Les traces du passé ne manquent pas à Saint-Brieuc.
Une ville c'est aussi l’œuvre du temps et de la mémoire...
Vous habitez Saint-Brieuc ou vous découvrez cette ville, partez à la découverte des endroits évoqués dans le livre Le pasteur Yves Crespin, un chrétien dans la Résistance...
Le livre Le jeu de patience de Louis Guilloux est également recommandé pour bien profiter de cette promenade historique et littéraire... Les extraits sont indiqués aux différents moments du parcours...
Attention, nous ferons parfois de petites incursions dans le passé !
Une grande partie de ce circuit a été proposée au public lors des Journées du Patrimoine le 19 septembre 2020.
Lien vers un article de Ouest-France, ici (pour les abonnés)
Lien pour accéder à la carte inter-active ci-dessous
Vous pourrez agrandir et cliquer sur les balises bleues pour faire apparaitre les noms des lieux de ce circuit...
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Plan de Saint-Brieuc avec les lieux importants liés au pasteur Yves Crespin. |
Commençons cette promenade dans le centre-ville devant le collège Anatole Le Braz où le pasteur était aumônier au début des années 40 et où le Erling Hansen était médecin scolaire.
Vous pouvez lire le passage du livre sur Yves Crespin avec "La lettre au Proviseur. 1942", page 44.
A cette époque, c'était le Lycée Anatole le Braz, un lycée pour les garçons. Un autre monument existe dans la cour intérieure du bâtiment pour rendre hommage aux lycéens, professeurs et aumônier qui ont été tués pendant les deux guerres, arrêtés, déportés ou fusillés...
Un livre édité par un collectif d'anciens élèves de Le Braz retrace ces heures sombres : De la nuit à l'aurore.
Adresse : 46 rue du 71e Régiment d'Infanterie.
Vue extérieure du collège Le Braz à St Brieuc |
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Cour intérieure du collège avec le monument commémoratif. |
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Cérémonie du 10 décembre 2019 avec des élèves d'aujourd'hui et d'hier. |
Passez devant l'ancienne librairie Le pain des Rêves (titre d'un livre de Louis Guilloux), fermée en 2024.
13 Rue Saint-François
Vous êtes en haut de la rue Saint-Guillaume et vous pouvez lire le passage du Jeu de Patience de Louis Guilloux où le pasteur voit défiler une compagnie d'infanterie allemande, pages 131 et 132
Vous contournez l'église Saint-Guillaume et arrivez sur la Place Duguesclin qui a retrouvé sa physionomie des années 40 depuis les travaux de rénovation en 2019.
Prenez sur la gauche, vous apercevez de loin le Palais de Justice.
Allez jusqu'à l'entrée du Parc des promenades. Ce Palais de Justice est le lieu où s'est déroulé le procès du dénonciateur du pasteur Crespin qui sera condamné, après-guerre, par la Cour à la peine de mort (sanction non exécutée). Extrait du compte-rendu dans Ouest-France de ce procès :
"Ce grand bagnard à la voix douce, aux gestes mous, à la mâchoire garnie d'or, qui cache des yeux malheureux sous d'épais sourcils, veut tout minimiser. Le président Colas, d'un mot démasque la fourberie.
-Toute votre vie, tout le dossier prouvent que vous êtes intelligent et cruel."
Contournez le Palais de Justice sur la droite et sortez du Parc par le petit portillon. Sur votre gauche, vous vous dirigez vers le Monument aux Morts. Le nom du pasteur Crespin figure sur une colonne à gauche du Monument.
Poursuivez sur le trottoir pour entrer de nouveau dans le Parc et prenez l'allée qui contourne la piste de skate-board. Traversez le parc et engagez-vous dans la rue Lamennais.
Vous débouchez sur la Place St Michel, et dans le bas, vous avez
un monument commémoratif sur la Résistance et la Déportation qui a été inauguré le 18 juin 1996.
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Inauguration du monument, 19 juin 1996 Ouest-France |
Ce monument a été réalisé par le Lycée professionnel Jean Monnet de Quintin sur un projet du Lycée Ernest Renan de Saint-Brieuc. Voilà ce qu'en disait le journal Le Télégramme dans son édition du 23 avril 2016 : "Ce monument, par sa configuration symbolique tout empreinte de futurisme épuré, a reçu un accueil des plus mitigés, voire dubitatifs à l'époque. Or, la sculpture, en raison de sa complexité apparente, mérite une attention toute particulière. Elle symbolise en effet les souffrances endurées par les hommes et femmes déportés sous le joug nazi : tortures, coups répétés et autres formes de sévices. Elles sont traduites par des blocs granitiques ciselés, désarticulés, aux profils déshumanisés, sous des teintes différentes. Dans un enchevêtrement d'où émerge la ferraille, synonyme d'enfermement aux barbelés électrifiés. Une urne déposée à la surface contient les cendres prélevées dans douze camps nazis dont les noms figurent lisiblement". On remarquera en particulier la mention des noms des camps de Buchenwald et Dora, les deux camps où le pasteur Crespin a été détenu.
Lire le témoignage de Joseph Blanchot évoquant Yves Crespin à Dora, page 97
Juste en face de la maison du docteur Hansen, une
autre plaque sur la côté de l'église St Michel avec un rappel sur les
premières réunions de la Résistance locale avec l'abbé Fleury et Jean
Métairie. A ce sujet, il se pourrait bien que les réunions des résistants se soient tenues au-dessus de la sacristie dans le très vaste grenier, et non dans la sacristie comme il est écrit sur la plaque commémorative (voir ci-dessous). Un grand drapeau français de trois mètres de large est toujours présent dans la salle au-dessus de la sacristie de l’église Saint Michel.
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Drapeau dans le grenier de la sacristie. Photo Dominique Jugand. |
Lire la biographie de l'abbé Fleury page 75
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Allée centrale du cimetière St Michel, face à l'entrée. |
Vous arrivez face à l'année centrale et vous prenez sur la gauche.
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Chapelle sur la gauche de l'entrée |
L'allée où se trouve cette chapelle est l'allée numéro 1. Je vous propose de commencer à l'allée numéro 4 où la première tombe est celle de la famille La Veuve.
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Plan général des différents noms cités. |
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Georges Geffroy, lycéen de Le Braz, fusillé en 1944. Allée 4. |
Au début de l'allée numéro 4, sur la gauche se trouve la tombe de Georges Geffroy, lycéen de Le Braz, fusillé en 1944.
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Louis Guilloux, écrivain. Allée 4 |
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Tombe de Lucien Camus, père d'Albert Camus |
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Monument du carré militaire |
Juste devant la colonne commémorative, vous voyez une stèle sur la droite.
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Stèle en hommage au soldat G. Sherlock |
Pendant la guerre 14-18, le pasteur Théophile Roux va procéder à l'inhumation de nombreux soldats protestants, la plupart allemands, soignés dans les hôpitaux de St Brieuc. Le seul soldat protestant qui n'est pas allemand est George Sherlock, un soldat anglais, d'un régiment de fusiliers écossais, le Inniskillers Fusiliers Regiment, matricule 7319. Il était en traitement à l'hôpital auxiliaire N°201 de Mme Pitet, 4 Boulevard Laënnec et décède le 21 septembre 1914. Il est inhumé par le pasteur Roux le 23 septembre 1914 au cimetière St Michel à St Brieuc. (voir l'article consacré à 14-18)
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Tombe du pasteur Émile Le Cozannet (1923-1986) |
Vous ressortez du carré militaire et reprenez l'allée perpendiculaire, à trois rangées du mur de clôture du cimetière se trouve la tombe du pasteur Emile Le Cozannet et de son épouse Yvette. C'est la 10e tombe, sur le côté gauche, de la 10e rangée.
La famille d'Emile Le Cozannet était protestante à St Brieuc.
Émile participe activement à la vie de la communauté protestante de St Brieuc au moment où exerce le pasteur Crespin. Il aime aussi passer du temps le dimanche après midi autour d'une table pour jouer aux échecs. Il se lie d'amitié avec les familles Hansen, Vivier et Crespin. C'est ainsi qu'il devient le parrain de Mireille Crespin, née en 1940. Plus tard il décide de devenir pasteur et exercera cette fonction à St Brieuc de 1977 à 1985.
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Tombe familiale Hansen. |
Pour trouver la tombe de la famille Hansen, et donc d'Erling Hansen, médecin et ami du pasteur Crespin, vous retournez le milieu du cimetière et la rangée est la deuxième avant l'allée centrale.
Remarquez la plaque des Résistants-déportés.
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Stèle en mémoire de l'abbé Vallée, résistant, déporté. |
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Roland Tostivint 1933-2008. Photo RF |
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Plan large pour retrouver le plaque d'Yves Salaün |
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Tombe Henri Avril. Photo RF |
C'est une maison qui fait vivre la mémoire de cet écrivain.
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Bureau de Louis Guilloux que fait visiter l'association des amis de l'écrivain. |
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Extérieur de la maison Louis Guilloux |
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Le temple rue Victor Hugo, photo des années 60. Le logement du pasteur est sous les toits |
Si vous avez plus de temps....
"On a mis les réfugiés espagnols dans les ruines d'une usine... au fond d'une vallée, le long d'un ruisseau." Extrait du roman Le jeu de patience.
Sur le côté de la prison, vous avez la plaque de la rue du Pasteur Crespin. Celle que vous verrez est en moins bon état que celle-ci. Cette photo, c'est toute une histoire, elle a été prise par Jean-Claude Crespin, le fils du pasteur, il y a plusieurs dizaines d'années, en 1983...
Voici comment il raconte l'histoire : "Les 16 et 17 juillet 1983, je suis allé à Saint-Brieuc. J'ai filmé la rue Victor Hugo, la rue Pasteur Crespin... J'ai eu quelques ennuis d'ailleurs. Deux matons sont venus me demander ce que je faisais. J'ai expliqué que j'étais le fils d'un résistant de Saint-Brieuc et qu'une rue portait le nom de mon père. Ensuite, c'est une voiture de police avec son phare tournoyant : "Monsieur, nous avons reçu un coup de téléphone du directeur de la prison nous signalant qu'un individu prenait des photos de la prison..."
Tout est rentré dans l'ordre après le contrôle d'identité...
Devant la prison, vous ne verrez pas autant de monde qu'en ce jour de mai 2019 où des élèves du collège Racine, accompagnés de leurs professeurs réalisaient un parcours audio sur la Résistance en s'appuyant sur les plaques de rues de St Brieuc.
Nous sommes à la fin de notre circuit pédestre sur les traces du pasteur Crespin à Saint-Brieuc...
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