samedi 5 décembre 2020

Kérity en Paimpol, un temple protestant


Le temple de Kérity a une longue et intéressante histoire, il est d'origine baptiste. De nos jours, c'est une église évangélique baptiste affiliée, en particulier, à la fédération protestante de France.
Nous retrouvons aussi dans cette histoire Adolph Huck, beau-père de Solveig Hansen, une personnalité de la communauté protestante de Saint-Brieuc.
Le temple se situe au 36 rue du professeur Jean Renaud, à l'entrée de Paimpol quand on arrive dans la direction de Plouézec.



Un missionnaire gallois à l'origine

A Kérity en Paimpol, on note l'existence d'un temple protestant gallois. Son histoire est racontée le 30 mars 2018 dans le journal Regardsprotestants.

 
L’histoire de l’Église évangélique baptiste de Paimpol reste plus que jamais liée au monde anglo-saxon. La proximité des côtes anglaises avec ce joli port de pêche breton explique sans doute ce lien. Mais pas seulement. En quelque 114 années, sur un total de huit pasteurs, cinq sont issus du monde anglo-saxon, du Royaume-Uni à l’Irlande en passant par les États-Unis. 
Tout débute à l’automne 1902 lorsque Charles Dickinson Terrell traverse la Manche en compagnie de sa femme Mabel pour venir évangéliser la région de Paimpol. Ce pasteur en provenance de Bristol fera construire le premier temple en bois en 1905 à Coatmer. Ce temple sera démonté et remonté à Paimpol en 1913 rue de l’Enfer (cela ne s’invente pas) aujourd’hui renommée rue de Goas Plat. 

A cette époque, les cultes dominicaux débutent. « En 1920, arrive l’homme clé de cette paroisse, Caradoc Jones. Un pasteur missionnaire gallois baptiste originaire de Cardiff, qui assurera son ministère pendant pas moins de 46 ans. Soutenu par Pioneer Mission, institution anglaise, Caradoc Jones donne son essor à la communauté baptiste. Celle-ci pourra acheter un terrain et faire construire le temple actuel au 36 de la rue du Professeur Jean Renaud », raconte Charles-Frank Thomas, pasteur de la paroisse, lui-même américain et parlant merveilleusement le français. 
Un joli temple, construit en 1929, à l’architecture typiquement bretonne doté, à l’intérieur, d’une voute boisée inspirée d’une coque de bateau renversée. Caradoc Jones sera aidé dans sa mission par un colporteur évangélique Adolph Huck (beau-père de Solveig Huck-Hansen) et le pasteur Arthur Matthews, tous deux anglais. « Ces trois hommes feront équipe pendant une quarantaine d’années et formeront la communauté. A l’époque l’église était pleine », poursuit Charles-Frank Thomas.
Et, en 1970 seulement, arrive le premier pasteur français, Maurice Decker.



Un autre article de Ouest-France en Février 2017 
reprend l'histoire du temple de Kérity


Une croix huguenote dans le ciel de Paimpol

Connue sans être visitée, elle suscite toujours la curiosité des Paimpolais : l’église évangélique baptiste de Paimpol est le symbole même de l’héritage Gallois dans le Goëlo.
Sur la rue du Professeur Jean-Renaud, le temple brise la ligne. Une flopée de résidences le long de la route, puis une respiration dans cet espace urbain. Curieux endroit, où pierres grises et granit rose dessinent les contours d’une église évangélique baptiste : le « temple » comme il est appelé. À l’entrée, quatre pierres, et quelques noms : Caradoc Jones, Arthur Mac Caig, Morgan Davies, un véritable héritage Gallois en terres bretonnes.

Un portail blanc, une allée, avant de pousser de grandes portes, et c’est la sobriété qui frappe en premier. Le temple protestant de Paimpol, c’est une austérité voulue, où statues et reliques ne trouvent pas leur place : « Tu ne feras pas de représentation quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, de ce qui est en bas sur la terre, de ce qui est dans les eaux plus bas que terre », disait le Chapitre 20 de l’Exode.

À l’intérieur, seuls bois et blanc se mêlent au culte. Avec toutefois cette particularité Paimpolaise : « Des versets de la Bible qui ornent les murs », note Geneviève Cleuziat, présidente de l’association de l’Église Évangélique Baptiste. Au fond, un baptistère remarquable, en marbre pour permettre l’immersion totale de tout nouveau membre à la communauté.



Temple de Kérity en Paimpol. Photo R.F

 


Couverture du programme de l'inauguration du temple de Kérity

 

Programme de l'inauguration du temple de Kérity en Paimpol. Archives de la paroisse de St Brieuc

 


En observant le document ci-dessus, on notera que de nombreuses personnalités du monde protestant de cette époque ont apporté leur contribution pour cette inauguration du temple de Kérity :
M.A Mathews, les prédicateurs Dr A. M’Caig de Londres, M. Chas Phillips de Londres, le pasteur Théo Oriol de Paris, le pasteur Caradoc Jones, le pasteur S. Daullé de Brest, le pasteur Somerville de Morlaix, les prédicateurs J. Williams de Quimper et E. Benignus de Lorient.


La première pierre du Temple de l’église évangélique a été posée le 14 novembre 1929, même si la communauté protestante de Paimpol a trouvé son élan bien des années auparavant, sous l’impulsion du missionnaire « quaker » Charles Dickinson Terell. Le Temple de Kérity viendra supplanter la tôle et le bois d’un autre lieu de culte : celui de Goas Plat, qui sera par la suite transformé en orphelinat.
Sur la route de Kérity, trône encore l’ancienne boulangerie de Fautin Le Berre, « Au Minguen ». À la suite d’un incendie, survenu en 1927, le boulanger vendra des terrains à l’association à Caradoc Jones, alors pasteur d’une Église évangélique baptiste à Cardiff, au Pays de Galles, qui deviendra une grande figure de l’Église baptiste à Paimpol. Celui-ci fut envoyé par la « Pioneer Mission », un conseil évangéliste anglais, pour remplacer Charles Dickinson Terell. « C’était un homme simple, se souvient Yves Le Bihan, qui a pu côtoyer le pasteur à l’orphelinat de Goas Plat. Il s’est saigné pour faire entrer de l’argent du Pays de Galles, et pour construire ce Temple. Il voulait le bonheur des gens ».




Temple de Kérity en Paimpol. Photo R.F

 

Dans l’ère Paimpolaise   
La construction de l’ouvrage sera alors achevée en août 1930. Caradoc Jones terminera son pastorat en 1966, et Maurice Decker, premier pasteur français de l’église évangélique de Paimpol, Pierre Boulanger Philippe Hamon, ou encore Michael Mac Gowan, prendront alors sa suite. Hier, c’est le frère Fabio Morin, pasteur de Lannion qui a dirigé l’office : il n’y a plus de pasteur attitré sur Paimpol depuis 2004. « Les membres de notre église pourvoient le pasteur par la dîme, explique Geneviève Cleuziat, c’est pour que cela que ce n’est pas facile de trouver quelqu’un »

Entre les quatre murs du Temple, des prières, des chants, des messages et de la réflexion, le tout décuplé par la fougue du jeune pasteur. L’église s’apprête à célébrer cette année les 500 ans de la Réforme, amorcée dès le XVIe siècle, pour engager un retour aux sources du christianisme ; une fête pour cette communauté.
 

En 1931, on signale que le pasteur baptiste, M. Mathéus, dirigeait un culte chaque dimanche à 13 h dans la chapelle située route de Kérity

En juillet 1938 de nombreuses paroisses protestantes vont intégrer l’Église Réformée de France.
En Bretagne, St Brieuc, Perros, St Servan-St Malo et Quimper font ce choix mais Morlaix et Paimpol resteront en dehors.


Notons aussi qu'à Plouha, en 1936, une petite maison de location servait de lieu de culte. Le vicaire du pasteur de Kérity y habitait et devait y rassembler quelques personnes. Le curé de Plouha mentionne ce fait et indique que quelques-uns de ses paroissiens assistent "plutôt en curieux" à ces moments de prières.

Sources  

Maison du diocèse De Saint-Brieuc, archives, Questionnaires cote 3F11a et 3F11b.


Liens

Lien pour découvrir un article sur l'histoire d'un temple protestant gallois 

Lien pour lire l'article : Paimpol et ses premiers protestants, observés par le pasteur Théophile Roux en 1908, sur le site de Jean-Yves Carluer.
 


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