mercredi 6 mai 2026

Solange Weiss-Déaux, pasteur à Saint-Brieuc de 2004 à 2009



Solange Weiss-Déaux 2004-2009


Origines et études

Solange Weiss-Déaux est née en 1964 dans la région de St Etienne. Après avoir commencé des études d’institutrice à l’École Normale de Moulins sur Allier en 1983, et après avoir démissionné avant le terme, elle entame des études de théologie dans les Facultés protestantes de Paris et Montpellier (1987-1992). Après une pause pour la naissance de ses enfants elle reprend des études et s'engage dans un DEA en Nouveau Testament. 

Ses premiers postes

Son premier poste est à Aubagne (Marseille Sud Est 2) de 1998 à 2004, puis St Brieuc Côtes d’Armor (2004-juillet 2009), Nîmes (2009-2010) et Angoulême Nord Charente (2010-2018). Un nouveau défi l'attend avec le départ sur le poste de La Margelle (Cité de la Paillade) dans l’EPU de Montpellier en juillet 2018. 


En Bretagne

Quand elle devient le pasteur de la communauté de St Brieuc-Perros après le départ de Caroline Engel en 2003, elle continue avec beaucoup d'énergie le travail mené pour le dialogue inter-religieux, les cafés théologiques... (voir ses initiatives dans cette rubrique). Elle a aussi était la cheville ouvrière, aidée par d'autres bénévoles, de l'association (loi 1901) "Autrement lire, Autrement dire ». 
Solange Weiss-Déaux quitte la paroisse en juillet 2009 et son poste reste vacant pendant un an.


Sources
Nombreux articles de Ouest-France.

Archives de la paroisse.

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Solange Weiss-Déaux elle-même.

Solange Weiss-Déaux dans le temple de St Brieuc


 
Solange Weiss-Déaux dans la presse locale entre 2004 et 2008
 

13 mars 2004. Ouest-France

Église réformée : nouvelle pasteure

2004. Photo Ouest-France

Solange Weiss-Déaux, 40 ans, prend les rênes de l'Église réformée du département. Pasteure à Aubagne pendant six ans, après une formation à Roubaix, elle ne connaît à peu près rien de la Bretagne où elle pensait venir en vacances prochainement !

Elle participe, ce dimanche, à l'assemblée générale de la paroisse, où elle rencontrera pour la première fois l'ensemble de la communauté. Une première visite avant de poser effectivement ses valises avec son mari et ses trois filles, début juillet. « Je suis contente d'arriver dans une communauté minoritaire, plutôt que dans une communauté historique. Il y a un autre souffle. La paroisse est minoritaire depuis toujours ; elle est aussi en développement depuis toujours. »

Solange Weiss-Déaux, outre son travail d'animation de la communauté, envisage aussi de poursuivre ce que Caroline Engel avait entamé. A commencer par le café théologique. « Cela fait partie du témoignage que l'on doit donner et la forme convient bien aux réformés. »

Elle est aussi favorable au travail en commun avec les autres Églises : « Le but n'est pas de rassembler tout le monde. On peut faire des choses ensemble si on ne considère pas l'autre comme hérétique. Le dialogue interreligieux sculpte ses propres convictions. On sent les distances, on précise aussi sa propre foi. »

Le conseil presbytéral assurait l'animation de cette communauté dispersée pendant la période de vacance. « Je vais travailler en tandem avec ce conseil. Notre fonctionnement est complètement collégial. Toutes les décisions seront prises ensemble. Il y aura des priorités car je ne pourrai pas être partout. »

 

27 décembre 2004. Ouest-France

Le culte de Noël de l'église réformée

 

Solange Weiss-Déaux 2004. Photo Ouest-France
 
Bravant la grêle et une pluie de neige fondue, une quinzaine de paroissiens a pris part samedi matin au culte de Noël de l'église réformée au temple de Perros-Guirec. Pour la circonstance, la petite salle de la rue de La Poste avait été sobrement décorée : quelques bougies rouges, un peu de lierre, du houx et des pommes de pin saupoudrées de neige.

Solange Weiss-Deaux, pasteur de la paroisse des Côtes-d'Armor rappelle qu'à Perros-Guirec, les pratiquants se réunissent une fois par mois. « Mais l'été, le culte est célébré tous les dimanches car il y a beaucoup de touristes alsaciens, des Anglais et des Hollandais aussi », constate-t-elle. Samedi, le pasteur a parlé de la nuit de la nativité dans l'évangile de Luc mais en fait son message était tout autre : « Il faut sortir de la crèche, être lucide sur ce qui se passe sur la terre d'Israël et de Palestine. Il y a encore des gens qui veillent sur la paix ; ils ne font pas la une de l'actualité mais ils existent. » Et le pasteur insiste : « Il y a plus de 2 000 ans, la naissance du Christ n'a pas fait plus de bruit que les faiseurs de paix d'aujourd'hui et pourtant, à cette époque, un message de réconciliation s'était fait connaître. »

 

 

25 août 2005. Ouest-France

Cent personnes à la découverte de la chapelle de Fréhel


Photo Ouest-France
 

Mardi, l'association des Amis de la chapelle du Vieux Bourg, a organisé une visite de la chapelle. Une équipe oecuménique, composée de Paule Roussel, bibliste ; de Solange Weiss-Deaux, pasteur de l'Église réformée de Saint-Brieuc ; du père Patrick Gauthier et de Jean-Pol Pimor, président de l'association et historien local, a travaillé au décryptage des symboles de la chapelle.

La centaine de visiteurs présente a découvert le sens caché des couleurs et des structures de cette chapelle. À la fin de la visite l'équipe a répondu aux questions de l'assistance.

 

 

23 décembre 2005

Parole de Lumière pour les protestants réformés

 

Solange Weiss-Déaux est pasteure de l'Église protestante réformée à Saint-Brieuc et Perros-Guirec. Pour sa petite communauté de fidèles, Noël « est une parole de lumière. Nous sommes les relais de cette lumière pour la faire passer de l'un à l'autre. Mais la fête véritablement fondatrice c'est Pâques. D'ailleurs, le culte de Noël ne connaît pas de pic d'affluence au temple. Indépendamment du folklore, Noël nous permet de retrouver des valeurs évangéliques de Paix et de fraternité. C'est important de le rappeler, même si ces valeurs ne sont pas exclusivement chrétiennes : la société dans son ensemble choisit cette période pour les promouvoir. On le voit encore cette année avec la sortie opportune du film Joyeux Noël. C'est un témoignage de fraternisation. Cette fraternisation permet d'affronter le lendemain, même si celui-ci est difficile à assumer ».

Du coup, la pasteure s'interroge : « Pourquoi ne pas poursuivre cette démarche au-delà de la période ? On n'ose peut-être pas aller assez loin : pourquoi Noël ne deviendrait pas une fête laïque de la Paix et de la fraternité ? C'est l'occasion de faire passer un message, une parole d'espérance pour un temps de crise. Donc à mon sens un message d'Évangile. »


 

11 avril 2008. Ouest-France 

Café théologique

 

2008. Photo Ouest-France. Au premier plan à gauche Bernard Lenot et à droite Magali Lenot
 

Un café théologique s'est tenu Chez Rollais, et le thème du soir, « Faut il enseigner le fait religieux à l'école ? » est certainement aussi vieux que le bistrot hébergeur. Les règles du jeu du café théologique, qui ne s'adresse pas uniquement à des croyants, animé par Solange Weiss-Déaux, pasteur de l'église réformée, et le père Valentin, catholique, sont simples : respect absolu de l'opinion de l'autre, utilisation du « je ».

Après l'introduction au débat, « où en est-on depuis le rapport Régis Debray en 2002, préconisant la formation de tous les enseignants au fait religieux dans le but d'enrayer l'inculture judéo-chrétienne qui a modelé notre société ? », commencent les échanges. Que met on dans le « fait » religieux ? Car le terme employé par le législateur est « flou » et le « choix du vocabulaire n'est pas anodin ».

Les enseignants reçoivent-ils une formation, ou disposent-ils de fiches, en sachant que cet enseignement ne constitue pas une nouvelle discipline en soi ? Le fait religieux, ce n'est pas l'histoire des religions. Sur quelles bases nos sociétés se sont-elles construites ? Il est nécessaire de le savoir le plus tôt possible, pour lutter contre l'inculture actuelle. Le point de vue selon lequel le rôle de l'école est de former des enfants avec une tête bien faite, plutôt que bien pleine, a rassemblé les suffrages.

 


26 septembre 2008

Rencontres autour de la parole

2008. Photo Ouest-France. Solange Weiss-Déaux et Agnès Chevalier.
 

Pour la jeune association culturelle protestante « Autrement lire, autrement dire », c'est une première. Elle organise, samedi 27 septembre, une journée riche en rencontres. « Un temps à vivre », précise Solange Weiss-Déaux, vice-présidente de l'association, sur le thème de « que vaut la parole » ? 

Autour de ces paroles « qui résistent et qui libèrent », la parole sera exposée à la croisée des regards du poète et du chanteur (Jacques Bertin), du philosophe (Olivier Abel), du psychiatre (Anne Henry), de l'historienne (Véronique Mehl) et du théologien (Laurent Gagnebin). « L'esprit de la rencontre ne sera pas celui de la conférence, mais celui de la conversation », précisent les organisateurs, qui espèrent rencontrer des personnes qui viennent d'horizons différents, mais qui oseront dire « je » en conversant avec les autres.

La journée de rencontres commencera à midi au temple réformé de Saint-Brieuc et se terminera par le récital de Jacques Bertin, à 21 h, à l'auditorium du CAP à Plérin.

 

Bibl'Armor

En 2008, sous l'impulsion du pasteur Solange Weiss-Déaux, les statuts de l'association "Bibl'Armor" ont été déposés. Cette association Loi 1901 se définit de la manière suivante : Association œcuménique, regroupant des membres de diverses églises (Catholiques, ERF, Évangéliques), chacun venant à titre individuel ; l'association s'est toujours voulue culturelle et non cultuelle.
Ses objectifs étaient principalement de promouvoir sur St Brieuc et le département des Côtes d'Armor la Bible comme Patrimoine Mondial de l'Humanité à travers des expositions et d'autres évènements.
L'association a par exemple proposé une visite guidée de la chapelle Notre Dame du tertre à Chatelaudren car elle est réputée pour ses scènes de peintures bibliques du XVème siècle. Une exposition "De la parole à la peinture" a été ouverte au public pendant une semaine en 2010 à l'Espace Lamennais à St Brieuc avec en clôture une conférence d'Eric Denimal, auteur du livre "La Bible pour les nuls".
L'association n'a malheureusement pas poursuivi ses activités...

En 2010, un beau projet d'exposition et de conférences sur "Bible, patrimoine de l'humanité" mobilise la communauté protestante au sein d'un comité de pilotage avec des catholiques et le pasteur de l’Église évangélique. Agnès Chevalier représente l’Église Réformée aux différentes réunions.
Cette exposition a été vue dans 5 villes en 2009, Monaco, Nîmes, Strasbourg, Vannes avant de venir à St Brieuc. Elle a ensuite été inaugurée officiellement au siège de l'UNESCO en février.

Une pièce de théâtre reprenant l’Évangile de Marc a également été présentée au public.


            

 
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Georges Bessis (1915-1945), éducateur, protestant et Résistant

Venu en Bretagne, à côté de Dinan, pour prendre la direction d'une maison de jeunes délinquants, Georges Bessis est arrêté en 1943 dans le cadre d'une vaste rafle qui touche le milieu protestant avec dans les personnes les plus en vue le docteur Hansen et le pasteur Crespin. Georges Bessis sera déporté et ne reviendra pas des camps de la mort.

Un hommage a été rendu aux déportés et fusillés du Hinglé en mai 2024 (cliquer ici)


 

Les années de jeunesse

Georges Amran Bessis est le fils d'Henri et Georgette Bessis. Il est né d'un père marocain et d'une mère originaire de Morlaix. Ses parents se marient à Casablanca en 1914 où Georges est né lui-même, un peu plus tard le 9 avril 1915. 

C'est au Maroc qu'il fait la connaissance du scoutisme unioniste qu'il fréquente avec son frère, prénommé comme son père, Henri.

Carte d’Éclaireur unioniste de Georges Bessis.1929 Photo famille Bessis

Carte d'Eclaireur unioniste de Georges Bessis.1929 Photo famille Bessis

Georges Bessis se convertit, se fait baptiser par le pasteur Jean Jousselin et s'engage dans le protestantisme. Ses écrits de jeunesse révèlent une personnalité tournée vers le mysticisme, le Christ est son modèle.

Sur le plan professionnel, il travaille dans une étude de notaire et suit des cours de droit le soir.

 

La Guerre

Georges Bessis va être pris dans le tourbillon des années où la guerre se prépare. 

Il effectue son service militaire à la caserne Bessières, Porte de Saint Ouen, en 1936 (classe 1935).


 

Après ses deux années de service, il est mobilisé en mars 1939. Il se marie le 6 novembre 1939 au Temple d'Alençon avec Adeline Doranlo, éducatrice de jeunes enfants à Paris rencontrée dans le milieu du scoutisme protestant. 

Photo de mariage 1939

 

Alors que la guerre est imminente, il consigne ses réflexions dans un carnet.


 

Sa Compagnie est sur le front de guerre lors de l'attaque des allemands le 24 mai 1940. La Compagnie et le reste de l'armée reculent vers Lille le 26 mai et elle est plusieurs jours sous les obus. Georges Bessis est blessé par des morceaux d'obus qui le touchent aux bras et à la tête le 31 mai à Haubourdin. Il est évacué vers l'hôpital Saint-Sauveur dans les faubourgs de Lille où il est opéré le 4 juin. Réformé le 14 août, il rentre à Paris. 

 

Son frère, Henri Eugène Moïse BESSIS, est tué le 14 mai1940 à Haguenau dans le Bas-Rhin alors qu'il est ambulancier dans l'armée au 81e bataillon de chasseurs à pied. Henri Bessis était né le 25 août 1913 à Paris 9e arrondissement, il avait 26 ans...

 

La rencontre avec Jean Jousselin

Revenu dans le milieu protestant à Paris après sa blessure, il établit une relation forte avec le pasteur Jean Jousselin, pasteur de La Maison Verte en 1941, rue Marcadet dans le 18e arrondissement. C'est Jean Jousselin qui le baptise en 1941 et qui lui propose alors un poste d'évangélisation avec la Mission Populaire Evangélique. 

Jean Jousselin a créé le Comité protestant des Colonies de Vacances en 1943 qui permettra d'organiser le sauvetage de 85 enfants juifs. Jean Jousselin sera désigné comme "Juste entre les Nations" en 1980. 
 
Jean Jousselin est Commissaire national des Éclaireurs Unionistes et Directeur du Centre de Jeunesse de Sillery à Savigny-sur-Orge. C'est l'école des cadres de la Jeunesse.

J. Jousselin recrute Georges Bessis.
Il travaille avec Jean Laborey au Ministère de la Jeunesse dont dépend le Centre.

Georges Bessis est d’abord éducateur puis Directeur adjoint, puis Directeur du centre de formation de Sillery (de septembre/octobre 1940 au printemps/été 1941) qui prépare des futurs directeurs de centres de jeunes chômeurs en 3 semaines 24/24, ces Centres sont répartis dans toute la France pour échapper au Service du Travail Obligatoire.
Il dirige neuf camps de Sillery d'août 1940 au mois de mars 1941. Il est nommé Chef de Centre pour la quatrième session de formation à Sillery le 24 octobre1940.

Georges Bessis est ensuite nommé Directeur d’un centre de formation au Château de Montry (Est de Paris), début avril 1941, toujours pour former des responsables de centres de jeunesse jusqu’à la fin de l’été 1941.
 

Georges Bessis, chef du Centre rural de Montry.1941

 

Dans le journal Ici les Jeunes on trouve un compte-rendu de l'ambiance dans la septième session de Sillery, dirigée par Jean Jousselin. La promotion prend le titre de Ténacité.

Au paragraphe Des constructeurs, c'est de Georges Bessis dont il est question :

"Il faut aussi rendre hommage au chef de Centre Bessis, à son adjoint Meillant, et à son jeune chef de chantier Masse. Jeunes parmi les jeunes ils ont su nous faire réfléchir, par des mots d'ordre appropriés et utiles, au relèvement du pays. Aujourd'hui, nous sommes convaincus que la vie n'est pas plus pour certains un fardeau, que pour d'autres une série de plaisirs, mais qu'elle est pour tous un service et que, même au milieu des dés illusions de l'existence, elle vaut la peine d'être vécue lorsqu'on a la patrie à soutenir et un patrimoine à défendre".

Publication Ici les jeunes. 8 février 1941

Le 7 mai 1941, Jean Jousselin est révoqué  de son poste au Ministère de la Jeunesse pour des problèmes politiques et reprend du service pastoral à Montmartre à la mission populaire « La Maison Verte ».

Jean Jousselin en 1945


Georges Bessis travaille alors pour le Ministère de la Jeunesse (de septembre 1941 à mars 1942), au Château de Madrid (en bordure du Bois de Boulogne), il s’agit de l’Ecole Supérieure des Cadres pour les adolescents et les jeunes chômeurs puis à Marly le Roi (Château du Val Fleuri) en tant que Directeur adjoint, le Directeur est M. Thiebault.


Une nouvelle orientation professionnelle

Après la rencontre avec Jean Jousselin, Georges Bessis va faire la rencontre de Charles Péan, Major de l’Armée du Salut. 

Charles Péan de l'Armée du Salut.

Charles Péan est sollicité pour aller voir ce qu’il serait possible de faire pour améliorer un centre de délinquants proche de Dinan dans les Côtes-du-Nord. Cette histoire est racontée dans le livre Ker-Goat. Le salut des enfants perdus.

Dans la préface du livre Charles Péan lui-même raconte son arrivée sur les lieux :

« C’est ainsi qu’en décembre 1941, dans les Côtes-du-Nord, je découvris une ferme sordide, flanquée de baraquements lépreux : le « Centre du Hinglé ». Il faisait froid et les pluies saisonnières avaient transformé les chemins en fondrières. Encadrés par quelques très jeunes gens, inexpérimentés et dévoués, des enfants étaient là, loqueteux, sales, malheureux, au nombre de quarante à cinquante, de 14 à 15 ans.

Plusieurs étaient couchés de jour et de nuit, faute de vêtements et de sabots, et parce qu’ils avaient froid. Il n’y avait pas d’eau, sauf celle apportée à bras d’homme ; pas de lumière, sauf celle des courtes journées d’hiver ; pas de lits, sauf d’immondes grabats…

Il n’y avait ni principes, ni méthodes, ni argent, ni  vivres… Bref tout manquait, sauf le mépris des voisins, l’inquiétude des autorités, l’antipathie des notables. Tout était décevant, repoussant.

Je fus consterné. Je ne pouvais me défendre d’établir certaines analogies entre ce que j’avais vu tant de fois au bagne de Cayenne et ce qui était ici. La perspective d’un autre combat à livrer m’était insupportable. Je voulus fuir, retourner chez moi à Paris… »


Le découragement de Charles Péan n’est que de courte durée et pensant au sort de ces jeunes, il entreprend d’accepter cette mission :

« La tâche fut dure. Il fallut tout changer : quitter les locaux impropres, rompre avec les habitudes mauvaises, renouveler les cadres…

Enfin, au printemps 1942, comme des tâches plus étendues m’éloignaient peu à peu de la Bretagne, j’installais au Centre Georges Bessis, un homme, un chrétien, un chef".


Le 3 février 1942, Georges Bessis est appelé à se présenter pour prendre la direction de cette maison de jeunes délinquants placés après avoir été jugés.

Il se rend à Ker Goat, au Hinglé, proche de Dinan, dans le cadre de l’Association pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence des Côtes-du-Nord.Le centre est composé d'une très grande maison, une sorte de petit château, et de baraquements placés les uns contre les autres dans la lande.

Lever du drapeau à Ker-Goat. A gauche, les baraquements des jeunes et à droite, ceux des adultes. Photo Robert Basset

 

Nouvelle direction, nouvelles méthodes

Georges Bessis prend la direction le 11 mars 1942, il a 27 ans.

Rapidement, il institue de nouvelles règles et de nouvelles méthodes car à cette époque les faits de maltraitance sont courants dans le milieu de l'éducation des jeunes délinquants envoyés par les tribunaux.

Georges Bessis. Le Pays de Dinan 2016. Photo Robert Basset

Toujours dans le livre Ker-Goat. Le salut des enfants perdus, Henri Joubrel qui a succédé plus tard à Georges Bessis raconte son arrivée à Ker Goat :

« Un jeune homme, brun, athlétique, descend l’escalier. Il est vêtu d’un blouson bleu marine, d’une culotte courte et de bas blancs. Il se présente :

Georges Bessis, chef du centre.

Quelques mots d’accueil, puis il s’excuse, car c’est le moment du rassemblement.  Nous sortons sur le perron. Une cloche s’agite longuement, et fait sauter un écureuil dans les branches d’un hêtre… 

Une multitude de sabots claquent dans les allées. Comme par enchantement, six filles de dix garçons apparaissent soudain groupées face au chef ».


 

La vie quotidienne à Ker-Goat

Les baraques, logements des gars.


La poussinière où Adeline Bessis faisait la classe. Noëlle Bessis  y aurait appris à lire

 

"Sport-Hébertisme derrière les baraques" : marche, course, saut...

Le 12 septembre 1943, évolution sportive à Ker Goat.

 
1945 Moment de détente dans la piscine naturelle d'une carrière

 

12 septembre 1943, le Président Harivard en visite à Ker-Goat


Ker-Goat fait la Une dans la presse


 



Une enquête en plusieurs volets du Petit Parisien sur « L’aide à l’enfance malheureuse » aborde dans sa troisième partie, le 12 août 1943, ce qui se passe au Hinglé. Le titre est éloquent : « Près de Dinan, une œuvre admirable épargne aux enfants condamnés l’affreuse promiscuité des colonies pénitentiaires ».
Le journaliste Edmond Tourgis se pose la question du placement des petits délinquants dans des colonies pénitentiaires  « sans même qu’il ait été recherché s’il ne demeurait pas en eux une parcelle de bon terrain ? ». Il plaide pour un discernement dans les peines et dans le fait que tous les enfants ne devraient pas être mélangés car certains peuvent s’en sortir mieux que d’autres : « La répression excessive a ses dangers, singulièrement quand il s’agit d’enfants. La colonie pénitentiaire, n’est-ce pas comme si on envoyait soigner des pneumonies auprès de tuberculeux ! ».
Une description de « Ker-Goat, centre fraternel » donne vie à cette idée généreuse :
« Près de Dinan, le centre d’éducation de Ker-Goat reçoit les petites délinquants âgés d’au moins treize ans et peut les garder jusqu’à vingt ans, selon la décision du tribunal. Dans les bois qui entourent le village du Hinglé (Côtes-du-Nord) ce centre est une ferme. Fondé sur de louables initiatives, l’établissement est devenu officiel depuis qu’un délégué du commissariat à la Famille le dirige.
Comme les enfants placés ici cultivent eux-mêmes « leurs terres », ils sont convenablement alimentés, et il suffit de voir leur visage pour n’en pas douter. Ils ont quelque chose de plus, et qui est l’idée maîtresse de cette œuvre : ils oublient qu’ils sont des condamnés puisque ceux qui les dirigent l’oublient eux-mêmes.
Pas de garde-chiourme au Hinglé ; les mains n’ont pas de trique, elles se tendent fraternellement.
Ils sont là trente-cinq, répartis en équipes selon leur choix. Les uns, la plupart, travaillent la terre, d’autres la pierre parce qu’une carrière de beau granit bleuté est toute proche. Il en est qui apprennent le métier chez le menuisier et le forgeron du village.
Deux jeunes hommes sont adjoints au directeur comme chefs de chantier. Le responsable de chaque équipe est choisi parmi ceux des enfants qui se sont révélés les plus désireux, donc les plus aptes, à redevenir le plus rapidement et pour toujours d’honnêtes gars.
Placés là par décision de justice, ces enfants ont l’illusion d’être à peu près libres. Le dimanche ils sortent avec une permission désignant l’endroit où ils ont demandé à aller. Et ils rentrent à l’heure. Il n’y a jamais eu jusqu’ici la moindre tentative de fugue.
M. Bessis, le directeur, habite Ker-Goat avec sa jeune femme et leur fille.
-Nous prenons nos repas avec eux au réfectoire, me dit-il. Je me suis imposé cela pour le « climat ».
Excellente chose en effet, que ce directeur aiguillant, sans en avoir l’air, jusqu’aux franches conversations des repas. Quant à la présence parmi ces pauvres enfants déchus d’une jeune femme et de son bébé, c’est pour eux une atmosphère familiale dont ils apprécient confusément la douceur.
-Comme vous devez le penser, me dit M. Bessis, ces enfants ne sont admis à Ker-Goat, qu’après une enquête sociale très minutieuse…
Mais tous ceux qui viennent là eussent été envoyés aux colonies pénitentiaires sans cette œuvre, et c’est cela dont il y a lieu de se féliciter.
-« Frisé », tu as reçu une lettre de ta maman ce matin ?
-Oui, m’sieu.
Sa mère, une prostituée alcoolique qui le battait…
Le visage de l’enfant change cependant à cette seule évocation. Il l’aime malgré tout, sa mère, et c’est assez émouvant.
Pauvre gosse !"

La Résistance

En Bretagne Georges Bessis ne tarde pas à prendre des contacts avec la Résistance. On apprendra plus tard qu'il faisait partie d'un réseau organisé de résistance appelé Libération.

On peut dire aussi qu'il avait une certaine proximité avec les protestants les plus engagés comme le docteur Hansen et le pasteur Crespin de St Brieuc qui  eux aussi, seront arrêtés dans le cadre d'une opération coordonnée. Son dénonciateur dira au procès, le 26 juin 1945 après-guerre, qu'il avait vu Georges Bessis au cabinet du docteur Hansen.

Georges Bessis dirigera Ker Goat jusqu'au 2 novembre 1943, jour où il est arrêté pour possession d'un poste émetteur. D'autre part "ses sentiments anglophiles étaient considérés comme dangereux pour les jeunes de son centre". (Fiche de l'Association Flossenbürg)

 

La Déportation

Fiche de Georges Bessis à Flossenburg. Source Arolsen

Dans un premier temps, Georges Bessis est détenu à St Brieuc puis à Rennes jusqu'au 17 janvier et il est  transféré vers le camp de Compiègne (départ le 22 janvier 44) avant d'arriver à Buchenwald en Allemagne le 24. 

Georges Bessis, Erling Hansen et Yves Crespin vont rester très unis jusqu’à leur transfert vers des camps différents.

Tout le temps où Hansen, Bessis et le pasteur Crespin étaient ensemble, ils se retrouvaient chaque jour dans le camp de Buchenwald pour prier. Erling Hansen raconte, en 1994, un moment qu’il n’a jamais oublié :

« Nous sentions confusément, que notre séparation pouvait survenir à tout moment ; comme d’habitude nous étions seuls tous les trois dans notre baraque ! Cette fois le pasteur semblait plus inquiet, comme s’il pressentait cette épreuve de la séparation, et que celle-ci allait survenir !

Après nos prières à tous les trois, faites pour notre église, nos familles, et pour nous-mêmes, le pasteur Crespin voulut nous communiquer ses appréhensions, d’abord, ses vœux ensuite, pour Bessis et pour moi.

Avec toute sa force de persuasion, et toute sa foi communicative, il nous dit : « Nous allons bientôt être séparés, ceci va-t-il être notre dernière rencontre ? Je ne sais, mais quoi qu’il arrive, de toute la force de mon âme, je demande une chose à celui ou ceux qui survivront à cette déportation, à toi Erling, à toi Georges, si je meurs de me remplacer pour l’annonce de l’Évangile…

Très émus, unis par les mêmes pensées, en nous tenant les mains, Crespin nous dit alors : « Rappelons-nous toujours chers amis, que quoiqu’il arrive à l’un ou l’autre, nous nous retrouverons ensemble là haut avec le Seigneur ».

Cette séparation fut définitive, chacun ayant été désigné pour un commando différent, nous ne nous sommes jamais revus ici-bas".

Georges Bessis est transféré à Flossenbürg le 24 février 1944. Affecté au Kommando de Johanngeorgenstadt, dépendant de
Flossenbürg, le 6 mars 1944 d'où il est évacué le 16 avril 1945, par train. 

Le kommando de Johanngeorgenstadt est évacué le 16 avril 1945, par train. Départ le soir à 20 h. Le 18, arrêt en gare de Neu Rolhau (Nova Role). Débarquement et marche le 19 jusqu’à Karlsbad (Karlovy-Vary). Stationnement du 20 au 25 en gare. Reprise de la marche le 26 par Doubi, Rokov, Bochov, Lubenec, Dolansky, Zilhe et Blatno. Embarquement sur train à Blatno jusqu’à Lovosice, près de Theresienstadt (Terezin).

Après plusieurs jours de marche forcée, Georges Bessis arrive à Terezin (Theresienstadt) le 6 mai 1945. Il est libéré par les Russes à Terezin dans la nuit du 8 au 9 mai 1945 mais décède du typhus à l’hôpital à Terezin le 12 mai 1945. Il avait 30 ans.

Il sera accompagné jusqu'à sa mort par Jacques Adam qui survivra et pourra ainsi témoigner des derniers moments de Georges Bessis. (voir ci-dessous)

22 Août 1945 Témoignage Jean Adam.


A titre posthume, Georges Bessis sera médaillé de l'Ordre de la Libération par décret du 31 mars 1947.



Attribution de la Médaille militaire à Georges Bessis. 1960.


Attribution de la Médaille militaire à Georges Bessis. 1960


Les traces de Georges Bessis dans la mémoire collective

Un hommage a été rendu aux déportés et fusillés du Hinglé en mai 2024 (cliquer ici)

Le nom de Georges Bessis figure sur le monument aux morts de Dinan et sur celui du Hinglé.

Monument aux morts à Dinan. Georges Bessis, déporté.

 

Une rue Georges Bessis a été donnée au Hinglé (22).

La presse locale a relaté la visite de Noëlle Bessis, fille de Georges, lorsqu'elle s'est rendue au Hinglé le 20 juin 2017.

Sur la photo Ouest-France ci-dessous, on reconnait Jacqueline Bessis, nièce de Georges Bessis, Noëlle Bessis fille de Georges Bessis, Danièle Tréggia amie d’enfance de Noëlle et Gérard Berhault, maire du Hinglé. (ci-dessous un peu plus bas, la famille Tréggia en 1936, extrait du recensement)

 

Noëlle Bessis, 2e à gauche. Photo Ouest-France 20.06.2017

 

1936, famille Tréggia, recensement Le Hinglé, archives 22

Le centre de Ker Goat a été nommé Centre d'éducation Georges Bessis-Ker Goat.  

En 1951, Ker Goat déménage dans la propriété du château de Pont-Phily à Pleurtuit (Ille-et-Vilaine).

 

Centre Georges Bessis à Pleurtuit. Carte postale Musée de Bretagne

 

Ker Goat après Guerre

La bienveillance et le chant font partie des nouvelles façons de faire avec les jeunes pour Paul Lelièvre, le successeur de Georges Bessis et son adjoint Jacques Dietz (fils du pasteur Frédéric Charles Dietz, en poste à Vannes après 1945 et décédé à St Brieuc en 1963).

Le personnel de base comprend aussi Aimé Le Foll et Roger Riffier, enseignant. Roger Riffier et sa famille logeaient dans le grand bâtiment en granit de Ker-Goat qui appartenait à Madame Romasoti. Au rez-de-chaussée se trouvait la salle de classe, appelée L'Hermitage. Une imprimerie, comme dans la pédagogie Freinet, permettait d'éditer un journal de classe.

Deux éducateurs viendront compléter l'équipe : Gabriel Moraguès et Jean Rabasse. Roger Aymard était l'économe, deux frères de Jacques Dietz apportaient leur soutien en été ainsi que des stagiaires.

Le centre était composé de 60 à 70 garçons âgés de 10 à 16 ans.

Trois responsables de Ker Goat. De gauche à droite, Georges Bessis, Leininger (?) et Paul Lelièvre. Le Pays de Dinan 2016. Photo Robert Basset

 

Une chorale est montée et ce projet va transformer durablement l'ambiance dans le centre. Les répétitions se déroulent en plein air quand le temps le permet ou en salle.

Chant en plein air à Ker Goat

La chorale à Ker-Goat

Dietz dirige la chorale

 

En plus des photos qui nous sont parvenues, on peut imaginer le déroulement de cette expérience à travers le film La cage aux rossignols (1944). C'est cette expérience qui sera également la source d'inspiration du film Les choristes en 2004.


1947 25 janvier Ouest-France Brest

Les enfants semblent radieux !

Juste après-guerre, la chorale de Ker Goat va acquérir une certaine renommée en Bretagne puis dans toute la France, en Suisse et à la radio. La chorale fait une prestation remarquée à la Salle Pleyel à Paris.


 
La chorale devant la Salle Pleyel ? à vérifier...

L'article ci-dessous de Ouest-France daté du 9 juin 1947 relate une soirée se déroulant au Théâtre municipal de Dinan. Dans la  première partie, le public a pu écouter une conférence de Henri Joubrel, commissaire des Eclaireurs de France, délégué à la sauvegarde de l'Enfance.

M. Joubrel a fait "un exposé sur les nouvelles méthodes utilisées au centre de Ker Goat, notamment pour rendre aux enfants, qui lui sont confiés, leur place normale dans la société".

Dans la deuxième partie, la chorale interprète son répertoire.

 

9 juin 1947 Ouest-France

 

La chorale de Ker-Goat vers 1950. Photo Musée de Bretagne

 

La chorale sur Scène

Photo famille Bessis

 

Photo famille Bessis


Photo famille Bessis

La vie à Ker-Goat juste après guerre.

René Labour est un ancien pensionnaire de Ker-Goat, il a écrit ses souvenirs dans un petit ouvrage intitulé : J'ai vécu Ker-Goat de 1947 à 1951, collection Authentique. Vérone Editions 2025.

Quelques éléments apportent un éclairage intéressant sur la vie des enfants : Lorsque les enfants sortaient du centre pour aller à Dinan, ils étaient "en rangs par quatre, au pas cadencé et en chantant"... "A chaque fois, au boucan de nos sabots cloutés sur les pavés, les habitants sortaient sur le pas de leur porte."

La toilette se passait torse nu en toutes saisons et jusqu'au ruisseau. Après le petit déjeuner, c'était le lever des couleurs, les enfants en rangs par quatre, minute de silence suivie d'un chant. Les grands non scolarisés travaillaient la terre sur place ou à la ferme de La Roulée.

Le terrain des sports était appelé Le Plateau et tout le monde était pieds nus et torse nu.


 

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A suivre...

Erling Hansen, cliquer ici

Yves Crespin, cliquer ici 

 

Sources 

De nombreux documents seront disponibles aux archives départementales des Côtes d'Armor après le versement de la famille Bessis en juin 2024.

Entretiens téléphoniques avec Noëlle Bessis, mai et juin 2020 à l'occasion de la sortie sur le livre Le pasteur Crespin, un chrétien dans la Résistance.

Documents fournis par Noëlle, la fille de Georges Bessis. 

Articles de Ouest-France : 26 juin 1945 et 20 juin 2017

Le Pays de Dinan, 2016, article de Robert Basset.

René Labour, J'ai vécu Ker-Goat de 1947 à 1951, collection Authentique. Vérone Editions 2025.

Site Mémoire des Hommes, médaille, ici et publication au J.O du 29 janvier 1948.

Mariage enregistré le 6 novembre 1939 à Damigny dans l'Orne, fiche Généanet, ici

Marie Adeline Doranlo, épouse de G. Bessis, fiche Généanet, ici

Sites internet sur le pasteur Jean Jousselin et La Maison Verte.

Document sur Jean Jousselin pendant l'Occupation, ici

Charles Péan, sur Wikipédia, ici  

A noter, mention de Georges Bessis dans le livre d'Eric Rondel "Zeller, un espion pour le IIIe Reich".

Biographie de Paul Lelièvre, directeur jusqu'en 1963 du Centre Georges Bessis, ici

Souvenirs de Paul Lelièvre dans une vidéo, ici

Ker-Goat, site Enfants en justice, ici

Georges Bessis est cité dans le "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. Tome 2 (I.172) p 17

Ker-Goat, Le salut des enfants perdus, livre en Pdf, ici

Photo du musée de Bretagne et notice complète très détaillée, cliquer ici

Parents de Georges Bessis : son père Henri, cliquer ici ; sa mère Georgette Delire, cliquer ici

 

Si vous avez des commentaires ou des renseignements sur Georges Bessis, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre...

Documents sur la déportation de Georges Bessis

  N° Matricule à Flossenbürg : 6858 et à Buchenwald : 42681

Fiche de Georges Bessis à Buchenwald. Source Arolsen

Fiche de Georges Bessis à Buchenwald. Source Arolsen
Fiche de Georges Bessis à Flossenburg. Source Arolsen

 
Fiche de Georges Bessis à Flossenburg. Source Arolsen

 

Ci-dessous, on peut remarquer la mention de la personne à joindre, son épouse "Frau B. Adeline".

Fiche de Georges Bessis à Flossenburg. Source Arolsen

  

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