mardi 11 juin 2024

Le temple protestant de Vannes remonté à Lorient. 1957-2018

 

L'histoire de l'ancien temple protestant de Vannes est racontée dans un article de Mélanie BÉCOGNÉE, publié dans Ouest-France le 11 septembre 2018, édition du Morbihan, sous le titre : "Le temple protestant vannetais, un mécano remonté à Lorient". Installé depuis 1956 à Vannes, le temple en bois de l’Église protestante unie a été démonté en octobre 2018 pour laisser place à un imposant projet immobilier.

Le temple réformé de Vannes. Photo RF juin 2024

La mairie lorientaise a récupéré ce bâtiment en bois pour sa valeur historique.

 

Ci-dessous. Corinne Charriau est pasteure de l'église protestante unie de Vannes Morbihan Est en 2018. Photo MÉLANIE BECOGNEE


 

Qu’est-ce qui va changer pour le temple de l’Église protestante unie de Vannes Morbihan Est ?

Situé au 28, rue du 8 Mai 1945, ce temple protestant est une ancienne baraque d’Après-guerre de Lorient. Elle sert de lieu de culte vannetais depuis l’été 1956. Elle sera démontée en octobre pour laisser place à la construction d’un nouveau temple. Ce projet s’inscrit dans un important ensemble immobilier porté par le promoteur Lamotte. « Il y aura des habitations, détaille Henri Bellamy-Brown, président du conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Vannes Morbihan Est. Le nouveau temple est inclus dans ce projet. » L’Église protestante unie sera propriétaire de son nouveau temple, dont le montant n’a pas été dévoilé.

Ci-dessous. Installé depuis 1956 à Vannes, le temple en bois de l’Église Protestante Unie sera démonté en octobre pour laisser place à un imposant projet immobilier. Photo MÉLANIE BECOGNEE


Pourquoi un tel changement ?
Mal isolé et difficilement chauffé, le temple actuel n’était plus du tout adapté à l’accueil des fidèles. « Il n’est pas aux normes ERP (Établissement recevant du public), ajoute Henri Bellamy-Brown. Nous aurions pu le faire, mais nous avions ce projet depuis au moins dix ans en tête. » Il ne manquait que les fonds pour donner l’impulsion. « C’est le legs d’un membre de la paroisse associé à la vente du terrain au groupe Lamotte qui nous a permis de concrétiser cela. »

Comment cette baraque s’est-elle retrouvée à Vannes ?
Cette baraque vient de loin. « Elle a été offerte par les Églises protestantes d’Amérique du Nord juste après la Seconde guerre mondiale », détaille Henri Bellamy-Brown. Elle servait alors de temple aux fidèles de Lorient. Une dizaine d’années plus tard, le 3 juin 1956, un nouveau temple fut érigé là-bas. La baraque fut donc démontée pour être installée rue du 8-Mai 1945, à Vannes, derrière un ancien bistrot qui sert de presbytère. « C’est vrai mécano ! Elle fut remontée entre le 15 et le 30 juillet de la même année par des jeunes », raconte Henri Bellamy-Brown. Le temple fut dédié au culte le 20 octobre 1957. À l’époque, il était prévu qu’il serve cinq ans…

Ci-dessous. Le conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Vannes Morbihan Est a collecté de nombreuses photographies de la petite baraque de Lorient. Photo MÉLANIE BECOGNEE


 

Pourquoi la mairie de Lorient récupère-t-elle cette baraque ?

À la fin de la Seconde guerre mondiale, Lorient est détruite. Pour reloger les personnes, de nombreuses baraques en bois sont construites. Ce sont de véritables petits quartiers provisoires qui prennent vie… Ces maisonnettes sont démolies au fil de la reconstruction de la ville. Depuis quelques années, des associations et la Ville s’investissent pour réaliser un travail de mémoire sur cette période de l’histoire lorientaise. Début octobre, la municipalité démontera et remontera la baraque, à ses frais, sur l’un de ses terrains. « C’est une très bonne solution, d’après Henri Bellamy-Brown. Ce ne sera plus un temple, mais un souvenir. »

La baraque a-t-elle changé après tant d’années ?
Poutres apparentes, lambris aux murs et moquette au sol. L’intérieur serait resté en l’état. En revanche, des travaux de restauration ont été entrepris plusieurs fois pour garder la baraque sur pied. La toiture aurait été refaite au début des années 80. Quant aux murs en bois visibles sur les photos d’archive, ils sont recouverts de crépi.

Ci-dessous. Remonté à Vannes en 1956, le temple a été dédié au culte le 20 octobre 1957. Photo MÉLANIE BECOGNEE


Quel est le planning des travaux à venir ?
Le 30 septembre 2018 aura lieu le tout dernier culte protestant dans le temple. Dans la foulée, la mairie de Lorient récupère la baraque. Après les fouilles archéologiques obligatoires, les premiers coups de pioche devraient être donnés en début d’année 2019. Ils devraient durer deux ans.

 

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lundi 10 juin 2024

Juliette Tonge, pasteur à Saint-Brieuc de 2010 à 2016


Photo Ouest-France 2012

Juliette Tonge est née le 21 juin 1965. Elle est originaire du Cameroun. Elle fait ses études de théologie à Strasbourg.  Elle restera de 2010 à 2016 dans la paroisse de Saint-Brieuc.

Juliette Tonge
 

Juliette Tonge commence à exercer son mandat à St Brieuc en juillet 2010 et devient officiellement pasteur de la paroisse de Saint-Brieuc-Perros fin 2012.

Voilà ce que disait l'article de Ouest-France le 1er novembre 2012.

Photo Ouest-France 01/11/2012

"À Saint-Brieuc, la communauté protestante et le conseil presbytéral de l’église réformée de France reconnaissent que Juliette-Irène Tonge est digne de porter la robe pastorale.

Cette grande dame de 47 ans, originaire du Cameroun, a décroché son diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en théologie à l’université de Strasbourg.

Depuis, elle a accompli différentes missions en France. Son ordination aura lieu dimanche à 15 h dans une église catholique du quartier Balzac à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) car le temple des protestants, rue Victor-Hugo à Saint-Brieuc, ne dispose que de 80 places".

 

Article publié dans "Église en Côtes d'Armor".
Décembre 2012

4 novembre 2012 Ouest-France

 

23 Mai 2013 Ouest-France Perros

 

A son départ en 2016, la communauté protestante est restée sans pasteur pendant plus d'un an. Des laïcs ont pris le culte en charge à tour de rôle jusqu'à l'arrivée du nouveau pasteur.

 

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A noter que les pasteurs Caroline Engel, Solange Weiss-Déaux et Juliette Tonge sont aussi présentées dans l'article sur la place des femmes dans l'Eglise Protestante Unie






vendredi 7 juin 2024

Hommage à Georges Bessis au Hinglé, mai 2024

 

Une journée de commémoration s'est déroulée le vendredi 31 mai 2024 au Hinglé à la salle polyvalente. Jacqueline Besrets en a été la coordinatrice et l'animatrice. Toute l'association Le peuple des Carrières avait œuvré de longue date pour organiser cette journée.


Les résistants fusillés le 31 mai 1944 à La Maltière à Saint-Jacques-de-la-Lande ont été honorés. Il s'agit de Marcel Blanchard, Jean Baptiste Brault et Jean Baptiste Garnier. A ce moment de mémoire ont été associés Georges Bessis (déporté), Raymond Corvellec (travailleur requis par la loi du 4 septembre 1942) et Marcel Miletto (Mort Pour la France en 1940). 

Les enfants de l'école du Hinglé et un groupe d'une cinquantaine de personnes étaient présentes tout au long du parcours des "rues de l'Histoire" avec lectures, poèmes, chants.

Départ du groupe dans l'impasse Georges Bessis

 

Devant la mairie, Gérard Berhault, maire du Hinglé, s'est adressé aux participants et aux enfants de la classe de CM2 de Marie-Pierre Gauvin.


A partir de la gauche Jacqueline Besrets, maire de Bobital et Gaëtan Accoh, maire du Hinglé.

Jacqueline Besrets et différentes personnes ont retracé le parcours de toutes les personnes (fusillés, déportés, Résistantes) dont un nom de rue avait été donné au Hinglé. A l'issue du parcours, Richard Fortat a présenté brièvement l'histoire de Georges Bessis.


Dans la salle polyvalent, les écoliers et la chorale Méli'Mélody ont interprété le Chant des partisans, le poème Liberté, la Marseillaise...



A 18 heures, une conférence a rassemblé une cinquantaine de personnes sur le thème « Le Hinglé (1939/1945) : morts aux combats, déportés et fusillés ». Alain Prigent et Richard Fortat, historiens, ont retracé le parcours des différentes personnes inscrites sur le Monument aux Morts du Hinglé en lien avec cette période de l'histoire.

 

Articles de presse

Ouest-France 30 mai 2024, présentation de la journée d'hommage

 
Ouest-France 4 juin 2024


Sources-Liens

Article dans ce blog sur Georges Bessis, cliquer ici 

1939-1945 : Histoire et Mémoire dans les Côtes-d'Armor, blog de Jimmy Tual, cliquer ici

Si vous avez des remarques, des témoignages, des informations et documents à partager, merci d'utiliser le formulaire de contact.

 

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mercredi 1 mai 2024

Plougrescant, un temple protestant. 1902


L'origine du temple de Plougrescant

La Mission aux Bretons du Havre, de tendance baptiste, est à l'origine de ce temple de Plougrescant. 
Il a fallu compter sur l'engagement sans faille de François-Marie Le Quéré, envoyé dans un premier temps par la Mission de Trémel au Havre, puis implanté à Plougrescant. 
Ajoutons aussi que le travail d'évangélisation effectué par François Manac'h a eu une influence sur la préparation des  esprits aux idées protestantes dans ce secteur.

Les demandes officielles pour établir ce temple à Plougrescant, "consacré au culte évangélique libre " sont rédigées par François Le Quéré. Il précise dans sa demande aux autorités que "le culte est entièrement indépendant, sans aucun comité directeur, la demande est essentiellement personnelle." Le Maire refuse mais le projet se fait quand même et le temple de Plougrescant est inauguré le 15 juin 1902. Le lieu est assez unique, loin du bourg de Plougrescant.


  Temple de Plougrescant. Photo R. Fortat 2019
  

Intérieur du temple de Plougrescant. Photo R. Fortat 2019


Plans fournis par François Le Queré en juin 1902 avec la demande d'autorisation de construction. V 3771. Archives 22.

Plans fournis en 1902 avec la demande d'autorisation de construction


Demande d'autorisation pour construire du Temple de Plougrescant. Juin 1902. V 3771. Archives 22.



Les pasteurs de Plougrescant

Dans les premières années, la petite communauté est animée par François Le Quéré ; M. Chapellaz, un suisse, et Joséphine Lancien.
Ensuite Guillaume Le Buannec assure les cultes pendant une vingtaine d'années, de 1906 à 1919. 
Notons que durant cette période, comme à Dinan ou à Saint-Brieuc par exemple, les pasteurs vont procéder à l'inhumation de 51 soldats et officiers allemands morts entre 1915 et 1919.

Le pasteur Yves Omnès (1879-1952), qui restera de 1919 à 1952, officie le dimanche pour le culte et ses réunions du soir attirent du monde. Il forme aussi des jeunes du village au travail du fer et du bois. Ce baptiste rencontre un franc succès. Guillaume Le Buannec va continuer à être présent jusqu'en 1929 pour le seconder.
La petite communauté vit des temps forts autour des 6 mariages et des 16 enterrements célébrés par Yves Omnès.
Le rayonnement du temple diminue à la fin des années 40-50 mais les cultes continuent d'être assurés par des pasteurs   comme Caradoc Jones de Paimpol, Georges Bonneau de Trémel, Alfred Somerville de Morlaix.
Puis dans les années 60, Georges Marcel Urech, venu de Suisse, s'implante dans la région (fin 1962, début 1966).
Dans les années 60, Pierre Boulanger organise des campagnes d'évangélisation dans le secteur allant jusqu'à Tréguier. Il est le dernier pasteur à temps plein à Plougrescant.
 


L'évolution du temple de Plougrescant.
 
Depuis les années 80, en été et aussi à Pâques, un culte est proposé aux habitants de la région et aux nombreux touristes Allemands, Suisses et des Pays-Bas qui séjournent dans la région. Ces cultes sont animés par des pasteurs et prédicateurs laïcs de diverses sensibilités protestantes et l'association “Les amis du temple de Plougrescant” apporte une dynamique complémentaire en proposant concerts et expositions.




D'autres personnalités marquantes
Mary Eleanor Bonnycastle (1835-1923), une anglaise, soutient le travail de Mlle Biollay au Havre. Sa soeur Jane, épouse de George Pearse, est très engagée dans le travail de la Société Biblique à Paris. Elle soutient l’œuvre de Plougrescant.
 
Sources  

Archives départementales 22. Demande d'autorisation de construction. V 3771. Juin 1902


Site des "amis du Temple de Plougrescant", un article de David Boydell qui a dépouillé les archives du Temple.

Site de Jean-Yves Carluer, article sur le temple de Plougrescant



Liens

Page Wikipédia sur le temple de Plougrescant

Localisation du Temple de Plougrescant. Plan de F. Le Queré. Juin 1902. V 3771. Archives 22.


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Agnès Pascaraut, pasteure à Saint-Brieuc, 2023

 

Agnès Pascaraut. Photo © dr
 

Agnès Pascaraut a suivi des études de théologie à Montpellier. Après un passage dans la région parisienne et dans le Limousin, elle s’est installée au pied des Pyrénées en Ariège.

De l’été 2013 à 2015, Agnès Pascaraut a effectué ses deux années de proposanat avec l’Eglise Protestante Unie du secteur Ariège 1 qui regroupe les paroisses de Foix-Pamiers, de la vallée de l’Arize et de la vallée de la Lèze.
Durant le culte présidé par les pasteurs Laurent Marty et Alain Pélissier, Agnès Pascaraut a fait sa déclaration d’union avec l’EPUDF. On notait  la présence, entre autres, de Monseigneur Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers, et de Pascal Scordino de l’Eglise Orthodoxe du Couserans.


Le petit journal, hebdo local de l'Ariège.18 septembre 2015

Le petit journal, hebdo local de l'Ariège.18 septembre 2015

Après avoir quitté Pamiers en juin 2017, Agnès Pascaraut a ensuite occupé un poste à Blois, dans le Loir et Cher, à compter du 1er juillet 2017.

De Blois elle est partie pour une seule année de solidarité à l’EPU de Tours en 2022. 

On la retrouve comme modératrice au synode régional de la région Ouest en 2022 (photo ci-dessous).


De gauche à droite : Bertrand Marchand, Agnès Pascaraut, modératrice, et Françoise Hangouet © Christian Barthélemy

Après la Touraine, Pascale Pascaraut a postulé pour la paroisse de Saint-Brieuc-Perros. Elle est venue faire une petite tournée de présentation à Saint-Brieuc et à Perros en janvier 2023 (ci-dessous à Perros).

Agnès Pascaraut en centre en veste blanche, Hervé Stücker au fond. Janvier 2023

Agnès Pascaraut a commencé à exercer ses fonctions de pasteure dans la paroisse de Saint-Brieuc-Perros en juillet 2023.

Le 10 septembre 2023, le culte d'installation de la pasteure a été présidé par Caroline Schrumpf, vice-présidente du Conseil régional et pasteure à l’Eglise protestante unie de Laval.

 

Liens

Vidéo Prédication express, "Quel sera le monde dans lequel nos enfants vont grandir?", cliquer ici

Podcast du 27 février 2022 à Blois, cliquer ici

Sur Radio Théo, 23 octobre 2022 (Entretien de 30 minutes), cliquer ici 

 

Agnès Pascaraut à droite

Sources

Le petit journal-L'hebdo local de l'Ariège.18 septembre 2015

Le protestant de l'Ouest, septembre 2023.

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mardi 2 avril 2024

Abraham Jean Bird (1852-1937) Héloïse, Maud, Clarice, Gertrude, Winifred, Béatrix, Alice, Jean Bird

LA FAMILLE BIRD, au port du Légué


Jean Bird, agent maritime au Légué à l'époque où les bateaux à vapeur permettaient de relier St Brieuc à Jersey.


L'histoire des Bird est très précieuse pour nous car elle montre comment, non pas un individu isolé, mais une famille toute entière, à travers chacun de ses membres, a pu marquer la communauté protestante par son engagement et son implication sur plusieurs décennies. Si l'on ajoute la présence de la famille Hansen, des protestants venus de Norvège également dans les affaires maritimes, on comprend pourquoi les protestants se sont rapidement implantés au port du Légué.

L'histoire de la famille Bird montre aussi l'apport très important des protestants venus des îles Anglo-normandes et de l'Angleterre en Bretagne. L'histoire de la paroisse de St Brieuc en est une belle illustration. 

En plus de la famille Bird (de Guernesey), citons par exemple dans les membres à l'origine de la paroisse de St Brieuc : Philippe William Aubin (grand-père du pasteur de St Brieuc Émile Le Cozannet), né à Jersey et son épouse Clara ; Pierre Joseph Audrain, breton mais venu au protestantisme à Jersey ; Sarah Breedon Bryant (Angleterre) ; Miss Nellie Dyson (Angleterre); Miss Wood ; Miss Brooks... 

Rappelons que le courant méthodiste, qui est celui qui a prévalu à St Brieuc de 1909 à 1938, est arrivé à Jersey en 1774. Le premier ministre méthodiste de Jersey a été nommé en 1783 et John Wesley a prêché à Guernesey en 1787 et à Jersey en août 1789. La première chapelle wesleyenne a été construite à Guernesey en 1788.



Registre des membres de la paroisse protestante de St Brieuc. 1906. Familles Aubin (Jersey) et Bird (Guernesey)
 
Abraham Jean Bird (1852-1937) est un membre fondateur de la communauté protestante de St Brieuc en 1906 et le trésorier de l'association cultuelle. Il occupera aussi la fonction de secrétaire jusqu'en 1930.

Abraham Jean (John de son nom d'état civil) Bird est né à Guernesey le 3 mars 1852. Il se marie le 23. 09. 1873 à Guernesey dans l'église anglicane de Trinity Church (St Peter Port) avec Héloïse Eliza Rouly (22 septembre1855 - 7 mars1932). 


Guernesey, l'église anglicane de Trinity Church (St Peter Port)


 

Le couple aura 6 enfants dont plusieurs seront engagés dans la communauté protestante de St Brieuc quand la famille s'y fixera, en 1874 au plus tard, année de naissance de Maud, leur première fille, cette année-là à St Brieuc. Abraham Bird réside au début du siècle avec sa famille route neuve du Légué à St Brieuc. Le 90 rue du Légué est également cité comme adresse.
M. Bird est le représentant d'une compagnie qui effectue des trajets entre le Légué et l'Angleterre. 

Le 9 juillet 1880, un bail de trois ans lui est consenti pour une concession d'un terrain situé sur le port du Légué, sur le quai de Nemours. Ce bail est renouvelé en 1883.
On le connaît bien à St Brieuc et au port du Légué car il est un agent maritime très apprécié. 


1884. Article communiqué par Philippe Saudreau.



Dès 1885, la presse locale signale son esprit d'entreprise à l'occasion de nouveaux services de bateaux à vapeur, inaugurés le 18 juillet. Le premier bateau, un steamer appelé "Le Terrible", dessert les îles Anglo-normandes et Saint-Brieuc, Pontrieux et Tréguier. C'est un service appréciable pour les passagers et un atout commercial indéniable pour les villes de la côte qui vont pouvoir transporter leurs marchandises, de manière régulière, vers Jersey et Guernesey. Le second bateau permet de relier Saint-Brieuc et Londres.

Le 26 janvier 1891, A-J Bird adresse un courrier à M. Le Coat, responsable de la Mission évangélique de Trémel dans les Côtes-du-Nord. Cette mission compte beaucoup sur son "Bazar breton à Guernesey" pour faire avancer son projet d'école et d'orphelinat.  Dans son journal Le Trémelois du 25 janvier 1892, M. Le Coat renouvelle son appel "à tous les amis des îles de la Manche, d'Angleterre, de Suisse et de France, qui s'intéressent à ce bazar, de vouloir aimablement envoyer leurs dons à M. Matth Jehan, rue poudreuse, Saint-Martin, Guernesey, en ayant la bonté de le prévenir par carte postale de leur envoi, afin qu'il puisse les réclamer en dûtemps au bureau des bateaux". 

Dans cette même édition du journal, Abraham Jean Bird, assure M. Le Coat de son soutien et lui signifie que toutes ces expéditions pour l'oeuvre missionnaire seront convoyées franco de port dans ses bateaux.

25 janvier 1892, Le Trémelois. Reproduction RF Musée de l'Histoire du Protestantisme.


En 1895, dans la compagnie où travaille M. Bird, ce sont les steamers  "Channel-Queen" et le "Commerce" qui assurent la liaison entre St Brieuc et les îles Anglo-normandes. 
Quelques années plus tard, la fin du Channel-Queen est tragique puisqu'il va s'échouer le 1er février 1898 au nord de Guernesey : 16 passagers et 5 membres d'équipage vont périr. 


La compagnie conserve son deuxième bateau, le "Commerce", avec à sa tête le capitaine J. Collings (voir l'annonce ci-dessous).


Le "Commerce", photo du Musée de Bretagne, collection Binet. Site Histoire du Légué.




En 1902, la presse nous renseigne sur les nouveaux services apportés par la compagnie dont M. Bird est l'agent au Légué : la liaison maritime Jersey-St Brieuc est assurée par le steamer "Barrow Castle" tous les mardis, le retour s'effectue le mercredi et le jeudi le trajet se poursuit vers Guernesey et Plymouth. Les passagers et les marchandises peuvent ensuite relier Londres et les autres grandes villes de la Grande-Bretagne, et même l'Australie et l'Afrique du Sud. Le steamer "Margaret" est également affrété par la compagnie pour effectuer les liaisons selon une annonce passée le 31 mars 1902 dans Ouest-Eclair.

En septembre 1906, A. Bird et Oscar Hansen font partie de l'organisation de grandes fêtes dans le bassin à flot du Légué. On trouve entre autre chose dans le  programme des réjouissances : course à la nage pour les jeunes gens de 12 à 15 ans, concours de fumeurs, course en sabots, course à l'aviron pour canot à quatre rameurs, course à la godille pour femmes, joutes nautiques, course aux canards, course aux cochons, course d'ânes et la nuit, fête vénitienne et feux de bengale. Un train partira à 20h30 de la gare centrale de St Brieuc vers le Légué et le retour pourra s'effectuer en train également à 23h30.

En 1909, Abraham Bird passe le relais provisoirement à Oscar Hansen, qu'il connaît bien comme membre de la communauté protestante, en attendant qu'un agent soit nommé au Légué pour représenter "The Anglo-French Steamship Company Limited". Le bateau de cette compagnie qui circule à l'époque est Le Devonia dont le capitaine est E.J Collins..


1909. Article communiqué par Philippe Saudreau.


En 1911, changement de statut pour M. Bird qui obtient la naturalisation française. La presse marque sa satisfaction: "Tous les Briochins connaissent M. Bird. Depuis de longues années parmi nous, il a su acquérir la confiance, l'estime de tous ceux qui l'ont approché. Français de cœur, il devient Français de droit, nous en sommes heureux et lui envoyons l'assurance de toute notre sympathie".
C'est aussi l'année où M. Bird fait l'acquisition d'un nouveau bateau à vapeur, le "Jacques Cartier" pour organiser en été des excursions dans la baie de St Brieuc. Ce bateau a été construit à Cantenay en 1903. Il faisait une trentaine de mètres de long.


1911. Article communiqué par Philippe Saudreau.

M. Bird se fait remarquer plus tard, dans la presse (Ouest-Eclair du 3 novembre 1914), pendant la Première guerre mondiale en fournissant des secours venant de Guernesey. Il est à l'origine d'un grand mouvement de générosité dans l'île et de la création d'un comité de secours aux soldats hospitalisés en France.

En 1922, la presse locale mentionne son remarquable travail pour rétablir des liaisons maritimes entre St Brieuc et Jersey. La Compagnie Transinsulaire Française est dirigée par M. Bobignier et M. Bird est son second, "un briochin dont l'activité est à la hauteur de toutes les tâches et qui connaît le port dans tous ses détails". Pour l'arrivée du premier navire à vapeur "Le Celuta", les discours sont prononcés par le directeur de la compagnie, le bailli de St Hélier (Jersey), par la municipalité et par M. Bird.
Le 30 juin 1922, sa compagnie fait paraître une publicité dans le journal Ouest-Eclair pour d'autres liaisons possibles vers les ports du Nord, à partir de St Brieuc ou vers St Brieuc.


Ouest-Eclair 30 juin 1922.



La vie bien remplie d'Abraham Bird va s'achever le 22 octobre 1937, il avait 83 ans. 

 


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Sources   

Registres des membres, des naissances, des mariages et des inhumations 1906-1938. Archives du temple de St Brieuc.

Merci à Françoise Verde pour son travail à propos de la famille Bird, mis en ligne sur le site Généanet. Fiche sur Abraham Bird et ses descendants. Lien en cliquant ici  

Merci à toute l'équipe de passionnés qui anime le site sur l'Histoire maritime du Légué et à Philippe Saudreau, pour tous les articles de presse qu'il nous a communiqués sur M. Bird.
Nous vous conseillons d'aller voir ce remarquable site internet sur l'histoire maritime du Légué.
La base de données sur les bateaux du Légué a été utile pour cet article.

Le naufrage du Channel-Queen est parfaitement raconté sur le site de l'Histoire maritime du Légué.
et très bien détaillé également sur le site histomar.net

Article paru dans Le Réveil 1916, vue 172; 1917, R 34 vue 43; 16 avril 1922, vue 62 (site des archives 22 en ligne). 


Avril 1922, le Réveil. A.J Bird est cité comme agent.


 

 

Héloïse Bird (née Rouly) était en 1906 dans les membres fondateurs de la paroisse protestante de St Brieuc, elle est restée membre de la paroisse, comme son mari, jusqu'en 1930. Elle était née à Guernesey le 24 septembre 1854. Mariée avec Abraham Bird, elle a élevé ses enfants dans la maison familiale route du Légué à St Brieuc, puis 22 rue du Port et bien plus tard elle habita rue des Merles. Elle est décédée le 6 mars 1932. C'est le pasteur Henri Whelpton qui a présidé ses obsèques le 10 mars 1932. Son époux et ses enfants étaient présents ainsi qu'un "très grand nombre d'amis, de toutes les classes de la population".
  
Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres et des inhumations 1906-1938, page 73

 

La famille Bird au cimetière St Michel

 

Plusieurs personnes de la famille Bird sont inhumées au cimetière Saint-Michel à St Brieuc, tout près du carré militaire, facilement reconnaissable.  

Certaines plaques sont illisibles à cause de l'usure du temps, d'autres après avoir été nettoyées laissent apparaitre des marques. Elles sont présentées ci-dessous.

Tombes et plaques de la famille Bird au cimetière St Michel à St Brieuc. Photo RF 2022

 


Maud Héloïse Bird  est née à Plérin le 4 octobre 1874, le premier témoin mentionné sur l'acte de naissance s'appelle Jean Richard, il demeure habituellement à Guernesey comme laboureur et le deuxième témoin n'est autre que Louis Moulin, boulanger à Plérin. 

Maud Bird est en 1906 dans les membres fondateurs de la paroisse protestante de St Brieuc. Elle participe activement à la vie de la paroisse comme membre de 1906 à 1930. Elle prend aussi quelques responsabilités, comme le poste d'assesseur en remplacement de Mme Ricoeur en janvier 1910. Après une interruption dans les années 30, elle va reprendre ensuite des activités dans la paroisse jusqu'en 1943.
Sur le plan professionnel, elle était pourvue d'un Certificat d'Aptitude à l'enseignement de l'anglais et enseignait au Mans au collège puis au Lycée de jeunes filles avant d'être nommée professeur de Lettres et d'Anglais au Cours secondaire de jeunes filles à St Brieuc le 9 octobre 1906, en remplacement de Mlle Verharne (Revue mensuelle de l'enseignement des jeunes filles).
Maud Bird exerce donc le métier de  professeur à St Brieuc. Elle est promue "Officier d'Académie", promotion Violette du 14 juillet 1914 (citation dans "Le Matin de Paris" 14.07.1914). Elle passe de la 5ème à la 4ème classe en 1913 puis de la 4ème classe à la 3ème classe en 1918.
Elle reste célibataire toute sa vie et habite avec ses parents. Elle décède le 23 décembre 1944 à St Brieuc et le 27 décembre, une cérémonie d'inhumation, présidée par le pasteur Élie Vidal, se déroule au temple. 

27 décembre 1944, inhumation de Maud Bird, archive du temple de St Brieuc



Sources
Fiche sur Généanet.  
Etat civil en ligne de la commune de Plérin (22) année 1874 page 150.
Registres des membres et des inhumations du temple,1944.

Clarice Constance Bird (Verde par mariage), est en 1906 dans les membres fondateurs de la paroisse protestante de St Brieuc et reste membre de la paroisse jusqu'à son départ en 1909 après son mariage. 
Clarice est née à Plérin le 8 novembre 1882.
En 1906, elle est mentionnée comme sans profession et résidant à St Brieuc. Elle se marie le 8 septembre 1909 avec Edmond Verde, né à Paris le 7 septembre 1885, mobilisé de 1914 à 1919 (décédé en 1950). La cérémonie de mariage se déroule au Temple sous la présidence du pasteur Théophile Roux. Le couple aura un enfant, Max Verde (5.10.1910 -11.07.1988). 
La famille va déménager à Paris après le mariage, puis à Darnétal en 1913 (Seine-Inférieure) et enfin à Rouen en 1930.
Clarice est décédée le 23 Avril 1936 à Rouen.

Sources
Fiche sur Généanet
Registre des membres du temple de St Brieuc et des mariages 1909, page 24. 
Registre des naissances Plérin année 1882, page 76.
Etat signalétique et des services militaires, ville de Paris, classe 1905, Edmond Verde


Gertrude Marie Bird (Hillion par mariage), elle est membre fondateur en 1906 et membre de la paroisse jusqu'en  1919 environ. Elle exerce le métier de professeur.
Gertrude est née à Plérin le 21 décembre 1880
, résidant à St Brieuc en 1906 puis partie à Rennes, mariée avec Joseph Hillion
Joseph Hillion est né le 27 janvier 1884 à St Brieuc.
Gertrude et Joseph Hillion auront trois enfants, Joseph, Michel et Jean. 
Michel est né à Rennes le 11 octobre 1908, il a été baptisé le dimanche 29 décembre 1918 au temple de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux. Son parrain est M. Paul Hillion, son oncle et sa marraine Mrs Turner, sa tante.
Jean est né à Manonviller (54) le 21 août 1913, il a été baptisé le dimanche 29 décembre 1918 au temple de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux. Son parrain est M. Charles Hillion, son oncle et sa marraine Mme Quintin, sa tante.

Gertrude est décédée le 18 juin 1932. Son fils, Michel Hillion, lieutenant, est décédé en 1936 et une cérémonie s'est déroulée au temple et au cimetière St Michel à St Brieuc présidée par la pasteur Jean Scarabin. "Le colonel Hillion, père du défunt assistait au service".  Après le décès de son épouse, Joseph Hillion s'est remarié le 30 janvier 1936 à Casablanca. Joseph est décédé à Toulouse le 4 mai 1971.

Sa plaque est au cimetière St Michel, on peut distinguer en bas Juin 1932 qui est la date de son décès.

 


 


Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres du temple de st Brieuc. Registre des naissances Plérin 1880 page 193.
Registre des baptêmes de 1918 page 8 et  des inhumations de 1936, page 74
Registre des naissances St Brieuc 1884, page 20 pour Joseph Hillion et fiche militaire sur Généarmor


Winifred Elise Bird, membre fondatrice en 1906 puis membre inscrit de la paroisse jusqu'en 1921, sans profession en 1906.
Winifred est
née à St Brieuc le 18 septembre 1885, elle réside à St Brieuc en 1906 puis elle est partie en Angleterre vers 1920. Elle est décédée le 31 mars 1953. 

Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres du temple de St Brieuc.  
Registre des naissances de St Brieuc, année 1885 page 399



Béatrix Marie Bird (Quintin par mariage), n'était pas membre fondateur en 1906. Son prénom usuel était Béatrice (et non Béatrix comme dans l'état civil). Elle est née le 25 février 1887, elle se marie le 6 juin 1912 avec Louis-Alexandre Quintin, la cérémonie se déroule au temple de St Brieuc sous la présidence du pasteur Jean Scarabin. Le couple aura deux enfants Noëlle et Hélène. 
Leur fille Hélène (Mirian), née à St Brieuc le 18 mars 1913, est baptisée par le pasteur Jean Scarabin le dimanche 20 avril 1913. Le parrain est son oncle, Edmond Verde et sa marraine Mlle Mirian Leale de Guernesey.
Un véritable drame survient car le mari de Béatrix, Louis Quintin-Bird, né en 1885, décède le 30 novembre 1915 pendant son service militaire  des suites d'une maladie pulmonaire. La cérémonie se déroule le 3 décembre au 55 rue du Légué où réside la famille Bird, puis au Temple et enfin au cimetière St Michel à St Brieuc. 

Son nom figure sur le monument funéraire de la famille Bird et un ange représentant sa fille est juste devant.


à droite Hélène Quintin



Noëlle née le 23 décembre 1914, la fille de feu Louis Quintin, est baptisée le dimanche 29 décembre 1918 au temple de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux. Son parrain est M. Decambos et sa marraine Mme Bird, sa grand-mère. 
Béatrice se remarie le 3 avril 1919 avec Louis Decambos au temple de St Brieuc. La cérémonie est présidée par le pasteur Théophile Roux. Louis Decambos est né à Tourville le 15.11.1890, il est alors sous-lieutenant d'infanterie.
Beatrix est décédée à Codève dans l'Hérault le 16 mars 1976.

Sources
Fiche sur Généanet
Registres du temple protestant des membres, des mariages 1912, page 26 et en 1919 page 38; des décès page 65. 
Registre baptême, 1913, page 4 et baptême 1918 page 8.
Registre des naissances de St Brieuc 1887 page 41

Signature des mariés et témoins du mariage de Béatrix Bird. 1912. Archives du temple de St brieuc


 

Hélène Aline Juliette Bird, n'est pas membre fondateur en 1906 mais s'inscrit comme membre en 1909 et y restera jusqu'en 1956. Elle est née à St Brieuc le 17 septembre 1888.
Hélène décède le 24 septembre 1957, la cérémonie présidée par le pasteur Paul Marquer se déroule au cimetière St Michel de St Brieuc. Une plaque commémorative est visible au cimetière St Michel.

Heureux ceux qui meurent dans le seigneur

 


 

Sources
Fiche sur Généanet
Registres des membres du temple de St Brieuc.
Registre des naissances de St Brieuc, année 1888 page 177



Alice Mathilda Bird, née le 7 juillet 1876, mariée avec Pierre Le Gall (1876-1918) qui était droguiste. Le couple habitait au 4 rue de la Halle à St Brieuc. Alice est  décédée le 16 septembre 1918, à l'âge de 42 ans.
Alice et Pierre Le Gall ont eu un fils, Georges Frédéric Le Gall, né le 8 janvier 1915 à St Brieuc, décédé le 20 janvier 1950 au Kremlin-Bicêtre (Seine)

Sources
Généanet mais pas de trace dans les registres de naissance de St Brieuc...
État civil  aux archives municipales de St Brieuc pour la naissance de Georges, le fils d'Alice et Pierre en 1915.


Jean Bird est né le 4 octobre 1894 mais malheureusement il va décéder à l'âge de 15 ans. Le 18 octobre 1908, un service funèbre  est présidé au Temple protestant de St Brieuc par le pasteur Théophile Roux et au cimetière par le pasteur Jean Scarabin.

Décès Jean Bird 20 octobre 1908 La dépêche de Brest

Jean Bird est inhumé au cimetière Saint-Michel à St Brieuc.

 


Source
Registre des inhumations, temple protestant de St Brieuc.
Article dans la presse locale, Ouest-Eclair 20 octobre 1908. et La dépêche de Brest.

 

 

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