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| Photo Pierre Charlot. Ouest-France |
A quelques kilomètres de Montcontour, le temple de Plémy construit vers 1558 a fini par s'écrouler en 1983. C'était un édifice rare mais malheureusement il n'a pu être sauvé !
Description du temple
Pierre Charlot, a exercé différentes responsabilités dans l'Eglise protestante unie de la paroisse de Saint-Brieuc. Il s'est spécialisé dans la recherche sur le protestantisme en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles, ce qui l'a amené à étudier ce temple de Plémy : "Ce sera, en Bretagne, le premier édifice de ce type. Outre sa vocation cultuelle, le bâtiment était également l'un des derniers exemples d'un type de construction publique assez fréquent au XVIè siècle : halles ouvertes au rez-de-chaussée et étage clos. En façade, on comptait cinq piliers de blocs cylindriques en granit local. On accédait à l'étage formé d'une seule grande pièce ornée d'une magnifique cheminée par un escalier de bois sculpté".
Une lente dégradation
Entre le seizième et le dix-septième siècle ce temple aurait été le siège d’un prêche ; la maison du pasteur juste en face du bâtiment en est une trace. Après les guerres de la Ligue et l’abjuration du dernier pasteur, le bâtiment est englobé dans une exploitation agricole. C’est ce qui assurera son maintien dans un état relativement bon de conservation jusqu’au début du XXe siècle.
Histoire d'une disparition : première tentative de sauvegarde en 1967
En décembre 1967, près de Moncontour le temple de la Ville Pierre, en Plémy, tombe en ruine. M. Jouve, vétérinaire à Moncontour veut le sauver. Il est Président de l’office du tourisme et fait partie d’une association de sauvegarde. L’Office du tourisme de Montcontour tente de le racheter pour entamer une restauration. Cette tentative échoue. Les collectivités locales sont sollicitées mais ne donnent pas suite. La société d’histoire du protestantisme est contactée mais son avis est négatif. Contacté en décembre 1967, le pasteur Kieffer, garant des finances de sa paroisse peu fortunée de l’Église réformée de Saint-Brieuc, ne souhaite pas se lancer pas dans un tel projet non plus. L’architecte des Bâtiments de France à Saint-Brieuc se rend sur place pour constituer un dossier de classement de l’édifice mais tout cela sans résultat.
Ouest-France lance des alertes : 1977 et 1981.
Dans son édition du 26 juillet 1977, le correspondant local de Ouest-France du secteur de Plémy lance un cri d'alerte sur le danger de voir ce temple disparaitre. Ouest-France dans son édition du 26 juillet 1977 consacre un bel article en forme d'appel à l'aide pour sauver cet édifice avec comme titre : "Complètement ignoré…. Le premier temple protestant bâti dans le département résistera-t-il longtemps aux intempéries ?". Le journaliste s’étonne que « Nulle carte touristique ne mentionne la présence d’un temple protestant à La Ville Pierre… » et de conclure : « Laissera-t-on, après beaucoup d’autres, disparaître ce vestige d’une époque intéressante de notre histoire, et qui, fait inconcevable, ne semble désormais intéresser que les visiteurs d’origine anglo-saxonne ? »
Les années passent et M. Guy Jouve, correspondant local des Antiquités historiques, ne peut que constater des dégradations de plus en plus importantes malgré toutes ses démarches. Il sait que cette situation entrainerait une facture considérable pour d’éventuels travaux. Ouest-France le 19 août 1981 se désole : « Les dégradations de cet édifice s’aggravent et laissent envisager sa complète destruction ».
Un peu plus tard, en 1983, le toit s’effondre, trois des quatre murs de cet édifice subsistent encore, des morceaux de colonnes gisent çà et là puis sont dispersées.
Les écrits des historiens
Le temple ayant disparu, il nous reste le travail des historiens qui renseignent l'origine de ce temple et des pratiques protestantes de cette paroisse.
Pierre Charlot avait
écrit une notice historique à ce sujet sur le site huguenotsinfo : "Le bourg de Plémy situé un peu à l'écart d'une ancienne route romaine faisait partie au XIIè siècle de la châtellenie de Moncontour (de Bretagne). Au XVIè siècle, les terres de Plémy appartiennent à l'importante famille calviniste de Rieux, déjà en possession de fiefs à Rennes, Laval, Vitré ainsi que de diverses seigneuries, dont plusieurs échoient à François de Coligny, seigneur d'Andelot à la suite de son mariage en 1547 avec Claude de Rieux. Après la campagne d'évangélisation effectuée en 1558 par le frère cadet de l'Amiral à La Roche-Bernard, le calvinisme gagne la région de Moncontour où, sous l'impulsion de familles nobles gagnées à la Réforme, se créent des lieux de prêche.Vers 1550, le sieur de Gouyquet, chef du nom et d'armes d'une autre importante famille huguenote, obtient la création d'une Église dressée. Il fait construire un temple à la Ville-Pierre, un hameau isolé de sa seigneurie, tout à fait propice à la discrétion dont il est alors prudent d'entourer la pratique du culte réformé".
Dans son ouvrage "Les temples protestants
français, XVIe-XVIIe siècles",Yves
Krumenacker évoque la forme des temples sur le modèle des basiliques et
il décrit le temple de Plémy de la manière suivante : "Il peut être assez fruste, comme le premier temple breton, édifié
vers 1558 au hameau de la Ville-Pierre, à Plémy, sur la seigneurie de
Moncontour. Le bâtiment consiste en halles ouvertes au rez-de-chaussée, avec
cinq piliers cylindriques en granit en façade, et un étage formant une seule
grande pièce."
A l’ouest de la commune de Plémy (dans les Côtes-d’Armor, au nord de Loudéac), au lieu-dit « la Ville-Pierre », l’édifice qui était considéré comme un des plus anciens lieux de culte protestant de Bretagne n’est plus, malgré les cris d’alarme lancés dans les années 1977. Le toit s’est effondré, les colonnes sont dispersées... Ce leu de culte est lié à l’engagement en faveur de l’évangile de la grande famille des Gouyquet, qui possédèrent de nombreuses seigneuries en Centre-Bretagne. Cette famille fut une des premières à adopter la Réforme protestante dans la province mais aussi une des dernières à résister après la Révocation. Deux chercheurs ont particulièrement écrit à ce sujet, Claude-Guy Onfray (le co-découvreur avec Gildas Bernard du registre de l’église de la Moussaye), et Jean-Luc Tulot.
Ce temple persista jusqu’à ce
que les outrages du temps ne provoquent sa ruine en 1983. Dans ce petit hameau
perdu de la campagne bretonne, trois des quatre murs de cet édifice subsistent,
que d’aucuns estiment avoir été édifié à la fin du XVIe siècle. Des morceaux de colonnes
gisent çà et là. En face du temple, une vieille et belle maison du XVIe siècle
est connue sous le nom de « La maison du pasteur »."
La maison du pasteur
La mémoire collective qui a traversé les siècles a gardé la trace de cette présence protestante avec "La maison du pasteur". Située historiquement en face du temple qui a disparu, la maison est bien toujours là !

Photo Le Patrimoine des communes. Éditions Flohic.






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