante, Marie Durand (1711-1776) fut emmurée trente-huit ans à la tour de Constance d'Aigues-Mortes. Toute sa vie fut un combat pour la liberté de conscience, un Non inconditionnel à l'intolérance.
Même dans le plus profond dénuement, elle a toujours su trouver en elle la force de résister, avec pour seule arme sa foi inébranlable et son amour de l'autre. Elle savait que la liberté d'un être est insaisissable.

Un livre à commander en cliquant ici

 

Sources

Photos transmises par John Colomb en mai 2024.

Archives Ouest-France et Le Télégramme.

Site de l'agence Bretagne Presse. 

Blog de Danièle Vaudrey, Dessine moi un mot, ici

Article rédigé par Richard Fortat le 3 mai 2024


Danièle rayonnante !

Si vous avez des remarques, des témoignages, des informations et documents à partager, merci d'utiliser le formulaire de contact.

 

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