samedi 3 février 2024

Ecoles et pensionnats privés accueillants des protestants à Dinan de 1827-1890

Les pensionnats de filles sont en vogue au début du XIXe  siècle. De nombreuses écoles et pensionnats privés vont donc s'ouvrir à Dinan.
Certains ont la particularité d’accueillir de nombreuses élèves venues de pays où le protestantisme est très répandu.
Par exemple 16 filles sont protestantes dans le pensionnat de Mme Desguez. Mais l'enseignement donné n'est pas sous la coupe d'une congrégation religieuse comme dans d'autres institutions dinannaises comme celles des Soeurs de la Sagesse ou des Ursulines. 

Il est vraisemblable que certaines demoiselles, souhaitant pratiquer leur culte protestant, devaient se rendre au Temple anglican de Dinan...Cela se faisait déjà au collège des garçons, du temps d'Olivier Joubin qui resta en tant que directeur jusqu'en 1847 : dans une brochure publicitaire en anglais il précisait que "les étudiants anglais sont accompagnés à leur lieu de culte protestant par une personne spécialement désignée pour cela." (page 231, livre Dinan, la colonie anglaise)

A bien y regarder, le seul projet d'une pension spécifiquement protestante serait celui de Mme Dussauze en 1857...


Les écoles-pensionnats de Mme Desguez et des demoiselles Raffray. 1827-1851

Pension Desguez, Grande rue. Photo RF

Le pensionnat privé de Mme Desguez fonctionnait déjà en 1827-1828 au n° 4 de la Grande rue. Une affiche conservée aux archives municipales récapitule l'ensemble des prix décernés cette année-là aux demoiselles de cet établissement.

On y enseignait les matières suivantes : cours de français, écriture, arithmétique, instruction sur les vérités de la religion, langue anglaise, cours d'histoire de France, ancienne et romaine, mythologie, dessin, musique, couture, broderie, repassage... Le travail, l'application et la docilité étaient des valeurs récompensées comme la propreté, la bonne tenue et l'ordre. 

 

Affiche 1828. Archives municipales

Dans l'annuaire dinannais de 1833, on peut lire : « Madame Desguez s'attache à former les jeunes personnes qui lui sont confiées au travail, à l'ordre, à l'économie, à leur faire acquérir les connaissances et les talents qu'il est indispensable d'avoir dans la société dont elles sont destinées à faire partie. Aussi, le jour de la distribution des prix, les parents reconnaissants se rendent en foule dans la grande salle de la Mairie ; c'est un jour de fête pour la ville entière dont presque toutes les familles comptent quelques enfants dans cet établissement. »

Les filles viennent de Dinan, Dol, Loudéac, Rennes, Lorient mais de bien plus loin aussi : Jersey, Guernesey, Londres, Bristol, Plymouth, Philadelphie, New-York, Nazareth, l'île Maurice. Ces enseignements s'adressent, on le voit, à des familles aisées. Le recensement nous indique que 16 filles du pensionnat sont protestantes.   

Affiche 1828. Archives municipales


Mesdemoiselles Raffray prennent la suite de ce pensionnat après 1841 puisque cette année-là elles tiennent un pension rue du Cognet, près de St Sauveur.

Plan cadastral 1841. Archives municipales
 

 

Immeuble de la pension Raffray. Rue du Coignet. Photo RF

Sophie Raffray est la directrice et Émilie et Clara Raffray ainsi que Marie Mallet sont les trois autres institutrices. Il faut mentionner qu'une demoiselle Raffray est mariée avec le principal du collège communal de l'époque M. Joubin.

Raffray 1841. Archives municipales

En 1848, elles en sont encore les responsables et ont 20 pensionnaires. En 1851, c'est Émilie Raffray qui a pris la direction, Grande Rue et l'équipe s'est étoffée avec trois jeunes institutrices : Eléonie Tourou 22 ans, Mélanie Joanolly, une anglaise de 20 ans et Marie Tomsonn, 23 ans.

 

Raffray, Grande rue. 1851. Archives municipales

 

Le projet contrarié de Pierre Dussauze

Un peu avant 1854, Pierre Dussauze (1829-1891), un jeune protestant de la Société évangélique de France, est chassé de Saint-Malo par les tracasseries administratives. 

Il s'installe à Taden où va naitre son fils, Horace Pierre Dussauze, le 14 décembre 1853 à Taden. (Bien plus tard Horace va se marier, le 28 novembre 1901, avec Albertine Ernestine Corre, née le 28 juin 1868 à Lorient dans le Morbihan. Fiche Généanet ici

Horace Dussauze. Registre des naissances Taden. 1853, image 55 sur 612

 
Signature de Pierre Dussauze. Registre des naissances Taden. 1853

Pierre Dussauze décide de s'établir comme "maître de pension" à Dinan. Il souhaite enseigner aux enfants de familles protestantes locales françaises et surtout britanniques. Mais, si  les adversaires du protestantisme toléraient les Anglicans, ils ne souhaitaient pas qu'une telle pension s'installe à Dinan et décidèrent de tout faire pour étouffer ce projet. 

Des journaux protestants publient, à l'automne 1854, un récit du Pierre Dussauze :

« Le 22 de juin [1854], j’ai été, comme un vil criminel, appelé à comparaître devant le tribunal correctionnel de Dinan, pour avoir, en tout et partout, soulagé les malheureux qui se mouraient de misère (car il faut être en Bretagne pour se faire une juste idée de la pauvreté), parlé de l’Évangile et distribué, dans un certain nombre de familles, quelques-uns de nos traités religieux. 

Enfin, après quelques remontrances de la part du juge, j’ai été condamné à 400 fr. d’amende et aux frais. Je ne dois pas oublier de vous dire que onze témoins avaient été assignés à cette occasion, et dans ce nombre se trouvait une femme de mauvaise vie, probablement payée pour dire d’affreux mensonges et me faire condamner; car tout le monde s’accorde à dire que j’ai été jugé sur sa déposition. Elle a déclaré au président qu’elle ne m’avait jamais vu, mais qu’elle avait ouï dire que j’avais dit que « tant qu’il y aurait des soutanes, les gens seraient malheureux... ».

 

Le projet de Mme Dussauze

L'épouse de Pierre Dussauze, en première noce, dont on vient de voir les mésaventures à Dinan, est une institutrice originaire de Jersey, née vers 1829 ; elle se nomme Leonora Grigny (écrit Grigriy par erreur dans le livre Dinan, la colonie anglaise). Diane Moore précise qu'Eleonor Grigny est une femme de Jersey "dont la famille avait des liens forts avec la Société Wesleyenne française de Saint-Hélier." (Dinan, la colonie anglaise, page 126)

Le livre de Diane Monier-Moore sur la colonie anglaise à Dinan a mis à jour le projet d’une authentique pension protestante à Dinan. (On peut penser qu'après avoir déménagé de Taden, les Dussauze trouvent à se loger rue du viaduc à Dinan car c'est l'adresse indiquée dans un malheureux évènement familial : le décès de leur fille Nahomie, âgée de un an, le 10 février 1856).
Entre août et septembre 1857, Mme Dussauze plaça une série d’annonces dans The Jersey Independant and Daily Telegraph pour informer de son projet et en donner toutes les références et cautions morales (pasteurs, avocat, docteur...).

En juin 1857, elle indiquait également dans une annonce qu’elle se tenait à la disposition des familles intéressées lors d'un séjour qu'elle effectuait alors à Jersey. 

The Jersey Independant and Daily Telegraph, le 26 août 1857

 

The Coventry Herald, le 5 juin 1857


Dans le Bristol Mercury du 30 juin 1857 on apprend aussi que dans ce projet  "Mme Dussauze reçoit également un nombre restreint de jeunes messieurs protestants". Mais ce pensionnat a-t-il vraiment pris forme ? La famille Dussauze quitta Dinan en 1858, cela laisse peu de temps entre les annonces et le départ pour construire quelque chose.


L'école-pensionnat de Mlle Berthier

En 1855, Mesdemoiselles Noblet sont Place des Cordeliers et Mlle Berthier a déménagé rue du Cognet. En 1856, Mlle Berthier scolarise dans sa pension dix sept jeunes anglaises, une créole, une autrichienne et neuf françaises. La religion des demoiselles anglaises n'est pas indiquée.

Pension Berthier 1856. Liste d'élèves étrangères. Archives municipales


L'école-pensionnat de Mlle Gallet

En 1867 (et au moins jusqu'en 1876), Mlle Gallet dirige un externat de filles où sont scolarisées de jeunes élèves françaises (Alsaciennes), Suisses (la famille Taffatz, protestante) et anglaises, la colonie britannique étant d'importance à l'époque. On note par exemple lors des distributions des prix les noms de Constance Dickinson, Grace Curtis, Ethel Roberts, Donah Bouton, Lizie Lodwell, Harriet Curtis etc. 

 

L’école de Miss Brown

1887. Archives municipales

On découvre des informations inédites sur l’école de Miss Brown dans le passionnant article écrit par Diane Monier-Moore et publié dans Le Pays de Dinan 2015 et dans celui de 2016.
 
Il s’agit du journal de Cosme de Satgé écrit entre 1869 et 1890. L’article dans son ensemble nous fournit de précieux renseignements sur la vie à Dinan à cette époque. Voici quelques extraits du journal de ce Franco-Britannique qui vécut dans la communauté anglophone de Dinan de 1873 à 1898.

20 juillet 1883, c’est le jour de la distribution des Prix  à l’école de Miss Brown (Fanny Brown).
Mlle Suzanne Egly (née en 1853) est institutrice, Miss Hay et Mr. Guglielmo (musique) font partie de l’équipe d’encadrement.

21 janvier 1887, l’inspecteur des écoles primaires est venu voir la pension de Miss Brown, il souhaite qu’elle se conforme aux nouvelles lois sur l’organisation de l’instruction primaire.

15 décembre 1888, l’école de Miss Brown est appelée officiellement Ker Even. La suite de cette histoire est à retrouver avec l'article sur la création du Collège de Jeunes Filles de Dinan appelé plus tard le Collège Broussais.
 
Villa Ker-Even à Dinan

 
5 juin 1889, dans la petite classe de l’école de Miss Brown, on trouve 5 ou 6 enfants, garçons et filles, Anglais et Français (dont René de Satgé). Les cours se déroulent de 11h à midi…

13 avril 1890, Miss Brown vient voir Cosme de Satgé pour le renouvellement du bail  de Ker-Even
On apprend aussi que Victor Vénard (directeur à l'école des garçons) donnait des cours particuliers à Yvonne de Satgé (il était en retraite depuis 1885). Victor Vénard était né en 1827 à Saint Brieuc. Il était lithographe et instituteur. Il a épousé Jane Lindé (née en 1826) dont les origines étaient de Jersey et d’Allemagne. Elle était organiste.

 

Sources

Archives municipales de Dinan
Presse locale consultée à la Bibliothèque de Dinan
La colonie anglaise, 1800-1940, éditions Plessix, Diane Moore
 
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A lire aussi

L'histoire des protestants à Dinan, cliquer ici

La famille Taffatz, des protestants suisses à Dinan, cliquer ici

Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages...) ou des commentaires, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...
 

Six pasteurs protestants morts en déportation en 1944 et 1945, Heuzé, Roux, Juteau, Roullet


Le livre "Les protestants français pendant la seconde guerre mondiale." établit une liste de pasteurs, étudiants ou futurs étudiants en théologie, déportés. Certains n'ont pas survécu et cet article leur est consacré.


Des communautés vont être également très touchées. Citons par exemple l’Eglise Luthérienne du Pays de Montbéliard qui a compté environ 350 déportés en 1945 dont au moins 50 ne sont pas revenus des camps. La circonscription de l’E.R.F de Montpellier compte 8 morts, 5 dont on est sans nouvelles et 91 déportés revenus. 
 
Le pasteur Yves Crespin de l'Église Réformée de France (E.R.F) Saint-Brieuc est mort à Dora le 11 mars 1944. 
Son histoire complète est à retrouver en cliquant ici

 
André Féat, pasteur de l’Église Baptiste de Morlaix, a été déporté au camp de Flossenbürg et il est mort à Dachau. 
Son histoire complète est à retrouver en cliquant ici.
 
En dehors de ces deux pasteurs Résistants en Bretagne, quatre autres pasteurs sont morts en déportation. Voici l'histoire de Marcel Heuzé et Charles Roux de Marseille, René Juteau et Yann Roullet.
 

 
Marcel Heuzé, E.R.F Marseille, 
mort à Ravensbrück
 
Marcel (Léon) Heuzé est né le 16 décembre 1897 au Havre. Il se marie avec Simone Courtial le 4 août 1924 en Isère, le couple aura deux enfants.
Il est d’abord pasteur à Lens de 1926 à 1939 puis part à Marseille où il habite au numéro 68 rue de la République. Pendant l'Occupation, il aide au placement d'enfants juifs au sein du réseau André. Il oriente Joseph Bass vers le Chambon-sur-Lignon.
En 1943, sa vie va basculer après une cérémonie dont il a la charge dans le cadre de l'exercice de ses fonctions de pasteur : dans une conversation privée avec les enfants d’une dame dont il venait de célébrer l’enterrement, il critique la brutalité des nazis qui viennent d’évacuer le Vieux Port. Il est dénoncé par ces derniers et il est arrêté peu après chez lui le 27 février 1943 et passe plusieurs mois à la prison Saint-Pierre de Marseille. Il est placé avec les détenus juifs et célèbre pour eux des cultes et forme des groupes de dialogue.
 

Le pasteur Marcel Heuzé. Bulletin de l’Église réformée évangélique de Marseille, 1er février 1946.


En septembre, il est déporté et le 18 septembre 1943, il arrive au camp de Buchenwald (matricule 21 242, détenu politique). Rapidement il est affecté au Kommando de Dora, en novembre 1943, où il reste jusqu’au début d’avril 1945. Il y fera la rencontre des deux pasteurs Yves Crespin et Henri Orange, avec qui il célèbre la Pâques 1944.
En 1945, il est évacué vers Ravensbrück et meurt d’épuisement dans ce trajet, probablement le 26 avril 1945.

Marcel Heuzé sera distingué de la Médaille de la Résistance française à titre posthume en 1960.

Une rue porte son nom à Marseille. 
Une plaque commémorative est placée dans le cimetière de Luynes (Indre-et-Loire)
 

Sources
État civil en ligne de la commune du Havre (Seine-Maritime), registre des naissances, cote 4E 13 046
Article en ligne avec le témoignage de Mme Heuzé
Témoignage de Mme Orange, épouse du pasteur Orange, cité dans le livre "Les protestants français pendant la Seconde guerre mondiale".
Site Mémorial Marcel Heuzé (plaque commémorative), cliquer ici 
Musée de la Résistance en ligne de Marseille-Provence, photo et évocation du parcours du pasteur Heuzé (article numéro 50), cliquer ici 
 

A voir en bas de page, 13 autres documents 
sur le pasteur Marcel Heuzé dans les camps


Portrait de Marcel Heuzé publié sur le blog de "Liens protestants"


Fiche du pasteur Marcel Heuzé. Source Arolsen

Plaque de la rue du pasteur Heuzé à Marseille.

La plaque en marbre mesure environ 50 x 50 cm. Elle est placée sur le mur d'enceinte, directement à droite du portail d'entrée principal.

 

" En Mémoire du Pasteur

MARCEL HEUZE

1897 - 1945

Mort en déportation à Ravensbrück

Rien ne pourra nous

séparer de la mort de Dieu

en Jésus-Christ notre Seigneur

Rom. 8. 59"

 

Plaque au cimetière de Luynes


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Charles Roux, E.R.F Marseille, 
mort à Buchenwald.
 
Charles Roux est né le 30 janvier 1878 dans le 8e arrondissement de Paris.
Dans les années 40, il exerce des responsabilités dans le monde protestant puisqu’il est le Président du conseil régional de Provence de l’Eglise Réformée de France. Il est dans l’entourage proche du pasteur résistant Jacques Monod.
Au moment de son arrestation en juin 43, il a trois enfants, son épouse s’appelle Henriette, ils habitent Chemin du Roucas-Blanc à Marseille. Leur fils est opérateur-radio pour le compte d’un agent américain, ce qui leur vaut d’être arrêtés tous les deux.
Charles Roux est envoyé au camp de Buchenwald le 19 janvier 1944 (matricule 39581) et son décès est enregistré le 3 février 1944 au camp de Weimar.
Henriette Roux, femme du pasteur Charles Roux, de Marseille a également été internée mais au camp de concentration de Ravensbrück. Elle en est revenue vivante.


Sources  
Charles Roux est cité dans le livre de Patrick Cabanel « De la paix aux résistances : les protestants de France (1930-1945)" et dans le livre « La Gestapo française » de Gérard Chauvy et Philippe Valode.

Fiche du pasteur Charles Roux. Camp de Buchenwald. Source Arolsen
Fiche du pasteur Charles Roux. Camp de Buchenwald. Source Arolsen

Fiche du pasteur Charles Roux. Camp de Buchenwald. Source Arolsen


 
René Juteau
Église Évangélique Luthérienne de France, 
mort à Dora.
 
René Juteau est un pasteur mais aussi, dans les années 40, le directeur du lycée protestant de Glay dans le Doubs. Ce lycée était situé à huit kilomètres de la frontière avec la Suisse, dans une région avec une forte opposition aux troupes allemandes. Des élèves du lycée participent aux activités d’un groupe de la Résistance. 
En octobre 1943, trois élèves sont arrêtés ainsi que le surveillant général et le directeur, René Juteau qui est déporté en Haute-Silésie. Il s'évade mais il est repris. Il meurt dans le camp de Dora en avril 1945 (une autre source indique son décès au camp de Nordhausen le 8 avril 1945). 
Son nom figure sur le monument aux morts de Glay dans le Doubs : « A la mémoire des résistants de l’institut de Glay, morts en camp de concentration, directeur : Pasteur Juteau René, 29 ans ». Suivent les noms de 4 élèves de 16 et 17 ans.


Sources 
Témoignage de Robert Salomon, élève du Lycée de Glay.


Fiche du pasteur René Juteau. Camp de Dora. Source Arolsen

Fiche du pasteur René Juteau. Camp de Dora. Source Arolsen

Commune de Glay, plaque commémorative. Photo Université de Lille


  

Yann Roullet, E.R.F, pasteur à Mougon, 
mort au Struthof en 1944.
 
Yann Roullet, crédit photo Guy Brangier

Yann Roullet est né le 13 février 1915 à La Rochelle (Charente-Maritime). Son père est négociant en cognac.
Fin 1938, il décide de devenir pasteur et commence ses études. 
Ci-dessous, on peut voir Yann Roullet au dernier rang, 4e en partant de la gauche, cravate, gilet clair. Cette photo a été prise vers 1938 au cours d'une réunion oecuménique  au centre de La Roche-Dieu  (Bièvres). Elle a été publiée dans l'ouvrage Les protestants français pendant la seconde guerre mondiale. Actes du colloque de Paris. 1992 Supplément au bulletin de la Société d'Histoire du Protestantisme Français.
 
Vers 1938.

En 1942, il soutient un mémoire de licence sur le sujet : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Ce texte mystique édité chez Plon en 1950 avec une préface de Daniel Rops, ainsi que l’édition en 1947 aux éditions Neuchâtel d’un recueil de lettres lui valent de figurer sur la plaque commémorative "Aux écrivains morts pour la France" au Panthéon, à Paris.
Il se marie le 2 septembre 1942 à Bordeaux avec Madeleine Ohmstède  avec qui il aura une fille, Anne.
 
En septembre 1943, il est nommé pasteur à Mougon (Deux-Sèvres). Il entre dans la Résistance au réseau Alliance (cliquer ici pour en savoir plus sur ce réseau Alliance), rattaché au groupe de La Rochelle où son grand-père Léonce Vieljeux, joue un rôle essentiel. Il est chargé de trouver des refuges pour héberger des agents recherchés.
 

Extrait de "Les protestants français pendant la seconde guerre mondiale."

Yann Roullet est arrêté le 9 mars 1944 avec l'un de ses paroissiens, M. Girard. Il est déporté au camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arrive par le convoi du 29 avril 1944. Tous les jours, selon le témoignage d’un survivant du massacre, le docteur Lacapère, le pasteur Roullet procédait à haute voix à une méditation écoutée de tous.
 
Yann Roullet

Yann Roullet est exécuté le 2 septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).
Il fut déclaré Mort pour la France et reçut la Croix de guerre à titre posthume, médaillé de la Résistance par décret du 3 août 1946 et au Journal Officiel du 13 octobre 1946. 
Son nom figure sur le monument aux morts de Mougon (Deux-Sèvres) ainsi que sur celui de la commune des Vans en Ardèche avec celui de son grand père Léonce Vieljeux qui en était originaire. Il figure également sur la plaque du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin), voir ci-dessous
 
Yann Roullet, plaque du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof 

 
Sources 
Ce portrait de Yann Roullet est un condensé d’un article publié sur le site LE MAITRON
Un très grand merci aux deux auteurs, Jean-Louis Ponnavoy et Michel Thébault, qui ont travaillé à partir des documents suivants : MémorialGenWeb. François Dermange, Yann Roullet, un pasteur mystique in La Mystique face aux deux guerres mondiales sous la direction de Dominique de Courcelles et Ghislain Waterlot, PUF ed. Paris 2010. Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof". Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé" Fayard 1968. État civil. Réseau Alliance
Généanet, cliquer ici 
Les protestants français pendant la seconde guerre mondiale. Actes du colloque. 1992
Biographie dans le Réseau L'Alliance, cliquer ici 
Plaquette "Résister en Pays Méllois 1940-1945. CRRL Thouars
Livre Mémorial des Déportés de France - FMD - Paris; Editions Tirésias. 
Une biographie a été écrite par Daniel Rops.
 
Arbre généalogique publié sur Généanet par Pierre Manuel Viguie

 
Lien 
 
Extraits en version PDF de l'ouvrage de Yann Roullet (cliquer sur le lien ci-dessous)
« Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné », texte édité chez Plon en 1950




A noter que Ernest Ungerer, étudiant en théologie à Strasbourg est un résistant du réseau ORA et qu'il a été arrêté en Bretagne.
 
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 D'autres documents sur le pasteur Marcel Heuzé

Fiche du pasteur Heuzé. Camp de Mittelbau. Source Arolsen

Fiche du pasteur Heuzé, camp de Buchenwald. Source Arolsen

Pasteur Heuzé, Kommando de Dora. Source Arolsen

Fiche du pasteur Heuzé. Source Arolsen


31 mars 1944. Fiche du pasteur Heuzé, camp de Buchenwald. Source Arolsen

Mai 1944 Mandat pour le pasteur Heuzé, camp de Buchenwald. Source Arolsen

Fiche du pasteur Heuzé, camp de Buchenwald. Source Arolsen

Avril 1944. Mandat pour le pasteur Heuzé, camp de Buchenwald. Source Arolsen

Fiche du pasteur Heuzé, camp de Buchenwald. Source Arolsen

Fiche du pasteur Heuzé. Source Arolsen

Fiche du pasteur Heuzé. Source Arolsen


Fiche du pasteur Heuzé. Source Arolsen



 
Document
Protestants et Résistance, la mission de Trémel (22)
Une  grande histoire de Résistance dans les Côtes-du-Nord, liée au protestantisme, fut l'oeuvre de quelques personnes admirables et se déroulèrent à la Mission baptiste de Trémel.
En 2016, Guillaume et Marie-Yvonne Le Quéré ont été déclarés Justes parmi les Nations pour leur aide aux juifs pourchassés pendant l'Occupation.
Ces faits sont relatés avec beaucoup de détails sur le site de Jean-Yves Carluer.

à lire sur le blog de Jean-Yves Carluer 
Les justes de Trémel 1
Les justes de Trémel 2
Les justes de Trémel 3
Les justes de Trémel 4  La mission baptiste, lieu de refuge
Les justes de Trémel 5  L'été de tous les dangers
Les justes de Trémel 6  Marie-Yvonne Droniou-Le Quéré, Juste parmi les Nations


Des vidéos relatent aussi ces événements et on peut y découvrir le témoignage de survivants :

Vidéo 1. France 3 Bretagne

Vidéo 2. Le Télégramme