samedi 5 octobre 2024

Wilhelm Nicolaysen (1875-1914), militaire et protestant



Wilhem Nicolaysen (1875-1914)



Origines

 
Dans les membres fondateurs et jusqu'en 1913, nous trouvons dans les registres de la paroisse protestante de St Brieuc Wilhelm Ingwald Nicolaysen, né à Douarnenez (29) le 17 août 1875, marié le 28 mai 1906 à St Brieuc avec Nelly Trouessart, résidant Boulevard Pasteur à St Brieuc. Le capitaine Nicolaysen est le fils du consul norvégien de Douarnenez (Finistère). Le père de son épouse est directeur de la Banque de France à St Brieuc.
Le couple aura trois enfants. Ses trois filles, Hilda, Dagny et Yanhe, qui habitaient à Saint-Brieuc, venaient régulièrement passer leurs vacances à Douarnenez chez leur oncle Valentin qui avait également trois filles. Dans la famille, on précisait donc : les trois filles Nicolaysen de Douarnenez et les trois filles Nicolaysen de Saint-Brieuc.



Carrière et Guerre 14-18

Le capitaine Wilhelm Nicolaysen est d’origine norvégienne mais il opte pour la nationalité française. Il fait partie de la classe 1895 et son bureau de recrutement est Quimper. On lui attribue le matricule n°895. Il entre à l'Ecole militaire d'Infanterie de Saint-Maixent, promotion 1899-1900.

Pendant la guerre de 14-18, il est affecté au 31e bataillon de chasseurs, et meurt à Breschwiller (Alsace) le 22 août 1914.
Extrait du "Tableau d'honneur de la Grande-Guerre" : "A tenu la plus brillante conduite. Blessé grièvement en soutenant la retraite de son bataillon le 21 août 1914, est décédé à l'ambulance des suites de ses blessures."
Son nom est inscrit sur le monument aux morts dressé au cimetière de Douarnenez.

Il fut tué à la guerre de 1914-1918. C'était le premier officier de l'armée française, et protestant, qui ne portait pas un nom français. La revue L'Illustration rapporte que c'est à ce titre que les allemands lui firent des funérailles particulières.

  
 

Sources
 

Registre des membres Temple de Saint-Brieuc
Site Généanet. Fiche établie par Joël Chirol 
Site Généanet. Fiche sur sa fille, Hilda née à St Brieuc (6.11.1910), Dagny née à St Brieuc (17.06.1907) et Yanhe née à Saint-Dié dans les Vosges (4.06.1914)
Forum 14-18, anciens élèves de Saint-Maixent, recherches Francine Laude, fiche Wilhem Nicolaysen



 

 

   

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Le pasteur Victor Bouhon (1834-1908)

 

 
 
Victor Bouhon (1834-1908) est né le 9 septembre 1834 à Paris. Il s'engage dans le protestantisme missionnaire (Ecole des Missions de Passy en 1856) et part à Haïti en 1861 mais il est rapatrié en 1862.
Juste avant son départ pour Haïti, il a épousé Frances Elisabeth Dockery (1836-1878) à Londres le 25 mai 1861.
  Le 28 mai a lieu la cérémonie religieuse à la chapelle Eliatah-Islington, Comté de Middlesex (GB)

Après leur année très éprouvante à Haïti, Victor et Francès habitent St Brieuc, rue des petites Forges. Cinq enfants naitront de cette union. C'est à leur domicile de St Brieuc que Francès décède le 18 février 1878 à l'âge de 39 ans.

A la mort de son épouse, Victor Bouhon se remarie avec Marie Olive Corlay, née le 9 septembre 1852 à Guingamp. 
Le 22 mai 1878 le mariage est célébré à Saint Brieuc.

Victor Bouhon va essayer de rassembler  les protestants de Guingamp, de Lannion ou de St Brieuc à partir de 1862-1863. A cette époque, les protestants ne pouvaient pas exercer leurs droits tout à fait comme les autres.


Le 18 septembre 1864, Victor Bouhon célèbre un premier culte protestant dans la maison de Mme Veuve Young au numéro 7 de la rue Saint Guillaume.
Bientôt, les ennuis vont s'accumuler (voir l'article sur les origines de l'Eglise méthodiste dans les Côtes-du-Nord)

Mais après de nombreuses années en Bretagne, Victor Bouhon part à Montrouge, en région parisienne, puis à Paris, rue de Rivoli. C'est à Montrouge que décède son épouse Marie, le 20 novembre 1900 à l'âge de 48 ans.

Victor Bouhon décède quelques années plus tard à la Charité-sur-Loire (58) le 31 mai 1908, à l'âge de 73 ans.

Victor Bouhon aura de nombreux enfants de ses deux mariages. Les registres d'état-civil et le site de généalogie Généanet, nous permettent d'apporter quelques précisions :

Victor et Charles, décédés à la naissance en 1861
Elisabeth (1863-1929), mariée à Montrouge le 25 février 1892.
Victor Emile Noël Bouhon, né  le 22 septembre 1864 à Guingamp, décédé à l'âge de 19 ans à St Brieuc le 29 novembre 1883 à St Brieuc. La mention "étudiant" est portée sur l'acte de décès.
Marie Catherine, née le 24 avril 1867 à Guingamp, décédée en 1938.
Henriette Caroline Bouhon est née le 17 juin 1871 à St Brieuc, elle est décédée à Billancourt (Seine et Oise) le 13 août 1953.
Charles Adolphe Bouhon (1873-1960)
Henri Auguste Bouhon (1875-1956)

Les enfants nés de son deuxième mariage sont :
Edouard Louis Bouhon (1880-1941)

Maurice Olivier Bouhon (27 sept 1883-1915)
Emile Alexandre Bouhon (1889-1930)
Daniel François Bouhon (1893-1960)



Histoire d'une photo


Victor Bouhon apparaît sur une photographie de groupe, en 1857, durant ses études à la Société des missions évangéliques de Paris, en compagnie de son professeur et de ses condisciples.

Le pasteur Victor Bouhon (3e à l’arrière-plan à partir de la gauche), placé à Saint-Brieuc par le pasteur Jenkins,  fut le mentor du jeune Guillaume Le Coat après sa conversion. Il l’orienta vers l’Ecole normale protestante de Courbevoie. 

Cette photo a été publiée sur le site Histoire et Protestants en Centre-Bretagne

 


 


 


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Sources 

Archives départementales 22 en ligne :  
Marie Catherine Bouhon, registre des naissances Guingamp 1867, page 37
Bouhon Maurice
Bouhon Henriette,  registre des naissances St Brieuc 1871, page 89 
Victor Emile, registre de 1864 des naissances Guingamp page 210
Victor Emile Noël Bouhon, registre des décès St Brieuc 1883, page 503, 

Site Généanet, fiche sur Victor Bouhon établie par Jean-Jacques Bouhon

Article de Jean-Yves Carluer sur Victor Bouhon
 
 
 

Jean-Claude Chevalier (1931-2019), protestant à Saint-Brieuc



Jean-Claude Chevalier (1931-2019). Photo 2009


 
Jean-Claude Chevalier est né en 1931 à Mamers dans la Sarthe. Il se marie en 1975 avec Agnès de Singly. Dans les années 70, il fait connaissance avec le milieu protestant à Angers. Assez rapidement, il entame une formation de prédicateur laïc à Nantes sous la conduite du pasteur Laurent Schlumberger. 
 
Après avoir déménagé à Orléans, il s’investit dans l’Eglise protestante comme Conseiller presbytéral, trésorier, avant d'être élu vice-président de l'Eglise Réformée d'Orléans.
 
Arrivé en Bretagne, il devient membre de l’Eglise Réformée de St Brieuc en mai 2003 et rentre au Conseil presbytéral en mars 2004. Il assurera cette fonction pendant huit ans.

Avec le pasteur Solange Weiss-Déaux, Jean-Claude Chevalier commence en 2007 à animer un atelier mensuel pour former des prédicateurs laïcs. Au départ du pasteur, non remplacé en juillet 2009, l'équipe de prédicateurs peut assurer le culte à tour de rôle. Les tâches sont réparties pour assurer le bon fonctionnement de la paroisse.
 
Jean-Claude Chevalier devient, pendant un an et demi, le président du Conseil presbytéral de juillet 2009 à fin 2010 et, à ce titre, dirige la paroisse et coordonne l'action des différents responsables. 
On lui doit en particulier de nombreuses initiatives sur le plan du dialogue entre les religions sur St Brieuc. Jean-Claude Chevalier est alors présent dans les groupes oecuméniques d'études bibliques, de préparation aux célébrations oecuméniques, présent dans les rencontres entres Eglises protestantes et dans le dialogue avec les musulmans de St Brieuc.
Il est également engagé dans l'association d'Entraide protestante, dans l'ACAT et dans la Cimade. Il est à l'initiative d'un groupe de protestants appelés "Les disséminés" sur le secteur de Lamballe.


En mai 2018, selfie de Jean-Claude Chevalier (1931-2019)




 
Prenant part ensuite activement à de nombreux groupes de réflexion jusqu'en 2018, Jean-Claude Chevalier s'est finalement éteint en février 2019.
 
Voici l'une de ses dernières paroles:  
"Je remercie toutes les personnes qui m'ont permis de mieux comprendre les richesses de la nature humaine, et cela de la personne la plus humble, à mes proches, ma famille; j'en ai pris conscience à 35 ans à Madagascar, expérience qui a bousculé ma vie et m'a permis de mesurer cette richesse.
La vie est une découverte permanente de la richesse humaine, richesse universelle."


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Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Jean-Claude Chevalier lui-même en 2018.


Lien 






 
 
 

Histoire des protestants à Pontivy 1560-2018

 

Le château des Rohan à Pontivy. Photo RF 2024

 
Pontivy a une histoire ancienne avec le protestantisme. En 1560, le vicomte Henri I de Rohan fonde l’Église protestante de Pontivy. En 1562 se déroule le premier culte protestant, quand le vicomte de Rohan, propriétaire du château, décide de dédier sa chapelle aux Huguenots et non plus au culte catholique. Un synode régional y est organisé en 1572.
 
La chapelle du château des Rohan à Pontivy. Photo RF 2024


 
La chapelle du château des Rohan à Pontivy. Photo RF 2024

 
En 1598, l’Édit de Nantes met fin aux guerres de religion et accorde six places de mariage aux protestants de France. La chapelle du château est l'une d'elles mais en 1686, la chapelle repasse dans le camp des catholiques une années après la révocation de l’Édit de Nantes. Le protestantismesous sa forme collective et rituelle disparait à Pontivy... Et nous arrivons au XXe siècle !

Bien que se situant dans le département du Morbihan, mais à la lisère des Côtes-d'Armor, Pontivy s'est retrouvé à différentes époques dans le secteur géographique des pasteurs de St Brieuc. C'est pour cette raison que nous avons quelques archives...

En 1950, on note l'existence d'un petit foyer de protestants (5 personnes).

De 1951 à 1958, le pasteur Paul Marquer, de St Brieuc, a assuré la desserte du poste de Pontivy. Les cultes ont alors lieu une fois par mois, avec au début seulement deux familles présentes.

Le 30 janvier 1954, le pasteur Marquer procède à St Brieuc à la bénédiction religieuse de Claude Rousseau et de Madeleine Guillôme, demeurant à Pontivy.

Le 26 mars 1954, dans la salle du Théâtre de Pontivy, le pasteur Marquer procède à la bénédiction religieuse de Gabriel Pérot, forain demeurant à Pontivy, et de Germaine Lebreton.
En 1953, un culte mensuel rassemble un petit groupe de protestants. Le 1er décembre 1953, le pasteur Marquer procède à l'inhumation de Mme Elisabeth Masson au cimetière de Pontivy, décédée à Pontivy le 29 novembre.

En 1954, pour la première fois (et jusqu'en 1963) les protestants de Pontivy figurent dans les registres des membres avec ceux de la paroisse de St Brieuc. Il s'agit de Jeanne Guégan, Michel et Simone Masson.

En 1955, le pasteur Paul Marquer écrit dans un courrier : "Pontivy, au cœur de la Bretagne, là depuis trois ans nous avons un petit noyau qui a doublé (cela ne fait quand même que 10 foyers).

En 1958, le pasteur Mattei de Vannes prend en charge à partir du mois d'août ce qui est déjà appelé "une annexe". Le groupe s'est étoffé pour atteindre 25 personnes (12 foyers). Les "routiers du Christ" passent une semaine dans la ville pour promouvoir le protestantisme.
En juillet 58, le pasteur marquer procède à l'inhumation de M. Gerbeur (d'origine mennonite) au cimetière de Pontivy, décédé à Pontivy.

En 1959, l'annexe de Pontivy est officiellement inscrite dans le secteur dépendant de St Brieuc.
Le pasteur Marquer y tient des réunions d'étude biblique, elles regroupent 10 personnes.
 
En 1960 (ou 1961?) les protestants se réunissent chez M. Masson à Pontivy pour y célébrer un culte du Vendredi Saint. Mme Velly rejoint le groupe des membres de l'ERF de Pontivy
Le 3 septembre 1960, le pasteur Marquer préside l'enterrement de Mme Jeanne Tifaine à la maison mortuaire de Pontivy, décédée à Pontivy le 31 août.
 
Le 28 août 1961, le pasteur Marquer préside à Pontivy à l'enterrement de Mme Simone Masson, née Bondu, décédée à Pontivy le 25 août.
 
Le 13 janvier 1962, le pasteur Kieffer préside à Pontivy à l'enterrement de M Eugène Chedeville, décédé à Pontivy le 11 janvier.
Le 6 août 1962, un pasteur suffragant d'Aubenas (en poste à St Brieuc) préside à Pontivy à l'enterrement de M Jacques Masson, décédé à Rambouillet le 2 août.
 
En 1963, M et Mme Perrot rejoignent le groupe des membres de l'ERF de Pontivy

De 1962 à 1971, le pasteur Kieffer, de St Brieuc, a assuré par intermittence la desserte de ce poste.

Au total, entre 1950 et 1963, les pasteurs de St Brieuc ont célébré à Pontivy trois mariages, deux baptêmes et six enterrements.

Dans les années 90, des cultes se pratiquent de temps en temps. C'est ce que rapporte le pasteur Schluchter de l’Église Réformée, responsable de Lorient-Vannes qui préside un culte exceptionnel le 26 septembre, dans la chapelle du château de Pontivy. Ce rassemblement réunit ce jour-là 80 personnes, dont le Maire de Pontivy et son adjoint.

 
 
Sources

Archives du temple de St Brieuc : registre des mariages (1939-1958), des baptêmes (1939-1969) St Brieuc et Côtes-du-Nord, registre des membres de la paroisse. 
 
Généanet, fiche sur Michel Masson, protestant, maire de Pontivy de 1971 à 1983, cliquer ici


Années 70, conférence à Pontivy du pasteur Kieffer.

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Pierre Charlot (1929-2019), I.E.N, protestant et président de l'U.T.L de Guingamp


Pierre Charlot (1929-2019)


Origines

Pierre Charlot est né le 18 mai 1929 dans le 18e arrondissement de Paris d’un père d’origine haut-marnaise et d’une mère bretonne. Des deux familles, il ne connaîtra que ses grands-parents maternels, de solides Rostrenois.

 
 
Études et carrière professionnelle
 

Après l’obtention du baccalauréat, série philosophie en 1948, Pierre Charlot entre sur concours au lycée La Fontaine où a été ouverte une classe de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Éducation musicale.
 
Pierre Charlot (1929-2019)
 
Nommé au Collège moderne de Nancy comme professeur d’Éducation musicale, il voit sa carrière interrompue par la nécessité d’accomplir ses obligations militaires. Appelé pour une durée de douze mois, temps d’abord imposé à sa classe d’âge, il restera en réalité 29 mois sous les drapeaux en raison des événements ayant ensanglanté l’Algérie. Passé par l’école de formation des officiers de Saint-Maixant, il sera affecté à la formation des jeunes recrues.

Libéré en janvier 1958 et affecté au lycée Poincaré de Nancy, vers 1965, l’ouverture d’un centre de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Inspection primaire le pousse à se renouveler. Ledit certificat lui est attribué en 1967 et une nouvelle carrière s’ouvre devant lui dès le mois de janvier suivant. Il effectue d’abord diverses tâches avant d’obtenir à la rentrée 1968 le poste de Pont-à-Mousson où il restera jusqu’en 1974. 

 
Retour en Bretagne


En 1974, il ne résistera pas à l’appel de la Bretagne. Deux postes étaient vacants à Guingamp : ses états de service et son ancienneté lui ont permis d’obtenir l’un d’eux caractérisé par sa dimension essentiellement rurale, chefs-lieux de canton et écoles de campagne, ce qui n’était pas pour lui déplaire.


Admis à la retraite en 1990, il devait être écrit qu'il ne se libérerait pas aussi facilement de ses attaches avec le milieu puisqu’il lui fut demandé de fonder à Guingamp une section de l’Université du Temps Libre dont il s'est retiré après dix-sept ans de présidence.
 



Engagement dans le protestantisme


Concernant son engagement dans le protestantisme, voilà ce que Pierre Charlot en dit : " Parler de la foi c’est déjà ouvrir une porte sur le jardin secret. Je m’en dispenserai donc. Mais alors que j’étais en classe de quatrième, sous l’influence d’un professeur convaincant je présume, j’avais formé trois vœux : visiter Berlin (nous étions en 1942 !), voir Carthage (souvenirs du « Delenda Carthago est » de Caton l’Ancien ) et devenir protestant.
 
Les trois vœux ont été accomplis, le troisième non sans difficulté. Je ne connaissais personne apte à m’orienter, pas même un camarade de classe et ma famille au plan religieux manifestait une certaine tiédeur. J’ai lu, je me suis documenté et c’est à l’occasion de mon installation en Bretagne que j’ai pu établir le contact avec le docteur Hansen alors responsable de notre communauté".


Pierre Charlot 17 mai 2006 Ouest-France




Responsabilités dans la paroisse



C'est  d'abord le pasteur Le Cozannet qui s’est assuré de la solidité de la culture religieuse de Pierre Charlot et lui a rapidement confié des responsabilités au sein de l’Église. 
 
Ensuite, un évènement est venu accélérer la prise de responsabilité de Pierre Charlot. En effet, le pasteur Guy Froment,  un an avant sa retraite, a été autorisé à ne plus exercer son ministère qu'à mi-temps. Le conseil presbytéral a alors proposé à Pierre Charlot, qui en était le vice-président d'assurer, en liaison avec le pasteur, la responsabilité de l’Église en 1993-1994. Les tâches ont donc été partagées: M. Froment a conservé les affaires délicates, le Conseil presbytéral devant assurer le culte et les autres tâches. 
 
 Dans la photo qui illustre l'article ci-dessous, on reconnait Pierre Charlot tout à fait à gauche. Il y explique le fonctionnement d'une communauté protestante avec beaucoup de clarté.
 
 
Pierre Charlot (tout à fait à gauche) à Perros. 27 février 1994 Le Télégramme

 
 
Pierre Charlot à Perros. 27 février 1994 Le Télégramme

 
 
M. Charlot entre aussi au conseil de Consistoire et en devient le secrétaire. Les actions entreprises par le pasteur Froment seront poursuivies cette année-là. Lors de la nomination du pasteur Thomas Mentzel, M. Charlot conservera son poste de président du conseil presbytéral. Toutefois, il ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat aux élections de 1997 en raison de son éloignement géographique. C'est un briochin, M. André de Kerpezdron qui lui succédera à cette date

A noter aussi qu'en 1978, M. Charlot a remplacé à l'harmonium la dévouée et assidue Mme Marie Gugenheim. Il a assuré cette tâche pendant des années par la suite. On peut retenir également un moment important pour Pierre Charlot, celui où on lui a confié le discours d'accueil des participants réunis à St Brieuc en novembre 1991 pour le Synode régional. Enfin, on doit reconnaître qu'il a aussi beaucoup œuvré pour développer l'œcuménique sur le secteur de Guingamp. 


Pierre Charlot est décédé le 30 juillet 2019 à l'hôpital de Guingamp à l'âge de 90 ans. Un culte d'action de grâce a eu lieu le 8 août à la salle polyvalente de Pabu. A cette occasion, son ami John Colomb a lu la confession de foi de Luther,  Magali Lenot et Daniel Colin ont célébré le culte.
 
 
Pierre Charlot 2 octobre 2004 Ouest-France

 



Sources

Par modestie et discrétion, Pierre Charlot a longtemps esquivé la proposition de livrer certains éléments sur sa vie. Finalement, cette biographie a été établie, vérifiée et complétée par Pierre Charlot lui-même en juin 2019, peu avant son décès.
 
 
 
 

Annexes

Pierre Charlot était membre fondateur de l’Université du temps Libre de Guingamp et on le retrouve régulièrement dans la presse locale entre 2001 et 2008 (année où il passe la main en tant que président de l’UTL).

Il est arrivé à plusieurs reprises à Pierre Charlot de faire partager ses recherches sur la Bible ou l’histoire du protestantisme comme on le voit dans les articles suivants datés de 2001 et 2002.

Pierre Charlot. 2003. Ouest-France

 

Article du 24 octobre 2001

UTL : d'hier à aujourd'hui, nouveau regard sur la Bible.

Comme d'habitude, Marcel Le Moal, le président de l'UTLCOB, a introduit la conférence. Les chrétiens reconnaissent l'ensemble des textes sacrés du peuple juif sous le nom d'Ancien Testament. Avec les livres du Nouveau Testament (Evangile et lettres des apôtres), ils constituent la référence spirituelle de tous les chrétiens, quels qu'ils soient.

Marcel Le Moal à gauche et P. Charlot. 24 octobre 2001. OF

La seconde partie du Coran, qui évoque les patriarches et les prophètes, confirme une continuité entre les livres saints. « Ils sont à la base des grandes religions monothéistes révélées, branches issues d'un même tronc, qui a nourri la postérité d'Abraham, même si ces frères, qui ont puisé aux mêmes sources spirituelles, se sont, souvent, comportés, dans l'Histoire et encore aujourd'hui, comme des frères ennemis. »  


Pierre Charlot, le conférencier, a exercé des responsabilités au sein de l’Église réformée de Saint-Brieuc. D'autre part, il s'est spécialisé dans la recherche sur le protestantisme en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles. Il a expliqué à son auditoire comment ont été élaborés les textes de la Bible, puis comment s'est constituée la Bible hébraïque. Ensuite, il a indiqué la manière dont s'est effectuée la transmission en différentes langues avec les ajouts, dont les principaux sont ceux des chrétiens, après la mort de Jésus.

Aujourd'hui, le fond hébraïque constitue l'Ancien Testament et les livres essentiellement chrétiens le Nouveau Testament. « Ces derniers sont éclairés par l'Ancien Testament qui a été conservé pour cette raison. » Dans un second temps, Pierre Charlot a montré en quoi ces textes nous concernent encore aujourd'hui. « Quelle lecture un chrétien peut-il faire de la Bible aujourd'hui ? » Le conférencier a développé trois exemples en s'appuyant sur des paraboles tirées des Évangiles de Luc et Mathieu : la parabole « des Vierges folles et des vierges sages », celle « des dix lépreux » et celle « de la joue tendue ».


Pierre Charlot 2 octobre 2004. OF

 

26 février 2002

UTL : les adhérents sont venus écouter l'histoire d'Henri II de Rohan

Inspecteur départemental de l'Éducation nationale à la retraite, Pierre Charlot, président de l'Université du temps libre (UTL) de Guingamp, est venu lundi après-midi présenter une conférence sur Henri II de Rohan. Le Palais des Congrès avait presque fait le plein, tant la vie de ce descendant d'une des plus grandes familles bretonnes passionne les amateurs d'histoire. « Le protestantisme est une période de l'Histoire un peu oubliée, regrette Pierre Charlot. Protestant moi-même, c'est logiquement que je me suis intéressé à Henri II de Rohan. »

Lors de cette conférence, il a abordé les différentes périodes de la vie de « ce huguenot rebelle sous Louis XIII », sa participation aux guerres politico-religieuses et la période où il a troqué son épée pour la plume.

 
 
 
 
 
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Pierre Charlot en 2007 Ouest-France

 
 
 

Madagascar dans l'histoire de la paroisse réformée de Saint-Brieuc.



Des engagements forts pour Madagascar

Madagascar tient une place à part dans l'histoire de la paroisse. Après-guerre, plusieurs conférences sont programmées en 1947 et début 48 : le pasteur Edmond Brunel (missionnaire à Madagascar) expose en décembre les activités de la Société des missions et au début de l'année 48, le pasteur André Roux fait une série d'exposés sur Madagascar. Sur la question de la décolonisation, des intellectuels protestants ont demandé que le gouvernement français cesse les massacres à Madagascar dès 1947.

En 1959, c'est après les inondations à Madagascar que la paroisse de Saint-Brieuc récolte des dons. 

Inondations en 1959 à Madagascar

Des liens avec Madagascar sont établis depuis que deux enseignants malgaches et protestants sont venus en juin 1958 au Temple de Saint-Brieuc à l'invitation du pasteur Marquer.
M. Ratsitchara, directeur d'école et M. Dantès, professeur de Cours complémentaire, ont alors pu rendre compte de la réalité vécue dans ce pays, dans un contexte où l'indépendance du pays était proche (le 26 juin 1960). Bien plus tard, en 1995, au Temple on organise une opération "bol de riz" au bénéfice d'un village malgache avec la participation de Mlle Homburger, missionnaire à Madagascar et membre de la communauté oecuménique de Granchamp.

Dans le cadre de la CIMADE, un projet local de partenariat est engagé avec le village malgache d'Ambatomiranty  d'où est originaire un couple de la paroisse protestante (Albertine et Albert Razanokolona).
Dans les années 90, M et Mme Razanokolona pourrait d'ailleurs bien représenter les premiers protestants d'origine malgache inscrits dans la paroisse protestante réformée de Saint-Brieuc.

Albertine Razanokolona dans une école du Finistère. Décembre 1991

En 1995, une association est créée "L'oiseau bleu", dont le siège social est au Temple. Le premier objectif est de fournir un groupe électrogène en vue de faire fonctionner une machine pour décortiquer le riz et de faire fonctionner des machines à coudre. L'association L'oiseau bleu, association loi 1901, est inscrite le 25 avril 1995 à la Préfecture et son but est d'établir un partenariat avec le village d'Ambatomiranty pour son développement économique, social et culturel
La présidente est Valérie Commault, la vice-présidente Albertine Razanokolona, le secrétaire Guy Froment, le trésorier Bernard Lenot. On note aussi dans les membres la présence de Françoise Galaup, infatigable militante, première présidente du Collectif tiers-Monde des Côtes d'Armor (épouse de Jacques Galaup, adjoint à la culture de St Brieuc de 1965 à 1989, militant PSU bien connu).

L'association s'engage sur plusieurs années, dans différentes manifestations, pour rassembler l'argent nécessaire (repas, vente d'objets, marche sponsorisée à Étables...) Enfin, en novembre 1997, les fonds sont suffisants pour acheter la décortiqueuse de riz.


A noter que les protestants de France et de Madagascar ont, depuis longtemps, tissé des liens très étroits. Les premiers missionnaires anglais sont arrivés en 1818, avant la colonisation. Ils ont introduit la technique de la brique cuite et de la pierre taillée que l'on retrouve encore aujourd'hui sur les hauts plateaux. Ils ont fixé la langue par écrit. Au XXe siècle, des protestants Malgaches (réformés et luthériens) ont créé en 1959 l’Église protestante malgache en France (F.P.M.A). Elle est devenue membre associé de la Fédération protestante de France dès 1979. Elle compte environ 38 paroisses en France.


Ils ont été marqués par Madagascar

Le pasteur Samuel Bourguet et Lucie, son épouse

Le pasteur Samuel Bourguet, après avoir exercé à Lannion-Perros-Guirec de 1924 à 1928, part à Madagascar fin 1928 avec la Société des Missions évangéliques de Paris. La SMEP est implantée à Madagascar depuis 1896. Prenant rapidement des cours du soir pour apprendre le malgache, il va pouvoir prêcher dans la langue du pays au bout d'un an.   

Jusqu’en 1940, il assure la fonction de directeur de l'école primaire-supérieure d'Ambohijatovo nord à Tananarive. Puis de 1940 à 1945, on lui confie la direction d’un vaste district (le Vonizongo) et d’une école biblique à Fihaonana où l'on forme des prédicateurs laïcs. Au début du mois de septembre 1940, la famille déménage à Fihaonana. Les déplacements pour visiter les paroisses s'effectuent en pousse-pousse, en chaise à porteur pour les distances les plus courtes ou au volant de la vieille Citroën quand il faut se rendre à la capitale pour des conférences par exemple.
Le pasteur est très actif dans la Croix-Bleue car de nombreux malgaches ont des soucis avec l'alcool. Il s'emploie à créer de nouvelles sections. Samuel Bourguet assure la présidence de cette association à Madagascar.


Les retours en métropole sont rares et la première fois se produira après 5 ans sur place, en 1933. Le pasteur est chargé de faire des conférences en France pour parler du travail de la mission à Madagascar et récolter des fonds afin de poursuivre le travail commencé.
Le deuxième retour en France en 1939 est annulé à cause de la déclaration de guerre et de la suppression des bateaux vers la France. La famille Bourguet reste donc à Madagascar plus de dix ans sans revenir en métropole. Ce n'est qu'en novembre 1945 que cette longue expérience s'achève.


Ensuite, au retour de Madagascar, après une période de repos, le pasteur occupe la fonction d'aumônier militaire. Il est particulièrement chargé d'accompagner les militaires malgaches qui retournent dans leur pays par le port de Marseille.
Le pasteur Bourguet exerce ensuite dans la paroisse de Milhaud dans le Gard de 1947 à 1961. Il s'inscrit comme pasteur de l'Eglise Réformée de France en 1947 et y restera officiellement jusqu'en 1963.
Il faut aussi rappeler le rôle de Lucie Bourguet (née Nüsslé, 1902-1992) qui a eu six enfants dont elle s'est occupée dans des conditions très rudimentaires pendant de longues années à Madagascar de 1928 à 1945.


Jean-Claude Chevalier, conseiller presbytéral

Jean-Claude Chevalier est né en 1931 à Mamers dans la Sarthe. Après avoir exercé des responsabilités dans l’Église catholique qui le conduiront dans différentes parties du monde, Jean-Claude Chevalier se marie en 1975 avec Agnès de Singly. Dans les années 70, il fait connaissance avec le milieu protestant à Angers et entame une formation de prédicateur laïc à Nantes. Plus tard, il devient membre de l’Église Réformée de St Brieuc en mai 2003 et rentre au Conseil presbytéral en mars 2004. Il assurera cette fonction pendant huit ans. Jean-Claude Chevalier s'est finalement éteint en février 2019.

Voici l'une de ses dernières paroles : « Je remercie toutes les personnes qui m'ont permis de mieux comprendre les richesses de la nature humaine, et cela de la personne la plus humble, à mes proches, ma famille; j'en ai pris conscience à 35 ans à Madagascar, expérience qui a bousculé ma vie et m'a permis de mesurer cette richesse ».

 

La chorale, spécificité des communautés malgaches.

Le chant tient une grande place dans les traditions malgaches, quelles soient religieuses ou profanes. Il n'est pas étonnant de retrouver l'expression de la foi à travers le chant collectif. En particulier le gospel peut être considéré comme un moyen de se délivrer des tristesses et des douleurs. Plusieurs exemples dans l’ouest de la France suffisent à montrer que les chorales malgaches sont une spécificité dans le monde protestant.
Le chant polyphonique, accompagné par les frappés de mains, est souvent pratiqué dans la tradition malgache.

Tout d’abord à Rennes, la chorale malgache Midera est créée en 1998. A son répertoire on trouve des chants polyphoniques et traditionnels de compositeurs malgaches mais aussi du classique (Jean-Sébastien Bach), du gospel ou des chansons françaises. Midera se produit au niveau régional avec d’autres chorales de l’église protestante malgache en France.

En 2014


A Nantes en 1995 naissait la paroisse nantaise L'Église protestante malgache en France et la chorale Antsan'ny Lanitra (« Mélodie du ciel »), dirigée par Francis Randriarimanga. 

La chorale animait régulièrement les cultes au temple protestant tout en chantant aussi pour les mariages en interprétant des airs de Madagascar. Le répertoire de la chorale comprend des textes tirés de la Bible mais aussi des classiques comme le Messie de Haendel ou du gospel. Cette Eglise se définit comme « jeune et dynamique, issue de l'immigration, contribuant à enrichir la fédération protestante ».

Chorale de Nantes


 

Dans les années 2000, la chorale malgache Mirana, effectue de nombreux concerts dans les églises évangéliques. Le pasteur Frédéric Sourisseau, responsable de la communauté évangélique de la Maison blanche à Quévert, proche de Dinan, la fait venir en mai 2004. La chorale Mirana s'est,constituée autour du pasteur évangélique de Rennes, Roger Rajaobelina. Les fonds récoltés vont soutenir l'association Tsiky qui oeuvre auprès d'enfants de Madagascar.

A la Maison blanche. 18 mai 2004 Ouest-France


La chorale malgache Mirana se produit en concert dans l’Église évangélique de Robien en octobre 2004. 

Chorale malgache à Robien. Photo Le Télégramme 20 octobre 2004

 

Pendant quelques années à partir de 2013, le groupe Kejan Armoric Gospel de Saint-Brieuc a réuni une quinzaine de membres provenant de divers horizons professionnels et religieux, ou pas, et se retrouvait régulièrement au temple protestant réformé.


 

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Si vous avez des remarques à partager ou des renseignements à communiquer sur la communauté malgache protestante, merci d'utiliser le formulaire de contact. 

 

Sources 


Article sur le pasteur Samuel Bourguet, cliquer ici

Photos du pasteur Bourguet à Madagascar, ici

Lien pour accéder à un texte sur les activités du pasteur Bourguet à Madagascar de 1939 à 1941, ici

Pour la reproduction des deux photos du pasteur Bourguet à Madagascar, merci à  Claire-Lise Lombard de la Bibliothèque du Défap-service protestant de mission 102 Bld Arago 75 014 Paris.

Biographie complète de Jean-Claude Chevalier, ici
 

Place et rôles des temples protestants malgaches dans la construction d'une communauté à Paris, par Hery Andry I.V Rakotonanahary. Université Denis Diderot Paris 7 - DEA Sociologie 2002. Cliquer ici

Site de l’Église malgache de Nantes

Facebook, Eglise protestante malgache, ici

Archives de Ouest-France et du Télégramme