jeudi 30 juillet 2020

Le pasteur Théophile Roux (1867-1946)




Le pasteur Théophile Roux (1867-1946) et son épouse Margaret (1854-1939)



Origines, familles Roux et Brailsford (son épouse)


 
Le pasteur Théophile Roux (1867-1946) est né le 4 janvier 1867 à Caveirac dans le Gard, dans une famille protestante. Ses parents étaient Samuel Roux, propriétaire (né en 1843 et décédé en octobre 1916) et sa mère Julie Fabre, sans profession, née en 1844.

Celle qui deviendra son épouse est Margaret Ellen Brailsford, née en 1854 (le 2 juillet ou septembre, les archives donnent deux dates différentes!) à Bradford, baptisée le 21 août 1854 au temple Méthodiste Wesleyen, Kirkgate, York, Angleterre. Elle est la fille d'un pasteur wesleyen anglais, Willson Brailsford, né en 1804 à Bradford dans le Yorkshire. Sa mère est Mary Hannah Wood, née à Manchester dans le Lancashire. Ce couple se maria le 8 Octobre 1834 à la cathédrale de Manchester.
Margaret a une soeur, de dix ans plus âgée qu'elle, née à Halifax dans le Yorkshire.

En 1871, un document des archives anglaises nous indique que les enfants de la famille Brailsford avaient une gouvernante française, Estelle Boizette qui deviendra institutrice plus tard. 
Estelle Boizette était de confession protestante, elle avait été baptisée à l'Eglise Réformée de Pentemont à Paris .

On trouvera parfois le prénom Marguerite à la place de celui de Margaret quand elle vivra en France avec son époux.
Elle deviendra l’une des héritières de John Redpath (manufacturier à Montréal) dont la succession sera réglée en 1907


Margaret Roux, née Brailsford (1854-1939), marraine d'Erling Hansen. Photo Léna Hansen



Etudes et entrée dans le pastorat

Théophile Roux a vécu toute son enfance à Caveirac qui est une commune où s'était installé le pasteur Charles Cook en 1821et plus tard le pasteur Henri de Jersey. Les anciens de son village les avait connus. En 1874, le pasteur Matthieu Lelièvre (en poste à Nîmes) vient y inaugurer la nouvelle chapelle protestante et y fait le sermon de dédicace et pour le jeune Théophile Roux, c'est un souvenir marquant. Théophile Roux se souvient aussi que lorsqu'il avait une douzaine d'années : "Ses visites chez mes parents et ses prédications étaient un de nos plus grands plaisirs et contribuèrent beaucoup à mon développement intellectuel et religieux, même si je ne m'en rendais pas compte".

Le protestantisme dans le Gard, proche de Nîmes, est à ce moment-là en pleine expansion, on parle du Réveil protestant. Théophile Roux raconte que l'assistance est passée alors de vingt-cinq personnes à cent personnes.
Il fait ses études de théologie à Paris et Lausanne et s'inscrit dans le courant de l’Église méthodiste. A Paris, il retrouve le pasteur Matthieu Lelièvre en poste alors à la Chapelle de Paris-Les Ternes, de 1886 à 1891, et assiste aux cultes dans sa paroisse. Ses prédications le marquent fortement. Théophile Roux le rencontre régulièrement et bénéficie aussi de ses leçons de théologie pendant quelques années car le pasteur Lelièvre est chargé d'une partie de la formation des candidats au pastorat de l’Église méthodiste.






Du fait de ses études, il est dispensé de service militaire en 1887.
Lorsqu'il approche de la fin de ses études, il se marie en 1889 avec une anglaise, Margaret Ellen Brailsford (née en 1854 à Bradford). On trouve parfois le prénom Marguerite à la place de Margaret.
Margaret est baptisée le 21 août 1854 au temple Wesleyan Methodist, Kirkgate, York. Elle est la fille d'un pasteur wesleyen anglais, Willson Brailsford.

Théophile Roux commence à exercer en Suisse à Lausanne et  à Vevey (proche de Lausanne, au bout du Lac Léman) de 1890 à fin 1892
De nombreux postes du canton de Vaud sont occupés par des pasteurs méthodistes qui s'emploient à cette époque à lutter contre l'alcoolisme.
Théophile Roux est consacré officiellement pasteur le 27 juin 1893. Comme il est un proche du pasteur méthodiste Matthieu Lelièvre (1840-1930), dont il restera l'ami fidèle, le pasteur Lelièvre prononce le discours de consécration de Théophile Roux en 1893.


Devenu pasteur, le voilà complètement dégagé de ses obligations militaires le 11 novembre 1893.

Ensuite, Théophile Roux obtient un poste en France en 1895 à Valleraugue dans le Gard, comme responsable du circuit des Cévennes-ouest. Là encore il recroise le chemin de Matthieu Lelièvre, nommé à Nîmes et Bourdeaux.
Puis il revient en Suisse à Villeneuve en 1896 et 1897, part à Nancy en 1900, et enfin arrive à Paris.  En 1906, on lui confie la direction de l’œuvre de l’Église évangélique méthodiste de France.


La Bretagne

Théophile Roux quitte Paris en 1908 pour venir à Saint Brieuc car on lui confie la mission de structurer la communauté protestante. 
Il est un grand donateur pour la paroisse et il permet de construire le temple de Saint-Brieuc en 1908 (voir l'article qui lui est consacré dans la rubrique "bâtiments").
Il aide aussi à structurer la vie de la communauté autour des cultes mais également des cérémonies de baptêmes, mariages et d'inhumations. Le 27 décembre 1908 a lieu le premier baptême et le deuxième en 1909 est celui d'Erling Hansen, dont Mme Roux devient la marraine.
Son dévouement est total pendant la guerre 14-18 au sein de la paroisse, auprès des militaires étrangers et protestants hospitalisés et des civils étrangers internés dans deux camps proches de St Brieuc.

Il annonce son départ de la paroisse de St Brieuc lors de l'assemblée générale de l'association cultuelle le 30 novembre 1919. En parallèle de ses activités à St Brieuc, Théophile Roux a toujours exercé des responsabilités au niveau national et international.

Son remplacement par Jean Scarabin n'intervient en fait qu'en septembre 1921. N'oubliant jamais la Bretagne, il continue de suivre la vie de la paroisse de St Brieuc, comme en mars 1924 où il participe amicalement à l'assemblée générale, profitant d'une visite dans les églises des Côtes-du-Nord. La construction du temple de Lannion lui doit également beaucoup car il récolte d'indispensables dons pour cette réalisation.


Une personnalité de premier plan

Le pasteur Roux une personnalité importante du monde protestant. Par exemple en 1909 en plus de l’œuvre d'évangélisation, Théophile Roux est aussi trésorier national et assure la présidence annuelle du synode national. Il devient le président de la Conférence de France des églises méthodistes en 1910 (et le sera par la suite de 1919 à 1926 puis en 1932.) Il est aussi le représentant à la Fédération des Églises protestantes de France. Il sera nommé par la suite Inspecteur du synode, surintendant général, intendant spécial des missions de tempérance, trésorier général de l’Église méthodiste à Paris de 1906 jusque dans les années 30. 
Sa grande expérience l'amena à assurer une partie de la formation des candidats au pastorat, en développant par exemple des séries d'entretiens sur "Quelques prédicateurs que j'ai connus".(p 99 du livre sur Matthieu Lelièvre)
Théophile Roux est aussi l'auteur de nombreux ouvrages.


Fin des fonctions du pasteur Roux 


Théophile Roux habitait Meudon dans les années 30 au 9 rue Lavoisier.
Margaret est morte le 17 janvier 1939 à Meudon à l'âge de 84 ans.
C'est aussi dans la commune de Meudon que Théophile Roux est décédé le 16 décembre 1946 à l'âge de 79 ans. On trouve la trace de sa tombe au cimetière de Meudon : emplacement : Division D, Section 6 - Tombe 284.


Lien vers d'autres articles 

Les protestants militaires et prisonniers civils allemands entre 1914 et 1918 à Saint-Brieuc

Les protestants dans les Côtes-du-Nord. Origines 1906-1938




Bibliographie :

Informations recueillies sur le site de la Société d'Etudes du Méthodisme Français (et dans l'ouvrage sur les biographies des pasteurs méthodistes édité en 1933).

Roux Théophile, Les vrais biens. Lien


Roux Théophile, Le livre des protestants disséminés. La cause. 1930

Roux Théophile, l’œuvre d'une société centenaire. 1813-1913. Société des missions méthodistes weysleyennes. 19XX. St Brieuc.

Roux Théophile, Bicentenaire de Wesley, sans lieu ni date.

Roux Théophile, La Bonne Nouvelle, Neuilly, La Cause, sans date.

Roux Théophile, Étude sur l’entière sanctification d’après John Wesley, Lausanne, Regamey, 1893, 45 p.

Roux Théophile, La Conversion évangélique de Wesley, Paris, Dépôt des Publications méthodistes, sans date.

Roux Théophile, Le Méthodisme en France. Pour servir à l’Histoire religieuse d’hier et d’avant-hier, Paris, Librairie Protestante, 1941.

Roux Théophile, Matthieu Lelièvre, Prédicateur, Journaliste, Historien, Théologien, Alençon, Corbière et Jugain, 1932, 392 p.
(Lecture intégrale de ce livre sur le site de la Bibliothèque Nationale de France en cliquant sur le lien ci-dessus. Page 38, souvenir de l'auteur qui assiste à l'inauguration de la chapelle de Caveirac par M. Lelièvre). A noter d'autres passages personnels pages 99, 100, 101...

Roux Théophile, Réponse rationnelle à l'universel tourment des Hommes, les cahiers de Radio-Paris, article, novembre 1934
Article en ligne sur le site Gallica (disponible à la lecture)

Arnal Marcel, A la conquête de la vie, Lassale 1933, préface de Théophile Roux.

Sur le blog de J.Y Carluer. Article de Théophile Roux dans l'Evangéliste 1908.
 Paimpol et ses premiers protestants. 

Le pasteur Théophile Roux aura une notice dans le tome 4 du Dictionnaire biographique des protestants française, publication dirigée par Patrick Cabanel et André Encrevé





 

Sources :

Archives du temple de St Brieuc. 

Site de la Société d'Etudes du Méthodisme en France

Le méthodisme weysleyen français à Lausanne et dans le canton de Vaud. Conférence de J.L Prunier

Site "Les protestants bretons" Jean-Yves Carluer. 

My Wheysleyen Methodists. Dans "General ressources" Minutes of several conversations... Archives en ligne 1895 à 1900

Service de l'état civil de la Mairie de Caveirac (Gard)

Archives administratives militaires du Gard. Classe 1887. 

A partir du site Généanet, François Boizette (dont la gouvernante de la future Mme Roux  était
la soeur de son arrière grand père)


Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre R (copier et coller l'adresse ci-dessous)

https://dnvg92zx1wnds.cloudfront.net/wp-content/uploads/cms/r/R.pdf


Remarque :

En 1874, le pasteur Matthieu Lelièvre vient  inaugurer la nouvelle chapelle protestante de Caveirac et y fait le sermon de dédicace dont le jeune Théophile Roux s'est longtemps souvenu. 
Matthieu Lelièvre essaie de définir ce que devra être cette chapelle : "Que sera-t-elle? Un asile pour des formes religieuses plus ou moins bonnes, le temple du formalisme? Une arène où lutteront des doctrines opposées? Une école de sainte doctrine de bonne morale? Non, elle sera une maison de prière, ou elle ne sera rien... Ce sera sa raison d'être, et si elle cessait d'être cela, il n'y aurait plus qu'à écrire sur sa porte : Fermé pour cause de décès. 

(référence, page 292, extrait de : Roux Théophile, Matthieu Lelièvre, Prédicateur, Journaliste, Historien, Théologien, Alençon, Corbière et Jugain, 1932, 392 p.)




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