mercredi 19 août 2020

Louis et Marie Ricoeur (1907 à 1909) et Paul Ricoeur (1933-1934) à St Brieuc

Les grands-parents du philosophe Paul Ricoeur à Saint-Brieuc

On peut lire dans la page sur les origines de la communauté protestante briochine au XXème siècle que c'est le 18 février 1907 qu'a lieu à Saint-Brieuc la première assemblée générale de l'association cultuelle, 12 rue du Champ de Mars. 

Le président, le vice-président et le trésorier sont reconduits dans leurs fonctions  et M. Nicolaysen devient secrétaire. Messieurs Ricoeur, Buanec et Gros sont admis comme membres de l'association ainsi que Mesdames Bryant, Ricoeur et Buanec sans oublier Mademoiselle Jeanne Garchery. 

L'assemblée de 1909 se déroule le 19 janvier dans le Temple qui vient d'être construit rue Victor Hugo.
Le comité directeur est renouvelé avec comme président Monsieur Roux, le pasteur de St Brieuc, vice-président Monsieur Scarabin, pasteur à Lannion, trésorière Madame Bryant, secrétaire Monsieur Hansen, et assesseur Madame Ricoeur.

Début 1910, pas de changements notables sinon au poste d'assesseur où Mlle Maud Bird remplace Mme Ricoeur en janvier.


Qui sont M et Mme Ricoeur présents ce jour là ? 
Jean-Yves Carluer écrit à ce sujet dans son blog :
"Les Ricoeur sont probablement les parents de Paul, le grand théologien et philosophe protestant".
Il restait à en apporter la preuve et pour cela nous nous sommes tournés vers Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur. Les recherches effectuées par Mme Goldenstein pour répondre à ces questions n'ont pas pu prouver la présence à St Brieuc de personnes liées à Paul Ricoeur. 


Mais en fait, en examinant un registre qui était bien caché dans un meuble au Temple de St Brieuc, le nom de Ricoeur est de nouveau apparu. Dans la liste des membres de 1907, M et Mme Ricoeur sont bien inscrits, mais la mention de la profession est particulièrement intéressante puisque monsieur Ricoeur est "fondé de pouvoir" et  le couple a comme domicile la Trésorerie générale. Fin décembre 1909, ils partent de St Brieuc.
Avant de venir en Bretagne le grand-père de Paul Ricoeur a tout d'abord exercé comme instituteur dans une institution protestante à Blois (41). Il est ensuite devenu fondé de pouvoir à St Brieuc jusqu'en 1909, comme nous l'avons établi, puis à Rennes au moment de la Guerre 14-18, on peut donc dire que ces deux personnes sont Louis et Marie Elise Ricoeur. Ce sont eux qui vont recueillir, à Rennes, Paul, devenu orphelin de sa mère en 1913 puis de son père en 1915.
Louis et Marie Ricoeur semblent avoir été particulièrement appréciés puisque le 26 janvier 1910, on peut lire dans le registre de l'assemblée cultuelle de St Brieuc : "Sur proposition de Mme Bryant, l'Assemblée a chargé le secrétaire d'envoyer une lettre à la famille Ricoeur, pour lui exprimer ses regrets de son départ de St Brieuc et lui envoyer ses plus vives sympathies."



Précisons que Louis Ricoeur est né le 9 juillet 1856 à Luneray, Seine-Maritime (76), décédé le 24 septembre 1932 à Luneray. Marie Elise Ricoeur (née Sarradet) est née le 12 mai 1856 à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques, elle est décédée le 8 mai 1928 à Rennes (35).




Paul Ricoeur à Saint-Brieuc (1933-1934)

Dans les années 30, nous allons revoir à St Brieuc un autre Ricoeur, il s'agit de Paul, le célèbre philosophe.
Revenons un peu en arrière. Le jeune Paul Ricœur naît à Valence le 27 février 1913 dans une famille protestante.
Il est marqué par la mort de sa mère quelques temps après sa naissance le 27 février 1913, puis par celle de son père, tué en septembre 1915.
Paul et sa soeur Jeanne Alice sont recueillis par les grands-parents paternels Louis et Marie Elise. C'est une famille aisée qui réside 35 boulevard de Sévigné à Rennes, dans un quartier bourgeois proche du Parc du Thabor. Leur tante, Juliette Adèle Ricoeur, va également beaucoup s'occuper des deux enfants.

Juliette Adèle Ricoeur, tante de Paul et Jeanne Ricoeur.


Paul fréquente le temple protestant du boulevard de la Liberté, comme Simone Lejas, son amie qui deviendra son épouse.
Paul fait de brillantes études et devient licencié ès-lettres de la faculté de la place Hoche en 1933. Il échoue au concours d'entrée de Normale sup et quitte Rennes, pour enseigner comme professeur au Lycée de Garçons de Saint-Brieuc (aujourd'hui Collège Anatole Le Braz).  Parallèlement, il enseigne au Lycée de filles de la ville pour remplacer le professeur de philosophie qui est absent (aujourd'hui Lycée Renan). Il prépare sa maîtrise de philosophie Méthode réflexive appliquée au problème de Dieu chez Lachelier et Lagneau.




Paul Ricoeur enseigne-t-il à St Brieuc en 1933 ou en 1935 après avoir obtenu son agrégation?  Les sources sont contradictoires mais c'est bien après sa licence obtenue en 1933 qu'il vient à St Brieuc, pendant l'année scolaire 1933-1934. Ce jeune professeur, âgé de vingt ans, enseigne dix-huit heures par semaine.

Fréquentait-il le temple de St Brieuc? Non probablement pas car le jeune professeur rentrait à Rennes dès qu'il le pouvait...

A-t-il pu avoir des activités politiques ou syndicales à St Brieuc, comme il en a eu à Lorient quelques années plus tard ? C'est difficilement imaginable.
En effet c'est sa première année d'enseignement et il doit préparer tous ces cours.
Mme Goldenstein  a eu la chance d'accompagner Paul Ricoeur, alors qu'il était âgé, lors d'une rencontre avec une ancienne élève du Lycée de filles de St Brieuc. Cette dernière gardait le souvenir d'un professeur qui se donnait totalement à son enseignement.

En plus Paul Ricoeur travaille en 1933-1934 sur sa maîtrise de philosophie, un ouvrage remarquable (aux dires de spécialistes !). C'est son premier écrit philosophique et il compte encore de nos jours dans le monde de cette discipline.
Le trop court passage de Paul Ricoeur ne lui a pas permis de marquer la ville de St Brieuc, on ne va pas lui en faire le reproche !

Conclusion : Louis et Marie Elise Ricoeur, vont recueillir Paul Ricoeur et sa soeur. Les grands-parents paternels ont été des membres actifs de la paroisse protestante de St Brieuc au début du XXe siècle.


Sources :  

Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), registre "Modification des statuts" 1906-1952, page 12


Biographie chronologique Fonds Ricoeur

Correspondance avec M. Marc Boss, membre du Conseil scientifique du Fonds Paul Ricoeur et entretien avec Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur.
Mai 2019

Rennes, la ville de rencontre de Paul Ricoeur sur le site An Envor

Souvenirs de Paul Ricoeur en 2004 lors d'une rencontre à la mairie de Rennes.

Paul Ricoeur et Lorient 

Introduction à la maîtrise de philosophie de Paul Ricoeur rédigée en 1933-1934

Résultats des examens de philosophie, 2ème colonne 22 juin 1933 Ouest-Eclair Rennes

Site de généalogie, Généanet :
fiche Paul Ricoeur,
fiche Louis Ricoeur 
fiche Adèle Ricoeur

Fiche Paul Ricoeur, sur le site du Musée protestant

Le pasteur Hervé Stücker (1963)


Le pasteur Hervé Stücker


Hervé Stücker est le 28 janvier 1963 à Enghien-les-bains (95) dans une famille très engagée dans la communauté protestante.

Sur le plan de ses études, Hervé Stücker ne commence pas son cursus universitaire par la  théologie mais par une licence d'histoire puis un DEA (Diplôme d'Etudes Approfondies) en relations internationales, avant de compléter son cursus à l'Ecole de journalisme de Paris.

Il se marie le 11 septembre 1993 avec Hervine Debroise (née le 12 octobre 1969 à Nouméa). Le couple va avoir quatre enfants : Bleuenn, 1995; Loéïza, 1997; Titouan, 1999; Analena, 2009

A l’âge de 25 ans Hervé Stücker commence donc des études de théologie et près 5 années passées à l'Institut protestant de théologie, il devient pasteur et est ordonné en 1994.

Hervé Stücker débute dans la paroisse de Niort (1994-2002) puis passe 15 ans dans la paroisse de Lorient-Vannes (2002-2009) et de Lorient-Quimper (2009-2017) , avant d’arriver à Saint-Brieuc en août 2017.


Sources 

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Hervé Stücker lui-même

Lien 

Article du journal LeTélégramme du 6 mai 2018 à l'occasion de la consécration du pasteur Hervé Stücker à St Brieuc.

 

 

 

 

 

Le pasteur Juliette Tonge (1965)


Juliette Tonge 2010-2016


Juliette Tonge est née le 21 juin 1965. Elle est originaire du Cameroun. Elle fait ses études de théologie à Strasbourg.  

Juliette Tonge commence à exercer son mandat à St Brieuc en juillet 2010 et devient officiellement pasteur de la paroisse de St Brieuc-Perros en 2013. 

A son départ en 2016, la communauté protestante est restée sans pasteur pendant plus d'un an. Des laïcs ont pris le culte en charge à tour de rôle jusqu'à l'arrivée du nouveau pasteur.



Article publié dans "Eglise en Côtes d'Armor".
Décembre 2012


Lien pour accéder à un article de Ouest-France sur l'ordination de Juliette Tonje




A noter que les pasteurs Caroline Engel, Solange Weiss-Déaux et Juliette Tonge sont aussi présentées dans l'article sur la place des femmes dans l'Eglise Protestante Unie


Jean-Claude Chevalier (1931-2019)



Jean-Claude Chevalier (1931-2019). Photo 2009


Jean-Claude Chevalier est né en 1931 à Mamers dans la Sarthe. Il se marie en 1975 avec Agnès de Singly. Dans les années 70, il fait connaissance avec le milieu protestant à Angers. Assez rapidement, il entame une formation de prédicateur laïc à Nantes sous la conduite du pasteur Laurent Schlumberger. 
Après avoir déménagé à Orléans, il s’investit dans l’Eglise protestante comme Conseiller presbytéral, trésorier, avant d'être élu vice-président de l'Eglise Réformée d'Orléans.
Arrivé en Bretagne, il devient membre de l’Eglise Réformée de St Brieuc en mai 2003 et rentre au Conseil presbytéral en mars 2004. Il assurera cette fonction pendant huit ans.

Avec le pasteur Solange Weiss-Déaux, Jean-Claude Chevalier commence en 2007 à animer un atelier mensuel pour former des prédicateurs laïcs. Au départ du pasteur, non remplacé en juillet 2009, l'équipe de prédicateurs peut assurer le culte à tour de rôle. Les tâches sont réparties pour assurer le bon fonctionnement de la paroisse.
Jean-Claude Chevalier devient, pendant un an et demi, le président du Conseil presbytéral de juillet 2009 à fin 2010 et, à ce titre, dirige la paroisse et coordonne l'action des différents responsables. On lui doit en particulier de nombreuses initiatives sur le plan du dialogue entre les religions sur St Brieuc. Jean-Claude Chevalier est alors présent dans les groupes oecuméniques d'études bibliques, de préparation aux célébrations oecuméniques, présent dans les rencontres entres Eglises protestantes et dans le dialogue avec les musulmans de St Brieuc.
Il est également engagé dans l'association d'Entraide protestante, dans l'ACAT et dans la Cimade. Il est à l'initiative d'un groupe de protestants appelés "Les disséminés" sur le secteur de Lamballe.


En mai 2018, selfie de Jean-Claude Chevalier (1931-2019)




Prenant part ensuite activement à de nombreux groupes de réflexion jusqu'en 2018, Jean-Claude Chevalier s'est finalement éteint en février 2019.
Voici l'une de ses dernières paroles: "Je remercie toutes les personnes qui m'ont permis de mieux comprendre les richesses de la nature humaine, et cela de la personne la plus humble, à mes proches, ma famille; j'en ai pris conscience à 35 ans à Madagascar, expérience qui a bousculé ma vie et m'a permis de mesurer cette richesse.
La vie est une découverte permanente de la richesse humaine, richesse universelle."



Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Jean-Claude Chevalier lui-même en 2018.


Lien 

Texte lu le 2 mars 2019 par Magali Lenot Témoignage pour Jean-Claude Chevalier et ses engagements d'Eglise.




Le pasteur Solange Weiss-Déaux (1964)



Solange Weiss-Déaux 2004-2009


Solange Weiss-Déaux est née en 1964 dans la région de St Etienne.
Après avoir commencé des études d’institutrice à l’Ecole Normale de Moulins sur Allier en 1983, et après avoir démissionné avant le terme, elle entame des études de théologie dans les Facultés protestantes de Paris et Montpellier (1987-1992). Après une pause pour la naissance de ses enfants elle reprend des études et s'engage dans un DEA en Nouveau Testament. 

Son premier poste est à Aubagne (Marseille Sud Est 2) de 1998 à 2004, puis St Brieuc Côtes d’Armor (2004-juillet 2009), Nîmes (2009-2010) et Angoulême Nord Charente (2010-2018). Un nouveau défi l'attend avec le départ sur le poste de La Margelle (Cité de la Paillade) dans l’EPU de Montpellier en juillet 2018. 
Quand elle devient le pasteur de la communauté de St Brieuc-Perros après le départ de Caroline Engel en 2003, elle continue en particulier avec beaucoup d'énergie le travail mené pour le dialogue inter-religieux, les cafés théologiques... (voir ses initiatives dans cette rubrique). Elle a aussi était la cheville ouvrière, aidée par d'autres bénévoles, de l'association (loi 1901) "Autrement lire, Autrement dire ». 
Solange Weiss-Déaux quitte la paroisse en juillet 2009 et son poste reste vacant pendant un an.



Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Solange Weiss-Déaux elle-même

Solange Weiss-Déaux dans le temple de St Brieuc



                                                          

Le pasteur Caroline Engel


Caroline Engel

Caroline Engel, née à Haguenau en Alsace, a fait ses études de théologie à Strasbourg complétées par une année à Montpellier. Elle fait connaissance avec la Bretagne en 1996 où elle est affectée à Vannes-Lorient comme proposante (stagiaire en fin d'études).

Caroline Engel arrive à St Brieuc en août 1997, et en juin 1999 elle devient officiellement pasteur. C'est la première femme pasteur de la paroisse.
Avec le président du conseil, André de Kerpezdron, elle a pris des initiatives pour étendre le rayonnement de l'église protestante dans la vie locale. En mai 1998, elle a assumé la lourde tâche d'organiser la commémoration du 4ème centenaire de la promulgation de l'Edit de Nantes. Le pasteur a été sollicité dans le cadre de l'aumônerie des lycées à de nombreuses reprises.

Caroline Engel s'est beaucoup impliquée dans le dialogue œcuménique avec la création du Café-Théo, les émissions sur RCF et l’aumônerie de hôpital de St Brieuc.

Son départ est intervenu en 2003 avec sa nomination à Remiremont et Thaon dans les Vosges. En août 2007 elle a pris le poste de Ostwald, en Alsace.
Après le départ de Caroline Engel en 2003, le poste de pasteur est resté vacant pendant un an.


Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Caroline Engel elle-même.


Liens 

Émissions de Caroline Engel sur France Culture



Le pasteur Caroline Engel devant le temple de St Brieuc
  

Le pasteur Thomas Mentzel (1954)


Le pasteur Thomas Mentzel


Origines

Le pasteur Thomas Mentzel est né le 18 août 1954, dans une famille luthérienne d’instituteurs, au village de Nébra, dans les environs d’Erfurt (Allemagne de l'Est). En 1960, alors que le mur de Berlin n’est pas encore construit, la famille émigre clandestinement pour fuir l’oppression politique et religieuse du régime de la RDA. Elle s'établit près de Hanovre, en Basse-Saxe. 



Etudes et premiers postes

Au contact d'un mouvement de réveil de l’Eglise luthérienne, Thomas Mentzel décide d’entreprendre des études de théologie à l’institut de formation de la « Mission de Hermannsburg » (1975-1981). Il côtoie d'ailleurs, à ce moment de ses études, le fondateur du mouvement de réveil de l'Eglise luthérienne du temps de mes études à Hermannsburg, le Professeur de théologie, d'origine norvégienne, Olaf Hansen. 
Après avoir obtenu le diplôme de maîtrise, il part en France pour perfectionner ses connaissances linguistiques et théologiques (Reuilly, Université de Strasbourg et à l’Institut Protestant de Théologie de Montpellier de 1982 à 1987). Il se marie avec Mariane Chapelon en 1987 et entre dans le service de l'Eglise Réformée de France. Avant d'arriver à St Brieuc, il occupe les postes de Firminy, Charleville-Mézières/Sedan.
 


En Bretagne

A St Brieuc, Thomas Mentzel reste de 1994 à 1997. En plus des missions dévolues habituellement à un pasteur, Thomas Mentzel va avoir plusieurs initiatives originales : Il lance une action d'aide à l'école biblique de la ville de Boko au Congo. Il réunit les jeunes de la paroisse pour des débats où aucun sujet n'est tabou. Il propose de faire des réunions de quartier ouvertes et conviviales. Des groupes vont alors se créer à Servel, Prat, Perros, Plérin, dans le quartier de Robien à st Brieuc. Il se passionne pour l'histoire du protestantisme dans les Côtes du Nord au 16ème et au 17ème siècle et présente le fruit de ses découvertes sous forme d'un montage-diapositives à Perros et St Brieuc. 
Il rejoint ensuite Sens, Melun, Troyes, Bar-le-Duc/St Dizier et enfin Cavaillon/Lourmarin en 2014 avant de prendre sa retraite en 2016 à l'âge de 62 ans.




Sources  

Biographie complétée et vérifiée par le pasteur Thomas Mentzel lui même.




Pierre Charlot (1929-2019)




Pierre Charlot (1929-2019)

   


Origines


Pierre Charlot est né le 18 mai 1929 dans le 18e arrondissement de Paris d’un père d’origine haut-marnaise et d’une mère bretonne. Des deux familles, il ne connaîtra que ses grands-parents maternels, de solides Rostrenois.


Etudes et carrière professionnelle


Après l’obtention du baccalauréat, série philosophie en 1948, Pierre Charlot entre sur concours au lycée La Fontaine où a été ouverte une classe de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Éducation musicale.
Nommé au Collège moderne de Nancy comme professeur d’Éducation musicale, il voit sa carrière interrompue par la nécessité d’accomplir ses obligations militaires. Appelé pour une durée de douze mois, temps d’abord imposé à sa classe d’âge, il restera en réalité 29 mois sous les drapeaux en raison des événements ayant ensanglanté l’Algérie. Passé par l’école de formation des officiers de Saint-Maixant, il sera affecté à la formation des jeunes recrues.

Libéré en janvier 1958 et affecté au lycée Poincaré de Nancy, vers 1965, l’ouverture d’un centre de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Inspection primaire le pousse à se renouveler. Ledit certificat lui est attribué en 1967 et une nouvelle carrière s’ouvre devant lui dès le mois de janvier suivant. Il effectue d’abord diverses tâches avant d’obtenir à la rentrée 1968 le poste de Pont-à-Mousson où il restera jusqu’en 1974. 


Retour en Bretagne


En 1974, il ne résistera pas à l’appel de la Bretagne. Deux postes étaient vacants à Guingamp : ses états de service et son ancienneté lui ont permis d’obtenir l’un d’eux caractérisé par sa dimension essentiellement rurale, chefs-lieux de canton et écoles de campagne, ce qui n’était pas pour lui déplaire.


Admis à la retraite en 1990, il devait être écrit qu'il ne se libérerait pas aussi facilement de ses attaches avec le milieu puisqu’il lui fut demandé de fonder à Guingamp une section de l’Université du Temps Libre dont il s'est retiré après dix-sept ans de présidence.




 Engagement dans le protestantisme


Concernant son engagement dans le protestantisme, voilà ce que Pierre Charlot en dit : " Parler de la foi c’est déjà ouvrir une porte sur le jardin secret. Je m’en dispenserai donc. Mais alors que j’étais en classe de quatrième, sous l’influence d’un professeur convaincant je présume, j’avais formé trois vœux : visiter Berlin (nous étions en 1942 !), voir Carthage (souvenirs du « Delenda Carthago est » de Caton l’Ancien ) et devenir protestant. Les trois vœux ont été accomplis, le troisième non sans difficulté. Je ne connaissais personne apte à m’orienter, pas même un camarade de classe et ma famille au plan religieux manifestait une certaine tiédeur. J’ai lu, je me suis documenté et c’est à l’occasion de mon installation en Bretagne que j’ai pu établir le contact avec le docteur Hansen alors responsable de notre communauté, ".




Responsabilités dans la paroisse



C'est  d'abord le pasteur Le Cozannet qui s’est assuré de la solidité de la culture religieuse de Pierre Charlot et lui a rapidement confié des responsabilités au sein de l’Église.  
Ensuite, un évènement est venu accélérer la prise de responsabilité de Pierre Charlot. En effet, le pasteur Guy Froment,  un an avant sa retraite, a été autorisé à ne plus exercer son ministère qu'à mi-temps. Le conseil presbytéral a alors proposé à Pierre Charlot, qui en était le vice-président d'assurer, en liaison avec le pasteur, la responsabilité de l’Église en 1993-1994. Les tâches ont donc été partagées: M. Froment a conservé les affaires délicates, le Conseil presbytéral devant assurer le culte et les autres tâches. 

M. Charlot entre aussi au conseil de Consistoire et en devient le secrétaire. Les actions entreprises par le pasteur Froment seront poursuivies cette année-là. Lors de la nomination du pasteur Thomas Mentzel, M. Charlot conservera son poste de président du conseil presbytéral. Toutefois, il ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat aux élections de 1997 en raison de son éloignement géographique. C'est un briochin, M.André de Kerpezdron qui lui succédera à cette date


A noter aussi qu'en 1978, M. Charlot a remplacé à l'harmonium la dévouée et assidue Mme Marie Gugenheim. Il a assuré cette tâche pendant des années par la suite. On peut retenir également un moment important pour Pierre Charlot, celui où on lui a confié le discours d'accueil des participants réunis à St Brieuc en novembre 1991 pour le Synode régional. Enfin, on doit reconnaître qu'il a aussi beaucoup œuvré pour développer l'œcuménique sur le secteur de Guingamp. 


Pierre Charlot est décédé le 30 juillet 2019 à l'hôpital de Guingamp à l'âge de 90 ans. Un culte d'action de grâce a eu lieu le 8 août à la salle polyvalente de Pabu. A cette occasion, son ami John Colomb a lu la confession de foi de Luther,  Magali Lenot et Daniel Colin ont célébré le culte.




Sources

Par modestie et discrétion, Pierre Charlot a longtemps esquivé la proposition de livrer certains éléments sur sa vie. Finalement, cette biographie a été établie, vérifiée et complétée par Pierre Charlot lui-même en juin 2019, peu avant son décès.



Le pasteur Guy Froment (1930)

 

Le pasteur Guy Froment




Origines, des années 30 jusqu'aux années 60

Le pasteur Guy Froment est né à Lille en 1930. Il a fait ses 4 années de théologie à Paris de 1954 à 1958; mariage en 1956 avec Liliane Bourel; naissance de Didier en février 1957 ;  le  proposanat les conduira à St Jean du Gard en 1958, l’année des inondations. Pour l'anecdote, il y  rencontra pour la première fois le pasteur Marc Boegner, président du Conseil national de l’Eglise Réformée de France, qui salua son épouse d'un : « Bonjour chère collègue » ; voyant l’étonnement de la dite épouse, il ajouta ces mots qui en disaient long : « Les épouses de mes collègues sont mes collègues ! ». Une vraie reconnaissance du  ministère de « la femme de pasteur ». Naissance de Luc à Alès en 1959. 

     

De la Haute-Vienne à Marseille en passant par les Deux-Sèvres et la Corse ! 

Différents postes vont se succéder :  pendant 5 ans Villefavard dans la Basse-Marche (Haute-Vienne), naissance de Sylvaine en 1961 à Limoges et des jumeaux Myriam et Yannick en 1963 à Magnac-Laval ; dans les Deux-Sèvres  à La Mothe Saint-Heray ( 8 ans); à Bastia, paroisse de la Haute Corse (1972 à 1978), où il sera également aumônier du centre pénitentiaire  de Casabienda et de la maison d’arrêt de Bastia et directeur du Foyer de Furiani, accueil de libérés de centres pénitentiaires tant de Corse que du continent ; puis à Marseille (de 1978 à 1985), paroisse de Provence. 


En Bretagne

Enfin en juillet 1985, Guy Froment est nommé pasteur du département des Côtes-d’Armor, résidence à St Brieuc, où il restera jusqu’en juillet 1992, année de sa retraite.
Jusqu’en juillet 1993, depuis Yffiniac, nouveau logement, il assura une année à mi-temps pour aider la paroisse sans pasteur.
 Au cours de ces années, tenant compte que les membres de la paroisse sont disséminés sur un vaste territoire, il propose au Conseil presbytéral de changer certaines habitudes et privilégie le principe de réunions décentralisées. C'est dans ce même esprit qu'il institue aussi le « culte du 5e dimanche », la célébration se déroulant dans un secteur éloigné de Saint-Brieuc.
En 1987, il s'occupe activement de préparer la célébration du 50ème anniversaire de la construction du Temple à Perros-Guirec

Très attaché au développement des relations œcuméniques, il encouragea toute initiative allant en ce sens. La région de Guingamp et la région d'Erquy  en ont été les premières bénéficiaires. A Erquy, des groupes de réflexion à partir de textes bibliques se mettent en place.
A Guingamp s'organisent des visites dans les établissement scolaires et, avec la précieuse collaboration de Pierre Charlot, fidèle organiste de la paroisse, et le concours du curé de la basilique, le Père Gérard Nicole, des expositions, des conférences, des concerts. Bien sûr, semaine de prière pour l’unité des chrétiens et participation ponctuelle à la radio diocésaine furent des occasions de manifester cet attachement à l’œcuménisme.

En 1991, il coordonne les préparatifs de l’accueil du Synode de la région Ouest qui se tient dans les locaux de la Communauté des Filles du Saint-Esprit à Saint-Brieuc. Déjà le groupe local de l’ACAT, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture se réunissait là mensuellement. La responsable de la Communauté, Sœur Marie-Thérèse Grahl et le père Michel Heurtel, aumônier de la Communauté, (qui tous deux participaient à ce groupe), ainsi que l’ensemble des sœurs firent tout pour que cet évènement se déroule dans les meilleures conditions possibles. A l'issue du synode, le pasteur Pigeaud, président du Conseil régional, adressa ses félicitations au pasteur Froment : "Bravo, c'est un sans faute !"
Cet homme, à l’esprit pratique, réalisa d'astucieux aménagement du presbytère.
De même, aux côtés de quelques autres membres des paroisses du Consistoire, il eut à cœur de prendre sa part de l’animation de Crampoisic, centre de vacances et de rencontre ; ce qui le conduisit, président du conseil d’administration de l’association, à lancer la mise aux normes des locaux, indispensable pour conserver l’agrément de « Jeunesse et sports ». Belle aventure pour celles et ceux qui y mirent leur disponibilité et leurs divers talents, sous les encouragements de Daniel Homburger, président du Consistoire.
Après le départ de Guy Froment en 1993, le poste de pasteur est resté vacant pendant un an.
A la retraite il continua son engagement dans le groupe de l'Entraide, dont sa femme fut présidente durant plusieurs années et eut plaisir à présenter des animations originales lors des fêtes de l'Entraide à Etables.
  

Sources :  

Cette biographie a été vérifiée et complétée par le pasteur Froment lui-même en mai 2019. 
  
Archives du temple de St Brieuc.

Registres du conseil presbytéral. 

Bulletin paroissial "Le lien" 1985 à 1993. 




Arrivée du Pasteur Guy Froment. 27 octobre 1985 Ouest-France




Arrivée du pasteur Guy Froment. ouest-France. 29 octobre 1985



                                   
Assemblée de l'église protestante. Le Pasteur Guy Froment. 14 mars 1986 Ouest-France
                          

Le pasteur Emile Le Cozannet (1923-1986)



Le pasteur Emile Le Cozannet (1923-1986)



Origines

Emile Le Cozannet est né à Paris le 14 février 1923, fils de Ernest Emile Le Cozannet (1889-1971) et de Sylvia Louise Aubin (31 juillet 1888 St Brieuc - 4 février 1974 St Brieuc). Il est baptisé le 3 juillet 1923 dans la paroisse réformée de Béthanie (dans le 20ème Arrondissement) mais ses parents rentrent rapidement en Bretagne, à St Brieuc, où ils vivent habituellement et où ils se sont mariés. Emile passe à St Brieuc  

Sylvia Le Cozannet, née Aubin

Le Cozannet père et fils. Photo Soizic Le Cozannet


 
Pour comprendre l'ancrage d'Emile Le Cozannet dans le protestantisme, il faut remonter aux parents de sa mère, Philippe William Aubin (né en 1858) et Clara Mac Kay (née en 1859), originaires tous les deux de Jersey et protestants. Marchands de charbon, ils commercent avec la France et décident finalement de s'installer à St Brieuc tout en gardant des contacts avec la famille de Jersey. Ils font partie, en 1906, du groupe fondateur de l'Eglise Evangélique Méthodite de St Brieuc.
Leur fille, Sylvia, la mère d'Emile, étant aussi protestante, va envoyer ses enfants au Temple de St Brieuc et c'est elle qui assure l'éducation religieuse à la maison.
 
Emile participe activement à la vie de la communauté protestante de St Brieuc au moment où exerce le pasteur Crespin. Il aime aussi passer du temps le dimanche après midi autour d'une table  pour jouer aux échecs. Il se lie d'amitié avec les familles Hansen, Vivier et Crespin. C'est ainsi qu'il devient le parrain de Mireille Crespin, née en 1940 et fille aînée d'Yves et Jeannine Crespin.

 Brillant élève, Emile se retrouve avec le Bac en poche à 17 ans. Il souhaite être pasteur mais son père ne l'entend pas de la sorte et veut qu’il soit avocat. Mineur et ne pouvant rien faire sans l’autorisation de son père, il part à Rennes pour entrer à la faculté de droit où il obtient une licence en droit, en attendant sa majorité. 
A Rennes, il fait partie de l’Eglise Réformée, nouvellement créée. C’est là qu’il rencontre sa femme, Yvette Le Sage, dont les parents étaient « concierge du temple ». Mathurin Le Sage, le père d’Yvette, était de St Brieuc et Philomène, sa mère était de Redon. 
 Au moment de la guerre 39-45, Emile est réformé pour des raisons de santé et il continue ses études. Yvette est secouriste à la Croix rouge. Elle est aussi engagée dans le scoutisme à Rennes au sein de la Fédération Française des Eclaireuses. Dans cette organisation, elle fait la connaissance d’Antoinette Butte, fondatrice de la communauté de Pomeyrol. Il est aussi amusant de noter que la future épouse du pasteur participait déjà en 1930 aux travaux de l'Union Chrétienne de jeunes gens à Rennes avec Erling Hansen.



Famille 

Emile Le Cozannet se marie en juillet 1944 à Rennes (35) avec Yvette (Suzanne, Léa) Le Sage (née à Rennes le 11 mars 1922).
Le couple  part à Paris pour permettre à Emile de rentrer à la Faculté de théologie Protestante, ce qui était son idée première avant de faire du droit. Ils font alors partie de la paroisse du Foyer de l’Ame, proche de la Bastille, une paroisse qui se distingue par un fort engagement social. Emile et Yvette prennent part aux activités et vont aussi chanter des cantiques dans les rues de Belleville. Yvette devient à cette période la secrétaire du pasteur Marc Boegner.
Le couple aura par la suite quatre filles qui naitront dans les villes où le pasteur Le Cozannet exercera dans les années 40 et 50 : Françoise (dite Soizic, née chez les diaconesses de Reuilly en 1946), Annick (née à Romans-sur-Isère le 6 juin 1948), Joëlle (née à Asnières-les-Bourges le 11 décembre 1949) et Brigitte (née à Vierzon en février 1954).



Fin des études et premiers postes
 

Emile termine ses études en 1947 en présentant une thèse sur  "Les prédestinations d'après John Wesley". Tout d’abord proposant (stagiaire) à Romans dans la Drôme de 1947 à 1949, il commence à exercer à Vierzon dans le Cher de 1949 à 1954. Pendant ces 5 années il travaille dans une cité construite après guerre en 1951, au nom guère engageant, la Cité du Désert. 


La Cité du Désert à Vierzon (18) où exerçait le pasteur Le Cozannet. Photo http://www.vierzonitude.fr


En arrivant à Vierzon, le logement prévu dans la cité n’étant pas prêt, la famille est logée provisoirement à Asnières-La Chaume à Bourges, le pasteur de Bourges ayant un logement près du temple dans cette ville.
A Vierzon, Emile est aussi pasteur de Mehun-sur-Yèvre et de Foëcy (où il est d’ailleurs consacré). Le pasteur doit célébrer trois cultes le dimanche, le premier le matin à Vierzon et les deux autres à Mehun et à Foëcy dans l'après midi. 
Sa fille, Soizic se souvient de la fin de ces journées du dimanche : « Aux beaux jours, le dimanche, lorsqu’il rentrait de ses 3 cultes les enfants de la cité l’attendaient pour une séance de diapo sur les murs de la maison". C'était une vie au service des plus démunis : " Nous avions une voiture et le téléphone et les appels au secours passaient par chez nous. Yvette qui était secouriste, en attendant  le médecin, allait auprès des gens de jour comme de nuit ». 
Ces années vont avoir raison de la santé déjà fragile du pasteur. Il tombe malade mais refuse d'être mis complètement en congés.

Il rejoint alors Walincourt dans le Nord, pour un poste à mi-temps la première année et y reste jusqu'en 1958. Le quotidien est difficile dans cette région et la famille est accueillante. Une réfugiée yougoslave et son bébé sont hébergés et aussi, à une autre période, la femme d'un ancien détenu et ses trois enfants. Le pasteur Le Cozannet les avait mariés en prison quand il était à Vierzon.
Emile Le Cozannet fait partie des organisateurs du « grand rassemblement protestant du Nord » qui a eu lieu à la foire de Lille.


Temple de Walincourt en 1923 pour son centenaire. Site Huguenots Picards

A Saint Amand les Eaux (59), dans le Nord, Emile Le Cozannet reste de 1958 à 1966. Il commence à être actif dans l’oecuménisme. Son épouse, de son côté,  est « Commissaire Provinciale » pour la Fédération Française des Eclaireuses où elle a vécu la fusion avec les Eclaireurs Unionistes et la fin de la FFE. Ils sont tous les deux très engagés auprès des jeunes qu’ils emmènent en camp chaque année. Les camps d'été permettent aux enfants de découvrir d'autres coins de France comme dans l'Indre une année ou en Alsace.
Quand elle n'avait aucune solution, l'assistante sociale du secteur de St Amand savait qu'elle pouvait compter sur Yvette Le Cozannet pour placer en urgence des enfants. D'autres fois la famille hébergeait des hommes sortant de prison en recherche d'un travail.

De 1966 à 1970 Emile Le Cozannet est pasteur au Mans et dans la Sarthe. Il continue d’être actif dans le domaine de l’œcuménisme.

Ensuite, il arrive en poste à Bruxelles dans la paroisse francophone de Bruxelles-Belliard. Il va accompagner la fusion de sa paroisse avec celle de Bruxelles-Observatoire, ce qui va donner naissance à la nouvelle paroisse de Bruxelles-Botanique en 1973. Emile Le Cozannet reste en Belgique de 1970 à 1977.



Retour en Bretagne


Le pasteur Le Cozannet souhaite revenir en Bretagne et dès qu'un poste va devenir vacant à St Brieuc, il va postuler. A l'arrivée d' Emile Le Cozannet en juillet 1977, l’Église de Saint-Brieuc n'a droit qu'à un demi-poste pastoral. La situation n'est pas facile. Le pasteur Le Cozannet analyse la spécificité de la paroisse. Il s'attache alors au développement des réunions familiales. Elles se tiennent au manoir de Crampoisic, propriété près de Corlay. Des journées sont proposées où parents et enfants peuvent trouver leur compte dans des activités variées, conférences pour les adultes, chorale... On peut noter qu'alors les cérémonies de baptêmes ne sont pas rares à Crampoisic.
Très souvent aussi, les rencontres se déroulent dans l'établissement d'enseignement du Vau-Meno à Saint-Brieuc. Des thèmes se rapportant à la vie quotidienne reconsidérés à la lumière de l'évangile y sont débattus. Dans le même esprit seront mis en place, un plus tard, les dîners-débat du samedi soir à Saint-Brieuc.

D’autre part, ayant retrouvé à St Brieuc d’anciens camarades de classe devenus prêtres, il a réussi à amplifier les relations œcuméniques (voir l'autre article à ce sujet dans le blog). 

Emile Le Cozannet va malheureusement être obligé, pour des raisons de santé, de prendre sa retraite prématurément. Il cesse à regret ses activités dans la paroisse en juin 1985 et décède à St Brieuc le 4 mars 1986 à l'âge de 64 ans. Ses obsèques sont célébrées au Temple et il est inhumé au cimetière St Michel. Son épouse est décédée le 4 mai 1990 à Agen mais elle est enterrée avec son mari au cimetière St Michel à St Brieuc.

Emile et Yvette Le Cozannet en 1983
 



Annonce du décès du pasteur Emile Le Cozannet dans la presse. Ouest-France  1986




Le pasteur Emile Le Cozannet


Tombe du pasteur Emile Le Cozannet et de son épouse au cimetière St Michel de St Brieuc. Photo R. Fortat 2019







Pour trouver la tombe, après l'entrée du cimetière, vous allez sur la gauche. A la hauteur du carré militaire, vous suivez les tombes avec des croix en forme d'épée (remarquez en passant la tombe du père d'Albert Camus). Vous arrivez à la dernière tombe militaire de cette rangée avec celle d'un soldat belge dont on reconnait le drapeau. Vous prenez cette allée qui longe l'extérieur du carré militaire et vous êtes devant la tombe du pasteur et de son épouse. La plaque avec un bateau est celle de leur voilier au port du Légué.



Sources


Un grand merci à Françoise Le Cozannet pour tous les renseignements et photos transmises et pour sa relecture attentive de la biographie de ses parents en mai 2019.


Archives du temple de St Brieuc.


Registres du conseil presbytéral


Bulletin paroissial "Le lien" 1977 à 1985


Acte de naissance de  Sylvia Aubin, mère d'Emile Le Cozannet, née à St Brieuc.
Page 150 du registre des naissances de 1888.


Généanet fiche sur Yvette Le Sage 


Généanet, arbre généalogique Le Cozannet-Le Sage


Souvenirs de Françoise (Soizic) Le Cozannet : La tradition du scoutisme dans la famille.

Comléments de Soizic le Cozannet sur des souvenirs familiaux, mars 2020.
  
Liens

Merci au site Vierzonitude pour la photo de la Cité du Désert où a exercé le pasteur Le Cozannet
 Lien pour accéder à l'article sur le pasteur Le Cozannet à Vierzon

Le temple de Vierzon se trouve aujourd'hui 8 rue Edgard Quinet

Article du Lien de l'ERF Bourges-Vierzon en 2010 sur les origines de la communauté à Vierzon.

Histoire du Temple de Walincourt. Contribution de Marc Maillot sur le site Huguenots Picards 


Document 

La  pasteure Angelika Krause, en poste à Bourges et à Vierzon de 2009 à 2018, et la généalogiste et spécialiste de l'histoire de Vierzon, Solange Voisin ont livré de précieux renseignements sur le passage du pasteur le Cozannet à Bourges et à Vierzon.
Voilà tout d’abord ce que rapporte Angelika Krause :
Le pasteur Le Cozannet a habité Asnières-lès-Bourges ; il faut bien comprendre que c'est le presbytère historique de la ville et de la région, sauf qu'il en avait probablement pas l'entière jouissance. Il était partagé en deux durant cette époque : une famille avait une cuisine, l'autre pas... Le souci avec ce lieu était qu'il fallait avoir une voiture (car les paysans ne faisaient plus le service pour amener le cheval, comme aux vieux temps du pasteur Ami Bost). C'est pourquoi les pasteurs de Bourges vivaient en ville de Bourges.
Les prédicateurs pouvaient atteindre Mehun en vélo, en partant d'Asnières. Mais l'explosion d'un train de munition du coté de Foëcy avait rendu le trafic de la ligne du chemin de fer difficile à la sortie de la guerre. Je ne sais pas à partir de quand la ligne est complètement rétablie. Avant, c'était évident que le pasteur faisait son trajet en train : le conseil presbytéral se tenait dimanche, après le culte, à Mehun sur Yèvre.

Madame Solange Voisin, qui  est dans sa centième année, est tout de même parvenu à se connecter à Internet pour lire ce qui avait déjà été écrit dans le blog sur le pasteur Le Cozannet et elle y ajoute son témoignage :

« J’ai lu tant bien que mal ce à quoi on arrive par le lien donné dans le mail, car je suis dans ma centième année et ma vue est très mauvaise.

J’ai connu monsieur Le Cozannet qui a effectivement habité Vierzon dans la cité du Désert, et était le pasteur de Bourges Mehun-sur-Yèvre, Foëcy et Vierzon.Son prédécesseur devait être le pasteur Caumont, qui habitait Mehun. C’est lui qui avait baptisé nos deux enfantes en 1946 et 1948, avant, sans doute, l’arrivée du pasteur Le Cozannet.

Il ne faut pas voir le Désert comme un nom sinistre, mais celui d’un lieu-dit, choisi pour construire dans l’urgence de l’après-guerre de petits pavillons modestes mais corrects, destinés à reloger des Vierzonnais sinistrés qui vivaient dans des baraques en bois depuis le bombardement de juillet 1944.
  
La pompe à eau à manivelle sur la place, contrairement à ce qu’elle évoque pour des jeunes, n’est pas le signe d’absence d’eau courante dans les pavillons, mais celui d’une ville qui se devait d’avoir des postes d’eau potable gratuite un peu partout dans les rues. Il y avait même ce que l’on appelait un “quart” (1/4 de litre)  pendu à une chaînette pour permettre de se désaltérer. Cela servait aussi aux enfants à gaspiller l’eau et à inonder les trottoirs, au grand dam des passants.

Autrement, je n’ai pas de souvenirs plus précis à évoquer.

Monsieur Le Cozannet était quelqu’un de timide, et peut-être se sentait-il un peu perdu chez les Berrichons (qui parlaient encore berrichon).

Et puis la période n’était pas très gaie, car nous avons subi les restrictions alimentaires et autres jusqu’à 1949, et malgré la paix revenue, la vie était plus difficile qu’actuellement. Les jeunes qui se plaignent actuellement n’ont aucune idée de ce qu’est la vraie misère.

J’espère que vous réussirez à en savoir plus sur son passage à Vierzon, mais il ne reste certainement pas beaucoup de paroissiens de cette époque ».

 

Le pasteur Jean-Pierre Blanc (1944)


Le pasteur Jean-Pierre Blanc

Le pasteur Jean-Pierre Blanc est né le 9 juillet 1944 à Alès dans le Gard. Il va exercer à Saint-Brieuc de juillet 1972 à juillet 1976. Le pasteur Bösiger (président de la région) est venu pour son installation le 29 octobre 1972.
Jean-Pierre Blanc a, dès son arrivée, contacté le directeur de la prison de St Brieuc pour être aumônier de la prison. Il peut alors visiter les détenus et faire en sorte qu'ils puissent recevoir des colis qu'il distribuera lui-même.
C'est un pasteur qui s'inscrit dans la vie de la cité et ne craint pas le débat et l'affirmation de ses convictions. Ainsi il participe à une réunion d'information, le 24 mars 1973, pour les assistantes sociales sur le thème de l'avortement.
Il est engagé dans la Croix bleue (lutte contre les addictions) sur le plan régional et national et anime les réunions sur le plan local.
Il effectue un stage pour devenir directeur de la colonie de vacances de Crampoisic en 1973.
Il part de St Brieuc pour une fonction très différente à l’Institut Educatif et culturel destiné à la formation des directeurs et cadres de collectivités sociales.







La photo (ci-dessus) prise le 18 août 1976 au départ du pasteur Blanc, devant le temple de Perros-Guirec, le montre avec son épouse et leurs deux enfants. Se trouvent à leurs côtés Monsieur Yves Herlent (avec les lunettes) qui deviendra Président de Musique et Chant de la Fédération protestante de France et son épouse à gauche ainsi que, en retrait, Madame Michèle Le Goffic, responsable de l’église de Lannion.




Août 1976 Ouest-France Départ du pasteur Jean-Pierre Blanc, sur la gauche on reconnait M.Paul



Le pasteur Jean-Pierre Blanc dans son bureau à St Brieuc en août 1976


Sources 

Archives du temple de St Brieuc. 

Registres du conseil presbytéral 

Bulletin paroissial "Le lien" 1972-1974-1975-1976