mardi 8 juin 2021

Le pasteur Guy Froment 1985-1992

 

 

Le pasteur Guy Froment




Origines, des années 30 jusqu'aux années 60

 
Le pasteur Guy Froment est né à Lille en 1930. Il a fait ses 4 années de théologie à Paris de 1954 à 1958; mariage en 1956 avec Liliane Bourel; naissance de Didier en février 1957 ;  le  proposanat les conduira à St Jean du Gard en 1958, l’année des inondations. 
 
Pour l'anecdote, il y  rencontra pour la première fois le pasteur Marc Boegner, président du Conseil national de l’Eglise Réformée de France, qui salua son épouse d'un : « Bonjour chère collègue » ; voyant l’étonnement de la dite épouse, il ajouta ces mots qui en disaient long : « Les épouses de mes collègues sont mes collègues ! ». Une vraie reconnaissance du  ministère de « la femme de pasteur ». Naissance de Luc à Alès en 1959. 

     
 
 

De la Haute-Vienne à Marseille en passant par les Deux-Sèvres et la Corse ! 

 
Différents postes vont se succéder :  pendant 5 ans Villefavard dans la Basse-Marche (Haute-Vienne), naissance de Sylvaine en 1961 à Limoges et des jumeaux Myriam et Yannick en 1963 à Magnac-Laval ; dans les Deux-Sèvres  à La Mothe Saint-Heray ( 8 ans); à Bastia, paroisse de la Haute Corse (1972 à 1978), où il sera également aumônier du centre pénitentiaire  de Casabienda et de la maison d’arrêt de Bastia et directeur du Foyer de Furiani, accueil de libérés de centres pénitentiaires tant de Corse que du continent ; puis à Marseille (de 1978 à 1985), paroisse de Provence. 




Arrivée du pasteur Guy Froment en Bretagne. 1985

 
Enfin en juillet 1985, Guy Froment est nommé pasteur du département des Côtes-d’Armor, résidence à St Brieuc, où il restera jusqu’en juillet 1992, année de sa retraite.
Jusqu’en juillet 1993, depuis Yffiniac, nouveau logement, il assura une année à mi-temps pour aider la paroisse sans pasteur.
 
Au cours de ces années, tenant compte que les membres de la paroisse sont disséminés sur un vaste territoire, il propose au Conseil presbytéral de changer certaines habitudes et privilégie le principe de réunions décentralisées. C'est dans ce même esprit qu'il institue aussi le « culte du 5e dimanche », la célébration se déroulant dans un secteur éloigné de Saint-Brieuc.
En 1987, il s'occupe activement de préparer la célébration du 50ème anniversaire de la construction du Temple à Perros-Guirec

Très attaché au développement des relations œcuméniques, il encouragea toute initiative allant en ce sens. La région de Guingamp et la région d'Erquy  en ont été les premières bénéficiaires. A Erquy, des groupes de réflexion à partir de textes bibliques se mettent en place.
A Guingamp s'organisent des visites dans les établissement scolaires et, avec la précieuse collaboration de Pierre Charlot, fidèle organiste de la paroisse, et le concours du curé de la basilique, le Père Gérard Nicole, des expositions, des conférences, des concerts. Bien sûr, semaine de prière pour l’unité des chrétiens et participation ponctuelle à la radio diocésaine furent des occasions de manifester cet attachement à l’œcuménisme.

En 1991, il coordonne les préparatifs de l’accueil du Synode de la région Ouest qui se tient dans les locaux de la Communauté des Filles du Saint-Esprit à Saint-Brieuc. Déjà le groupe local de l’ACAT, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture se réunissait là mensuellement. La responsable de la Communauté, Sœur Marie-Thérèse Grahl et le père Michel Heurtel, aumônier de la Communauté, (qui tous deux participaient à ce groupe), ainsi que l’ensemble des sœurs firent tout pour que cet évènement se déroule dans les meilleures conditions possibles. 
 
A l'issue du synode, le pasteur Pigeaud, président du Conseil régional, adressa ses félicitations au pasteur Froment : "Bravo, c'est un sans faute !"
 
Cet homme, à l’esprit pratique, réalisa d'astucieux aménagement du presbytère.
De même, aux côtés de quelques autres membres des paroisses du Consistoire, il eut à cœur de prendre sa part de l’animation de Crampoisic, centre de vacances et de rencontre ; ce qui le conduisit, président du conseil d’administration de l’association, à lancer la mise aux normes des locaux, indispensable pour conserver l’agrément de « Jeunesse et sports ». Belle aventure pour celles et ceux qui y mirent leur disponibilité et leurs divers talents, sous les encouragements de Daniel Homburger, président du Consistoire.
 
 
 
Une retraite active
 
 
Après le départ de Guy Froment en 1993, le poste de pasteur est resté vacant pendant un an.
 
A la retraite Guy Froment continua son engagement dans le groupe de l'Entraide, dont sa femme fut présidente durant plusieurs années et eut plaisir à présenter des animations originales lors des fêtes de l'Entraide à Étables.
  
 
 

Sources 

 
Cette biographie a été vérifiée et complétée par le pasteur Froment lui-même en mai 2019. 
  
Archives du temple de St Brieuc.

Registres du conseil presbytéral. 

Bulletin paroissial "Le lien" 1985 à 1993. 
 
Archives de Ouest-France. 1985 à 1992
 
 
 
 
 Le pasteur Guy Froment dans la presse locale.
 
(En cliquant sur l'article vous devez pouvoir l'agrandir)
 


L'arrivée du nouveau pasteur est annoncée dans Ouest-France.
La cérémonie se déroule en présence de Jean-Marc Kieffer, président du Conseil régionnal et de Daniel Homberger, président du Consistoire de Bretagne.
 

Arrivée du Pasteur Guy Froment. 27 octobre 1985 Ouest-France



Un autre article est consacré à l'arrivée du nouveau pasteur en page départementale de  Ouest-France.
On reconnait au centre de la photo Jean-Marc Kieffer et Erling Hansen


Arrivée du pasteur Guy Froment. Ouest-France. 29 octobre 1985



                                   
Assemblée de l'église protestante. Le Pasteur Guy Froment. 14 mars 1986 Ouest-France
                          
 
 
 
 
6 août 1988. Ouest-France




Ci-dessous l'ensemble de l'article sur la semaine de l'Unité en 1989 et plus bas deux agrandissements


27 janvier 1989. Ouest-France




27 janvier 1989. Ouest-France



"Les chrétiens non catholiques sont regardés maintenant comme d'autres chrétiens tout simplement".
"L’œcuménisme avance autant sur le fond que dans le quotidien"
Guy Froment.

De nombreuses répétitions pour préparer les chants ont permis aux personnes de se rencontrer...


27 janvier 1989. Ouest-France




Ce n'est pas encore Internet en 1989 mais le minitel ! En tapant 36-15 LECEP, les chrétiens des Côtes-du-Nord trouvent toutes les informations pratiques sur l’Église catholique et l’Église réformée : les actions communes, les horaires des cultes et de l'émission "L'Evangile aux 4 vents", les permanences de l'ACAT, les conférences, les expositions...
Il y a aussi un système de messagerie !

Guy Froment et soeur Yvonne Irien sont à l'origine de la mise en place de ce service.
 
 
24 février 1990. Ouest-France





18 novembre 1991. Ouest-France



20 janvier 1992. Ouest-France




27 janvier 1992. Ouest-France





14 février 1992. Ouest-France




12 mai 1992. Ouest-France






 
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Le pasteur Marcel Arnal 1936-1939



Marcel Arnal le 23 juin 1957 au Grau du Roi dans le Gard lors d'une promenade de la paroisse (c'est le seul homme!).
Photo Jocelyne Carrière (présente au tout premier plan, de profil, assise avec une robe blanche)




Les origines de Marcel Arnal

 
Le pasteur Marcel Arnal (1901-1989) est né le 13 avril 1901 à Vergèze (30). Son père, Théophile est tonnelier, Elodie Cabanès, sa mère est sans profession. 
Dans les années 20, il fait des études de théologie à Paris et s'inscrit dans le courant du méthodisme.
 
Il se marie le 25 avril 1925 avec Julie Céleste Brun (née le 25 septembre 1897), institutrice à Vergèze. La fête a lieu dans la maison des parents de la mariée au Mas de St Pastour à Vergèze. C'est dans cette commune que réside Marcel Arnal qui termine ses études pour être pasteur.
 
Son épouse va arrêter de travailler après leur mariage car alors une femme de pasteur devait se consacrer uniquement au service de la paroisse de son mari. Julie recevait les paroissiens et veillait à la bonne marche de toutes les activités de la paroisse.
Le couple va avoir deux enfants, Renée (l'aînée, née à Nîmes le 27 ou 28 février 1928) et André-Pierre (né à Nîmes le 16 décembre 1939). Renée deviendra médecin et André-Pierre artiste peintre. 


Marcel Arnal en 1957





 
Premiers postes
 

Marcel Arnal va commencer à exercer à Béziers vers 1925. C'est là que va naître leur fille Renée en 1928. Puis il va à Lassale (30) dans les Cévennes dans le début des années 30 et y reste jusqu'en 1936. Il publie 5 livres entre 1933 et 1936 à Lassale.
Mais d'autres responsabilités l'attendant et il est nommé en Bretagne à la fin de l'année 1936.


A la conquête de la vie. Marcel Arnal 1933 Lassale. Photo Mélanie Arnal


 
 
Bretagne


En Bretagne, le pasteur Arnal succède au pasteur Raspail à Lannion à la fin de l'année 1936 et y restera jusqu'en septembre 1939. Il habite rue Kermaria.
Nous savons peu de choses sur cette période où Marcel Arnal était à Lannion mais des archives familiales, conservées dans la maison de sa fille, pourraient délivrer de futures découvertes.

On peut mentionner que le pasteur Arnal a écrit deux ouvrages pendant cette période et qu'ils ont été édités à Lannion :
Les Plus Belles histoires ou la Bible à la portée des enfants. III Les Juges. Édition : Lannion, 1936. 
Les Plus Belles histoires. Édition : Lannion : Edit. Lanra , 1937
 
 








Retour dans le sud 

 
Après la Bretagne, Marcel Arnal retourne dans son sud natal et exerce dans la paroisse de Codognan (30) de 1939 à 1945. En plus de son travail dans la paroisse, il se déplace pour faire de nombreuses conférences et circule jusque dans le Doubs. Il écrit aussi deux ouvrages en 1941 alors qu'il est dans cette paroisse.
Pendant une année seulement, la famille se retrouve à Vergèze (30) en 1945-1946.

Enfin Marcel Arnal s'installe à Lunel (34) en 1947. Longtemps resté fidèle aux méthodistes, c'est à cette époque qu'il aurait intégré l'Eglise Réformée de France, d'après les souvenirs de son fils. Le pasteur Arnal reste à Lunel jusqu'en 1966, date à laquelle il prend sa retraite.
Le pasteur est toujours secondé pendant toutes ces années par son épouse. Son fils, André-Pierre, qui a appris à jouer du piano, accompagne les chants à l'harmonium pendant quelques années. Eric Carrière, dont on connaît le très beau parcours par la suite dans ce domaine, tenait également l'harmonium dans la paroisse de Lunel à l'époque où exerçait le pasteur Arnal.



Intérieur du temple de Lunel.

 
Jocelyne Carrière qui a participé aux activités de la paroisse de Lunel depuis qu'elle est enfant, se souvient très bien du pasteur Arnal : 
 
"Il était connu à Lunel, c'était une personnalité. Beaucoup de gens le connaissaient parce qu'il avait des abeilles. Il disait "mes abeilles je les reconnais, elles ont toutes une croix huguenote".
Il allait faire des piqûres aux personnes qui souffraient de rhumatismes. Il se soignait lui-même avec cette technique.

C'était un pasteur comme autrefois. Il aimait faire des visites à domicile. Avec les enfants il avait pris l'habitude d'offrir à certains un de ses livres au moment de la Communion. Il pouvait donner "A la conquête de la vie", "Il nous faut des certitudes", "Comment marcher avec Dieu".
 
Avec l'école du dimanche, pendant trois ou quatre ans, le pasteur nous faisait participer à un concours et à la fin de l'année il y avait une distribution des prix. La photo de la sortie au Grau du Roi en 1957 a été prise à cette occasion car on allait chercher nos prix dans une réunion du Consistoire.
 
C'est aussi en 1957 que le pasteur Arnal est très actif pour le centenaire de la construction du temple de Lunel."

La presse de l'époque (Le Midi Libre, 10 décembre 1957) rappelle qu'après le culte dirigé par le pasteur Barde de Nîmes, le pasteur Marcel Arnal a fait "un récapitulatif de quatre siècles pendant lesquels le protestantisme à Lunel a joué un rôle important". 





Écrivain

 
Marcel Arnal a connu une certaine célébrité dans le milieu protestant car il est l'auteur de nombreux ouvrages. Ceux qui ont eu pour but de mettre la Bible à la portée des enfants ont eu un certain succès et étaient recommandés à l'époque. Il a bénéficié de la complicité du talentueux dessinateur Joél Thézard pour les illustrations. 
On peut aussi noter que le pasteur Th. Roux a préfacé son ouvrage, A la conquête de la vie. Lasalle (Gard) 1933. 
Son fils André-Pierre se souvient que son père, le pasteur Arnal, faisait des colis pour envoyer ses ouvrages  en Afrique car ils étaient bien appréciés des missionnaires protestants. 
 
En 1958, il écrit son dernier livre au nom évocateur "Il nous faut des certitudes". Le pasteur y développe l'importance du message biblique : 
 
"Les voies de Dieu paraissent mystérieuses, jusqu’au jour où, avec un recul, on comprend pourquoi Dieu nous a fait passer par tel chemin plutôt que par tel autre. Or la Bible est le livre des certitudes. Des certitudes dans les deux sens : celui de la perdition pour les hommes qui nient Dieu ; celui du salut pour ceux dont Dieu est une réalité journalière".

 
Dans l'ensemble, ce sont des livres qui se sont bien vendus jusque dans les années 70. 

Enfin, remarquons l'espièglerie du pasteur qui, pour ses livres à compte d'auteur, a appelé sa maison d'édition Lanra (Arnal à l'envers !)
 
 



La retraite

 
Au moment de sa retraite Marcel Arnal s'est beaucoup intéressé aux abeilles, il avait des ruches et il passait beaucoup de temps dans son potager que certains décrivent comme un véritable "jardin extraordinaire" !

Marcel Arnal, est décédé le 5 janvier 1989 à Colognac dans le Gard et son épouse le 10 février 1995.
Renée, sa fille, mariée avec M. Jean Desvignes a commencé comme médecin mais rapidement elle a pris la direction d'une clinique psychiatrique à Nîmes. Elle est décédée en 2017 à l'âge de 88 ans.



 
La foi n'a pas d'âge


Pour terminer cette biographie du pasteur Marcel Arnal, on peut évoquer cette histoire extraordinaire d'un jeune homme perdu dans la drogue, il s'appelle Lionel Guibal. Après un véritable voyage en enfer en Amérique du sud où il a frôlé la mort, il ressent un appel intérieur et rencontre un chrétien convaincu qui va l'aider. Il s'achète une bible et finit par revenir dans la région de Nîmes, dont il était originaire. Il ne sait pas encore ce qu'il va faire de sa vie :

"Voilà qu’un jour, un monsieur âgé, avec un chapeau, est venu frapper à ma porte. Il voulait me parler. Il avait entendu parler de moi, il avait appris que j’étais revenu d’Amérique du Sud, que je m’étais converti. C’était le pasteur Marcel Arnal de Vergèze. Il nous a réunis et a commencé à nous parler de la Bible, du Seigneur Jésus. Ce qui nous a surpris c’est que lorsque ce croyant âgé, ce véritable chrétien, nous parlait, on sentait chez lui une jeunesse, une spontanéité, une vérité étonnante. Nous avions à l’époque 25 ans, mais avec notre drogue, à côté de lui, nous semblions être des vieillards, complètement décrépis.

Nous avons aussi appris que ce pasteur priait depuis plus de 20 ans pour le village de Vergèze, pour qu’il y ait un réveil, pour que le Seigneur touche des âmes. La sœur de sa femme, Madame Brieu, qui avait été si gentille avec moi quand j’étais enfant, est venue un jour à la maison, et elle nous a dit : « Lionel cela fait presque 20 ans que je prie pour toi afin que le Seigneur touche ton cœur ». Ainsi ils ont vu la réponse à leurs prières.

Un jour, Monsieur Arnal nous a dit : 
 
« Il faudrait peut-être profiter de l’occasion pour rendre témoignage devant tous que vous êtes chrétiens, que vous avez la foi au Seigneur Jésus ». 


Une réunion s'est tenue au temple, plein ce jour-là, et quelques anciens drogués ont témoigné de leur foi. Le pasteur Arnal est devenu une sorte de père spirituel pour ce jeune homme. Le pasteur lui prêtait des livres
Plus tard Lionel Guibal est devenu aumônier protestant des prisons. Il exerce à Tarascon.





Sources


Mars 2019. Témoignage recueilli auprès de Christian Nouis d'Aubais qui a connu le pasteur Marcel Arnal à Vergèze. 

Mai 2019. Renseignements familiaux fournis par Mélanie Arnal, Jean Desvignes et Francine Janesther-Arnal. 

Un grand merci à André-Pierre Arnal, fils du pasteur, qui a permis de préciser de nombreux points d'histoire en mai 2019.

Mme Agosta des services de l'état civil de la commune de Vergèze. 

Photo du pasteur Arnal en 1957 transmise par Jocelyne Carrière après une recherche effectuée par Anne-Marie Bourguet. Un grand merci à toutes les deux.

Archives du temple de St Brieuc.

Archives nationales. Liste des pasteurs ERF. Page 47. Document PDF

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre A 



 
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Bibliographie de Marcel Arnal

A la conquête de la vie. Lasalle (Gard) 1933. 


Les plus belles histoires ou La Bible à la portée des enfants. Ancien testament. I. - Période patriarcale. Édition : Lasalle (Gard), Lanra , 1934 In-16, 111 p.

 A l'aube de la vie, manuel de culture intérieure pour enfants. Édition : Anduze, impr. A. Puech ; Lasalle (Gard), Éditions Lanra , 1935. (21 avril 1936.) 

Les Plus Belles Histoires ou la Bible à la portée des enfants. Illustrations par Joél Thézard. [Ancien Testament. II : Période mosaïque.]. Édition : Niort, impr. A. Chiron ; Lasalle (Gard), Éditions Lanra , 1935. (21 avril 1936.) 127 p

Le Ciel ouvert, sermon prêché au Synode de Nancy le 26 juin 1935. Édition : Lasalle (Gard), Editions Lanra , (1936).

Les Plus Belles histoires ou la Bible à la portée des enfants. III Les Juges.Édition : Lannion, 1936. 112 p. 

Les plus belles histoires. Illustrations de Joel Thézard (1884-1957). 48 p.
Édition : Lannion : Edit. Lanra , 1937

  
Vers la plénitude de la Vie. Editions Lanra Montpellier 01.01.1938. Ce livre est la suite de  l'ouvrage A la conquête de la Vie paru en 1933.


Comment marcher avec Dieu, ou A la découverte de la vie. Édition : Codognan (Gard), Lanra ; (Largentière, Ardèche, impr. de E. Mazel) , 1941

Des hommes nouveaux. Édition : Codognan, Gard, Éditions Lanra , 1941. 55 p.


Préparons sa venue. Édition : Lunel, 8 rue Pascal ; (Valence-sur-Rhône, Impr. réunies) , 1946.


L'effondrement du monde et les reconstructions de Dieu. 194 p. Édition : Lunel : M. Arnal , 1948

Il nous faut des certitudes. 167 p. Édition : Lunel : Lanra , 1958


Photo Mélanie Arnal.
 






Livre de Marcel Arnal 1938.





dimanche 6 juin 2021

Louis et Marie Ricoeur (1907 à 1909) et Paul Ricoeur (1933-1934) à St Brieuc

 

Les grands-parents du philosophe Paul Ricoeur à Saint-Brieuc

 

On peut lire dans la page sur les origines de la communauté protestante briochine au XXème siècle que c'est le 18 février 1907 qu'a lieu à Saint-Brieuc la première assemblée générale de l'association cultuelle, 12 rue du Champ de Mars. 

Le président, le vice-président et le trésorier sont reconduits dans leurs fonctions  et M. Nicolaysen devient secrétaire. Messieurs Ricoeur, Buanec et Gros sont admis comme membres de l'association ainsi que Mesdames Bryant, Ricoeur et Buanec sans oublier Mademoiselle Jeanne Garchery. 

L'assemblée de 1909 se déroule le 19 janvier dans le Temple qui vient d'être construit rue Victor Hugo.
Le comité directeur est renouvelé avec comme président Monsieur Roux, le pasteur de St Brieuc, vice-président Monsieur Scarabin, pasteur à Lannion, trésorière Madame Bryant, secrétaire Monsieur Hansen, et assesseur Madame Ricoeur.

Début 1910, pas de changements notables sinon au poste d'assesseur où Mlle Maud Bird remplace Mme Ricoeur en janvier.


Qui sont M et Mme Ricoeur présents ce jour là ? 
Jean-Yves Carluer écrit à ce sujet dans son blog :
"Les Ricoeur sont probablement les parents de Paul, le grand théologien et philosophe protestant".
Il restait à en apporter la preuve et pour cela nous nous sommes tournés vers Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur. Les recherches effectuées par Mme Goldenstein pour répondre à ces questions n'ont pas pu prouver la présence à St Brieuc de personnes liées à Paul Ricoeur. 


Mais en fait, en examinant un registre qui était bien caché dans un meuble au Temple de St Brieuc, le nom de Ricoeur est de nouveau apparu. Dans la liste des membres de 1907, M et Mme Ricoeur sont bien inscrits, mais la mention de la profession est particulièrement intéressante puisque monsieur Ricoeur est "fondé de pouvoir" et  le couple a comme domicile la Trésorerie générale. Fin décembre 1909, ils partent de St Brieuc.
Avant de venir en Bretagne le grand-père de Paul Ricoeur a tout d'abord exercé comme instituteur dans une institution protestante à Blois (41). Il est ensuite devenu fondé de pouvoir à St Brieuc jusqu'en 1909, comme nous l'avons établi, puis à Rennes au moment de la Guerre 14-18, on peut donc dire que ces deux personnes sont Louis et Marie Elise Ricoeur. Ce sont eux qui vont recueillir, à Rennes, Paul, devenu orphelin de sa mère en 1913 puis de son père en 1915.
Louis et Marie Ricoeur semblent avoir été particulièrement appréciés puisque le 26 janvier 1910, on peut lire dans le registre de l'assemblée cultuelle de St Brieuc : "Sur proposition de Mme Bryant, l'Assemblée a chargé le secrétaire d'envoyer une lettre à la famille Ricoeur, pour lui exprimer ses regrets de son départ de St Brieuc et lui envoyer ses plus vives sympathies."



Précisons que Louis Ricoeur est né le 9 juillet 1856 à Luneray, Seine-Maritime (76), décédé le 24 septembre 1932 à Luneray. Marie Elise Ricoeur (née Sarradet) est née le 12 mai 1856 à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques, elle est décédée le 8 mai 1928 à Rennes (35).




Paul Ricoeur à Saint-Brieuc (1933-1934)

Dans les années 30, nous allons revoir à St Brieuc un autre Ricoeur, il s'agit de Paul, le célèbre philosophe.
Revenons un peu en arrière. Le jeune Paul Ricœur naît à Valence le 27 février 1913 dans une famille protestante.
Il est marqué par la mort de sa mère quelques temps après sa naissance le 27 février 1913, puis par celle de son père, tué en septembre 1915.
Paul et sa soeur Jeanne Alice sont recueillis par les grands-parents paternels Louis et Marie Elise. C'est une famille aisée qui réside 35 boulevard de Sévigné à Rennes, dans un quartier bourgeois proche du Parc du Thabor. Leur tante, Juliette Adèle Ricoeur, va également beaucoup s'occuper des deux enfants.

Juliette Adèle Ricoeur, tante de Paul et Jeanne Ricoeur.


Paul fréquente le temple protestant du boulevard de la Liberté, comme Simone Lejas, son amie qui deviendra son épouse.
Paul fait de brillantes études et devient licencié ès-lettres de la faculté de la place Hoche en 1933. Il échoue au concours d'entrée de Normale sup et quitte Rennes, pour enseigner comme professeur au Lycée de Garçons de Saint-Brieuc (aujourd'hui Collège Anatole Le Braz).  Parallèlement, il enseigne au Lycée de filles de la ville pour remplacer le professeur de philosophie qui est absent (aujourd'hui Lycée Renan). Il prépare sa maîtrise de philosophie Méthode réflexive appliquée au problème de Dieu chez Lachelier et Lagneau.




Paul Ricoeur enseigne-t-il à St Brieuc en 1933 ou en 1935 après avoir obtenu son agrégation?  Les sources sont contradictoires mais c'est bien après sa licence obtenue en 1933 qu'il vient à St Brieuc, pendant l'année scolaire 1933-1934. Ce jeune professeur, âgé de vingt ans, enseigne dix-huit heures par semaine.

Fréquentait-il le temple de St Brieuc? Non probablement pas car le jeune professeur rentrait à Rennes dès qu'il le pouvait...

A-t-il pu avoir des activités politiques ou syndicales à St Brieuc, comme il en a eu à Lorient quelques années plus tard ? C'est difficilement imaginable.
En effet c'est sa première année d'enseignement et il doit préparer tous ces cours.
Mme Goldenstein  a eu la chance d'accompagner Paul Ricoeur, alors qu'il était âgé, lors d'une rencontre avec une ancienne élève du Lycée de filles de St Brieuc. Cette dernière gardait le souvenir d'un professeur qui se donnait totalement à son enseignement.

En plus Paul Ricoeur travaille en 1933-1934 sur sa maîtrise de philosophie, un ouvrage remarquable (aux dires de spécialistes !). C'est son premier écrit philosophique et il compte encore de nos jours dans le monde de cette discipline.
Le trop court passage de Paul Ricoeur ne lui a pas permis de marquer la ville de St Brieuc, on ne va pas lui en faire le reproche !

Conclusion : Louis et Marie Elise Ricoeur, vont recueillir Paul Ricoeur et sa soeur. Les grands-parents paternels ont été des membres actifs de la paroisse protestante de St Brieuc au début du XXe siècle.


Sources :  

Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), registre "Modification des statuts" 1906-1952, page 12


Biographie chronologique Fonds Ricoeur

Correspondance avec M. Marc Boss, membre du Conseil scientifique du Fonds Paul Ricoeur et entretien avec Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur.
Mai 2019

Rennes, la ville de rencontre de Paul Ricoeur sur le site An Envor

Souvenirs de Paul Ricoeur en 2004 lors d'une rencontre à la mairie de Rennes.

Paul Ricoeur et Lorient 

Introduction à la maîtrise de philosophie de Paul Ricoeur rédigée en 1933-1934

Résultats des examens de philosophie, 2ème colonne 22 juin 1933 Ouest-Eclair Rennes

Site de généalogie, Généanet :
fiche Paul Ricoeur,
fiche Louis Ricoeur 
fiche Adèle Ricoeur


Fiche Paul Ricoeur, sur le site du Musée protestant


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