mardi 11 juin 2024

Paul Marquer (1913-1974), pasteur à Saint-Brieuc de 1947 à1961


Paul Marquer (1913-1974), pasteur à St Brieuc




Origines 
 

Paul Marquer est né dans une famille protestante du côté paternel.
Son père s'appelle Léon Joseph Valérien Marquer (1874-1950), il est né le 14 avril 1874 à Saint James (Manche) et il exerce la profession de pharmacien à Tourcoing. Plus tard, vers 1940, il déménage avec son épouse à St Brice-en-Coglès (35).

La mère de Paul s'appelle, Louise Sophie Pernot, elle est née le 23 juillet 1885 à Lima au Pérou dans une famille catholique. Elle arrive en France à l'âge de 8 ans, à la fin du XIXe siècle et est élevée dans une famille luthérienne d'Héricourt dans le pays de Montbéliard. Sa soeur est dans une autre famille du village et elles se retrouvent au Temple le dimanche (Ancienne église St Christophe transformée définitivement en temple en 1887). Mais il existe un doute sur le fait qu'elle grandisse à Héricourt. Peut-être qu'au moment où elle est devenue orpheline de ses deux parents à l'âge de 8 ans, elle aurait pu grandir à Fougères après avoir été recueillie par sa tante Frédérique Pernot-Vinet épouse d'Emile Vinet capitaine (de l'armée française, plus vraisemblablement que dans la marine marchande). Le couple Vinet-Pernot habitait à Fougères.
 

Son père est Alfred Frédéric Pernot, né le 28 août 1849 à Héricourt (Haute-Saône), décédé à Héricourt le 22 juillet 1896. Il était d'origine protestante

Sa mère est Carlota (Charlotte pour l'état civil français) Émilie Rojas, née en 1860, catholique, décédée à Belfort (Haut-Rhin) le 27 novembre 1899.

Léon Marquer et Louise Pernot (qui résidait alors à Fougères) se marient à Lille le 15 juillet 1911.
De l'union de ce couple vont naître deux enfants, mais Frédéric décède à l'âge de 10 ans d'une diphtérie.



 
 
Éducation. Famille
 

Paul Léon Charles Marquer est né le 7 septembre 1913 à Tourcoing.

Dans sa jeunesse
Paul Marquer a été dans le scoutisme comme éclaireurs et chef éclaireurs à Tourcoing puis chef à Paris et à l'échelon provincial en Ile de France puis à Roubaix et enfin à Saint Brieuc. Il organisait encore des camps d'éclaireurs avec la petite troupe qu'il avait créé dans les Alpes, en Espagne, au Chambon-sur-Lignon.

 


Écu des éclaireurs unionistes


Pour suivre la tradition familiale, Paul Marquer va entreprendre des études de pharmacie mais après trois années d'études son père va comprendre que c'est vers la théologie que son fils doit aller. 

Paul part effectuer son service militaire dans un premier temps puis rejoint la Faculté de théologie protestante en 1937 à Paris.

Paul Marquer dans les années 30

 

Son épouse est Jeanne Cécile Catala, elle est née le 10 juin 1914 à Marseille. Sa famille est protestante, assez aisée, d'origine suisse (Glaris). Sa famille est venue s'installer à Marseille en 1850.
Ainée de 6 enfants, Jeanne va à Paris pour entreprendre des études d'assistante sociale. Elle fréquente le temple de la rue Madame. Jeanne Catala est active dans le scoutisme. Elle dirigeait la meute de Louveteaux de la rue Madame à Paris après avoir été éclaireuse et cheftaine d'éclaireuse à Marseille. Paul Marquer dirigeait le groupe des éclaireurs rue Madame.
Paul Marquer, mobilisé pendant la "drôle de guerre", écrit à Jeanne une quarantaine de lettres de février à juin 1940 alors qu'il est à Marseille. Ils se retrouvent en mai 1940 puis pendant l'été 1940.
Le mariage entre Paul et Jeanne se déroule le 14 septembre 1940 à Paris, 14ème arrondissement.

Paul et Jeanne Marquer.


Les enfants de la famille Marquer sont :

Annie, née  le 21 octobre 1941 à Lille,
à l'Hôpital-Ecole
Ambroise Paré (clinique protestante)

Jean-Paul, né  le 21 janvier 1943  à Lille, à l'Hôpital-Ecole Ambroise Paré fondé en 1923 (clinique protestante)

Jacqueline, née le 22 août 1944 à Lille,à l'Hôpital-Ecole Ambroise Paré (clinique protestante)

Yves, né  le 4 mai 1946 à Lille, à l'Hôpital-Ecole Ambroise Paré (clinique protestante)

François, né le 2 juin 1951 à Saint-Brieuc
 

Yann-Patrick, né le 27 février 1955 à St Brieuc



1954. De gauche à droite, Paul Marquer, Louise, Yves, Jeanne avec François sur les genoux, Jean-Paul, Jacqueline et Annie.



 
 
Les débuts du pasteur Marquer dans le Nord

En 1943, Paul Marquer est assistant de paroisse à Croix (à côté de Lille) pendant son proposanat au sein de l’Église Réformée de France dans la première circonscription (Nord).

Pendant l'Occupation, Paul et Jeanne Marquer ont animé de nombreuses colonies de vacances, avec des enfants juifs cachés au milieu des autres qui au cours de la colo disparaissaient en Suisse depuis Voiron en Isère ou en Espagne depuis l'Aquitaine. Jeanne Marquer a dirigé ces colonies jusqu'en 1944 avec ses 2 enfants en bas-âge et enceinte.

Un document d'archives concernant la famille Marquer est le recensement de 1946 à Roubaix qui indique seulement 5 personnes dans le foyer (Les trois derniers garçons ne sont pas encore nés). Tout le monde habite au 106 Boulevard de Belfort, adresse du Foyer La Solidarité où Paul Marquer exerce comme pasteur.


Extrait de la page de recensement en 1946 à Roubaix où figure la famille Marquer. Service des archives de Roubaix

 Toujours dans les années 40, le pasteur Paul Marquer est au service de la Mission populaire évangélique à Roubaix dans le troisième Consistoire, Flandres-Littoral. Le pasteur est considéré comme un des principaux permanents de la mission populaire dans le quartier de Pile à Roubaix, au Foyer "La Solidarité".

 
Ce foyer est créé à Roubaix par Elie Gounelle en 1898. C'est alors une Maison du Peuple où se rencontraient des ouvriers et des personnes d'autres catégories sociales pour discuter et mettre en pratique les théories d'entraide élaborées par le christianisme social.


La Solidarité de Roubaix comprenait une salle de conférence, une salle de lecture, une bibliothèque et un café où on ne trouvait que des boissons non-alcoolisées, des chambres à louer ou à prêter.
Dans ce lieu appelé "La Solidarité" s'entrecroisaient des oeuvres multiples : lieu d'accueil, université populaire, cercle ouvrier. Un véritable espace d'expérimentation où on ne demande pas aux personnes qui rentrent dans ce foyer si elles sont protestantes ou non.



Exercer dans cette structure a eu beaucoup d'influence sur la suite de la vie du pasteur Marquer et on le verra dans ce qu'il mettra en place à St Brieuc par la suite. Par exemple des débats seront organisés par le pasteur dans des bars des quartiers ouvriers et des tracts sont distribués pour appeler à ces réunions. 

Le pasteur innove et organise des rencontres de quartier chez des particuliers. 

En 1948 la paroisse discute de l'opportunité de faire des réunions à la sortie des usines.


 
 
La famille Marquer en Bretagne

Paul Marquer est nommé en Bretagne et va exercer à Saint-Brieuc de septembre 1947 à septembre 1961. Il est consacré comme pasteur après son arrivée à Saint-Brieuc, certainement à la fin de l'année 1947car il rédige une lettre de demande à la commission de consécration des pasteurs (lettre du 22 octobre 1947).

Sur le plan familial, deux enfants vont naitre à St Brieuc, le premier est François le 2 juin 1951 et il est baptisé le 11 novembre 1951 au Temple de St Brieuc. Son parrain est Jacques Rogier et sa marraine Mlle Carlier.
Le second enfant à naitre en Bretagne est Yann-Patrick en 1955.

Trois des enfants à l'arrière de la 2CV

 
Les enfants de la famille Marquer devant le temple vers 1958 : Yann-Patrick, François, Yves, Jacqueline, Jean-Paul, Annie 


A noter :
Le pasteur Marquer est le parrain de Catherine Talbot, née en 1953, et baptisée au temple en 1954. 

La mère du pasteur Marquer, Louise Pernot, habite au presbytère de St Brieuc peu après la mort de son mari le 6 mai 1950 (à St Brice en Coglès). Louise Marquer est membre inscrite de la paroisse de St Brieuc 1952 à 1961.

 
Le pasteur Paul Marquer à son arrivée à St Brieuc avec sa famille.


Fin des années 40. La famille Marquer.
Les enfants de l'école biblique de St Brieuc. 1955. Photo Jacqueline Roux-Marquer.

 Ci-dessus, photo des enfants de l’École biblique du Jeudi en 1955

De gauche à droite: Rémi Cottenceau, Gilles Cottenceau, Serge Cottenceau, Yves Marquer, Gérard Vitter,  Alain Thuillier.
Derrière, Hélène Huck, Petit garçon souriant ?, Danielle Minne, Jacqueline Marquer, devant Ingrid Dao Dieu Khue, Hélène Thuillier, Annick Rogier, Françoise Thuillier et derrière, discrètes, Lydie et Edith Huck. 

(photo et renseignements Jacqueline Roux-Marquer) 

Les enfants de l'école biblique de St Brieuc. Photo Jacqueline Roux-Marquer



Les enfants des familles protestantes Marquer, Cottenceau et Vitter.



Le ministère de Paul Marquer à Saint-Brieuc


 

Célébration d'un mariage.

A peine arrivé, Paul Marquer coordonne la réunion de la Fédération Protestante de Bretagne réunie en octobre 1947 à St Brieuc.

 
31 octobre 1947. Ouest-France


 
Paul Marquer célèbre des cérémonies patriotiques pendant toutes les années d'après-guerre. La presse locale rend compte régulièrement de ces manifestations qui réunissent de nombreuses personnalités.
 
Transmettre la mémoire sera une préoccupation constante du pasteur Paul Marquer.
 

16 novembre 1948. Ouest-France



26 février 1951. Ouest-France



La cérémonie patriotique de 1953 prendra une ampleur particulière avec un chef de cabinet représentant le gouvernement de l'époque, avec Victor Rault, le maire de Saint-Brieuc et de très nombreuses délégations d'associations d'anciens combattants, déportés et résistants. 
 
De larges extraits de la prédication du pasteur Marquer seront repris dans la presse.
 

 
9 novembre 1953. Ouest-France


 
9 novembre 1953 Ouest-France

 
 
7 novembre 1957. Ouest-France


 
12 novembre 1957. Ouest-France

 

10 novembre 1959 Ouest-France

14 novembre 1960 Ouest-France


 

 

Paul Marquer, un pasteur débordant d'idées



Paul Marquer devant le temple de St Brieuc. Photo Jacqueline Roux-Marquer

Paul Marquer est un pasteur qui déborde d'idées et cherche à intégrer le protestantisme dans la vie de la cité. 

Le résultat se fait sentir assez rapidement : le nombre de membres de l’Église Réformée de St Brieuc-Perros s'accroit considérablement pendant une grande partie de son exercice.



Moment de détente. Paul Marquer photographié par sa fille.



Concernant ses différentes initiatives on peut citer de nombreux exemples.


Colonies et scoutisme

 

La colonie de vacances de Crampoisic débute avec lui en 1952. Un travail considérable a été fait à cette époque pour rendre le lieu habitable et un bloc sanitaire a été construit. Les activités étaient nombreuses (voir l'article consacré à Crampoisic).

Paul Marquer dirigeait les camps et Jeanne, son épouse, faisait office de cuisinière, intendante, lingère et infirmière avec des enfants en bas âges!

En plus des colonies  et des rencontres, un camp rassemblant des enfants catholiques et protestants a été organisé comme partout en Europe par le Service Civil International dont Didier Roux, mari de Jacqueline Marquer, était le secrétaire International.

Ils ont dirigé ce camp ensemble. La télévision américaine en a fait un reportage !

 

Colonie de vacances inspirée par l'ambiance des camps scouts. Crampoisic.


Paul Marquer met en place des groupes de jeunes scouts, garçons et filles (Camps dans les Alpes, en Espagne...).

Les quatre photos qui suivent montrent le départ d'un groupe de scouts unionistes, avant 1950. 

Une dizaine de garçons et une quinzaine de filles posent devant le Temple, rue Victor Hugo. On reconnait Émile Le Cozannet (futur pasteur), debout, troisième à partir de la droite ; Erling Hansen, au milieu, les bras croisés.

 


 

Les vélos sont montés sur la galerie de l'autocar.


Les parents et les jeunes sont rassemblés devant le Temple avant le départ. On reconnait le pasteur Paul Marquer devant le pilier.


La Simca 8 du pasteur (modèle sorti en 1938) est chargée avec des sacs à dos. Elle était appelée "Evangéline" par le pasteur Marquer et elle sera replacée en 1955 par une 2cv.


 

Paul Marquer est certainement le précurseur du scoutisme unioniste à Saint-Brieuc. 

Jean-Claude Nexon avait pour chef de patrouille Pierre Prigent dans un groupe de scouts-marins. Il se souvient qu'une barque à fond plat a été construite dans le garage des parents de Pierre Prigent sous la direction du pasteur Paul Marquer. Joseph (Jo) Le Hégarat était aussi de la troupe. Mais ces souvenirs ne sont pas corroborés par des archives écrites...

De son côté, Pierre Prigent a un souvenir un peu différent. Il situe cet évènement plus loin dans le temps : "Nous étions une patrouille de Scouts marins dirigés par le pasteur Crespin. Nous avions construit une barque qui restait au Légué et en plus dans ma famille nous avions un tout petit voilier qui était aussi utilisé par la patrouille. Une demoiselle encadrait un groupe de filles." (entretien téléphonique en juin 2022). Ce témoignage est sujet à caution car aucune trace n'indique une activité dans les scouts avec le pasteur Crespin entre 1937 et 1943


Sur la photo ci-dessous, camp d'Eclaireuses : De Gauche à droite: Jacqueline Marquer, Annick Rogier, Jacqueline Créach de Brest, Marie-Janig Streleski, Edith Ludin de Brest, Cécile Feydel de Brest, Anne-Marie Gerber, Soizick Le Porcher.


1960. Camp d'éclaireuses

C'est à cette époque que l'association familiale protestante achète un vieux bateau de pêche pour effectuer des sorties en mer avec les jeunes de la paroisse. Ce petit bateau acheté par l'association familiale protestante s'appelait le Génopage. D'après une description faite par Yves Marquer, il s'agissait  d'un petit canot breton traditionnel de 4 à 5 mètres de long , canot ouvert, motorisé, gréé semble-t-il d'une voile au tiers. Il avait été acheté dans les premiers mois de 1961.


Au début des années soixante, sous son impulsion, des travaux sont entrepris et l’intérieur du temple, ainsi que l'appartement du premier étage, sont complètement remaniés.
 

Il met en route et suit le chantier de construction du temple d'Etables-sur-Mer.

Jacqueline Marquer devant le temple d'Etables tout juste construit


 

Durant toute cette période le pasteur Paul Marquer assure l’évangélisation à Pontivy (culte une fois par mois), à l’hôpital psychiatrique de Plouguernevel, au Val-André, à Saint-Cast et à Guingamp. 

Il assure de nombreuses conférences et débats sur des sujets d'actualité à Saint-Brieuc.  

Il participe à des manifestations pour faire découvrir le protestantisme, comme on le découvre dans cet article de Ouest-France pour un cycle de conférences et la présentation d'expositions à Saint-Malo en 1961 (ci-dessous).


10 mars 1951 Ouest-France


Le pasteur Marquer a exercé la fonction de Secrétaire général de la société d'évangélisation de la Bretagne dans les années 50. Il était amené à se déplacer par exemple pour des baptêmes jusqu'au temple de Morlaix.

En été, il pouvait être amené a célébrer des cérémonies dans la région de Lorient (voir l'article de Ouest-France, édition du Morbihan, ci-dessous)


Lorient 4 août 1949.

 
Le pasteur Paul Marquer avec des jeunes femmes du groupe des "Routiers du Christ"



Paul Marquer assure la fonction d'aumônier de la prison de St Brieuc de 1955 à 1961.

Il assure également les Cours d'histoire du protestantisme au Lycée de jeunes filles et de garçons de St Brieuc.


 
 
Années 50. Groupe de jeunes devant le Temple.

 

Il organise des séances chaque année de films sur les missions protestantes en Afrique avec très souvent le pasteur Pierre Tissot (1916-2001) missionnaire de la Société des Missions Evangéliques de Paris, parrain de Jacqueline Marquer et ami de la famille Marquer (photo ci-dessous). Pierre Tissot est aussi connu pour son action dans le cadre de l'Eglise Réformée en tant qu'aumônier militaire en Indochine et ami du cinéaste Pierre Schoendoerffer.

Il relaie, à St Brieuc, la campagne pour les sans-logis lancée par l'abbé Pierre



Culte en plein-air avec le pasteur Tissot. Image Defap

Le pasteur Tissot et le pasteur Marquer, amis depuis la faculté de théologie.


 
Notons enfin que le pasteur Marquer se chargea en 1954 de l'organisation du jubilé du pasteur Jean Scarabin, une cérémonie qui réunit toutes les tendances du protestantisme en Bretagne.
 

13 décembre 1954 Ouest-France


 
 
 
Après la Bretagne 
 
 
Quand le pasteur Marquer quitte St Brieuc, c'est pour exercer à Caen à partir de 1961. C'est là qu'il organise un camp d'éclaireurs en ex-Yougoslavie, dans le milieu des années 1960. Le petit groupe est constitué de cinq garçons rattaché à l'UCJG. Le séjour va durer 2  ou 3 semaines.
 
 
A Caen, tout à fait à gauche, le pasteur Tissot. Paul Marquer, 3e à partir de la gauche

 

La famille Marquer à Caen.

Puis, Paul Marquer reste une année seulement à Dunkerque et termine son exercice à Châlons-sur-Marne. Là, il s'occupe activement à la prison où il est aumônier et s'y rend 3 ou 4 fois par mois. 

Passionné par cette mission dans les prisons et par sa paroisse, il finit par s'épuiser et décède d'un infarctus.



1971. Photo d'identité. P. Marquer

 

Paul Marquer décède à Châlons-sur-Marne le 31 Mai 1974, victime d'une crise cardiaque. Il allait avoir 61 ans.

Paul Marquer a été affilié à l'Eglise Réformée de 1934 à 1974, date à laquelle il est décédé. Il est enterré à Saint Brice en Coglès (35).

Jeanne, son épouse, part alors vivre à Marseille où elle s'engage auprès des plus démunis dans les quartiers Nord de la ville et milite à la Cimade. Elle était "tutrice de budget" pour les personnes sous tutelle ou curatelle. Elle décède en 1990 à Caen.


En 1971, Jeanne et Paul Marquer au Chambon-sur-Lignon




Les différents postes occupés par le pasteur Paul Marquer

 
Croix, dans le Nord. 1943 proposanat
 
Roubaix.  1945 (?) à 1947
 
Saint-Brieuc. 1947 à 1961
 
Caen. 1961
 
Dunkerque. (une année)
 
Châlons-sur-Marne jusqu'en 1974.


Photo d'identité. Paul Marquer




Les enfants Marquer et le protestantisme 

 

Jacqueline était monitrice d'école biblique à St Brieuc et le restera à Sarcelles, Montmorency, Pau, Ferney-Voltaire. Au total, 55 années de service.
Jacqueline est aussi élue conseillère presbytérale à Pau.

Son engagement dans le scoutisme est dans la droite ligne de la tradition familiale :
cheftaine de la branche cadette fille puis de louveteaux à Caen, Strasbourg, New-York.

Responsable pour les Éclaireurs unionistes (FFEUF) de la province Alsace. 

Commissaire nationale de 1966 à 1970 au Mouvement Unifié Éclaireuses et Éclaireurs unionistes à Paris (unification réalisée en équipe et avec son mari Didier Roux qui était commissaire national des éclaireurs unionistes en 1964).

En 1974, responsable d'un camp réunissant des enfants catholiques et protestants de Belfast et Londonderry;


Conseillère clan libre à Enghien.



Annie a également été engagée dans sa paroisse.



Jacqueline et Annie Marquer à St Brieuc.



  
 
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Liens

 
Pour lire le témoignage passionnant de Jacqueline Roux-Marquer, fille du pasteur Paul Marquer, sur son enfance protestante à St Brieuc, cliquez ici

Deuxième témoignage de Jacqueline Roux-Marquer, sur le scoutisme protestant à St Brieuc
Cliquez ici 
 





Sources 
 
 
Archives du temple de St Brieuc. 

Correspondances avec Jacqueline Roux-Marquer, fille du pasteur Paul  Marquer. Décembre 2019 et février 2020. Entretien à Saint-Brieuc le 2 juillet 2021.
Des compléments d'information précis ont également été apportés par Jean-Paul Marquer en novembre 2021 et juin 2024.
 

Archives de la Manche, commune de St James, registre des naissance, année 1874, vue 117, acte de naissance de Léon Marquer, père du pasteur Paul Marquer.

Archives de la Haute-Saône, commune d'Héricourt, acte de décès de Alfred Pernot, père de Louise Pernot, mère du pasteur Paul Marquer, vue n°22, année 1896 .

Archives en ligne du Nord, commune de Lille, mariages, année 1911, acte de mariage de Léon Marquer et Louise Pernot le 15 juillet 1911, vue 293

Archives en ligne du Nord, registre  des naissances, section de Tourcoing, 1913, vue n°58.

Actes du XXXVIème Synode national de l'E.R.F Paris ( Batignolles) Mai 1943. 

Actes du Synode de 1946, page 163 et du Synode de 1947, page 59.

Liste des pasteurs ERF. Page 58 Archives nationales. PDF 

Les protestants du Nord et la Seconde guerre mondiale. La revue du Nord 1978.
Article en ligne, page 445. 

Le christianisme social dans le Nord. La revue du Nord 1991. 

L'Homme protestant page 194. Livre de Janine Garisson (Foyer de Roubaix "La solidarité").

Sur le site Généanet, Marquer Paul,  fiche établie par Cyril Leenhardt

Remerciements à Louis Concalves du service des archives municipales de Roubaix 

Registre des baptêmes du temple de St Brieuc (année 1951) 
 
 



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Le temple protestant de Vannes remonté à Lorient. 1957-2018

 

L'histoire de l'ancien temple protestant de Vannes est racontée dans un article de Mélanie BÉCOGNÉE, publié dans Ouest-France le 11 septembre 2018, édition du Morbihan, sous le titre : "Le temple protestant vannetais, un mécano remonté à Lorient". Installé depuis 1956 à Vannes, le temple en bois de l’Église protestante unie a été démonté en octobre 2018 pour laisser place à un imposant projet immobilier.

Le temple réformé de Vannes. Photo RF juin 2024

La mairie lorientaise a récupéré ce bâtiment en bois pour sa valeur historique.

 

Ci-dessous. Corinne Charriau est pasteure de l'église protestante unie de Vannes Morbihan Est en 2018. Photo MÉLANIE BECOGNEE


 

Qu’est-ce qui va changer pour le temple de l’Église protestante unie de Vannes Morbihan Est ?

Situé au 28, rue du 8 Mai 1945, ce temple protestant est une ancienne baraque d’Après-guerre de Lorient. Elle sert de lieu de culte vannetais depuis l’été 1956. Elle sera démontée en octobre pour laisser place à la construction d’un nouveau temple. Ce projet s’inscrit dans un important ensemble immobilier porté par le promoteur Lamotte. « Il y aura des habitations, détaille Henri Bellamy-Brown, président du conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Vannes Morbihan Est. Le nouveau temple est inclus dans ce projet. » L’Église protestante unie sera propriétaire de son nouveau temple, dont le montant n’a pas été dévoilé.

Ci-dessous. Installé depuis 1956 à Vannes, le temple en bois de l’Église Protestante Unie sera démonté en octobre pour laisser place à un imposant projet immobilier. Photo MÉLANIE BECOGNEE


Pourquoi un tel changement ?
Mal isolé et difficilement chauffé, le temple actuel n’était plus du tout adapté à l’accueil des fidèles. « Il n’est pas aux normes ERP (Établissement recevant du public), ajoute Henri Bellamy-Brown. Nous aurions pu le faire, mais nous avions ce projet depuis au moins dix ans en tête. » Il ne manquait que les fonds pour donner l’impulsion. « C’est le legs d’un membre de la paroisse associé à la vente du terrain au groupe Lamotte qui nous a permis de concrétiser cela. »

Comment cette baraque s’est-elle retrouvée à Vannes ?
Cette baraque vient de loin. « Elle a été offerte par les Églises protestantes d’Amérique du Nord juste après la Seconde guerre mondiale », détaille Henri Bellamy-Brown. Elle servait alors de temple aux fidèles de Lorient. Une dizaine d’années plus tard, le 3 juin 1956, un nouveau temple fut érigé là-bas. La baraque fut donc démontée pour être installée rue du 8-Mai 1945, à Vannes, derrière un ancien bistrot qui sert de presbytère. « C’est vrai mécano ! Elle fut remontée entre le 15 et le 30 juillet de la même année par des jeunes », raconte Henri Bellamy-Brown. Le temple fut dédié au culte le 20 octobre 1957. À l’époque, il était prévu qu’il serve cinq ans…

Ci-dessous. Le conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Vannes Morbihan Est a collecté de nombreuses photographies de la petite baraque de Lorient. Photo MÉLANIE BECOGNEE


 

Pourquoi la mairie de Lorient récupère-t-elle cette baraque ?

À la fin de la Seconde guerre mondiale, Lorient est détruite. Pour reloger les personnes, de nombreuses baraques en bois sont construites. Ce sont de véritables petits quartiers provisoires qui prennent vie… Ces maisonnettes sont démolies au fil de la reconstruction de la ville. Depuis quelques années, des associations et la Ville s’investissent pour réaliser un travail de mémoire sur cette période de l’histoire lorientaise. Début octobre, la municipalité démontera et remontera la baraque, à ses frais, sur l’un de ses terrains. « C’est une très bonne solution, d’après Henri Bellamy-Brown. Ce ne sera plus un temple, mais un souvenir. »

La baraque a-t-elle changé après tant d’années ?
Poutres apparentes, lambris aux murs et moquette au sol. L’intérieur serait resté en l’état. En revanche, des travaux de restauration ont été entrepris plusieurs fois pour garder la baraque sur pied. La toiture aurait été refaite au début des années 80. Quant aux murs en bois visibles sur les photos d’archive, ils sont recouverts de crépi.

Ci-dessous. Remonté à Vannes en 1956, le temple a été dédié au culte le 20 octobre 1957. Photo MÉLANIE BECOGNEE


Quel est le planning des travaux à venir ?
Le 30 septembre 2018 aura lieu le tout dernier culte protestant dans le temple. Dans la foulée, la mairie de Lorient récupère la baraque. Après les fouilles archéologiques obligatoires, les premiers coups de pioche devraient être donnés en début d’année 2019. Ils devraient durer deux ans.

 

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lundi 10 juin 2024

Juliette Tonge, pasteur à Saint-Brieuc de 2010 à 2016


Photo Ouest-France 2012

Juliette Tonge est née le 21 juin 1965. Elle est originaire du Cameroun. Elle fait ses études de théologie à Strasbourg.  Elle restera de 2010 à 2016 dans la paroisse de Saint-Brieuc.

Juliette Tonge
 

Juliette Tonge commence à exercer son mandat à St Brieuc en juillet 2010 et devient officiellement pasteur de la paroisse de Saint-Brieuc-Perros fin 2012.

Voilà ce que disait l'article de Ouest-France le 1er novembre 2012.

Photo Ouest-France 01/11/2012

"À Saint-Brieuc, la communauté protestante et le conseil presbytéral de l’église réformée de France reconnaissent que Juliette-Irène Tonge est digne de porter la robe pastorale.

Cette grande dame de 47 ans, originaire du Cameroun, a décroché son diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en théologie à l’université de Strasbourg.

Depuis, elle a accompli différentes missions en France. Son ordination aura lieu dimanche à 15 h dans une église catholique du quartier Balzac à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) car le temple des protestants, rue Victor-Hugo à Saint-Brieuc, ne dispose que de 80 places".

 

Article publié dans "Église en Côtes d'Armor".
Décembre 2012

4 novembre 2012 Ouest-France

 

23 Mai 2013 Ouest-France Perros

 

A son départ en 2016, la communauté protestante est restée sans pasteur pendant plus d'un an. Des laïcs ont pris le culte en charge à tour de rôle jusqu'à l'arrivée du nouveau pasteur.

 

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A noter que les pasteurs Caroline Engel, Solange Weiss-Déaux et Juliette Tonge sont aussi présentées dans l'article sur la place des femmes dans l'Eglise Protestante Unie






vendredi 7 juin 2024

Hommage à Georges Bessis au Hinglé, mai 2024

 

Une journée de commémoration s'est déroulée le vendredi 31 mai 2024 au Hinglé à la salle polyvalente. Jacqueline Besrets en a été la coordinatrice et l'animatrice. Toute l'association Le peuple des Carrières avait œuvré de longue date pour organiser cette journée.


Les résistants fusillés le 31 mai 1944 à La Maltière à Saint-Jacques-de-la-Lande ont été honorés. Il s'agit de Marcel Blanchard, Jean Baptiste Brault et Jean Baptiste Garnier. A ce moment de mémoire ont été associés Georges Bessis (déporté), Raymond Corvellec (travailleur requis par la loi du 4 septembre 1942) et Marcel Miletto (Mort Pour la France en 1940). 

Les enfants de l'école du Hinglé et un groupe d'une cinquantaine de personnes étaient présentes tout au long du parcours des "rues de l'Histoire" avec lectures, poèmes, chants.

Départ du groupe dans l'impasse Georges Bessis

 

Devant la mairie, Gérard Berhault, maire du Hinglé, s'est adressé aux participants et aux enfants de la classe de CM2 de Marie-Pierre Gauvin.


A partir de la gauche Jacqueline Besrets, maire de Bobital et Gaëtan Accoh, maire du Hinglé.

Jacqueline Besrets et différentes personnes ont retracé le parcours de toutes les personnes (fusillés, déportés, Résistantes) dont un nom de rue avait été donné au Hinglé. A l'issue du parcours, Richard Fortat a présenté brièvement l'histoire de Georges Bessis.


Dans la salle polyvalent, les écoliers et la chorale Méli'Mélody ont interprété le Chant des partisans, le poème Liberté, la Marseillaise...



A 18 heures, une conférence a rassemblé une cinquantaine de personnes sur le thème « Le Hinglé (1939/1945) : morts aux combats, déportés et fusillés ». Alain Prigent et Richard Fortat, historiens, ont retracé le parcours des différentes personnes inscrites sur le Monument aux Morts du Hinglé en lien avec cette période de l'histoire.

 

Articles de presse

Ouest-France 30 mai 2024, présentation de la journée d'hommage

 
Ouest-France 4 juin 2024


Sources-Liens

Article dans ce blog sur Georges Bessis, cliquer ici 

1939-1945 : Histoire et Mémoire dans les Côtes-d'Armor, blog de Jimmy Tual, cliquer ici

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