vendredi 5 juin 2026

L'histoire des Eglises protestantes dans les Côtes d'Armor. Sommaire

On pense trop hâtivement que la Bretagne est une terre exclusivement catholique, c'est une erreur.
Si l'on y regarde de plus près, l'histoire du protestantisme y est bien ancrée localement.
Ce blog, commencé en 2018, vous présente l’histoire des Églises protestantes dans les
Côtes-d'Armor (ex Côtes-du-Nord) à la fin du XIXe et au XXe siècle à travers une centaine d'articles originaux qui couvrent les activités des mouvements évangéliques, méthodistes, baptistes, réformés, anglicans... Plusieurs se sont regroupés pour former ce qui est devenu aujourd'hui l’Église Protestante Unie de France et d'autres sont restées dans leur groupe d'origine. 

Bonne lecture !

Attention, en raison d'un projet de publication, plusieurs articles ne sont plus disponibles pour le moment. Ils seront remis en ligne dans le but servir de complément illustré à la publication envisagée...


8 Nouveaux articles en 2025-2026 (ou articles complétés)

Eugène Coquard (1920-1953) soldat mort en Indochine, ici

Circuit de découverte de personnages de la Résistance (Hansen, Crespin, abbé Fleury), 26 mai 2025, ici

Jean-Claude Crespin (1937-2024), archiviste, fils du pasteur Yves Crespin, cliquer ici

Pierre Prigent (1928-2024), théologien protestant, cliquer ici

Ernest Prigent (1898-1980), Résistant, entrepreneur, cliquer ici

Des documents retrouvés en 2024 sur le pasteur Yves Crespin, cliquer ici

Solveig Hansen, doyenne des Costarmoricains, ici 

Temple de Plémy, ici

 

10 Nouveaux articles en 2024 

Mouvements de jeunesse (scouts et autres) dans l’Église protestante réformée de Saint-Brieuc. 1950-1970, cliquer ici

Vendredi 31 mai 2024, hommage à la Résistance au Hinglé et conférence où il a été question de Georges Bessis (informations ici)

Transfert d'archives protestantes au Archives départementales 22, 12 juin 2024, cliquer ici

Portrait de Danièle Vaudrey (1946-2024), ici

Portrait de Jean-Claude Nexon (1934-2024), cliquer ici 

Histoire de l'école évangélique de Trémel (22), cliquer ici

Écoles et pensionnats privés accueillants des protestants à Dinan, 1827-1890, ici    

Les constructions de Harry Stamp à Saint-Brieuc, 1926-1952, ici 

Les conférences du pasteur Théophile Roux 1908-1917, ici

Visite guidée et conférence en 2024 à Saint-Brieuc sur le thème du protestantisme, ici

 

Des protestants dans la Résistance :

Les conférences et animations depuis 2020 autour du pasteur Crespin et des autres protestants Résistants, ici

Itinéraire dans Saint-Brieuc sur les traces d'Yves Crespin,  ici

Le pasteur Crespin : présentation de l'ouvrage qui lui est consacré et de documents inédits ici


Erling Hansen, médecin et Résistant, ici

Georges Bessis, éducateur et Résistant, ajouts en mars 2023 et juin 2024, ici

Ernest Prigent, entrepreneur et Résistant, ici

Les six pasteurs Résistants, morts dans les camps de concentration (1944-1945) Ajouts en juin 2023  ici

André Féat, pasteur baptiste à Morlaix, Résistant et déporté, ici



Les biographies de pasteurs, prédicateurs laïcs et personnalités du monde protestant à Saint-Brieuc, Perros-Guirec, Lannion,  ici

Les protestants militaires et prisonniers civils allemands en 1914-1918 ici (non disponible)


Les protestants dans le dialogue œcuménique et entre les religions, ici (non disponible)

Les engagements des protestants dans les Côtes-du-Nord, ici (non disponible)

La place des femmes dans l’Église protestante Unie des Côtes d’Armor, ici (non disponible)

Les prédications du pasteur François Manac’h, ici (non disponible)

Les temples de Saint-Brieuc, Perros, Lannion, Etables, dans le Trégor (non disponible temporairement)

Le regard des catholiques sur les protestants dans les Côtes-du-Nord, une enquête en 1936, ici 

Madagascar dans l'histoire de la paroisse réformée de Saint-Brieuc, ici

Les protestants forains et Tziganes dans les Côtes-du-Nord, ici

 

Des portraits :

Erling Hansen (1909-2008) ici

L'album souvenir d'Erling Hansen (1999 et 2013), ici

René Tostivint (professeur d'histoire) et Roland Tostivint (céramiste et musicien), ici

Hélène Babut (professeure agrégée 1899, Étables) et Marie Gugenheim, ici (non disponible)

La famille Taffatz, protestants d'origine suisse, ici  publication en Juin 2023

Danièle Vaudrey (1946-2024), ici

Georges Minard (1922-2023), protestant à Perros, ici

La famille Quoniam-Ménégoz, protestants à Dinan et Saint-Brieuc, ici publication en juillet 2023

Louis et Marie Ricoeur (1907 à 1909) et Paul Ricoeur ici (non disponible)

Louise Weiss à Saint-Quay en 1914 ici (non disponible)

Louis Nathaniel Rossel, chef militaire de la Commune de Paris ici (non disponible)

 

L'histoire de communautés protestantes :

Les protestants à Dinan et le temple de Dinan ici

L'oeuvre de Priscilla Johnson, née Hoops, à Plouha et Coatilliau, ici

La Maison Blanche à Quévert, une oeuvre protestante de Priscilla Johnson. 1955, ici

L’Église protestante évangélique Perspective de Saint-Brieuc, ici

Les protestants évangéliques pentecôtistes à Saint-Brieuc, ici

Les protestants évangéliques pentecôtistes à Lannion, ici

Église protestante évangélique, 38 rue du Pré-Chesnay à Saint-Brieuc, ici

Écoles et pensionnats privés accueillants des protestants à Dinan, 1827-1890, ici    publication janvier 2024

Les constructions de Harry Stamp à Saint-Brieuc, 1926-1952, ici 

Les protestants dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, ici

Les protestants à Pontivy 1562-2018, ici

Le manoir de Crampoisic ici (non disponible)

Les protestants à Perros-Guirec ici (non disponible)

Le temple de Perros-Guirec ici (non disponible)

Les protestants dans le Trégor ici (non disponible)

Des protestants à Saint-Quay-Portrieux ici (non disponible)

Les protestants réformés dans les Côtes-du-Nord : Les origines (1864) et 1906-1938 ici (non disponible)

Les protestants réformés dans les Côtes-du-Nord : de 1938 à nos jours ici (non disponible)

 
 

DES DOSSIERS, DES PHOTOS, DES TÉMOIGNAGES...

Ce travail est issu de l'étude historique de documents issus des archives des Temples protestants de Saint-Brieuc, de Perros-Guirec, de Lannion, des archives municipales de Saint-Brieuc, des archives départementales et nationales, du Musée du Protestantisme à Paris. De nombreux témoignages recueillis ces dernières années viennent également enrichir le contenu de ces pages.  

Ces différents aspects du monde protestants méritaient bien d'être mieux connus...

L'auteur du blog, Richard Fortat, en 2018 aux Archives nationales à St Denis.


 

Mentions légales. Droit d’auteur et droits de propriété

Le site https ://histoireprotestants22.blogspot.com constitue une œuvre dont Richard Fortat est l’auteur au sens des articles L111-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Les photographies, textes, dessins, graphismes ainsi que toutes œuvres intégrées dans le contenu du site sont propriété de Richard Fortat ou de tiers ayant autorisé à les utiliser.

Les reproductions, sur un support papier ou informatique, dudit site et des œuvres qui y sont reproduits sont autorisés sous réserve qu’elles soient strictement réservées à un usage personnel excluant tout usage à des fins publicitaires et/ou commerciales et/ou d’informations et/ou qu’elles soient conformes aux dispositions de l’article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle.

A l’exception des dispositions ci-dessus, toute reproduction, représentation, utilisation ou modification, par quelque procédé que ce soit, de tout ou partie du site, de tout ou partie des différentes œuvres qui le composent, sans avoir obtenu l’autorisation préalable de Richard Fortat, est strictement interdite et constitue un délit de contrefaçon sanctionné par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 

 

lundi 1 juin 2026

Le temple protestant de Plémy (22) 1558-1983


Photo Pierre Charlot. Ouest-France

A quelques kilomètres de Montcontour, le temple de Plémy construit vers 1558 a fini par s'écrouler en 1983. C'était un édifice rare mais malheureusement il n'a pu être sauvé ! 

Description du temple

Pierre Charlot, a exercé différentes responsabilités dans l'Eglise protestante unie de la paroisse de Saint-Brieuc. Il s'est spécialisé dans la recherche sur le protestantisme en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles, ce qui l'a amené à étudier ce temple de Plémy :  "Ce sera, en Bretagne, le premier édifice de ce type. Outre sa vocation cultuelle, le bâtiment était également l'un des derniers exemples d'un type de construction publique assez fréquent au XVIè siècle : halles ouvertes au rez-de-chaussée et étage clos. En façade, on comptait cinq piliers de blocs cylindriques en granit local. On accédait à l'étage formé d'une seule grande pièce ornée d'une magnifique cheminée par un escalier de bois sculpté".

Une lente dégradation

Entre le seizième et le dix-septième siècle ce temple aurait été le siège d’un prêche ; la maison du pasteur juste en face du bâtiment en est une trace. Après les guerres de la Ligue et l’abjuration du dernier pasteur, le bâtiment est englobé dans une exploitation agricole. C’est ce qui assurera son maintien dans un état relativement bon de conservation jusqu’au début du XXe siècle.

Histoire d'une disparition : première tentative de sauvegarde en 1967

En décembre 1967, près de Moncontour le temple de la Ville Pierre, en Plémy, tombe en ruine. M. Jouve, vétérinaire à Moncontour veut le sauver. Il est Président de l’office du tourisme et fait partie d’une association de sauvegarde. L’Office du tourisme de Montcontour tente de le racheter pour entamer une restauration. Cette tentative échoue. Les collectivités locales sont sollicitées mais ne donnent pas suite.  La société d’histoire du protestantisme est contactée mais son avis est négatif. Contacté en décembre 1967, le pasteur Kieffer, garant des finances de sa paroisse peu fortunée de l’Église réformée de Saint-Brieuc, ne souhaite pas se lancer pas dans un tel projet non plus. L’architecte des Bâtiments de France à Saint-Brieuc se rend sur place pour constituer un dossier de classement de l’édifice mais tout cela sans résultat.

Ouest-France lance des alertes : 1977 et 1981.

Dans son édition du 26 juillet 1977, le correspondant local de Ouest-France du secteur de Plémy lance un cri d'alerte sur le danger de voir ce temple disparaitre. Ouest-France dans son édition du 26 juillet 1977 consacre un bel article en forme d'appel à l'aide pour sauver cet édifice avec comme titre :  "Complètement ignoré…. Le premier temple protestant bâti dans le département résistera-t-il longtemps aux intempéries ?". Le journaliste s’étonne que « Nulle carte touristique ne mentionne la présence d’un temple protestant à La Ville Pierre… » et de conclure : « Laissera-t-on, après beaucoup d’autres, disparaître ce vestige d’une époque intéressante de notre histoire, et qui, fait inconcevable, ne semble désormais intéresser que les visiteurs d’origine anglo-saxonne ? » 

Les années passent et M. Guy Jouve, correspondant local des Antiquités historiques, ne peut que constater des dégradations de plus en plus importantes malgré toutes ses démarches. Il sait que cette situation entrainerait une facture considérable pour d’éventuels travaux. Ouest-France le 19 août 1981 se désole : « Les dégradations de cet édifice s’aggravent et laissent envisager sa complète destruction ».  
Un peu plus tard, en 1983, le toit s’effondre, trois des quatre murs de cet édifice subsistent encore, des morceaux de colonnes gisent çà et là puis sont dispersées.

Les écrits des historiens 

Le temple ayant disparu, il nous reste le travail des historiens qui renseignent l'origine de ce temple et des pratiques protestantes de cette paroisse.

Pierre Charlot avait écrit une notice historique à ce sujet sur le site huguenotsinfo : "Le bourg de Plémy situé un peu à l'écart d'une ancienne route romaine faisait partie au XIIè siècle de la châtellenie de Moncontour (de Bretagne). Au XVIè siècle, les terres de Plémy appartiennent à l'importante famille calviniste de Rieux, déjà en possession de fiefs à Rennes, Laval, Vitré ainsi que de diverses seigneuries, dont plusieurs échoient à François de Coligny, seigneur d'Andelot à la suite de son mariage en 1547 avec Claude de Rieux. Après la campagne d'évangélisation effectuée en 1558 par le frère cadet de l'Amiral à La Roche-Bernard, le calvinisme gagne la région de Moncontour où, sous l'impulsion de familles nobles gagnées à la Réforme, se créent des lieux de prêche.Vers 1550, le sieur de Gouyquet, chef du nom et d'armes d'une autre importante famille huguenote, obtient la création d'une Église dressée. Il fait construire un temple à la Ville-Pierre, un hameau isolé de sa seigneurie, tout à fait propice à la discrétion dont il est alors prudent d'entourer la pratique du culte réformé".

Dans son ouvrage "Les temples protestants français, XVIe-XVIIe siècles",Yves Krumenacker évoque la forme des temples sur le modèle des basiliques et il décrit le temple de Plémy de la manière suivante : "Il peut être assez fruste, comme le premier temple breton, édifié vers 1558 au hameau de la Ville-Pierre, à Plémy, sur la seigneurie de Moncontour. Le bâtiment consiste en halles ouvertes au rez-de-chaussée, avec cinq piliers cylindriques en granit en façade, et un étage formant une seule grande pièce."

L'histoire d'un des plus anciens temple du département est aussi racontée dans un article publié sur le site de l'Association des amis du protestantisme en Bretagne centrale. Extraits : "Au sud-est de Quintin, la forêt de L’Hermitage (aujourd’hui de Lorge) appartenait aux Gouyon de la Moussaye, seigneurs de Quintin, et ardents protestants. N’ayant pas la possibilité d’exercer officiellement leur culte au château de Quintin, ils firent bâtir un temple en 1658 dans la forêt, près du manoir de L’Hermitage. Ce temple fut donc le siège de l’église de Quintin. C’est le pasteur Pierre Vincent qui en 1658 eut en charge cette église, puis le pasteur César de Beaulieu lui succéda à partir de 1674...

A l’ouest de la commune de Plémy (dans les Côtes-d’Armor, au nord de Loudéac), au lieu-dit « la Ville-Pierre », l’édifice qui était considéré comme un des plus anciens lieux de culte protestant de Bretagne n’est plus, malgré les cris d’alarme lancés dans les années 1977. Le toit s’est effondré, les colonnes sont dispersées... Ce leu de culte est lié à l’engagement en faveur de l’évangile de la grande famille des Gouyquet, qui possédèrent de nombreuses seigneuries en Centre-Bretagne. Cette famille fut une des premières à adopter la Réforme protestante dans la province mais aussi une des dernières à résister après la Révocation. Deux chercheurs ont particulièrement écrit à ce sujet, Claude-Guy Onfray (le co-découvreur avec Gildas Bernard du registre de l’église de la Moussaye), et Jean-Luc Tulot.

Ce temple persista jusqu’à ce que les outrages du temps ne provoquent sa ruine en 1983. Dans ce petit hameau perdu de la campagne bretonne, trois des quatre murs de cet édifice subsistent, que d’aucuns estiment avoir été édifié à la fin du XVIe siècle. Des morceaux de colonnes gisent çà et là. En face du temple, une vieille et belle maison du XVIe siècle est connue sous le nom de « La maison du pasteur ».


 


La maison du pasteur

La mémoire collective qui a traversé les siècles a gardé la trace de cette présence protestante avec "La maison du pasteur". Située historiquement en face du temple qui a disparu, la maison est bien toujours là !


Photo Le Patrimoine des communes. Éditions Flohic.
 

Retour au sommaire du blog, ici

Sources

Site Huguenots infos, notice de Pierre Chalot, cliquer ici

CARLUER, Jean-Yves.- Protestants et Bretons.- Carrières sous Poissy : La Cause, 2003.- 294 p : ill., cartes, couv. ill. en coul ; 22 cm.- Coll.. Terres protestantes.- 2-87657-048-3. (Paris Mazarine 8º 102405).
    Collectif.– Le Patrimoine des Communes des Côtes d'Armor, Tome II.– Charenton le Pont : Flohic Editions, 1998 – 1 344 p : ill, croquis, clichés en coul, couv. ill. en coul. ; 18 x 25 cm – Coll. Le Patrimoine des Communes de France.- 2-8423-4030-2. (Quimper BU 703-BRET PAT)
Ouest-France 26 juillet 1977, 19 août 1981

Archives du temple réformé de Saint-Brieuc

Biographie de Pierre Charlot dans ce blog, cliquer ici 

Pierre Charlot (1929-2019), I.E.N, protestant et président de l'U.T.L de Guingamp


Pierre Charlot (1929-2019)

Origines

Pierre Charlot est né le 18 mai 1929 dans le 18e arrondissement de Paris d’un père d’origine haut-marnaise et d’une mère bretonne. Des deux familles, il ne connaîtra que ses grands-parents maternels, de solides Rostrenois.

 

Pierre Charlot (1929-2019)

  

Études et carrière professionnelle

Après l’obtention du baccalauréat, série philosophie en 1948, Pierre Charlot entre sur concours au lycée La Fontaine où a été ouverte une classe de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Éducation musicale.

Nommé au Collège moderne de Nancy comme professeur d’Éducation musicale, il voit sa carrière interrompue par la nécessité d’accomplir ses obligations militaires. Appelé pour une durée de douze mois, temps d’abord imposé à sa classe d’âge, il restera en réalité 29 mois sous les drapeaux en raison des événements ayant ensanglanté l’Algérie. Passé par l’école de formation des officiers de Saint-Maixant, il sera affecté à la formation des jeunes recrues. Libéré en janvier 1958 et affecté au lycée Poincaré de Nancy, vers 1965, l’ouverture d’un centre de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Inspection primaire le pousse à se renouveler. Ledit certificat lui est attribué en 1967 et une nouvelle carrière s’ouvre devant lui dès le mois de janvier suivant. Il effectue d’abord diverses tâches avant d’obtenir à la rentrée 1968 le poste de Pont-à-Mousson où il restera jusqu’en 1974.

Retour en Bretagne
En 1974, il ne résistera pas à l’appel de la Bretagne. Deux postes étaient vacants à Guingamp : ses états de service et son ancienneté lui ont permis d’obtenir l’un d’eux caractérisé par sa dimension essentiellement rurale, chefs-lieux de canton et écoles de campagne, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Admis à la retraite en 1990, il devait être écrit qu'il ne se libérerait pas aussi facilement de ses attaches avec le milieu puisqu’il lui fut demandé de fonder à Guingamp une section de l’Université du Temps Libre dont il s'est retiré après dix-sept ans de présidence.

Pierre Charlot 17 mai 2006 Ouest-France


Engagement dans le protestantisme
Concernant son engagement dans le protestantisme, voilà ce que Pierre Charlot en dit : " Parler de la foi c’est déjà ouvrir une porte sur le jardin secret. Je m’en dispenserai donc. Mais alors que j’étais en classe de quatrième, sous l’influence d’un professeur convaincant je présume, j’avais formé trois vœux : visiter Berlin (nous étions en 1942 !), voir Carthage (souvenirs du « Delenda Carthago est » de Caton l’Ancien ) et devenir protestant. Les trois vœux ont été accomplis, le troisième non sans difficulté. Je ne connaissais personne apte à m’orienter, pas même un camarade de classe et ma famille au plan religieux manifestait une certaine tiédeur. J’ai lu, je me suis documenté et c’est à l’occasion de mon installation en Bretagne que j’ai pu établir le contact avec le docteur Hansen alors responsable de notre communauté".
Responsabilités dans la paroisse
C'est  d'abord le pasteur Le Cozannet qui s’est assuré de la solidité de la culture religieuse de Pierre Charlot et lui a rapidement confié des responsabilités au sein de l’Église. Ensuite, un évènement est venu accélérer la prise de responsabilité de Pierre Charlot. En effet, le pasteur Guy Froment,  un an avant sa retraite, a été autorisé à ne plus exercer son ministère qu'à mi-temps. Le conseil presbytéral a alors proposé à Pierre Charlot, qui en était le vice-président d'assurer, en liaison avec le pasteur, la responsabilité de l’Église en 1993-1994. Les tâches ont donc été partagées: M. Froment a conservé les affaires délicates, le Conseil presbytéral devant assurer le culte et les autres tâches.
 
 Dans la photo qui illustre l'article ci-dessous, on reconnait Pierre Charlot tout à fait à gauche. Il y explique le fonctionnement d'une communauté protestante avec beaucoup de clarté.

 



Pierre Charlot (tout à fait à gauche) à Perros. 27 février 1994 Le Télégramme

 
Pierre Charlot à Perros. 27 février 1994 Le Télégramme

 
 
 
 



 




Sources

Par modestie et discrétion, Pierre Charlot a longtemps esquivé la proposition de livrer certains éléments sur sa vie. Finalement, cette biographie a été établie, vérifiée et complétée par Pierre Charlot lui-même en juin 2019, peu avant son décès.
 
 
Pierre Charlot 2 octobre 2004 Ouest-France
 
 

Annexes

Pierre Charlot était membre fondateur de l’Université du temps Libre de Guingamp et on le retrouve régulièrement dans la presse locale entre 2001 et 2008 (année où il passe la main en tant que président de l’UTL).

Il est arrivé à plusieurs reprises à Pierre Charlot de faire partager ses recherches sur la Bible ou l’histoire du protestantisme comme on le voit dans les articles suivants datés de 2001 et 2002.

Pierre Charlot. 2003. Ouest-France

 

Article du 24 octobre 2001

UTL : d'hier à aujourd'hui, nouveau regard sur la Bible.

Comme d'habitude, Marcel Le Moal, le président de l'UTLCOB, a introduit la conférence. Les chrétiens reconnaissent l'ensemble des textes sacrés du peuple juif sous le nom d'Ancien Testament. Avec les livres du Nouveau Testament (Evangile et lettres des apôtres), ils constituent la référence spirituelle de tous les chrétiens, quels qu'ils soient.

Marcel Le Moal à gauche et P. Charlot. 24 octobre 2001. OF

La seconde partie du Coran, qui évoque les patriarches et les prophètes, confirme une continuité entre les livres saints. « Ils sont à la base des grandes religions monothéistes révélées, branches issues d'un même tronc, qui a nourri la postérité d'Abraham, même si ces frères, qui ont puisé aux mêmes sources spirituelles, se sont, souvent, comportés, dans l'Histoire et encore aujourd'hui, comme des frères ennemis. »  


Pierre Charlot, le conférencier, a exercé des responsabilités au sein de l’Église réformée de Saint-Brieuc. D'autre part, il s'est spécialisé dans la recherche sur le protestantisme en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles. Il a expliqué à son auditoire comment ont été élaborés les textes de la Bible, puis comment s'est constituée la Bible hébraïque. Ensuite, il a indiqué la manière dont s'est effectuée la transmission en différentes langues avec les ajouts, dont les principaux sont ceux des chrétiens, après la mort de Jésus.

Aujourd'hui, le fond hébraïque constitue l'Ancien Testament et les livres essentiellement chrétiens le Nouveau Testament. « Ces derniers sont éclairés par l'Ancien Testament qui a été conservé pour cette raison. » Dans un second temps, Pierre Charlot a montré en quoi ces textes nous concernent encore aujourd'hui. « Quelle lecture un chrétien peut-il faire de la Bible aujourd'hui ? » Le conférencier a développé trois exemples en s'appuyant sur des paraboles tirées des Évangiles de Luc et Mathieu : la parabole « des Vierges folles et des vierges sages », celle « des dix lépreux » et celle « de la joue tendue ».


Pierre Charlot 2 octobre 2004. OF

 

26 février 2002

UTL : les adhérents sont venus écouter l'histoire d'Henri II de Rohan

Inspecteur départemental de l'Éducation nationale à la retraite, Pierre Charlot, président de l'Université du temps libre (UTL) de Guingamp, est venu lundi après-midi présenter une conférence sur Henri II de Rohan. Le Palais des Congrès avait presque fait le plein, tant la vie de ce descendant d'une des plus grandes familles bretonnes passionne les amateurs d'histoire. « Le protestantisme est une période de l'Histoire un peu oubliée, regrette Pierre Charlot. Protestant moi-même, c'est logiquement que je me suis intéressé à Henri II de Rohan. »

Lors de cette conférence, il a abordé les différentes périodes de la vie de « ce huguenot rebelle sous Louis XIII », sa participation aux guerres politico-religieuses et la période où il a troqué son épée pour la plume.
 
 
 
Retour au sommaire du blog, ici 
 
 
 
Pierre Charlot en 2007 Ouest-France