vendredi 22 mai 2026

L'histoire des Eglises protestantes dans les Côtes d'Armor. Sommaire

On pense trop hâtivement que la Bretagne est une terre exclusivement catholique, c'est une erreur.
Si l'on y regarde de plus près, l'histoire du protestantisme y est bien ancrée localement.
Ce blog, commencé en 2018, vous présente l’histoire des Églises protestantes dans les
Côtes-d'Armor (ex Côtes-du-Nord) à la fin du XIXe et au XXe siècle à travers une centaine d'articles originaux qui couvrent les activités des mouvements évangéliques, méthodistes, baptistes, réformés, anglicans... Plusieurs se sont regroupés pour former ce qui est devenu aujourd'hui l’Église Protestante Unie de France et d'autres sont restées dans leur groupe d'origine. 

Bonne lecture !

Attention, en raison d'un projet de publication, plusieurs articles ne sont plus disponibles pour le moment. Ils seront remis en ligne dans le but servir de complément illustré à la publication envisagée...

 

7 Nouveaux articles en 2025 (ou articles complétés)

Eugène Coquard (1920-1953) soldat mort en Indochine, ici

Circuit de découverte de personnages de la Résistance (Hansen, Crespin, abbé Fleury), 26 mai 2025, ici

Jean-Claude Crespin (1937-2024), archiviste, fils du pasteur Yves Crespin, cliquer ici

Pierre Prigent (1928-2024), théologien protestant, cliquer ici

Ernest Prigent (1898-1980), Résistant, entrepreneur, cliquer ici

Des documents retrouvés en 2024 sur le pasteur Yves Crespin, cliquer ici

Solveig Hansen, doyenne des Costarmoricains, ici 

 

10 Nouveaux articles en 2024 

Mouvements de jeunesse (scouts et autres) dans l’Église protestante réformée de Saint-Brieuc. 1950-1970, cliquer ici

Vendredi 31 mai 2024, hommage à la Résistance au Hinglé et conférence où il a été question de Georges Bessis (informations ici)

Transfert d'archives protestantes au Archives départementales 22, 12 juin 2024, cliquer ici

Portrait de Danièle Vaudrey (1946-2024), ici

Portrait de Jean-Claude Nexon (1934-2024), cliquer ici 

Histoire de l'école évangélique de Trémel (22), cliquer ici

Écoles et pensionnats privés accueillants des protestants à Dinan, 1827-1890, ici    

Les constructions de Harry Stamp à Saint-Brieuc, 1926-1952, ici 

Les conférences du pasteur Théophile Roux 1908-1917, ici

Visite guidée et conférence en 2024 à Saint-Brieuc sur le thème du protestantisme, ici

 

Des protestants dans la Résistance :

Les conférences et animations depuis 2020 autour du pasteur Crespin et des autres protestants Résistants, ici

Itinéraire dans Saint-Brieuc sur les traces d'Yves Crespin,  ici

Le pasteur Crespin : présentation de l'ouvrage qui lui est consacré et de documents inédits ici


Erling Hansen, médecin et Résistant, ici

Georges Bessis, éducateur et Résistant, ajouts en mars 2023 et juin 2024, ici

Ernest Prigent, entrepreneur et Résistant, ici

Les six pasteurs Résistants, morts dans les camps de concentration (1944-1945) Ajouts en juin 2023  ici

André Féat, pasteur baptiste à Morlaix, Résistant et déporté, ici



Les biographies de pasteurs, prédicateurs laïcs et personnalités du monde protestant à Saint-Brieuc, Perros-Guirec, Lannion,  ici

Les protestants militaires et prisonniers civils allemands en 1914-1918 ici (non disponible)


Les protestants dans le dialogue œcuménique et entre les religions, ici (non disponible)

Les engagements des protestants dans les Côtes-du-Nord, ici (non disponible)

La place des femmes dans l’Église protestante Unie des Côtes d’Armor, ici (non disponible)

Les prédications du pasteur François Manac’h, ici (non disponible)

Les temples de Saint-Brieuc, Perros, Lannion, Etables, dans le Trégor (non disponible temporairement)

Le regard des catholiques sur les protestants dans les Côtes-du-Nord, une enquête en 1936, ici 

Madagascar dans l'histoire de la paroisse réformée de Saint-Brieuc, ici

Les protestants forains et Tziganes dans les Côtes-du-Nord, ici

 

Des portraits :

Erling Hansen (1909-2008) ici

L'album souvenir d'Erling Hansen (1999 et 2013), ici

René Tostivint (professeur d'histoire) et Roland Tostivint (céramiste et musicien), ici

Hélène Babut (professeure agrégée 1899, Étables) et Marie Gugenheim, ici (non disponible)

La famille Taffatz, protestants d'origine suisse, ici  publication en Juin 2023

Danièle Vaudrey (1946-2024), ici

Georges Minard (1922-2023), protestant à Perros, ici

La famille Quoniam-Ménégoz, protestants à Dinan et Saint-Brieuc, ici publication en juillet 2023

Louis et Marie Ricoeur (1907 à 1909) et Paul Ricoeur ici (non disponible)

Louise Weiss à Saint-Quay en 1914 ici (non disponible)

Louis Nathaniel Rossel, chef militaire de la Commune de Paris ici (non disponible)

 

L'histoire de communautés protestantes :

Les protestants à Dinan et le temple de Dinan ici

L'oeuvre de Priscilla Johnson, née Hoops, à Plouha et Coatilliau, ici

La Maison Blanche à Quévert, une oeuvre protestante de Priscilla Johnson. 1955, ici

L’Église protestante évangélique Perspective de Saint-Brieuc, ici

Les protestants évangéliques pentecôtistes à Saint-Brieuc, ici

Les protestants évangéliques pentecôtistes à Lannion, ici

Église protestante évangélique, 38 rue du Pré-Chesnay à Saint-Brieuc, ici

Écoles et pensionnats privés accueillants des protestants à Dinan, 1827-1890, ici    publication janvier 2024

Les constructions de Harry Stamp à Saint-Brieuc, 1926-1952, ici 

Les protestants dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, ici

Les protestants à Pontivy 1562-2018, ici

Le manoir de Crampoisic ici (non disponible)

Les protestants à Perros-Guirec ici (non disponible)

Le temple de Perros-Guirec ici (non disponible)

Les protestants dans le Trégor ici (non disponible)

Des protestants à Saint-Quay-Portrieux ici (non disponible)

Les protestants réformés dans les Côtes-du-Nord : Les origines (1864) et 1906-1938 ici (non disponible)

Les protestants réformés dans les Côtes-du-Nord : de 1938 à nos jours ici (non disponible)

 
 

DES DOSSIERS, DES PHOTOS, DES TÉMOIGNAGES...

Ce travail est issu de l'étude historique de documents issus des archives des Temples protestants de Saint-Brieuc, de Perros-Guirec, de Lannion, des archives municipales de Saint-Brieuc, des archives départementales et nationales, du Musée du Protestantisme à Paris. De nombreux témoignages recueillis ces dernières années viennent également enrichir le contenu de ces pages.  

Ces différents aspects du monde protestants méritaient bien d'être mieux connus...

L'auteur du blog, Richard Fortat, en 2018 aux Archives nationales à St Denis.


 

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Solveig Hansen (1916), une protestante à Saint-Brieuc


Solveig Hansen, photographiée à 107 ans et un jour ! Le 24 mai 2023. Photo RF

Solveig Hansen ne pouvait se douter qu'elle deviendrait la doyenne des Costarmoricains en 2026 où elle fêtait ses 110 ans ! Retour sur l'histoire de cette femme qui incarne la force tranquille...

A 109 ans dans l'édition de Ouest-France du 26 mai 2025 !

Ouest-France 17 juin 2024

Les premières années

Solveig Hansen est la fille d'Oscar Hansen et Anna Hansen.
Elle est née le 23 mai 1916 (Plérin, 22) et baptisée au temple de Saint-Brieuc le 27 août 1916 par le pasteur Roux. Elle se marie civilement le 27 mars 1943 avec Jean Huck (1er juin 1914 à Montrouge-1963). Quelques jours plus tard, la cérémonie religieuse, présidée par le pasteur Yves Crespin, a lieu
au temple de St Brieuc le le 30 mars 1943.

La photo ci-dessous a été prise au moment du mariage de Solveig et de Jean. Debout en partant de la gauche, on a son père, Oscar Hansen ; Mlle Manac'h ; Thorleif ; des réfugiés de Paris ; avant dernière à droite Anna Hansen ; tout à fait à droite Jean Scarabin avec son chapeau. Au premier rang, accroupis ses frères, Einar et à droite Erling Hansen.

Mariage de Jean Huck et de Solveig Hansen. Maison de la famille Hansen au légué. Mars 1943. Photo S. Hansen


Solveig et Jean vont avoir plusieurs enfants : Lydie (née le 26 décembre 1943, baptisée le 17 mai 1959 au temple de St Brieuc par le pasteur Paul Marquer) ; Hélène (née le 27 mai 1945) ; Édith (née le 21 novembre 1946 à St Brieuc, présentée au Temple de St Brieuc le 29 mai 1949, cérémonie dirigée par le pasteur Paul Marquer) ; Étienne (né le 21 décembre 1952), Sigrid (née le 19 octobre 1955, présentée au Temple de St Brieuc le 2 février 1958,  cérémonie dirigée par le pasteur Paul Marquer). 
Édith s'est mariée en 1968 au temple de St Brieuc avec Yvon Renault (voir photos dans la page sur l'histoire de la paroisse 1938-2012)


Solveig Hansen, des souvenirs recueillis en 2019, 2020, 2023...

Solveig Hansen a été remarquée dans la presse locale, à plusieurs reprises, en raison de sa longévité. Pour ses 100 ans en 2016, puis pour ses 102 ans, des articles ont parlé d'elle dans Ouest-France. En mai 2020, alors que l'épidémie de Covid 19 était encore présente, elle a pu fêter ses 104 avec quelques proches.
De mon côté j'ai souhaité la rencontrer pour évoquer plus particulièrement les aspects de sa vie en lien avec le protestantisme. Nous avons passé plus de trois heures une première fois, dans un dialogue ininterrompu, à évoquer ses souvenirs de jeunesse, son éducation, ses premiers pas dans la communauté protestante, ses souvenirs des différents pasteurs et des familles protestantes avec qui elle était liée, l'arrestation des membres de sa famille en 1943... 
Certains moments étaient vraiment vertigineux, Solveig racontant ses souvenirs d'il y a plus de 80 ou 90 ans et de mon côté, je pouvais l'aider à compléter ses lacunes avec mes connaissances acquises des archives protestantes étudiées depuis ces trois dernières années. 
Par exemple :
-Ah, oui, la fille de M. Bird, je m'en souviens, je l'ai eu comme professeur d'anglais au Cours de jeunes filles.
-Vous voulez parler de Maud?
(tout ça se passe à la fin des années 20 !).

En mai 2023, au lendemain de l'anniversaire où elle avait fêté ses 107 ans, une longue conversation permit d'éclairer encore quelques points de l'histoire du protestantisme à Saint-Brieuc. Elle m'a encore sidéré par sa mémoire phénoménale ! J'ai pu vérifier et compléter ses propos à l'aide de nouvelles recherches en remontant jusque dans les années 1930. Mais elle était un peu fatiguée, ayant vécu un déménagement  dans un nouveau bâtiment de l'Ehpad quelques jours auparavant.

Le 28 septembre 2023, tout était rentré en ordre, Solveig coloriait une page de l'album "Le dessin zen" quand je suis entré. On a bavardé un peu de tout, de son jeune frère Thorleif, 98 ans, toujours en Norvège ; de Miss Cave une protestante australienne revenue à St Brieuc après l'Occupation ; de M. Stamp, un pasteur baptiste des années 30-40 dont elle a été heureuse de voir une photo que j'avais trouvée il y a peu de temps... Nous avons évoqué plus en détail l'histoire de son beau-père, Adolphe Huck, colporteur évangélique à l'Eglise baptiste de Paimpol. Ayant besoin de mes lunettes pour lire un document, je lui ai suggéré amicalement d'utiliser aussi les siennes car il serait temps de les user un peu, étant quand même dans sa 108e année ! Solveig a encore fait preuve ce jour-là d'une vivacité intellectuelle exceptionnelle et d'un sacré humour.

Solveig Huck (née Hansen). Le 19 novembre 2019. Photo R. Fortat

 


Être une enfant protestante
"Ma vie a changé à l’arrivée de la famille Manach au Légué en 1924. Les trois filles, Madeleine, Paulette et Yvonne sont venues à l’école des filles au Légué avec moi. Je n'étais plus la seule protestante et heureusement car parfois on me mettait de côté à cause de ça. Je jouais surtout avec Paulette Manach. Cette situation n’a duré que quelques années,  Monsieur Manach est parti ensuite à Perros en 1928 pour l’évangélisation de la région car il parlait breton.
Nous allions aussi à l’école du dimanche au Temple. Il y avait mes deux frères et les enfants des familles Scarabin et Stamp. Plus tard, j'ai continué de voir les sœurs Manac'h à différentes occasions".


Solveig Hansen, école primaire de filles. Le Légué.


Erling Hansen, Yvonne Manac'h, Mme Manac'h, François Manac'h, Paulette Manac'h. Photo Solveig Hansen

Einar et Erling Hansen, Maïe, Oscar et Anna Hansen.  Devant, Solveig et Thorleif Hansen, Paulette Manac'h. Photo Solveig Hansen


Mon entrée dans la vie active
"En 1933 en fin de la classe de 3ème, j'ai arrêté mes études au Lycée de jeunes filles de Saint-Brieuc pour perfectionner mon anglais car je savais que je pourrais en avoir besoin. Comme à cette époque il y avait beaucoup de relations avec les gallois, j'ai profité que mon père connaissait bien un capitaine qui transportait du charbon de Cardiff jusqu'au Légué pour aller au Pays de Galles dans cette famille protestante. Mon frère Einar y est allé aussi. De notre côté, nous avons accueilli la fille de ce capitaine, Humphreys, et elle est venue avec moi au Lycée de jeunes filles de St Brieuc.

De retour au Légué, après mon séjour au Pays de Galle, j'ai appris tout ce qui pourrait me servir pour travailler au port (sténo, dactylo, comptabilité). Mon frère Einar avait un poste pour moi, pour travailler dans une compagnie assurant la ligne régulière entre Le Havre, Cherbourg, Granville, la côte nord de la Bretagne. Einar a fait toute sa carrière au Havre au siège de la compagnie et moi je suis restée à Saint-Brieuc. Au moment de la guerre, les liaisons maritimes ne fonctionnaient plus et j'ai dû trouver un autre emploi, comme surveillante à l’École Normale de filles, boulevard Lamartine de 1939 à 1941. Les troupes allemandes ayant réquisitionné le bâtiment, je suis retournée au Légué, chez mes parents."


La rencontre avec mon futur  mari, une histoire protestante
"Au Temple, je fais la connaissance de Jean Hück dont les parents habitent Sainte-Barbe, entre Plouëzec et Kérity, à côté de Paimpol. Son père fait partie de l’Église évangélique. Dans leur maison à Sainte- Barbe, ils ont une petite salle indépendante où ils font les réunions protestantes. Plus tard, au temple, Jean s'occupera de l'école du dimanche.
Jean a fait des tas de métiers différents et puis il est devenu secrétaire comptable chez un ingénieur, protestant également, M. Ernest Prigent.  Ce dernier a lancé la fabrication d’agglomérés de construction polis, ne nécessitant pas de crépi. Quand son fils, Pierre, a fait sa thèse, il m'a demandé de lui taper sur ma machine à écrire".

En partant de la droite, 1er rang, la soeur de Jean, Jean Huck, accroupie avec un bébé, Solveig Hansen.


Solveig et Jean Huck. Photo Solveig Hansen


La solidarité entre protestants 
"En 1927-1928, mes parents ont attrapé la typhoïde ; tous les enfants et une amie galloise qui passait l’hiver chez nous, on a été hébergées par la famille Scarabin qui avait une maison dans la rue à côté du temple de St Brieuc.
En 1942-1943, je travaillais chez un représentant en vin. Il m’avait envoyé à Paris. Comme nous avions eu de bonnes relations avec le pasteur Théophile Roux, je suis allée dormir chez lui à Meudon. Je me souviens qu’il est venu me chercher au métro avec une lanterne. Le matin Mme Roux m'a apporté une pomme à manger, posée dans une assiette, à éplucher avec couteau et fourchette !
En 43, quand je suis allé à la prison de Rennes, pour apporter un colis à toutes les personnes de ma famille qui avaient été arrêtées, je suis allée chez le pasteur faire une pause et on est revenu par le train dans la journée.
"

Les arrestations en 1943
"J’ai su après l’arrestation de mes parents que mon mari avait été arrêté en même temps chez M. Prigent. Ils avaient pris Erling chez lui, le pasteur Crespin, Einard chez M. Le Bigot et mes parents.
Mais là il y a une petite histoire  humoristique : du fait que c’était la guerre, on avait une chèvre, il fallait du lait pour le troisième enfant de mon frère. Mes parents et ma belle-sœur avaient acheté une chèvre et c’est ma mère qui la trayait. Ma mère partie, ma belle-sœur et moi on ne savait pas ce qu’on allait faire.
Deux soldats allemands étaient restés fouiller la maison quand mes parents étaient partis. C’est l’un d’eux qui a trait la chèvre
Il y en a un qui a fouillé la maison, c’est ma belle-sœur qui était chargée de la visite. Ils sont allés au grenier, ils sont allés dans le jardin. Je savais que mon jeune frère Thorleif avait caché un vélo allemand dans le grenier. Il y avait un ceinturon dans un faux fond d’un tiroir d’une armoire. Il y avait un pistolet enterré dans le poulailler.
Pendant que ma belle sœur faisait faire le tour, moi j’étais en train de prier parce que je ne savais pas ce qui allait en résulter !
Mais ils n’ont rien vu car ils allaient avec autre chose dans l’idée. Ils voulaient trouver un poste radio pour émettre vers l’Angleterre…"


✋ Trois vidéos ont été réalisées ce 19 novembre 2019 et elles sont accessibles avec les liens ci-dessous mais il faut ouvrir un compte Viméo.

Extrait 1 L'arrestation des membres de la communauté protestante en 1943

Extrait 2 Le voyage jusqu'à la prison de Rennes en 1943 pour apporter des colis 

Extrait 3 La perquisition de la maison de la famille Hansen au Légué


✋ Une vidéo a été réalisée le 10 décembre 2019 et elle est accessible avec le lien ci-dessous (avoir ouvert un compte Viméo pour la visionner).
Extrait 4 La période où exerçait le pasteur Yves Crespin 


Document : Le début de la guerre
Au départ de Daniel Manac'h, Einar et Erling Hansen en juillet 1939,  Solveig Hansen a écrit un texte dans ce moment où l'histoire semble basculer dans le chaos (transcription ci-dessous) :





"Septembre 1939. C’est la guerre !
Erling et Einar doivent partir ainsi que Daniel Manac’h qui est avec nous au Légué. Nous sommes dans la cour et avant le départ, Daniel lit le psaume 121.
Je lève les yeux vers les montagnes
D’où me viendra le secours ?
Le secours me vient de l’Éternel
Qui a fait les cieux et la terre
Il ne permettra pas que ton pied chancelle
Celui qui te garde ne sommeillera pas
Voici, il ne sommeille ni ne dort
Celui qui garde Israël
L’Éternel est celui qui te garde
Il est son ombre et sa main droite
Pendant le jour, le soleil ne frappera point
Ni la lune pendant la nuit
L’Éternel le gardera de tout mal
Il gardera ton âme
L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée
Dès maintenant et à jamais.

"C’est un psaume qui m’a suivi jusqu’à ce jour." me déclarera Solveig à deux reprises, le 11 avril 2017 et le 14 mai 2023.



Un article de Ouest-France du 4 juin 2016.


Solveig Huck, résidente à l'Ehpad des Ajoncs-d'Or à Plérin, affiche une forme détonante. Un peu étonnée d'avoir franchi le cap du siècle, elle raconte sa vie avec une mémoire intacte.

"Je suis née au Légué, le 23 mai 1916, de parents norvégiens. J'avais deux frères, un troisième est arrivé neuf ans plus tard. Mon père était comptable chez les courtiers maritimes du port, maman nous élevait. À 17 ans, j'ai quitté le lycée pour passer huit mois dans une famille au Pays de Galles. À mon retour, j'ai appris la sténo, la dactylo, la comptabilité. J'ai travaillé avec mon frère qui était agent dans une compagnie maritime au Havre.

Quand la guerre est arrivée, le trafic maritime s'est interrompu. Je suis devenue surveillante à l'école normale des filles. Puis les Allemands ont occupé la place, les élèves ont été hébergées chez l'habitant. Je suis retournée au Légué, et je me suis mariée en mars 1943. Le 2 novembre de cette année-là, mon mari, mes parents et mes frères ont été arrêtés par la Gestapo et emprisonnés à Rennes. Ils sont revenus une semaine avant Noël, sauf mon frère aîné, parti à Buchenwald : c'était le docteur Hansen, bien connu des Briochins et des Plérinais de l'époque.
Le 26 décembre 1943 naissait ma première fille. Deux autres filles ont suivi, en 1945 et 1946, Etienne, le futur potier, a pointé le nez en 1952, et Sigrid a clos la série trois ans après. En 1959, mon mari a pu acheter une charge de courtier maritime. Mais, hélas, il décéda quatre ans plus tard. J'ai eu la chance de pouvoir prendre sa suite et de travailler jusqu'à ma retraite.
En 2013, je suis rentrée aux Ajoncs-d'Or. Je m'y sens bien, j'ai beaucoup d'activités comme l'atelier tricot et la couture. Je lis beaucoup. Mes enfants m'invitent le dimanche, je passe une heureuse vieillesse. Et ma famille vient de s'agrandir : j'ai aujourd'hui dix petits-enfants et dix arrière-petits-enfants ! »

 
Le 18 août 2018, autre article dans Ouest-france pour ses 102 ans !
Solveig Hück, cent ans de mémoire du Légué

À 102 ans, Solveig Huck a vécu 98 ans au Légué. Elle y a exercé différents métiers, a vu l’évolution du port. Et a toujours gardé un lien avec la mer.
De l’arrivée des voitures à charbon à la réfection du port, en passant par l’occupation allemande, la vie de Solveig Huck s’entremêle avec celle du Légué. Elle y a vécu 98 ans.
À aujourd’hui 102 ans, quelques noms d’anciennes connaissances commencent à lui échapper. Mais le regard est encore clair et les gestes, vifs.
« Quand mes parents se sont installés, vers 1920, la maison n’avait pas l’eau courante. Alors mon père a installé une pompe, et a monté le tuyau jusqu’au grenier ! »

Un an à l’étranger

C’est dans cette maison qu’elle a vécu toute sa vie. Et c’est dans cette même maison qu’habite, encore aujourd’hui, l’un de ses cinq enfants.
Dans les années 1930, alors qu’elle a 18 ans, elle quitte pourtant le nid familial. « Je suis partie en Angleterre pendant neuf mois, pour apprendre la langue. Et j’ai passé l’été en Norvège » sourit-elle. Rien d’exceptionnel pour elle, dont les deux parents sont norvégiens.
À 21 ans, après un passage à l’École normale, elle commence à travailler pour le savon Briochin. Puis elle commence à travailler « aux bassins » avec son frère.
« C’était du cabotage entre Morlaix et Le Havre. On recevait beaucoup de café vert ! se souvient-elle en tapant doucement du poing sur la table. Il fallait payer pour venir récupérer les marchandises. »
Mais tout change en 1939. « Avec la guerre, il n’y avait plus de bateaux. Je suis devenue pionne à l’École normale pendant deux ans, avant que le bâtiment ne soit réquisitionné par les Allemands… »
Jusqu’en 1943, elle travaille alors pour un représentant de vins. « Je me déplaçais souvent en train, avec mon vélo. C’est pour ce métier que j’ai appris à en faire, à 25 ans ! D’ailleurs, il y avait une gare au Légué, côté Plérin, juste sur la place. »

Un commerce transformé

Un soir, en rentrant, elle trouve la maison vide. « C’était le 1er novembre 1943. Mes parents étaient sur le pas de la porte. Je n’ai même pas eu le droit de les embrasser. » Son frère est déporté à Buchenwald. Il en reviendra, en mai 1945.
Avec la fin de la guerre, Solveig Huck continue de travailler comme commissionnaire agréée en douane. « Ah, j’en ai dédouané des 2 CV ! Il y en avait beaucoup qui venaient d’Algérie, au moment du rapatriement ! »
Une partie des marchandises est encore, à ce moment-là, stockée à la maison du Bosco, une ancienne maison d’armateur, qui sert aujourd’hui de local à l’association du Grand Léjon. Mais presque plus rien n’arrive par bateau.
À la mort de son mari, elle passe l’examen pour devenir courtier maritime, alors qu’elle a 47 ans. Elle prend sa retraite à 61 ans.
Des vies multiples, dans un endroit qu’elle affectionne. Et peu de doutes concernant le futur du Légué. « C’est vrai qu’il y a encore peu de temps, le port périclitait. Chaffoteaux est parti, les dockers ont disparu… Les maisons étaient abandonnées. »
Aujourd’hui, le lieu a retrouvé des couleurs. « Ce ne sont pas les mêmes activités. Les déchargements se font plus vite, on reste moins longtemps… Mais le Légué continue à vivre. C’est ça qui compte. »

Le lundi 26 mai 2025, encore un record ! Ouest-France publie un article en page départementale pour ses 109 ans !




Liens

Article dans ce blog sur Oscar Hansen, cliquer ici

Sources

De nombreux éléments de l'histoire de Solveig Hansen ont été recueillis lors d'entretiens à Plérin en 2019, 2020, 2023. Les photos viennent d'un album souvenir offert par ses enfants et petits-enfants.

Les archives de Ouest-France et du temple protestant ont également été utiles.

Retour au sommaire, ici 




jeudi 21 mai 2026

Erling Hansen (1909-2008), médecin, protestant et Résistant


Erling Hansen (1909-2008)


Erling Hansen tient une place à part dans la communauté protestante des Côtes d'Armor en raison de la place qu'il a occupée au sein de l'Eglise. De par l'engagement de son père, dans les premiers membres fondateur de la paroisse, il a côtoyé tous les pasteurs se succédant de 1904 jusqu'en 2008, année de son décès. De par son parcours personnel dans les camps de concentration en Allemagne, il s'est forgé une foi et un engagement hors du commun. Lorsque la paroisse a été sans pasteur à deux reprises, c'est lui qui a assuré la présidence du Conseil presbytéral permettant ainsi la continuité de la vie de l'Eglise.

 
 
Origines et études

 
Erling Hansen est né le 13 mars 1909 au Légué à Plérin (22). Il est le fils d'Oscar Hansen, responsable de la communauté protestantes depuis les premières heures, et de Anna Magnussen. Erling fait ses études primaires à l'école du Légué puis va au Lycée de garçons de St Brieuc de 1921 à 1929 (actuel Collège Le Braz). Après son Bac, il rentre en prépa "Physique-Chimie-Biologie" puis entreprend des études de médecine. Il est désigné Président de l’Union Chrétienne de Jeunes Gens à Rennes (UCJG) en 1933, il fut en même temps, du fait de ses origines norvégiennes, Président du rassemblement des étudiants étrangers. Dans ce groupe il y avait autour de lui, des anglais, une écossaise, un gallois, une américaine, deux allemandes, une autrichienne … Comme interne en médecine, il débuta à l’hôpital de Saint-Brieuc, comme interne, avant de s'installer à son propre cabinet en 1938 (ou 1940?) comme médecin. C'est à l'hôpital qu'il rencontre sa future épouse qui exerçait comme infirmière.
 


A Saint-Brieuc

 
Suivant la voie tracée dans sa famille (fils d'Oscar Hansen, co-fondateur de la première association cultuelle protestante en 1906), il participe activement à la vie de cette église. En 1929, l’assemblée générale de l’Église méthodiste va l'élire conseiller presbytéral pour la première fois à l’âge de 20 ans. Il fait partie du bureau du conseil à partir du 5 février 1938 comme trésorier. De 1938 à 1940 il assure aussi le secrétariat du conseil presbytéral. Après ses années de déportation il restera membre du conseil presbytéral jusqu'en 1987.

Erling se marie à Maïe (Marie-Josephe Le Gouard, selon son état civil) le 4 juin 1938 à Saint-Brieuc. 
 
 
29 Juin 1938 annonce de mariage Hansen. Ouest-France

 
 
Léna va naître le 17 décembre 1941.
 
Annonce parue le 22 décembre 1941 dans Ouest-Eclair

 
Les membres de la communauté de St Brieuc connaitront leur fille Léna, née en 1941 (mariée avec Jean-Louis Saccardy) et leur fils Yann, né en 1943.


Erling Hansen en 1931 au Légué (22 ans)

 
 
L'accueil des réfugiés espagnols
 
 
On sait peu de choses sur l'aide apportée par Erling Hansen dans le cadre du Comité qui avait été créé par Louis Guilloux au moment de l'arrivée des réfugiés espagnols à Saint-Brieuc avant la Guerre 39-45.

Le pasteur Crespin y figurait en bonne place au nom de la communauté protestante, mobilisée sur le sujet. Un document d'archives mentionne Erling Hansen, comme médecin (en tant qu'interne ou déjà installé?) étant autorisé à se trouver sur le quai de la gare de Saint-Brieuc juste au moment de l'arrivée des trains. Ces rares personnes, le plus souvent responsables d'associations, étaient munies d'un laissez-passer.
 
Document 27 mai 1938. Archives départementales.

 
La Guerre 39-45
 
Erling Hansen est déjà médecin quand commence la Seconde guerre mondiale. Il est mobilisé le 25 août 1939 comme médecin-lieutenant dans le 109e Régiment d'artillerie lourde de Châteaudun. 
Son régiment part dans le Nord-est de la France, dans un secteur proche de la Ligne Maginot et du Luxembourg. Les Allemands attaquent, prennent vite le dessus et avec ses camarades ils sont capturés puis envoyés dans un camp de prisonniers, l'Oflag VI D, à Münster, en Westphalie.
 
 

Mai 1940, départ pour le Front. Daniel Manac'h prend la photo.
Einar, Solveig, Thorleif, Erling Hansen. Photo Solveig Hansen
 
 
Mai 1940, départ pour le Front. Daniel Manac'h prend la photo.
Famille Hansen et Manac'h. Photo Solveig Hansen
 
Un cousin norvégien, Solveig, Einar, Oscar, Anna, Erling et devant, Thorleif. Photo Solveig Hansen.
 
 
 
Engagement
 
 
Ce témoignage figure page 626 dans le livre " Les protestants pendant la seconde guerre mondiale, actes du colloque de Paris 1992. 
Supplément au Bulletin de l’histoire du protestantisme français, n°3 juillet, août, septembre 1994. Textes réunis par André Encrevé et Jacques Poujol".

"Je voudrais d'abord vous dire comment naquit ma résistance. J'étais médecin-lieutenant dans le 109e Régiment d'artillerie lourde de Châteaudun. Les plus gros canons tractés par des chevaux (20 chevaux par canon), nous sommes tranquillement montés jusqu'à l'extrémité de la Ligne Maginot et du Luxembourg, et là on s'enterra à moitié. Les Allemands ayant pris l'initiative, il a fallu redescendre, et nous avons été capturés dans le bois de Nancy, au Bois de Haye, puis envoyés prisonniers. Je fus envoyé dans l'Oflag 6D, à Münster, en Westphalie.
Nous étions mille officiers, environ 150 médecins, 50 protestants. Nous n'avions pas de pasteur et deux ou trois laïcs faisaient le culte le dimanche, comme ils pouvaient, bien maladroitement. 
 
Au bout de quelques mois vint l'ancien directeur des missions protestantes de Paris, le pasteur Émile Schloesing (biogaphie ici). Nous eûmes à partir de ce moment-là des sermons formidables que ma mémoire me permettait de transcrire presque intégralement chaque après-midi. J'écrivais à ma femme : "Grâce à lui, le moral est bon". Puis un jour je fus convoqué par le commandant de la Gestapo du camp : "Vous n'avez pas un nom français", me dit-il. "Non, je suis d'origine norvégienne", lui dis-je. "Ah, ah, de père ou de mère?". "De père et de mère". "Alors, me dit-il en colère, comment se fait-il que vous, pur aryen, vous soyez avec ces salauds de latins?". 
 
Il poursuivit en critiquant la France et les Français, mais s'il croyait me convertir il faisait fausse route. "Connaissez-vous des juifs?", me demanda-t-il . J'en connaissais : il y en avait deux dans mon régiment. Mais j'ai franchement menti, nettement, sans hésitation, en disant "Non!". C'est alors qu'il reprit : "Si par hasard vous en rencontrez, veuillez nous donner noms et adresses, parce que, voyez-vous, nous avons des camps spéciaux pour eux"... Deuxième raison pour faire de la résistance ! Puis il me dit :"Vous êtes de Saint Brieuc? Dans les Côtes-du-Nord?. "Oui", lui dis-je. "Alors vous connaissez des Bretons, des Bretons parlant breton... Voyez-vous, nous savons que certains Bretons se plaignent de la France. Alors nous avons l'intention de les convoquer et de leur expliquer que, dans certaines conditions, ils seront libérés avant les autres" !.
Voilà, les trois raisons de ma résistance : en une demi-heure, ce SS m'avait converti à la Résistance.

Lien pour accéder à un article sur le parcours du Dr Hansen dans les camps



 
Résistance 

 
De retour du camp où il était prisonnier, Erling Hansen reprend ses activités comme médecin place Saint-Michel à Saint-Brieuc, dans une ville occupée depuis le 27 janvier 1941. Il exerce aussi comme médecin scolaire et médecin de travail, ce qui l'amène à connaitre de nombreux secteurs et à beaucoup circuler.
Mais Erling Hansen est membre actif d'un réseau de résistance où se trouve aussi le pasteur Crespin. Ils effectuent des émissions de radio clandestines. 
 
Mars 1941 au Légué, Erling avec son épouse. Photo famille Hansen

 
En tant que médecin, Erling Hansen n'hésite pas à fournir de faux certificats médicaux pour que des jeunes gens soient dispensés d'une affectation en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (S.T.O). Mais toutes ces activités sont regardées par la police allemande, informée par des indicateurs.

 
Arrestation et déportation
Erling Hansen est arrêté par la Gestapo en novembre 1943 en même temps que le pasteur Crespin et d'autres membres de la paroisse. Il est emprisonné à St Brieuc puis à Rennes et déporté à Buchenwald puis Mühlausen.

Fiche Erling Hansen. Base de données Arolsen.
Fiche Erling Hansen. Base de données Arolsen.
Fiche Erling Hansen. Base de données Arolsen.


Fiche Erling Hansen. Base de données Arolsen.


Erling parvient à réchapper à l'enfer des camps en avril 45, mais en plus son action aura permis de sauver de nombreuses vies.

La lecture de ses mémoires fait apparaitre l'importance de sa famille et de sa foi protestante. Erling Hansen a pu se procurer du papier dans le camp et écrit au jour le jour. Pour bien comprendre le texte qui suit, Erling Hansen utilise le "nous" pour dire "je".

8 octobre 1944 : "Nous pensons aussi bien sûr à toute notre famille, à tous nos amis de St Brieuc, à tous ceux qui, ce matin, ont prié pour nous au Temple"

14 mars 1945 : "Commencé la rédaction de ma causerie sur le Protestantisme. Nous regardons les photos que nous avons de Maïe et des enfants. Nous le faisons souvent...mais nous n'avons pas voulu en parler encore. Nous les avons reçu dans un des colis!"

Jeudi 22 mars 1945 : "Pensé à l'anniversaire d'Einar"... "Le soir, fait une causerie aux malades sur conception-hérédité, comment se perpétue notre vie"

Lundi 26 mars 1945 : "Nous avons commencé à écrire une étude sur "Qu'est-ce que le christianisme?
Pourquoi la Réformation au 15ème siècle? Comment croire?
"


Les archives en ligne du camp de Buchenwald ont publié en octobre 2025 un article complet sur Erling Hansen avec une photo. La page est accessible en cliquant sur le lien suivant ici
 

 
 
De retour des camps après-guerre

Revenu à Saint-Brieuc, après le départ du pasteur Vidal, il débute dès 1946 comme prédicateur laïc et le 10 février le conseil l’appelle à sa vice-présidence. A partir de 1947 il assure les fonctions de trésorier de la Société d’Évangélisation de Bretagne qui regroupe les églises de Saint-Servan-Saint-Malo, Saint-Brieuc, Lannion-Perros-Guirec, Brest-Quimper, Lorient et Vannes.
Il exerce différentes responsabilités et conduit le culte le dimanche quand cela est nécessaire, rédigeant lui-même ses prédications.
 
 
En dehors de son engagement protestant, Erling Hansen est une figure importante de la Résistance. Il reçoit la Légion d'honneur  en 1952 des mains de René Pléven, alors Ministre de la Défense nationale. 
 
Le journal Ouest-France rend compte de cette cérémonie, avec beaucoup de détails, dans son édition du 19 mai 1952.
Aux côtés du ministre, on trouve notamment M. Fleury, le préfet, MM Le Cozannet et Maziers,  députés, M. Jézéquel, sénateur, M. Nicolas, maire de Saint-Brieuc, le Pasteur Marquer, l'abbé Barré, l'abbé Chéruel, tous les présidents d'associations de déportés et de Résistants.
 
René Pléven a tenu à montrer dans son discours que très souvent, la Légion d'Honneur était décernée à des personnes ayant accompli des actions d'éclat mais "en ce qui concerne le docteur Hansen, il s'agit d'une action d'éclat qui a duré plus d'une année, et dont chaque seconde a exigé un courage et une abnégation auxquels on ne saurait que rendre hommage."
 
 
 
"Erling Hansen est un des meilleurs français parmi les français" 
 
René Pléven


 
 
Lors de cette cérémonie, le docteur Hansen demanda à chacun "de garder le souvenir de ceux qui sont morts loin pour leur pays, et de rechercher toujours ce qui, au delà des opinions diverses, peut nous unir.
 
Évoquant les honneurs dont il était l'objet lors de cette cérémonie, il en reporta modestement tout le prix sur la formation humaine et religieuse que lui avaient donnée ses parents et qui fut toujours son soutien le plus efficace et le plus puissant".

 

 

Erling Hansen restera membre du conseil presbytéral jusqu’en 1987, après 47 ans de présence. Il  aura oeuvré pendant cette longue période auprès de sept pasteurs.
Maïe, son épouse, décède en 1994 à St Brieuc.


Inlassablement, le docteur Hansen intervient lors de colloques, de conférences. A La Roche Jagu en 1994, il va porter une parole de Paix :


"L'éducation doit corriger l'animalité de l'être humain"
 
Erling Hansen


 

 
 
Toujours en 1994, le 13 juin, le journal Ouest-France rend hommage à Erling Hansen dans un article :
 

Leur médecin briochin les avait tous maintenus en vie

Retrouvailles d'anciens de Buchenwald


Des anciens déportés des kommandos Schonebeck et Mülhausen du camp de concentration de Buchenwald se sont retrouvés samedi à Plérin, autour du médecin du kommando de Mülhausen, Erling Hansen.

Avec les veuves, ils étaient 91 à Plérin, dont la moitié d'anciens déportés. Anciens des kommandos de Schonebeck (1 200 déportés) et Mülhausen (600 déportés). Voilà 25 ans qu'ils ont pris l'habitude de se retrouver pour échanger leurs souvenirs, penser à leurs camarades morts, resserrer les liens de solidarité qui leur ont permis de survivre. Venus de toute la France, c'est la 2e fois (la 1re, c'était en 1980) qu'ils choisissent Plérin, la ville natale du médecin briochin Erling Hansen. 

Arrivé à Buchenwald en janvier 1944, Hansen a été nommé médecin du kommando Martha, celui de Mülhausen : 600 hommes qui travaillaient dans une usine Junker. Outre Erling Hansen, plusieurs habitants des Côtes-du-Nord étaient de ce kommando. Le Plérinais François Jegou, arrêté à Maël-Carhaix en août 1943, qui arriva à Buchenwald après un court crochet par Auschwitz, se souvient notamment d'Albert Hellien, plus tard maire de Lanrodec.

« Il y avait aussi un Briochin, Fromentin, mais je ne l'ai pas beaucoup connu. » Erling Hansen, lui, en, garde un souvenir net : « Il était boxeur et un peu masseur. Le directeur de l'usine où travaillait le kommando souffrait de crampes. Je lui ai conseillé Fromentin ». Après le premier massage, « il ne pouvait plus marcher. Il était furieux. J'ai dit à Fromentin d'y aller plus doucement. Et pendant un mois, ça lui a fait une soupe supplémentaire ». 

Erling Hansen a pu maintenir en vie ses 600 kommandos jusqu'

à la libération du camp : « Un cas unique », dont il est fier. « J'ai eu une chance », celui d'être sous la surveillance du SS Friedrich Hartz, un instituteur de 46 ans, entraîné contre son gré dans la tourmente nazi, qui fit tout ce qui était en son pouvoir pour aider les déportés : 

« A mon retour, tout le monde était contre les Allemands, et c'était bien normal, se souvient Erling Hansen. Mais je peux en témoigner, sans lui nous ne serions pas tous rentrés ».

 
En 1996, on le retrouve à la une de la presse locale pour la cérémonie aux lycéens martyrs de l'ancien Lycée Le Braz. Chaque année, c'est une cérémonie qu'il ne manque pour rien au monde.

Ouest-France, 11 décembre 1996



La presse locale ne manque pas une occasion de donner des nouvelles du docteur Hansen comme en 1998, dans un reportage sur la rue Chateaubriand dans le quartier Saint-Michel où Erling Hansen coule des jours tranquilles.



 
En 1999, avec André de Kerpezdron, il entreprend à l'âge de 90 ans de retracer l'histoire de la communauté protestante de Saint-Brieuc-Perros et d'en faire un album, comme on fait un album de famille. Il recontacte d'anciens pasteurs disséminés au quatre coins de la France, fait appel à ses souvenirs, consulte des archives... 
 
 
1999, 15 avril Ouest-France

 
 
 
 
 
La disparition d'Erling Hansen
 
 
Le docteur Erling Hansen décède le 27 mars 2008, à près de cent ans.  Cette nouvelle attriste de très nombreuses personnes car c'est un homme connu et estimé. 
 
La presse retrace les grandes étapes de sa vie.
 
 
29 mars 2008. Ouest-France

 
 

Texte intégral de l'article du 29 mars 2008 présenté ci-dessus

 

Né au Légué, de parents norvégiens, ancien élève du lycée Le Braz, de 1921 à 1929, et docteur en médecine, il exerçait place Saint-Michel où il fut arrêté sur dénonciation, le 2 novembre 1943. Résistant dans l'armée secrète du commandant Armand Vallée et brutalisé par la Gestapo après son arrestation, il est déporté à Buchenwald.

Couvert par son nom d'origine germanique et bénéficiant de son statut professionnel, Erling Hansen s'est aussitôt mis à la disposition des détenus, dont il partagea le sort inhumain. « Ma grande satisfaction est d'avoir pu ramener au camp 600 hommes du commando Martha, au complet, à la fin d'une marche épuisante de 100 km effectuée en quatre jours... J'ai eu une chance, nous disait-il en 1994, c'est d'être sous la surveillance du SS Friedrich Harz, un instituteur de 46 ans, entraîné contre son gré dans la tourmente nazie, qui fit tout ce qui était en son pouvoir pour aider les déportés. À mon retour, tout le monde était contre les Allemands, et c'était bien normal. Mais je peux témoigner, sans lui nous ne serions pas tous rentrés. » Tous les détails de cette période douloureuse ont été consignés dans un journal et des carnets. Erling Hansen ne quittera le camp de Buchenwald qu'avec les derniers détenus. C'était le 26 avril 1945.

Lors du centième anniversaire de la naissance de Louis Guilloux, il retrouve à Saint-Brieuc l'écrivain, ancien ministre espagnol, Jorge Semprun. L'auteur de L'écriture ou la vie fut l'un de ses camarades de déportation à Buchenwald.

Pilier de l'Eglise réformée, il a effectué un travail de titan pour retrouver la mémoire de la paroisse née en 1906. Son travail a débouché sur un album. André de Kerpezdron y a collaboré.

La cérémonie religieuse sera célébrée au temple de l'église réformée de Saint-Brieuc, 3, rue Victor-Hugo, lundi, à 15 h.

 
Les associations de résistants et déportés s'associent à la douleur des proches.



 
La municipalité de Saint-Brieuc organise plusieurs manifestations en 2015 pour les 50 ans de la libération des Camps de concentration.
L'évocation de la vie du docteur Hansen est un temps fort de ces célébrations.
 
 

 
 
Lors d'une cérémonie officielle, une plaque à sa mémoire est apposée sur sa maison à St Brieuc en 2015.
 
 

 

Texte complet de l'article du 27 mai 2015 illustré par la photo ci-dessus.
 

L'histoire

Né au Légué, de parents norvégiens, ancien élève du lycée Le-Braz de 1921 à 1929 et docteur en médecine, le Dr Erling Hansen exerce place Saint-Michel. C'est là, à 7 h, le 2 novembre 1943, qu'il est arrêté par les Allemands.

Son tort ? Le Dr Erling Hansen l'expliquait ainsi : « J'apprenais aux jeunes gens affectés d'office au Service du travail obligatoire (STO), comment se plaindre de fausses affections dont j'attestais la réalité sur le certificat médical que je rédigeais en leur faveur, car ils devaient après ma visite, subir le contrôle d'un médecin allemand. Et d'ajouter, non sans humour : C'étaient vraiment de beaux certificats de complaisance ! »

Torturé par la Gestapo, il est par la suite déporté à Buchenwald puis à Mühlausen. « Son statut de médecin et un surveillant, un Allemand, instituteur francophile, lui ont permis d'éviter le pire », a rappelé hier son fils après avoir dévoilé, en compagnie de Bruno Joncour, une plaque au 28, place Saint-Michel. « Toutes ces raisons lui ont permis d'en réchapper mais aussi de sauver la vie de nombreux détenus qui lui furent confiés. » Comme ce jour où il ramena au camp les 600 hommes du commando Martha, au complet, à l'issue d'une marche épuisante de 100 km effectuée en quatre jours.

« Il incarnait parfaitement les valeurs de l'humanisme, a pour sa part salué Bruno Joncour : Intellectuellement, spirituellement, physiquement, pratiquement. » Dr Erling Hansen était de ces Médecins de l'impossible dont Christian Bernadac a tiré un livre. Des hommes et des femmes qui virent, plus que quiconque, l'horreur se figer au plus profond de la chair. Hansen quittera Buchenwald le 26 avril 1945 avec les tout derniers détenus. Il s'est éteint à Saint-Brieuc en 2008.


Plaque commémorative sur la maison d'Erling Hansen,
place St Michel à St Brieuc (photo RF)



Erling Hansen en 2008. Photo famille Hansen




 
Médecin de l'impossible

 
Ci-dessous, cet article a été publié le 15 novembre 1968 à l'occasion de la sortie du livre Médecins de l'impossible de Christian Bernadac. 
 
L'histoire du docteur Hansen y est évoquée.

 
15 novembre 1968 Ouest-France

 
 

Transcription de l'article du 15 novembre 1968

 

Grâce à un médecin briochin, les 600 déportés d’un camp de concentration revinrent tous vivants

Dans les « Médecins de l'Impossible », consacré aux témoignages de 80 médecins déportés, notre confrère Christian Bernadac cite un cas unique dans les annales de la déportation : aucun décès ne fut constaté à Mühlausen, dépendant du sinistre camp de Buchenwald.

Six cents déportés affectés au commando de « Martha » ont résisté, onze mois durant, à la maladie. Malgré la sous-alimentation, malgré un travail pénible dans une usine d'armement, malgré aussi des sévices, tous étaient vivants, sinon en bonne santé, en avril 1945, à l'arrivée des troupes américaines.

Beaucoup devaient d'être encore en vie au médecin du camp.

Ce médecin était un déporté briochin, le Dr Hansen, actuel président de l’A.D .I.F. dans les Côtes-du-Nord. Le Dr Hansen nous a garanti l’authenticité de ce récit à peine croyable.

« Pendant de longs mois, j’ai tenu à jour à Buchenwald, puis à Muhlausen, mon cahier de déportation, des carnets que je noircissais au crayon. L’écriture s’est altérée. Mais Christian Bernadac a pu lire les 80 pages, que je lui ai adressées, avant de rédiger le chapitre concernant Muhlausen ».

 

Le directeur de l’usine voulait des hommes valides.

Avec 16 autres résistants, dont le pasteur Crespin et le commandant Vallée, le docteur avait été arrêté à son domicile le 2 novembre 1943. Le dénonciateur, un homme auquel il avait rendu service à de nombreuses reprises, a été condamné aux travaux forcés à vie.

Après quelques jours d’internement à Rennes, puis à Compiègne, le Dr Hansen arrivait à Buchenwald le 20 Janvier 1944

Le camp  de Martha ne se trouvait qu’à quelques kilomètres. Six

cent déportés de toutes nationalités y travaillaient à !a construction d’éléments d’ailes de Junker, les avions de la Wehrmach.

Il fallait un médecin pour soigner ces 600 travailleurs. Les S.S

désignèrent le Dr Hansen. Ils lui remirent quelques médicaments traditionnels, ridiculement insuffisants.

Les installations sanitaires étaient d'autre part inexistantes, malgré la promesse d'installer une infirmerie dans une maison close réservée jusque-là aux plaisirs des S.S.

Le Dr Hansen protesta auprès du directeur de l'usine : « Les hommes ne pourront travailler guère longtemps s'ils ne sont pas soignés. Donnez moi des médicaments et je vous garantis que tout ira bien ».

Le directeur de l'usine mit en cause le commandant des S .S. et fit tant de bruit que, pour sauver les malades, le Dr Hansen bénéficia de 20 marks par mois... Il obtint même l'autorisation de s'approvisionner à la pharmacie de Muhlausen.

« Le commandant S.S dont j’étais devenu le pire ennemi, me flanqua d’un sous-officier réserviste, du nom de Hartz. Instituteur dans le civil, cet homme âgé d'une quarantaine d'années détestait les nazis. I| avait été condamné à 3 mois de prison pour son hostilité à Hitler, ce que devaient ignorer ses supérieurs. Il parlait au surplus le français de façon convenable. De sorte que, préposé au rôle de garde-chiourme, il devint rapidement mon complice ».

 

Un traitement « de faveur »

Manœuvrant adroitement, le Dr Hansen en imposa aux S.S. et fit en sorte qu'ils eurent eux-mêmes recours à ses soins. Ceci évita aux déportés bien

des coups et leur fit bénéficier en même temps d’un traitement peu courant dans un camp de concentration.

Le rapport que le responsable de l’usine avait dressé contre le commandant de Muhlausen provoqua un contrôle des lieux.

« Martha » obtint son infirmerie et son médecin français, le droit de se rendre en « tram » à la pharmacie. On le chargea en outre de la surveillance sanitaire d'un camp de femmes hongroises et polonaises déportées, elles aussi, à Muhlausen.

Ces déplacements lui permirent d'entrer en contact avec plusieurs membres du Deuxième Bureau qui s'étaient glissés dans un groupe

du S .T.O. Ceux d'entre-eux qui ne connaissaient pas le toubib français l'identifiaient par le couvre-chef (un béret basque) du Dr Hansen.

Davantage que des soucis humanitaires, la peur d'un rendement insuffisant, et donc de déplaire, animait probablement le directeur de l’usine.

Mais qu'importe ! Le médecin briochin avait obtenu gain de cause sur toute la ligne. Les sulfamides, qui venaient de faire leur apparition, lui permirent de guérir bien des affections pulmonaires.

Des ulcéreux de l’estomac reprirent espoir. II put amputer des accidentés. Des malades purent recevoir des fruits vitaminés. Bien mieux, quelques autres furent admis à l'hôpital civil de Muhlausen.

Et chose ignorée, des S.S du camp, plusieurs civils sollicitèrent les soins du médecin français !

Le 4 avril, à l'approche des Américains, le commando réintégrait le camp de Buchenwald où les alliés faisaient leur entrée une semaine plus tard.

La plupart des déportés furent rapatriés entre le 12 et le 15 avril

Le Dr Hansen demeura au chevet des malades Jusqu'à la fin du mois.

Les carnets de captivité avaient échappé aux fouilles des S.S grâce à la vigilance de l'homme qu'ils avaient affecte à la surveillance du médecin.

Le sous-officier Hartz entretint, la guerre terminée, une correspondance suivie avec le Dr Hansen.

Mme Hartz a annoncé, il y a quelques années, le décès de son mari.

La vigilance des nazis avait été déjouée dans le camp même dont ils avaient la responsabilité. L'homme en qui ils plaçaient leur confiance les avait trahis.

Les 600 déportés de Muhlausen revinrent vivant. Ce qui comptait bien plus.

 

Y. Le Gac

 
 
Un témoignage
 
 
Gilles Rivière, né dans les années 50, conserve un souvenir amusant d'Erling Hansen :
"Erling Hansen, c'est le docteur qui m’a fait venir au monde. Comme pour ma mère bien bretonne, peu habituée aux noms étrangers, ce docteur avait "un nom à coucher dehors", elle disait simplement "Le grand docteur". Une fois, on l'a croisé dans le Passage de la Poste, elle l'a salué et elle m'a dit : "Tu vois, c'est  "Le grand docteur", c'est celui qui t'a mis au monde"... Sauf que, comme toute bretonne, elle avait du retard pour m'expliquer les secrets de la vie et du coup, je n'ai pas bien compris alors ce qu'avait vraiment fait ce grand docteur ! "
Gilles Rivière, novembre 2023

 
 
 
Le saviez-vous?
 
Erling Hansen était passionné par la culture bretonne et il était adhérent du Cercle Celtique du Penthièvre qui avait une très bonne réputation dans la région de Saint-Brieuc et bien au-delà. Il organisa une tournée du Cercle Celtique en Norvège en 1954. Roland Tostivint, un autre membre de la paroisse sera de cette expédition. 
Voilà comment Roland Tostivint raconte cette aventure dans l'édition de Ouest-France du 6 mars 1992 :  "Je ne connais rien à la musique. En 1954, le docteur Hansen m'a embarqué pour un voyage en Norvège. Avec Bernard Gauçon de Langueux, nous avons donné une représentation quotidienne pendant un mois avec un programme qui comportait cinq airs !"  (voir l'article sur Roland Tostivint en cliquant ici)
 
 
 
Sources
 

Archives du temple de Saint-Brieuc.

 
Documents transmis en 2018 et 2019 par Yann Hansen, fils d'Erling Hansen.

 
Manuscrit d'Erling Hansen sur sa vie pendant la seconde guerre mondiale. Fonds Hansen, bibliothèque André Malraux. St Brieuc
   
 
Témoignage d'Erling Hansen sur sa captivité au moment de la défaite des troupes françaises. Ce texte figure à la page 626 dans le livre " Les protestants pendant la Seconde guerre mondiale, actes du colloque de Paris 1992
Supplément au Bulletin de l’histoire du protestantisme français, n°3 juillet, août, septembre 1994. Textes réunis par André Encrevé et Jacques Poujol".
 
 
 
Lien pour accéder à un article de Ouest-France sur une commémoration devant la maison du Dr Hansen en 2015.

 
Histoire du camp de Dora, d'André Sellier, livre annoté personnellement par Erling Hansen. Bibliothèque André Malraux de St Brieuc

 
 
Base de données du centre d'Arolsen en Allemagne, cliquer ici
Cocher la case "J'accepte les conditions..." Ensuite taper le nom Erling Hansen dans l'outil de recherche
 


Thèse de Morgan Sedoud (présentation ici) réalisée entre  2019 et 2024, .

Cette thèse a été présentée le 11 décembre 2023 :  "Collecte des traces et effort de mémoire : Erling Hansen,résistant, médecin-détenu, rescapé et passeur. "

Sous la direction de Henry Rousso et de Dominique Varry.
Thèse préparée à Paris 8 , dans le cadre de ED Pratiques et théories du sens, en partenariat avec Institut d'histoire du temps présent (équipe de recherche).

Lien pour accéder à une présentation de cette thèse, cliquer ici



 
 
 
État civil et descendants d'Erling Hansen

 
Erling Hansen est né le 13 mars 1909 à Plérin, 22. Il est décédé en 2008.

Son épouse Maïe, de son vrai prénom Marie-Josephe Le Gouar est née à Trébrivan le 1er mars1909, elle est décédée le 12 juillet 1994. Une cérémonie présidée par le pasteur Guy Froment a eu lieu au temple de St Brieuc le 15 juillet 1994.

Erling et Maïe ont eu 3 enfants : 
 
Yves (1939-1939)
 
Léna (1941-2020) s'est mariée avec Jean-Louis Saccardy.
 
Yann est né le 18 septembre 1943, il a été baptisé au temple protestant de St Brieuc le 3 juin 1945 par le pasteur Élie Vidal. Yann vit dans la région de St Brieuc.
 
 
 
 
 
 
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