jeudi 1 octobre 2026

Samuel Bourguet (1899-1981), pasteur à Lannion de 1924 à 1928

 
Le pasteur Samuel Bourguet et sa famille à Perros-Guirec 1924-1928

 Origines

Le pasteur Samuel Bourguet (1899-1981) est né  le 4 septembre 1899 à Cannes-et-Clairan dans le Gard (30). Sa famille était protestante et dans le milieu viticole. Louis, son père, s'était tourné jeune vers l'Armée du Salut. Il s'est trouvé dans des conditions difficiles en poste à Marseille avant de revenir, pour des raisons de santé, à la vigne. Il a adhéré à l’Église méthodiste (Alès) et a exercé la fonction de prédicateur laïc avant de s'engager dans le mouvement évangélique.
Samuel avait deux frères, dont l'un appelé Jean (né en 1902), originellement viticulteur, est devenu lui aussi pasteur.


Etudes 

Samuel Bourguet ne va pas reprendre la vigne familiale mais se destine aux études. Après l'école primaire, il va aller à Nîmes en Cours complémentaire et à l’Ecole normale d’instituteurs. Il devient instituteur à Sauve dans le Gard en 1920-1921. Choisissant ensuite des études de théologie, il part à Genève, en Suisse, et à son retour en France, il s'engage au Service Chrétien à Paris.
C'est là qu'il rencontre une bénévole qui va devenir sa future épouse. Il s'agit de Lucie Nusslé (1902 Anglade-1992). Celle-ci est la fille du pasteur Paul Nüsslé (pasteur de l'Eglise Réformée
Évangélique 1870-1954).


Samuel Bourguet à l'école normale d'instituteurs. 3ème tout en haut à gauche dans l'encadrement de la fenêtre.

Samuel Bourguet instituteur à Sauve dans le Gard. 1920-1921


 

En Bretagne

Il débute loin de son sud natal comme proposant, en Bretagne, à la fin de l'année 1924 auprès du pasteur Henri Whelpton à Lannion-Perros. Il seconde le pasteur Whelpton à Lannion mais également sur les communes de l'Ile grande et de Trébeurden.
Le pasteur Bourguet après avoir fini ses études, passé ses examens et soutenu sa thèse, veut s'affranchir de la tutelle du pasteur Whelpton. Il veut louer une maison à Perros-Guirec en 1927 et la meubler. Pour cela, il demande une augmentation de son traitement et une indemnité complémentaire pour son ameublement. L'accord finit par arriver et il s'établit à Perros pour un an avec sa petite famille. Il s'est marié quelques temps avant avec Lucie Nüsslé le 8 septembre 1925 à Saint-Avit-du-Moiron (33), ancien nom de St-Avit-de-St-Nazaire. Ils auront 6 enfants : Jacques, Yvonne, Pierre, Georges,
Jean-Louis et Anne-Marie.

Samuel Bourguet s'intéresse à la région au point qu'il publie en 1928 un ouvrage sur un missionnaire gallois (qui aurait écrit l'hymne de la Bretagne). 
Un pionnier de l'évangélisation en Bretagne, William-Jenkyn Jones. Auteur Samuel Bourguet. Clamard. Edition Je sers. 1928.

Cet ouvrage sert de référence à un long article publié en première page, dans La dépêche de Brest, publié le 14 juin 1939.

A partir du livre de Samuel Bourguet. 14 juin 1939 La Dépêche de Brest

Le pasteur Samuel Bourguet au presbytère de Perros 1924-1928. Photo A-M Bourguet




Madagascar

Après avoir exercé en Bretagne de 1924 à 1928, le pasteur Bourguet part à Madagascar fin 1928 avec la Société des Missions évangéliques de Paris. La SMEP est implantée à Madagascar depuis 1896.

Prenant rapidement des cours du soir pour apprendre le malgache, il va pouvoir prêcher dans la langue du pays au bout d'un an.
Jusqu’en 1940, il assure la fonction de directeur de l'école primaire-supérieure d'Ambohijatovo nord à Tananarive. Puis de 1940 à 1945, on lui confie la direction d’un vaste district (le Vonizongo) et d’une école biblique à Fihaonana où l'on forme des prédicateurs laïcs. Au début du mois de septembre 1940, la famille déménage à Fihaonana. Les déplacements pour visiter les paroisses s'effectuent en pousse-pousse, en chaise à porteur pour les distances les plus courtes ou au volant de la vieille Citroën quand il faut se rendre à la capitale pour des conférences par exemple. 

Liste des collègues de Samuel Bouguet à Madagascar


Le pasteur est très actif dans la Croix-Bleue car de nombreux malgaches ont des soucis avec l'alcool. Il s'emploie à créer de nouvelles sections. Samuel Bourguet assure la présidence de cette association à Madagascar.

Samuel Bourguet avec des membres de la Croix Bleue. Madagascar.1935


La vie de famille n'est pas facile car la vie quotidienne est rudimentaire (éclairage à la bougie). 
Les retours en métropole sont rares et la première fois se produira après 5 ans sur place, en 1933. Le pasteur est chargé de faire des conférences en France pour parler du travail de la mission à Madagascar et de récolter des fonds afin de poursuivre le travail commencé.
Le deuxième retour en France en 1939 est annulé à cause de la déclaration de guerre et de la suppression des bateaux vers la France. La famille Bourguet reste donc à Madagascar plus de dix ans sans revenir en métropole. Ce n'est qu'en novembre 1945 que cette longue expérience s'achève. 

Madagascar. Triple consécration pastorale. Debout de gauche à droite, on reconnait les pasteurs Samuel Bourguet, Peyrat, Lods, Robert de Becker et Delord (6ème). Photo A-M Bourguet


Retour dans le sud
Ensuite, au retour de Madagascar, après une période de repos, le pasteur occupe la fonction d'aumônier militaire. Il est particulièrement chargé d'accompagner les militaires malgaches qui retournent dans leur pays par le port de Marseille.
Le pasteur Bourguet exerce ensuite dans la paroisse de Milhaud dans le Gard de 1947 à 1961.
Il s'inscrit comme pasteur de l’Église Réformée de France en 1947 et y restera officiellement jusqu'en 1963.


Le temple de Milhaud dans le Gard. Carte postale


En 1971 il est admis comme membre de l'Académie de Mautauban.
Lors du discours de réception du pasteur Bourguet à l’académie de Montauban, le 8 novembre 1971, le pasteur Plet déclara :
« Dans les tâches qu’il a remplies, le pasteur Bourguet est resté un homme de Dieu, avant tout, ce qui ne lui a nullement interdit d’être aussi un administrateur de qualité, un théologien averti, un homme de grande culture. Retiré à Montauban, il pourra donner à l’académie le meilleur de cette riche expérience".
Il aura l'occasion de donner diverses conférences dans le cadre de cette Académie.


Lucie et Samuel Bourguet à Mautauban au début des années 70. Photo A-M Bourguet


L’Église Protestante Unie de France (ancienne Église réformée de France) est  installée à Mautauban au Temple des Carmes, dans ce même lieu où le premier culte réformé a été célébré en 1793. La paroisse s’organise autour de ce temple, ainsi que ceux des alentours Barry d’Islemade, Meauzac et au Fau. 
C'est dans cette petite paroisse de Fau, rattachée à Montauban,  que le pasteur Bourguet a donné un coup de main bénévolement pendant des années, alors qu'il était à la retraite. Il a également assuré  la fonction d'aumônier à l'hôpital.


Le temple protestant de Le Fau

Samuel Bourguet décèdera en 1981 à Montauban.
Il faut souligner que Samuel Bourguet est l'auteur de photos très intéressantes prises à Madagascar entre 1928 et 1946. Elles sont consultables sur dans un album Google-photo et sur le site de "Service protestant de Mission" (les liens sont indiqués plus bas).


1945. Groupe de missionnaires à Madagascar devant la maison de la famille Bourguet à Tananarive.

Samuel Bourguet est le quatrième debout en partant de la droite. En partant de lui et en allant vers la gauche, devant lui, la femme est Mme Pilet, son mari avec des lunettes est à côté d'elle, devant M.Pilet, légèrement flouté se trouve Mme Bourguet.
Tout à fait à droite, debout, l'homme en costume sombre c'est Jean-Claude Pilet, et un peu caché derrière lui on voit un visage souriant, c'est Yvonne Bourguet.
Tout à fait sur la gauche maintenant, on voit un grand monsieur avec un beau costume et derrière lui, le jeune homme, c'est Pierre Bourguet. Sur ce côté gauche, avec une sorte d'uniforme, c'est Oeschner de Coninck, après on voit un homme distingué en costume blanc, barbu, avec une cravate, c'est M. Lods. a côté de lui, en costume sombre c'est M. Bonzo. Tout à fait à droite, le jeune homme est André Lods.
Pour retrouver les femmes de pasteurs, on reprend à gauche, dans la rangée debout la première est Mme Dautry, après c'est une inconnue, ensuite en blanc Mme Cruzer, Mme Bozon, Mme Devine (avec la tête penchée)...
Enfin, au premier rang, sur la gauche, coincé entre une jeune fille complètement à gauche et une maman avec son bébé sur les genoux, c'est Anne-Marie Bourguet. Merci à elle pour avoir fourni toutes ces informations 74 ans plus tard !   
Crédit photo Défap-service protestant de mission, Paris.




Nous savons donc que "Samuel Bourguet est le quatrième en partant de la droite, tête bien ronde et crane chauve" dans ce groupe. Renseignement fourni par André Bourguet, son neveu, que nous remercions ici. André nous a donné d'autres informations sur son grand-père et son oncle. 
Anne-Marie Bourguet, fille du pasteur, a permis d'identifier les autres personnes sur la photo. 

Toutes ces personnes assistaient  à la Conférence missionnaire, on note la présence des pasteurs : Augier, Barnaud, Bourguet, Bonzon, Brunel, Burgurieu, Delord, de Visme, Kruger, Lods, Oeschner de Coninck, Pilet, et leurs familles.

Le pasteur Samuel Bourguet au milieu de ses élèves à la veille du Certificat d'Etudes du Second Degré.
Crédit photo Défap-service protestant de mission, Paris.


Liens



(photos transmises par sa fille Anne-Marie en mars 2019)


Ouvrage
 
Un pionnier de l'évangélisation en Bretagne, William-Jenkyn Jones.  
Samuel Bourguet. Clamard. Edition Je sers. 1928.

Article pour en savoir plus sur W. Jenkyn Jones


Sources 

Recueil de l'académie de Montauban (dans Gallica) 1971

Bibliothèque en ligne du Défap-service protestant de mission Paris. 
 
Pour la reproduction des deux photos à Madagascar, merci à  Claire-Lise Lombard de la Bibliothèque du Défap-service protestant de mission 102 Bld Arago 75 014 Paris.

Anne-Marie Bourguet, fille du pasteur. Témoignage recueilli en mars 2019. Un très grand merci aussi à Anne-Marie pour toutes les photos de familles transmises pour illustrer cette biographie.

André Bourguet, neveu du pasteur Samuel Bourguet. Echanges par internet en mars 2019. 
Jean-Marc Bouneau pour ces recherches concernant la famille Bourguet sur le site Geneanet. 

Catalogue de la Bibliothèque Nationale de France en ligne. Fiche Samuel Bouguet 

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre B  

Répertoire des pasteurs de l'E.R.F. Page 50 Archives nationales. PDF. 

Le livre de Samuel Bourguet sur le pasteur Jones peut être commandé avec les références suivantes sur le site de la BNF : 8-LK2-7555. Tolbiac - Rez de Jardin - Philosophie, histoire, sciences de l'homme - Magasin.
Cet ouvrage constitué de photocopies revient à une somme très importante, malheureusement.

          

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Document annexe

Cette traduction (personnelle) vient d'un texte écrit en anglais, par un auteur inconnu, autour de 1930. Son titre est "Protestantisme in Brittany". Il fait référence au livre du pasteur Samuel Bourguet, c'est pourquoi il a semblé utile de le mentionner ici.
Vous pouvez accéder au document original en anglais en cliquant ici

"Beaucoup de gens au Pays de Galle semblent penser qu’il n’y a que des catholiques en Bretagne. En effet, la grande majorité des Bretons est catholique, mais il y a aussi beaucoup de protestants et des Bretons protestants, même si seulement une minorité a eu une grande importance dans le mouvement du Renouveau celtique en Bretagne.

Page 2.
Au début du XVI eme siècle, une bible en breton a été publiée à Londres par des Gallois. Il n’existe plus un seul exemplaire de cette bible. Ce qui n’est pas étonnant quand on sait qu’il n’existe qu’une copie de la première bible galloise imprimée à la même époque…
En 1889, le pasteur Le Coat de Trémel (dans le Trégor), a publié une traduction complète de la Bible en breton. Un livre de chants fut aussi publié « Chants chrétiens et vieux airs de Basse-Bretagne » par le pasteur Le Coat de Trémel et « La harpe des chrétiens » par le pasteur Jenkin Jones de Quimper, qui les édita à deux reprises. Beaucoup d’autres hymnes aussi bien que des poèmes religieux  furent publiés par le pasteur Omnès et Monsieur Quéré, dans des  feuillets aujourd’hui perdus.
La seule école bilingue bretonne qui a existé à l’époque, a été fondée par des protestants au XIXème siècle. Ils étaient si performants que le journal catholique « « Arvor », publia un article donnant cette école en exemple de ce qu’il faudrait faire en Bretagne…

L’influence du mouvement missionnaire gallois a été dominant dans le nouveau mouvement protestant en Bretagne. Y a-t-il  de meilleure preuve de cela que le livre publié en 1927 par le pasteur S. Bourguet, lui même missionnaire français en Bretagne, sous le titre « Un pionnier de l’évangélisation en Bretagne, W. J. Jones » ? Dans la première partie de son livre, le pasteur S. Bourguet dit que les Gallois ont davantage de facilités que les français pour évangéliser les bretons, comme ils sont de la même race et que les bretons ressemblent aux Gallois. Plus loin, il donne les conseils suivants « Afin que l’esprit réussisse dans l’évangélisation en Bretagne, un étranger (Je parle du français comme du Gallois) doit se donner lui-même complètement, pas seulement à son travail d’évangélisation mais aussi à la Bretagne elle-même. »
 
 
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dimanche 20 septembre 2026

René Tostivint (1903-1988) Roland Tostivint (1933-2008)

René Tostivint

René Tostivint à Oran

René (Jean Charles Eugène) Tostivint est né le 16 décembre 1903 à Douarnenez. Sa famille est originaire de Saint-Pern (35). Son père, Eugène, est pharmacien et sa mère est Louise Bellom. Ils habitent rue Laënnec à Douarnenez.
René Tostivint se marie civilement le 10 août 1931 à Saint-Brieuc avec Yvonne Georgette Le Lay (née le 30 janvier 1912 au Mans, non baptisée, décédée en 2008 à St Brieuc). 

Décès famille Le Lay. 11 juillet 1934 Ouest-Eclair

Le mariage religieux est célébré au Temple protestant de St Brieuc par le pasteur Yves Crespin le 29 janvier 1942. Le couple aura trois enfants : Roland, Joëlle et Guy.
René Tostivint est tout d'abord un simple membre de la paroisse protestante de St Brieuc dès 1942. Puis il prend des responsabilités en 1944 où il assure le poste de secrétaire. En 1945, il devient trésorier en plus de son rôle de secrétaire au niveau de l'association familiale protestante. Il est également prédicateur laïc en 1945, au moment où le pasteur Vidal s'apprête à quitter la paroisse en mai après son remplacement du pasteur Crespin, déporté en Allemagne.

11 mars 1945. Compte-rendu du conseil presbytéral avec le pasteur Vidal et René Tostivint secrétaire

Yvonne Tostivint est également membre de la paroisse. Elle tient une librairie au 14 Rue Saint-Goueno à Saint-Brieuc. Elle sera remplacée ensuite par M. Calvez dans les années 50 puis M. Génie (1961)...

 


Librairie Tostivint St Brieuc. Collection Musée de Bretagne
René Tostivint enseigne en tant que professeur d'Histoire-Géographie au Lycée de garçons à Saint-Brieuc où il exerce  depuis 1933. 

La photo ci-dessous est celle de la classe de 6e A2 du lycée Le Braz. On y voit tous les élèves autour de leur professeur, M. René Tostivint.

Le 7e au deuxième rang est Pierre Petit, un élève qui entrera dans la Résistance.

La classe de 6e de René Tostivint en 1937-1938.  Ouest-France, 25 août 1994

Puis, René Tostivint enseigne au Lycée Lamoricière à Oran, en Algérie, de 1945 à 1952. 

Photo Amicale des anciens élèves

D'après les souvenirs de Solveig Huck-Hansen, une paroissienne protestante de l'époque, la famille Tostivint serait revenue en France à bord du bateau "Le Sloughi". Ce navire reliait l'Algérie au port du Légué et transportait du vin.  En effet, on retrouve René Tostivint et son épouse, de retour à Saint-Brieuc, comme membres adhérents de la paroisse protestante en 1963 au moment où la famille revient d'Algérie. René Tostivint devient membre du Conseil presbytéral entre 1964 et 1967. 

René Tostivint retrouve son poste de professeur d’Histoire au collège Le Braz à Saint-Brieuc. Ses compétences professionnelles couplées à sa curiosité du monde protestant vont le conduire à écrire de nombreux articles sur l'histoire du protestantisme.
On lui doit également un travail de recensement des sujets ayant trait au protestantisme avec les Archives municipales et avec les Archives départementales des Côtes-du-Nord.
Il prend des responsabilités dans la Société d’Émulation des Côtes-du-Nord dont il est le bibliothécaire dans les années 60. Il occupe aussi le poste de « Vice-président de la commission diocésaine d’Art Sacré" dans les années 70 (1978). En 1970, le pasteur H. Bosc venant faire une conférence à Saint-Brieuc sur la conversion d'Henri IV, Ouest-France fit appel à René Tostivint pour expliquer longuement aux lecteurs dans quel contexte Henri IV promulgua l’Édit de Nantes (
Ouest-France du 10 avril 1970).

Il propose également des visites de la ville de Saint-Brieuc pour mieux en faire connaitre l'histoire. En retraite, René Tostivint reste à Saint-Brieuc, rue de Trégueux dans le quartier de Robien.

Faitage de toit réalisé par Roland Tostivint sur le toit de la maison familiale
René Tostivint meurt le 10 juillet 1988 à St Brieuc et une cérémonie est présidée au cimetière de Saint-Malo, le 12 juillet, par le pasteur Guy Froment.

Bibliographie de René Tostivint 

La Famille Gouyon de la Moussaye et le Protestantisme dans le Comté de Quintin. Saint-Brieuc, Editions Les Presses Bretonnes, 1973. Lien

"La famille protestante Gouyquet à Trédaniel, près de Montcontour", Société d’Émulation des Côtes-du-Nord, 1976, Tome CIV, pages 13 à 17.
Les anciens collèges de St Brieuc et le Lycée Anatole Le Braz (1848-1948). Complément 1948-1967.
Arnaud de Kerpezdron, pasteur protestant. Notre Lien n° 79-80 mai-août 1973.
Sources
 Archives du Temple protestant de l’Église réformée de Saint-Brieuc : registre des membres, registre des mariages 1942, registre des décès 1988.
Archives de Ouest-France
Amicale des anciens élèves du Lycée Lamoricière à Oran (Algérie)
Photo Raphaël Binet, librairie Tostivint. Collections en ligne du Musée de Bretagne, pour la notice complète, cliquer ici
Archives du Finistère, année 1903. Lien pour accéder à l'acte de naissance
Fiche sur le site Généanet établie par Jules Casset
Gallica, bulletin de la société des professeurs d'histoire-géographie. 1933, page 139
 

Roland Tostivint (1933-2008)

Roland Tostivint 1959

Une éducation protestante

La famille Tostivint était également bien connue à Saint-Brieuc avec le fils, Roland Tostivint.

Roland Tostivint est né le 30 juin 1933 rue Saint-Gouéno, il est baptisé au temple protestant de St Brieuc le 9 septembre 1945, par le pasteur Jean Scarabin. Jeanine Crespin, épouse du pasteur de Saint-Brieuc mort en déportation, était sa marraine. Roland est éduqué dans la foi protestante et participe aux activités des scouts unionistes. Dans sa vie il mènera différents projets avec des personnalités du monde protestant de Saint-Brieuc comme le docteur Erling Hansen ou André de Kerpezdron.

Affiche réalisée par Roland Tostivint. 1987. Collection R.Fortat 
Les débuts d'une carrière artistique

A Oran, il entre aux Beaux-Arts en 1949 (voir photo ci-dessous de Roland Tostivint dans son atelier à Oran). A la rentrée 1950, alors que s'ouvre un atelier de céramique, Roland Tostivint est le premier à s'y inscrire. Il y apprend le métier auprès d'un céramiste espagnol, Bartolomé Jorba, un réfugié politique espagnol, ami de Salvator Dali et de l'architecte Gaudi. "Ce professeur qui jouait de l'harmonium dans son atelier conseilla à Roland Tostivint de suivre son inspiration. Cela se traduisit par deux Premiers prix de céramique et un de décoration." (Ouest-France 10 février 1981)

A propos de la photographie ci-dessous, voici un commentaire reçu en novembre 2024 : "Bravo pour le blog! Beau travail…Je revois Roland me tendre sa photo dans son atelier à Oran afin que jeu la publie! Parfait… L’Histoire se révèle… À travers une géographie-Source… Historique… Bretagne!"

Oran 1950 Photo publiée dans Le Télégramme

"Revenu dès 1952 à Saint-Brieuc en stop et sac au dos et sans autre richesse que sa Foi, il fit des étalages puis édita des cartes touristiques (une réussite aussi bien artistique que commerciale)... Son orientation est nettement prise : le folklore breton aussi bien dans la peinture que la création." (12 février 1957, Ouest-France)

A son retour à Saint-Brieuc, il est hébergé chez sa grand-mère, Mme Le Trocquer, bien connue elle aussi à Saint-Brieuc. Il rencontre R-Y Creston et René Salaün avec lesquels il retrouve ses racines bretonnes et rentre dans le Cercle Celtique de Saint-Brieuc. D'autre part, il remplit ses carnets de croquis : architecture, mobilier, broderies... En 1954, le Cercle celtique se rend en Norvège sous l'initiative d'Erling Hansen, qu'il connaît aussi comme membre éminent de la paroisse protestante. C'est à ce moment que, pour payer son voyage, il édite des cartes postales dont la vente va très bien marcher. Il pourra même s'acheter son premier four.

Un céramiste réputé

Roland Tostivint devient un céramiste réputé à St Brieuc. Dès 1957 la presse locale se fait l'écho des différentes expositions et réalisations de Roland Tostivint. Le 12 février 1957, Ouest-France présente un groupe de quatre artistes dont "le plus connu est sans doute Roland Tostivint. Par ses parents qui demeurèrent longtemps à Saint-Brieuc, par sa grand-mère, une des Briochines les plus dévouées à la cause de l'Art, mais aussi par lui-même, puisqu'il est le seul à avoir déjà pu tout quitter pour cette activité artistique."

Roland Tostivint, Foire-exposition. 12 septembre 1958 Ouest-France

Roland Tostivint, Foire-exposition. 4 septembre 1959 Ouest-France

Oeuvre de Roland Tostivint, Foire-exposition. 28 octobre 1970 Ouest-France

Roland Tostivint, 1er prix au stand de la Foire-exposition 1977 Ouest-France

Comme céramiste, Roland Tostivint s'est installé rue Fardel, de 1968 à décembre 1985, avant d'aller à Binic. Outre ses travaux, il a remis au goût du jour les épis de faîtage : ceux qu'il a réalisés pour le Château de la Roche Jagu sont les plus connus.

Roland Tostivint, joueur de vielle

Le 6 mars 1992, Ouest-France consacre un article aux trente-sept années consacrées à la vielle par Roland Tostivint. L'artiste revient sur cet engouement qu'il attribue au hasard : "Je ne connais rien à la musique. En 1954, le docteur Hansen m'a embarqué pour un voyage en Norvège. Avec Bernard Gauçon de Langueux, nous avons donné une représentation quotidienne pendant un mois avec un programme qui comportait cinq airs !" 

Roland Tostivint avec sa vielle. Facebook Muzik e breizh
Alors qu'il n'a que vingt ans, avec ses amis R-Y Creston, René Salaün et Robert Hamon, il va parcourir les campagnes, participer à des mariages ou des kermesses et récupérer des airs auprès des anciens, en particulier à Saint-Carreuc où la collecte est fructueuse.
Roland Tostivint, Le Mai breton. 23 mai 1972 Ouest-France

Roland Tostivint. 6 mars 1992. Ouest-France
 
Les bistrots de l'histoire conservent des enregistrements de Roland Tostivint car c'était un joueur de vielle talentueux. 
Une carrière bien remplie
 En février et mars 1981, une grande exposition rétrospective se tient au Foyer d'Action Culturelle : "Roland Tostivint, 30 ans de chroniques". Elle permet de mesurer l'étendue de son travail. Il a participé ces dernières années à de nombreuses expositions internationales où il représentait la Bretagne : Munich, Tokyo, Londres...

Roland Tostivint, exposition. 10 février 1981 Ouest-France

Deux de ses statues ont été offertes par la Ville, l'une au Général de Gaulle lors de son passage à Saint-Brieuc en 1960, l'autre à la ville jumelle d'Alsdorf en 1970.

Visite du Général de Gaulle. 2 septembre 1960 Ouest-France
La photo ci-dessous est celle de Roland Tostivint, dans son atelier où il est en train de finaliser les deux statues de Saint-Brieuc dont l'une sera offerte au Général de Gaulle.

Roland Tostivint. 2 septembre 1960 Ouest-France

Roland Tostivint par André Coupé

Quinze années plus tard, un autre article de Ouest-France évoque la proximité de deux artistes : Roland Tostivint et André de Kerpezdron, un autre protestant. On y apprend que l'Académie de peinture du C.O.B, 14 rue Saint-Benoit, créée en 1993, est complétée depuis 1995 par le cours de décoration sur céramique de Roland Tostivint. Ce dernier remarque : "En fait nous sommes complémentaires. Quand les élèves d'André ont acquis les bases, je tente de les aider à s'exprimer de manière créative."

Cette complémentarité s'est également illustrée par la décoration de la salle des pas-perdus du C.O.B. La fresque et les tableaux d'inspiration bretonne de Roland Tostivint côtoient les motifs décoratifs et les reproductions de la rue Saint-Gilles ou du port du Légué de André de Kerpezdron.

Roland Tostivint à gauche avec André de Kerpezdron. 16 septembre 1996 Ouest-France

Dans les personnes du milieu artistique qu'il côtoyait, on peut aussi citer Joël Babey, un céramiste de Plouha qui a beaucoup appris sur son métier quand Roland était à Binic ;  Étienne Huck, potier-céramiste, qu'il retrouvait à son atelier au port du Légué au moins une fois par mois ; et dans ses dernières années, Christine Cocar, qui fabriquait des vitraux, rue du Maréchal Foch à Saint-Brieuc...
Une personnalité toujours présente dans les mémoires
Roland Tostivint décède en 2008 à l'âge de 75 ans. Le journal Le Télégramme s'en fait l'écho en dressant son portrait : "Il était une figure briochine et sa fine silhouette couronnée de longs cheveux blancs ne passait pas inaperçue dans les rues de la ville, qu'il arpentait à pied, descendu de son appartement de la Tour d'Armor."
Denis Muller, un passionné d'art breton, collectionne ses oeuvres et honore ainsi sa mémoire :" Roland Tostivint fut l'artiste costarmoricain le plus puissant du XXe siècle, au moins  à l'égal de ses pères Mathurin Méheut (qu'il a rencontré à plusieurs reprises de 52 à 58) et R-Y Creston... Mais Roland Tostivint était non seulement un très grand céramiste, peintre, illustrateur, décorateur, architecte pour les  bâtiments de France, musicien, cavalier etc, mais il a également co-creé le Musée d'Art populaire de Binic."
Roland Tostivint avait cinq filles, dix-sept petits enfants et deux arrière-petit-fils. 
Sa tombe se trouve au cimetière Saint-Michel de Saint-Brieuc. Pour la trouver, prenez l'allée qui borde le mur du cimetière du côté sud. Dirigez-vous vers les deux grands arbres, à gauche du plus penché vous trouverez la plaque, ornée d'une croix celtique, qui rappelle la mémoire de Roland Tostivint... Et une rue Roland Tostivint à Saint-Brieuc ? Ce serait une belle idée qui a déjà été suggérée à la municipalité... Affaire à suivre !
Plaque Roland Tostivint au cimetière de St Brieuc. Photo R. Fortat

D'autres membres de la famille Tostivint
La fille de René Tostivint, Joëlle est née le 7 décembre 1937 à St Brieuc. Elle a été baptisée au temple de St Brieuc par le pasteur Raspail le 5 août 1945.
Guy Tostivint est né le 24 juin 1940 à St Brieuc. Il a été baptisé le 5 août 1945 au temple de St Brieuc par le pasteur Marcel Raspail. 
Cécile Tostivint est décédée en 2023...
 

Si vous avez d'autres éléments à communiquer sur la famille Tostivint, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.
Nous souhaitons en particulier pouvoir présenter quelques photos de René Tostivint...
 
Sources
Archives du temple de St Brieuc : registre des membres, registre des baptêmes.
Merci à Kristian Morvan pour l'autorisation de publier la photo de Roland Tostivint en vielleux et allez visiter le compte Facebook de Musik e Breizh, en cliquant ici 
Nombreuses recherches dans les archives de Ouest-France
Article et photo dans Le Télégramme, 17 juillet 2001, cliquer ici
Site Oran-mémoire, les plaques en céramique de Bartholomé Jorba à Oran, cliquer ici
Correspondance en septembre 2022 avec Denis Muller.
 
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D'autres productions de Roland Tostivint
 
Alcôve éclairée
Cette oeuvre d'environ un mètre de haut a acheté par un potier d'Aix-en-Provence à un marchand sans connaître le créateur par coup de coeur. Lui même l'avait achetée à Lyon auprès de marchand des Puces du canal. On cherche la localisation de la pharmacie d'origine où cette céramique était installée. L'oeuvre est éclairée de l'intérieur.
 
Affiches touristiques 
1962. Document famille Tostivint. Photo RF

Le Goelo. Affiche famille Tostivint. Photo RF


Saint-Brieuc. Affiche famille Tostivint. Photo RF

Affiches d'expositions
 
1979 Musée de Binic.


Dessins et aquarelles
 
 Famille Tostivint. Photo RF


La tuilerie St Michel l'Observatoire en Haute-Provence



                      Plaques de rues
Rue Notre-Dame Guingamp, 1962. Photo RF

Rue Fardel Saint-Brieuc, 1969. Photo RF
                                 Terre