jeudi 16 avril 2020

Les protestants dans les Côtes-d'Armor : pasteurs et laïcs.


Chaque biographie est le fruit de longues recherches qui ont pour but de faire mieux connaître l'histoire des pasteurs qui sont venus un jour exercé à St Brieuc, à Perros ou à Lannion.
L'intérêt historique d'une biographie est de vous donner, chaque fois que cela a été possible, les dates d'état civil des pasteurs, de leurs proches parfois, les différentes paroisses où ils ont exercé dans notre région mais également ce qu'ils ont fait avant ou après.
Ces informations circulent maintenant et permettent à un autre niveau d'enrichir les bases de données de nombreux sites protestants et les archives des différentes familles concernées qui se montrent souvent extrêmement intéressées.

Le pasteur est un voyageur qui arrive avec sa boite à outils mais sait aussi s'adapter. Chaque pasteur marque une communauté de son empreinte pendant son mandat et continue ensuite sa mission, parfois sous de toutes autres formes et en d'autres lieux, en France ou à l'étranger. Tous ces parcours sont d'une grande richesse.

En prenant un peu de recul, et comme dans un jeu des 7 familles, on peut tenter de les regrouper :

Les constructeurs comme Théophile Roux pour le temple de St Brieuc, Henri Whelpton pour le temple de Lannion, François Manach pour le temple de Perros-Guirec. D'autres ne pourront que subir provisoirement et se désoler de la démolition des temples à cause de la folie des hommes pendant la guerre comme Marcel Raspail à St Servan, Marcel Arnal à Caen, Albert Trubert qui habitera dans la chapelle en bois construite à Lorient après guerre.


Les novateurs comme Daniel Manach (thèse et promotion des psychothérapies dans les années 30), Jean-Marc Kieffer (création du Lien), Caroline Engel (création des café-Théo, premières émissions sur la radio RCF), Solange Weiss-Déaux (ouverture du temple pour des spectacles), Hervé Stücker (démarche Eglise verte, cultes autrement).

Trois "novateurs" réunis en 0ctobre 2019 en formation : Hervé Stücker, Solange Weiss, Caroline Engel

Les militants avec Guy Froment engagé contre la torture avec l'ACAT, Albert Trubert et Jean-Pierre Blanc contre les addictions, Paul Marquer et Jean-Marc Kieffer dans les prisons...

Les missionnaires comme Henri et Georges Whelpton en Haïti, Samuel Bourguet à Madagascar.

Les rassembleurs qui ont permis de créer l'Eglise Réformée de France en 1938 en intervenant dans ce sens dans leur paroisse comme Yves Crespin, Marcel Raspail et les négociateurs qui ont agi dans ce sens en exerçant leurs compétences au niveau national comme Daniel Manach ou Henri Whelpton.

 Les écrivains comme Théophile Roux (théologie), Marcel Arnal (livres pour la jeunesse, théologie et spiritualité), Marcel Raspail (histoire), Albert Trubert (témoignage)...

Deux pasteurs de St Brieuc dans un même ouvrage



Les résistants comme Yves Crespin et Erling Hansen à St Brieuc, Marcel Raspail à St Servan, Henri Orange qui s'engagera à Lisieux, Albert Trubert passés par de nombreux camps. Leurs engagements ne doivent pas rester des témoignages du passé car ils peuvent inspirer nos vies aujourd'hui.

Évidemment, il ne peut s'agir ici de réduire la vie de ces pasteurs a un seul trait mais de nous permettre de faire ressortir les traits saillants de leur héritage et de réfléchir ainsi à la manière dont cet héritage peut nourrir nos vies présentes.

Enfin, l'ensemble de ces biographies nous donne aussi l'idée de l'évolution d'une paroisse protestante sur ces cent dernières années.

Les biographies et photos présentées ci-dessous ont pour point de départ une brochure du docteur Erling Hansen, diffusée dans un cercle restreint. Relevant certaines erreurs ou approximations, le pasteur Kieffer et Pierre Charlot ont apporté, par la suite, des modifications sur le fond et sur la forme. En effet le docteur Hansen s'est souvent appuyé sur "des témoignages oraux recueillis auprès des derniers témoins encore vivants de périodes déjà lointaines. Il s'est aussi fié à sa mémoire et à ce qu'il croyait savoir" comme l'écrit Pierre Charlot.
Nous avons tenu compte de leurs remarques. Et pour, à notre tour, essayer de nous rapprocher d'une vérité historique, nous avons consulté des sources fiables : 
- les registres d'état civil (en ligne ou en écrivant dans les mairies)
- les listes nominatives dans les communes concernées
- les registres militaires (sur la base Grand mémorial ou dans les archives des départements)
- les registres des conseils presbytéraux, ...

Certains pasteurs (Mentzel, Engel, Weiss-Déaux) nous ont transmis directement des informations les concernant. Des descendants des pasteurs les plus anciens ont vérifié ou corrigé nos données et les ont enrichies (Bourguet, Orange, Arnal, Raspail, Marquer...). 
Enfin, le fonds photographique a été considérablement enrichi par des découvertes récentes.

Ce travail a permis souvent de passer d'une"biographie" d'une seule ligne à une page entière !

Dans cette liste  figurent surtout des pasteurs mais aussi des laïcs quand ils ont assuré des responsabilités importantes, par exemple diriger la paroisse en l'absence d'un pasteur pendant une durée d'au moins un an, et le cas s'est produit plusieurs fois... 
Il convient aussi de dire que le rôle des épouses de pasteurs ne saurait être négligé. Il fait l'objet de développements dans une rubrique particulière intitulée "La place des femmes dans l'Eglise protestante unie des Côtes d'Armor".

Nous avons essayé d'indiquer les sources précises pour que les chercheurs qui voudront un jour poursuivre ce travail puissent savoir d'où venaient les informations.
Bonne lecture !


Lien pour accéder à un  tableau  (pasteurs par dates)

Lien pour accéder à un tableau (pasteurs par ordre alphabétique) 

Lien pour accéder à un tableau (état civil des pasteurs)


En fin d'article, plusieurs documents complémentaires sont présentés sur :
Les responsables laïcs de la paroisse
Les délégués aux synodes
La famille Ricoeur
René Tostivint

 

Liste des biographies :

Le pasteur Jean Scarabin

Oscar Hansen

Le pasteur Théophile Roux

Le pasteur François Manach

Le pasteur Francis Samuel Foss

Le pasteur Henri Whelpton

Le pasteur Samuel Bourguet

Le pasteur Henri Orange

Le pasteur Daniel Manach

Le pasteur George Whelpton 

Le pasteur Marcel Raspail

Le pasteur Marcel Arnal

Le pasteur Yves Crespin

Le pasteur Elie Vidal 

Erling Hansen

Le pasteur François Barre

Le pasteur Albert Trubert

Le pasteur Paul Marquer

Le pasteur Jack Williams

André Cottenceau

Le pasteur Jean-Marc Kieffer

Jacques Bourgenot

Le pasteur Jean-Pierre Blanc

Le pasteur Emile Le Cozannet

Le pasteur Guy Froment

Pierre Charlot

Le pasteur Thomas Mentzel

Le pasteur Caroline Engel

Le pasteur Solange Weiss-Déaux

Jean-Claude Chevalier

Le pasteur Juliette Tonge

Le pasteur Hervé Stücker

En bas de page, un document sur la famille Ricoeur avec des révélations sur les grands-parents du philosophe Paul Ricoeur à St Brieuc et sur Paul Ricoeur lui-même, professeur à St Brieuc ! 






                                                      Le pasteur Jean Scarabin




Le pasteur Jean Scarabin (1876-1974), en septembre 1939. 



Origines 

Le pasteur Jean Scarabin (1876-1974) est né le 15 novembre 1876 à Plougras dans les Côtes-du- Nord, fils de Laurent Scarabin, agriculteur et de Marie-Jeanne Buannec, ménagère. La famille Scarabin est catholique et républicaine, une famille qui souhaite que leurs enfants fassent des études (deux des filles deviendront institutrices laïques). C'est pour cette raison qu'ils se rapprochent du pasteur Guillaume Le Coat de Trémel, connu dans la région pour son engagement en faveur de l'éducation.  


Etudes

Après son Certificat d'Etudes Primaires, le pasteur Le Coat lui trouve une famille protestante à Jersey, la famille Le Page. Ces personnes lui font poursuivre des études, et sous leur influence, il se convertit au protestantisme.
Jean Scarabin fait ensuite des études de théologie entre 1898 et 1903 à la Faculté de théologie méthodiste de Courbevoie. Il poursuit sa formation pendant deux ans dans une université à Londres. 


Pasteur

Le Synode méthodiste, de juin 1904, constatant qu'il n'y a pas de culte protestant à St Brieuc et dans ses environs, décide d'envoyer Jean Scarabin pour y développer le protestantisme.
Après ses études et son service militaire accompli, Jean Scarabin arrive donc à Saint-Brieuc le 1er octobre 1904 pour son premier poste de Pasteur de l’Eglise méthodiste.

Il se marie le 28 février 1905 à Levallois-Perret (92) avec Eugénie Marie Louise Prévot (née le 12 décembre 1878 à Paris). C'est le pasteur Onésime Prunier de Paris qui bénit cette union.
Ils vont avoir huit enfants en tout : trois fils, Yannick (14 janvier 1906 St Brieuc) et Henri (1907 St Brieuc), Pierre-Albert (1916 Perros-Guirec) et quatre filles, Hélène (1909 St Brieuc), Odette (26 mars 1911 Lannion), Marie (1912 Perros-Guirec), France-Lydie (8 septembre 1917 Perros-Guirec), Lucie (14 février 1922 St Brieuc).  Le fils aîné, Yannick, deviendra pasteur.


Archives départementales 22. Liste nominative St Brieuc 1936. Dossier 6M628. Famille Scarabin. Photo R.F




Jean Scarabin reste à Saint-Brieuc de 1904 à 1908. Il part pour Lannion en 1908 puis va à Perros-Guirec à partir du 12 janvier 1911. Il évangélise la région en allant de Trébeurden à la Clarté, à Ploumanach de 1911 à 1914 mais visite aussi l’Ile Grande, Saint-Quay-Portrieux, Loquemeau, Trégastel. Dans sa mission en Nord-Bretagne il est aidé par le colporteur Droniou et Anne-Marie Broudic. Il est ensuite mobilisé de 1914 à 1916.


Eloignement de la Bretagne et retour

En 1917, départ pour raison de santé de Madame Scarabin à Thiers dans le Puy de Dôme. Jean Scarabin y est nommé jusqu’en septembre 1920, puis au Vigan dans l’Hérault pendant un an. En 1921, il est domicilié au 26 rue Saunier à Ganges (34) où il a certainement remplacé le pasteur Elie Vidal, originaire de Ganges et qui s'y trouvait en 1920.

Le pasteur Scarabin revient à Saint-Brieuc en septembre 1921, jusqu’en septembre 1930, il est nommé Pasteur itinérant en Bretagne, avec la Société d’Evangélisation, très influencé par le colporteur biblique Le Coat. Il fait ses réunions évangéliques avec une roulotte tirée par un cheval et appelée "Semeuse évangélique", prêchant souvent en breton avec Anne-Marie Broudic.

Les témoins de l'époque parlent de lui comme d'un remarquable orateur et sa maitrise de la langue bretonne ont fait de lui une personne très populaire dans l'ouest de la Bretagne.



Portrait du pasteur Guillaume Le Coat



Jean Scarabin devant "La Semeuse", roulotte évangélique. Région de Guingamp. Années 1920-1930
L'intérieur de la semeuse. Archives de la paroisse protestante de St Brieuc. Photo R.F



Fréquemment, il est accompagné par une dizaine de jeunes et d’adultes de Saint-Brieuc afin de l’aider dans l’organisation de ses réunions et dans les chants ; elles ont lieu dans les bourgs, les villes du département. Elles sont régulièrement perturbées par l’opposition des curés et paroissiens catholiques. C’est à Châtelaudren qu’elles trouvent le maximum d’hostilité, allant jusqu’aux jets de pierres.
Après une absence de 2 ans, le Pasteur Scarabin revient à Saint-Brieuc de septembre 1932 à septembre 1937. 
En 1932, son fils Yannick est consacré pasteur lors d'une cérémonie à Honfleur.


Jean Scarabin part à Nancy en septembre 1937 pendant 2 ans, jusqu’à la déclaration de guerre de 1939. 


Le temps de la retraite

Il prend sa retraite à la fin de l’année de 1939. En décembre 1954, une foule nombreuse est réunie pour son jubilé (50 années de pastorat). Assistent à la cérémonie, le chef de cabinet du préfet, le maire de St Brieuc M. Rault, pas moins de 5 pasteurs et une foule si nombreuse que tout le monde n'arrive pas à trouver une place à l'intérieur du temple !
Installé depuis sa retraite à Martin-plage, près de Saint-Brieuc, son décès survient le 11 juillet 1974 chez sa fille à Montpellier, il avait atteint l'âge de 98 ans.





Le pasteur Jean Scarabin en 1954 devant le temple de St Brieuc


12 décembre 1954 Ouest-France. Jubilé du pasteur Scarabin.

Le pasteur Jean Scarabin, sa femme née Eugénie Prévot et leurs 8 enfants. De gauche à droite : Henri, Yannick, Hélène, Odette, Pierre-Albert, Lucie, Marie, France-Lydie. Archives du Temple de St Brieuc.



Document 1 Les cinq filles du pasteur Scarabin

Odette Scarabin, née le 26 mars 1911 à Lannion, a été directrice d'école à Broons (22). Elle s'est mariée religieusement à Broons (et non au Temple de St Brieuc comme c'était envisagé) le 20 novembre 1939 avec Paul (Georges) Allaigre, contrôleur des contributions directes, né le 9 octobre 1914 à Doizieux dans la Haute-Loire. C'est son père, le pasteur Jean Scarabin, qui a donné la bénédiction et le pasteur Yves Crespin a enregistré cet acte dans le registre des mariages de la paroisse de St Brieuc. Elle habitait dans le sud mais revenait souvent au temple car elle avait une maison à Martin-Plage.
Odette Scarabin est décédée le 18 mai 2001 à Crest dans la Drôme, où elle habitait alors.

Marie Scarabin est née en 1912 à Perros-Guirec. Elle s'est mariée le dimanche 28 août 1938 au temple de St Brieuc avec M. Z Le Dantec.  Les pasteurs Jean Scarabin et Yves Crespin ont béni ce mariage. Elle était institutrice, en retraite elle habitait St Brieuc.

Hélène Scarabin, institutrice à Broons, s'est marié religieusement le 19 juillet 1939 au temple de St Brieuc avec Sully Besset (fils du pasteur Besset). Le pasteur Yves Crespin a donné la bénédiction et a enregistré cet acte dans le registre des mariages de la paroisse de St Brieuc.

Lucie Scarabin (qui devait se faire appeler Lucette), née en 1922 à St Brieuc, institutrice, s'est marié religieusement en 1945 au temple de St Brieuc avec Henri Tardivel, né à Plélan le Petit, étudiant en droit. Le pasteur Jean Scarabin a donné la bénédiction et a enregistré cet acte dans le registre des mariages de la paroisse de St Brieuc.

France-Lydie Scarabin née le 8 septembre 1917 à Perros-Guirec, institutrice, s'est mariée le 27 octobre 1944 avec Hervé Maunoury, né à Lamballe le 2 septembre 1920. Le pasteur en retraite Jean Scarabin, a béni ce mariage à Broons et a consigné cet acte dans le registre des mariages du temple de St Brieuc.
France Lydie est décédée le 2 novembre 1966 à St Brieuc. Une cérémonie s'est déroulée au temple de St Brieuc



Document 2 Le frère et la soeur du pasteur Scarabin

Jean-François Scarabin, né à Plougras le 7 décembre1873, marié le 10 novembre 1902 à Guerlesquin avec Marie Anne Le Mignot, décédé le 16 novembre 1954, commerçant.

Virginie Marie Scarabin, née le 31 décembre 1882 à Guerlesquin, mariée le 18 août 1910 à St Thégonnec, décédée le 16 septembre 1946.



Acte de décès de Virginie Marie Scarabin, soeur du pasteur Jean Scarabin. 1946


Sources :

Archives du temple de St Brieuc. 

Etat civil de la commune de Plougras (22). Page 22 du registre Acte de naissance

Recensement de la commune de Ganges (34), page 9 du registre. Année 1921

Archives départementales 22. Liste nominative de St Brieuc 1936. Dossier 6M628

Généanet. Site de généalogie en ligne. Informations de Iscarabin. 

Sur la consécration de Yannick Scarabin, voir la dernière page du bulletin de la Société d'Etude du méthodisme français, avril 2017

Site "Les protestants bretons" Jean-Yves Carluer.

Biographie de Jean Scarabin 

Les premières réunions publiques protestantes du pasteur Scarabin en 1923 à Guingamp.

Un article de 1921 sur les missionnaires méthodistes dans les Côtes-du-Nord.

Almanak Vat ar Vretonned 1931. 


A lire : Les Protestants et la langue bretonne. L. Lok et Louis Dujardin. Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (1903-2015). Vol. 97 (Janvier-Mars 1950), pp. 60-83







                                                                  Oscar Hansen




Oscar Hansen 1878-1970



Origines

 
Oscar Hansen (1878-1970) est né le 24 septembre 1878 à Bengan, près de Sandefjord en Norvège. Il se marie à Anna Elise Magnussen ( née le 14 octobre 1884 à Röd près de Sandefjord ). Le couple se marie le 24 mai 1908 à Sandefjord. Dans cette ville de Norvège, son père, capitaine d'un voilier, était prédicateur laïc.

Oscar Hansen arrive en bateau avec l'équipage de son père, au Légué en Plérin, en 1895.
Il a 17 ans, parle bien anglais, s'exprime facilement avec les norvégiens, les danois. Ses capacités intéressent les courtiers maritimes du Légué qui lui demandent s'il voudrait bien rester pour travailler au port. Avec l'accord de son père, il reste et va commencer à travailler comme courtier maritime. La presse de l'époque fait allusion au fait qu'il parlait aussi le russe et avait à ce titre la fonction d’interprète (Cette "aptitude" à la langue russe n'est pas confirmée par sa fille Solveig).

Le courtage est un métier très varié qui consiste à régler les droits avec les armateurs, faire les papiers des douanes, traduire des documents, régler différents problèmes, être en contact avec les tribunaux... Du fait de tous ces contacts, Oscar Hansen va rapidement être connu au Légué.

Le couple va s'installer dans une première maison, à l'étage du courtage maritime, et y habitera jusqu'en 1920. C'est aujourd'hui la maison qui est sur la droite quand on regarde le Portland mais les pierres ne sont plus apparentes, comme à cette époque.


A la fenêtre Oscar et Anna Hansen, à droite Erling, Solveig et la tante Hilda. Photo Solveig Hansen

La maison familiale en 2020. Photo RF


La famille Hansen s'agrandit et 4 enfants vont naître à Plérin, une autre maison est trouvée à peu de distance de la première au 9 Place Jean Jaurès . C'est une maison assez grande pour accueillir toute la famille :

Erling né le 13 mars 1909
Einar né le 22 mars 1910
Solveig née le 23 mai 1916
Thorleif né le 27 août 1925 


La maison de la famille Hansen au Légué, 9 place J. Jaurès. Photo Léna Hansen.

La maison familiale Hansen en 2020. Photo RF



Oscar Hansen, tout à fait à droite, avec ses frères et soeurs. 1946. Photo Yann Hansen
A partir de la gauche : Hans-Anton, Jurgen, Hans, Oscar ; devant Augustine, Hilda.




Engagements protestants

Sur le plan personnel, Oscar s'implique assez naturellement dans la communauté protestante naissante de St Brieuc dont il va devenir un membre fondateur. Il est l'une des 11 personnes réunies lors de la première assemblé générale qui se tient le 14 février 1908. Il assure les fonctions de vice-président de l’Association cultuelle de Saint-Brieuc, mais aussi celles de secrétaire ou trésorier de l’Église méthodiste (et par la suite de l’Église réformée en 1938). De nombreuses fois, il représente l’Église de St Brieuc aux Synodes nationaux.



Oscar Hansen avec son petit fils Gildas (né en 1965). Juillet 1966. Photo Yann Hansen


De gauche à droite, le pasteur François Manach, Anna Hansen, Oscar Hansen. Mai 1966. Photo Yann Hansen



Oscar Hansen est nommé plus tard, lors du ministère du pasteur Paul Marquer, conseiller presbytéral honoraire à vie le 15 janvier 1952, à l’âge de 74 ans. Cette distinction, cette marque de confiance et d'affection, lui donne le droit d'assister au conseil presbytéral chaque fois qu'il le peut.
Il est présent au conseil presbytéral pour la dernière fois le 15 mai 1956. 

Oscar Hansen a vécu jusqu'à l’âge de 92 ans, son décès est survenu le 20 janvier 1970. Une cérémonie s'est déroulée au temple de St Brieuc le 23 janvier 1970, présidée par le pasteur Jean Marc Kieffer. Anna, son épouse, est décédée le 3 mai 1985 à St Brieuc et une cérémonie présidée par le pasteur Emile Le Cozannet a eu lieu au cimetière St Michel le mardi 7 mai 1985.
Son fils, Erling, né en 1909, est également devenu, par ses nombreux engagements, un membre important de la communauté protestante de St Brieuc.


Oscar Hansen, photo transmise par Léna Hansen.

Anna Hansen, photo transmise par Léna Hansen.

 
Sources :

Archives du temple de St Brieuc. 

Archives municipales. 5 AV 4. 2001-2002 Les bistrots de l'histoire. Enregistrements. 

État civil fourni par Yann Hansen (petit fils d'Oscar Hansen et fils de Erling Hansen) en avril 2019, photos de familles également transmises par Yann.

Photos de famille transmises Léna Hansen, petite fille d'Oscar Hansen (novembre 2019) 

Entretien avec Solveig Huck (née Hansen), fille d'Oscar. 19 novembre 2019 à l'EHPAD de Plérin.





Documents annexes

    

1.  Les descendants d'Oscar et Anna Hansen


Les Hansen vers 1912 : devant, Erling, Einar, debout Anna, Oscar, Hilda. Photo Solveig Hansen

Les Hansen le 23 mai 1916 : Erling et Einar, Anna avec Solveig bébé, Oscar et le capitaine du bateau. Photo Solveig Hansen
Les Hansen en 1916 : Erling et Einar, Anna avec Solveig bébé, Oscar et le capitaine du bateau. Photo Solveig Hansen

Les Hansen vers 1933 : Erling, Solveig, Oscar, Anna, Thorleif (le plus jeune), Einar. Photo transmise par Solveig Hansen

1939 juillet, départ pour le Front. Daniel Manac'h prend la photo.
Einard, Solveig, Thorleif, Erling Hansen. Photo Solveig Hansen
1939 juillet, départ pour le Front. Daniel Manac'h prend la photo.
Famille Hansen et Manac'h. Photo Solveig Hansen

Un cousin norvégien, Solveig, Einard, Oscar, Anna, Erling et devant, Thorleif. Photo Solveig Hansen.


Erling né le 13 mars 1909 (Plérin, 22), décédé en 2008
Son épouse Maï, de son vrai prénom Marie-Joseph est née à Trébrivan le 1er mars1909, elle est décédée le 12 juillet 1994. Une cérémonie présidée par le pasteur Guy Froment a eu lieu au temple de St Brieuc le 15 juillet 1994.
Erling et Maï vont avoir : Yves (1939-1939), Léna (1941), Yann (né le 18 septembre 1943, baptisé au temple de St Brieuc le 3 juin 1945 par le pasteur Élie Vidal)

Einar né le 22 mars 1910 (Plérin, le Légué, 22), baptisé au temple de St Brieuc le 29 mai 1910 par le pasteur Roux, marié avec Ingeborg (1914-1988), décédé en 1999.
Einar et Ingeborg vont avoir : Ovind (née en 1938), Karine (née au Légué le 28 septembre 1939, baptisée au temple de St Brieuc le 22 décembre 1940 par le pasteur Crespin) et Gunnar (1941).
Einar avait appris le piano dans sa famille avec Anna, sa mère. Il a été l'organiste au temple pendant des années. Il tenait l'harmonium.


Thorleif né le 27 août 1925 (Plérin, 22), marié avec Ingelev
Thorleif et Ingelev vont avoir Guy (1951), Paul et Anne-Claude


Solveig Hansen née le 23 mai 1916 (Plérin, 22), baptisée au temple de St Brieuc le 27 août 1916 par le pasteur Roux, mariée avec Jean Huck (1er juin 1914 à Montrouge-1963) au temple de St Brieuc par le pasteur Yves Crespin le 30 mars 1943 (mariage civil le 27 mars).
Solveig et Jean vont avoir : Lydie (née le 26 décembre 1943, baptisée le 17 mai 1959 au temple de St Brieuc par le pasteur Paul Marquer), Hélène (1945), Edith (née le 21 novembre 1946 à St Brieuc, baptisée au temple de St Brieuc le 29 mai 1949 par le pasteur Paul Marquer), Etienne (1952), Sigrid (née le 19 octobre 1955, baptisée le 2 février 1958 au temple de St Brieuc par le pasteur Paul Marquer). Edith s'est mariée en 1968 au temple de St Brieuc avec Yvon Renault (voir photos dans la page sur l'histoire de la paroisse 1938-2012)



Solveig Hansen, des souvenirs recueillis en 2019 et 2020.


Solveig Hansen a été remarquée dans la presse locale, à plusieurs reprises, en raison de sa longévité. Pour ses 100 ans en 2016, puis pour ses 102 ans, des article lui ont été consacrés dans Ouest-France.
De mon côté j'ai souhaité la rencontrer pour évoquer plus particulièrement les aspects de sa vie en lien avec le protestantisme. Nous avons passé plus de trois heures, dans un dialogue ininterrompu, à évoquer ses souvenirs de jeunesse, son éducation, ses premiers pas dans la communauté protestante, ses souvenirs des différents pasteurs et des familles protestantes avec qui elle était liée, l'arrestation des membres de sa famille en 1943... 
Certains moments étaient vraiment vertigineux, Solveig racontant ses souvenirs d'il y a plus de 80 ou 90 ans et de mon côté, je pouvais l'aider à compléter ses lacunes avec mes connaissances acquises des archives protestantes étudiées depuis ces trois dernières années. 
Par exemple :
-Ah, oui, la fille de M. Bird, je m'en souviens, je l'ai eu comme professeur d'anglais au Cours de jeunes filles.
-Vous voulez parler de Maud?
(tout ça se passe à la fin des années 20 !)



Solveig Huck (née Hansen). Le 19 novembre 2019. Photo R. Fortat

 

Solveig Huck

Être une enfant protestante

"Ma vie a changé à l’arrivée de la famille Manach au Légué en 1924. Les trois filles, Madeleine, Paulette et Yvonne sont venues à l’école des filles au Légué avec moi. Je n'étais plus la seule protestante et heureusement car parfois on me mettait de côté à cause de ça. Je jouais surtout avec Paulette Manach. Cette situation n’a duré que quelques années,  Monsieur Manach est parti ensuite à Perros en 1928 pour l’évangélisation de la région car il parlait breton.
Nous allions aussi à l’école du dimanche au Temple. Il y avait mes deux frères et les enfants des familles Scarabin et Stamps. Plus tard, j'ai continué de voir les sœurs Manac'h à différentes occasions".


Solveig Hansen, école primaire de filles. Le Légué.



Erling Hansen, Yvonne Manach, Mme Manach, François Manach, Paulette Manach. Photo Solveig Hansen

Einar et Erling Hansen, ?, Oscar et Anna Hansen; devant Yvonne Manach, Thorleif, Paulette Manach. Photo Solveig Hansen




Mon entrée dans la vie active

"En 1928, j'ai arrêté mes études au Lycée de jeunes filles de St Brieuc pour perfectionner mon anglais car je savais que je pourrais en avoir besoin. Comme à cette époque il y avait beaucoup de relations avec les gallois, j'ai profité que mon père connaissait bien un capitaine qui transportait du charbon de Cardiff jusqu'au Légué pour aller au Pays de Galles dans cette famille protestante. Mon frère Einar y est allé aussi. De notre côté, nous avons accueilli la fille de ce capitaine, Humphreys, et elle est venue avec moi au Lycée de jeunes filles de St Brieuc.

De retour au Légué, après mon séjour au Pays de Galle, j'ai appris tout ce qui pourrait me servir pour travailler au port (sténo, dactylo, comptabilité). Mon frère Einar avait un poste pour moi, pour travailler dans une compagnie assurant la ligne régulière entre Le Havre, Cherbourg, Granville, la côte nord de la Bretagne. Einar a fait toute sa carrière au Havre au siège de la compagnie et moi je suis restée à St Brieuc. Au moment de la guerre, les liaisons maritimes ne fonctionnaient plus et j'ai dû trouver un autre emploi, comme surveillante à l’École Normale de filles, boulevard Lamartine de 1939 à 1941. Les troupes allemandes ayant réquisitionné le bâtiment, je suis retournée au Légué, chez mes parents."


La rencontre avec mon futur  mari, une histoire protestante

"Au Temple, je fais la connaissance de Jean Huck dont les parents habitent Ste Barbe, entre Plouëzec et Kérity, à côté de Paimpol. Son père fait partie de l'eglise évangélique. Dans leur maison à Sainte Barbe, ils ont une petite salle indépendante où ils font les réunions protestantes. Plus tard au temple Jean s'occupera de l'école du dimanche.
Jean a fait des tas de métiers différents et puis il est devenu secrétaire comptable chez un ingénieur, protestant également, M. Prigent. Il a lancé la fabrication d’agglomérés de construction polis, ne nécessitant pas de crépi. Quand son fils, Pierre, a fait sa thèse, il m'a demandé de lui taper sur ma machine à écrire".


En partant de la droite, 1er rang, la soeur de Jean, Jean Huck, accroupie avec un bébé, Solveig Hansen.
En partant de la gauche, debout, Mlle Manac'h, des réfugiés de Paris, Erling Hansen, Mlle Manac'h. Photo S. Hansen
Mariage de Jean Huck et de Solveig Hansen. Maison de la famille hansen au légué. Mars 1943. Photo S. Hansen

Solveig et Jean Huck. Photo Solveig Hansen


La solidarité entre protestants 

"En 1927-1928, mes parents ont attrapé la typhoïde ; tous les enfants et une amie galloise qui passait l’hiver chez nous, on a été hébergées par la famille Scarabin qui avait une maison dans la rue à côté du temple de St Brieuc.
En 1942-1943, je travaillais chez un représentant en vin. Il m’avait envoyé à Paris. Comme nous avions eu de bonnes relations avec le pasteur Théophile Roux, je suis allée dormir chez lui à Meudon. Je me souviens qu’il est venu me chercher au métro avec une lanterne.
En 43, quand je suis allé à la prison de Rennes, pour apporter un colis à toutes les personnes de ma famille qui avaient été arrêtées, je suis allée chez le pasteur faire une pause et on est revenu par le train dans la journée."


 
Les arrestations en 1943

"J’ai su après l’arrestation de mes parents que mon mari avait été arrêté en même temps chez M. Prigent. Ils avaient pris Erling chez lui, le pasteur Crespin, Einard chez M. le Bigot et mes parents.
Mais là il y a une petite histoire  humoristique : du fait que c’était la guerre, on avait une chèvre, il fallait du lait pour le troisième enfant de mon frère. Mes parents et ma belle-sœur avaient acheté une chèvre et c’est ma mère qui la trayait. Ma mère partie, ma belle-sœur et moi on ne savait pas ce qu’on allait faire.
Deux soldats allemands étaient restés fouiller la maison quand mes parents étaient partis. C’est l’un d’eux qui a trait la chèvre
Il y en a un qui a fouillé la maison, c’est ma belle-sœur qui était chargée de la visite. Ils sont allés au grenier, ils sont allés dans le jardin. Je savais que mon jeune frère Thorleif avait caché un vélo allemand dans le grenier. Il y avait un ceinturon dans un faux fond d’un tiroir d’une armoire. Il y avait un pistolet enterré dans le poulailler.
Pendant que ma belle sœur faisait faire le tour, moi j’étais en train de prier parce que je ne savais pas ce qui allait en résulter !
Mais ils n’ont rien vu car ils allaient avec autre chose dans l’idée. Ils voulaient trouver un poste radio pour émettre vers l’Angleterre…"




✋ Trois vidéos ont été réalisées ce 19 novembre 2019 et elles sont accessibles avec les liens ci-dessous.

Extrait 1 L'arrestation des membres de la communauté protestante en 1943

Extrait 2 Le voyage jusqu'à la prison de Rennes en 1943 pour apporter des colis 

Extrait 3 La perquisition de la maison de la famille Hansen au Légué



✋ Une vidéos a été réalisée le 10 décembre 2019 et elle est accessible avec le lien ci-dessous.

Extrait 4 La période où exerçait le pasteur Yves Crespin 






Le début de la guerre

Départ de Daniel Manac'h, Einar et Erling Hansen en juillet 1939.
Texte de Solveig Hansen





"Septembre 1939. C’est la guerre !
Erling et Einar doivent partir ainsi que Daniel Manac’h qui est avec nous au Légué. Nous
sommes dans la cour et avant le départ, Daniel lit le psaume 121"

Je lève les yeux vers les montagnes
D’où me viendra le secours ?
Le secours me vient de l’Éternel
Qui a fait les cieux et la terre
Il ne permettra pas que ton pied chancelle
Celui qui te garde ne sommeillera pas
Voici, il ne sommeille ni ne dort
Celui qui garde Israël
L’Éternel est celui qui te garde
Il est son ombre et sa main droite
Pendant le jour, le soleil ne frappera point
Ni la lune pendant la nuit
L’Éternel le gardera de tout mal
Il gardera ton âme
L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée
Dès maintenant et à jamais.

"C’est un psaume qui m’a suivi jusqu’à ce jour." 11 avril 2017










Article de Ouest-france du 4 juin 2016.

 

Solveig Huck, résidente à l'Ehpad des Ajoncs-d'Or à Plérin, affiche une forme détonante. Un peu étonnée d'avoir franchi le cap du siècle, elle raconte sa vie avec une mémoire intacte.

"Je suis née au Légué, le 23 mai 1916, de parents norvégiens. J'avais deux frères, un troisième est arrivé neuf ans plus tard. Mon père était comptable chez les courtiers maritimes du port, maman nous élevait. À 17 ans, j'ai quitté le lycée pour passer huit mois dans une famille au Pays de Galles. À mon retour, j'ai appris la sténo, la dactylo, la comptabilité. J'ai travaillé avec mon frère qui était agent dans une compagnie maritime au Havre.

Quand la guerre est arrivée, le trafic maritime s'est interrompu. Je suis devenue surveillante à l'école normale des filles. Puis les Allemands ont occupé la place, les élèves ont été hébergées chez l'habitant. Je suis retournée au Légué, et je me suis mariée en mars 1943. Le 2 novembre de cette année-là, mon mari, mes parents et mes frères ont été arrêtés par la Gestapo et emprisonnés à Rennes. Ils sont revenus une semaine avant Noël, sauf mon frère aîné, parti à Buchenwald : c'était le docteur Hansen, bien connu des Briochins et des Plérinais de l'époque.

Le 26 décembre 1943 naissait ma première fille. Deux autres filles ont suivi, en 1945 et 1946, Etienne, le futur potier, a pointé le nez en 1952, et Sigrid a clos la série trois ans après. En 1959, mon mari a pu acheter une charge de courtier maritime. Mais, hélas, il décéda quatre ans plus tard. J'ai eu la chance de pouvoir prendre sa suite et de travailler jusqu'à ma retraite.

En 2013, je suis rentrée aux Ajoncs-d'Or. Je m'y sens bien, j'ai beaucoup d'activités comme l'atelier tricot et la couture. Je lis beaucoup. Mes enfants m'invitent le dimanche, je passe une heureuse vieillesse. Et ma famille vient de s'agrandir : j'ai aujourd'hui dix petits-enfants et dix arrière-petits-enfants ! »


 
Le 18 août 2018, autre article dans Ouest-france pour ses 102 ans !

Solveig Hück, cent ans de mémoire du Légué


À 102 ans, Solveig Huck a vécu 98 ans au Légué. Elle y a exercé différents métiers, a vu l’évolution du port. Et a toujours gardé un lien avec la mer.

  De l’arrivée des voitures à charbon à la réfection du port, en passant par l’occupation allemande, la vie de Solveig Huck s’entremêle avec celle du Légué. Elle y a vécu 98 ans.
À aujourd’hui 102 ans, quelques noms d’anciennes connaissances commencent à lui échapper. Mais le regard est encore clair et les gestes, vifs.
« Quand mes parents se sont installés, vers 1920, la maison n’avait pas l’eau courante. Alors mon père a installé une pompe, et a monté le tuyau jusqu’au grenier ! »

Un an à l’étranger

C’est dans cette maison qu’elle a vécu toute sa vie. Et c’est dans cette même maison qu’habite, encore aujourd’hui, l’un de ses cinq enfants.
Dans les années 1930, alors qu’elle a 18 ans, elle quitte pourtant le nid familial. « Je suis partie en Angleterre pendant neuf mois, pour apprendre la langue. Et j’ai passé l’été en Norvège » sourit-elle. Rien d’exceptionnel pour elle, dont les deux parents sont norvégiens.
À 21 ans, après un passage à l’École normale, elle commence à travailler pour le savon Briochin. Puis elle commence à travailler « aux bassins » avec son frère.
« C’était du cabotage entre Morlaix et Le Havre. On recevait beaucoup de café vert ! se souvient-elle en tapant doucement du poing sur la table. Il fallait payer pour venir récupérer les marchandises. »
Mais tout change en 1939. « Avec la guerre, il n’y avait plus de bateaux. Je suis devenue pionne à l’École normale pendant deux ans, avant que le bâtiment ne soit réquisitionné par les Allemands… »
Jusqu’en 1943, elle travaille alors pour un représentant de vins. « Je me déplaçais souvent en train, avec mon vélo. C’est pour ce métier que j’ai appris à en faire, à 25 ans ! D’ailleurs, il y avait une gare au Légué, côté Plérin, juste sur la place. »

Un commerce transformé

Un soir, en rentrant, elle trouve la maison vide. « C’était le 1er novembre 1943. Mes parents étaient sur le pas de la porte. Je n’ai même pas eu le droit de les embrasser. » Son frère est déporté à Buchenwald. Il en reviendra, en mai 1945.
Avec la fin de la guerre, Solveig Huck continue de travailler comme commissionnaire agréée en douane. « Ah, j’en ai dédouané des 2 CV ! Il y en avait beaucoup qui venaient d’Algérie, au moment du rapatriement ! »
Une partie des marchandises est encore, à ce moment-là, stockée à la maison du Bosco, une ancienne maison d’armateur, qui sert aujourd’hui de local à l’association du Grand Léjon. Mais presque plus rien n’arrive par bateau.
À la mort de son mari, elle passe l’examen pour devenir courtier maritime, alors qu’elle a 47 ans. Elle prend sa retraite à 61 ans.
Des vies multiples, dans un endroit qu’elle affectionne. Et peu de doutes concernant le futur du Légué. « C’est vrai qu’il y a encore peu de temps, le port périclitait. Chaffoteaux est parti, les dockers ont disparu… Les maisons étaient abandonnées. »
Aujourd’hui, le lieu a retrouvé des couleurs. « Ce ne sont pas les mêmes activités. Les déchargements se font plus vite, on reste moins longtemps… Mais le Légué continue à vivre. C’est ça qui compte. »





                                                  



                                                     Le pasteur Théophile Roux




Le pasteur Théophile Roux (1867-1946) et son épouse Margaret (1854-1939)



Origines, familles Roux et Brailsford (son épouse)


 
Le pasteur Théophile Roux (1867-1946) est né le 4 janvier 1867 à Caveirac dans le Gard, dans une famille protestante. Ses parents étaient Samuel Roux, propriétaire (né en 1843 et décédé en octobre 1916) et sa mère Julie Fabre, sans profession, née en 1844.

Celle qui deviendra son épouse est Margaret Ellen Brailsford, née en 1854 (le 2 juillet ou septembre, les archives donnent deux dates différentes!) à Bradford, baptisée le 21 août 1854 au temple Méthodiste Wesleyen, Kirkgate, York, Angleterre. Elle est la fille d'un pasteur wesleyen anglais, Willson Brailsford, né en 1804 à Bradford dans le Yorkshire. Sa mère est Mary Hannah Wood, née à Manchester dans le Lancashire. Ce couple se maria le 8 Octobre 1834 à la cathédrale de Manchester.
Margaret a une soeur, de dix ans plus âgée qu'elle, née à Halifax dans le Yorkshire.

En 1871, un document des archives anglaises nous indique que les enfants de la famille Brailsford avaient une gouvernante française, Estelle Boizette qui deviendra institutrice plus tard. 
Estelle Boizette était de confession protestante, elle avait été baptisée à l'Eglise Réformée de Pentemont à Paris .

On trouvera parfois le prénom Marguerite à la place de celui de Margaret quand elle vivra en France avec son époux.
Elle deviendra l’une des héritières de John Redpath (manufacturier à Montréal) dont la succession sera réglée en 1907


Margaret Roux, née Brailsford (1854-1939), marraine d'Erling Hansen. Photo Léna Hansen



Etudes et entrée dans le pastorat

Théophile Roux a vécu toute son enfance à Caveirac qui est une commune où s'était installé le pasteur Charles Cook en 1821et plus tard le pasteur Henri de Jersey. Les anciens de son village les avait connus. En 1874, le pasteur Matthieu Lelièvre (en poste à Nîmes) vient y inaugurer la nouvelle chapelle protestante et y fait le sermon de dédicace et pour le jeune Théophile Roux, c'est un souvenir marquant. Théophile Roux se souvient aussi que lorsqu'il avait une douzaine d'années : "Ses visites chez mes parents et ses prédications étaient un de nos plus grands plaisirs et contribuèrent beaucoup à mon développement intellectuel et religieux, même si je ne m'en rendais pas compte".

Le protestantisme dans le Gard, proche de Nîmes, est à ce moment-là en pleine expansion, on parle du Réveil protestant. Théophile Roux raconte que l'assistance est passée alors de vingt-cinq personnes à cent personnes.
Il fait ses études de théologie à Paris et Lausanne et s'inscrit dans le courant de l’Église méthodiste. A Paris, il retrouve le pasteur Matthieu Lelièvre en poste alors à la Chapelle de Paris-Les Ternes, de 1886 à 1891, et assiste aux cultes dans sa paroisse. Ses prédications le marquent fortement. Théophile Roux le rencontre régulièrement et bénéficie aussi de ses leçons de théologie pendant quelques années car le pasteur Lelièvre est chargé d'une partie de la formation des candidats au pastorat de l’Église méthodiste.






Du fait de ses études, il est dispensé de service militaire en 1887.
Lorsqu'il approche de la fin de ses études, il se marie en 1889 avec une anglaise, Margaret Ellen Brailsford (née en 1854 à Bradford). On trouve parfois le prénom Marguerite à la place de Margaret.
Margaret est baptisée le 21 août 1854 au temple Wesleyan Methodist, Kirkgate, York. Elle est la fille d'un pasteur wesleyen anglais, Willson Brailsford.

Théophile Roux commence à exercer en Suisse à Lausanne et  à Vevey (proche de Lausanne, au bout du Lac Léman) de 1890 à fin 1892
De nombreux postes du canton de Vaud sont occupés par des pasteurs méthodistes qui s'emploient à cette époque à lutter contre l'alcoolisme.
Théophile Roux est consacré officiellement pasteur le 27 juin 1893. Comme il est un proche du pasteur méthodiste Matthieu Lelièvre (1840-1930), dont il restera l'ami fidèle, le pasteur Lelièvre prononce le discours de consécration de Théophile Roux en 1893.


Devenu pasteur, le voilà complètement dégagé de ses obligations militaires le 11 novembre 1893.

Ensuite, Théophile Roux obtient un poste en France en 1895 à Valleraugue dans le Gard, comme responsable du circuit des Cévennes-ouest. Là encore il recroise le chemin de Matthieu Lelièvre, nommé à Nîmes et Bourdeaux.
Puis il revient en Suisse à Villeneuve en 1896 et 1897, part à Nancy en 1900, et enfin arrive à Paris.  En 1906, on lui confie la direction de l’œuvre de l’Église évangélique méthodiste de France.


La Bretagne

Théophile Roux quitte Paris en 1908 pour venir à Saint Brieuc car on lui confie la mission de structurer la communauté protestante. 
Il est un grand donateur pour la paroisse et il permet de construire le temple de Saint-Brieuc en 1908 (voir l'article qui lui est consacré dans la rubrique "bâtiments").
Il aide aussi à structurer la vie de la communauté autour des cultes mais également des cérémonies de baptêmes, mariages et d'inhumations. Le 27 décembre 1908 a lieu le premier baptême et le deuxième en 1909 est celui d'Erling Hansen, dont Mme Roux devient la marraine.
Son dévouement est total pendant la guerre 14-18 au sein de la paroisse, auprès des militaires étrangers et protestants hospitalisés et des civils étrangers internés dans deux camps proches de St Brieuc.

Il annonce son départ de la paroisse de St Brieuc lors de l'assemblée générale de l'association cultuelle le 30 novembre 1919. En parallèle de ses activités à St Brieuc, Théophile Roux a toujours exercé des responsabilités au niveau national et international.

Son remplacement par Jean Scarabin n'intervient en fait qu'en septembre 1921. N'oubliant jamais la Bretagne, il continue de suivre la vie de la paroisse de St Brieuc, comme en mars 1924 où il participe amicalement à l'assemblée générale, profitant d'une visite dans les églises des Côtes-du-Nord. La construction du temple de Lannion lui doit également beaucoup car il récolte d'indispensables dons pour cette réalisation.


Une personnalité de premier plan

Le pasteur Roux une personnalité importante du monde protestant. Par exemple en 1909 en plus de l’œuvre d'évangélisation, Théophile Roux est aussi trésorier national et assure la présidence annuelle du synode national. Il devient le président de la Conférence de France des églises méthodistes en 1910 (et le sera par la suite de 1919 à 1926 puis en 1932.) Il est aussi le représentant à la Fédération des Églises protestantes de France. Il sera nommé par la suite Inspecteur du synode, surintendant général, intendant spécial des missions de tempérance, trésorier général de l’Église méthodiste à Paris de 1906 jusque dans les années 30. 
Sa grande expérience l'amena à assurer une partie de la formation des candidats au pastorat, en développant par exemple des séries d'entretiens sur "Quelques prédicateurs que j'ai connus".(p 99 du livre sur Matthieu Lelièvre)
Théophile Roux est aussi l'auteur de nombreux ouvrages.


Fin des fonctions du pasteur Roux 


Théophile Roux habitait Meudon dans les années 30 au 9 rue Lavoisier.
Margaret est morte le 17 janvier 1939 à Meudon à l'âge de 84 ans.
C'est aussi dans la commune de Meudon que Théophile Roux est décédé le 16 décembre 1946 à l'âge de 79 ans. On trouve la trace de sa tombe au cimetière de Meudon : emplacement : Division D, Section 6 - Tombe 284.




Bibliographie :

Informations recueillies sur le site de la Société d'Etudes du Méthodisme Français (et dans l'ouvrage sur les biographies des pasteurs méthodistes édité en 1933).

Roux Théophile, Les vrais biens. Lien


Roux Théophile, Le livre des protestants disséminés. La cause. 1930

Roux Théophile, l’œuvre d'une société centenaire. 1813-1913. Société des missions méthodistes weysleyennes. 19XX. St Brieuc.

Roux Théophile, Bicentenaire de Wesley, sans lieu ni date.

Roux Théophile, La Bonne Nouvelle, Neuilly, La Cause, sans date.

Roux Théophile, Étude sur l’entière sanctification d’après John Wesley, Lausanne, Regamey, 1893, 45 p.

Roux Théophile, La Conversion évangélique de Wesley, Paris, Dépôt des Publications méthodistes, sans date.

Roux Théophile, Le Méthodisme en France. Pour servir à l’Histoire religieuse d’hier et d’avant-hier, Paris, Librairie Protestante, 1941.

Roux Théophile, Matthieu Lelièvre, Prédicateur, Journaliste, Historien, Théologien, Alençon, Corbière et Jugain, 1932, 392 p.
(Lecture intégrale de ce livre sur le site de la Bibliothèque Nationale de France en cliquant sur le lien ci-dessus. Page 38, souvenir de l'auteur qui assiste à l'inauguration de la chapelle de Caveirac par M. Lelièvre). A noter d'autres passages personnels pages 99, 100, 101...

Roux Théophile, Réponse rationnelle à l'universel tourment des Hommes, les cahiers de Radio-Paris, article, novembre 1934
Article en ligne sur le site Gallica (disponible à la lecture)

Arnal Marcel, A la conquête de la vie, Lassale 1933, préface de Théophile Roux.

Sur le blog de J.Y Carluer. Article de Théophile Roux dans l'Evangéliste 1908.
 Paimpol et ses premiers protestants. 

Le pasteur Théophile Roux aura une notice dans le tome 4 du Dictionnaire biographique des protestants française, publication dirigée par Patrick Cabanel et André Encrevé





 

Sources :

Archives du temple de St Brieuc. 

Site de la Société d'Etudes du Méthodisme en France

Le méthodisme weysleyen français à Lausanne et dans le canton de Vaud. Conférence de J.L Prunier

Site "Les protestants bretons" Jean-Yves Carluer. 

My Wheysleyen Methodists. Dans "General ressources" Minutes of several conversations... Archives en ligne 1895 à 1900

Service de l'état civil de la Mairie de Caveirac (Gard)

Archives administratives militaires du Gard. Classe 1887. 

A partir du site Généanet, François Boizette (dont la gouvernante de la future Mme Roux  était
la soeur de son arrière grand père)


Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre R (copier et coller l'adresse ci-dessous)

https://dnvg92zx1wnds.cloudfront.net/wp-content/uploads/cms/r/R.pdf


Remarque :

En 1874, le pasteur Matthieu Lelièvre vient  inaugurer la nouvelle chapelle protestante de Caveirac et y fait le sermon de dédicace dont le jeune Théophile Roux s'est longtemps souvenu. 
Matthieu Lelièvre essaie de définir ce que devra être cette chapelle : "Que sera-t-elle? Un asile pour des formes religieuses plus ou moins bonnes, le temple du formalisme? Une arène où lutteront des doctrines opposées? Une école de sainte doctrine de bonne morale? Non, elle sera une maison de prière, ou elle ne sera rien... Ce sera sa raison d'être, et si elle cessait d'être cela, il n'y aurait plus qu'à écrire sur sa porte : Fermé pour cause de décès. 

(référence, page 292, extrait de : Roux Théophile, Matthieu Lelièvre, Prédicateur, Journaliste, Historien, Théologien, Alençon, Corbière et Jugain, 1932, 392 p.)






                                                    Le pasteur François Manach




Le pasteur François Manach (1877-1968)



Origines

François Manach (1877-1968) est né le 3 septembre 1877 à Plougourvest, dans le canton de Landivisiau (29) fils de Alain Manach, cultivateur et de Marie Louise Jézégou. Il est le septième enfant de la famille, des gens très attachés à la terre, à l'église catholique et aux traditions.
On écrit aussi Manac'h avec l'orthographe bretonne sur certains actes mais l'état civil oublie souvent l'apostrophe...

Il part au Havre rejoindre d'autres bretons employés sur les chantiers. En 1897 au Havre où il réside avec d'autres membres de sa famille, François Manach est inscrit au moment du recensement militaire comme matelot de 3ème classe, ouvrier mécanicien de 3ème classe. Il est affecté en 1901 au premier dépôt des équipages de la flotte à Cherbourg. Son numéro de matricule est le numéro 195.
Il se marie le 9 décembre 1904 au Havre avec Louise (Victorine, Célestine) Bohec. Leurs enfants nés au Havre sont : Rachel (Louise), née le 7 septembre 1905 (acte en ligne) ; Daniel (Jean), né le 24 mars 1907 (acte en ligne) ; André (François) né le 24 novembre 1908 (acte en ligne) ; Madeleine (Marie) née le 30 juillet 1912 (acte en ligne page 83).
Daniel, né en 1907 deviendra pasteur à Lannion et aura par la suite une place de premier plan dans la fondation de l'Eglise Réformée de France en 1938.

En 1905, François Manach exerce la profession de serrurier et toute la famille habite au 30 rue des Galions au Havre, puis Sente aux Moines à Sanvic (un quartier du Havre), de 1910 à 1914 au 27 rue du docteur Gilbert au Havre et il revient le 17 février 1914 à la Sente aux Moines. Il se spécialise dans la branche "serrure de coffre-fort".


Découverte du protestantisme


Au Havre, il rencontre un de ses camarades de travail qui est protestant et, avec lui, il va avoir des discussions approfondies. Il décide d'aller au foyer méthodiste qu'on appelle alors "la salle". Le pasteur Lelièvre passe beaucoup de temps avec lui. Après avoir effectué ses obligations militaires, il décide de devenir un membre assidu de l'Union Chrétienne de l'Eglise Méthodiste du Havre. Très vite, il en devient le vice-président. Il passe un examen pour devenir prédicateur laïque et assure des cultes au Havre, à Barfleur, à Caen et Honfleur.
La guerre 14-18 va venir bousculer ses projets...


Guerre 14-18

Le 2 août 1914, il est mobilisé au 1er Régiment d'Artillerie à pied Vernon, en 1915 il part au 1er Régiment d'artillerie à Vernon, puis détaché le 23 mars 1916 à la Tréfilerie (établissement industriel) et enfin au 129ème Régiment d'Infanterie le 1er juillet 1917. Il est mis en congés illimités le 22 janvier 1919.


Retour en Bretagne 

Souhaitant revenir en Bretagne, il saisit une opportunité puisqu'à St Brieuc, sur le port du Légué de nombreux ouvriers sont sensibilisés au protestantisme par le pasteur Scarabin, mais ce dernier est de plus en plus débordé par ses différentes tâches.
François Manach est donc nommé en décembre 1924 auprès du pasteur Jean Scarabin, au Légué à Plérin, pour le compte de la Mission Populaire.
Il assure chaque semaine les cultes au Légué, où se trouvait une salle d’évangélisation. Il y fait également des visites chez les habitants. Pendant quatre années, le couple partage le quotidien des familles ouvrières dans un contexte difficile (misère, chômage, épidémies, alcoolisme...).
"Le soir au moment de passer à table, Paulette et Yvonne se souviennent que leur père, très souvent, ne rentrait pas seul. Il avait ramassé, juste avant la fermeture des bistrots, un homme ayant trop bu, incapable de rejoindre son foyer. La famille partageait la soupe et monsieur Manach le gardait auprès de lui le temps nécessaire qu'il dessoûle. Parfois il le raccompagnait jusque chez lui pour éviter les disputes et les scènes violentes"(1)
François Manach accompagne aussi le pasteur Scarabin dans ses déplacements pour l’évangélisation (en Breton) dans l'ouest du département.
De son côté Madame Manach assure l'école biblique et apprend à jouer de l'harmonium pour lancer les cantiques.

Il quitte le Légué pour aller à Perros-Guirec en septembre 1928, où il remplace le pasteur Bourguet. La famille s'installe "Villa les Lilas" dans la rue du Maréchal Joffre.


François Manach le 11 novembre 1929.
Archives F. Manach temple de St Brieuc


Les débuts à Perros

Le pasteur parcourt la région, visitant Ploumanach, Lannion, l’Ile Grande, Trégastel, Loquemeau, Saint-Quay-Portrieux et bien sûr, Perros-Guirec. Il continue à assurer des cultes mais aussi à faire des réunions d’évangélisation, dans d’autres communes où circulait le pasteur Scrarabin au début de son ministère.

En 1931, l'Almanak Vat ar Vretonned signale que le pasteur propose un culte chaque dimanche à 10h30 au temple de Perros, route de Pleumouer, près de la place du bourg.
Il tient aussi des cultes et des réunions d'évangélisation à l'Ile-Grande et à Trégastel.


En mai 1937 il lance et coordonne la construction du temple de Perros-Guirec.

Cette même année 1937, il est consacré pasteur à Livron dans la Drôme, par le pasteur du Havre M. Alain. En effet, les statuts de l’Église Méthodiste permettent à un prédicateur qui a donné satisfaction pendant 15 ans de devenir pasteur. Il s'inscrit en 1938 (et jusqu'en 1943) dans l’Église Réformée de France.

Avant guerre, en 1939 il assume, en plus de Perros, la charge de travail du pasteur Arnal qui vient de partir de Lannion.

Louise et François Manach en 1942.
Archives F. Manach temple de St Brieuc




Louise et François Manach en mars 1945.
Archives F. Manach temple de St Brieuc




François Manach reste à Perros jusqu'en 1950 où il prend (à regret) sa retraite à l'âge de 73 ans. Il peut regarder avec satisfaction le travail immense qui a été fait depuis son arrivée. C'est une retraite toute relative puisqu'il reprendra encore un peu de service après le départ du pasteur Albert Trubert en 1951 ! En 1961 il préside encore une cérémonie d'inhumation à Perros.
En octobre 1967, une grande fête a été organisée à Perros pour ses 90 ans (voir les articles dans la rubrique sur la communauté de Perros).

François Manach est décédé le 28 mars 1968 à Perros-Guirec.



Le pasteur François Manach


François Manach et son épouse Louise Bohec originaire du Havre, en 1958 à Perros-Guirec
Mme Manach est décédée à l'âge de 69 ans, elle est inhumée au cimetière de Kerreut à Perros


1949. Morgat. Le pasteur  Manach debout à gauche au premier plan. Le pasteur Paul Marquer en bas à droite.
De gauche à droite : Oscar Hansen, François Manach, le pasteur Jean Scarabin en 1967 pour les 90 ans de François Manach

De gauche à droite : Oscar Hansen, François Manach, le pasteur Jean Scarabin en 1967 pour les 90 ans de François Manach


François et Louise Manach. Archives F. Manach temple de St Brieuc

François Manach. Archives F.Manach temple de St Brieuc
                                                         

Sources :

Site de la Société d’Études du Méthodisme en France. Article "Sur la côte de Granit rose"

Site "Les protestants bretons" Jean-Yves Carluer

Archives du temple de St Brieuc. Dossier Manach, Perros.

Archives nationales. Liste des pasteurs ERF. Page 58. Document PDF
Archives militaires de Seine-Maritime. Livret militaire. Classe 1897.  

Almanak Vat ar Vretonned 1931. 


Groupement Généalogique du Havre et de Seine-Maritime. 
Forum avec de nombreux articles de presse. 

Services de l'état civil de la commune de Plougourvest (29) 

(1) Texte de Jacqueline Othenin-Girard, 2004 écrit d'après des souvenirs personnels et à la suite de conversations avec Paulette et Yvonne Manac'h (Archives du Temple de Perros)


Liens : 

Voir dans ce blog la page sur l'histoire de la communauté protestante de Perros-Guirec 


Voir dans ce blog la page sur les bâtiments de l'Eglise Réformée (temple de Perros-Guirec)












Le pasteur Francis Samuel Foss



Origines

Le pasteur Francis Samuel Foss (1884 Guernesey-1978 Sidmouth G.B) est né dans la ville de Cobo à Guernesey le 10 juillet 1884, fils de Samuel Henry Foss et Julia Louisa Irven. Son père est désigné dans le recensement de 1881 à Guernesey comme forgeron (blacksmith).
Francis Samuel se marie avec Annie Malzard, née le 19 mai 1880 Jersey.

Il fait ses études de théologie à Richmond (G.B) et devient officiellement pasteur en 1910. 

Son frère Henri James,1878-1964, l'a précédé dans cette démarche en 1907, également chez les méthodistes. Henri se marie sur l'île de Guernesey en 1911 avec Mary Margaret Breton. 


En Angleterre

Francis Samuel Foss occupera différents postes en Angleterre comme Hayle, Lerwick, Peterborough, Jersey, Guernesey, Pembroke et d'autres en France dans des lieux où les méthodistes sont bien implantés.



Le pasteur Henri Foss, frère du pasteur Francis Samuel Foss.
 1942. Guernesey. Archive transmise par Diane Moore. 




Pasteur en France

Le pasteur F.S Foss est nommé au Havre. C'est une ville chère aux méthodistes qui y sont très nombreux depuis le XIXème siècle et de manière plus générale, on compte alors environ 10 000 protestants en Seine-Maritime ce qui indique une forte implantation.
On note aussi que dans la ville du Havre de nombreux protestants sont arrivés d'Alsace après la Guerre de 1870. Le dénombrement de 1872 recense 3 463 protestants au Havre, leur nombre est ensuite évalué à 7 000 en 1910 puis à 10 000 en 1935 soit de 4 à 6 % de la population globale.

Francis Foss exerce aussi à Nancy puis à Perros-Guirec à la fin de l'année 1917. Il effectue un voyage en bateau du Havre jusqu'à Perros. Il habite le presbytère et reste à Perros jusqu'en septembre 1920. 
On connait au pasteur Foss et à son épouse, un fils, Eric Francis, baptisé le 6 mars 1918 dans la chapelle de Perros par le pasteur Théophile Roux. La cérémonie s'est déroulée en présence des grands-parents maternels de l'enfant, M et Mme Malzard, venus de Jersey.

Les registres financiers nous apprennent qu'il cotise au fonds de retraite anglais. Le pasteur Foss écrit parfois des articles dans le "Foreign field" comme en 1919. Cet article a été remarqué par Théophile Roux...



Retour en Angleterre

Il quitte ensuite la France pour Peterborough en Angleterre. 
En novembre 1925, devant une très large assemblée (avec de nombreux pasteurs dont un venu de Paris), il prononce un long discours à Jersey pour le centenaire de l'église méthodiste Philadelphia où il exerce depuis un an. Son frère en avait été le pasteur de 1914 à 1919.
En 1933, il exerce à Pembroke (G.B) et son adresse est Wesley Villa, Pembroke Dock, Pembs.
En 1939, il est le pasteur méthodiste de la paroisse de Blandford dans le Dorset. 
Il contracte un second mariage avec Florence Balch à Bideford en 1951 .

Francis Samuel Foss meurt à Sidmouth en Angleterre le 5 septembre 1978 à l'âge de 94 ans, laissant à ses héritiers selon les documents de la succession, 22 000 livres, ce qui représentait une très belle somme. 


 
Sources :

Archives du temple de St Brieuc.

Registre des baptèmes de l'Eglise protestante méthodiste de St Brieuc.


Merci à Diane Moore, historienne et résidente de Jersey pour tous les compléments apportés à ce portrait par ses recherches aux archives locales de Jersey.

Site anglais "mes ancêtres pasteurs méthodistes"

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre F 

Groupement Généalogique du Havre et de Seine-Maritime. 
Forum avec de nombreux articles de presse.










                                                       Le pasteur Henri Welpton

 

Henri Whelpton (1891-1972). Archives du pasteur Manach
conservées au temple de St Brieuc



Origines et études

Le pasteur Henri Edouard Welpton (1891-1972) est né le 13 juillet 1891 au Havre.
Il est le fils du pasteur George Whelpton (né en 1856) et de Georgina Elizabeth Olmes. Son frère Eric Georges est né au Havre en 1894 comme ses sœurs, Muriel en 1886 et Irène en 1889.

Il suit des études en Angleterre à Leys Scool et Cambridge .


Débuts dans le protestantisme

Il s'engage dans des études à la faculté de théologie de Genève en Suisse où il est inscrit comme "auditeur" en 1913-1914.
Il exerce ensuite au Havre et à Nancy (domicilié 11 rue Joli Coeur) avant d'arriver à Lannion.


Famille

Henri se marie le 6 mai 1919 (Paris 17ème) avec Magdelaine Leonora Meyer (née à Courbevoie, Seine, le 4 juillet 1889). Au moment de leur mariage  Magdelaine est infirmière et est domiciliée 1 rue Eugène Flachat. Les parents des deux mariés sont présents à la cérémonie, ainsi que les témoins : Eric George Whelpton, 25 ans, étudiant à Potton (Angleterre), Gabrielle Monod chef d'institution 63 avenue de la Grande armée, Frédéric Dumas 71 ans, pasteur 125 bld Diderot, Laure Hartung...

Magdelaine Mayer est la fille du pasteur Jean Meyer (1849 Paris-1932) et de Léonora Emilie Taylor (née en 1858 à Marseille). Le couple aura trois filles : Monique née à Nancy en 1920, Evelyne née à St Quay Perros en 1921 et Anne, née en 1923 à Lannion.
Dans les listes nominatives des habitants de Lannion, on trouve à deux périodes différentes la trace du pasteur Henri Whelpton et de sa famille.


En 1931, Henri Whelpton est enregistré comme Anglais, chef de famille, pasteur, Madeleine son épouse est elle aussi enregistrée comme Anglaise et les trois filles sont mentionnées, il s'agit de Monique, d'Evelyne née à St Quay Perros et d'Anne, née à Lannion. Une autre personne figure également, Ester Lamsfuns née en 1913 à Santiago, française, mentionnée comme pensionnaire.

Dans la liste nominative de 1931, nous voyons que les parents de Mme Whelpton habitent aussi Lannion. Il s'agit du pasteur Jean Meyer et de son épouse Léonora. Jean Meyer va décéder un an plus tard en 1932.
Georgette Meyer, née en 1875 à Lorche, est également sur cette liste, elle est enregistrée comme domestique.

La famille figure aussi avec deux différences, Madeleine l'épouse du pasteur est enregistrée comme "française" et une domestique réside à domicile. Il s'agit d'Yvonne Delmat, née en 1911 à Servel.

Archives départementales 22. Liste nominative des habitants de Lannion 1931. Dossier 6M239-6M347. Photo RF


 En Bretagne

Henri Whelpton vient à Perros-Guirec en 1920 à la suite du pasteur Francis Foss, et demeure à Pont-Couennec jusqu’en 1922. A noter qu'en 1924, il est secondé par le jeune proposant Samuel Bourguet.

Il s’installe ensuite à Lannion, rue Kermaria, où il restera finalement jusqu’en 1933 (avec une interruption d'octobre 1929 à la fin de l'année 1931).



Le pasteur Whelpton organise une réunion chaque semaine le vendredi soir à 20h30 et tient un culte au temple, rue Joseph Morand, à 10h30 le dimanche.

En 1931, l'Almanak Vat ar Vretonned signale que le pasteur tient des cultes et des réunions d'évangélisation à Trébeurden, Locquemeau et Kérinoc...


H. Whelpton couvre un vaste secteur, mais heureusement pour lui, il est le premier pasteur à Lannion qui va pouvoir disposer d'une auto pour tous ses déplacements !

Il mène avec beaucoup de succès le projet de construction de la chapelle de Lannion, inaugurée en 1927. Signalons que le pasteur Jean Meyer et le pasteur Théophile Roux ont beaucoup oeuvré à Paris pour que cette construction puisse aboutir (contact avec des architectes et recherche des finances nécessaires).


En mission à Haïti

L'oeuvre de Whelpton est interrompue car après le Synode de Nancy de 1929, répondant à la demande du comité missionnaire, on l'envoie à Haïti.  (L'Eglise méthodiste en Haïti est implantée depuis 1817 ). Il y reste jusqu'en fin 1931.

Résolution du Synode de 1929 (Nancy, 11-14 juin)
« Le synode, saisi d’une demande du Comité missionnaire adressée à M. Henri-Ed. Whelpton, en vue de l’accomplissement d’une mission temporaire à Haïti, et vivement touché de cet appel, tient à exprimer à M. Henri Whelpton sa vive sympathie et ses regrets de le voir abandonner pour plusieurs mois l’œuvre à laquelle il s’est dévoué de tout cœur en Bretagne.  

En octobre 1929, il est remplacé à Lannion par Henri Orange.


Retour en Bretagne

Revenu à la fin de l'année 1931, il reste encore deux années avant de partir en septembre 1933. Il est remplacé par le pasteur Raspail.
 




Henri Whelpton et la colportrice Anne-Marie Broudic.
Archives du pasteur Manach conservées au temple de St Brieuc


Paris, des responsabilités nationales

Henri Whelpton est alors appelé à exercer d'importantes responsabilités dans l'Eglise Méthodiste de France dont il devient le Trésorier général de 1935 à 1939. Sa relation de confiance et sa très bonne entente avec l'ancien trésorier Théophile Roux expliquent certainement cette nomination (voir l'article sur l'histoire de la communauté de Perros).



Le pasteur Henri Welpton

En 1938, Henri Whelpton est amené à prendre une place de premier plan dans la création de l'Eglise Réformée de France en tant que trésorier de l'Eglise Méthodiste. Dès juillet 1937, il envoie au nom de l'Eglise méthodiste un questionnaire détaillé aux membres de la commission des études théologiques et des relations  avec les Oeuvres. Il s'agit de parvenir à unir différentes composantes du monde protestant, c'est une tache difficile et c'est justement à lui que l'on a confié la direction des travaux de cette commission. Il se retrouve avec 7 autres pasteurs dans cette commission dont Maurice Rohr, P. Gounelle, J. Cadier...

H. Whelpton montre dans ce travail de remarquables qualités de rigueur et de diplomatie. Il est également membre de la commission d'organisation financière. Il est un des trois titulaires de l'Eglise méthodiste à l'Assemblée Constituante avec Auguste Faure (en poste à Calais) et Daniel Manach (en poste à Thiers).

Extrait de la presse en 1938. 
Journal des débats politiques et littéraires. 30.04.1938 (dans la base de données Gallica)
 

Le Congrès de l'Eglise Réformée.
Après avoir assisté à un service religieux, présidé par le pasteur Whelpton, à Lyon, les membres de l'Assemblée constituante de l'Eglise réformée unie de France ont achevé l'examen du projet de délimitation des circonscriptions ecclésiastiques de l'Eglise réformée restaurée dans son unité. L'Assemblée a décidé que la France serait divisée en seize régions, plus la région, de l'Algérie...

On trouve les traces de la réflexion d'Henri Whelpton dans différents dossiers aux Archives nationales (107 AS 12).

Dans les années 40, il continue d'avoir des responsabilités au niveau national : trésorier national adjoint, membre de la commission nationale d'évangélisation, membre de la commission nationale des finances. Il exerce comme pasteur dans la ville de Montreuil en 1943, 44, 45 et 46 mais en 1947 il prend un congé pour convenance personnelle.
Il prend sa retraite en 1960.
Il est mort à Courbevoie le 20 mai 1972.



Sources :

Archives du temple de St Brieuc et de Perros-Guirec

Archives de Seine Maritime.
Pour Henri, Registre des naissances 1891, de juillet à décembre. Page 57, déclaration faite le 16 juillet pour une naissance du 13 juillet.

Registre des mariages en ligne 1919, ville de Paris 17ème Arrondissement, 6 mai 1919.

Archives départementales 22. Dossier 6M239 Lannion, rue Kermaria, liste nominative 1926.

Archives départementales 22. Dossier 6M239 Lannion, rue Kermaria, liste nominative 1931.

Arbre généalogique de la famille Meyer. Jean Meyer (1849-1932)

Liste des pasteurs de l'ERF. Page 65.  Archives nationales; PDF

Actes du Synode de l'E.R.F à Paris (Batignolles) Mai 1943 pages 149, 151, 152

Société d'Etudes du Méthodisme Français

Registre des pasteurs anglais
Registre en ligne des Années 20, page 11, Whelpton Henri

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre W

Pour consulter une liste complète des pasteurs méthodistes anglais, les chercheurs pourront trouver une base de données très intéressante  en utilisant cette adresse et en explorant tous les fichiers qui y sont rattachés. Vous pourrez ainsi reconstituer ce livre de 1933 en entier.
Copier l'adresse ci-dessous dans votre navigateur :

https://dnvg92zx1wnds.cloudfront.net/wp-content/uploads/cms/.pdf



Archives de l'Université de Théologie de Genève. 1914, page 54 du registre. Lien
Liste des professeurs de l'Université page 12 et inscription de H.E Whelpton comme étudiant dans un doc. Pdf 


Almanak Vat ar Vretonned 1931.  

Groupement Généalogique du Havre et de Seine-Maritime. 
Forum avec de nombreux articles de presse.




Le pasteur Henri Whelpton est cité dans un article qui relate l'inauguration de la chapelle protestante de Honfleur le 24 juillet 1932, où il dirige la prière.  (publié dans le bulletin de la Société d'etudes du Méthodisme en France)



 
Lien



Voir, dans ce blog, l'histoire du temple de Lannion dans la page sur "Les bâtiments de l'Eglise réformée".




Document annexe

On peut noter que le frère d'Henri, Eric Whelpton (Le Havre 1894-Hastings 1981) enseigna le français au King's College School, Londres, et y a été lecteur en éducation comparée (1931-1942). Pendant la Seconde Guerre mondiale, Whelpton travailla en tant que correspondant de la BBC en France.
Il est l'auteur d'une vingtaine de livres et ses deux derniers, The Making of a European (1974) et The Making of an Englishman (1977), sont en grande partie autobiographiques. Il était marié à l'artiste et écrivain de voyage Barbara Whelpton qui a peint sous le pseudonyme de Barbara Crocker. 



Ouvrage d'Eric Whelpton, frère du pasteur Henri Whelpton.




Henri Whelpton



Courrier d'Henri Whelpton, trésorier général de l'Eglise Méthodiste de France. Archives du temple de Perros. Photo R.F 









Le pasteur Samuel Bourguet

 

 

Le pasteur Samuel Bourguet et sa famille à Perros-Guirec 1924-1928

 




Origines

Le pasteur Samuel Bourguet (1899-1981) est né  le 4 septembre 1899 à Cannes-et-Clairan dans le Gard (30). Sa famille était protestante et dans le milieu viticole. Louis, son père, s'était tourné jeune vers l'Armée du Salut. Il s'est trouvé dans des conditions difficiles en poste à Marseille avant de revenir, pour des raisons de santé, à la vigne. Il a adhéré à l’Église méthodiste (Alès) et a exercé la fonction de prédicateur laïc avant de s'engager dans le mouvement évangélique.
Samuel avait deux frères, dont l'un appelé Jean (né en 1902), originellement viticulteur, est devenu lui aussi pasteur.


Etudes 

Samuel Bourguet ne va pas reprendre la vigne familiale mais se destine aux études. Après l'école primaire, il va aller à Nîmes en Cours complémentaire et à l’Ecole normale d’instituteurs. Il devient instituteur à Sauve dans le Gard en 1920-1921. Choisissant ensuite des études de théologie, il part à Genève, en Suisse, et à son retour en France, il s'engage au Service Chrétien à Paris.
C'est là qu' il rencontre une bénévole qui va devenir sa future épouse. Il s'agit de Lucie Nusslé (1902 Anglade-1992). Celle-ci est la fille du pasteur Paul Nüsslé (pasteur de l'Eglise Réformée Evangélique 1870-1954).


Samuel Bourguet à l'école normale d'instituteurs. 3ème tout en haut à gauche dans l'encadrement de la fenêtre.
 
Samuel Bourguet instituteur à Sauve dans le Gard. 1920-1921



En Bretagne

Il débute loin de son sud natal comme proposant, en Bretagne, à la fin de l'année 1924 auprès du pasteur Henri Whelpton à Lannion-Perros. Il seconde le pasteur Whelpton à Lannion mais également sur les communes de l'Ile grande et de Trébeurden.
Le pasteur Bourguet après avoir fini ses études, passé ses examens et soutenu sa thèse, veut s'affranchir de la tutelle du pasteur Whelpton. Il veut louer une maison à Perros-Guirec en 1927 et la meubler. Pour cela, il demande une augmentation de son traitement et une indemnité complémentaire pour son ameublement. L'accord finit par arriver et il s'établit à Perros pour un an avec sa petite famille. Il s'est marié quelques temps avant avec Lucie Nüsslé le 8 septembre 1925 à Saint-Avit-du-Moiron (33), ancien nom de St-Avit-de-St-Nazaire. Ils auront 6 enfants : Jacques, Yvonne, Jean-Louis, Pierre, Georges et Anne Marie.

Samuel Bourguet s'intéresse à la région au point qu'il publie en 1928 un ouvrage sur un missionnaire gallois (qui aurait écrit l'hymne de la Bretagne). 
Un pionnier de l'évangélisation en Bretagne, William-Jenkyn Jones. Auteur Samuel Bourguet. Clamard. Edition Je sers. 1928.

Ce document historique peut être commandé avec les références suivantes sur le site de la BNF :
8-LK2-7555. Tolbiac - Rez de Jardin - Philosophie, histoire, sciences de l'homme - Magasin.
Mais cet ouvrage constitué de photocopies revient à une somme très importante malheureusement.




Le pasteur Samuel Bourguet au presbytère de Perros 1924-1928. Photo A-M Bourguet



Madagascar

Après avoir exercé en Bretagne de 1924 à 1928, le pasteur Bourguet part à Madagascar fin 1928 avec la Société des Missions évangéliques de Paris. La SMEP est implantée à Madagascar depuis 1896.

Prenant rapidement des cours du soir pour apprendre le malgache, il va pouvoir prêcher dans la langue du pays au bout d'un an. 


Jusqu’en 1940, il assure la fonction de directeur de l'école primaire-supérieure d'Ambohijatovo nord à Tananarive. Puis de 1940 à 1945, on lui confie la direction d’un vaste district (le Vonizongo) et d’une école biblique à Fihaonana où l'on forme des prédicateurs laïcs. Au début du mois de septembre 1940, la famille déménage à Fihaonana. Les déplacements pour visiter les paroisses s'effectuent en pousse-pousse, en chaise à porteur pour les distances les plus courtes ou au volant de la vieille Citroën quand il faut se rendre à la capitale pour des conférences par exemple. 

Le pasteur est très actif dans la Croix-Bleue car de nombreux malgaches ont des soucis avec l'alcool. Il s'emploie à créer de nouvelles sections. Samuel Bourguet assure la présidence de cette association à Madagascar.

 
Samuel Bourguet avec des membres de la Croix Bleue. Madagascar.1935




La vie de famille n'est pas facile car la vie quotidienne est rudimentaire (éclairage à la bougie). 

Les retours en métropole sont rares et la première fois se produira après 5 ans sur place, en 1933. Le pasteur est chargé de faire des conférences en France pour parler du travail de la mission à Madagascar et de récolter des fonds afin de poursuivre le travail commencé.

Le deuxième retour en France en 1939 est annulé à cause de la déclaration de guerre et de la suppression des bateaux vers la France. La famille Bourguet reste donc à Madagascar plus de dix ans sans revenir en métropole. Ce n'est qu'en novembre 1945 que cette longue expérience s'achève. 



Madagascar. Triple consécration pastorale. Debout de gauche à droite, on reconnait les pasteurs Samuel Bourguet, Peyrat, Lods, Robert de Becker et Delord (6ème). Photo A-M Bourguet



Retour dans le sud

Ensuite, au retour de Madagascar, après une période de repos, le pasteur occupe la fonction d'aumônier militaire. Il est particulièrement chargé d'accompagner les militaires malgaches qui retournent dans leur pays par le port de Marseille.
Le pasteur Bourguet exerce ensuite dans la paroisse de Milhaud dans le Gard de 1947 à 1961.
Il s'inscrit comme pasteur de l'Eglise Réformée de France en 1947 et y restera officiellement jusqu'en 1963.


 
Le temple de Milhaud dans le Gard. Carte postale




En 1971 il est admis comme membre de l'Académie de Mautauban.
Lors du discours de réception du pasteur Bourguet à l’académie de Mautauban, le 8 novembre 1971, le pasteur Plet déclara :
« Dans les tâches qu’il a remplies, le pasteur Bourguet est resté un homme de Dieu, avant tout, ce qui ne lui a nullement interdit d’être aussi un administrateur de qualité, un théologien averti, un homme de grande culture. Retiré à Montauban, il pourra donner à l’académie le meilleur de cette riche expérience".

Il aura l'occasion de donner diverses conférences dans le cadre de cette Académie.



Lucie et Samuel Bourguet à Mautauban au début des années 70. Photo A-M Bourguet



L’Église protestante unie de France (ancienne Église réformée de France) est  installée à Mautauban au Temple des Carmes, dans ce même lieu où le premier culte réformé a été célébré en 1793. La paroisse s’organise autour de ce temple, ainsi que ceux des alentours Barry d’Islemade, Meauzac et au Fau. 
C'est dans cette petite paroisse de Fau, rattachée à Montauban,  que le pasteur Bourguet a donné un coup de main bénévolement pendant des années, alors qu'il était à la retraite. Il a également assuré  la fonction d'aumônier à l'hôpital.


Le temple protestant de Le Fau



Samuel Bourguet décèdera en 1981 dans la ville de Mautauban.

à noter : Samuel Bourguet est l'auteur de photos très intéressantes prises à Madagascar entre 1928 et 1946. Elles sont consultables sur dans un album google-photo et sur le site de "Service protestant de Mission" (les liens sont indiqués plus bas).


1945. Groupe de missionnaires à Madagascar devant la maison de la famille Bourguet à Tananarive.

Samuel Bourguet est le quatrième debout en partant de la droite. En partant de lui et en allant vers la gauche, devant lui, la femme est Mme Pilet, son mari avec des lunettes est à côté d'elle, devant M.Pilet, légèrement flouté se trouve Mme Bourguet.
Tout à fait à droite, debout, l'homme en costume sombre c'est Jean-Claude Pilet, et un peu caché derrière lui on voit un visage souriant, c'est Yvonne Bourguet.
Tout à fait sur la gauche maintenant, on voit un grand monsieur avec un beau costume et derrière lui, le jeune homme, c'est Pierre Bourguet. Sur ce côté gauche, avec une sorte d'uniforme, c'est Oeschner de Coninck, après on voit un homme distingué en costume blanc, barbu, avec une cravate, c'est M. Lods. a côté de lui, en costume sombre c'est M.Bonzo. Tout à fait à droite, le jeune homme est André Lods.
Pour retrouver les femmes de pasteurs, on reprend à gauche, dans la rangée debout la première est Mme Dautry, après c'est une inconnue, ensuite en blanc Mme Cruzer, Mme Bozon, Mme Devine (avec la tête penchée)...
Enfin, au premier rang, sur la gauche, coincé entre une jeune fille complètement à gauche et une maman avec son bébé sur les genoux, c'est Anne-Marie Bourguet. Merci à elle pour avoir fourni toutes ces informations 74 ans plus tard !   


Crédit photo Défap-service protestant de mission, Paris.



Nous savons donc que "Samuel Bourguet est le quatrième en partant de la droite, tête bien ronde et crane chauve" dans ce groupe. Renseignement fourni par André Bourguet, son neveu, que nous remercions ici. André nous a donné d'autres informations sur son grand-père et son oncle. 
Anne-Marie Bourguet, fille du pasteur, a permis d'identifier les autres personnes sur la photo. 


Toutes ces personnes assistaient  à la Conférence missionnaire, on note la présence des pasteurs : Augier, Barnaud, Bourguet, Bonzon, Brunel, Burgurieu, Delord, de Visme, Kruger, Lods, Oeschner de Coninck, Pilet, et leurs familles.



Le pasteur Samuel Bourguet au milieu de ses élèves à la veille du Certificat d'Etudes du Second Degré.
Crédit photo Défap-service protestant de mission, Paris.



Pour la reproduction des deux photos ci-dessus, merci à  Claire-Lise Lombard de la Bibliothèque du Défap-service protestant de mission 102 Bld Arago 75 014 Paris.



Liens :






(photos transmises par sa fille Anne-Marie en mars 2019)



Ouvrage :
Un pionnier de l'évangélisation en Bretagne, William-Jenkyn Jones.  
Samuel Bourguet. Clamard. Edition Je sers. 1928.

Article pour en savoir plus sur W. Jenkyn Jones


Sources :

Recueil de l'académie de Mautauban (dans Gallica) 1971

Bibliothèque en ligne du Défap-service protestant de mission Paris. 

Anne-Marie Bourguet, fille du pasteur. Témoignage recueilli en mars 2019. Un très grand merci aussi à Anne-Marie pour toutes les photos de familles transmises pour illustrer cette biographie.

André Bourguet, neveu du pasteur Samuel Bourguet. Echanges par internet en mars 2019. 
Jean-Marc Bouneau pour ces recherches concernant la famille Bourguet sur le site Geneanet. 

Catalogue de la Bibliothèque Nationale de France en ligne. Fiche Samuel Bouguet 

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre B  

Répertoire des pasteurs de l'ERF. Page 50 Archives nationales. PDF. 


 

Document annexe

Cette traduction (personnelle) vient d'un texte écrit en anglais, par un auteur inconnu, autour de 1930. Son titre est "Protestantisme in Brittany". Il fait référence au livre du pasteur Samuel Bourguet, c'est pourquoi il a semblé utile de le mentionner ici.
Vous pouvez accéder au document original en anglais en cliquant ici


"Beaucoup de gens au Pays de Galle semblent penser qu’il n’y a que des catholiques en Bretagne. En effet, la grande majorité des Bretons est catholique, mais il y a aussi beaucoup de protestants et des Bretons protestants, même si seulement une minorité a eu une grande importance dans le mouvement du Renouveau celtique en Bretagne.

Page 2.
Au début du XVI ème siècle, une bible en breton a été publiée à Londres par des Gallois. Il n’existe plus un seul exemplaire de cette bible. Ce qui n’est pas étonnant quand on sait qu’il n’existe qu’une copie de la première bible galloise imprimée à la même époque…
En 1889, le pasteur Le Coat de Trémel (dans le Trégor), a publié une traduction complète de la Bible en breton. Un livre de chants fut aussi publié « Chants chrétiens et vieux airs de Basse-Bretagne » par le pasteur Le Coat de Trémel et « La harpe des chrétiens » par le pasteur Jenkin Jones de Quimper, qui les édita à deux reprises. Beaucoup d’autres hymnes aussi bien que des poèmes religieux  furent publiés par le pasteur Omnès et Monsieur Quéré, dans des  feuillets aujourd’hui perdus.
La seule école bilingue bretonne qui a existé à l’époque, a été fondée par des protestants au XIXème siècle. Ils étaient si performants que le journal catholique « « Arvor », publia un article donnant cette école en exemple de ce qu’il faudrait faire en Bretagne…

L’influence du mouvement missionnaire gallois a été dominant dans le nouveau mouvement protestant en Bretagne. Y a-t-il  de meilleure preuve de cela que le livre publié en 1927 par le pasteur S. Bourguet, lui même missionnaire français en Bretagne, sous le titre « Un pionnier de l’évangélisation en Bretagne, W. J. Jones » ? Dans la première partie de son livre, le pasteur S. Bourguet dit que les Gallois ont davantage de facilités que les français pour évangéliser les bretons, comme ils sont de la même race et que les bretons ressemblent aux Gallois. Plus loin, il donne les conseils suivants « Afin que l’esprit réussisse dans l’évangélisation en Bretagne, un étranger (Je parle du français comme du Gallois) doit se donner lui-même complètement, pas seulement à son travail d’évangélisation mais aussi à la Bretagne elle-même. »










                                                           Le pasteur Henri Orange


Le pasteur Henri Orange en mai 1931 au Légué,
 à côté de St Brieuc.


Remarque à propos de la photo : ce berret de velours noir orné d'un ruban de couleur (Rouge), porté par Henri, pourrait être celui des étudiants en médecine de Rennes. C'est Erling Hansen qui lui aurait prêté sa "faluche" au moment d'effectuer cette photo. La "faluche" est le nom donné à cette coiffe.

Origines

Henri Orange (1905-1947) est né le 14 février 1905 au Havre. Il est le fils de Henri Orange, garçon boulanger et de Albertine Simenel, sans profession, mariés au Havre le 10 février 1903.


En Bretagne

Henri Orange est venu au Légué, à côté de St Brieuc, en tant qu'étudiant en théologie pour remplacer François Manac'h et seconder le pasteur Scarabin de 1928 à 1930. 


La Résistance

Il rentre ensuite au Havre et se marie le 18 septembre 1931 avec  Hélène Le Batteux.
Il est nommé pasteur méthodiste à Lisieux en octobre 1938. C'est là que sa vie va prendre une toute autre direction. Il est sollicité en 1942 pour faire partie d'un groupe de résistants. Il fabrique de fausses cartes d'identité pour ceux qui ne voulaient pas partir travailler en Allemagne (S.T.O). Il  participe au recrutement de résistants et communiquait des renseignements à Londres. La maison familiale des Orange devient vite un refuge et un lieu de transit pour des clandestins.

Le pasteur Orange  est arrêté le 15 octobre 1943, incarcéré à la prison de Caen jusqu'au 22 janvier 44, transféré à Compiègne-Royallieu et enfin déporté dans le camp de Buchenwald par le convoi du 27 janvier 1944.
Il retrouve d'autres pasteurs dans le Kommando de Dora où il est affecté (dépendant de Buchenwald).
Il s'agit du pasteur Heuzé et du pasteur Yves Crespin. Selon le témoignage de Mme Orange et d'un prisonnier du camp (ci-dessous) les 3 pasteurs vont célébrer la Cène de Pâques en 1944 à Dora (cité dans le livre "Les protestants français pendant le seconde guerre mondiale").

 
Le pasteur Henri Orange (1905-1947)


 Voici donc le témoignage de Charles Bury, déporté à Buchenwald ("Messages clandestins", page 49) : "Dans le tunnel de la mort, où toute activité religieuse était interdite, le pasteur Heuzé accomplit sa mission avec ferveur et courage... Derrière une baraque, non loin des fours crématoires, nous sommes une quinzaines, des être minables, squelettiques, mais d'une foi de fer. Quatre camarades montent la garde, ils suivront après nous la sainte Cène. Le pasteur Heuzé prie. C'est le dimanche de Pâques. Dieu est ressuscité. Chacun donne une miette de pain, toute notre fortune, et l'eau remplace le vin. Nous ne parlons pas, on se serre la main, se donne l'accolade, nous allons rejoindre nos camarades de travail. Mais nous ressentons une joie immense et nous regardons avec confiance devant nous".

Un autre témoignage du Docteur Lemière, cité dans ce même ouvrage, dresse le portrait d'un être "à part":
"C'est à Dora que j'ai connu mon compagnon Orange, et très vite nous avons sympathisé. De lui, comme du pasteur Heuzé, cet autre Normand, comme de nombreux prêtres catholiques, s'échappait un rayonnement de pur patriotisme, de bonté et de charité infinies, de franchise et de dévouement pour ses compagnons de misère. Comment pourra-t-on jamais louer assez le rôle de ces porte-flambeaux de l'Esprit, vainqueurs de la matière ? Soutenu par son idéal de chrétien et de résistant, Orange semblait dans le camp de la mort, où tout ne paraissait obéir qu'aux règles de la lutte pour la vie, comme un anachronisme vivant. Cet homme que l'on pouvait prendre pour un faible, un éternel rêveur, pour un pêcheur de lunes, était en même temps qu'un générateur d'énergie, celui sur lequel on pouvait compter pour relever une volonté défaillante, pour redresser un moral abattu". 


Le pasteur Henri Orange vers 1940. Photo famille Orange


Henri Orange rentre de déportation au début du mois de mai 1945, reprend ses activités en 46 mais décède malheureusement le 25 mai 1947 à Lisieux des suites d'une tuberculose.
Une rue porte son nom à Lisieux, elle a été inaugurée en 2000.

Lien pour accéder à cet article sur le pasteur Henri Orange 


Anecdote :
Solveig Hansen se souvient d'un moment passé au légué avec Henri Orange dans les années 30 :
"On avait fait une promenade avec toutes les personnes du temple protestant de St Brieuc. Nous étions allés au chaos du Gouët. Henri Orange avait escaladé les rochers, comme tout le monde, mais il était tombé dans l'eau et avait fini bien mouillé ! Il venait souvent manger à la maison de mes parents au port du Légué et comme nous avions un service d'assiettes avec des petites scènes dont l'une représentait une personne dans l'eau, on lui mettait toujours celle-là devant lui... Chaque fois tout le monde riait en lui rappelant sa mésaventure !"
Témoignage, novembre 2019


Sources :

Etat civil Seine-maritime. Le Havre, registres des naissances, 14 février 1905; page 133

Registre des membres, paroisse de St Brieuc, avril 1929 page 15 

"Les protestants français pendant la Seconde Guerre mondiale", pages 581, 584

"Messages clandestins". Charles Bury, page 49

Témoignage de Hélénette Goulon , la fille du pasteur Orange, dans le journal "L'éveil de Lisieux".

Archives nationales. Dossier Henri Orange

Documents transmis par la  E. Goulon, petite fille du pasteur Orange, habitant aux USA.

Thierry Marchand, auteur, membre de la Société historique de Lisieux. Correspondances en 2019



Le pasteur Orange tout à fait à gauche le 20 mai 1931, au Légué dans la famille Hansen.
De gauche à droite Henri Orange et la famille Hansen : Einar, Solveig (avec au coup un renard argenté de Norvège), Thorleif (le jeune garçon), Anna, Oscar, Erling. Photo prise devant les pommiers en espaliers de la maison du Légué.





                                                        Le pasteur Daniel Manach

 

Le pasteur Daniel Manach (1907-1940)




Daniel Manach est né le 24 mars 1907 au Havre (acte en ligne). Suivant la voie de son père, le pasteur François Manach, il s'engage dans des études de théologie après avoir fait une année de philosophie à Rennes.
Toujours étudiant il commence au Légué, tout près de St Brieuc, où il succède à son père pendant un an d'octobre 1929 à septembre 1930. Devenu pasteur, il est nommé à Lannion en 1930 pendant un an pour seconder le pasteur Henri Whelpton. Il est amené à se déplacer dans les nombreuses annexes et dispose d'une auto pour cela. Il participe au Synode en 1930.


Daniel Manach jeune. Archives du temple de St Brieuc


Il effectue son service militaire à Rennes en 1931 juste avant de rejoindre son poste de pasteur à Anduze dans le Gard où il remplace le pasteur Yves Crespin (qui était resté de 1929 à 1931 et avant lui M. Raspail de 1927 à 1929 et E.F Staub de 1919 à 1927).

Le 28 juillet 1932, il se marie à Cologny, en Suisse, avec Jeanne Marie Borel. Leur fille, Jacqueline, naîtra l'année suivante le 22 août 1933.

La thèse de Daniel Manach intitulée Hygiène spirituelle est éditée en 1933. Le contenu met en évidence la grande curiosité de Daniel Manach et son ouverture à des sujets autres que purement spirituels comme ici la psychothérapie. Il y fait référence aux travaux du Docteur Georges Liengme qui avait ouvert une clinique à Vaumarcus, sur les rives du lac de Neuchâtel en Suisse. Daniel Manach s'y était rendu à deux reprises.
Le Dr Liengme développa une méthode de “psychothérapie collective” qui a été dénommée, plus tard, “psychothérapie de groupe” par les Américains. Georges Liengme est un précurseur dans ce domaine.
Daniel Manach s'étant posé la question de l'incohérence entre le comportement de bon nombre de chrétiens et de leurs idéaux en avait conclu que, dans un certain nombre de cas, les apports de la psychologie pouvaient permettre de résoudre ce problème.




Thèse Daniel Manach 1933. Archives du temple St Brieuc. Don de Jean-Marc Kieffer




Daniel Manach propose des conférences au public sur des sujets variés (par exemple "Que penser du spiritisme?" en avril 1934).
Il devient le rédacteur d'un bulletin mensuel d'informations de l'Eglise Méthodiste d'Anduze, "Le trait d'Union" (dont une collection est conservée dans les archives du temple de St Brieuc. Années 1931 à 1938). A la lecture des différents bulletins, on voit que bien qu'éloigné de la Bretagne, il n'en oublie pas moins ses origines. Ainsi, en décembre 1932, il transmet à ses lecteurs du midi la "légende de Noël", l'histoire d'une vieille bretonne qui raconte pour la centième fois sa légende favorite où il est question du vent qui souffle sur la lande et d'un moine venu de Brest qui avait oublié ce qu'est la charité...
En décembre 1936, il organise une collecte pour "l'arbre de Noël des petits bretons de Perros-Guirec".



Le trait d'Union, mars 1933. Archives du temple de St Brieuc


Du 19 au 22 juin 1934, il a la lourde tâche d'organiser le Synode national de l'Eglise méthodiste à Anduze sous la présidence du pasteur M. Alain.
Il part d'Anduze après une dernière prédication le 20 septembre 1936, il est ensuite nommé à la fin de l'année 1936 à Thiers.


Daniel Manach pasteur à Thiers, octobre 1936. Archives Famille Manach temple de St Brieuc



Accueil de Daniel Manach pasteur à Thiers, octobre 1936. Archives Famille Manach temple de St Brieuc




En 1937, il assiste à la consécration de son père François Manach à Livron dans la Drôme, cérémonie dirigée par le pasteur du Havre M. Alain.

En 1938, Daniel Manach prend une part active à la création de l'Eglise Réformée de France en tant que délégué de l'Eglise Méthodiste avec Auguste Faure (en poste à Calais) et Henri Whelpton (en poste à Montreuil comme trésorier général cette année-là).



Liste des délégués de l'église méthodiste (Faure, Manach et Whelpton) avril 1938. Archives ERF


On peut dire que ses qualités sont reconnues au niveau national.
Le lundi 25 avril 1938, lors des travaux de l'Assemblée Constituante de l'Eglise Réformée, réunion dans l'ancien temple de Lyon, il est nommé secrétaire.
Il fait aussi partie de la commission de délimitation des circonscription et ce n'est pas une commission de tout repos ! On l'imagine promis à un brillant avenir, avec des responsabilités importantes.
Il reste à Thiers jusqu’au début de la Seconde guerre mondiale. Il est mobilisé mais est victime d'une crise d'appendicite qui évolue en péritonite.
Solveig Hansen se souvient être allé le voir à l'hôpital des Capucins à St Brieuc où il avait été amené.
Jeanne, l'épouse de Daniel Manach, était hébergée dans la famille Hansen au Légué pendant l'hospitalisation de Daniel.

Finalement, les médecins n'arrive pas à sauver Daniel Manach qui décède quelques mois après son retour en octobre 1940, à l'âge de 33 ans.


Juillet 1939, la famille Manach sur la côte. La fillette est Jacqueline, fille de Daniel née le 22 août 1933. Elle était appelée Jacquotte. Daniel Manach est reconnaissable avec ses petites lunettes noires et à sa gauche, Jeanne, sa femme, d'origine suisse, avec sa coiffure en oreillons. A la droite de Daniel Manach se trouve sa soeur Madeleine.
Paulette Manach est à gauche assise; au milieu Jacquotte, et assise à droite Yvonne Manach. Mme Manach et le pasteur Manach sont sur la droite. Archives du pasteur Manach conservées au temple de St Brieuc

Eté 1939, la famille Manach, Daniel à droite. Archives du pasteur Manach conservées au temple de St Brieuc


Sources :

Archives du temple de St Brieuc. Dossier Manach

Archives de Seine-Maritime. Acte de naissance 1907 page 265 du registre et mention de mariage (acte en ligne)

Collection de la revue "Le trait d'Union"1931-1938. Archives du temple de St Brieuc

Archives nationales de l'ERF. Dossier constitution de l'ERF

Témoignage de Solveig Hück (née Hansen), novembre 2019.




                                                           Le pasteur George Whelpton 



Le pasteur George Whelpton (1856-1948) père d'Henri Whelpton.
Photo prise le 30 octobre 1929.




Origines

George Whelpton est né le 15 juillet 1856 à Londres et baptisé le 20 août 1856 à Old Church St Pancras, Londres. Son père était William Thompson Whelpton et sa mère Anna Elizabeth.
Il fait ses études au Queen's College de Taunton.



Le Havre 1880

Il a 24 ans quand il arrive en France en 1880, envoyé par la Mission méthodiste whesleyenne de Londres, son installation au Havre ne doit rien au hasard. En effet des missionnaires méthodistes y ont préparé le terrain depuis une centaine d'années déjà. Le révérend William Gibson et le pasteur Jean-Paul Cook ont eu une forte influence dans cette partie de la Normandie. Avec l'aide de la Conférence wesleyenne de Londres, les méthodistes s'implantent particulièrement là où les ouvriers sont nombreux.  


G. Whelpton prend donc la suite de W. Gibson arrivé en 1872 en France et qui a beaucoup collecté de dons pour faire vivre les oeuvres et a dépensé pour cela une bonne partie de ses fonds propres. 

A la fin de l’année 1880, le pasteur G. Jaulmes passe dans la ville et fait un rapport très positif de l’action engagée : « Dans cette grande ville qui s’accroît chaque jour et tend  à devenir la rivale de Marseille, l’oeuvre de l’évangélisation parmi des ouvriers est réellement intéressante. Nos excellents frères, messieurs Whelpton et Godel, qui la poursuivent, voient chaque jour cette œuvre s’étendre et le nombre des auditeurs s’augmenter". (cité dans le blog de J. Y Carluer)



Le 15 septembre 1888, les services du commissariat central évoquent le rôle de G. Whelpton quand il font état du service d’inhumation qui s’est tenu à la chapelle « wesleyenne méthodiste, 16, avenue de l’hôpital, dont le pasteur est M. Whelpton ». Il s’agissait du jeune enfant du concierge du local de réunion. Ce n’est pas le premier enterrement méthodiste…



Après une dizaine d'années passées au Havre, Whelpton lui aussi, comme W. Gibson, achète avec son argent personnel un lieu très vaste en plein centre-ville, rue Gambetta, pour exercer le culte (en français et en anglais). Une salle permet aussi à plus de 300 personnes d'assister à des conférences. L'inauguration a lieu le 2 octobre 1892. cette initiative va permettre à la communauté protestante du Havre de se développer...

"Le travail dévoué du révérend George Whelpton au Havre a conduit à l'ouverture d'une nouvelle chapelle centrale en 1892. La population est venue avec enthousiasme pour entendre l'évangile et beaucoup sont devenus des assistants réguliers." (cité dans "Petite histoire des missions étrangères méthodistes whesleyennes" )

Le journal L'Evangéliste du 21 septembre 1894 le décrit de la manière suivante : "C'est un de ces Anglais au coeur et à l'esprit larges, comme il en faudrait beaucoup à nos œuvres en France". 
 
Le pasteur Whelpton s'engage aussi dans des oeuvres comme celle de la Société havraise de tempérance, fondée le 17 octobre 1892 et dont il est le président. Le groupe se réunit une fois par semaine et comprend 114 membres.




Chapelle méthodiste. Le Havre. 1892. Photo du blog de J-Y Carluer


La famille Whelpton au Havre

En 1883-1884-1885, G. Whelpton est domicilié au 16 rue de l'hôpital au Havre. Son implantation dans cette ville est aussi marquée par la construction d'une famille qui commence par son mariage.

George Whelpton se marie donc le 22 avril 1885 au consulat général de Grande-Bretagne au Havre avec Georgina Elizabeth Holmes (née en 1857 à Londres), sans profession.  Le mariage est ensuite célébré à l'église méthodiste de la Sainte-Trinité (Church of the Holy Trinity)  par le révérend Canon Whelpton, assisté par le révérend J. Orlebar, aumônier.

Son épouse, Elizabeth Holmes, vient d'une famille bien établie en Guyanne britannique. Elle est la fille de feu Sir William Olmes (1917-1868), marié avec Elizabeth Light née à Boulogne en février 1819. Elle est aussi la petite fille de Sir Henry Light Holmes (1852-1902), ancien gouverneur de la Guyanne britannique  (appelée le Guyana de nos jours).
On trouve d'ailleurs la trace de G. Whelpton et de son épouse dans les habitants de Guyanne britannique au 19ème siècle, peut-être à l'occasion d'un séjour avant 1900 ?


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Trinity Church à Abingdon.



Muriel, leur fille,  naît le 18 août 1886 au Havre et sera baptisée le 31 décembre 1886 dans une chapelle méthodiste du Middlesex.(acte de naissance en ligne).

Leur fille Irène Constance naît le 15 juin 1889, au Havre (acte de naissance en ligne). Page 466 du registre.

On retrouve la trace de G. Whelpton dans des archives de Seine Maritime le 21 novembre 1889 où il assiste, au Havre, en tant que témoin (avec Julien Monot) au mariage de François-Marie Le Quéré (pasteur baptiste au Havre) et de Françoise Célina Cécile (directrice d'école maternelle.

Leur fils Henri Edouard (qui deviendra pasteur à Perros et Lannion) est né le 13 juillet 1891 dans cette même ville du Havre et Eric Georges y est né  le 21 mars 1894 (déclaré le 24 à la mairie). D'après cet acte de naissance, leur domicile connu est alors situé au 22 rue de la ferme.



Départ du Havre 

Pour son départ, les protestants qui l'avaient bien connu lui ont offert un magnifique cadeau.
Il s'agit de 7 volumes d'une exégèse évangélique du docteur en théologie F. Godet : 3 volumes de commentaires sur l'Evangile de St Jean, 2 volumes de commentaires sur l'Evangile de St Luc et 2 volumes de commentaires sur les épitres aux Corinthiens.
 Une mention spéciale datée du 25 octobre 1894 est contenue dans un des volumes et indique : Offert à notre bien aimé pasteur M. George Whelpton, par les membres et amis de l'eglise place Gambetta. Le Havre. En souvenir de ses quatorze ans de ministère Fidèle et Dévoué.






Par les informations contenues dans un mémoire de J-Louis Prunier sur les missions des méthodistes, on apprend que  d'importantes responsabilités attendant George Whelpton. En effet, après la mort de William Gibson en 1895, la Conférence whesleyenne reprend son oeuvre et fonde à sa place un District d'évangélisation dont George Whelpton prend la tête jusqu'en 1898. Ce district de l'Ouest est alors incorporé dans le District du Nord.


Paris

En 1897, G. Whelpton habite Paris comme il est indiqué dans l'acte de décès de sa belle-mère pour lequel il est mentionné comme témoin le 12 janvier 1897 au Havre.
De 1898 à 1900, il est le responsable de l'évangélisation pour le district du Nord à Paris sous la direction d'Onésime Prunier.
En 1895 et 1898, les registres de l'Eglise méthodiste wheysleyenne mentionnent son adresse au 112 boulevard Malherbes puis en 1900 au numéro 4 de la rue Roquépine dans le 8ème arrondissement de Paris. C'est sur cet emplacement que se trouvait une chapelle méthodiste (appelée aussi Methodist Church avec un culte en anglais) construite en 1862, mais aujourd'hui disparue. Cette chapelle est mentionnée par le marquis de Rochegune dans son guide de Paris rédigé en 1909.

G. Whelpton fait connaissance avec la Bretagne en 1905, où avec le pasteur Jean Scarabin, il  effectue une mission dans la région de Perros-Guirec.



Angleterre

G. Whelpton retourne ensuite en Angleterre où devient le pasteur méthodiste de Trinity Church à Abingdon-on-Thames (au sud d'Oxford) dans le Berkshire. Son fils Eric est scolarisé à Abingdon School de 1906 à 1909 et à la Leys School de Cambridge, puis entre au Hertford College d'Oxford en 1913. il exerce aussi à Witney, Bedford, St Mary's. Durant le début de la guerre, il est aumônier militaire.






Haïti

Vers 1916, le pasteur part en mission à Haïti et il y reste pendant 14 ans. Les méthodistes sont implantés à Haïti depuis 1817. Depuis cette époque l’Église méthodiste a toujours cherché à promouvoir en particulier la tempérance, l'intégrité morale, l'éducation, la liberté religieuse et le dialogue, le développement de la langue créole, les méthodes nouvelles d'agriculture et d'élevage.



Retour en Bretagne

A son retour, le Synode de 1930 (Lasalle, 24-27 juin) envoie George Whelpton dès le mois de septembre pour assurer le poste du Légué (où il remplace l'étudiant Daniel Manach) et de St Brieuc (où il remplace Jean Scarabin). En 1931, la desserte du Légué est abandonnée pour se recentrer sur St Brieuc.
Whelpton quitte la Bretagne en septembre 1932.
Il se retire en retraite au 50 Guessens road à Welwyn Garden City, une tranquille ville-jardin proche de Londres.
Il décède le 23 avril 1948 à Knaresborough House (n°7 Knaresborough Place) à Londres après une vie bien remplie à l'âge de 92 ans. Ses deux fils Eric et Henri furent ses héritiers.


Tombe de George Whelpton (1856-1848)


Sources

Archives du temple de St Brieuc

Archives de Seine Maritime 12 495 naissance, page 233 (acte de naissance de son fils Eric 21 mars 1894)

Généanet, mariage du pasteur François-Marie Quéré au Havre

Blog de Jean-Yves Carluer, les églises méthodistes au Havre 
 
Registre des pasteurs anglais.
Registre en ligne des Années 20, page 11, George Whelpton

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre W


Site : My Wesleyan Methodist Ministers
Dans "General ressources" Minutes of several conversations. Conférences méthodistes...  Archives en ligne 1888 à 1900

Extrait de : « A short history of Wesleyan Methodist Foreign Missions ». John Telford. London
Taper Whelpton dans l'outil de recherche pour trouver la page 177-178 

Lien pour accéder à une traduction des pages évoquant George Whelpton.


 


Citation dans un article de 1899 

The Argosy Demerara 1885

Etat civil anglais (Merci à Diane Moore pour la transmission de tous ces documents)

Jean-Louis Prunier, mémoire Une présence protestante française en Kabylie (1885-1919) page 56

Mathieu Lelièvre, prédicateur. Dans Gallica.

Les oeuvres du protestantisme français au XIXe siècle : exposition universelle de Chicago, publiées sous la direction de Franck Puaux. 1893. (page où il est question de G. Whelpton)

Lien pour accéder à l'ouvrage complet cité plus haut. Paris. Le VIIIe arrondissement. Chantal de Saulieu. 1983 

Lien pour accéder à un article sur l'histoire du protestantisme (et donc du méthodisme) à Haïti







 

 

Le pasteur Marcel Raspail

 

Marcel Elisée Raspail en 1927. Photo F. Raspail



Origines

Le pasteur (Elisée) Marcel Raspail (1899-1990) est né le 20 octobre 1899 à Valence dans la Drôme. Il est le fils de Adolphe Elie Raspail (né en 1861), garçon meunier et Berthe Bernard (née en 1865), couturière, domiciliés à Valence au 16 rue de l'abattoir (en 1899), à Guilherand en Ardèche, puis à Livron (dans la Drôme) en 1925.

Muni d'un Brevet de l'Enseignement Primaire, il exerce tout d'abord la profession de comptable. Trop jeune pour faire la guerre 14-18, il est exempté de service militaire et réformé temporaire le 17 mars 1920 par la commission de réforme de la Seine pour des problèmes de santé. Le 21 février 1922, il se retrouve réformé définitivement devant la commission de Valence (matricule n°271).
Marcel Raspail a un frère aîné, Abel, qui est officier de carrière. Quand Marcel lui parle de son projet de faire des études de théologie, Abel lui propose de l'aider financièrement.
Marcel Raspail peut donc entreprendre ses études de théologie à la faculté méthodiste de Paris.

Concernant ses prédications,  une petite histoire vécue par le pasteur Raspail le marquera pour toute sa carrière : un jour qu'il allait prêcher dans un culte en plein air, ses feuilles s'envolèrent. Sans pouvoir lire ses notes, il fit, aux dires des personnes présentes, sa meilleure prédication. Après cette expérience involontaire, il prépara ses prédications par de longues prières et réflexions silencieuses mais se résolut à ne plus jamais écrire.  


Le pasteur Raspail exerce à la fin de ses études comme suffragant à Mouchamps en Vendée (85). Le pasteur Raspail y exerçait bien entendu dans temple protestant de cette commune mais une curieuse coutume voulait que le pasteur réside au château ! 

Marcel Raspail se marie le 3 octobre 1925 à Vallon-Pont-d'Arc (Ardèche) avec Lucienne Henriette Huber (née le 22 février 1903 à Arzew, Oran, en Algérie).
Lucienne est la fille de Jean Henri Huber, et de Berthe Alix Tendil qui ont habité en Algérie, à Arzew près d'Oran, où Jean, le père de Lucienne, était employé à la gare maritime, dans le port de commerce.  Au moment du mariage de leur fille, ils habitent à Vallon-Pont-d'Arc. Notons que le pasteur Charles Charreyron, demeurant à Livron, est un des témoins du mariage.

Le couple aura une seule fille, Monique, née en 1926. 


Le temple de Mouchamps où devait exerçait le pasteur Raspail un peu avant 1925.



En Bretagne : St Servan, Lannion et encore St Servan

Marcel Raspail découvre la première fois la Bretagne en 1925 quand il est nommé à Saint-Servan (35) comme proposant, à la fin de ses études. Succédant à Henri Faure, il va rester deux années, de 1925 à 1927.
Sa fille Monique Alice va naître à St Servan le 3 juillet 1926. Le couple habite 11 rue Duperré à St Servan.

Dans cette paroisse, Marcel Raspail va traiter le dossier de l'achat d'un presbytère, acquis grâce à des collectes et à un legs d'une généreuse donatrice, Mlle Smart. Une grande partie de son mobilier servit aussi pour l'ameublement du presbytère. Le pasteur Brée pourra ainsi s'y installer à son arrivée en 1927.


Certificat de Consécration du pasteur Raspail. 30 juin 1927.  Document transmis par  Françoise Baeschlin-Raspail


Mais une autre mission l'attend puisqu'il est nommé à Bourdeaux (26), dans la Drôme, de 1927 à 1933.
Marcel Raspail va suivre des cours à la faculté de Grenoble, en plus de ses taches pastorales. Il étudie pour passer une licence es lettres. Il ne peut se rendre disponible le jour de l'examen final car il doit assurer l'inhumation d'un paroissien. Mais l'essentiel est là, diplôme ou non, il conservera ce bagage intellectuel pour toute sa vie.

Après Bourdeaux, retour en Bretagne pour Marcel Raspail qui est nommé à Lannion, après le pasteur Henri Whelpton. Pendant ses trois années, de septembre 1933 à septembre 1936, il habite rue Kermaria à Lannion, comme son prédécesseur.
A Perros, le 19 février 1934, il assure la bénédiction du mariage de Carlo Cévare Minetti (né à Fribourg le 8 mai 1906) et de Yvette Marie Colin (née à Lannion le 7 janvier 1911).
On trouve la trace de Marcel Raspail en 1936 dans la liste nominative des habitants de Lannion où il vit avec son épouse et sa fille qui a dix ans.


Archives départementales 22. Liste nominative des habitants de Lannion 1936. Dossier 6M239. Photo R.F



Après Lannion, le pasteur Raspail ne part pas très loin puisqu'il retrouve la paroisse de Saint Servan. Il succède au pasteur Brée qui a conduit un important chantier de travaux pour restaurer la chapelle de 1936 à 1938.



En 1938, il conduit la réflexion de l'assemblée des protestants de St Servan jusqu'à l'affiliation à l'Eglise Réformée de France.
Le pasteur Raspail ne ménage pas ses efforts pour évangéliser : conférences le dimanche soir, visites dans les quartiers défavorisés, repas pour enfants pauvres à Noël, ventes de charité, concerts, colportage... Le pasteur Raspail s'implique dans différents Comités. Les autorités de la région assistent, nombreuses, aux cérémonies organisées par le Temple Protestant.

Page de l'album familial du pasteur Raspail pendant qu'il était à St ServanPhoto Françoise Baeschlin-Raspail


Sur son livret militaire on trouve une indication de domicile au 15 septembre 1939, rue Surcouf, castel Louis-Pierre, gendarmerie de St Servan (35).


1937 groupe de jeunes de la paroisse de St Servan. Photo Françoise Baeschlin-Raspail

1937 groupe de jeunes de la paroisse de St Servan. Photo Françoise Baeschlin-Raspail



Eglise Evangélique de St Servan (35). Archive Françoise Baeschlin-Raspail


Pendant la guerre

Le début de la guerre va bouleverser l'organisation de la paroisse. Le pasteur et son équipe doivent faire face à l'arrivée de nombreux réfugiés protestants de Paris, de Normandie, du Nord, de Belgique et d’Alsace qui viennent gonfler les effectifs.
La municipalité débloque de l'argent et un local pour les réfugiés mais des bénévoles sont indispensables pour assurer l'accueil. Lucienne, son épouse, prend alors une part très active pour mener à bien cette mission.
Des groupes d’Eclaireurs et d’Éclaireuses sont créés.
Sous l’Occupation, le Temple sert parfois aux cultes organisés pour des soldats allemands et conduits par des aumôniers militaires, sans que le pasteur Raspail y participe.

En 1944, suite à des problèmes de santé, fatigué, le pasteur part se réfugier en Ardèche. C'est du moins l'explication officielle qui est donnée car, en fait, le pasteur Raspail était très surveillé pour ses activités liées à la Résistance et il a dû s'enfuir !
A son retour, il découvre le temple très endommagé par les bombardements d'août 1944, le presbytère est lui aussi touché. Des combats se sont mêmes déroulés à l'intérieur du temple au moment des derniers combats avant la libération de la ville. Juste à côté, à St Malo, la vieille ville est détruite à 80%.
C'est lui qui s'occupe des premières pièces du dossier auprès du Commissariat à la reconstruction, rédigeant l'état descriptif demandé par les autorités pour obtenir des fonds afin de reconstruire le Temple. Le pasteur Paul Wood-Lainé (né le 9/08/1878 à Dieulefit. Drôme)  poursuivra ce long travail avec les différentes administrations et les entreprises choisies pour cette reconstruction...


Dossier constitué par la pasteur Marcel Raspail pour la reconstruction du temple de St Servan. 1944.


Déjà bien éprouvé par tout ce qui s'est passé dans sa paroisse, Marcel Raspail revient à St Brieuc le 15 mai 1945 pour prononcer un vibrant discours lors de la cérémonie du souvenir consacrée au pasteur résistant Yves Crespin, dont il était un ami personnel.

Marcel Raspail publie, en 1947, un opuscule de 16 pages sur l'histoire de la paroisse où il avait tant de souvenirs : "Historique de l'Eglise protestante de St Servan".









Départ en région parisienne. Le temple protestant de Mantes-la-Jolie


En octobre 1945, le pasteur Raspail quitte la Bretagne pour la région parisienne à Mantes (78) sur un poste créé par la Société Centrale d'Evangélisation. La famille n'est pas logée au presbytère, car il n'en existe pas, mais dans un appartement Avenue du Président Franklin Roosevelt à Mantes, à quelques centaines de mètres du Temple où se déroulent la plupart des activités du pasteur et de son épouse. Ses déplacements pour faire ses visites se font en vélo à l'époque.



Installation du pasteur Marcel Raspail (au milieu avec un noeud papillon) à Mantes. 1945. Archive Françoise Raspail

Remarque : sur la photo d'installation du pasteur Raspail à Mantes en 1945, on reconnait le pasteur Delforge (c'est le plus grand). Il vient de l'Armée du Salut. Il deviendra le pasteur de la paroisse de Mantes après le départ du pasteur Raspail dans les années 60.




De son côté, Monique, sa fille, profite de cette proximité avec Paris pour faire une licence es lettres à la faculté de la Sorbonne. Elle poursuit ses études en suivant une école de journalisme à Paris et  exerce à l'hebdomadaire protestant Réforme dans les années 50. Elle publie également des articles dans Le journal de Genève. On retrouve en ligne un de ses articles daté de 1961 et publié dans Journal et feuille d'avis du Valais et de Sion.

Le 1er janvier 1951, le poste passe de la Société Centrale d'Evangélisation à l'Eglise Réformée de France mais cette affectation ne change rien pour les missions du pasteur Raspail.

Au début des années 50, sur le terrain derrière le Temple, le pasteur Raspail s'occupe de faire construire un presbytère, conçu d'une part avec un logement aux normes de l'époque et d'autre part avec un sous-sol permettant de tenir des réunions, spécialement avec les jeunes de la paroisse. Jean Minssen, fils du conseiller presbytéral Charles Minssen, anime un groupe de scouts.
Le pasteur est secondé par son épouse Lucienne pour de nombreuses activités.
Pour la chorale de la paroisse, c'est  Bernard Dutry (voir photo ci-dessous), un jeune violoniste, qui prend les choses en main.  Ce petit groupe de choristes se produit même parfois à l'extérieur du Temple, dans l'ouest parisien. Pendant 2 ou 3 années, la chorale de Mantes va participer à des rassemblements de chorales à Paris, rue Madame, dans le 6ème arrondissement.
Bernard Dutry (né en 1930) connaissait bien le pasteur Raspail qui l'avait marié à Mantes en 1956.

Lien pour voir le temple et le presbytère de nos jours (orientez légèrement l'image de gauche à droite pour apercevoir le temple et le presbytère en arrière plan à gauche).



Presbytère de Mantes, on voit l'entrée du sous-sol sous l'escalier. Photo Françoise Baeschlin-Raspail

Temple protestant de Mantes, extérieur. Photo Françoise Baeschlin-Raspail
Temple protestant de Mantes, intérieur. Photo Françoise Baeschlin-Raspail
Le pasteur Marcel Raspail et Marcel Dutry en 1956. Photo Françoise Baeschlin-Raspail
Mlle Lucien, membre de le chorale de Mantes. 1952


Le pasteur Raspail reste à Mantes jusqu'à sa retraite en 1962-1963. Sa santé fragile, et le fait qu'il s'est toujours donné sans compter, ne lui permettent pas d'effectuer tout à fait la totalité de sa carrière. Il prend une retraite anticipée et se retire avec son épouse à Septeuil, au sud de Mantes-la-Jolie.
Mais, à son rythme, et par les bons contacts noués avec les prêtres catholiques de Mantes, Marcel Raspail continue d'être sollicité pour faire l'homélie dans le cadre de la semaine de l'unité chaque mois de janvier à Mantes. Avec son épouse, ils poursuivent la tenue de réunions oeucuméniques à leur domicile. Marcel Raspail continue aussi d'écrire pour des revues protestantes. Son goût de l'écriture ne le quitte pas : lui, le fidèle admirateur de Victor Hugo, de Cyrano de Bergerac, écrit des poésies et même un roman qui n'a pas été publié et dont le manuscrit a disparu !

C'est à Septeuil que décède Mme Raspail en 1988.

Marcel Raspail décède à son tour en 1990 à Paris, à la maison de retraite protestante de la Muette ; il avait 91 ans.


Marcel Raspail dans sa maison de retraite. 1989. Photo Françoise Baeschlin-Raspail


C'est vraiment une belle page de l'histoire, peu connue, de la communauté de l'Eglise Protestante Unie de France de Mantes-les Mureaux que nous avons pu évoquer ici avec l'aide de Françoise, la petite fille du pasteur Raspail.




Complément sur l'histoire familiale :

Monique Alice Raspail est née à St Servan le 3 juillet 1926. Plus tard, le 2 mai 1952, elle se marie avec Beat Christoph Bäschlin, à Berne (Suisse). Ils se sont rencontrés à Paris où ils étudiaient l'un et l'autre dans une école de journalisme.
Le mari de Monique est fils de pasteur, journaliste et il a aussi exercé en tant que haut fonctionnaire au Ministère de la Justice en Suisse.

Le couple aura une fille, Françoise, née en 1955 en Suisse.
Monique Raspail est décédée à Locarno, dans le canton de Tessin (Suisse), le 18 novembre 2017. Son dernier domicile en Suisse se situait à Tegna, à 5 km de Locarno.
Voilà ce qui est écrit, par sa fille Françoise, dans le bulletin annuel de la paroisse évangélique réformée de Locarno en 2017 :


Dieu a appelé Monique Raspail Baeschlin, elle est partie calmement le soir du 18 novembre après un long et pénible mois d’hospitalisation. Durant cette période, notre groupe l’avait entourée d’affection et plusieurs pasteurs avaient prié pour elle. Nous pensons en particulier à Jean-Paul Lienhard qui était passé à la Carità pour un long moment de recueillement. 
Après s’être rendu différentes fois à l’hôpital, le pasteur Cassano présidait une cérémonie funèbre bilingue – français italien – dans le temple de Muralto. Depuis longtemps nous accueillons régulièrement et toujours avec un très grand plaisir les pasteurs J.-P. Lienhard et M.-E. Kohler. Plusieurs fois au cours de l’année nous avons eu la chance d’avoir le pasteur Schibler. 
Nous remercions les organistes Raffaella Azzarone, Martino Milani et en particulier Lauro Filipponi dont nous apprécions la disponibilité. Nous sommes reconnaissants aux différents ministres du culte de venir jusqu’à Muralto pour nous apporter la Parole. Comme l’écrivait en 1521 Martin Luther « Quand la Parole est dite, alors voici l’Eglise. Elle ne crée pas la Parole, elle est créée par la Parole ».

                                                                                                              Françoise Baeschlin

Dessin du temple et du presbytère de Locarno



Récit du retour de la famille Raspail à St Servan en 1945.
Texte écrit en juin 2019 par Françoise Baeschlin-Raspail, petite fille du pasteur.

"Lorsque les allemands ont quitté Vallon, les résistants, la famille Raspail et certains habitants ont enfin quitté la grotte pour regagner leurs maisons. Plusieurs mois après, la famille Raspail commença un long périple de 15 jours pour regagner Saint Servan. 
Le voyage devait se faire en train, les allemands avaient pris tous les moyens de locomotion même le corbillard car ils n avaient pas assez de véhicules pour le transport des troupes. Le voyage était très long puisque tous les ponts avaient été détruits, les rails avaient, par endroits, été sabotés par les résistants pour empêcher les trains allemands de munitions d’arriver. Tous les passagers devaient régulièrement descendre du train, marcher longtemps pour trouver un autre train jusqu'à la prochaine interruption et ce jusqu'à Saint Servan. 
Ils sont arrivés quelques jours avant le moment où les allemands envoyaient les bombes incendiaires sur la ville de Saint Malo".




Liens

Texte sur la vie du pasteur Raspail paru dans Evangile et Liberté en novembre 1990.

Ce que je suis, texte du pasteur Marcel Raspail paru dans dans Evangile et Liberté




Liste des postes successifs du pasteur Marcel Raspail :

Mouchamps 1924-1925
St Servan 1925-1927
Bourdeaux 1927-1933
Lannion-Perros 1933-1936
St Servan 1936-1945
Mantes-la-Jolie  1945-1962



Bibliographie :

Historique de l'Eglise protestante de St Servan, 1947, 16 pages, imprimerie chez Lemé, rue Clémenceau. Auteur Marcel Raspail.



Sources :

Cette biographie a été entièrement relue et complétée, en juin 2019, par Françoise Raspail-Baeschlin, fille de Monique Raspail et petite fille du pasteur Marcel Raspail. Sa contribution a permis d'enrichir ce document car elle a pu transmettre de nombreux récits recueillis auprès de son grand-père, le pasteur Raspail, et auprès de sa mère Monique. Les photos familiales, qu'elle a conservées, sont également très précieuses. Nous la remercions vivement pour toute l'aide apportée. 

Archives municipales de St Malo. Cote 48W1619. Documents transmis par Violaine Sinay de la paroisse protestante de St Servan.

Ouest-Eclair (dans Gallica) en haut à droite de la page du  28 juillet 1939

Les protestants bretons, site de Jean-Yves Carluer. Historique de l'église protestante de St Servan

Archives départementales d'Ardèche. Dossier militaire

Archives du temple de St Brieuc, de Perros (registre des mariages 1934-1980) et de Lannion.

Archives nationales. Liste des pasteurs ERF. Page 62. Document PDF

Jacques Eldin. Documents mis en ligne sur Généanet. Famille Raspail

Entretien avec Bernard Dutry en juin 2019 à propos de la paroisse de Mantes dans les années 50-60


Etat civil en ligne de la Drôme. Registre des naissances. 1899. Page 128

Acte de mariage de Marcel Raspail et Lucienne Huber à Vallon-Pont-D'Arc

Etat civil en ligne de l'Ardèche. Tables décennales de mariages. 1925.

Services de l'état civil de St Malo-St Servan pour Monique Raspail, fille du pasteur.

Dans Généanet, arbre généalogique de Lucienne Huber

Sur le site des Archives nationales d'Outre-Mer, acte de naissance à Arzew (Algérie) de Lucienne Huber en 1903

Liste nominative des habitants de Lannion. Archives départementales (22)  Dossier 6M239

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. Biographie des méthodistes. Lettre R 


Voir aussi l'action du pasteur Raspail et un de ses textes dans les pages sur "Les bâtiments de l'Eglise Protestante Réformée" où il est question de Locquémeau, Lannion, Perros.




 

 

 

 

Le pasteur Marcel Arnal



Marcel Arnal le 23 juin 1957 au Grau du Roi dans le Gard lors d'une promenade de la paroisse (c'est le seul homme!).
Photo Jocelyne Carrière (présente au tout premier plan, de profil, assise avec une robe blanche)




Les origines 

Le pasteur Marcel Arnal (1901-1989) est né le 13 avril 1901 à Vergèze (30). Son père, Théophile est tonnelier, Elodie Cabanès, sa mère est sans profession. 
Dans les années 20, il fait des études de théologie à Paris et s'inscrit dans le courant du méthodisme.
Il se marie le 25 avril 1925 avec Julie Céleste Brun (née le 25 septembre 1897), institutrice à Vergèze. La fête a lieu dans la maison des parents de la mariée au Mas de St Pastour à Vergèze. C'est dans cette commune que réside Marcel Arnal qui termine ses études pour être pasteur.
Son épouse va arrêter de travailler après leur mariage car alors une femme de pasteur devait se consacrer uniquement au service de la paroisse de son mari. Julie recevait les paroissiens et veillait à la bonne marche de toutes les activités de la paroisse.
Le couple va avoir deux enfants, Renée (l'aînée, née à Nîmes le 27 ou 28 février 1928) et André-Pierre (né à Nîmes le 16 décembre 1939). Renée deviendra médecin et André-Pierre artiste peintre. 


Marcel Arnal en 1957





 
Premiers postes

Marcel Arnal va commencer à exercer à Béziers vers 1925. C'est là que va naître leur fille Renée en 1928. Puis il va à Lassale (30) dans les Cévennes dans le début des années 30 et y reste jusqu'en 1936. Il publie 5 livres entre 1933 et 1936 à Lassale.
Mais d'autres responsabilités l'attendant et il est nommé en Bretagne à la fin de l'année 1936.


A la conquête de la vie. Marcel Arnal 1933 Lassale. Photo Mélanie Arnal


Bretagne


En Bretagne, le pasteur Arnal succède au pasteur Raspail à Lannion à la fin de l'année 1936 et y restera jusqu'en septembre 1939. Il habite rue Kermaria.
Nous savons peu de choses sur cette période où Marcel Arnal était à Lannion mais des archives familiales, conservées dans la maison de sa fille, pourraient délivrer de futures découvertes.

On peut mentionner que le pasteur Arnal a écrit deux ouvrages pendant cette période et qu'ils ont été édités à Lannion :
Les Plus Belles histoires ou la Bible à la portée des enfants. III Les Juges. Édition : Lannion, 1936. 
Les Plus Belles histoires. Édition : Lannion : Edit. Lanra , 1937







Retour dans le sud 

Après la Bretagne, Marcel Arnal retourne dans son sud natal et exerce dans la paroisse de Codognan (30) de 1939 à 1945. En plus de son travail dans la paroisse, il se déplace pour faire de nombreuses conférences et circule jusque dans le Doubs. Il écrit aussi deux ouvrages en 1941 alors qu'il est dans cette paroisse.
Pendant une année seulement, la famille se retrouve à Vergèze (30) en 1945-1946.

Enfin Marcel Arnal s'installe à Lunel (34) en 1947. Longtemps resté fidèle aux méthodistes, c'est à cette époque qu'il aurait intégré l'Eglise Réformée de France, d'après les souvenirs de son fils. Le pasteur Arnal reste à Lunel jusqu'en 1966, date à laquelle il prend sa retraite.
Le pasteur est toujours secondé pendant toutes ces années par son épouse. Son fils, André-Pierre, qui a appris à jouer du piano, accompagne les chants à l'harmonium pendant quelques années. Eric Carrière, dont on connaît le très beau parcours par la suite dans ce domaine, tenait également l'harmonium dans la paroisse de Lunel à l'époque où exerçait le pasteur Arnal.



Intérieur du temple de Lunel.

Jocelyne Carrière qui a participé aux activités de la paroisse de Lunel depuis qu'elle est enfant, se souvient très bien du pasteur Arnal : "Il était connu à Lunel, c'était une personnalité. Beaucoup de gens le connaissaient parce qu'il avait des abeilles. Il disait "mes abeilles je les reconnais, elles ont toutes une croix huguenote".
Il allait faire des piqûres aux personnes qui souffraient de rhumatismes. Il se soignait lui-même avec cette technique.

C'était un pasteur comme autrefois. Il aimait faire des visites à domicile. Avec les enfants il avait pris l'habitude d'offrir à certains un de ses livres au moment de la Communion. Il pouvait donner "A la conquête de la vie", "Il nous faut des certitudes", "Comment marcher avec Dieu".
Avec l'école du dimanche, pendant trois ou quatre ans, le pasteur nous faisait participer à un concours et à la fin de l'année il y avait une distribution des prix. La photo de la sortie au Grau du Roi en 1957 a été prise à cette occasion car on allait chercher nos prix dans une réunion du Consistoire.
C'est aussi en 1957 que le pasteur Arnal est très actif pour le centenaire de la construction du temple de Lunel."

La presse de l'époque (Le Midi Libre, 10 décembre 1957) rappelle qu'après le culte dirigé par le pasteur Barde de Nîmes, le pasteur Marcel Arnal a fait "un récapitulatif de quatre siècles pendant lesquels le protestantisme à Lunel a joué un rôle important".



Ecrivain

Marcel Arnal a connu une certaine célébrité dans le milieu protestant car il est l'auteur de nombreux ouvrages. Ceux qui ont eu pour but de mettre la Bible à la portée des enfants ont eu un certain succès et étaient recommandés à l'époque. Il a bénéficié de la complicité du talentueux dessinateur Joél Thézard pour les illustrations. 
On peut aussi noter que le pasteur Th. Roux a préfacé son ouvrage, A la conquête de la vie. Lasalle (Gard) 1933. 
Son fils André-Pierre se souvient que son père, le pasteur Arnal, faisait des colis pour envoyer ses ouvrages  en Afrique car ils étaient bien appréciés des missionnaires protestants. 
En 1958, il écrit son dernier livre au nom évocateur "Il nous faut des certitudes". Le pasteur y développe l'importance du message biblique :
"Les voies de Dieu paraissent mystérieuses, jusqu’au jour où, avec un recul, on comprend pourquoi Dieu nous a fait passer par tel chemin plutôt que par tel autre. Or la Bible est le livre des certitudes. Des certitudes dans les deux sens : celui de la perdition pour les hommes qui nient Dieu ; celui du salut pour ceux dont Dieu est une réalité journalière".

Dans l'ensemble, ce sont des livres qui se sont bien vendus jusque dans les années 70. 

Enfin, remarquons l'espièglerie du pasteur qui, pour ses livres à compte d'auteur, a appelé sa maison d'édition Lanra (Arnal à l'envers !)



La retraite

Au moment de sa retraite Marcel Arnal s'est beaucoup intéressé aux abeilles, il avait des ruches et il passait beaucoup de temps dans son potager que certains décrivent comme un véritable "jardin extraordinaire" !

Marcel Arnal, est décédé le 5 janvier 1989 à Colognac dans le Gard et son épouse le 10 février 1995.
Renée, sa fille, mariée avec M. Jean Desvignes a commencé comme médecin mais rapidement elle a pris la direction d'une clinique psychiatrique à Nîmes. Elle est décédée en 2017 à l'âge de 88 ans.



La foi n'a pas d'âge


Pour terminer cette biographie du pasteur Marcel Arnal, on peut évoquer cette histoire extraordinaire d'un jeune homme perdu dans la drogue, il s'appelle Lionel Guibal. Après un véritable voyage en enfer en Amérique du sud où il a frôlé la mort, il ressent un appel intérieur et rencontre un chrétien convaincu qui va l'aider. Il s'achète une bible et finit par revenir dans la région de Nîmes, dont il était originaire. Il ne sait pas encore ce qu'il va faire de sa vie :

"Voilà qu’un jour, un monsieur âgé, avec un chapeau, est venu frapper à ma porte. Il voulait me parler. Il avait entendu parler de moi, il avait appris que j’étais revenu d’Amérique du Sud, que je m’étais converti. C’était le pasteur Marcel Arnal de Vergèze. Il nous a réunis et a commencé à nous parler de la Bible, du Seigneur Jésus. Ce qui nous a surpris c’est que lorsque ce croyant âgé, ce véritable chrétien, nous parlait, on sentait chez lui une jeunesse, une spontanéité, une vérité étonnante. Nous avions à l’époque 25 ans, mais avec notre drogue, à côté de lui, nous semblions être des vieillards, complètement décrépis.

Nous avons aussi appris que ce pasteur priait depuis plus de 20 ans pour le village de Vergèze, pour qu’il y ait un réveil, pour que le Seigneur touche des âmes. La sœur de sa femme, Madame Brieu, qui avait été si gentille avec moi quand j’étais enfant, est venue un jour à la maison, et elle nous a dit : « Lionel cela fait presque 20 ans que je prie pour toi afin que le Seigneur touche ton cœur ». Ainsi ils ont vu la réponse à leurs prières.

Un jour, Monsieur Arnal nous a dit : « Il faudrait peut-être profiter de l’occasion pour rendre témoignage devant tous que vous êtes chrétiens, que vous avez la foi au Seigneur Jésus ». 


Une réunion s'est tenue au temple, plein ce jour-là, et quelques anciens drogués ont témoigné de leur foi. Le pasteur Arnal est devenu une sorte de père spirituel pour ce jeune homme. Le pasteur lui prêtait des livres
Plus tard Lionel Guibal est devenu aumônier protestant des prisons. Il exerce à Tarascon.





Sources :


Mars 2019. Témoignage recueilli auprès de Christian Nouis d'Aubais qui a connu le pasteur Marcel Arnal à Vergèze. 

Mai 2019. Renseignements familiaux fournis par Mélanie Arnal, Jean Desvignes et Francine Janesther-Arnal. 

Un grand merci à André-Pierre Arnal, fils du pasteur, qui a permis de préciser de nombreux points d'histoire en mai 2019.

Mme Agosta des services de l'état civil de la commune de Vergèze. 

Photo du pasteur Arnal en 1957 transmise par Jocelyne Carrière après une recherche effectuée par Anne-Marie Bourguet. Un grand merci à toutes les deux.

Archives du temple de St Brieuc.

Archives nationales. Liste des pasteurs ERF. Page 47. Document PDF

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre A 








Bibliographie de Marcel Arnal :

A la conquête de la vie. Lasalle (Gard) 1933. 


Les plus belles histoires ou La Bible à la portée des enfants. Ancien testament. I. - Période patriarcale. Édition : Lasalle (Gard), Lanra , 1934 In-16, 111 p.

 A l'aube de la vie, manuel de culture intérieure pour enfants. Édition : Anduze, impr. A. Puech ; Lasalle (Gard), Éditions Lanra , 1935. (21 avril 1936.) 

Les Plus Belles Histoires ou la Bible à la portée des enfants. Illustrations par Joél Thézard. [Ancien Testament. II : Période mosaïque.]. Édition : Niort, impr. A. Chiron ; Lasalle (Gard), Éditions Lanra , 1935. (21 avril 1936.) 127 p

Le Ciel ouvert, sermon prêché au Synode de Nancy le 26 juin 1935. Édition : Lasalle (Gard), Editions Lanra , (1936).

Les Plus Belles histoires ou la Bible à la portée des enfants. III Les Juges.Édition : Lannion, 1936. 112 p. 

Les plus belles histoires. Illustrations de Joel Thézard (1884-1957). 48 p.
Édition : Lannion : Edit. Lanra , 1937

  
Vers la plénitude de la Vie. Editions Lanra Montpellier 01.01.1938. Ce livre est la suite de  l'ouvrage A la conquête de la Vie paru en 1933.


Comment marcher avec Dieu, ou A la découverte de la vie. Édition : Codognan (Gard), Lanra ; (Largentière, Ardèche, impr. de E. Mazel) , 1941

Des hommes nouveaux. Édition : Codognan, Gard, Éditions Lanra , 1941. 55 p.


Préparons sa venue. Édition : Lunel, 8 rue Pascal ; (Valence-sur-Rhône, Impr. réunies) , 1946.


L'effondrement du monde et les reconstructions de Dieu. 194 p. Édition : Lunel : M. Arnal , 1948

Il nous faut des certitudes. 167 p. Édition : Lunel : Lanra , 1958


Photo Mélanie Arnal.
 






Livre de Marcel Arnal 1938.





                                               

 

 

 

 

                                                      Le pasteur Yves Crespin


Le pasteur Yves Crespin (1906-1944)


Yves-Maurice Crespin est né en 1906. Il fait sa thèse de théologie qui est publiée en 1934, dans un ouvrage intitulé "De l'unité de l'Eglise Chrétienne." Après Nancy, il arrive à Saint Brieuc en 1937. 

Pendant la guerre il va se mettre au service de la Résistance et sera arrêté une première fois en 1941 puis en 1943. Incarcéré à St Brieuc, transféré à Rennes puis à Compiègne, il est enfin déporté en janvier 44 à Buchenwald en Allemagne.
Affecté dans un Kommendo de travail dans le camp de Dora, il meurt le 11 mars 1944.
Ses actes héroïques et son comportement pendant toutes ces années vont marquer les esprits. Les témoignages et cérémonies publiques honorant sa mémoire vont se multiplier : on pose une plaque commémorative sur le temple protestant, la ville donne un nom de rue, il reçoit la Légion d'Honneur à titre posthume...
C'est une figure connue de la ville de St Brieuc.
Dans ses "Carnets 1921-1944" édités chez Gallimard", Louis Guilloux consacre six pages au récit de Mme Crespin parlant de l'arrestation de son mari. Sous la plume de l’écrivain, il devient même un personnage central du roman « Le jeu de patience ». Il y apparaît sous le nom du pasteur Briand. 

De très nombreux documents ont été rassemblés dans les années 70 par son fils Jean-Claude et remis plus tard aux archives départementales des Côtes-du-Nord et à la bibliothèque André Malraux de St Brieuc. Ajoutés aux archives du Temple protestant et au fonds Louis Guilloux, ces différents éléments ont permis de dresser un portrait assez complet du pasteur Crespin. Un ouvrage est en préparation pour retracer son parcours.

Lien pour accéder à l'article complet Yves Crespin, un pasteur dans la Résistance

Page manuscrite du pasteur Crespin. Février 1940. Archives du Temple de St Brieuc






                                                             Le pasteur Elie Vidal 

 


Le pasteur Elie Vidal (1887-1967) et son épouse


Origines

Elie (Charles François) Vidal est né le 7 juillet 1877 à Ganges dans l'Hérault (34) fils de (Jean) Eugène Vidal (né en 1848) âgé de 29 ans et de Adèle Emery (née en 1853), domiciliés rue de la Halle à Ganges. Son père et sa mère sont fileurs de bas, ce qui est une profession courante dans le village de Ganges. On en trouve quinze, simplement dans la rue de la Halle. Entre 1886 et 1891, le nom de la rue de la Halle disparait et retrouve la famille domiciliée au 161 Rue Place couverte.
Elie est l'aîné des enfants mais la famille se compose de son frère, Charles né en 1880, Lydie née en 1885, Jean né en 1888, Paul né en 1890.





Registre des naissances juillet 1877 Elie Vidal, commune de Ganges. Photo Luce Legendre





Dans le recensement de 1891, en plus des cinq enfants et des parents, la famille se compose aussi de la grand-mère Louise, 70 ans et de Hermance, 46 ans, la soeur d'Eugène. 

Elie Vidal à 13 ans est fileur de bas et travaille avec ses parents. Puis il va poursuivre des études pour pouvoir exercer par la suite la profession de comptable. Il réside alors à Le Vigan dans le Gard. Ses parents, Eugène Vidal et Adèle Hemery habitent aussi au Vigan en 1897.


Premiers postes de pasteur

Après ses études de théologie, Elie Vidal va beaucoup bouger comme il est indiqué dans les archives militaires. Ces lieux doivent correspondre à ses postes successifs :
24 avril 1901, Paris, 16 rue de Nemours, 11ème Arr.
8 janvier 1903, Neuilly sur Seine, boulevard de Saussaye (le temple réformé de Neuilly se trouve au 18 bld Inkermann à Neuilly à 1km de l'adresse d'E. Vidal)
1er mars 1904, Codognan (Gard 30)
4 octobre 1906, Bihorel (Seine-Maritime 76), 20 rue de Baunay
21 décembre 1906, Rouen, 132 rue de la République
23 octobre 1907, Vallerauge (Gard. 30)
10 octobre 1911, Nancy, 18 rue du Joli coeur
30 juillet 1914, Guernesey


Guerre 14-18

Elie Vidal est incorporé dans le 38ème Régiment d'artillerie, matricule 2440, et participe aux combats pendant la Guerre 14-18 avec le régiment d'Artillerie de Nîmes (du 14.08.1914 au 21.09.1914 puis du 5.09.1915 au 4.11.1918 et enfin du 18.12.1918 au 5.02.1919). Il est nommé caporal le 15.12.1916 puis sergent le 28.06.1917.



Suite de sa carrière de pasteur 

Après guerre, le 29 avril 1919, Elie Vidal retourne à Ganges d'où il est originaire mais il y revient en tant que pasteur. Il habite dans le centre, rue Saunier.

Note : Ganges est une terre où le protestantisme est très bien implanté. Son imposant temple de 1851 et son clocher de 30 mètres de haut en sont aussi des preuves.
Elie Gounelle (père d'André Gounelle), pasteur, figure du christianisme social et de l'oecuménisme dans l'entre-deux guerres, est mort dans sa maison à Ganges en 1950. Une rue porte son nom.


Le temple de Ganges. Plan de l'Ormeau. Photo Luce Legendre



L'année suivante Elie Vidal déménage à Levallois-Perret (Seine), 39 rue Lannois où il habite à partir du 22 octobre 1920.
Il devient pasteur méthodiste à Levallois-Perret (en 1927 mais certainement dès 1920 puis exerce à Niort de 1939 à 1942. C'est à Niort le pasteur Vidal vient en remplacement du pasteur Cabrol mobilisé. Il se fait remarquer en présidant les obsèques d'Ernest Perochon (prix Goncourt en 1920). Les autorités ne voulaient pas d'une cérémonie officielle car E. Perochon avait pris position contre la Collaboration.


A St Brieuc 

Le  pasteur Elie Vidal est déjà en retraite quand il accepte de venir à Saint-Brieuc dans des circonstances exceptionnelles puisqu'il va remplacer le pasteur Crespin, déporté.
D'après les mémoires d'Erling Hansen, en décembre 1943, l'autorité allemande refuse au pasteur Vidal de s'installer au temple de St Brieuc. Il ne peut l'obtenir qu'en février 1944 après maintes démarches et c'est finalement un capitaine allemand, protestant, qui permettra son installation.

Le pasteur Vidal reste à St Brieuc de mars 1944 à mai 1945. Il habite chez le docteur Hansen, alors que Madame Crespin continue de demeurer dans le logement du temple de Saint-Brieuc avec ses enfants. Il s'occupe aussi des protestants disséminés en Bretagne et des protestants réfugiés de Lorient et Brest.
On remarque ainsi qu'en 1944, le pasteur Vidal a assuré le culte à St Quay, au Val André  et "aussi régulièrement que possible à Brest". Il a aussi effectué des déplacements à Vannes.
Le 20 mars 1945, il se rend au Synode au Mans où il représente l'Eglise de St Brieuc mais aussi celle de Brest. Il sera accompagné par le pasteur Jean Scarabin qui assure les remplacements du pasteur Vidal à St Brieuc quand celui-ci doit s'absenter.

Notons que le pasteur Vidal a célébré un certain nombre de cérémonies :

Baptême de Arlette Madeleine Gauthier, née le 10 janvier 1943 à St Brieuc
Baptême de Suzanne Gaudron, née le 25 mai 1928
Baptême de Yann Hansen, née le 18 septembre 1943 à St Brieuc, fils de Erling Hansen


Mariage le 3 août 1944 de Camille Eugène Ladevèze, né à Pamiers et Léonnie Jeanne Corbel, née à Plélo
Mariage le 8 février 1945 de Pierre Albert Testard, militaire, né à Boulogne sur mer, demeurant au Val André et Georgette Emilienne Le Clerc, née à Brest, demeurant au Val André

La communauté protestante a été très reconnaissante envers le pasteur Vidal du travail qu'il a accompli dans des moments si difficiles à St Brieuc et dans la région, sur les plans humain et matériel.

Le pasteur Vidal arrête définitivement ses activités en 1958.
Il est décédé le 23 janvier 1967 à Vanves (Hauts de Seine), il avait 80 ans.


Sources :

Registre de l'association cultuelle de St Brieuc, 1944-1945

Fonds Erling Hansen, Mémoires, manuscrit, bibliothèque de St Brieuc.

Etat civil de la commune de Ganges dans l'Hérault. Page 66 Registre des naissances 1887.

Recensement de la commune de Ganges page 97. Année 1881

Photos de Luce Legendre à Ganges. Avril 2019

Archives administratives militaires du Gard. Classe 1897.

Histoire de la paroisse de Niort

Liste des pasteurs ERF. Page 65. Document PDF


Document :

Article de la revue le Christianisme au XXe siècle 3 mars 1944. Nomination d'Elie Vidal en Bretagne.











                                                             Erling Hansen


Erling Hansen (1909-2008)


Origines et études

Erling Hansen est né le 13 mars 1909 au Légué à Plérin (22). Il fait ses études au Lycée de garçons de St Brieuc de 1921 à 1929 (actuel Collège Le Braz) puis entreprend des études de médecine. Il est désigné Président de l’Union Chrétienne de Jeunes Gens à Rennes (UCJG) en 1933, il fut en même temps, du fait de ses origines norvégiennes, Président du rassemblement des étudiants étrangers. Dans ce groupe il y avait autour de lui, des anglais, une écossaise, un gallois, une américaine, deux allemandes, une autrichienne … Comme interne en médecine, il débuta à l’hôpital de Saint-Brieuc. 



A St Brieuc

Suivant la voie tracée dans sa famille (fils d'Oscar Hansen, co-fondateur de la première association cultuelle protestante en 1906), il participe activement à la vie de cette église. En 1929, l’assemblée générale de l’église méthodiste va l'élire conseiller presbytéral pour la première fois à l’âge de 20 ans. Il fait partie du bureau du conseil à partir du 5 février 1938 comme trésorier. De 1938 à 1940 il assure aussi le secrétariat du conseil presbytéral. 

Erling se marie à Maïe le 4 juin 1938 à Saint-Brieuc. 
Les membres de la communauté de St Brieuc connaitront leur fille Léna, née en 1941 (mariée avec Jean-Louis Saccardy) et leur fils Yann, né en 1943.




Erling Hansen en 1931 au Légué (22 ans)


Résistance 

Installé comme médecin place St Michel, Erling Hansen est arrêté par la Gestapo en novembre 1943 en même temps que le pasteur Crespin et d'autres membres de la paroisse. Il est emprisonné à st Brieuc puis à Rennes et déporté à Buchenwald puis Mühlausen. Il parvient à réchapper à l'enfer des camps en avril 45, mais en plus son action aura permis de sauver de nombreuses vies.

La lecture de ses mémoires fait apparaitre l'importance de sa famille et de sa foi protestante. Erling Hansen a pu se procurer du papier dans le camp et écrit au jour le jour. Pour bien comprendre le texte qui suit, Erling Hansen utilise le "nous" pour dire "je".

8 octobre 1944 : "Nous pensons aussi bien sûr à toute notre famille, à tous nos amis de St Brieuc, à tous ceux qui, ce matin, ont prié pour nous au Temple"

14 mars 1945 : "Commencé la rédaction de ma causerie sur le Protestantisme. Nous regardons les photos que nous avons de Maïe et des enfants. Nous le faisons souvent...mais nous n'avons pas voulu en parler encore. Nous les avons reçu dans un des colis!

jeudi 22 mars 1945 : "Pensé à l'anniversaire d'Einar"... "Le soir, fait une causerie aux malades sur conception-hérédité, comment se perpétue notre vie"

lundi 26 mars 1945 : "Nous avons commencé à écrire une étude sur "qu'est-ce que le christianisme?
Pourquoi la Réformation au 15ème siècle? Comment croire?"



Après guerre

Revenu à Saint-Brieuc, après le départ du pasteur Vidal, il débute dès 1946 comme prédicateur laïc et le 10 février le conseil l’appelle à sa vice-présidence. A partir de 1947 il assure les fonctions de trésorier de la Société d’Evangélisation de Bretagne qui regroupe les églises de Saint-Servan-Saint-Malo, Saint-Brieuc, Lannion-Perros-Guirec, Brest-Quimper, Lorient et Vannes.
Il exerce différentes responsabilités et conduit le culte le dimanche quand cela est nécessaire, rédigeant lui-même ses prédications.

Il restera membre du conseil jusqu’en 1987, après 47 ans de présence. Il  aura oeuvré pendant cette longue période auprès de sept pasteurs.
Maï, son épouse, décède en 1994 à St Brieuc.

En 1999, avec André de Kerpezdron, il entreprend à l'âge de 90 ans de retracer l'histoire de la communauté protestante de St Brieuc-Perros et d'en faire un album, comme on fait un album de famille. Il recontacte d'anciens pasteurs disséminés au quatre coins de la France, fait appel à ses souvenirs, consulte des archives... 

Le docteur Erling Hansen décède le 27 mars 2008, à près de cent ans. Une plaque à sa mémoire est apposée sur sa maison à St Brieuc depuis 2015.


Plaque commémorative sur la maison d'Erling Hansen,
place St Michel à St Brieuc (photo RF)


Erling Hansen en 2008. Photo famille Hansen

Erling Hansen et André de Kerpezdron dans l'édition de Ouest-France du 15 avril 1999.



Sources

Archives du temple de Saint-Brieuc.

Documents transmis en 2018 et 2019 par Yann Hansen, fils d'Erling Hansen.

Manuscrit d'Erling Hansen sur sa vie pendant la seconde guerre mondiale. Fonds Hansen, bibliothèque André Malraux. St Brieuc

Lien pour accéder à un article de Ouest-France sur une commémoration devant la maison du Dr Hansen en 2015.

Histoire du camp de Dora, d'André Sellier, livre anoté personnellement par Erling Hansen. Bibliothèque André Malraux de St Brieuc

Un lien pour suivre un formidable projet en 2019-2020 : la thèse de Morgane Sedoud sur le fonds photographique d'Erling Hansen

Le sujet de cette thèse est "La collecte des traces et l'effort de mémoire vus au travers du parcours du médecin déporté Erling Hansen"

Sous la direction de Henry Rousso et de Dominique Varry.
Thèses en préparation à Paris 8 , dans le cadre de ED Pratiques et théories du sens, en partenariat avec Institut d'histoire du temps présent (équipe de recherche).

Lien pour accéder à une présentation de cette thèse, cliquer ici



Etat civil, descendants :

Erling est né le 13 mars 1909 à Plérin, 22. Il est décédé en 2008.

Son épouse Maï, de son vrai prénom Marie-Joseph est née à Trébrivan le 1er mars1909, elle est décédée le 12 juillet 1994. Une cérémonie présidée par le pasteur Guy Froment a eu lieu au temple de St Brieuc le 15 juillet 1994.

Erling et Maï vont avoir 3 enfants : 
Yves (1939-1939)
Léna (1941-2020), s'est mariée avec Jean-Louis Saccardy.
Yann, né le 18 septembre 1943, baptisé au temple de St Brieuc le 3 juin 1945 par le pasteur Élie Vidal. Yann est resté dans la région de St Brieuc.



                                                     Le pasteur François Barre


Le pasteur François Barre en 1945. Photo Archives St Brieuc



François Barre est né le 25 février 1915 à Dreux (28). François (Georges, Jacques) est le fils de Jacques Barre, minotier et de Geneviève Courtier. Il  est nommé après ses études de théologie à Arvert (Charente-inférieure) en 1943, puis à Saint-Brieuc comme proposant (période d'essai) de septembre 1945 à septembre 1947. Il dessert en même temps la ville de Brest en plus de St Brieuc, une tache difficile après guerre. Il ne souhaitpas continuer sa mission dans le département car on lui demande de faire un travail d'évangélisation pour lequel il ne se sent appelé et décide de partir dans le sud. Il se marie le 18 juin 1946 à Montélimar avec Raymonde (Aline) Schwab.
Raymonde Schwab est une protestante, engagée dans le mouvement des Eclaireurs Unionistes. Elle est nommée "chef de meute adjointe" d'un groupe de scouts à Montélimar en 1937.

Le pasteur François Barre a célébré trois mariages au Temple de St Brieuc :

Le 15 juin 1946. Yvonne Jeanne Duval née à Lorient le 24 décembre 1922, demeurant à St Laurent en Plérin (22) et Geoffrey Elcoat né à Newcastle en Angleterre le 12 avril 1921.

Le 31 août 1946. Marie Scott née à paris le 20 mai 1920, institutrice, demeurant à Etables, le Courtel et Léon Guggenheim, né à Paris le 15 juin 1911, ingénieur, demeurant à Nevers (après le mariage)

Le 10 août 1947. Andrée Flaugeac, née au Creusot le 31 mai 1917, demeurant au Val André et  Marcel Boulat, né à Paris le 9 avril 1906, voyageur de commerce, demeurant au Val André


Après la Bretagne
Après 1947, François Barre rejoint la paroisse de Salies, dans le Béarn, une région de forte présence protestante. Il y reste jusque dans les années 50. En 1963 il a exercé à Rouen puis à Dieppe de 1969 jusqu'en 1979.




Sources :

Etat civil de la commune de Dreux, registre des naissances de 1915, page 13
 acte de naissance en ligne

Archives du temple de St Brieuc. Registres du conseil presbytéral, registres des mariages.  

Site EEUdF Montélimar, histoire du scoutisme local

Actes du Synode national de Paris (Batignolles) mai 1943, page 159
 

Archives du centre d'étude du Béarn:  60 J 596/1 Photos de la consécration du pasteur François Barre (1950)






                                                      Le pasteur Albert Trubert


Le pasteur Albert Trubert en 2006.



Origines-Famille

Albert Trubert (1916-2010) est né le 7 octobre 1916 à Poissy (78) dans une famille protestante de 5 enfants. Il est le fils de Henri Charlemagne Trubert (né le 24.08.1878 à Poissy), menuisier et de Salomé Abel (née en 1880), journalière. La famille est domiciliée au 40 rue des Capucines à Poissy. 
En 1925 la famille déménage à Beaumont-sur-Oise, rue Edmond Turcq (95).

Après avoir passé son Certificat d'Etudes, Albert Trubert devient apprenti dans l'entreprise de son oncle et suit des cours du soir après le travail pour préparer un C.A.P. Curieux de toucher à différents domaines, il passera plusieurs C.A.P  : serrurier, ajusteur, ferronnier d'art, dessinateur...
De son mariage contracté le 22 juillet 1950 avec Christiane (Lucienne) Geoltrain à Poissy, le pasteur Trubert a eu 5 enfants : Théodore, Henri, Irène, Georges et David. 

 

La guerre

En 1937, il part faire son service militaire sur la ligne Maginot et en 1939, alors qu'il était libérable, c'est la déclaration de guerre et il rejoint en fait son régiment d'origine. Albert Trubert est fait prisonnier à côté de Nancy en mai 1940, il est déporté, s'évade d'un Stalag. A partir de là, Albert Trubert va vivre un parcours particulièrement difficile. Il perd son statut de prisonnier de guerre et finit par être envoyé en Ukraine. C'est dans les camps qu'il découvre sa vocation, en devenant pasteur "sur le tas", choisi par ses camarades d'infortune. Survivant miraculeusement à des conditions effroyables de détention, en 45,  au moment de la libération des camps, il parvient à rejoindre les troupes américaines. 


Engagement dans l'Eglise protestante

A son retour en France Albert Trubert veut "officialiser" son rôle de pasteur exercé dans les camps. Pour cela, il entreprend des études de théologie à Montpellier. Son premier poste, il l'occupera à Lille, ensuite c'est la Bretagne.
Il vient d'abord dans le Trégor où il ne fait qu'un court séjour. Il s'installe à Trébeurden puis à Lannion de 1950 à 1951. Son logement est situé au 19 rue des Frères Lagadec à Lannion. Il est pendant une année le pasteur de la paroisse de Lannion-Perros-Trébeurden.
Le 15 juillet 1951, il baptise lui-même son fils Théodore, né à Trébeurden le 14 mai 1951. Cet enfant a pour parrain Pierre Geoltrain et pour marraine Paulette Le Tourneur.

En 1951, il part à Lorient pour remplacer le pasteur Dietz, tombé malade. Il habite dans la chapelle en bois qui a été édifiée en centre ville. Il va créer en 1954 un groupe de la Croix bleue, c'est la base d'un centre de post-cure qui permet encore de nos jours aux anciens alcooliques de se ressourcer. Ce sera le combat de sa vie...
Il est l'auteur d'un livre intitulé "Le pasteur de Rawa, de l'emprise nazie à l'emprise de l'alcool", aux  Editions La Cause.
Dans les années 70, le pasteur Trubert devient le président de l'Alliance Evangélique Bretonne.

Albert Trubert est décédé le 7 avril 2010. La cérémonie a été menée par le pasteur Hervé Stücker au Temple de Lorient. Albert Trubert repose dans le cimetière de Guidel (56).
Son épouse, Christiane Geoltrain-Trubert, ancienne monitrice à l'école d'infirmières de Lorient, est décédée un mois plus tard, en mai 2010, à Lorient, dans sa 85ème année.


Liens
 
Lien pour accéder à un long entretien avec le pasteur Trubert

Lien pour connaître l'incroyable histoire de la chapelle en bois de Lorient puis de Vannes 

Sources 

Archives du temple de St Brieuc. Dossier Lannion.

Archives départementales des Yvelines. Etat civil. Acte de naissance en ligne page 38 et mention du mariage contracté le 22.07.1950

Regard d'espérance, revue mensuelle publiée par le centre missionnaire de Carhaix n°243 février 2010





                                                      Le pasteur Paul Marquer


Paul Marquer (1913-1974), pasteur à St Brieuc



Origines


Le père de Paul Marquer est  Léon Joseph Valérien Marquer (1874-1950), né le 14 avril 1874 à Saint James (Manche). Léon était protestant. Il exerce la profession de pharmacien à Tourcoing et déménage à St Brice en Coglès au moment de la nomination de son fils Paul comme pasteur à St Brieuc.

La mère de Paul, Louise Sophie Pernot, est née le 23 juillet 1885 à Lima au Pérou, dans une famille catholique. Elle arrive en France à l'âge de 8 ans, à la fin du XIXe siècle et est élevée dans une famille luthérienne d'Héricourt dans le pays de Montbéliard. Sa soeur est dans une autre famille du village et elles se retrouvent au Temple le dimanche (Ancienne église St Christophe transformée définitivement en temple en 1887).
D'après l'état civil, son père est Alfred Frédéric Pernot, né le 28 août 1849 à Héricourt (Haute-Saône), décédé à Héricourt le 22 juillet 1896. Sa mère est Charlotte Emilie Rojas, née en 1860, décédée à Belfort (Haut-Rhin) le 27 novembre 1899.

Léon Marquer et Louise Pernot (qui résidait alors à Fougères) se marient à Lille le 15 juillet 1911.
De l'union de ce couple vont naître deux enfants, mais Frédéric décède à l'âge de 10 ans d'une diphtérie.



Education. Famille

Paul Léon Charles Marquer est né le 7 septembre 1913 à Tourcoing.

Dans sa jeunesse Paul Marquer va participer à des activités des scouts avant de prendre lui-même des responsabilités dans ce domaine à Tourcoing, à Roubaix et en Ile de France.



Ecu des éclaireurs unionistes


Pour suivre la tradition familiale, Paul Marquer va entreprendre des études de pharmacie mais au bout d'une année son père va comprendre que c'est vers la théologie que son fils doit aller. Paul part alors à Paris à la Faculté de théologie protestante vers 1933-1934.

Son épouse est Jeanne Cécile Catala, elle est née le 10 juin 1914 à Marseille. Sa famille est protestante, assez aisée, d'origine suisse (Glaris). Sa famille vient s'installer à Marseille en 1850.
Ainée de 6 enfants, Jeanne va à Paris pour entreprendre des études d'assistante sociale. Elle fréquente le temple de la rue Madame. Jeanne Catala est active dans le scoutisme (cheftaine de Louveteaux) et Paul Marquer dirige le groupe des éclaireurs. C'est là qu'ils se rencontrent !

Le mariage entre Paul et Jeanne se déroule le 14 septembre 1940 à Paris, 14ème arrondissement.

Les enfants de la famille Marquer sont :

Annie, née  le 21 octobre 1941 à Lille, Hôpital des diaconesses
Jean-Paul, né  le 21 janvier 1943  à Lille, Hôpital des diaconesses
Jacqueline, née le 22 août 1944 à Lille, Hôpital des diaconesses
Yves, né  le 4 mai 1946 à Lille, Hôpital des diaconesses
François, né le 2 juin 1951 à St Brieuc
Yann-Patrick, né le 27 février 1955 à St Brieuc



1954. De gauche à droite, Paul Marquer, Louise, Yves, Jeanne avec François sur les genoux, Jean-Paul, Jacqueline et Annie.


Un document d'archives concernant la famille Marquer est le recensement de 1946 à Roubaix qui indique seulement 5 personnes dans le foyer (Les trois derniers garçons ne sont pas encore nés). Tout le monde habite au 106 Boulevard de Belfort, adresse du Foyer La Solidarité où Paul Marquer exerce comme pasteur.



Extrait de la page de recensement en 1946 à Roubaix où figure la famille Marquer. Service des archives de Roubaix



Les débuts du pasteur Marquer dans le Nord


En 1943, Paul Marquer est assistant de paroisse à Croix (à côté de Lille) pendant son proposanat au sein de l'Eglise Réformée de France dans la première circonscription (Nord).
Puis, toujours dans les années 40, le pasteur Paul Marquer est au service de la Mission populaire évangélique à Roubaix dans le troisième Consistoire, Flandres-Littoral. Le pasteur est considéré comme un des principaux permanents de la mission populaire dans le quartier de Pile à Roubaix, au Foyer "La Solidarité".
Ce foyer est créé à Roubaix par Elie Gounelle en 1898. C'est alors une Maison du Peuple où se rencontraient des ouvriers et des personnes d'autres catégories sociales pour discuter et mettre en pratique les théories d'entraide élaborées par le christianisme social.
La Solidarité de Roubaix comprenait une salle de conférence, une salle de lecture, une bibliothèque et un café où on ne trouvait que des boissons non-alcoolisées, des chambres à louer ou à prêter.
Dans ce lieu appelé "La Solidarité" s'entrecroisaient des oeuvres multiples : lieu d'accueil, université populaire, cercle ouvrier. Un véritable espace d'expérimentation où on ne demande pas aux personnes qui rentre dans ce foyer si elles sont protestantes ou non...

Exercer dans cette structure a eu beaucoup d'influence sur la suite de la vie du pasteur Marquer et on le verra dans ce qu'il mettra en place à St Brieuc par la suite. Par exemple des débats seront organisés par le pasteur dans des bars des quartiers ouvriers et des tracts sont distribués pour appeler à ces réunions. Le pasteur innove et organise des rencontres de quartiers chez des particuliers. En 1948 la paroisse discute de l'opportunité de faire des réunions à la sortie des usines.




En Bretagne

Une fois consacré comme pasteur, Paul Marquer est nommé en Bretagne et va exercer à Saint-Brieuc de septembre 1947 à septembre 1961.

Deux enfants vont naitre à St Brieuc, le premier est François le 2 juin 1951 et il est baptisé le 11 novembre 1951 au Temple de St Brieuc. Son parrain est Jacques Rogier et sa marraine Mlle Carlier.
Le second enfant à naitre en Bretagne est Yann-Patrick en 1955.


Les enfants de la famille Marquer devant le temple vers 1958 : Yann-Patrick, François, Yves, Jacqueline, Jean-Paul, Annie 



A noter :
Le pasteur Marquer est le parrain de Catherine Talbot, née en 1953, et baptisée au temple en 1954. 

La mère du pasteur Marquer, Louise, habite au presbytère de St Brieuc peu après la mort de son mari le 6 mai 1950 (à St Brice en Coglès). Louise Marquer est membre inscrite de la paroisse de St Brieuc 1952 à 1961.



Le pasteur Paul Marquer à son arrivée à St Brieuc avec sa famille.



Les enfants de l'école biblique de St Brieuc. 1955. Photo Jacqueline Roux-Marquer.

Ci-dessus, photo des enfants de l'Ecole biblique du Jeudi en 1955
De gauche à droite: Rémi Cottenceau, Gilles Cottenceau, Serge Cottenceau, Yves Marquer, Gérard Vitter,  Alain Thuillier.
Derrière, Hélène Huck, Petit garçon souriant ?, Danielle Minne, Jacqueline Marquer, devant Ingrid Dao Dieu Khue, Hélène Thuillier, Annick Rogier, Françoise Thuillier et derrière, discrètes, Lydie et Edith Huck. 
(photo et renseignements Jacqueline Roux-Marquer) 


Les enfants de l'école biblique de St Brieuc. Photo Jacqueline Roux-Marquer



Paul Marquer devant le temple de St Brieuc. Photo Jacqueline Roux-Marquer


Paul Marquer est un pasteur qui déborde d'idées et cherche à intégrer le protestantisme dans la vie de la cité. Le résultat se fait sentir assez rapidement : le nombre de membres de l'Eglise Réformée de St Brieuc-Perros s'accroit considérablement pendant une grande partie de son exercice.


Moment de détente. Paul Marquer photographié par sa fille.


Concernant ses différentes initiatives on peut citer par exemple : 

- La colonie de vacances de Crampoisic débute avec lui en 1952.

- Mise en place de groupe de jeunes scouts, garçons et filles (Camps dans les Alpes, en Espagne, en ex-Yougoslavie...).

Sur la photo ci-dessous, camp d'Eclaireuses : De Gauche à droite: Jacqueline Marquer, Annick Rogier, Jacqueline Créach de Brest, Marie-Janig Streleki, Edith Ludin de Brest, Cécile Feydel de Brest, Anne-Marie Gerber, Soizick Le Porcher.


Camp d'éclaireuses


- Achat d'un vieux bateau de pêche pour effectuer des sorties en mer avec les jeunes de la paroisse (éclaireurs marins)

- Au début des années soixante, sous son impulsion, des travaux sont entrepris et l’intérieur du temple, ainsi que l'appartement du premier étage, sont complètement remaniés.

- Mise en route et suivi du chantier de construction du temple d'Etables-sur-Mer 


Jacqueline Marquer devant le temple d'Etables tout juste construit


- Durant toute cette période le pasteur Paul Marquer assure l’évangélisation à Pontivy (culte une fois par mois), à l’hôpital psychiatrique de Plouguernevel, au Val-André, à Saint-Cast et à Guingamp.


Le pasteur Paul Marquer avec des jeunes femmes du groupe des "Routiers du Christ"



- Paul Marquer assure la fonction d'aumônier de la prison de St Brieuc de 1955 à 1961.

- Cours d'instruction religieuse au Lycée de jeunes filles et de garçons de St Brieuc.


Années 50. Groupe de jeunes devant le Temple.



- Nombreuses conférences et débats sur des sujets d'actualité. 

- Séance chaque année de films sur les missions protestantes en Afrique avec très souvent le pasteur Pierre Tissot (1916-2001) missionnaire de la Société des Missions Evangéliques de Paris, parrain de Jacqueline Marquer et ami de la famille Marquer (photo ci-dessous). Pierre Tissot est aussi connu pour son action dans le cadre de l'Eglise Réformée en tant qu'aumônier militaire en Indochine et ami du cinéaste Pierre Schoendoerffer.

- Campagne pour les sans-logis lancée par l'abbé Pierre

Le pasteur Marquer a aussi exercé la fonction de Secrétaire général de la société d'évangélisation de la Bretagne dans les années 50. Il était aussi amené à se déplacer par exemple pour des baptêmes jusqu'au temple de Morlaix.


Culte en plein-air avec le pasteur Tissot. Image Defap

Le pasteur Tissot et le pasteur Marquer, amis depuis la faculté de théologie.


Après la Bretagne 

Quand le pasteur Marquer quitte St Brieuc, c'est pour exercer à Caen à partir de 1961. Puis il reste une année seulement à Dunkerque et termine son exercice à Châlons sur Marne. Là, il s'occupe activement à la prison où il est aumônier et s'y rend 3 ou 4 fois par mois. Passionné par cette mission dans les prisons et par sa paroisse, il finit par s'épuiser.

1971. Photo d'identité. P. Marquer



Il décède à Châlons-sur-Marne le 31 Mai 1974, victime d'une crise cardiaque. Il n'avait que 61 ans.

Paul Marquer a été affilié à l'Eglise Réformée de 1934 à 1974, date à laquelle il est décédé. Il est enterré à Saint Brice en Coglès (35).

Jeanne, son épouse, part alors vivre à Marseille où elle s'engage auprès des plus démunis dans les quartiers Nord de la ville et milite à la Cimade. Enfin, elle décède en 1990 à Marseille.




Liste des différents postes occupés par le pasteur Paul Marquer :

Croix 1943 proposanat
Roubaix  1945 (?) à 1947
St Brieuc 1947 à 1961
Caen 1961
Dunkerque (une année)
Châlons-sur-Marne jusqu'en 1974

Photo d'identité. Paul Marquer




Engagements des enfants de Jeanne et Paul Marquer dans le protestantisme 

Jacqueline était monitrice d'école biblique à St Brieuc et le restera à Sarcelles, Montmorency, Pau, Ferney-Voltaire. Au total, 55 années de service.
Jacqueline est aussi élue conseillère presbytérale à Pau.
Son engagement dans le scoutisme est dans la droite ligne de la tradition familiale :
-cheftaine de la branche cadette fille puis de louveteaux à Caen, Strasbourg, New-York.
-responsable pour les Eclaireurs unionistes (FFEUF) de la province Alsace.
-commissaire nationale de 1966 à 1970 au Mouvement Unifié Eclaireuses et Eclaireurs unionistes à Paris (unification réalisée en équipe et avec son mari Didier Roux)
-conseillère clan libre à Enghien.

Annie a également été engagée dans sa paroisse

Fin des années 40. La famille Marquer.


Jacqueline et Annie Marquer à St Brieuc.



Liens

Pour lire le témoignage passionnant de Jacqueline Roux-Marquer, fille du pasteur Paul Marquer, sur son enfance protestante à St Brieuc, cliquez ici

Deuxième témoignage de Jacqueline Roux-Marquer, sur le scoutisme protestant à St Brieuc
Cliquez ici




Sources 
 
Archives du temple de St Brieuc. 

Correspondances avec Jacqueline Roux-Marquer, fille du pasteur Paul  Marquer. Décembre 2019 et février 2020. 

Archives de la Manche, commune de St James, registre des naissance, année 1874, vue 117, acte de naissance de Léon Marquer, père du pasteur Paul Marquer.

Archives de la Haute-Loire, commune d'Héricourt, acte de décès de Alfred Pernot, père de Louise Pernot, épouse du pasteur Paul Marquer, vue n°22, année 1896 .

Archives en ligne du Nord, commune de Lille, mariages, année 1911, acte de mariage de Léon Marquer et Louise Pernot le 15 juillet 1911, vue 293

Archives en ligne du Nord, registre  des naissances, section de Tourcoing, 1913, vue n°58.

Actes du XXXVIème Synode national de l'E.R.F Paris ( Batignolles) Mai 1943. 

Actes du Synode de 1946, page 163 et du Synode de 1947, page 59.

Liste des pasteurs ERF. Page 58 Archives nationales. PDF 

Les protestants du Nord et la Seconde guerre mondiale. La revue du Nord 1978.
Article en ligne, page 445. 

Le christianisme social dans le Nord. La revue du Nord 1991. 

L'Homme protestant page 194. Livre de Janine Garisson (Foyer de Roubaix "La solidarité").

Sur le site Généanet, Marquer Paul,  fiche établie par Cyril Leenhardt

Remerciements à Louis Concalves du service des archives municipales de Roubaix 

Registre des baptêmes du temple de St Brieuc (année 1951)








                                                    Le pasteur Jack Williams





Origines

Le pasteur Jack M. Williams est né le 29 août 1921 à Amiens, son père est pasteur. Le 3 juillet 1954 à Rennes (35), il épouse Jacqueline (Lydie, Mathilde) Cheradame, fille du pasteur Daniel Cheradame (1893-1962 et pasteur ERF de 1920 à 1961).


En Bretagne

Jack Williams commence à exercer à Lannion en 1954. Il procède au baptême de Daniel Letts le 6 juin 1954 et de Françoise Bogais le 26 septembre au temple de Lannion.
Il souhaite ensuite prolonger son engagement de 6 mois dans le secteur de St Brieuc-Perros comme proposant (en stage final de formation).
C'est ainsi que  Jack Williams se présente devant le conseil presbytéral de St Brieuc en novembre 1954.

Le pasteur Marquer, en charge de la paroisse, définit avec lui les nouvelles taches qui lui seront confiées jusqu'en 1955. En premier lieu, le pasteur Williams prendra en mains la communauté d'Etables (dont le temple vient juste d'être construit), il assurera les cours au Lycée de filles de St Brieuc, animera la chorale pour Noël et les réunions des jeunes, célibataires ou en couples (entre 20 et 30) une fois par mois.

Nous ne connaissons pas à ce jour la suite de sa carrière... Le couple a eu deux fils, Frédéric et Etienne.
Jack Williams est décédé le 9 juin 2007 à Le Vigan dans le Gard (30).
Jacqueline Williams est décédée en janvier 2015. La cérémonie s'est déroulée en la salle wesley à le Vigan.


Sources 

Archives du temple de St Brieuc. Registres du conseil presbytéral

Registre des baptêmes de Lannion. 

Services de l'Etat civil de la ville d'Amiens (courrier du 29 avril 2019)

Le Midi libre 2015

Généanet, famille Williams



Remarque : un pasteur Williams exerçait à Quimper et pont l'Abbé en 1931, est-ce le père de Jack Williams ? C'est une question qui n'est pas encore résolue, des recherches sont en cours... Attention il ne faut pas le confondre avec un autre pasteur John Williams (né en 1796) !
Almanak Vat ar Vretonned 1931.  


En 1888, le pasteur William Jenkyn Jones arrive de Pont-l'Abbé.
Le 10 février 1915, il officie toujours comme pasteur et réside désormais rue Brizeux à Quimper. Il décède en 1925 et est inhumé au carré protestant du cimetière Saint-Marc. Une rue de Quimper porte son nom depuis le 21 octobre 1983. C'est le pasteur John Gerlan Williams (1870-1952) qui prend sa suite.

Source :  Les protestants à Quimper 

Le pasteur Gallois, John Gerlan Williams (1870-1941), né à Bethesda (le nord du Pays de Galles). Il est venu en Bretagne en 1911, après avoir travaillé comme missionnaire dans le nord-est de l’Inde (Assam).
Extrait du forum suivant l'article du site des protestants bretons.

Le pasteur Jones parle du pasteur Williams dans un article de 1921
Williams a passé douze ans en Inde avant de revenir en Bretagne.
On parle aussi de lui dans un article sur les méthodistes

Un article du Centre Missionnaire protestant de Carhaix en dit un peu plus...
Le pasteur Jones a également effectué une traduction du livre de la Genèse avec le celtisant Anatole le Braz, ainsi qu’une traduction du Nouveau testament en collaboration avec le pasteur J. Gerlan Williams (un de ses collaborateurs venu du Pays-de-Galles). Il était marié avec Fanny Rees. Il était également en relation avec François Vallée, l’éminent celtisant de Saint Brieuc, à qui il envoyait ses cantiques (et qui eut comme élève… Taldir Jaffrenou !). Il publia un second volume de cantiques bretons en 1910. Il parlait huit langues (4 langues de l'Inde, le breton, le français, l'anglais et le gallois).

 Dans Google Book biographie assez complète


  1. Eglise du Sud Finistère: John Gerlan WILLIAMS, pasteur. (1869- 1952) est le père de Mme Nesta BEAVAN née Williams






                                                           André Cottenceau


Monsieur André Cottenceau
Photo d'André Cottenceau envoyée à Herling Hensen




André Cottenceau (né le 19. 07. 1908 à St Etienne) s'inscrit comme membre de la paroisse protestante en février 1958. Il n'était pas pasteur mais il a assuré la responsabilité de l’Eglise de Saint-Brieuc de juillet 1961 à janvier 1962 en tant que conseiller presbytéral.
Son épouse s'appelait Paulette Genevois, elle était née en 1909 à La Mure dans l'Isère. Elle était institutrice publique. Le couple a habité rue Victor Hugo, juste à côté du Temple; ils ont
eu plusieurs fils : Gilles, né le 25 juin 1944 à St Brieuc, marié au temple de St Brieuc le 29 juillet 1967 avec Claudine Le Pommelet (née à St Brieuc le 16 avril 1948); Serge, né le 14 mars 1949 à St Brieuc, marié au temple le 9 juillet 1973 avec Catherine Bureau et Jean-Yves.
Gilles est inhumé au cimetière St Michel à St Brieuc avec son épouse (voir photo plus bas). 

Quelques années après avoir assumé ses responsabilités au sein de la communauté protestante, M. Cottenceau a pris sa retraite de professeur et il est parti dans le sud de la France avec son épouse.



Sources

Archives de la paroisse de St Brieuc

Archives départementales. Dossier 6M628. Listes nominatives St Brieuc 1936. Rue Victor Hugo.

Archives départementales 22. Liste nominative St Brieuc 1936. Dossier 6M628. Cottanceau André et Paulette. Photo R.F

Tombe de Claudine et Gilles Cottenceau. Cimetière St Michel de St Brieuc. Photo RF








                                                  Le pasteur Jean-Marc Kieffer 


Le pasteur Jean-Marc Kieffer (à St Brieuc de 1962 à 1971)




Origines

Jean-Marc Kieffer est né le 11 juillet 1934 à Colmar dans le Haut-Rhin, il se marie avec Lydie Roth. Après avoir effectué ses études et commencé à exercer (installé pasteur en janvier 1961), il arrive à Saint-Brieuc, au mois de février 1962 avec son épouse Lydie, qui attend un bébé et leur fille Laurence née à Paris (19/11/1960). Les trois enfants suivant vont naître à St Brieuc : Stéphan le 9 février 1962 (malheureusement décédé en 2003), Bertrand le 6 juin 1964 et Nadine le 5 avril 1966. Suivront douze petits enfants et deux arrières-petits enfants de la lignée de Stéphan.




L'action du pasteur Kieffer à St Brieuc

L'action du pasteur Kieffer s'étend de Saint-Brieuc à Pontivy mais aussi dans le secteur de Lannion-Perros-Guirec.
Il assure la fonction de président du Consistoire (région) et de secrétaire du Comité de la colonie de vacances de Crampoisic (acquise dans cette période).

Il a été aumônier de la prison de St Brieuc de 1962 jusqu'à son départ.

On lui doit la création du bulletin paroissial  "Notre lien" à partir de 1967. Mais à partir de 1963, une feuille d'information, appelée "Le petit lien des Côtes d'Armor", circulait déjà. On notera que le pasteur Kieffer avait déjà adopté le nom de "Côtes-d'Armor" en 1963 alors que le département des Côtes-du-Nord ne changea de nom qu'en 1990 !

Une section de Croix Bleue est créée à Saint-Brieuc, avec l’appui du pasteur Albert Trubert de Lorient et de la section de la Croix Bleue de St Nazaire. La municipalité de St Brieuc apporte également son concours. Des paroissiens de St Brieuc, de Perros et de Guingamp s'impliquent alors dans ce groupe éphémère, en tant que personnes en difficulté avec l'alcool et d'autres addictions, comme victimes ou solidaires.
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De 1963 à 1970 J.M Kieffer réalise régulièrement des "tournées" à Guernesey. Le but est d'entretenir de bons contacts avec d'autres pasteurs (méthodistes, comme les pasteur Davies et Collas), de monter des camps de jeunes à Crampoisic.

De 1964 à 1969, un culte parents-enfants est proposé une fois par trimestre.

Sur un plan plus personnel, Jean-Marc Kieffer devient vice-président du planning familial à St Brieuc. N'oublions pas Lydie, son épouse, qui, n'exerçant plus comme assistante sociale, a alors représenté les associations familiales du Département au sein du Bureau d'Aide Sociale de St Brieuc.


Départ

En 1971, le pasteur Kieffer part à Tours, où cinq ans plus tard, il sera appelé à présider le conseil régional de la Région Ouest.



Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Jean-Marc Kieffer lui-même en mai et juin 2019.




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                                                        Jacques Bourgenot



Jacques Bourgenot (1925-2013)


Avant d'arriver à St Brieuc, Jacques Bourgenot (né en 1925) et son épouse (Anne Schlameur) habitaient en Franche-Comté et ils ont suivi les rassemblements œcuméniques qui se déroulaient à Taizé.
Le couple a eu 3 enfants : Thierry; Florence et Isaline.
 

Jacques Bourgenot était chef de service financier, il habitait avec son épouse à Loudéac en 1969. A St Brieuc, il s'inscrit comme membre de l'Eglise en octobre 1969. Il devient conseiller presbytéral et prédicateur laïc. En 1969 il représente les protestants, avec son épouse, au synode du diocèse à St Brieuc.  Il assure l’intérim entre les pasteurs Kieffer et Blanc sur les années 71 et 72. En 1972 il prend la fonction de trésorier de la Région (Consistoire).
Jacques Bourgenot est décédé le 7 décembre 2013 à Besançon. La cérémonie s'est déroulée au Temple du Saint Esprit de Besançon.


Sources :

Archives du temple de St Brieuc. 

Registres du conseil presbytéral 

Annonces dans Libramemoria de décembre 2013





                                                  Le pasteur Jean-Pierre Blanc


Le pasteur Jean-Pierre Blanc

Le pasteur Jean-Pierre Blanc est né le 9 juillet 1944 à Alès dans le Gard. Il va exercer à Saint-Brieuc de juillet 1972 à juillet 1976. Le pasteur Bösiger (président de la région) est venu pour son installation le 29 octobre 1972.
Jean-Pierre Blanc a, dès son arrivée, contacté le directeur de la prison de St Brieuc pour être aumônier de la prison. Il peut alors visiter les détenus et faire en sorte qu'ils puissent recevoir des colis qu'il distribuera lui-même.
C'est un pasteur qui s'inscrit dans la vie de la cité et ne craint pas le débat et l'affirmation de ses convictions. Ainsi il participe à une réunion d'information, le 24 mars 1973, pour les assistantes sociales sur le thème de l'avortement.
Il est engagé dans la Croix bleue (lutte contre les addictions) sur le plan régional et national et anime les réunions sur le plan local.
Il effectue un stage pour devenir directeur de la colonie de vacances de Crampoisic en 1973.
Il part de St Brieuc pour une fonction très différente à l’Institut Educatif et culturel destiné à la formation des directeurs et cadres de collectivités sociales. 







La photo (ci-dessus) prise le 18 août 1976 au départ du pasteur Blanc, devant le temple de Perros-Guirec, le montre avec son épouse et leurs deux enfants. Se trouvent à leurs côtés Monsieur Yves Herlent (avec les lunettes) qui deviendra Président de Musique et Chant de la Fédération protestante de France et son épouse à gauche ainsi que, en retrait, Madame Michèle Le Goffic, responsable de l’église de Lannion.




Août 1976 Ouest-France Départ du pasteur Jean-Pierre Blanc, sur la gauche on reconnait M.Paul



Le pasteur Jean-Pierre Blanc dans son bureau à St Brieuc en août 1976


Sources 

Archives du temple de St Brieuc. 

Registres du conseil presbytéral 

Bulletin paroissial "Le lien" 1972-1974-1975-1976





                                                 Le pasteur Emile Le Cozannet



Le pasteur Emile Le Cozannet (1923-1986)


Origines

Emile Le Cozannet est né à Paris le 14 février 1923, fils de Ernest Emile Le Cozannet (1889-1971) et de Sylvia Louise Aubin (31 juillet 1888 St Brieuc - 4 février 1974 St Brieuc). Il est baptisé le 3 juillet 1923 dans la paroisse réformée de Béthanie (dans le 20ème Arrondissement) mais ses parents rentrent rapidement en Bretagne, à St Brieuc, où ils vivent habituellement et où ils se sont mariés. Emile passe à St Brieuc  

Sylvia Le Cozannet, née Aubin

Le Cozannet père et fils. Photo Soizic Le Cozannet


 
Pour comprendre l'ancrage d'Emile Le Cozannet dans le protestantisme, il faut remonter aux parents de sa mère, Philippe William Aubin (né en 1858) et Clara Mac Kay (née en 1859), originaires tous les deux de Jersey et protestants. Marchands de charbon, ils commercent avec la France et décident finalement de s'installer à St Brieuc tout en gardant des contacts avec la famille de Jersey. Ils font partie, en 1906, du groupe fondateur de l'Eglise Evangélique Méthodite de St Brieuc.
Leur fille, Sylvia, la mère d'Emile, étant aussi protestante, va envoyer ses enfants au Temple de St Brieuc et c'est elle qui assure l'éducation religieuse à la maison.
 
Emile participe activement à la vie de la communauté protestante de St Brieuc au moment où exerce le pasteur Crespin. Il aime aussi passer du temps le dimanche après midi autour d'une table  pour jouer aux échecs. Il se lie d'amitié avec les familles Hansen, Vivier et Crespin. C'est ainsi qu'il devient le parrain de Mireille Crespin, née en 1940 et fille aînée d'Yves et Jeannine Crespin.

 Brillant élève, Emile se retrouve avec le Bac en poche à 17 ans. Il souhaite être pasteur mais son père ne l'entend pas de la sorte et veut qu’il soit avocat. Mineur et ne pouvant rien faire sans l’autorisation de son père, il part à Rennes pour entrer à la faculté de droit où il obtient une licence en droit, en attendant sa majorité. 
A Rennes, il fait partie de l’Eglise Réformée, nouvellement créée. C’est là qu’il rencontre sa femme, Yvette Le Sage, dont les parents étaient « concierge du temple ». Mathurin Le Sage, le père d’Yvette, était de St Brieuc et Philomène, sa mère était de Redon. 
 Au moment de la guerre 39-45, Emile est réformé pour des raisons de santé et il continue ses études. Yvette est secouriste à la Croix rouge. Elle est aussi engagée dans le scoutisme à Rennes au sein de la Fédération Française des Eclaireuses. Dans cette organisation, elle fait la connaissance d’Antoinette Butte, fondatrice de la communauté de Pomeyrol. Il est aussi amusant de noter que la future épouse du pasteur participait déjà en 1930 aux travaux de l'Union Chrétienne de jeunes gens à Rennes avec Erling Hansen.



Famille 

Emile Le Cozannet se marie en juillet 1944 à Rennes (35) avec Yvette (Suzanne, Léa) Le Sage (née à Rennes le 11 mars 1922).
Le couple  part à Paris pour permettre à Emile de rentrer à la Faculté de théologie Protestante, ce qui était son idée première avant de faire du droit. Ils font alors partie de la paroisse du Foyer de l’Ame, proche de la Bastille, une paroisse qui se distingue par un fort engagement social. Emile et Yvette prennent part aux activités et vont aussi chanter des cantiques dans les rues de Belleville. Yvette devient à cette période la secrétaire du pasteur Marc Boegner.
Le couple aura par la suite quatre filles qui naitront dans les villes où le pasteur Le Cozannet exercera dans les années 40 et 50 : Françoise (dite Soizic, née chez les diaconesses de Reuilly en 1946), Annick (née à Romans-sur-Isère le 6 juin 1948), Joëlle (née à Asnières-les-Bourges le 11 décembre 1949) et Brigitte (née à Vierzon en février 1954).



Fin des études et premiers postes
 

Emile termine ses études en 1947 en présentant une thèse sur  "Les prédestinations d'après John Wesley". Tout d’abord proposant (stagiaire) à Romans dans la Drôme de 1947 à 1949, il commence à exercer à Vierzon dans le Cher de 1949 à 1954. Pendant ces 5 années il travaille dans une cité construite après guerre en 1951, au nom guère engageant, la Cité du Désert. 


La Cité du Désert à Vierzon (18) où exerçait le pasteur Le Cozannet. Photo http://www.vierzonitude.fr


En arrivant à Vierzon, le logement prévu dans la cité n’étant pas prêt, la famille est logée provisoirement à Asnières-La Chaume à Bourges, le pasteur de Bourges ayant un logement près du temple dans cette ville.
A Vierzon, Emile est aussi pasteur de Mehun-sur-Yèvre et de Foëcy (où il est d’ailleurs consacré). Le pasteur doit célébrer trois cultes le dimanche, le premier le matin à Vierzon et les deux autres à Mehun et à Foëcy dans l'après midi. 
Sa fille, Soizic se souvient de la fin de ces journées du dimanche : « Aux beaux jours, le dimanche, lorsqu’il rentrait de ses 3 cultes les enfants de la cité l’attendaient pour une séance de diapo sur les murs de la maison". C'était une vie au service des plus démunis : " Nous avions une voiture et le téléphone et les appels au secours passaient par chez nous. Yvette qui était secouriste, en attendant  le médecin, allait auprès des gens de jour comme de nuit ». 
Ces années vont avoir raison de la santé déjà fragile du pasteur. Il tombe malade mais refuse d'être mis complètement en congés.

Il rejoint alors Walincourt dans le Nord, pour un poste à mi-temps la première année et y reste jusqu'en 1958. Le quotidien est difficile dans cette région et la famille est accueillante. Une réfugiée yougoslave et son bébé sont hébergés et aussi, à une autre période, la femme d'un ancien détenu et ses trois enfants. Le pasteur Le Cozannet les avait mariés en prison quand il était à Vierzon.
Emile Le Cozannet fait partie des organisateurs du « grand rassemblement protestant du Nord » qui a eu lieu à la foire de Lille.


Temple de Walincourt en 1923 pour son centenaire. Site Huguenots Picards

A Saint Amand les Eaux (59), dans le Nord, Emile Le Cozannet reste de 1958 à 1966. Il commence à être actif dans l’oecuménisme. Son épouse, de son côté,  est « Commissaire Provinciale » pour la Fédération Française des Eclaireuses où elle a vécu la fusion avec les Eclaireurs Unionistes et la fin de la FFE. Ils sont tous les deux très engagés auprès des jeunes qu’ils emmènent en camp chaque année. Les camps d'été permettent aux enfants de découvrir d'autres coins de France comme dans l'Indre une année ou en Alsace.
Quand elle n'avait aucune solution, l'assistante sociale du secteur de St Amand savait qu'elle pouvait compter sur Yvette Le Cozannet pour placer en urgence des enfants. D'autres fois la famille hébergeait des hommes sortant de prison en recherche d'un travail.

De 1966 à 1970 Emile Le Cozannet est pasteur au Mans et dans la Sarthe. Il continue d’être actif dans le domaine de l’œcuménisme.

Ensuite, il arrive en poste à Bruxelles dans la paroisse francophone de Bruxelles-Belliard. Il va accompagner la fusion de sa paroisse avec celle de Bruxelles-Observatoire, ce qui va donner naissance à la nouvelle paroisse de Bruxelles-Botanique en 1973. Emile Le Cozannet reste en Belgique de 1970 à 1977.



Retour en Bretagne


Le pasteur Le Cozannet souhaite revenir en Bretagne et dès qu'un poste va devenir vacant à St Brieuc, il va postuler. A l'arrivée d' Emile Le Cozannet en juillet 1977, l’Église de Saint-Brieuc n'a droit qu'à un demi-poste pastoral. La situation n'est pas facile. Le pasteur Le Cozannet analyse la spécificité de la paroisse. Il s'attache alors au développement des réunions familiales. Elles se tiennent au manoir de Crampoisic, propriété près de Corlay. Des journées sont proposées où parents et enfants peuvent trouver leur compte dans des activités variées, conférences pour les adultes, chorale... On peut noter qu'alors les cérémonies de baptêmes ne sont pas rares à Crampoisic.
Très souvent aussi, les rencontres se déroulent dans l'établissement d'enseignement du Vau-Meno à Saint-Brieuc. Des thèmes se rapportant à la vie quotidienne reconsidérés à la lumière de l'évangile y sont débattus. Dans le même esprit seront mis en place, un plus tard, les dîners-débat du samedi soir à Saint-Brieuc.

D’autre part, ayant retrouvé à St Brieuc d’anciens camarades de classe devenus prêtres, il a réussi à amplifier les relations œcuméniques (voir l'autre article à ce sujet dans le blog). 

Emile Le Cozannet va malheureusement être obligé, pour des raisons de santé, de prendre sa retraite prématurément. Il cesse à regret ses activités dans la paroisse en juin 1985 et décède à St Brieuc le 4 mars 1986 à l'âge de 64 ans. Ses obsèques sont célébrées au Temple et il est inhumé au cimetière St Michel. Son épouse est décédée le 4 mai 1990 à Agen mais elle est enterrée avec son mari au cimetière St Michel à St Brieuc.

Emile et Yvette Le Cozannet en 1983
 



Annonce du décès du pasteur Emile Le Cozannet dans la presse. Ouest-France  1986




Le pasteur Emile Le Cozannet


Tombe du pasteur Emile Le Cozannet et de son épouse au cimetière St Michel de St Brieuc. Photo R. Fortat 2019


Pour trouver la tombe, après l'entrée du cimetière, vous allez sur la gauche. A la hauteur du carré militaire, vous suivez les tombes avec des croix en forme d'épée (remarquez en passant la tombe du père d'Albert Camus). Vous arrivez à la dernière tombe militaire de cette rangée avec celle d'un soldat belge dont on reconnait le drapeau. Vous prenez cette allée qui longe l'extérieur du carré militaire et vous êtes devant la tombe du pasteur et de son épouse. La plaque avec un bateau est celle de leur voilier au port du Légué.



Sources


Un grand merci à Françoise Le Cozannet pour tous les renseignements et photos transmises et pour sa relecture attentive de la biographie de ses parents en mai 2019.


Archives du temple de St Brieuc.


Registres du conseil presbytéral


Bulletin paroissial "Le lien" 1977 à 1985


Acte de naissance de  Sylvia Aubin, mère d'Emile Le Cozannet, née à St Brieuc.
Page 150 du registre des naissances de 1888.


Généanet fiche sur Yvette Le Sage 


Généanet, arbre généalogique Le Cozannet-Le Sage


Souvenirs de Françoise (Soizic) Le Cozannet : La tradition du scoutisme dans la famille.

Comléments de Soizic le Cozannet sur des souvenirs familiaux, mars 2020.
  
Liens

Merci au site Vierzonitude pour la photo de la Cité du Désert où a exercé le pasteur Le Cozannet
 Lien pour accéder à l'article sur le pasteur Le Cozannet à Vierzon

Le temple de Vierzon se trouve aujourd'hui 8 rue Edgard Quinet

Article du Lien de l'ERF Bourges-Vierzon en 2010 sur les origines de la communauté à Vierzon.

Histoire du Temple de Walincourt. Contribution de Marc Maillot sur le site Huguenots Picards 


Document 

La  pasteure Angelika Krause, en poste à Bourges et à Vierzon de 2009 à 2018, et la généalogiste et spécialiste de l'histoire de Vierzon, Solange Voisin ont livré de précieux renseignements sur le passage du pasteur le Cozannet à Bourges et à Vierzon.
Voilà tout d’abord ce que rapporte Angelika Krause :
Le pasteur Le Cozannet a habité Asnières-lès-Bourges ; il faut bien comprendre que c'est le presbytère historique de la ville et de la région, sauf qu'il en avait probablement pas l'entière jouissance. Il était partagé en deux durant cette époque : une famille avait une cuisine, l'autre pas... Le souci avec ce lieu était qu'il fallait avoir une voiture (car les paysans ne faisaient plus le service pour amener le cheval, comme aux vieux temps du pasteur Ami Bost). C'est pourquoi les pasteurs de Bourges vivaient en ville de Bourges.
Les prédicateurs pouvaient atteindre Mehun en vélo, en partant d'Asnières. Mais l'explosion d'un train de munition du coté de Foëcy avait rendu le trafic de la ligne du chemin de fer difficile à la sortie de la guerre. Je ne sais pas à partir de quand la ligne est complètement rétablie. Avant, c'était évident que le pasteur faisait son trajet en train : le conseil presbytéral se tenait dimanche, après le culte, à Mehun sur Yèvre.

Madame Solange Voisin, qui  est dans sa centième année, est tout de même parvenu à se connecter à Internet pour lire ce qui avait déjà été écrit dans le blog sur le pasteur Le Cozannet et elle y ajoute son témoignage :

« J’ai lu tant bien que mal ce à quoi on arrive par le lien donné dans le mail, car je suis dans ma centième année et ma vue est très mauvaise.

J’ai connu monsieur Le Cozannet qui a effectivement habité Vierzon dans la cité du Désert, et était le pasteur de Bourges Mehun-sur-Yèvre, Foëcy et Vierzon.Son prédécesseur devait être le pasteur Caumont, qui habitait Mehun. C’est lui qui avait baptisé nos deux enfantes en 1946 et 1948, avant, sans doute, l’arrivée du pasteur Le Cozannet.

Il ne faut pas voir le Désert comme un nom sinistre, mais celui d’un lieu-dit, choisi pour construire dans l’urgence de l’après-guerre de petits pavillons modestes mais corrects, destinés à reloger des Vierzonnais sinistrés qui vivaient dans des baraques en bois depuis le bombardement de juillet 1944.
  
La pompe à eau à manivelle sur la place, contrairement à ce qu’elle évoque pour des jeunes, n’est pas le signe d’absence d’eau courante dans les pavillons, mais celui d’une ville qui se devait d’avoir des postes d’eau potable gratuite un peu partout dans les rues. Il y avait même ce que l’on appelait un “quart” (1/4 de litre)  pendu à une chaînette pour permettre de se désaltérer. Cela servait aussi aux enfants à gaspiller l’eau et à inonder les trottoirs, au grand dam des passants.

Autrement, je n’ai pas de souvenirs plus précis à évoquer.

Monsieur Le Cozannet était quelqu’un de timide, et peut-être se sentait-il un peu perdu chez les Berrichons (qui parlaient encore berrichon).

Et puis la période n’était pas très gaie, car nous avons subi les restrictions alimentaires et autres jusqu’à 1949, et malgré la paix revenue, la vie était plus difficile qu’actuellement. Les jeunes qui se plaignent actuellement n’ont aucune idée de ce qu’est la vraie misère.

J’espère que vous réussirez à en savoir plus sur son passage à Vierzon, mais il ne reste certainement pas beaucoup de paroissiens de cette époque ».

 



                                                  


                                                 Le pasteur Guy Froment

 

Le pasteur Guy Froment





Origines, des années 30 jusqu'aux années 60

Le pasteur Guy Froment est né à Lille en 1930. Il a fait ses 4 années de théologie à Paris de 1954 à 1958; mariage en 1956 avec Liliane Bourel; naissance de Didier en février 1957 ;  le  proposanat les conduira à St Jean du Gard en 1958, l’année des inondations. Pour l'anecdote, il y  rencontra pour la première fois le pasteur Marc Boegner, président du Conseil national de l’Eglise Réformée de France, qui salua son épouse d'un : « Bonjour chère collègue » ; voyant l’étonnement de la dite épouse, il ajouta ces mots qui en disaient long : « Les épouses de mes collègues sont mes collègues ! ». Une vraie reconnaissance du  ministère de « la femme de pasteur ». Naissance de Luc à Alès en 1959. 

     

De la Haute-Vienne à Marseille en passant par les Deux-Sèvres et la Corse ! 

Différents postes vont se succéder :  pendant 5 ans Villefavard dans la Basse-Marche (Haute-Vienne), naissance de Sylvaine en 1961 à Limoges et des jumeaux Myriam et Yannick en 1963 à Magnac-Laval ; dans les Deux-Sèvres  à La Mothe Saint-Heray ( 8 ans); à Bastia, paroisse de la Haute Corse (1972 à 1978), où il sera également aumônier du centre pénitentiaire  de Casabienda et de la maison d’arrêt de Bastia et directeur du Foyer de Furiani, accueil de libérés de centres pénitentiaires tant de Corse que du continent ; puis à Marseille (de 1978 à 1985), paroisse de Provence. 


En Bretagne

Enfin en juillet 1985, Guy Froment est nommé pasteur du département des Côtes-d’Armor, résidence à St Brieuc, où il restera jusqu’en juillet 1992, année de sa retraite.
Jusqu’en juillet 1993, depuis Yffiniac, nouveau logement, il assura une année à mi-temps pour aider la paroisse sans pasteur.
 Au cours de ces années, tenant compte que les membres de la paroisse sont disséminés sur un vaste territoire, il propose au Conseil presbytéral de changer certaines habitudes et privilégie le principe de réunions décentralisées. C'est dans ce même esprit qu'il institue aussi le « culte du 5e dimanche », la célébration se déroulant dans un secteur éloigné de Saint-Brieuc.
En 1987, il s'occupe activement de préparer la célébration du 50ème anniversaire de la construction du Temple à Perros-Guirec

Très attaché au développement des relations œcuméniques, il encouragea toute initiative allant en ce sens. La région de Guingamp et la région d'Erquy  en ont été les premières bénéficiaires. A Erquy, des groupes de réflexion à partir de textes bibliques se mettent en place.
A Guingamp s'organisent des visites dans les établissement scolaires et, avec la précieuse collaboration de Pierre Charlot, fidèle organiste de la paroisse, et le concours du curé de la basilique, le Père Gérard Nicole, des expositions, des conférences, des concerts. Bien sûr, semaine de prière pour l’unité des chrétiens et participation ponctuelle à la radio diocésaine furent des occasions de manifester cet attachement à l’œcuménisme.

En 1991, il coordonne les préparatifs de l’accueil du Synode de la région Ouest qui se tient dans les locaux de la Communauté des Filles du Saint-Esprit à Saint-Brieuc. Déjà le groupe local de l’ACAT, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture se réunissait là mensuellement. La responsable de la Communauté, Sœur Marie-Thérèse Grahl et le père Michel Heurtel, aumônier de la Communauté, (qui tous deux participaient à ce groupe), ainsi que l’ensemble des sœurs firent tout pour que cet évènement se déroule dans les meilleures conditions possibles. A l'issue du synode, le pasteur Pigeaud, président du Conseil régional, adressa ses félicitations au pasteur Froment : "Bravo, c'est un sans faute !"
Cet homme, à l’esprit pratique, réalisa d'astucieux aménagement du presbytère.
De même, aux côtés de quelques autres membres des paroisses du Consistoire, il eut à cœur de prendre sa part de l’animation de Crampoisic, centre de vacances et de rencontre ; ce qui le conduisit, président du conseil d’administration de l’association, à lancer la mise aux normes des locaux, indispensable pour conserver l’agrément de « Jeunesse et sports ». Belle aventure pour celles et ceux qui y mirent leur disponibilité et leurs divers talents, sous les encouragements de Daniel Homburger, président du Consistoire.
Après le départ de Guy Froment en 1993, le poste de pasteur est resté vacant pendant un an.
A la retraite il continua son engagement dans le groupe de l'Entraide, dont sa femme fut présidente durant plusieurs années et eut plaisir à présenter des animations originales lors des fêtes de l'Entraide à Etables.
  

Sources :  

Cette biographie a été vérifiée et complétée par le pasteur Froment lui-même en mai 2019. 
  
Archives du temple de St Brieuc.

Registres du conseil presbytéral. 

Bulletin paroissial "Le lien" 1985 à 1993. 




Arrivée du Pasteur Guy Froment. 27 octobre 1985 Ouest-France




Arrivée du pasteur Guy Froment. ouest-France. 29 octobre 1985



                                   
Assemblée de l'église protestante. Le Pasteur Guy Froment. 14 mars 1986 Ouest-France
                        
 





                                                         Pierre Charlot



Pierre Charlot (1929-2019)

   


Origines


Pierre Charlot est né le 18 mai 1929 dans le 18e arrondissement de Paris d’un père d’origine haut-marnaise et d’une mère bretonne. Des deux familles, il ne connaîtra que ses grands-parents maternels, de solides Rostrenois.


Etudes et carrière professionnelle


Après l’obtention du baccalauréat, série philosophie en 1948, Pierre Charlot entre sur concours au lycée La Fontaine où a été ouverte une classe de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Éducation musicale.
Nommé au Collège moderne de Nancy comme professeur d’Éducation musicale, il voit sa carrière interrompue par la nécessité d’accomplir ses obligations militaires. Appelé pour une durée de douze mois, temps d’abord imposé à sa classe d’âge, il restera en réalité 29 mois sous les drapeaux en raison des événements ayant ensanglanté l’Algérie. Passé par l’école de formation des officiers de Saint-Maixant, il sera affecté à la formation des jeunes recrues.

Libéré en janvier 1958 et affecté au lycée Poincaré de Nancy, vers 1965, l’ouverture d’un centre de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Inspection primaire le pousse à se renouveler. Ledit certificat lui est attribué en 1967 et une nouvelle carrière s’ouvre devant lui dès le mois de janvier suivant. Il effectue d’abord diverses tâches avant d’obtenir à la rentrée 1968 le poste de Pont-à-Mousson où il restera jusqu’en 1974. 


Retour en Bretagne


En 1974, il ne résistera pas à l’appel de la Bretagne. Deux postes étaient vacants à Guingamp : ses états de service et son ancienneté lui ont permis d’obtenir l’un d’eux caractérisé par sa dimension essentiellement rurale, chefs-lieux de canton et écoles de campagne, ce qui n’était pas pour lui déplaire.


Admis à la retraite en 1990, il devait être écrit qu'il ne se libérerait pas aussi facilement de ses attaches avec le milieu puisqu’il lui fut demandé de fonder à Guingamp une section de l’Université du Temps Libre dont il s'est retiré après dix-sept ans de présidence.




 Engagement dans le protestantisme


Concernant son engagement dans le protestantisme, voilà ce que Pierre Charlot en dit : " Parler de la foi c’est déjà ouvrir une porte sur le jardin secret. Je m’en dispenserai donc. Mais alors que j’étais en classe de quatrième, sous l’influence d’un professeur convaincant je présume, j’avais formé trois vœux : visiter Berlin (nous étions en 1942 !), voir Carthage (souvenirs du « Delenda Carthago est » de Caton l’Ancien ) et devenir protestant. Les trois vœux ont été accomplis, le troisième non sans difficulté. Je ne connaissais personne apte à m’orienter, pas même un camarade de classe et ma famille au plan religieux manifestait une certaine tiédeur. J’ai lu, je me suis documenté et c’est à l’occasion de mon installation en Bretagne que j’ai pu établir le contact avec le docteur Hansen alors responsable de notre communauté, ".




Responsabilités dans la paroisse



C'est  d'abord le pasteur Le Cozannet qui s’est assuré de la solidité de la culture religieuse de Pierre Charlot et lui a rapidement confié des responsabilités au sein de l’Église.  
Ensuite, un évènement est venu accélérer la prise de responsabilité de Pierre Charlot. En effet, le pasteur Guy Froment,  un an avant sa retraite, a été autorisé à ne plus exercer son ministère qu'à mi-temps. Le conseil presbytéral a alors proposé à Pierre Charlot, qui en était le vice-président d'assurer, en liaison avec le pasteur, la responsabilité de l’Église en 1993-1994. Les tâches ont donc été partagées: M. Froment a conservé les affaires délicates, le Conseil presbytéral devant assurer le culte et les autres tâches. 

M. Charlot entre aussi au conseil de Consistoire et en devient le secrétaire. Les actions entreprises par le pasteur Froment seront poursuivies cette année-là. Lors de la nomination du pasteur Thomas Mentzel, M. Charlot conservera son poste de président du conseil presbytéral. Toutefois, il ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat aux élections de 1997 en raison de son éloignement géographique. C'est un briochin, M.André de Kerpezdron qui lui succédera à cette date


A noter aussi qu'en 1978, M. Charlot a remplacé à l'harmonium la dévouée et assidue Mme Marie Gugenheim. Il a assuré cette tâche pendant des années par la suite. On peut retenir également un moment important pour Pierre Charlot, celui où on lui a confié le discours d'accueil des participants réunis à St Brieuc en novembre 1991 pour le Synode régional. Enfin, on doit reconnaître qu'il a aussi beaucoup œuvré pour développer l'œcuménique sur le secteur de Guingamp. 


Pierre Charlot est décédé le 30 juillet 2019 à l'hôpital de Guingamp à l'âge de 90 ans. Un culte d'action de grâce a eu lieu le 8 août à la salle polyvalente de Pabu. A cette occasion, son ami John Colomb a lu la confession de foi de Luther,  Magali Lenot et Daniel Colin ont célébré le culte.




Sources

Par modestie et discrétion, Pierre Charlot a longtemps esquivé la proposition de livrer certains éléments sur sa vie. Finalement, cette biographie a été établie, vérifiée et complétée par Pierre Charlot lui-même en juin 2019, peu avant son décès.











                                                  Le pasteur Thomas Mentzel


Le pasteur Thomas Mentzel


Origines

Le pasteur Thomas Mentzel est né le 18 août 1954, dans une famille luthérienne d’instituteurs, au village de Nébra, dans les environs d’Erfurt (Allemagne de l'Est). En 1960, alors que le mur de Berlin n’est pas encore construit, la famille émigre clandestinement pour fuir l’oppression politique et religieuse du régime de la RDA. Elle s'établit près de Hanovre, en Basse-Saxe. 



Etudes et premiers postes

Au contact d'un mouvement de réveil de l’Eglise luthérienne, Thomas Mentzel décide d’entreprendre des études de théologie à l’institut de formation de la « Mission de Hermannsburg » (1975-1981). Il côtoie d'ailleurs, à ce moment de ses études, le fondateur du mouvement de réveil de l'Eglise luthérienne du temps de mes études à Hermannsburg, le Professeur de théologie, d'origine norvégienne, Olaf Hansen. 
Après avoir obtenu le diplôme de maîtrise, il part en France pour perfectionner ses connaissances linguistiques et théologiques (Reuilly, Université de Strasbourg et à l’Institut Protestant de Théologie de Montpellier de 1982 à 1987). Il se marie avec Mariane Chapelon en 1987 et entre dans le service de l'Eglise Réformée de France. Avant d'arriver à St Brieuc, il occupe les postes de Firminy, Charleville-Mézières/Sedan.
 


En Bretagne

A St Brieuc, Thomas Mentzel reste de 1994 à 1997. En plus des missions dévolues habituellement à un pasteur, Thomas Mentzel va avoir plusieurs initiatives originales : Il lance une action d'aide à l'école biblique de la ville de Boko au Congo. Il réunit les jeunes de la paroisse pour des débats où aucun sujet n'est tabou. Il propose de faire des réunions de quartier ouvertes et conviviales. Des groupes vont alors se créer à Servel, Prat, Perros, Plérin, dans le quartier de Robien à st Brieuc. Il se passionne pour l'histoire du protestantisme dans les Côtes du Nord au 16ème et au 17ème siècle et présente le fruit de ses découvertes sous forme d'un montage-diapositives à Perros et St Brieuc. 
Il rejoint ensuite Sens, Melun, Troyes, Bar-le-Duc/St Dizier et enfin Cavaillon/Lourmarin en 2014 avant de prendre sa retraite en 2016 à l'âge de 62 ans.




Sources  

Biographie complétée et vérifiée par le pasteur Thomas Mentzel lui même.









                                             Le pasteur Caroline Engel


Caroline Engel

Caroline Engel, née à Haguenau en Alsace, a fait ses études de théologie à Strasbourg complétées par une annnée à Montpellier. Elle fait connaissance avec la Bretagne en 1996 où elle est affectée à Vannes-Lorient comme proposante (stagiaire en fin d'études).

Caroline Engel arrive à St Brieuc en août 1997, et en juin 1999 elle devient officiellement pasteur. C'est la première femme pasteur de la paroisse.
Avec le président du conseil, André de Kerpezdron, elle a pris des initiatives pour étendre le rayonnement de l'église protestante dans la vie locale. En mai 1998, elle a assumé la lourde tâche d'organiser la commémoration du 4ème centenaire de la promulgation de l'Edit de Nantes. Le pasteur a été sollicité dans le cadre de l'aumônerie des lycées à de nombreuses reprises.

Caroline Engel s'est beaucoup impliquée dans le dialogue œcuménique avec la création du Café-Théo, les émissions sur RCF et l’aumônerie de hôpital de St Brieuc.

Son départ est intervenu en 2003 avec sa nomination à Remiremont et Thaon dans les Vosges. En août 2007 elle a pris le poste de Ostwald, en Alsace.
Après le départ de Caroline Engel en 2003, le poste de pasteur est resté vacant pendant un an.


Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Caroline Engel elle-même.


Liens 

Emissions de Caroline Engel sur France Culture



Le pasteur Caroline Engel devant le temple de St Brieuc
  
     


Le pasteur Solange Weiss-Déaux

Solange Weiss-Déaux 2004-2009


Solange Weiss-Déaux est née en 1964 dans la région de St Etienne.
Après avoir commencé des études d’institutrice à l’Ecole Normale de Moulins sur Allier en 1983, et après avoir démissionné avant le terme, elle entame des études de théologie dans les Facultés protestantes de Paris et Montpellier (1987-1992). Après une pause pour la naissance de ses enfants elle reprend des études et s'engage dans un DEA en Nouveau Testament. 

Son premier poste est à Aubagne (Marseille Sud Est 2) de 1998 à 2004, puis St Brieuc Côtes d’Armor (2004-juillet 2009), Nîmes (2009-2010) et Angoulême Nord Charente (2010-2018). Un nouveau défi l'attend avec le départ sur le poste de La Margelle (Cité de la Paillade) dans l’EPU de Montpellier en juillet 2018. 
Quand elle devient le pasteur de la communauté de St Brieuc-Perros après le départ de Caroline Engel en 2003, elle continue en particulier avec beaucoup d'énergie le travail mené pour le dialogue inter-religieux, les cafés théologiques... (voir ses initiatives dans cette rubrique). Elle a aussi était la cheville ouvrière, aidée par d'autres bénévoles, de l'association (loi 1901) "Autrement lire, Autrement dire ». 
Solange Weiss-Déaux quitte la paroisse en juillet 2009 et son poste reste vacant pendant un an.



Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Solange Weiss-Déaux elle-même

Solange Weiss-Déaux dans le temple de St Brieuc



                                                          



                                                                  Jean-Claude Chevalier


Jean-Claude Chevalier (1931-2019). Photo 2009


Jean-Claude Chevalier est né en 1931 à Mamers dans la Sarthe. Il se marie en 1975 avec Agnès de Singly. Dans les années 70, il fait connaissance avec le milieu protestant à Angers. Assez rapidement, il entame une formation de prédicateur laïc à Nantes sous la conduite du pasteur Laurent Schlumberger. 
Après avoir déménagé à Orléans, il s’investit dans l’Eglise protestante comme Conseiller presbytéral, trésorier, avant d'être élu vice-président de l'Eglise Réformée d'Orléans.
Arrivé en Bretagne, il devient membre de l’Eglise Réformée de St Brieuc en mai 2003 et rentre au Conseil presbytéral en mars 2004. Il assurera cette fonction pendant huit ans.

Avec le pasteur Solange Weiss-Déaux, Jean-Claude Chevalier commence en 2007 à animer un atelier mensuel pour former des prédicateurs laïcs. Au départ du pasteur, non remplacé en juillet 2009, l'équipe de prédicateurs peut assurer le culte à tour de rôle. Les tâches sont réparties pour assurer le bon fonctionnement de la paroisse.
Jean-Claude Chevalier devient, pendant un an et demi, le président du Conseil presbytéral de juillet 2009 à fin 2010 et, à ce titre, dirige la paroisse et coordonne l'action des différents responsables. On lui doit en particulier de nombreuses initiatives sur le plan du dialogue entre les religions sur St Brieuc. Jean-Claude Chevalier est alors présent dans les groupes oecuméniques d'études bibliques, de préparation aux célébrations oecuméniques, présent dans les rencontres entres Eglises protestantes et dans le dialogue avec les musulmans de St Brieuc.
Il est également engagé dans l'association d'Entraide protestante, dans l'ACAT et dans la Cimade. Il est à l'initiative d'un groupe de protestants appelés "Les disséminés" sur le secteur de Lamballe.


En mai 2018, selfie de Jean-Claude Chevalier (1931-2019)




Prenant part ensuite activement à de nombreux groupes de réflexion jusqu'en 2018, Jean-Claude Chevalier s'est finalement éteint en février 2019.
Voici l'une de ses dernières paroles: "Je remercie toutes les personnes qui m'ont permis de mieux comprendre les richesses de la nature humaine, et cela de la personne la plus humble, à mes proches, ma famille; j'en ai pris conscience à 35 ans à Madagascar, expérience qui a bousculé ma vie et m'a permis de mesurer cette richesse.
La vie est une découverte permanente de la richesse humaine, richesse universelle."



Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Jean-Claude Chevalier lui-même en 2018.


Lien 

Texte lu le 2 mars 2019 par Magali Lenot Témoignage pour Jean-Claude Chevalier et ses engagements d'Eglise.





                                                             Le pasteur Juliette Tonge


Juliette Tonge 2010-2016


Juliette Tonge est née le 21 juin 1965. Elle est originaire du Cameroun. Elle fait ses études de théologie à Strasbourg.  

Juliette Tonge commence à exercer son mandat à St Brieuc en juillet 2010 et devient officiellement pasteur de la paroisse de St Brieuc-Perros en 2013. 

A son départ en 2016, la communauté protestante est restée sans pasteur pendant plus d'un an. Des laïcs ont pris le culte en charge à tour de rôle jusqu'à l'arrivée du nouveau pasteur.



Article publié dans "Eglise en Côtes d'Armor".
Décembre 2012


Lien pour accéder à un article de Ouest-France sur l'ordination de Juliette Tonje




A noter que les pasteurs Caroline Engel, Solange Weiss-Déaux et Juliette Tonge sont aussi présentées dans l'article sur la place des femmes dans l'Eglise Protestante Unie





                                               Le pasteur Hervé Stücker


Le pasteur Hervé Stücker


Hervé Stücker est le 28 janvier 1963 à Enghien-les-bains (95) dans une famille très engagée dans la communauté protestante.

Sur le plan de ses études, Hervé Stücker ne commence pas son cursus universitaire par la  théologie mais par une licence d'histoire puis un DEA (Diplôme d'Etudes Approfondies) en relations internationales, avant de compléter son cursus à l'Ecole de journalisme de Paris.

Il se marie le 11 septembre 1993 avec Hervine Debroise (née le 12 octobre 1969 à Nouméa). Le couple va avoir quatre enfants : Bleuenn, 1995; Loéïza, 1997; Titouan, 1999; Analena, 2009

A l’âge de 25 ans Hervé Stücker commence donc des études de théologie et près 5 années passées à l'Institut protestant de théologie, il devient pasteur et est ordonné en 1994.

Hervé Stücker débute dans la paroisse de Niort (1994-2002) puis passe 15 ans dans la paroisse de Lorient-Vannes (2002-2009) et de Lorient-Quimper (2009-2017) , avant d’arriver à Saint-Brieuc en août 2017.


Sources 

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Hervé Stücker lui-même

Lien 

Article du journal LeTélégramme du 6 mai 2018 à l'occasion de la consécration du pasteur Hervé Stücker à St Brieuc.

 

 

 

 

 

 

Document 1

Les responsables laïcs de la paroisse protestante. 



Chez les protestants, le rôle des laïcs est très important. 

La première structure démocratique est l'Assemblée générale. Elle est constituée de toutes les personnes inscrites sur la liste électorale du Temple. Ils ont fait l'acte volontaire de se reconnaître comme membre de la communauté. Les membres se réunissent une fois par an, ils entendent un rapport moral et un rapport financier et s'expriment par un vote. Ils étudient les projets à venir.

Les membres élus de la communauté forment le Conseil presbytéral. Ce groupe assure avec le pasteur la gouvernance de l'église locale. Ils sont élus pour 6 ans. Son président élu (dans les temps passés, souvent le pasteur de St Brieuc) est le président de l'Association cultuelle. Il est aidé généralement par un vice-président (dans les temps passés, souvent le pasteur de Perros), un trésorier, un secrétaire (et autrefois par un assesseur)
Les membres du Conseil se réunissent régulièrement et rendent compte de leur travail lors de l'Assemblée générale annuelle. Ils élisent des délégués pour les représenter au niveau de la région ou du Synode national.


Rappelons aussi, comme cela est évoqué en haut de cette rubrique, que des laïcs ont assuré des responsabilités très importantes, par exemple en dirigeant la paroisse en l'absence d'un pasteur pendant une durée d'au moins un an. D'autres, par la longévité de leur engagement au sein de la communauté, tiennent une place un peu à part.


Les comptes-rendus du Conseil presbytéral et de l'Association cultuelle ont permis d'établir la liste suivante où l'on retrouve les différents responsables laïcs.



1906 Oscar Hansen vice-président, Auguste Le Hech secrétaire et Abraham Jean Bird trésorier.

1907 M.Oscar Hansen vice-président, Wilheim Nicolaysen secrétaire et Abraham Jean Bird trésorier.

1908 Mme Bryant trésorière, Madame Ricoeur assesseur

1909 Mme Bryant trésorière, M. Hansen secrétaire, Madame Ricoeur assesseur

1910 Mme Bryant trésorière, M. Hansen secrétaire,  Mlle Maud Bird assesseur

1911 Mme Bryant trésorière, M. Hansen secrétaire,  Mlle Bird assesseur

1912 M.Hansen trésorier, M. Bird secrétaire, Mme Bryant assesseur

1913 M.Hansen trésorier, M. Bird secrétaire, Mme Bryant assesseur

1914 à 1921 M.Hansen trésorier, M. Bird secrétaire, Mme Bryant et M.Herlopsen assesseurs

1922 M.Hansen trésorier, M. Bird secrétaire, Mme Taffatz et Mme Lallier assesseurs


1923 à 1929 M.Hansen trésorier, M. Bird secrétaire, Mme Taffatz et Mme Lallier assesseurs, M.Marquer vice-président

1930 à 1932 vice-président M.Cotron, secrétaire M.J.Nexon, trésorière Mme Taffatz, assesseur Mme Vivier

1933 secrétaire M.J.Nexon, trésorière Mme Taffatz, assesseurs Mme Vivier et Mlle Scarabin


1934 secrétaire M.Leduc, trésorière Mme Taffatz, assesseurs Mme Vivier et Mlle Scarabin

1935 secrétaire M.Leduc, trésorière Mme Taffatz, assesseurs Mme Vivier et Mlle Sasle

1936 secrétaire M. Noël Le Quéré, trésorière Mme Paulette Bernard (Mme Taffatz étant décédée), assesseurs Mme Fernande Vivier et Mlle Sasle


1937 secrétaire M. Noël Le Quéré, trésorière Mme Paulette Bernardassesseurs Mme Fernande Vivier et Mlle Sasle

1938 secrétaire M. Noël Le Quéré, trésorière Mme Paulette Bernardassesseurs Mme Fernande Vivier et Mlle Sasle, M.Oscar Hansen intègre aussi le comité directeur

1939 secrétaire M. Benner (juge au tribunal), trésorier M. Oscar Hansenassesseurs Mme Fernande Vivier et Mme Bernard.


1940 secrétaire M. Benner, trésorier M. Oscar Hansenassesseurs Mme Fernande Vivier, Mme Salse et Mme Bernard; M.Le Quéré et le Dr Hansen sont aussi membres du comité directeur.

1941 secrétaire Mme Benner, trésorier M. Oscar Hansenassesseurs Mme Fernande Vivier, Mme Salse et Mme Bernard; M.Le Quéré et le Dr Hansen sont aussi membres du comité directeur.

1944  secrétaire M.TostivintEinar Hansen entre dans le conseil presbytéral (voir plus bas, la biographie de René Tostivint, document 4)

1945 vice président Ernest Prigent, secrétaire Docteur Hansen, trésorier M.Hansen, Mmes Vivier et Guille, M. Le Hégarat, Lemeille, Le Quéré

1946 vice président Docteur Erling Hansen , secrétaire Ernest Prigent, trésorier M.Oscar Hansen, trésorier adjoint M.Jean Huck et comme membres, Mme Fernande Vivier  et Mme Guille, Joseph  Le Hégarat, Edouard Lemeille, Noël Le Quéré

1948 vice président Docteur Erling Hansen, secrétaire Ernest Prigent, trésorier M.Oscar Hansen

1949 vice président Docteur Erling Hansen , secrétaire Léon Xhaard, trésorier M.Oscar Hansen,  et comme membres,  Mme Nelly Guille, Joseph Le Hégarat, Adrien Verecke

1952 vice-président Dr Hansen, trésorier Jean Huck, trésorier-adjoint  Oscar Hansen, secrétaire Mme Ayello, secrétaire-adjoint Pierre Steevenart, membres Mme Nelly Guille, Georgette Vitter, Frédéric Le Glatin, Jacques Rogier.

1953 vice-président Dr Hansen, trésorier Jean Huck, trésorier-adjoint  Oscar Hansen, secrétaire Mme Ayello,  secrétaire-adjoint M.Steevenart, membres Nelly Guille, Madeleine Depaigne, René Vitter, Frédéric Le Glatin, Jacques Rogier.

1955  vice-président Dr Hansen, trésorier Jean Huck, trésorier-adjoint  Adrien Vereck, trésorier-adjoint  pour Etables M.Duvinage, secrétaire Mme Madeleine Depaigne,  secrétaire-adjoint Mme Nelly Guille

1958  vice-président Dr Hansen, trésorier Adrien Vereck, trésorier-adjoint  Jacques Rogier, trésorier-adjoint pour Etables Gaston Duvinage, secrétaire Madeleine Depaigne,  secrétaire-adjoint M.Cottenceau


1960  vice-président Dr Hansen, trésorier Adrien Vereck, trésorier-adjoint  M.Rogier, trésorier-adjoint  pour Etables M.Rogier, secrétaire Madeleine Depaigne,  secrétaire-adjoint M.Cottenceau

1964  Messieurs Hansen, AdrienVerhecke, Jacques Rogier, R.Vitter, Cottenceau, Roger Le Gall, René Tostivint, Jean Huck, Jack Alger, et Madeleine Depaigne,  Solveig Huck, Jeannette Alger, Mathilde Verhecke

1967  pour les postes à pourvoir, sont élus Messieurs René Tostivint, Jean Huck, Jack Alger, Lucien Martin et Mme Bernadette Martineau
remarque : M. Lucien Martin est un ancien ami du pasteur Raspail de St Servan. Il est devenu pasteur et après la guerre d'Algérie, il est revenu en France à St Brieuc. Avec son épouse Jacqueline (née Brunet) ils habitaient Montcontour. Jacqueline Martin était monitrice d'un  groupe de jeunes le dimanche.

1968 pour les postes à pourvoir, sont élus M. Jérôme et Mme Carlier. Messieurs Jean Huck, Lucien Martin et Mme Martineau restent à leur poste.

1969 nouveaux élus Messieurs Vitter, Quilguis et Mmes Alger, Gugenheim, Bogais

1970  vice-président Dr Hansen, trésorier  M. Le Gallsecrétaire ?,  secrétaire-adjoint Françoise Gugenheim, membres Mme Carlier, Mme  Solveig Huck, M. Cottenceau, M.Bourgenot, M. Jean Paul, M.Alger


1971  vice-président Dr Hansen, trésorier M.Bourgenot secrétaire ?,  secrétaire-adjoint Françoise Gugenheim, membres Mme Carlier, Mme Solveig Huck, M. Cottenceau, M.Paul, M.Alger, M.Le Gall


1973  vice-président Dr Hansen, trésorier M.Bourgenot secrétaire ?,  secrétaire-adjoint Françoise Gugenheim, membres M. Drougard, Mme  Huck, Mme Tonnerre, M. Jean Paul,  M.Le Gall


1976  vice-président Dr Hansen, trésorier M.Bourgenot secrétaire ?, membres Mme Huck, Mme Tonnerre, Henri Le Cozannet, M.Alger

1977  vice-président Dr Hansen, trésorier M.Varignon secrétaire ?, membres Mme Huck, Mme Tonnerre, Henri Le Cozannet, M.Alger

1979  vice-président Dr Hansen, trésorier M.Varignon secrétaire M.Charlot, membres Mme Meyer, Henri Le Cozannet, Mme Yvette Le Cozannet (représentante à l'UDAF, association des familles) et Mme Jacqueline Le Cozannet (née Romond), présidente du diaconat, entraide protestante.

...

1985 président le pasteur, vice-présidents Dr Hansen, Nicole Meyer-Vray,  trésorière Emmanuelle Bourel, secrétaires Pierre Charlot, Nicole Meyer-Vray, archiviste Dr Hansen

1986. Font leur entrée dans le conseil Mme Beigbeder, Michèle  Le Goffic, Mlle Paulette Manach, M Berron


1988 président le pasteur, vice-présidente Nicole Meyer-Vray,  trésorière Emmanuelle Bourel, secrétaire Pierre Charlot, autres membres Mme Claude Beigbeder, Michèle Le Goffic, Mlle Paulette Manach, Philippe Berron, René Sapp.

Le Dr Hansen quitte le conseil.

1990. Entrée de Marc Paillat comme membre du conseil 

1991 président le pasteur Guy Froment, vice-président Pierre Charlot,  trésorière Emmanuelle Bourel, secrétaire Michèle Le Goffic autres membres Mme Claude Beigbeder, Mlle Paulette Manach, Gisèle Brunet

1993 (sans pasteur dans la paroisse dans la seconde partie de l'année )
président Pierre Charlot, vice-présidente Michèle Le Goffic,  trésorière Emmanuelle Bourel, secrétaire Gisèle Brunet, autre membre Mlle Paulette Manach.

1994 ( sans pasteur dans la paroisse  dans la première partie de l'année et avec ensuite T. Mentzel)
président Pierre Charlot, vice-présidente Michèle Le Goffic,  trésorière Emmanuelle Bourel, secrétaire Marie-Claire Brickaautres membres Mlle Paulette Manach, Mme Andrieux, Mme Delavallée et M. de Kerpezdron.

1995. Démission de la trésorière E. Bourel, non remplacée, et entrée de M. Bouet comme conseiller


1997 président André de Kerpezdron, vice-président le pasteur Thomas Mentzel, deuxième vice-président Gilles Commault, trésorier Jean-René Bouët (remplacé par Nicole Meyer), secrétaire Paule Roussel, membres Nicole Meyer, Eliane Froment

1999 président M. de Kerpezdron, trésorière Mme Meyer, secrétaire adjoint M. Michel

2000 président M. de Kerpezdron, vice-présidents pasteur Engel et Mme Frémont,  trésorière Mme Suzette Ramilson et M.Michel, secrétaire M. Michel et Mme Le Goffic

2003 entrée de Jean-Claude Chevalier venu d'Orléans où il exerçait des responsabilités dans la paroisse.

2005  président André de Kerpezdron, réélection de Suzette Ramilson et élection de 3 nouveaux : Jutta Andrieux, Maryvonne Lefort-Tanguy et Sébastien Rodier

2007 président André de Kerpezdron, entrée de Lionel Argaud (10 ans de scoutisme unioniste)

2009 président Jean-Claude Chevalier, vice-président Lionel Argaud, secrétaire Magali Lenot, secrétaire-adjoint Jutta Andrieux, trésorière Suzette Ramilson, trésorier-adjoint Sébastien Rodier, membres  Nizou Frémont avec Justine Moy et Jean-Luc Pillet qui viennent d'être élus. 
C'est l'année où André de Kerpezdron a annoncé son départ après 13 ans de présidence du Conseil presbytéral.

2010 sont élus Heidemarie Schlüter, Thomas Pressac. Jean-Claude Chevalier assure la présidence. Suzette Ramilson est trésorière

2012 sont élus Marie-Odile Estienne, Laurent Guillemette






 

Document 2

Délégués laïcs de St Brieuc au synode

Les délégués laïcs sont importants puisqu'ils siègent au Synode à égalité avec les pasteurs.

1919: M.Oscar Hansen
1923: M.Oscar Hansen et suppléante Mme Stamp
1924: M.Oscar Hansen et suppléante Mme Taffatz
1927: M.Oscar Hansen
1928: Mme Taffatz
1929 (à Nancy): Mme Taffatz
1930 : Mme Taffatz et suppléant M.Hansen
1931 : Mme Taffatz
1933 : Mme Taffatz et suppléante Mme Vivier
1934 (à Anduze) : Mme Taffatz et suppléante Mme Vivier
1935 (à Nancy) : Mme Taffatz et suppléante Mme Vivier
1936 : M. et  Mme Vivier et suppléante Mme Bernard
1937 : Mme Bernard
1939 : M.Hansen et suppléant Einar Hansen ou M.Benner
1945 (au Mans) : M.Hansen
.....
1973  M. J.M Drougard
1975  M. Bourgenot
1976  M. Bourgenot
...
1985 Paul Godet 

2000 M. de Kerpezdron, suppléante Mme Fremont.


 

Document 3

 

La famille Ricoeur et St Brieuc

 

On peut lire dans la page sur les origines de la communauté protestante briochine au XXème siècle que c'est le 18 février 1907 qu'a lieu à Saint-Brieuc la première assemblée générale de l'association cultuelle, 12 rue du Champ de Mars. 

Le président, le vice-président et le trésorier sont reconduits dans leurs fonctions  et M. Nicolaysen devient secrétaire. Messieurs Ricoeur, Buanec et Gros sont admis comme membres de l'association ainsi que Mesdames Bryant, Ricoeur et Buanec sans oublier Mademoiselle Jeanne Garchery. 

L'assemblée de 1909 se déroule le 19 janvier dans le Temple qui vient d'être construit rue Victor Hugo.
Le comité directeur est renouvelé avec comme président Monsieur Roux, le pasteur de St Brieuc, vice-président Monsieur Scarabin, pasteur à Lannion, trésorière Madame Bryant, secrétaire Monsieur Hansen, et assesseur Madame Ricoeur.

Début 1910, pas de changements notables sinon au poste d'assesseur où Mlle Maud Bird remplace Mme Ricoeur en janvier.


Qui sont M et Mme Ricoeur présents ce jour là? 
Jean-Yves Carluer écrit à ce sujet dans son blog :
"Les Ricoeur sont probablement les parents de Paul, le grand théologien et philosophe protestant".
Il restait à en apporter la preuve et pour cela nous nous sommes tournés vers Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur. Les recherches effectuées par Mme Goldenstein pour répondre à ces questions n'ont pas pu prouver la présence à St Brieuc de personnes liées à Paul Ricoeur. 

Mais en fait, en examinant un registre qui était bien caché dans un meuble au Temple de St Brieuc, le nom de Ricoeur est de nouveau apparu. Dans la liste des membres de 1907, M et Mme Ricoeur sont bien inscrits, mais la mention de la profession est particulièrement intéressante puisque monsieur Ricoeur est "fondé de pouvoir" et  le couple a comme domicile la Trésorerie générale. Fin décembre 1909, ils partent de St Brieuc.
Avant de venir en Bretagne le grand-père de Paul Ricoeur a tout d'abord exercé comme instituteur dans une institution protestante à Blois (41). Il est ensuite devenu fondé de pouvoir à St Brieuc jusqu'en 1909, comme nous l'avons établi, puis à Rennes au moment de la Guerre 14-18, on peut donc dire que ces deux personnes sont Louis et Marie Elise Ricoeur. Ce sont eux qui vont recueillir, à Rennes, Paul, devenu orphelin de sa mère en 1913 puis de son père en 1915.
Louis et Marie Ricoeur semblent avoir été particulièrement appréciés puisque le 26 janvier 1910, on peut lire dans le registre de l'assemblée cultuelle de St Brieuc : "Sur proposition de Mme Bryant, l'Assemblée a chargé le secrétaire d'envoyer une lettre à la famille Ricoeur, pour lui exprimer ses regrets de son départ de St Brieuc et lui envoyer ses plus vives sympathies."



Précisons que Louis Ricoeur est né le 9 juillet 1856 à Luneray, Seine-Maritime (76), décédé le 24 septembre 1932 à Luneray. Marie Elise Ricoeur (née Sarradet) est née le 12 mai 1856 à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques, elle est décédée le 8 mai 1928 à Rennes (35).




Dans les années 30, nous allons revoir à St Brieuc un autre Ricoeur, il s'agit de Paul, le célèbre philosophe.
Revenons un peu en arrière. Le jeune Paul Ricœur naît à Valence le 27 février 1913 dans une famille protestante.
Il est marqué par la mort de sa mère quelques temps après sa naissance le 27 février 1913, puis par celle de son père, tué en septembre 1915.
Paul est recueilli par ses grands-parents, dans une famille aisée qui réside 35 boulevard de Sévigné à Rennes, dans un quartier bourgeois proche du Parc du Thabor. Il fréquente le temple protestant du boulevard de la Liberté comme Simone Lejas, son amie qui deviendra son épouse.
Paul fait de brillantes études et devient licencié ès-lettres de la faculté de la place Hoche en 1933. Il échoue au concours d'entrée de Normale-Sup et quitte Rennes, pour enseigner comme professeur au Lycée de Garçons de Saint-Brieuc (aujourd'hui Collège Anatole Le Braz).  Parallèlement, il enseigne au Lycée de filles de la ville pour remplacer le professeur de philosophie qui est absent (aujourd'hui Lycée Renan). Il prépare sa maîtrise de philosophie Méthode réflexive appliquée au problème de Dieu chez Lachelier et Lagneau.

Paul Ricoeur enseigne-t-il à St Brieuc en 1933 ou en 1935 après avoir obtenu son agrégation?  Les sources sont contradictoires mais c'est bien après sa licence obtenue en 1933 qu'il vient à St Brieuc, pendant l'année scolaire 1933-1934. Ce jeune professeur, âgé de vingt ans, enseigne dix-huit heures par semaine.

Fréquentait-il le temple de St Brieuc? Non probablement pas car le jeune professeur rentrait à Rennes dès qu'il le pouvait...

A-t-il pu avoir des activités politiques ou syndicales à St Brieuc, comme il en a eu à Lorient quelques années plus tard ? C'est difficilement imaginable.
En effet c'est sa première année d'enseignement et il doit préparer tous ces cours.
Mme Goldenstein  a eu la chance d'accompagner Paul Ricoeur, alors qu'il était âgé, lors d'une rencontre avec une ancienne élève du Lycée de filles de St Brieuc. Cette dernière gardait le souvenir d'un professeur qui se donnait totalement à son enseignement.

En plus Paul Ricoeur travaille en 1933-1934 sur sa maîtrise de philosophie, un ouvrage remarquable (aux dires de spécialistes !). C'est son premier écrit philosophique et il compte encore de nos jours dans le monde de cette discipline.
Le trop court passage de Paul Ricoeur ne lui a pas permis de marquer la ville de St Brieuc, on ne va pas lui en faire le reproche !



Sources : Registres de la paroisse de Lannion-Perros (archives rassemblées au Temple de St Brieuc), registre "Modification des statuts" 1906-1952, page 12


Biographie chronologique Fonds Ricoeur

Correspondance avec M. Marc Boss, membre du Conseil scientifique du Fonds Paul Ricoeur et entretien avec Mme Catherine Goldenstein, membre du bureau de l'association Paul Ricoeur.
Mai 2019

Rennes, la ville de rencontre de Paul Ricoeur sur le site An Envor

Souvenirs de Paul Ricoeur en 2004 lors d'une rencontre à la mairie de Rennes.

Paul Ricoeur et Lorient 

Introduction à la maîtrise de philosophie de Paul Ricoeur rédigée en 1933-1934

Résultats des examens de philosophie, 2ème colonne 22 juin 1933 Ouest-Eclair Rennes




Document 4

René Tostivint (1903-1988), un historien du protestantisme

 
René (Jean Charles Eugène) Tostivint est né le 16 décembre 1903 à Douarnenez. Sa famille est originaire de Saint-Pern (35). Son père, Eugène, est pharmacien et sa mère Louise Bellom. Ils habitent rue Laënnec à Douarnenez.
René Tostivint se marie civilement le 10 août 1931 avec Yvonne Georgette Le Lay (née le 30 janvier 1912 au Mans, décédée en 2008 à St Brieuc). Le mariage religieux, au temple de St Brieuc est célébré par le pasteur Yves Crespin le 29 janvier 1942. Le couple aura trois enfants : Roland, Joëlle et Guy.
René Tostivint est tout d'abord membre dans la paroisse protestante de St Brieuc à partir de 1942 puis prend des responsabilités en 1944 où il assure le poste de secrétaire. 
Mme Tostivint tient une librairie Rue St Goueno à St Brieuc. René Tostivint exerce en tant que professeur d'histoire-géographie au Lycée de garçons à St Brieuc où il est nommé en 1933 puis part en Algérie de 1945 à 1952. 
D'après les souvenirs d'une paroisienne de l'époque, Solveig Huck-Hansen, la famille Tostivint serait revenue en France à bord du bateau "Le Sloughi". Ce navire reliait l'Algérie au port du Légué et transportait du vin.
De retour à St Brieuc, on retrouve René Tostivint, avec son épouse, comme membres adhérents en 1963 au moment où la famille est revenue d'Algérie. René Tostivint devient membre du Conseil presbytéral entre 1964 et 1967.
Il est revenu enseigner l’histoire au collège Le Braz à St Brieuc et ses compétences professionnelles couplées à sa curiosité du monde protestant vont le conduire à écrire de nombreux articles sur l'histoire du protestantisme.
On lui doit également un travail de recensement des sujets ayant trait au protestantisme avec les archives municipales et départementales des Côtes-du-Nord.

Il prend des responsabilités dans la Société d’Emulation des Côtes-du-Nord dont il est le bibliothécaire dans les années 60. Il occupe aussi le poste de « Vice-président de la commission diocésaine d’Art Sacré" dans les années 70 (1978). En retraite, il reste à St Brieuc, rue de Trégueux dans le quartier de Robien. René Tostivint meurt le 10 juillet 1988 à St Brieuc et une cérémonie est présidée au cimetière de St Malo, le 12 juillet, par le pasteur Guy Froment.

Son fils Roland Tostivint, né le 30 juin 1933, a été baptisé au temple de St Brieuc le 9 septembre 1945, par le pasteur Jean Scarabin. Jeanine Crespin était sa marraine. Roland est éduqué dans la foi protestante et participe aux activités des scouts unionistes. A Oran, il s'inscrit aux Beaux-Arts. Plus tard, il devient un céramiste réputé à St Brieuc, où il reste rue Fardel, de 1968 à décembre 1985, avant de s'installer à Binic. Il remet au goût du jour les épis de faîtage (ceux qu'il a réalisé pour le chateau de la Roche Jagu sont les plus connus).




Roland Tostivint décède en 2008 et la presse locale s'en fait l'écho retraçant sa carrière. Les bistrots de l'histoire conservent des enregistrements de lui car c'était un joueur de vielle talentueux. 
La fille de René Tostivint, Joëlle est née le 7 décembre 1937 à St Brieuc. Elle a été baptisée au temple de St Brieuc par le pasteur Raspail le 5 août 1945.
Guy Tostivint est né le 24 juin 1940 à St Brieuc. Il a été baptisé le 5 août 1945 au temple de St Brieuc par la pasteur Marcel Raspail.


Bibliographie de René Tostivint : 

La Famille Gouyon de la Moussaye et le Protestantisme dans le Comté de Quintin. Saint-Brieuc, Editions Les Presses Bretonnes, 1973. Lien
"La famille protestante Gouyquet à Trédaniel, près de Montcontour", Société d'Emulation des Côtes-du-Nord ,1976, Tome CIV, pages 13 à 17.
Les anciens collèges de St Brieuc et le Lycée Anatole Le Braz (1848-1948). Complément 1948-1967.
Arnaud de Kerpezdron, pasteur protestant. Notre Lien n° 79-80 mai-août 1973

Sources :

Archives du temple de St Brieuc (registre des membres, registre des mariages 1942, registre des décès 1988)
Archives du Finistère, année 1903. Lien pour accéder à l'acte de naissance
Fiche sur génanet établie par Jules Casset
Le Télégramme, 17 juillet 2001,
Gallica, bulletin de la société des professeurs d'histoire-géographie. 1933, page 139
Site Internet sur l'histoire maritime du Légué.


5 commentaires:

  1. Commentaire de Pierre Charlot le 3 mai 2018 : "Je suis émerveillé : le travail accompli est remarquable, il a certainement demandé beaucoup de temps. Les erreurs initiales ont été corrigées et c'est fort bien ainsi. Je ne vois pas ce que, personnellement, je pourrais ajouter. Voilà un site sur lequel je retournerai. Merci de l'avoir si bien façonné".

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  2. Un grand merci pour cette publication! L'album d'Erling Hansen m'a accompagnée à mon nouveau domicile (en Allemagne), mais maintenant je dispose donc d'une multitude d'autres informations et de souvenirs. Je ne pourrai jamais oublier les trente ans de ma vie passés avec la paroisse de 'St. Brieuc et me réjouis déjà de la publication des années 80 et 90 quand cela concernait toute ma famille. Bien que vivant sous d'autres cieux depuis 7 ans, avec d'autres habitudes, je suis bien consciente du fait que la paroisee de St. Brieuc m'a en quelque sorte donnée son empreinte.
    Encore merci!
    Jutta Andrieux

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  3. Chers lecteurs du Blog, nous avons mis un formulaire de contact en haut de la page d'accueil du blog. Il nous permettra de pouvoir vous recontacter. Si vous voulez nous transmettre des informations c'est la meilleur outil à utiliser. Merci d'avance.

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  4. Nous avons reçu un petit mot de Bernard Besret de Plougrescant :
    "Je suis parti à la recherche du Pasteur Paul Marquer que j’ai connu et un peu fréquenté en 1952 avant de partir pour les Etats-Unis.
    J’ai été heureux de découvrir son histoire. Cela a ravivé en moi des souvenirs d’adolescent en recherche…"


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  5. Nous avons reçu un message (en anglais!) de Synnoeve Palander, le petit fils d'Einar Hansen. Son père, Gunnar Palander,a lu attentivement le blog et il s'est rendu compte que son prénom était mal orthographié (Gunard). J'ai pu rectifier et en cadeau lui envoyer en retour son certificat de baptême de 1942!
    Je ne peux que remercier le pasteur Yves Crespin d'avoir commis cette erreur car il m'a permis de rentrer en contact avec Gunnar !

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