lundi 1 juin 2026

Le temple protestant de Plémy (22) 1558-1983


Photo Pierre Charlot. Ouest-France

A quelques kilomètres de Montcontour, le temple de Plémy construit vers 1558 a fini par s'écrouler en 1983. C'était un édifice rare mais malheureusement il n'a pu être sauvé ! 

Description du temple

Pierre Charlot, a exercé différentes responsabilités dans l'Eglise protestante unie de la paroisse de Saint-Brieuc. Il s'est spécialisé dans la recherche sur le protestantisme en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles, ce qui l'a amené à étudier ce temple de Plémy :  "Ce sera, en Bretagne, le premier édifice de ce type. Outre sa vocation cultuelle, le bâtiment était également l'un des derniers exemples d'un type de construction publique assez fréquent au XVIè siècle : halles ouvertes au rez-de-chaussée et étage clos. En façade, on comptait cinq piliers de blocs cylindriques en granit local. On accédait à l'étage formé d'une seule grande pièce ornée d'une magnifique cheminée par un escalier de bois sculpté".

Une lente dégradation

Entre le seizième et le dix-septième siècle ce temple aurait été le siège d’un prêche ; la maison du pasteur juste en face du bâtiment en est une trace. Après les guerres de la Ligue et l’abjuration du dernier pasteur, le bâtiment est englobé dans une exploitation agricole. C’est ce qui assurera son maintien dans un état relativement bon de conservation jusqu’au début du XXe siècle.

Histoire d'une disparition : première tentative de sauvegarde en 1967

En décembre 1967, près de Moncontour le temple de la Ville Pierre, en Plémy, tombe en ruine. M. Jouve, vétérinaire à Moncontour veut le sauver. Il est Président de l’office du tourisme et fait partie d’une association de sauvegarde. L’Office du tourisme de Montcontour tente de le racheter pour entamer une restauration. Cette tentative échoue. Les collectivités locales sont sollicitées mais ne donnent pas suite.  La société d’histoire du protestantisme est contactée mais son avis est négatif. Contacté en décembre 1967, le pasteur Kieffer, garant des finances de sa paroisse peu fortunée de l’Église réformée de Saint-Brieuc, ne souhaite pas se lancer pas dans un tel projet non plus. L’architecte des Bâtiments de France à Saint-Brieuc se rend sur place pour constituer un dossier de classement de l’édifice mais tout cela sans résultat.

Ouest-France lance des alertes : 1977 et 1981.

Dans son édition du 26 juillet 1977, le correspondant local de Ouest-France du secteur de Plémy lance un cri d'alerte sur le danger de voir ce temple disparaitre. Ouest-France dans son édition du 26 juillet 1977 consacre un bel article en forme d'appel à l'aide pour sauver cet édifice avec comme titre :  "Complètement ignoré…. Le premier temple protestant bâti dans le département résistera-t-il longtemps aux intempéries ?". Le journaliste s’étonne que « Nulle carte touristique ne mentionne la présence d’un temple protestant à La Ville Pierre… » et de conclure : « Laissera-t-on, après beaucoup d’autres, disparaître ce vestige d’une époque intéressante de notre histoire, et qui, fait inconcevable, ne semble désormais intéresser que les visiteurs d’origine anglo-saxonne ? » 

Les années passent et M. Guy Jouve, correspondant local des Antiquités historiques, ne peut que constater des dégradations de plus en plus importantes malgré toutes ses démarches. Il sait que cette situation entrainerait une facture considérable pour d’éventuels travaux. Ouest-France le 19 août 1981 se désole : « Les dégradations de cet édifice s’aggravent et laissent envisager sa complète destruction ».  
Un peu plus tard, en 1983, le toit s’effondre, trois des quatre murs de cet édifice subsistent encore, des morceaux de colonnes gisent çà et là puis sont dispersées.

Un témoignage

Jean-Paul Dupas a suivi de près l'histoire de ce temple au moment de l'été 1974 alors qu'il cherchait à s'installer dans ce secteur. Très soucieux de la préservation du patrimoine, il a été en contact avec les propriétaires du lieu. A défaut de pouvoir sauver l'ensemble du bâtiment, il souhaitait acheter ce qui restait en état : l'escalier et les colonnes. Une personne de Loudéac qui était une des propriétaires aurait fini par récupérer pour elle-même cet escalier !

La maison du pasteur

La mémoire collective qui a traversé les siècles a gardé la trace de cette présence protestante avec "La maison du pasteur". Située historiquement en face du temple qui a disparu, la maison est bien toujours là !


Photo Le Patrimoine des communes. Éditions Flohic.
 

Les écrits des historiens 

Le temple ayant disparu, il nous reste le travail des historiens qui renseignent l'origine de ce temple et des pratiques protestantes de cette paroisse.

Pierre Charlot avait écrit une notice historique à ce sujet sur le site huguenotsinfo : "Le bourg de Plémy situé un peu à l'écart d'une ancienne route romaine faisait partie au XIIè siècle de la châtellenie de Moncontour (de Bretagne). Au XVIè siècle, les terres de Plémy appartiennent à l'importante famille calviniste de Rieux, déjà en possession de fiefs à Rennes, Laval, Vitré ainsi que de diverses seigneuries, dont plusieurs échoient à François de Coligny, seigneur d'Andelot à la suite de son mariage en 1547 avec Claude de Rieux. Après la campagne d'évangélisation effectuée en 1558 par le frère cadet de l'Amiral à La Roche-Bernard, le calvinisme gagne la région de Moncontour où, sous l'impulsion de familles nobles gagnées à la Réforme, se créent des lieux de prêche.Vers 1550, le sieur de Gouyquet, chef du nom et d'armes d'une autre importante famille huguenote, obtient la création d'une Église dressée. Il fait construire un temple à la Ville-Pierre, un hameau isolé de sa seigneurie, tout à fait propice à la discrétion dont il est alors prudent d'entourer la pratique du culte réformé".

Dans son ouvrage "Les temples protestants français, XVIe-XVIIe siècles",Yves Krumenacker évoque la forme des temples sur le modèle des basiliques et il décrit le temple de Plémy de la manière suivante : "Il peut être assez fruste, comme le premier temple breton, édifié vers 1558 au hameau de la Ville-Pierre, à Plémy, sur la seigneurie de Moncontour. Le bâtiment consiste en halles ouvertes au rez-de-chaussée, avec cinq piliers cylindriques en granit en façade, et un étage formant une seule grande pièce."

L'histoire d'un des plus anciens temple du département est aussi racontée dans un article publié sur le site de l'Association des amis du protestantisme en Bretagne centrale. Extraits : "Au sud-est de Quintin, la forêt de L’Hermitage (aujourd’hui de Lorge) appartenait aux Gouyon de la Moussaye, seigneurs de Quintin, et ardents protestants. N’ayant pas la possibilité d’exercer officiellement leur culte au château de Quintin, ils firent bâtir un temple en 1658 dans la forêt, près du manoir de L’Hermitage. Ce temple fut donc le siège de l’église de Quintin. C’est le pasteur Pierre Vincent qui en 1658 eut en charge cette église, puis le pasteur César de Beaulieu lui succéda à partir de 1674...

A l’ouest de la commune de Plémy (dans les Côtes-d’Armor, au nord de Loudéac), au lieu-dit « la Ville-Pierre », l’édifice qui était considéré comme un des plus anciens lieux de culte protestant de Bretagne n’est plus, malgré les cris d’alarme lancés dans les années 1977. Le toit s’est effondré, les colonnes sont dispersées... Ce leu de culte est lié à l’engagement en faveur de l’évangile de la grande famille des Gouyquet, qui possédèrent de nombreuses seigneuries en Centre-Bretagne. Cette famille fut une des premières à adopter la Réforme protestante dans la province mais aussi une des dernières à résister après la Révocation. Deux chercheurs ont particulièrement écrit à ce sujet, Claude-Guy Onfray (le co-découvreur avec Gildas Bernard du registre de l’église de la Moussaye), et Jean-Luc Tulot.

Ce temple persista jusqu’à ce que les outrages du temps ne provoquent sa ruine en 1983. Dans ce petit hameau perdu de la campagne bretonne, trois des quatre murs de cet édifice subsistent, que d’aucuns estiment avoir été édifié à la fin du XVIe siècle. Des morceaux de colonnes gisent çà et là. En face du temple, une vieille et belle maison du XVIe siècle est connue sous le nom de « La maison du pasteur ».


 


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Sources

Site Huguenots infos, notice de Pierre Chalot, cliquer ici

CARLUER, Jean-Yves.- Protestants et Bretons.- Carrières sous Poissy : La Cause, 2003.- 294 p : ill., cartes, couv. ill. en coul ; 22 cm.- Coll.. Terres protestantes.- 2-87657-048-3. (Paris Mazarine 8º 102405).
    Collectif.– Le Patrimoine des Communes des Côtes d'Armor, Tome II.– Charenton le Pont : Flohic Editions, 1998 – 1 344 p : ill, croquis, clichés en coul, couv. ill. en coul. ; 18 x 25 cm – Coll. Le Patrimoine des Communes de France.- 2-8423-4030-2. (Quimper BU 703-BRET PAT)
Ouest-France 26 juillet 1977, 19 août 1981

Entretien avec Jean-Paul Dupas, juin 2026

Archives du temple réformé de Saint-Brieuc

Biographie de Pierre Charlot dans ce blog, cliquer ici 

Jean-Claude Chevalier (1931-2019), protestant à Saint-Brieuc


Jean-Claude Chevalier (1931-2019). Photo 2009

Jean-Claude Maurice Chevalier est né en 1931 à Mamers dans la Sarthe. Il se marie en 1975 avec Agnès Marie-Josèphe de Singly. Le couple s'installe à Angers en octobre 1982.
Agnès et Jean-Claude le jour de leur mariage.
A la fin des années 80, Jean-Claude fait connaissance avec le milieu protestant à Angers. Assez rapidement, il entame une formation de prédicateur laïc à Nantes sous la conduite du pasteur Laurent Schlumberger. 
 
Après avoir déménagé à Orléans, il s’investit dans l’Église protestante comme Conseiller presbytéral, trésorier, avant d'être élu vice-président de l’Église Réformée d'Orléans.
Arrivé en Bretagne, il devient membre de l’Église Réformée de Saint-Brieuc en mai 2003 et rentre au Conseil presbytéral en mars 2004. Il assurera cette fonction pendant huit ans.

Avec le pasteur Solange Weiss-Déaux, Jean-Claude Chevalier commence en 2007 à animer un atelier mensuel pour former des prédicateurs laïcs. Au départ du pasteur, non remplacé en juillet 2009, l'équipe de prédicateurs peut assurer le culte à tour de rôle. Les tâches sont réparties pour assurer le bon fonctionnement de la paroisse.
 
Jean-Claude Chevalier devient, pendant un an et demi, le président du Conseil presbytéral de juillet 2009 à fin 2010 et, à ce titre, dirige la paroisse et coordonne l'action des différents responsables. 
On lui doit en particulier de nombreuses initiatives sur le plan du dialogue entre les religions sur St Brieuc. Jean-Claude Chevalier est alors présent dans les groupes oecuméniques d'études bibliques, de préparation aux célébrations oecuméniques, présent dans les rencontres entres Eglises protestantes et dans le dialogue avec les musulmans de St Brieuc.
Il est également engagé dans l'association d'Entraide protestante, dans l'ACAT et dans la Cimade. Il est à l'initiative d'un groupe de protestants appelés "Les disséminés" sur le secteur de Lamballe.

En mai 2018, selfie de Jean-Claude Chevalier (1931-2019)



Prenant part ensuite activement à de nombreux groupes de réflexion jusqu'en 2018, Jean-Claude Chevalier s'est finalement éteint en février 2019. Voici l'une de ses dernières paroles :  "Je remercie toutes les personnes qui m'ont permis de mieux comprendre les richesses de la nature humaine, et cela de la personne la plus humble, à mes proches, ma famille; j'en ai pris conscience à 35 ans à Madagascar, expérience qui a bousculé ma vie et m'a permis de mesurer cette richesse.
La vie est une découverte permanente de la richesse humaine, richesse universelle."

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Sources

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Jean-Claude Chevalier lui-même en 2018.
Site de généalogie, Généanet, ici

Lien 



 
 

Solange Weiss-Déaux, pasteur à Saint-Brieuc de 2004 à 2009


Solange Weiss-Déaux 2004-2009

Origines et études

Solange Weiss-Déaux est née en 1964 dans la région de St Etienne. Après avoir commencé des études d’institutrice à l’École Normale de Moulins sur Allier en 1983, et après avoir démissionné avant le terme, elle entame des études de théologie dans les Facultés protestantes de Paris et Montpellier (1987-1992). Après une pause pour la naissance de ses enfants elle reprend des études et s'engage dans un DEA en Nouveau Testament. 
Ses premiers postes

Son premier poste est à Aubagne (Marseille Sud Est 2) de 1998 à 2004, puis St Brieuc Côtes d’Armor (2004-juillet 2009), Nîmes (2009-2010) et Angoulême Nord Charente (2010-2018). Un nouveau défi l'attend avec le départ sur le poste de La Margelle (Cité de la Paillade) dans l’EPU de Montpellier en juillet 2018.

En Bretagne

Quand elle devient le pasteur de la communauté de St Brieuc-Perros après le départ de Caroline Engel en 2003, elle continue avec beaucoup d'énergie le travail mené pour le dialogue inter-religieux, les cafés théologiques... (voir ses initiatives dans cette rubrique). Elle a aussi était la cheville ouvrière, aidée par d'autres bénévoles, de l'association (loi 1901) "Autrement lire, Autrement dire ». 
Solange Weiss-Déaux quitte la paroisse en juillet 2009 et son poste reste vacant pendant un an.

Sources
Nombreux articles de Ouest-France.

Archives de la paroisse.

Cette biographie a été vérifiée et complétée par Solange Weiss-Déaux elle-même.

Solange Weiss-Déaux dans le temple de St Brieuc


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Solange Weiss-Déaux dans la presse locale entre 2004 et 2008

13 mars 2004. Ouest-France

Église réformée : nouvelle pasteure

2004. Photo Ouest-France

Solange Weiss-Déaux, 40 ans, prend les rênes de l'Église réformée du département. Pasteure à Aubagne pendant six ans, après une formation à Roubaix, elle ne connaît à peu près rien de la Bretagne où elle pensait venir en vacances prochainement ! Elle participe, ce dimanche, à l'assemblée générale de la paroisse, où elle rencontrera pour la première fois l'ensemble de la communauté. Une première visite avant de poser effectivement ses valises avec son mari et ses trois filles, début juillet. « Je suis contente d'arriver dans une communauté minoritaire, plutôt que dans une communauté historique. Il y a un autre souffle. La paroisse est minoritaire depuis toujours ; elle est aussi en développement depuis toujours. »

Solange Weiss-Déaux, outre son travail d'animation de la communauté, envisage aussi de poursuivre ce que Caroline Engel avait entamé. A commencer par le café théologique. « Cela fait partie du témoignage que l'on doit donner et la forme convient bien aux réformés. » Elle est aussi favorable au travail en commun avec les autres Églises : « Le but n'est pas de rassembler tout le monde. On peut faire des choses ensemble si on ne considère pas l'autre comme hérétique. Le dialogue interreligieux sculpte ses propres convictions. On sent les distances, on précise aussi sa propre foi. » Le conseil presbytéral assurait l'animation de cette communauté dispersée pendant la période de vacance. « Je vais travailler en tandem avec ce conseil. Notre fonctionnement est complètement collégial. Toutes les décisions seront prises ensemble. Il y aura des priorités car je ne pourrai pas être partout. »

27 décembre 2004. Ouest-France

Le culte de Noël de l'église réformée

Solange Weiss-Déaux 2004. Photo Ouest-France
 
Bravant la grêle et une pluie de neige fondue, une quinzaine de paroissiens a pris part samedi matin au culte de Noël de l'église réformée au temple de Perros-Guirec. Pour la circonstance, la petite salle de la rue de La Poste avait été sobrement décorée : quelques bougies rouges, un peu de lierre, du houx et des pommes de pin saupoudrées de neige.

Solange Weiss-Deaux, pasteur de la paroisse des Côtes-d'Armor rappelle qu'à Perros-Guirec, les pratiquants se réunissent une fois par mois. « Mais l'été, le culte est célébré tous les dimanches car il y a beaucoup de touristes alsaciens, des Anglais et des Hollandais aussi », constate-t-elle. Samedi, le pasteur a parlé de la nuit de la nativité dans l'évangile de Luc mais en fait son message était tout autre : « Il faut sortir de la crèche, être lucide sur ce qui se passe sur la terre d'Israël et de Palestine. Il y a encore des gens qui veillent sur la paix ; ils ne font pas la une de l'actualité mais ils existent. » Et le pasteur insiste : « Il y a plus de 2 000 ans, la naissance du Christ n'a pas fait plus de bruit que les faiseurs de paix d'aujourd'hui et pourtant, à cette époque, un message de réconciliation s'était fait connaître. »

 

25 août 2005. Ouest-France

Cent personnes à la découverte de la chapelle de Fréhel

Photo Ouest-France
 
Mardi, l'association des Amis de la chapelle du Vieux Bourg, a organisé une visite de la chapelle. Une équipe oecuménique, composée de Paule Roussel, bibliste ; de Solange Weiss-Deaux, pasteur de l'Église réformée de Saint-Brieuc ; du père Patrick Gauthier et de Jean-Pol Pimor, président de l'association et historien local, a travaillé au décryptage des symboles de la chapelle. La centaine de visiteurs présente a découvert le sens caché des couleurs et des structures de cette chapelle. À la fin de la visite l'équipe a répondu aux questions de l'assistance.

 

23 décembre 2005

Parole de Lumière pour les protestants réformés

Solange Weiss-Déaux est pasteure de l'Église protestante réformée à Saint-Brieuc et Perros-Guirec. Pour sa petite communauté de fidèles, Noël « est une parole de lumière. Nous sommes les relais de cette lumière pour la faire passer de l'un à l'autre. Mais la fête véritablement fondatrice c'est Pâques. D'ailleurs, le culte de Noël ne connaît pas de pic d'affluence au temple. Indépendamment du folklore, Noël nous permet de retrouver des valeurs évangéliques de Paix et de fraternité. C'est important de le rappeler, même si ces valeurs ne sont pas exclusivement chrétiennes : la société dans son ensemble choisit cette période pour les promouvoir. On le voit encore cette année avec la sortie opportune du film Joyeux Noël. C'est un témoignage de fraternisation. Cette fraternisation permet d'affronter le lendemain, même si celui-ci est difficile à assumer ». Du coup, la pasteure s'interroge : « Pourquoi ne pas poursuivre cette démarche au-delà de la période ? On n'ose peut-être pas aller assez loin : pourquoi Noël ne deviendrait pas une fête laïque de la Paix et de la fraternité ? C'est l'occasion de faire passer un message, une parole d'espérance pour un temps de crise. Donc à mon sens un message d'Évangile. »


11 avril 2008. Ouest-France 

Café théologique

2008. Photo Ouest-France. Au premier plan à gauche Bernard Lenot et à droite Magali Lenot
 
Un café théologique s'est tenu Chez Rollais, et le thème du soir, « Faut il enseigner le fait religieux à l'école ? » est certainement aussi vieux que le bistrot hébergeur. Les règles du jeu du café théologique, qui ne s'adresse pas uniquement à des croyants, animé par Solange Weiss-Déaux, pasteur de l'église réformée, et le père Valentin, catholique, sont simples : respect absolu de l'opinion de l'autre, utilisation du « je ».

Après l'introduction au débat, « où en est-on depuis le rapport Régis Debray en 2002, préconisant la formation de tous les enseignants au fait religieux dans le but d'enrayer l'inculture judéo-chrétienne qui a modelé notre société ? », commencent les échanges. Que met on dans le « fait » religieux ? Car le terme employé par le législateur est « flou » et le « choix du vocabulaire n'est pas anodin ». Les enseignants reçoivent-ils une formation, ou disposent-ils de fiches, en sachant que cet enseignement ne constitue pas une nouvelle discipline en soi ? Le fait religieux, ce n'est pas l'histoire des religions. Sur quelles bases nos sociétés se sont-elles construites ? Il est nécessaire de le savoir le plus tôt possible, pour lutter contre l'inculture actuelle. Le point de vue selon lequel le rôle de l'école est de former des enfants avec une tête bien faite, plutôt que bien pleine, a rassemblé les suffrages.

 

26 septembre 2008

Rencontres autour de la parole

2008. Photo Ouest-France. Solange Weiss-Déaux et Agnès Chevalier.
 
Pour la jeune association culturelle protestante « Autrement lire, autrement dire », c'est une première. Elle organise, samedi 27 septembre, une journée riche en rencontres. « Un temps à vivre », précise Solange Weiss-Déaux, vice-présidente de l'association, sur le thème de « que vaut la parole » ? Autour de ces paroles « qui résistent et qui libèrent », la parole sera exposée à la croisée des regards du poète et du chanteur (Jacques Bertin), du philosophe (Olivier Abel), du psychiatre (Anne Henry), de l'historienne (Véronique Mehl) et du théologien (Laurent Gagnebin). « L'esprit de la rencontre ne sera pas celui de la conférence, mais celui de la conversation », précisent les organisateurs, qui espèrent rencontrer des personnes qui viennent d'horizons différents, mais qui oseront dire « je » en conversant avec les autres. La journée de rencontres commencera à midi au temple réformé de Saint-Brieuc et se terminera par le récital de Jacques Bertin, à 21 h, à l'auditorium du CAP à Plérin.

 

Bibl'Armor

En 2008, sous l'impulsion du pasteur Solange Weiss-Déaux, les statuts de l'association "Bibl'Armor" ont été déposés. Cette association Loi 1901 se définit de la manière suivante : Association œcuménique, regroupant des membres de diverses églises (Catholiques, ERF, Évangéliques), chacun venant à titre individuel ; l'association s'est toujours voulue culturelle et non cultuelle.
Ses objectifs étaient principalement de promouvoir sur St Brieuc et le département des Côtes d'Armor la Bible comme Patrimoine Mondial de l'Humanité à travers des expositions et d'autres évènements.
L'association a par exemple proposé une visite guidée de la chapelle Notre Dame du tertre à Chatelaudren car elle est réputée pour ses scènes de peintures bibliques du XVème siècle. Une exposition "De la parole à la peinture" a été ouverte au public pendant une semaine en 2010 à l'Espace Lamennais à St Brieuc avec en clôture une conférence d'Eric Denimal, auteur du livre "La Bible pour les nuls".
L'association n'a malheureusement pas poursuivi ses activités... En 2010, un beau projet d'exposition et de conférences sur "Bible, patrimoine de l'humanité" mobilise la communauté protestante au sein d'un comité de pilotage avec des catholiques et le pasteur de l’Église évangélique. Agnès Chevalier représente l’Église Réformée aux différentes réunions.
Cette exposition a été vue dans 5 villes en 2009, Monaco, Nîmes, Strasbourg, Vannes avant de venir à St Brieuc. Elle a ensuite été inaugurée officiellement au siège de l'UNESCO en février. Une pièce de théâtre reprenant l’Évangile de Marc a également été présentée au public.


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Pierre Charlot (1929-2019), I.E.N, protestant et président de l'U.T.L de Guingamp


Pierre Charlot (1929-2019)

Origines

Pierre Charlot est né le 18 mai 1929 dans le 18e arrondissement de Paris d’un père d’origine haut-marnaise et d’une mère bretonne. Des deux familles, il ne connaîtra que ses grands-parents maternels, de solides Rostrenois.

 

Pierre Charlot (1929-2019)

  

Études et carrière professionnelle

Après l’obtention du baccalauréat, série philosophie en 1948, Pierre Charlot entre sur concours au lycée La Fontaine où a été ouverte une classe de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Éducation musicale.

Nommé au Collège moderne de Nancy comme professeur d’Éducation musicale, il voit sa carrière interrompue par la nécessité d’accomplir ses obligations militaires. Appelé pour une durée de douze mois, temps d’abord imposé à sa classe d’âge, il restera en réalité 29 mois sous les drapeaux en raison des événements ayant ensanglanté l’Algérie. Passé par l’école de formation des officiers de Saint-Maixant, il sera affecté à la formation des jeunes recrues. Libéré en janvier 1958 et affecté au lycée Poincaré de Nancy, vers 1965, l’ouverture d’un centre de préparation au Certificat d’Aptitude à l’Inspection primaire le pousse à se renouveler. Ledit certificat lui est attribué en 1967 et une nouvelle carrière s’ouvre devant lui dès le mois de janvier suivant. Il effectue d’abord diverses tâches avant d’obtenir à la rentrée 1968 le poste de Pont-à-Mousson où il restera jusqu’en 1974.

Retour en Bretagne
En 1974, il ne résistera pas à l’appel de la Bretagne. Deux postes étaient vacants à Guingamp : ses états de service et son ancienneté lui ont permis d’obtenir l’un d’eux caractérisé par sa dimension essentiellement rurale, chefs-lieux de canton et écoles de campagne, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Admis à la retraite en 1990, il devait être écrit qu'il ne se libérerait pas aussi facilement de ses attaches avec le milieu puisqu’il lui fut demandé de fonder à Guingamp une section de l’Université du Temps Libre dont il s'est retiré après dix-sept ans de présidence.

Pierre Charlot 17 mai 2006 Ouest-France


Engagement dans le protestantisme
Concernant son engagement dans le protestantisme, voilà ce que Pierre Charlot en dit : " Parler de la foi c’est déjà ouvrir une porte sur le jardin secret. Je m’en dispenserai donc. Mais alors que j’étais en classe de quatrième, sous l’influence d’un professeur convaincant je présume, j’avais formé trois vœux : visiter Berlin (nous étions en 1942 !), voir Carthage (souvenirs du « Delenda Carthago est » de Caton l’Ancien ) et devenir protestant. Les trois vœux ont été accomplis, le troisième non sans difficulté. Je ne connaissais personne apte à m’orienter, pas même un camarade de classe et ma famille au plan religieux manifestait une certaine tiédeur. J’ai lu, je me suis documenté et c’est à l’occasion de mon installation en Bretagne que j’ai pu établir le contact avec le docteur Hansen alors responsable de notre communauté".
Responsabilités dans la paroisse
C'est  d'abord le pasteur Le Cozannet qui s’est assuré de la solidité de la culture religieuse de Pierre Charlot et lui a rapidement confié des responsabilités au sein de l’Église. Ensuite, un évènement est venu accélérer la prise de responsabilité de Pierre Charlot. En effet, le pasteur Guy Froment,  un an avant sa retraite, a été autorisé à ne plus exercer son ministère qu'à mi-temps. Le conseil presbytéral a alors proposé à Pierre Charlot, qui en était le vice-président d'assurer, en liaison avec le pasteur, la responsabilité de l’Église en 1993-1994. Les tâches ont donc été partagées: M. Froment a conservé les affaires délicates, le Conseil presbytéral devant assurer le culte et les autres tâches.
 
 Dans la photo qui illustre l'article ci-dessous, on reconnait Pierre Charlot tout à fait à gauche. Il y explique le fonctionnement d'une communauté protestante avec beaucoup de clarté.

 

Pierre Charlot (tout à fait à gauche) à Perros. 27 février 1994 Le Télégramme

 

M. Charlot entre aussi au conseil de Consistoire et en devient le secrétaire. Les actions entreprises par le pasteur Froment seront poursuivies cette année-là. Lors de la nomination du pasteur Thomas Mentzel, M. Charlot conservera son poste de président du conseil presbytéral. Toutefois, il ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat aux élections de 1997 en raison de son éloignement géographique. C'est un briochin, M. André de Kerpezdron qui lui succédera à cette date

A noter aussi qu'en 1978, M. Charlot a remplacé à l'harmonium la dévouée et assidue Mme Marie Gugenheim. Il a assuré cette tâche pendant des années par la suite. On peut retenir également un moment important pour Pierre Charlot, celui où on lui a confié le discours d'accueil des participants réunis à St Brieuc en novembre 1991 pour le Synode régional. Enfin, on doit reconnaître qu'il a aussi beaucoup œuvré pour développer l'œcuménique sur le secteur de Guingamp.

Pierre Charlot est décédé le 30 juillet 2019 à l'hôpital de Guingamp à l'âge de 90 ans. Un culte d'action de grâce a eu lieu le 8 août à la salle polyvalente de Pabu. A cette occasion, son ami John Colomb a lu la confession de foi de Luther,  Magali Lenot et Daniel Colin ont célébré le culte.

Sources

Par modestie et discrétion, Pierre Charlot a longtemps esquivé la proposition de livrer certains éléments sur sa vie. Finalement, cette biographie a été établie, vérifiée et complétée par Pierre Charlot lui-même en juin 2019, peu avant son décès.

Annexes

Pierre Charlot était membre fondateur de l’Université du temps Libre de Guingamp et on le retrouve régulièrement dans la presse locale entre 2001 et 2008 (année où il passe la main en tant que président de l’UTL). Il est arrivé à plusieurs reprises à Pierre Charlot de faire partager ses recherches sur la Bible ou l’histoire du protestantisme comme on le voit dans les articles suivants datés de 2001 et 2002.

Pierre Charlot. 2003. Ouest-France

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Article du 24 octobre 2001

UTL : d'hier à aujourd'hui, nouveau regard sur la Bible.

Comme d'habitude, Marcel Le Moal, le président de l'UTLCOB, a introduit la conférence. Les chrétiens reconnaissent l'ensemble des textes sacrés du peuple juif sous le nom d'Ancien Testament. Avec les livres du Nouveau Testament (Evangile et lettres des apôtres), ils constituent la référence spirituelle de tous les chrétiens, quels qu'ils soient.

Marcel Le Moal à gauche et P. Charlot. 24 octobre 2001. OF

La seconde partie du Coran, qui évoque les patriarches et les prophètes, confirme une continuité entre les livres saints. « Ils sont à la base des grandes religions monothéistes révélées, branches issues d'un même tronc, qui a nourri la postérité d'Abraham, même si ces frères, qui ont puisé aux mêmes sources spirituelles, se sont, souvent, comportés, dans l'Histoire et encore aujourd'hui, comme des frères ennemis. »  


Pierre Charlot, le conférencier, a exercé des responsabilités au sein de l’Église réformée de Saint-Brieuc. D'autre part, il s'est spécialisé dans la recherche sur le protestantisme en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles. Il a expliqué à son auditoire comment ont été élaborés les textes de la Bible, puis comment s'est constituée la Bible hébraïque. Ensuite, il a indiqué la manière dont s'est effectuée la transmission en différentes langues avec les ajouts, dont les principaux sont ceux des chrétiens, après la mort de Jésus.

Aujourd'hui, le fond hébraïque constitue l'Ancien Testament et les livres essentiellement chrétiens le Nouveau Testament. « Ces derniers sont éclairés par l'Ancien Testament qui a été conservé pour cette raison. » Dans un second temps, Pierre Charlot a montré en quoi ces textes nous concernent encore aujourd'hui. « Quelle lecture un chrétien peut-il faire de la Bible aujourd'hui ? » Le conférencier a développé trois exemples en s'appuyant sur des paraboles tirées des Évangiles de Luc et Mathieu : la parabole « des Vierges folles et des vierges sages », celle « des dix lépreux » et celle « de la joue tendue ».


Pierre Charlot 2 octobre 2004. Ouest-France

 

26 février 2002

UTL : les adhérents sont venus écouter l'histoire d'Henri II de Rohan

Inspecteur départemental de l'Éducation nationale à la retraite, Pierre Charlot, président de l'Université du temps libre (UTL) de Guingamp, est venu lundi après-midi présenter une conférence sur Henri II de Rohan. Le Palais des Congrès avait presque fait le plein, tant la vie de ce descendant d'une des plus grandes familles bretonnes passionne les amateurs d'histoire. « Le protestantisme est une période de l'Histoire un peu oubliée, regrette Pierre Charlot. Protestant moi-même, c'est logiquement que je me suis intéressé à Henri II de Rohan. »

Lors de cette conférence, il a abordé les différentes périodes de la vie de « ce huguenot rebelle sous Louis XIII », sa participation aux guerres politico-religieuses et la période où il a troqué son épée pour la plume.
 
 
 
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Pierre Charlot en 2007 Ouest-France