jeudi 29 octobre 2020

Sur les traces du pasteur Yves Crespin à Saint-Brieuc


Les traces du passé ne manquent pas à Saint-Brieuc.
Une ville c'est aussi l’œuvre du temps et de la mémoire...

Vous habitez Saint-Brieuc ou vous découvrez cette ville, partez à la découverte des endroits évoqués dans le livre Le pasteur Yves Crespin, un chrétien dans la Résistance...
Le livre Le jeu de patience de Louis Guilloux est également recommandé pour bien profiter de cette promenade historique et littéraire... Les extraits sont indiqués aux différents moments du parcours...
Attention, nous ferons parfois de petites incursions dans le passé !

Une grande partie de ce circuit a été proposée au public lors des Journées du Patrimoine le 19 septembre 2020.

 Lien pour accéder à la carte inter-active
Vous pourrez agrandir et cliquer sur les balises pour faire apparaitre les noms...


Plan de Saint-Brieuc avec les lieux importants liés au pasteur Yves Crespin.




Commençons cette promenade dans le centre-ville devant le collège Anatole Le Braz où le pasteur était aumônier au début des années 40. 

Vous pouvez lire le passage du livre sur Yves Crespin avec "La lettre au Proviseur. 1942", page 44.

A cette époque, c'était le Lycée Anatole le Braz, un lycée pour les garçons. Un autre monument existe dans la cour intérieure du bâtiment pour rendre hommage aux lycéens, professeurs et aumônier qui ont été arrêtés, déportés ou fusillés...

Un livre édité par un collectif d'anciens élèves de Le Braz retrace ces heures sombres : De la nuit à l'aurore.
Adresse : 46 rue du 71e Régiment d'Infanterie.

Vue extérieure du collège Le Braz à St Brieuc


Cour intérieure du collège avec le monument commémoratif.

Cérémonie du 10 décembre 2019 avec des élèves d'aujourd'hui et d'hier.



Passez devant la librairie Le pain des Rêves (titre d'un livre de Louis Guilloux) et arrêtez-vous si vous avez le temps car cette librairie indépendante offre un très bon choix d'ouvrages.
13 Rue Saint-François

Vous êtes en haut de la rue Saint-Guillaume et vous pouvez lire le passage du Jeu de Patience de Louis Guilloux où le pasteur voit défiler une compagnie d'infanterie allemande, pages 131 et 132

 




Vous contournez l'église Saint-Guillaume et arrivez sur la Place Duguesclin qui a retrouvé sa physionomie des années 40 depuis les travaux de rénovation en 2019.

Prenez sur la gauche, vous apercevez de loin le Palais de Justice.

Allez jusqu'à l'entrée du Parc des promenades. Ce Palais de Justice est le lieu où s'est déroulé le procès du dénonciateur du pasteur Crespin qui sera condamné, après-guerre, par la Cour à la peine de mort (sanction non exécutée). Extrait du compte-rendu dans Ouest-France de ce procès :
"Ce grand bagnard à la voix douce, aux gestes mous, à la mâchoire garnie d'or, qui cache des yeux malheureux sous d'épais sourcils, veut tout minimiser. Le président Colas, d'un mot démasque la fourberie.
-Toute votre vie, tout le dossier prouvent que vous êtes intelligent et cruel."

Contournez le Palais de Justice sur la droite et sortez du Parc par le petit portillon. Sur votre gauche, vous vous dirigez vers le Monument aux Morts. Le nom du pasteur Crespin figure sur une colonne à gauche du Monument.


Poursuivez sur le trottoir pour entrer de nouveau dans le Parc et prenez l'allée qui contourne la piste de skate-board. Traversez le parc et engagez-vous dans la rue Lamennais.

Vous débouchez sur la Place St Michel, et dans le bas, vous avez un monument commémoratif sur la Résistance et la Déportation. On remarquera en particulier la mention des noms des camp de Buchenwald et Dora, les deux camps où le pasteur Crespin a été détenu.

Lire le témoignage de Joseph Blanchot évoquant Yves Crespin à Dora, page 97





Plus haut sur cette place, du côté droit, c'est la maison de son ami protestant et résistant, Erling Hansen (une plaque est posée rappelant son rôle dans la résistance). 
Lire l'extrait où le pasteur et "Vincent" viennent faire une émission de radio clandestine chez le docteur Hansen, pages 132, 133 dans Le jeu de patience.
 


Juste en face de la maison du docteur Hansen, une autre plaque sur la côté de l'église St Michel avec un rappel sur les premières réunions de la Résistance locale avec l'abbé Fleury et Jean Métairie.

Lire la biographie de l'abbé Fleury page 75


Voici la place St Michel telle qu'elle était auparavant.
Plaque commémorative, église St Michel.


Remontez la place et contournez l'église sur la gauche, vous apercevez l'entrée du cimetière St Michel où reposent notamment Erling Hansen et Louis Guilloux. Si vous avez le temps, petite visite guidée sur les thèmes du protestantisme à St Brieuc et de la Résistance. 
 
Allée centrale du cimetière St Michel, face à l'entrée.

 

Vous arrivez face à l'année centrale et vous prenez sur la gauche.

 
 

Chapelle sur la gauche de l'entrée


L'allée où se trouve cette chapelle est l'allée numéro 1. Je vous propose de commencer à l'allée numéro 4 où la première tombe est celle de la famille La Veuve. 
 

Plan général des différents noms cités.
 
Georges Geffroy, lycéen de Le Braz, fusillé en 1944. Allée 4.


Au début de l'allée numéro 4, sur la gauche se trouve la tombe de Georges Geffroy, lycée de le Braz, fusillé en 1944.


Louis Guilloux, écrivain. Allée 4
 
Toujours au début de l'allée numéro 4, mais sur la droite se trouve la tombe de Louis Guilloux, écrivain et ami du pasteur Crespin.
 

Tombe de Lucien Camus, père d'Albert Camus
 
 
Allez jusqu'au bout de l'allée 4 et tournez à gauche dans la grande allée perpendiculaire. Vous apercevez le carré militaire avec sa colonne. Le long de l'allée des tombes en forme d'épées. Ne manquez pas celle de Lucien Camus, père d'Albert Camus, mort à l'hôpital militaire de St Brieuc pendant la guerre 14-18. Louis Guilloux viendra avec Albert Camus se recueillir sur cette tombe.



Monument du carré militaire

Juste devant la colonne commémorative, vous voyez une stèle sur la droite.

Stèle en hommage au soldat G. Sherlock


Pendant la guerre 14-18, le pasteur Théophile Roux va procéder à l'inhumation de nombreux soldats protestants, la plupart allemands, soignés dans les hôpitaux de St Brieuc. Le seul soldat protestant qui n'est pas allemand est George Sherlock, un soldat anglais, d'un régiment de fusiliers écossais, le Inniskillers Fusiliers Regiment, matricule 7319. Il était en traitement à l'hôpital auxiliaire N°201 de Mme Pitet, 4 Boulevard Laënnec et décède le 21 septembre 1914. Il est inhumé par le pasteur Roux le 23 septembre 1914 au cimetière St Michel à St Brieuc. (voir l'article consacré à 14-18)


Tombe du pasteur Emile Le Cozannet (1923-1986)

Vous ressortez du carré militaire et reprenez l'allée perpendiculaire, à trois rangées du mur de clôture du cimetière se trouve la tombe du pasteur Emile Le Cozannet et de son épouse Yvette. C'est la 10e tombe, sur le côté gauche, de la 10e rangée.

La famille d'Emile Le Cozannet était protestante à St Brieuc.
Émile participe activement à la vie de la communauté protestante de St Brieuc au moment où exerce le pasteur Crespin. Il aime aussi passer du temps le dimanche après midi autour d'une table  pour jouer aux échecs. Il se lie d'amitié avec les familles Hansen, Vivier et Crespin. C'est ainsi qu'il devient le parrain de Mireille Crespin, née en 1940. Plus tard il décide de devenir pasteur et exercera cette fonction à St Brieuc de 1977 à 1985.





Tombe familiale Hansen.

Pour trouver la tombe de la famille Hansen, et donc d'Erling Hansen, médecin et ami du pasteur Crespin, vous retournez le milieu du cimetière et la rangée est la deuxième avant l'allée centrale.
Remarquez la plaque des Résistants-déportés.


Stèle en mémoire de l'abbé Vallée, résistant, déporté.
 
La stèle de l'abbé Vallée, très actif pour les réfugiés espagnols, résistant et déporté, est facile à trouver en retournant jusqu'à l'entrée principale du cimetière. Vous prenez la première allée sur le droite et le tombeau se trouve au début de cette allée.

Revenez sur vos pas pour retrouver l'allée qui borde le mur du cimetière du côté sud. Dirigez-vous vers ces deux grands arbres, à gauche du plus penché vous trouvez la tombe de Roland Tostivint, fils de René et Yvonne Tostivint, une famille protestante de St Brieuc bien connue dans les années 60 à 80. Roland, élevé dans la foi protestante, deviendra une figure de St Brieuc pour ses céramiques et sa célèbre vielle (voir le portrait complet de la famille Tostivint en bas d'article sur Les Pasteurs et laïcs)



Roland Tostivint 1933-2008. Photo RF
 
Un peu plus bas, vous avez la famille Salaün et sur une plaque en marbre se trouve une citation d'Yves Salaün, lycée de Le Braz, résistant fusillé en février 1944 au Mont Valérien.


Plan large pour retrouver le plaque d'Yves Salaün

Plus bas, le long du mur ouest du cimetière vous ne pouvez pas manquer la tombe d'Henri Avril, résistant, Président du Comité départemental de Libération puis Préfet des Côtes-du-Nord. Le neveu d'Henri Avril (Louis Jolivet) partagea la cellule du pasteur Crespin.



Tombe Henri Avril. Photo RF



A 5 minutes à pied, en sortant sur la droite du cimetière, vous passez devant l'école des Merles et un peu plus loin, vous trouvez la maison de l'écrivain Louis Guilloux, 13 rue Lavoisier. Peut-être y aura-t-il une exposition? une visite du bureau à l'étage?
C'est une maison qui fait vivre la mémoire de cet écrivain.
Louis Guilloux y recevait souvent le pasteur et son épouse pour de longues discussions. C'est dans sa maison qu'il écouta le récit de Jeanine Crespin racontant son odyssée à Rennes, Paris puis Compiègne afin de retrouver son mari.
 Lire le passage du Jeu de Patience où Louis Guilloux rencontre Jeannine Crespin, page 251



Bureau de Louis Guilloux que fait visiter l'association des amis de l'écrivain.


Extérieur de la maison Louis Guilloux


Retournez sur vos pas, contournez le cimetière St Michel et quelques centaines de mètres, rue Victor Hugo, vous arrivez au Temple réformé de St Brieuc avec la plaque sur Yves Crespin. 
Lire le passage sur l'inauguration de la première plaque commémorative dans "Le jeu de Patience" page 414.

 
Le temple rue Victor Hugo, photo des années 60. Le logement du pasteur est sous les toits
 

Si vous avez plus de temps....
Découvrez un autre secteur en descendant la rue de Gouédic. En bas de la rue, après avoir dépassé le garage, tournez dans la petite impasse à droite. Un panneau historique évoque le camp des réfugiés espagnols où venaient Louis Guilloux et le pasteur Crespin. 

"On a mis les réfugiés espagnols dans les ruines d'une usine...au fond d'une vallée, le long d'un ruisseau." Extrait du roman Le jeu de patience. 

 





Reprenez la rue de Gouédic, vous ne pourrez pas manquer la prison avec une plaque commémorative. 




Sur le côté de la prison, vous avez la plaque de la rue du Pasteur Crespin. Celle que vous verrez est en moins bon état que celle-ci. Cette photo, c'est toute une histoire, elle a été prise par Jean-Claude Crespin, le fils du pasteur, il y a plusieurs dizaines d'années, en 1983...
Voici comment il raconte l'histoire : "Les 16 et 17 juillet 1983, je suis allé à Saint-Brieuc. J'ai filmé la rue Victor Hugo, la rue Pasteur Crespin... J'ai eu quelques ennuis d'ailleurs. Deux matons sont venus me demander ce que je faisais. J'ai expliqué que j'étais le fils d'un résistant de Saint-Brieuc et qu'une rue portait le nom de mon père. Ensuite, c'est une voiture de police avec son phare tournoyant : "Monsieur, nous avons reçu un coup de téléphone du directeur de la prison nous signalant qu'un individu prenait des photos de la prison..."
Tout est rentré dans l'ordre après le contrôle d'identité...   



Devant la prison, vous ne verrez pas autant de monde qu'en ce jour de mai 2019 où des élèves du collège Racine, accompagnés de leurs professeurs réalisaient un parcours audio sur la Résistance en s'appuyant sur les plaques de rues de St Brieuc.
Nous sommes à la fin de notre circuit pédestre sur les traces du pasteur Crespin à Saint-Brieuc...










mercredi 28 octobre 2020

Protestants St Brieuc, Etables, Perros, Lannion, 30 bâtiments et lieux de culte liés à l'Eglise Protestante Unie des Côtes-d'Armor




Il est difficile d'imaginer que plus de 30 lieux sont liés à l'histoire de la communauté protestante de l'Eglise Réformée dans les Côtes-d'Armor, depuis une centaine d'années ! Et pourtant, en fouillant dans les archives, voilà des Temples, des chapelles, un manoir, de simples salles ou des maisons louées pour célébrer des cultes...
Au travers de ces lieux c'est l'histoire d'une communauté, certes minoritaire, mais qui ne manque pas d'imagination pour trouver les moyens de faire vivre ses convictions, sa foi...

Les seuls lieux évoqués dans cet article sont les suivants :

Temple de l’Église réformée de St Brieuc
La salle de Bonne Nouvelle (salle baptiste)
La salle du Légué
La salle de Cesson

Lieux de culte à Guingamp, Pontivy, Loudéac, Lamballe-Coëtmieux, Erquy-Fréhel, Montcontour, Pléneuf-Val André, St Cast, Plémy.





D'autres lieux font l'objet d'articles spécifiques, vous les retrouvez en cliquant sur le lien :

Temple d’Étables

Protestants à St Quay-Portrieux

Temple de Lannion

Lieux de cultes dans le Trégor : Beg Léguer en Lannion, Loquemeau en Trédez, Trébeurden, L'Ile grande, Ker-Aliès en Pleumeur Bodou, Kérénoc en Pleumeur Bodou, Trégastel, Ploumanach,  la rade en Perros, Penvern en Perros, Tréguier, St Quay Perros...

Temple de Perros-Guirec

Temple de  Dinan

Manoir de Crampoisic

Temple de Plougrescant  (temple en lien avec l'Eglise Réformée)

Temple de Kérity en Paimpol





Précisons que, pour les protestants, un temple n'est pas un endroit sacré. C'est un lieu de réunion où l'on vient pour rendre un culte ensemble à Dieu mais aussi pour stimuler sa foi et ses questionnements personnels par l'écoute d'une lecture de la Bible et d'une prédication. Les protestants peuvent se réunir aussi bien dans un lieu qui ne soit pas un temple.
L'architecture d'un temple protestant et son mobilier sont modestes : pas de statues, pas de vitraux, pas de peintures, presque aucune forme d'art religieux. Pour les protestants, ce dépouillement invite les personnes présentes dans le temple à chercher en eux-mêmes.




Le temple protestant de Saint-Brieuc, rue Victor Hugo




Le temple protestant de St Brieuc, rue Victor Hugo.


L'origine du temple protestant de St Brieuc 1908


Tout d'abord, Théophile Roux, venu de Paris, trouva les protestants de St Brieuc rassemblés au sein de l'association de l'Eglise Evangélique Méthodiste. On lit ensuite dans le procès verbal de l'Assemblée du 14 février 1908 :
"Messieurs Ochart et Roux demandent à l'association de préciser ses intentions au sujet de la construction, à St Brieuc, d'une chapelle protestante et promettent l'appui pécuniaire de la caisse centrale.
L'association décide à l'unanimité que le profit de la construction d'une chapelle sera mis à exécution, s'en remettant à la générosité, et aux offres de ses membres, pour réunir le capital nécessaire."

Le 27 février 1908 :
[...] "Monsieur Roux offre de remplir, sans traitement, les fonctions de pasteur, de l'Association cultuelle de St Brieuc, et de prendre à sa charge, les frais d'achat du terrain, et de la construction d'une chapelle Presbytère.
L'Association accepte à l'unanimité les propositions de Monsieur Roux [...]"


Le pasteur Roux laissera le temple, ainsi que l’appartement, à disposition de l’église à son départ en 1921.




Plaque en souvenir du travail et de la générosité du pasteur Théophille Roux. Archives du Temple.


L'angle de la rue Victor Hugo, sur la droite le temple de St Brieuc en 1962. Au premier plan, la maison construite par  la famille Scarabin.


L'angle de la rue Victor Hugo, sur la droite le temple de St Brieuc en 2018


Le mobilier et les travaux dans le Temple protestant de St Brieuc


Dès l'installation du temple en 1908, une souscription permet d'acheter le mobilier (une chaire, un porte-bible, des chaises, des pliants, des tabourets-poufs, des tentures, un porte parapluie) et d’acheter un poêle. Le temple possède aussi un harmonium. L'installation du gaz est prévue.
En octobre 1940, le pasteur Crespin fait aménager le grenier car la salle à manger du presbytère, contiguë au Temple est utilisée comme sacristie et salle de réunion. Le pasteur évoque une situation favorable qui ne va pas durer : les finances le permettent après la vente de la Roulotte et d'un don exceptionnel "qu'il convient d'employer aussitôt que possible pour éviter une dépréciation menaçante de la monnaie".

En mars 1950, le pasteur Marquer et les membres du Conseil presbytéral envoient une lettre à toutes les personnes qui connaissent ou ont connu le temple de St Brieuc (réfugiés pendant la Guerre, protestants ayant quitté la région, estivants depuis la Libération...). Le but est de trouver des finances pour l'agrandissement du temple qui dispose alors de 48 places assises :
"Nous comptons abattre la cloison légère qui sépare le Temple de la sacristie, et agrandir ainsi le temple de 24 places, ce qui donnerai 72 places assises (100 en ajoutant des chaises dans les grandes occasions)... Nous projetons de construire une salle annexe, sur le terrain derrière le bâtiment..."
Ces travaux seront réalisés surtout grâce à des dons et à une subvention importante de la Société Centrale d'Evangélisation. En juillet, il ne reste que de petits aménagements à réaliser mais les travaux d'agrandissement sont finis.


L'intérieur du Temple de St Brieuc avant modifications. 1950. Archives du temple St Brieuc
La porte au fond existe toujours mais est bloquée, on la voit aujourd'hui dans le couloir qui dessert l'appartement.



En 1953, différents meubles sont transportés par M. Martineau de l’Église anglicane de Dinan, en très mauvais état, jusqu’à Saint-Brieuc. Rappelons que l’Église anglicane a été inaugurée le 21 décembre 1870.
Le mobilier dont il est question peut dater approximativement de cette époque. 
Il s'agit en particulier d'une chaire en bois sculpté, 16 bancs de 3,20 m de long, un lutrin en bois1,65 m de largeur, 2 armoires, 2 troncs, 1 tableau d'affichage, 1 tableau de cantique.
Dans son livre "La colonie anglaise", Diane Moore indique que "jusqu'en 1953, l’Église Réformée de France utilisait l'église, mais personne ne voulait assumer la responsabilité de l'immeuble; il suivit un procès en 1958 entre la Société d’Évangélisation et l'évêque de Fulham".

En novembre 1959 un avoué de Dinan, M. Robert Gavard, défendant les intérêts de l'évêque de Fulham, demanda des comptes sur ce mobilier! Mais l'évêque perdit son procès et le mobilier resta à St Brieuc...

Nous voyons ci-dessous la chaire telle qu'elle se présentait dans l’église anglicane de Dinan. La chaire mesure un mètre de haut. Elle était posée sur un support de 75 centimètres ce qui la rend nettement visible au dessus des chaises. A St Brieuc, elle est maintenant posée sur une estrade mais elle est séparée de sa partie inférieure.
C'est l'élément le plus remarquable du mobilier transféré à St Brieuc.




La chaire (dans le temple anglican de Dinan)
Photo extraite du livre La colonie anglaise. Diane Moore. Edition Plessix. Page 153


Gros plan sur la chaire (dans le temple anglican de Dinan) 





Partie supérieure de la chaire actuellement dans le temple réformé de St Brieuc


Partie inférieure de la chaire conservée dans le sous-sol du temple réformé de St Brieuc
Détail de la partie inférieure de la chaire. Photo R.F

Dans une église catholique ces meubles ne mériteraient sans doute pas une grande attention, tant il y en a de remarquables.
Mais ces différents éléments du mobilier du temple de St Brieuc constituent un ensemble assez rare en Bretagne parce qu'ils sont une trace du patrimoine protestant dans cette région. En effet, les édifices les plus anciens du protestantisme en Bretagne ont disparu et le mobilier avec. D'autre part, plusieurs temples ont subi des destructions pendant la Seconde guerre mondiale (Brest, Lorient, St Servan).

La chaire, en particulier, mais aussi tout le mobilier de style néo-gothique du XIXe (table de prière, pupitre, bancs, chaises...) provenant de l'église anglicane de Dinan, pourraient faire l'objet d'une inscription au titre des Monuments Historiques.
Le pasteur Hervé Stücker, Magali Lenot et Richard Fortat ont effectué des démarches en ce sens.

Deux spécialistes sont venues observer ce mobilier sur place le 30 janvier 2020, il s'agit de Mme Christine Jablonski, conservatrice des monuments historiques à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne et de Mme  Céline Robert, conservatrice des antiquités et objets d'arts aux Archives départementales des Côtes d'Armor.
L'intérêt de ce patrimoine et son inscription seront examinés lors d'une commission qui l'étudiera au niveau régional. A suivre...


Céline Robert, Christine Jablonski, Hervé Stücker le 30 janvier 2020 à St Brieuc.



En 1956, une bible du XVII ème siècle est offerte par le professeur Hoffman de la Faculté de théologie protestante pour remplacer celle qui servait avant et qui était trop petite. 





Première page de la bible présentée à chaque office au Temple de St Brieuc.1754. Neuchatel


En 1960, la vente d'un terrain à Lannion permet d'envisager l'achat du garage Delaunay qui touche le Temple.

Les vitraux modernes qui ornent encore aujourd’hui le temple sont offerts par la famille Hansen, suite au décès d’Oscar Hansen en 1970.

En 1972, les murs et plafonds sont repeints sous la direction de M. Deiss, décorateur à Saint-Brieuc.

En 2010, de nombreux travaux étant nécessaires, le Conseil presbytéral fait estimer le bâtiment par un notaire de St Brieuc dans la perspective de le vendre. Le chiffre de 280 000 euros est avancée.
En 2017, l’appartement du 1er étage (logement des pasteurs) est entièrement refait.




L'intérieur du logement du pasteur en 2004.





La Salle de Bonne-Nouvelle. Une église Baptiste



Localisation de la Salle de Bonne-nouvelle, salle évangélique St Brieuc. Google street.



Il y a eu, au début des années 1930 (et au moins jusque dans les années 60), un autre lieu de culte de St Brieuc qui portait le nom de Salle de Bonne-Nouvelle. Il est ouvert par M. H. Stamp. Le local se situe au milieu de la route du Légué, en arrivant au Pont de Souzain.  M. Stamps est un protestant de St Brieuc, inscrit de 1915 à 1929, qui faisait venir du charbon au Légué. Louise Stamps était également membre régulière de l’Église protestante.

Les créateurs
M. Stamp est un évangélique baptiste. Un conflit l'oppose au pasteur Jean Scarabin puisqu'en 1929, M. Stamp et Mme Stamp démissionnent de l’Église de St Brieuc. Le pasteur porte la mention "Dissident, parti" et suivent les noms de M et Mme Stamp sur le registre des membres.


Quatre témoins de cette époque
 
Solveig Hansen (membre de la paroisse à cette époque) se souvient être allée dans cette salle et M. Stamp pratiquait des baptêmes au bord de la mer. La salle de prière prend le nom de "Bonne-Nouvelle", du mot "Évangile" qui signifie "bonne nouvelle" en grec. 

Jean-Claude Nexon (né en 1934) était très jeune à l'époque où il fréquentait la salle Bonne-Nouvelle, la maison familiale était voisine. 
"Parfois le dimanche à la belle saison, quand c'était marée haute, des personnes étaient baptisées par M. Stamp dans la mer. Pas très loin du phare à Saint-Laurent, il y a une plage des galets avec des rochers qui s'avancent dans la mer. Le baptême était plutôt individuel mais parfois deux ou trois personnes l'étaient en même temps." 

Pierre Prigent (neveu du pasteur Alfred Somerville) garde des souvenirs précis de l'ambiance qui régnait à la Salle Bonne-Nouvelle :
"C'étaient des baptistes rigoureux, essentiellement marqués par la personnalité de M. Stamp, qui de surcroit était un fieffé original d'Angleterre, au demeurant plus étroit (en religion aussi) qu'on peut l'imaginer. Je suis allé une ou deux fois écouter une conférence en ce saint lieu ; mais c'était décidément trop orienté (prédication sur la fin du monde) et je commençais à réfléchir..."
Pierre Prigent se souvient aussi que le lieu précis des baptêmes était "L'anse aux Moines". 
 
Jean-Yves Carluër (écrivain spécialiste de l'histoire du protestantisme, né en 1948) est allé avec ses parents à la salle Bonne Nouvelle quand il était jeune. Il se souvient de la grande rigueur des sermons de M. Stamp et de la difficulté qu'il y avait à tout comprendre car M. Stamp ne maîtrisait pas parfaitement le français.
 

L'anse aux Moines, en St Laurent. Lieu des baptêmes organisés par M. Stamp



Des traces dans les archives
"La salle de Bonne Nouvelle" est mentionnée par le curé de la paroisse catholique de St Michel à St Brieuc comme un lieu de rassemblement de protestants dans une enquête menée par le diocèse en 1936. Entre 1936 et 1938, les curés sont interrogés sur la présence éventuelle de protestants dans leur entourage géographique et sont invités à évaluer leur influence. 
 
Nous avons aussi une autre trace dans les archives du temple de St Brieuc car en 1963, le pasteur Kieffer a indiqué qu'il fait le point sur les relations avec les autres groupes protestants et en particulier avec  L’Église Évangélique Libre de la Bonne nouvelle, située dans la côte du Légué. 


Localisation
 
Pour situer cette salle, il faut partir du boulevard Gambetta dans le quartier St Michel, descendre la rue du Port en direction du Légué. Juste au stop et c'est la maison qui se trouve une maison sur la droite, au 44 boulevard Harel de la Noé.
 
Dans le prolongement de la rue du Port se trouvait "la vieille côte du Légué". C'était l'axe principal qui permettait de rejoindre le centre-ville à partir du Légué. 
La vieille côte du Légué était très raide et difficile lorsqu'il pleuvait.
Par la suite on l'a détournée par la rue du légué et on ajouté deux voies : la rue des Trois-Frères Le Goff et la Route Nationale de Toupin donnant vers le bassin à flot (inaugurée en 1946).



La maison actuelle où on trouvait la Salle de Bonne-Nouvelle de St Brieuc. Photo R.F


 
Sources :  

Archives du temple de St Brieuc


Souvenirs de Solveig Hansen recueillis en décembre 2019. La première localisation a été rendue possible par une recherche effectuée avec Solveig Hansen sur Google Street (10 janvier 2020).

Témoignage de Pierre Prigent, mars et juin 2020.

Témoignage de Jean-Claude Nexon, juin 2020 
 
Témoignage de Jean-Yves Carluër, novembre 2020
 


Localisation de l'emplacement de la Salle de Bonne Nouvelle, avec Google street, en cliquant ici

Enquête menée dans toutes les paroisses catholiques, fin des années 30. Maison du diocèse de St Brieuc. Questionnaires  cote 3F11a et 3F11b  



 

 

Protestants au Légué, Saint-Brieuc. La salle de culte protestant

1924-1936


Les archives du temple nous apprennent qu'en 1924, à l’initiative du pasteur Scarabin, le comité directeur du temple de Saint-Brieuc a fait l’acquisition d’un immeuble au Légué à Plérin, quai de la  cale fleurie, le propriétaire est M. Allendry. Cette propriété comprenant le logement du nouveau prédicateur, François Manac'h, une salle de réunion et un garage pour la roulotte missionnaire.

On peut situer ce local aujourd'hui à l'emplacement actuel de la boulangerie "Le fournil du Légué", à l'angle de la rue de la Douane et du numéro 6 du Quai Gabriel Péri.
La salle de réunion était au rez-de-chaussée et l'appartement à l'étage.


La maison de François Manac'h au Légué. Lieu de culte protestant. Photo RF

Le garage de la roulotte se situait à l'arrière du bâtiment. Photo RF





François Manac'h (arrivé du Havre) se sent à l'aise dans la mission qui lui est confiée au Légué. Il sait parler au ouvriers, aux marins. Chaque dimanche soir à 20h il anime des rencontres. L'école du dimanche rassemble de nombreux enfants au Légué.

Fin 1924, François Manac'h œuvre aussi sur Guingamp, pour se déplacer il utilise la roulotte évangélique qui est garée dans la cour de la maison du Légué. F. Manac'h reste au Légué jusqu'en septembre 1928. Le poste reste vacant pendant un an jusqu'à l'arrivée de Daniel Manac'h, fils de François, qui à la fin de ses études, vient d'octobre 1929 à septembre 1930.
George Whelpton le remplace en septembre 1930 mais ne reste qu'un an et se concentre sur St Brieuc. Dans les années 30, certains protestants, comme les six membres de la famille Hansen, participent aux réunions du Légué en supplément de celles de St Brieuc.



Lors de l'assemblée générale du 20 septembre 1935, M. Scarabin évoque les difficultés financières de l’œuvre d'évangélisation itinérant par le moyen de "la Semeuse" (une roulotte) et du colportage, par suite de la défaillance de la Mission Populaire Évangélique.


Une roulotte biblique de la Mission évangélique bretonne



Pour résoudre ces problèmes, et continuer l'évangélisation, l'Assemblée entérine la vente ou la location de l'immeuble du Légué, l'affaire est confiée à Maître Brochen. C'est en fait la location qui est la solution choisie. La salle d'évangélisation est fermée en 1936 et elle est louée à un commerçant. 
En 1950, l'Assemblée générale est d'avis de vendre ce bâtiment. Le pavillon nord ("La cale fleurie") est effectivement vendu à Mme Moreau en octobre 1951.

Jean Yves Carluer parle aussi de son côté  dans un article d'un autre lieu appelé "Sous-la-Tour" et désigné comme "un quartier ouvrier proche de Saint-Brieuc, à l’embouchure du Légué, où la mission méthodiste avait ouvert un local de réunions". 

D'après cette description, on peut donc situer ce lieu au pied de la tour de Cesson du côté du port du Légué, rue de la Tour. Ce quartier fait l'objet d'une notice détaillée éditée par le Service Régional de l'Inventaire de Bretagne.
 

Village de Sous-la-Tour, le Légué, vers 1930. Carte postale des Archives départementales 22 (reproduction interdite)



Sources 

Archives du temple de St Brieuc
La localisation de la salle du Légué a été rendue possible par le témoignage d’Étienne Huck et de sa mère Solveig Huck-Hansen.




Protestants à Cesson, proche de Saint-Brieuc. 

La Maison de réunion protestante







Concernant la maison de réunion de Cesson, il est indiqué  dans les registres de l'association cultuelle de l'Eglise réformée de St Brieuc en octobre 1909 que "les frais d'installation seront payés par ce qui reste de la collecte faite pour l'ameublement du Temple". Plusieurs membres fondateurs de  l' Association de l’Église Évangélique Méthodiste de St Brieuc résidaient à Cesson. Il s'agit de  Paul Gourvil, colporteur, né à Trémel le 14 mars 1879, Françoise Jégou, née à Louégat le 8 août 1882, Françoise Gourvil, couturière, née le 24 octobre 1845

Peut-être que cette salle de réunion était animée au départ par ces trois personnes, dont l'une est colporteur? En 1907 elles étaient parties mais d'autres habitaient Cesson en 1907, comme Guillaume Le Buanec, cordonnier et Augustine Le Buhanec, sans profession. Eux-mêmes s'en vont mais le colporteur Goulven Gallou (né à Landivisiau) arrive en 1908, avant de partir ensuite à Brest.


Sources : Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), registre "Modification des statuts" 1906-1952.








Protestants à Pléneuf-Val André. Une salle de culte protestant




Dans le registre des membres de la paroisse de St Brieuc, on trouve vingt protestants inscrits en 1942 au Val André :
Cormel (2), St Amand (1), Edouard Le Meille, Marthe le Meille née Piget inscrits depuis le 1er novembre 1938 (3), Zwinger (2), Faugé (1), famille Boulat (4), famille Aeshachet (4), Raynaud (1), Lecomte (1)


En 1944, le pasteur Vidal (qui remplace le pasteur Crespin, déporté en Allemagne) a assuré le culte à St Quay.

En 1945, un culte mensuel est signalé, à la villa La Source, chez M et Mme Le Meille. Le 19 novembre 1945, au Val André au domicile de ses parents, le pasteur François Barre baptise Claude Testard, né le 5 août 1945.
Un culte hebdomadaire se déroulait au Val André pendant l'été (en 1946, 1947...), mensuel en hiver (dans les années 50).
Le 5 avril 1947, au Val André au domicile de ses parents, le pasteur François Barre baptise Michel Boulat, né le 11 juin 1947.
En 1948, Mme le Comte  rejoint les membres inscrits de l’Église.
Le pasteur Marquer, en 1952, parle d'un culte aménagé, plus simple, "un culte de famille". En 1958 le culte se déroule une fois toutes les 6 semaines, chez des paroissiens comme par exemple en octobre chez M et Mme Le Meille.

En 1962, des contacts sont pris avec M. Avril de Lamballe pour utiliser la chapelle de l'Amirauté. Il y entrepose un bateau et il faut juste lui proposer un autre abri en échange ! Un accord est trouvé avec ce propriétaire et le culte peut se tenir dans cet endroit.

Cette chapelle a été construite pour l'Amiral Charner et son épouse en 1864. Le bâtiment est de style néo gothique. Elle est aussi appelée "Notre Dame des Victoires". Elle est propriété de la commune.
Mais les cultes semblent rapidement se tenir au 1er étage de la maison Charner, située dans le Parc de l'Amirauté. Des travaux de peinture sont même réalisés par la municipalité pour rendre le lieu un peu plus agréable. Une bonne signalétique (affiches et panneaux) aide les vacanciers à venir plus facilement au culte protestant le dimanche matin.

Les cultes d'été ont un certain succès au Val André et en 1963, l'assemblée générale de l’Église protestante de St Brieuc est même amenée à se prononcer sur l'idée de mettre l'accent sur le Val André (et Etables) en maintenant un minimum à St Brieuc. En hiver des cultes se vivent chez des particuliers comme en 1966 pour Noël, chez M et Mme Lemeille.



La maison Charner, dans le parc de l'Amirauté,
 où se déroulait au premier étage le culte protestant en été au Val André

La chapelle de l'Amirauté
 où les protestants célébraient le culte en été dans les années 60



Les différents pasteurs en poste à St Brieuc ont bien entendu célébré des cultes au Val André mais ils ont été aidés par de nombreux prédicateurs laïcs et des pasteurs en vacances.
Citons quelques uns dont les noms sont mentionnés dans les archives :

en 1963 M. Caumont
en 1964 Pasteur Jean-Pierre Bury de Strasbourg, Pierre Simon de Montpellier, M. Tostivint 
en 1965 M. Besset, M. Hansen, M. Tostivint
en 1966  pasteur Muir, M. Tostivint, M. Hansen, M. Koechlin




Affiche annonçant les cultes protestants sur la côte. Années 60.



Lien pour accéder à la fiche détaillée sur la chapelle de l'Amirauté

Sources : Registres de la paroisse de St Brieuc-Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)




Protestants à Saint-Cast.  
Une salle de culte protestant à St Cast.



En 1952, les archives mentionnent un culte hebdomadaire l'été à Saint-Cast, avec une présence d'une vingtaine de personnes à chaque fois du 1er juillet au 1er septembre.


Sources : Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc)









Protestants à Guingamp


L'évangélisation de la région de Guingamp remonte aux années 1920-1930 où  le pasteur Jean Scarabin s'y déplaçait avec sa roulotte évangélique. L'importance de la tradition catholique dans cette ville rendait difficile l'oeuvre de ces missionnaires.
L'Almanak Vat ar Vretonned de 1931 mentionne l'activité d'évangélisation de Jean Scarabin en langue bretonne à Guingamp.

Mais c'est en 1956, pour la première fois dans les archives, que l'on trouve la trace de l'activité structurée de l'Eglise Réformée de France à Guingamp.
Le pasteur Marquer, pour la Société Centrale d’Évangélisation écrit dans son rapport annuel que
Guingamp figurait depuis toujours dans le "champ de travail" des protestant mais il n'y avait pas eu encore d'ouverture d'une annexe à cause de la présence d'autres groupes.
Ces personnes étant parties après 1956, un service protestant a été ouvert une fois par mois pour les deux familles dont les enfants bénéficiaient de l'enseignement religieux.
C'est la famille Huck qui a ouvert son salon au début et qui a invité des voisins. Une famille avec trois enfants a rejoint le groupe puis une autre.

En 1958, le pasteur Marquer parle alors d'une annexe de l’Église Réformée de France à Guingamp car la situation se stabilise. Une salle à la mairie est ouverte chaque mois pour un culte qui réunit en moyenne 8 personnes. Une réunion ("Causerie") est également programmée chaque mois.
En été "des routiers du Christ" parcourent les quartiers pendant une dizaine de jours, ils sont 7 et renforcent le travail déjà mené.
Ils ont effectué durant l'été 400 visites sur Guingamp et sa région. Leurs réunions ont regroupé entre 80 et 100 personnes en moyenne et une fois jusqu'à 300 personnes !

En 1959 et 1960 des réunions d'études bibliques se tiennent à Guingamp. Jusqu'en 1967 on signale cette activité autour des études bibliques chez un paroissien.

En avril 1987, les protestants viennent nombreux fêter Pâques dans la communauté des Sœurs du Christ à Guingamp. Lors de cette journée œcuménique, les jeunes protestants (entre 8 et 16 ans) animent un moment de prière. Dans la période de Noël, le 13 décembre, l'expérience d'une fête commune est renouvelée et pour Pâques 1988 également.


Le couvent de Montbareil à Guingamp (Communauté des Soeurs du Christ)
Photo Ouest-France illustrant la mise en vente du couvent en 2014.


A le demande de professeurs d'histoire du Lycée Notre Dame, Mme Froment, Pierre Charlot et le pasteur Froment passent la  matinée du 21 octobre 1991 à faire découvrir le protestantisme aux élèves de 4ème.


A Guingamp, en janvier 1997, Pierre Charlot est invité à une célébration oecuménique à la basilique, en tant que président du conseil presbytéral de l'Eglise Réformée. Dans les autorités ecclésiastiques, sont présents le curé Nicol, l'abbé Loisel et Monseigneur Fruchaud. Toujours en 1997, une exposition biblique est proposée au public.

En 1999, une célébration œcuménique, où les protestants sont représentés, est organisée le 19 février à Guingamp. Monsieur Pierre Charlot est présenté à l'assemblée générale de la paroisse  en 1999 comme "le relais de l'Eglise protestante réformée sur Guingamp". Un groupe oecuménique se réunit régulièrement à la fin des années 90 jusqu'en 2000.

Du 28 février au 14 mars 1999 se tient une exposition "Jérusalem dans la Bible" à l'Hôtel de Ville de Guingamp. M. Charlot travaille à la réussite de ce projet avec la paroisse catholique de Notre Dame de Bon Secours.

Au travers de tous ces événements nous avons bien la preuve d'une présence protestante sur Guingamp, même si aucun lieu de culte de l'Eglise Réformée n'y a été construit.



 Remarque :

Mme Gallon est la première protestante enterrée à Guingamp le 9 décembre 1942 qui figure sur les registres d'inhumation de la paroisse protestante. C'est le pasteur Yves Crespin qui dirigeait la cérémonie.



Lien :

Article sur les premières réunions publiques de Jean Scarabin à Guingamp en 1923


A noter aussi à propos du protestantisme à Guingamp: 
L'assemblée de l'Eglise Protestante Evangélique se réunit à Ploumagoar à côté de Guingamp, rue Yves Mazé, depuis l'année 1990.

 

 

Protestants à Pontivy

Pontivy, une communauté protestante


Pontivy a une histoire ancienne avec le protestantisme puisque c'est en 1562 que s'est déroulé le premier culte protestant, quand le Vicomte de Rohan, propriétaire du château, a décidé de dédier sa chapelle aux Huguenots. Un synode régional y est organisé en 1572 puis c'est un grand vide... Et nous arrivons au XXe siècle !

Bien que se situant dans le département du Morbihan, mais à la lisère des Côtes-d'Armor, Pontivy s'est retrouvé à différentes époques dans le secteur géographique des pasteurs de St Brieuc. C'est pour cette raison que nous avons quelques archives...

En 1950, on note l'existence d'un petit foyer de protestants (5 personnes).

De 1951 à 1958, le pasteur Paul Marquer, de St Brieuc, a assuré la desserte du poste de Pontivy. Les cultes ont alors lieu une fois par mois, avec au début seulement deux familles présentes.

Le 30 janvier 1954, le pasteur Marquer procède à St Brieuc à la bénédiction religieuse de Claude Rousseau et de Madeleine Guillôme, demeurant à Pontivy.

Le 26 mars 1954, dans la salle du Théâtre de Pontivy, le pasteur Marquer procède à la bénédiction religieuse de Gabriel Pérot, forain demeurant à Pontivy, et de Germaine Lebreton.
En 1953, un culte mensuel rassemble un petit groupe de protestants. Le 1er décembre 1953, le pasteur Marquer procède à l'inhumation de Mme Elisabeth Masson au cimetière de Pontivy, décédée à Pontivy le 29 novembre.

En 1954, pour la première fois (et jusqu'en 1963) les protestants de Pontivy figurent dans les registres des membres avec ceux de la paroisse de St Brieuc. Il s'agit de Jeanne Guégan, Michel et Simone Masson.

En 1955, le pasteur Paul Marquer écrit dans un courrier : "Pontivy, au cœur de la Bretagne, là depuis trois ans nous avons un petit noyau qui a doublé (cela ne fait quand même que 10 foyers).

En 1958, le pasteur Mattei de Vannes prend en charge à partir du mois d'août ce qui est déjà appelé "une annexe". Le groupe s'est étoffé pour atteindre 25 personnes (12 foyers). Les "routiers du Christ" passent une semaine dans la ville pour promouvoir le protestantisme.
En juillet 58, le pasteur marquer procède à l'inhumation de M. Gerbeur (d'origine Ménnonite) au cimetière de Pontivy, décédé à Pontivy.

En 1959, l'annexe de Pontivy est officiellement inscrite dans le secteur dépendant de St Brieuc.
Le pasteur Marquer y tient des réunions d'étude biblique, elles regroupent 10 personnes.
En 1960 (ou 1961?) les protestants se réunissent chez M. Masson à Pontivy pour y célébrer un culte du Vendredi Saint. Mme Velly rejoint le groupe des membres de l'ERF de Pontivy
Le 3 septembre 1960, le pasteur Marquer préside l'enterrement de Mme Jeanne Tifaine à la maison mortuaire de Pontivy, décédée à Pontivy le 31 août.
Le 28 août 1961, le pasteur Marquer préside à Pontivy à l'enterrement de Mme Simone Masson, née Bondu, décédée à Pontivy le 25 août.
Le 13 janvier 1962, le pasteur Kieffer préside à Pontivy à l'enterrement de M Eugène Chedeville, décédé à Pontivy le 11 janvier.
Le 6 août 1962, un pasteur suffragant d'Aubenas (en poste à St Brieuc) préside à Pontivy à l'enterrement de M Jacques Masson, décédé à Rambouillet le 2 août.
En 1963, M et Mme Perrot rejoignent le groupe des membres de l'ERF de Pontivy

De 1962 à 1971, le pasteur Kieffer, de St Brieuc, a assuré par intermittence la desserte de ce poste.

Au total, entre 1950 et 1963, les pasteurs de St Brieuc ont célébré à Pontivy trois mariages, deux baptêmes et six enterrements.

Dans les années 90, des cultes se pratiquent de temps en temps. C'est ce que rapporte le pasteur Schluter de l'Eglise Réformée, responsable de Lorient-Vannes qui préside un culte exceptionnel le 26 septembre , dans la chapelle du château de Pontivy. Ce rassemblement réunit ce jour-là 80 personnes, dont le Maire de Pontivy et son adjoint.

 
Sources

Archives du temple de St Brieuc :
registre des mariages (1939-1958), des baptêmes (1939-1969) St Brieuc et Côtes-du-Nord, registre des membres de la paroisse.



Années 70, conférence à Pontivy du pasteur Kieffer.

 

Protestants à Loudéac


Après guerre, depuis 1951, des conférences sur le protestantisme sont proposées à Loudéac.
Les protestants étaient trop peu nombreux pour former une communauté mais ces "disséminés" pouvaient être des relais pour que des initiatives puissent voir le jour à Loudéac. C'est le cas par exemple en 1953 pour l'organisation d'une conférence publique. La méthode qui semble privilégiée pour faire venir du monde est celle des invitations individuelles (voir le carton ci-dessous).
Les "routiers du Christ" viennent en juillet dans le cadre de leur tournée d'évangélisation


Carton d'invitation. Conférence protestante à Loudéac. 1953.

 
En novembre 1991, à la demande de l'Abbé Le Borgne, dans le cadre de la "formation permanente des Chrétiens", le pasteur Froment intervient pour présenter le protestantisme.




Protestants à Lamballe-Coëtmieux

De 1986 à 1990, un groupe biblique se réunit à Lamballe. Des contacts existent avec la communauté de la Poterie à Lamballe.
A partir de 1997, on signale aussi des cultes œcuméniques à Lamballe.



Protestants à Erquy et Protestants à Fréhel

 

Dans les années 40, le pasteur Crespin procède à l'inhumation de plusieurs protestants à Erquy comme Mme Clarke, le 14 janvier 1940; Monsieur Bonigen, directeur d'école, décédé le 15 mars 1940. 

Depuis les années 90, pour les enfants et en 1998, pour les adultes, on n'oublie pas de signaler l'existence d'un groupe biblique œcuménique à Erquy et Fréhel, sous la présidence d'une protestante, Mme Paule Roussel. Ce groupe va continuer pendant des années à se réunir et bientôt il va être désigné sous le terme "Ruminants". Ainsi en janvier 2007, les Ruminants font venir le pasteur Yves Noyer sur le thème de "La sagesse", 30 personnes participent à cette rencontre. Yves Noyer revient en 2008 sur le thème du "Notre Père" et l'historien Étienne Lefebvre sur "La Trinité". Le groupe d'une vingtaine de personnes continue de se retrouver tous les mois.

En juillet et août 2010, deux cultes protestants franco-allemands sont célébrés dans la chapelle du Vieux bourg de Pléhérel dans la zone d'Erquy. En mars 2011, le groupe reçoit la visite du pasteur Juliette Tonge et d'Yves Labbé qui viennent animer une conférence-étude biblique.


La chapelle du vieux bourg de Pléhérel,
lieu occasionnel de cultes protestants.
   


Protestants à Montcontour

En janvier 1992, pour la première fois à l'église se déroule une cérémonie en soirée avec tout d'abord une présentation du protestantisme, suivie d'un temps de prière. En 1993 l'expérience est renouvelée.

Sources : Registres du temple de St Brieuc






Enfin, voici l'histoire du temple de Plémy, construit en 1550, qui n'avait pas échappée à l’œil curieux de notre ami Pierre Charlot. Il en avait établi une notice.

 

 


Le temple de Plémy

 



 
A quelques kilomètres de Montcontour, le temple de Plémy construit vers 1558 a fini par s'écrouler en 1983. C'était un édifice rare mais malheureusement il n'a pu être sauvé ! Pierre Charlot avait écrit une notice historique sur le site huguenotsinfo

L'histoire d'un des plus anciens temple du département est aussi racontée dans un article publié sur le site de l'Association des amis du protestantisme en bretagne centrale.



Document annexe 1


"Le noël des petits bretons", un texte du pasteur Marcel Raspail, daté de 1935.


Dans le pays du granit rose et des landes fleuries d’ajoncs, dans le vaste circuit que nous évangélisons, le sapin de Noël doit se dresser et s’illuminer 6 fois.

Perros ! Non loin de la plage renommée. La chapelle est comble : près de 25 enfants et de grandes personnes. Une douzaine de garçons et de filles constituent l’école. Mme Manach est placée au premier rang. Ils récitent et chantent délicieusement. L’atmosphère est cordiale. Les coiffes blanches voisinent amicalement avec les chapeaux à la mode. On s’y sent en famille. Bien des cœurs sont gagnés.

Penvern ! Parmi les ajoncs qui commencent à fleurir, sur un roc sauvage dominant la mer immense se trouve une petite maison battue des vents, c’est là que « le protestant » de Perros vient faire ses réunions. 22 enfants avec leurs parents se pressent, admiratifs devant l’arbre illuminé. Quelques yeux bleus sous de blanches coiffes révèlent une âme mystique quand la lecture de l’Évangile et l’exhortation les rendent sérieux et méditatifs. Mais ces mêmes yeux reflètent une gaieté presque enfantine quand on raconte l’histoire qui détend.

Kérinoc, non loin de Penvern ! Dans une vieille cuisine pleine encore de la présence de deux bons vieux amis convertis sous le ministère d’Henri Whelpton et partis maintenant vers leur Sauveur. Les gens s’entassent. Il faut chercher des bancs dans les maisons voisines. Des enfants montent sur le rebord des hautes fenêtres. Anne-Marie la colportrice et ma fille Monique, s’assoient dans un coin sur une caisse. M. Manach et moi-même restons debout. 52 petits bretons occupent plus de la moitié de la grande pièce. Leurs parents et leurs amis se serrent de l’autre côté. Ici aussi on passe facilement du rire au sérieux et chacun emporte avec son gâteau le souvenir d’une bonne soirée.

Locquémeau ! Gros bourg de pêcheurs, accroché au flanc d’un mamelon. C’est une grande et claire chapelle en bois où chaque mardi 50 à 70 enfants se réunissent avec entrain pour chanter et apprendre les récits bibliques avant la réunion d’évangélisation du soir. Le dimanche nous rejoignons 21 aînés enthousiastes que nous venons de constituer en groupe mixte. Pour la première fois dans l’histoire du village, une famille demande au pasteur de donner à ses deux enfants l’instruction religieuse complète.
Ces détails aideront à comprendre aux lecteurs combien nous préparons la fête de Noël avec amour !
….
Il fallut aller chercher des chaises. Des fillettes s’assirent sur l’estrade. La chapelle fut pleine d’amis heureux. Près de 100 enfants s’associèrent aussi à la joie de leurs parents en ce beau jour de fête.
Loquémeau ! Loquémeau ! Où plusieurs serviteurs de Dieu ont déjà semé à pleines mains l’évangile du salut par Grâce, l’heure de la moisson approche !


Trébeurden ! Grande plage renommée. Pays natal d’Anne-Marie la colportrice. Un accident très grave survenu à la propriétaire de la salle que nous louons nous a empêchés de célébrer au temps fixé la fête de Noël. Les 40 enfants qui fréquentent notre école ont eu leurs récompenses plus tard.

Lannion ! Calme sous-préfecture, reposant entre ses vertes collines, le long d’une rivière paisible, à l’ombre d’une imposante église, citadelle du Catholicisme breton. L’œuvre est difficile et lente. Les âmes qui nous observent nous témoignent discrètement leur sympathie. Nous avons une dizaine d’enfants protestants dans cette ville et c’est tout à fait en famille que nous avons chanté l’Amour du dieu qui se donne à la terre.