jeudi 1 octobre 2026

L'album souvenir d'Erling Hansen. 1999 et 2013

 



Cet album fait 33 pages, il est constitué de textes assez courts écrits par Erling Hansen (né en 1909) en fonction de ses souvenirs car il a connu quasiment tous les pasteurs de Saint-Brieuc du XXe siècle. On y trouve aussi des photos qui viennent de sa collection personnelle le plus souvent. Erling Hansen a écrit à différentes personnes qui étaient passées dans la paroisse pour obtenir des photos qui lui manquaient, comme par exemple le pasteur François Barre.

Erling Hansen a imaginé cet ouvrage comme "une sorte de généalogie de la paroisse". Ce sont le pasteur Emile Le Cozannet puis le pasteur Thomas Mentzel qui lui en avaient donné l'idée.

L'album était vendu sous une forme cartonnée et plastifiée (275 francs) ou comme une brochure papier imprimée (100 francs). André de Kerpezdron, membre de la paroisse et féru d'histoire protestante, a également suivi les travaux du docteur Hansen et a participé activement à la concrétisation de ce projet.

Dans l'esprit d'Erling Hansen, cet album n'était que le premier étage de la fusée, le deuxième aurait dû être une chronologie des évènements importants de la paroisse. Le docteur Hansen avait pris de volumineuses notes manuscrites en compulsant les registres de la paroisse mais ce projet, commencé trop tardivement, ne s'est pas concrétisé.

L'album d'Erling Hansen. 15 avril 1999 Ouest-France

Le texte de la page intitulée "Pourquoi un tel album?" figure intégralement plus bas dans cet article, sa forme a été légèrement modifiée en 2013...

Liste des pasteurs avec les dates (quelques erreurs seront rectifiées par la suite)

Ci-dessous, deux exemples de pages avec une courte notice sur les pasteurs et une photo.



Erling Hansen aborde aussi ses relations avec Paul Ricoeur, le philosophe qu'il a connu lorsqu'ils étaient étudiants à Rennes en 1930.



En 2013, une nouvelle version de cet album est mise au point grâce au travail du pasteur Jean-Marc Kieffer, parti à Tours après son exercice à Saint-Brieuc de 1962 à 1971.

Une clef Usb, retrouvée au temple de Saint-Brieuc dans les archives du pasteur Kieffer, contient l'intégralité des pages  des versions de 1999 et 2013 et les textes de 2013. Ce travail a d'abord été mis sur disquettes par André de Kerpezdron. Jean-Marc Kieffer écrit dans un courrier à la pasteure Juliette Tonge le 15 février 2013 : 
"Voici ma livraison sous la forme d'une clé usb. Tu y trouveras en format Pdf les pages de l'album du docteur Hansen de 2001... Également en format Pdf l'édition que j'ai pratiquement entièrement réécrite sauf les dernières pages 35 à 39 ; j'ai ajouté une note pour expliquer pourquoi il y a une deuxième édition, en page 40, la toute dernière. Tu pourras observer que j'ai modifié le présentation de quelques pages, et parfois le contenu quand il était erroné ou mal formulé. Il faut excuser Erling Hansen qui, en 2001, avait 90 ans ! ...
Maintenant si tu peux trouver deux ou trois personnes intéressées à cette histoire, donne leur à faire le boulot... C'est à Saint-Brieuc que ce pôle de travail, s'il doit y en avoir un, doit être concentré. Quant à moi, je reste disponible, de façon ponctuelle, bien évidemment."
 
Un deuxième courrier du pasteur Kieffer est envoyé le 5 avril 2013 :  "Je te fais parvenir les disquettes qu'André de Kerpezdron m'avaient remises pour les transformer. Elles constituent l'original de l'album d'Erling Hansen. J'avais fait appel à un informaticien qui me les avaient transformées. Mais je n'ai jamais pu lire le nouveau support, d'où mon travail de réécriture complète envoyé précédemment... Je crois qu'avec cet envoi ma tâche est achevée."

 

Introduction 

André de Kerpezdron

Quand les anciens s’expriment, ce sont les portes de nos bibliothèques qui s’ouvrent. 

    La démarche du docteur Hansen nous montre, par  son travail  accompli ici, combien il est important que chacun d’entre nous sache qu’elles sont les personnes qui, au fil des ans, ont bâti l’édifice cultuel  de  l’Eglise Réformée de France de St-Brieuc  et Côtes d’Armor d’aujourd’hui, nous pouvons dire : “notre maison“.
     Une maison, une famille, ont besoin de repères parce que dans une communauté naissent des enfants et l’héritage oral a aussi besoin d’être accompagné  de textes,  la Bible elle -même ne nous montre t’elle pas que les écrits demeurent ?...
    Les photographies présentées dans cet album ont l’avantage de nous rapprocher visuellement de ceux qui n’ont eu de cesse de penser à nous.
    Notre devoir est de suivre cet exemple et de transmettre aux générations  futures une mémoire de l’église, celle que nous servons.Elle  est une ruche que ses abeilles entretiennent avec ferveur en produisant un message au goût de miel, celui de “l’Évangile“.
    Que Dieu nous mette au coeur de la reconnaissance...
André de Kerpezdron.


Pourquoi cet album ?

par Erling Hansen


    Sachez tout d’abord que ma sœur mes deux frères et moi avons eu la chance d’avoir des parents exemplaires à tous points de vue. Ils avaient une foi vivante, non seulement en eux, mais un rayonnement hors d’eux. Il me faut ajouter que notre grand-père paternel était prédicateur laïque en Norvège, quand il ne naviguait pas sur son voilier.  Nos deux familles, étaient très favorisées par leur formation chrétienne luthérienne.

    Pourquoi et comment a germé en moi la volonté de garder vivant pour notre communauté de Saint-Brieuc tous les conducteurs spirituels que nous avons eus depuis la construction de cette maison de prière ? A plusieurs reprises, au cours de ma fonction de vice-président du conseil presbytéral, pendant l’activité du pasteur Émile Le Cozannet, je lui ai dit : "Tu sais, il serait temps que je prenne ma retraite comme membre de notre conseil presbytéral !"  Chaque fois il me répondait : "Tu sais Erling, tu es pour nous la mémoire de notre église, nous avons tous besoin de ton expérience, de tout ce que tu connais de l’histoire de notre communauté … reste avec nous ! "  A la fin de son pastorat à Saint-Brieuc, j’ai quand même estimé que c’était mieux de laisser ma place à un plus jeune …
    
    Mais, ce que m’avait dit Émile, un ami de jeunesse plus jeune que moi, me hantait quelques fois et je me disais : "C’est peut-être vrai, je suis peut-être le dernier à avoir connu tous les pasteurs, ils nous ont appris puis aidés à fortifier notre foi en Christ. "     

    J’ai donc lu tous les comptes rendus des assemblées générales, ceux des rencontres mensuelles des conseillers presbytéraux depuis la fondation de notre temple. Cela a été passionnant pour moi. J’ai été frappé de la richesse de tout ce qu’ils avaient en mémoire. Je revivais tout ce que les pasteurs avaient dit pendant leur séjour au milieu de nous. J’ai donc pris des notes, en glanant tout ce que l’un ou l’autre nous a laissé. Jamais, avant, je n’avais si bien ressenti tout ce que nous leur devions sur le plan spirituel.

    Une question alors s’imposa à moi, comment faire pour ne pas oublier leurs recommandations, leurs conseils et tous les bienfaits qu’ils nous avaient transmis ? Comment rendre vivants en nous tous leurs témoignages ?

    Comme par hasard, le pasteur Thomas Mentzel me dit un jour :"Pourquoi ne feriez-vous pas un petit historique du temple ? Vous êtes désormais le seul à pouvoir le faire, pensez-y ! "  Après quelques jours de réflexion, voici ce que je lui ai dit :  "Je vais faire un album avec les photos des pasteurs venus dans les Côtes d’Armor, classées par ordre chronologique de leur séjour ici, avec quelques renseignements sur chacun."

    Mon projet actuel est donc, si cela est possible, de faire une brochure avec tout ce qu’ils nous ont dit ou écrit qui mérite de ne pas être oublié. Alors, chers lecteurs, ces relectures pourront se faire avec l’album devant les yeux.

    Et maintenant que ce premier projet est réalisé, je pense qu’il faudrait dans un deuxième temps compléter cet album.   

                          Docteur Erling Hansen.

 

A la page 40 de l'album, André de Kerpezdron rédige une notice explicative de cette nouvelle version en février 2013. 

Page 40 édition 2013

 

Enfin, une dernière page rend hommage à tous les "conducteurs spirituels" que la paroisse a pu connaitre.

Page 39 éditions 2013

Ce travail méritait bien une présentation dans cette histoire des protestants !


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Si vous avez des remarques ou des documents à apporter pour compléter cet article, merci d'utiliser le formulaire de contact en laissant votre adresse pour que je puisse vous répondre. Richard Fortat

Sources
 
Dossier préparatoire de l'album, avec les brouillons d'Erling Hansen.
Article de Ouest-France 15 avril 1999

 

Juliette Tonge, pasteur à Saint-Brieuc de 2010 à 2016


Photo Ouest-France 2012

Juliette Tonge est née le 21 juin 1965. Elle est originaire du Cameroun. Elle fait ses études de théologie à Strasbourg.  Elle restera de 2010 à 2016 dans la paroisse de Saint-Brieuc.

Juliette Tonge
 

Juliette Tonge commence à exercer son mandat à St Brieuc en juillet 2010 et devient officiellement pasteur de la paroisse de Saint-Brieuc-Perros fin 2012. Voilà ce que disait l'article de Ouest-France le 1er novembre 2012.

Photo Ouest-France 01/11/2012

"À Saint-Brieuc, la communauté protestante et le conseil presbytéral de l’église réformée de France reconnaissent que Juliette-Irène Tonge est digne de porter la robe pastorale. Cette grande dame de 47 ans, originaire du Cameroun, a décroché son diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en théologie à l’université de Strasbourg. Depuis, elle a accompli différentes missions en France. Son ordination aura lieu dimanche à 15 h dans une église catholique du quartier Balzac à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) car le temple des protestants, rue Victor-Hugo à Saint-Brieuc, ne dispose que de 80 places".

Article publié dans "Église en Côtes d'Armor".
Décembre 2012

4 novembre 2012 Ouest-France

 

23 Mai 2013 Ouest-France Perros

 

A son départ en 2016, la communauté protestante est restée sans pasteur pendant plus d'un an. Des laïcs ont pris le culte en charge à tour de rôle jusqu'à l'arrivée du nouveau pasteur.

 

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A noter que les pasteurs Caroline Engel, Solange Weiss-Déaux et Juliette Tonge sont aussi présentées dans l'article sur la place des femmes dans l'Eglise Protestante Unie






Jean-Marc Kieffer (1934), pasteur à Saint-Brieuc de 1962 à 1971


Le pasteur Jean-Marc Kieffer (à St Brieuc de 1962 à 1971)



 
Origines

 
Jean-Marc Kieffer est né le 11 juillet 1934 à Colmar dans le Haut-Rhin, il se marie avec Lydie Roth. Après avoir effectué ses études et commencé à exercer (installé pasteur en janvier 1961), il arrive à Saint-Brieuc, au mois de février 1962 avec son épouse Lydie, qui attend un bébé et leur fille Laurence née à Paris (19/11/1960). Les trois enfants suivant vont naître à St Brieuc : Stéphan le 9 février 1962 (malheureusement décédé en 2003), Bertrand le 6 juin 1964 et Nadine le 5 avril 1966. Suivront douze petits enfants et deux arrières-petits enfants de la lignée de Stéphan.
 
 
L'ordination du pasteur Kieffer


Deux jours de dialogue sont organisés à St Brieuc entre 200 évangéliques, baptistes ou réformés les 27 et 28 octobre 1962. Tenant compte du nombre de personnes présentes pour ce rassemblement, c'est la petite salle de Robien qui a été choisie. L'ordination du pasteur Kieffer se déroule à cette occasion avec l'imposition des mains des onze pasteurs présents. De nombreux amis catholiques participaient à ce moment ainsi que le prédécesseur du pasteur Kieffer, M Marquer accompagné de son épouse.





L'action du pasteur Kieffer à St Brieuc

 
L'action du pasteur Kieffer s'étend de Saint-Brieuc à Pontivy mais aussi dans le secteur de Lannion-Perros-Guirec.
Il assure la fonction de président du Consistoire (région) et de secrétaire du Comité de la colonie de vacances de Crampoisic (acquise dans cette période).

Il a été aumônier de la prison de St Brieuc de 1962 jusqu'à son départ.

On lui doit la création du bulletin paroissial  "Notre lien" à partir de 1967. Mais à partir de 1963, une feuille d'information, appelée "Le petit lien des Côtes d'Armor", circulait déjà. On notera que le pasteur Kieffer avait déjà adopté le nom de "Côtes-d'Armor" en 1963 alors que le département des Côtes-du-Nord ne changea de nom qu'en 1990 !

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De 1963 à 1970 J.M Kieffer réalise régulièrement des "tournées" à Guernesey. Le but est d'entretenir de bons contacts avec d'autres pasteurs (méthodistes, comme les pasteur Davies et Collas), de monter des camps de jeunes à Crampoisic.

De 1964 à 1969, un culte parents-enfants est proposé une fois par trimestre.

Sur un plan plus personnel, Jean-Marc Kieffer devient vice-président du planning familial à St Brieuc. N'oublions pas Lydie, son épouse, qui, n'exerçant plus comme assistante sociale, a alors représenté les associations familiales du Département au sein du Bureau d'Aide Sociale de St Brieuc. 
 
 


La lutte contre l'alcool
 
Une section de Croix Bleue est créée à Saint-Brieuc, avec l’appui du pasteur Albert Trubert de Lorient et de la section de la Croix Bleue de St Nazaire. La municipalité de St Brieuc apporte également son concours. Des paroissiens de St Brieuc, de Perros et de Guingamp s'impliquent alors dans ce groupe éphémère, en tant que personnes en difficulté avec l'alcool et d'autres addictions, comme victimes ou solidaires.
 
1er décembre 1969 Ouest-France

 
1er décembre 1969

 
 
 
1er décembre 1969 Ouest-France

 
 
 
Départ

 
En 1971,Jean-Marc Kieffer quitte la paroisse de Saint-Brieuc pour aller à Tours.

En 1973, le pasteur Kieffer, de passage dans les Côtes-du-nord, préside un culte à Saint-Brieuc et un autre à Etables.


 Le pasteur Kieffer revient en 1977 pour présider le culte d'installation du pasteur Le Cozannet.
En 1976, il sera appelé à présider le conseil régional de la Région Ouest à la suite du pasteur Bösiger.

 
 
Sources

 
Cette biographie a été vérifiée et complétée par Jean-Marc Kieffer lui-même en mai et juin 2019.
 
 
 

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Samuel Bourguet (1899-1981), pasteur à Lannion de 1924 à 1928

 
Le pasteur Samuel Bourguet et sa famille à Perros-Guirec 1924-1928

 Origines

Le pasteur Samuel Bourguet (1899-1981) est né  le 4 septembre 1899 à Cannes-et-Clairan dans le Gard (30). Sa famille était protestante et dans le milieu viticole. Louis, son père, s'était tourné jeune vers l'Armée du Salut. Il s'est trouvé dans des conditions difficiles en poste à Marseille avant de revenir, pour des raisons de santé, à la vigne. Il a adhéré à l’Église méthodiste (Alès) et a exercé la fonction de prédicateur laïc avant de s'engager dans le mouvement évangélique.
Samuel avait deux frères, dont l'un appelé Jean (né en 1902), originellement viticulteur, est devenu lui aussi pasteur.


Etudes 

Samuel Bourguet ne va pas reprendre la vigne familiale mais se destine aux études. Après l'école primaire, il va aller à Nîmes en Cours complémentaire et à l’Ecole normale d’instituteurs. Il devient instituteur à Sauve dans le Gard en 1920-1921. Choisissant ensuite des études de théologie, il part à Genève, en Suisse, et à son retour en France, il s'engage au Service Chrétien à Paris.
C'est là qu'il rencontre une bénévole qui va devenir sa future épouse. Il s'agit de Lucie Nusslé (1902 Anglade-1992). Celle-ci est la fille du pasteur Paul Nüsslé (pasteur de l'Eglise Réformée
Évangélique 1870-1954).


Samuel Bourguet à l'école normale d'instituteurs. 3ème tout en haut à gauche dans l'encadrement de la fenêtre.

Samuel Bourguet instituteur à Sauve dans le Gard. 1920-1921


 

En Bretagne

Il débute loin de son sud natal comme proposant, en Bretagne, à la fin de l'année 1924 auprès du pasteur Henri Whelpton à Lannion-Perros. Il seconde le pasteur Whelpton à Lannion mais également sur les communes de l'Ile grande et de Trébeurden.
Le pasteur Bourguet après avoir fini ses études, passé ses examens et soutenu sa thèse, veut s'affranchir de la tutelle du pasteur Whelpton. Il veut louer une maison à Perros-Guirec en 1927 et la meubler. Pour cela, il demande une augmentation de son traitement et une indemnité complémentaire pour son ameublement. L'accord finit par arriver et il s'établit à Perros pour un an avec sa petite famille. Il s'est marié quelques temps avant avec Lucie Nüsslé le 8 septembre 1925 à Saint-Avit-du-Moiron (33), ancien nom de St-Avit-de-St-Nazaire. Ils auront 6 enfants : Jacques, Yvonne, Pierre, Georges,
Jean-Louis et Anne-Marie.

Samuel Bourguet s'intéresse à la région au point qu'il publie en 1928 un ouvrage sur un missionnaire gallois (qui aurait écrit l'hymne de la Bretagne). 
Un pionnier de l'évangélisation en Bretagne, William-Jenkyn Jones. Auteur Samuel Bourguet. Clamard. Edition Je sers. 1928.

Cet ouvrage sert de référence à un long article publié en première page, dans La dépêche de Brest, publié le 14 juin 1939.

A partir du livre de Samuel Bourguet. 14 juin 1939 La Dépêche de Brest

Le pasteur Samuel Bourguet au presbytère de Perros 1924-1928. Photo A-M Bourguet




Madagascar

Après avoir exercé en Bretagne de 1924 à 1928, le pasteur Bourguet part à Madagascar fin 1928 avec la Société des Missions évangéliques de Paris. La SMEP est implantée à Madagascar depuis 1896.

Prenant rapidement des cours du soir pour apprendre le malgache, il va pouvoir prêcher dans la langue du pays au bout d'un an.
Jusqu’en 1940, il assure la fonction de directeur de l'école primaire-supérieure d'Ambohijatovo nord à Tananarive. Puis de 1940 à 1945, on lui confie la direction d’un vaste district (le Vonizongo) et d’une école biblique à Fihaonana où l'on forme des prédicateurs laïcs. Au début du mois de septembre 1940, la famille déménage à Fihaonana. Les déplacements pour visiter les paroisses s'effectuent en pousse-pousse, en chaise à porteur pour les distances les plus courtes ou au volant de la vieille Citroën quand il faut se rendre à la capitale pour des conférences par exemple. 

Liste des collègues de Samuel Bouguet à Madagascar


Le pasteur est très actif dans la Croix-Bleue car de nombreux malgaches ont des soucis avec l'alcool. Il s'emploie à créer de nouvelles sections. Samuel Bourguet assure la présidence de cette association à Madagascar.

Samuel Bourguet avec des membres de la Croix Bleue. Madagascar.1935


La vie de famille n'est pas facile car la vie quotidienne est rudimentaire (éclairage à la bougie). 
Les retours en métropole sont rares et la première fois se produira après 5 ans sur place, en 1933. Le pasteur est chargé de faire des conférences en France pour parler du travail de la mission à Madagascar et de récolter des fonds afin de poursuivre le travail commencé.
Le deuxième retour en France en 1939 est annulé à cause de la déclaration de guerre et de la suppression des bateaux vers la France. La famille Bourguet reste donc à Madagascar plus de dix ans sans revenir en métropole. Ce n'est qu'en novembre 1945 que cette longue expérience s'achève. 

Madagascar. Triple consécration pastorale. Debout de gauche à droite, on reconnait les pasteurs Samuel Bourguet, Peyrat, Lods, Robert de Becker et Delord (6ème). Photo A-M Bourguet


Retour dans le sud
Ensuite, au retour de Madagascar, après une période de repos, le pasteur occupe la fonction d'aumônier militaire. Il est particulièrement chargé d'accompagner les militaires malgaches qui retournent dans leur pays par le port de Marseille.
Le pasteur Bourguet exerce ensuite dans la paroisse de Milhaud dans le Gard de 1947 à 1961.
Il s'inscrit comme pasteur de l’Église Réformée de France en 1947 et y restera officiellement jusqu'en 1963.


Le temple de Milhaud dans le Gard. Carte postale


En 1971 il est admis comme membre de l'Académie de Mautauban.
Lors du discours de réception du pasteur Bourguet à l’académie de Montauban, le 8 novembre 1971, le pasteur Plet déclara :
« Dans les tâches qu’il a remplies, le pasteur Bourguet est resté un homme de Dieu, avant tout, ce qui ne lui a nullement interdit d’être aussi un administrateur de qualité, un théologien averti, un homme de grande culture. Retiré à Montauban, il pourra donner à l’académie le meilleur de cette riche expérience".
Il aura l'occasion de donner diverses conférences dans le cadre de cette Académie.


Lucie et Samuel Bourguet à Mautauban au début des années 70. Photo A-M Bourguet


L’Église Protestante Unie de France (ancienne Église réformée de France) est  installée à Mautauban au Temple des Carmes, dans ce même lieu où le premier culte réformé a été célébré en 1793. La paroisse s’organise autour de ce temple, ainsi que ceux des alentours Barry d’Islemade, Meauzac et au Fau. 
C'est dans cette petite paroisse de Fau, rattachée à Montauban,  que le pasteur Bourguet a donné un coup de main bénévolement pendant des années, alors qu'il était à la retraite. Il a également assuré  la fonction d'aumônier à l'hôpital.


Le temple protestant de Le Fau

Samuel Bourguet décèdera en 1981 à Montauban.
Il faut souligner que Samuel Bourguet est l'auteur de photos très intéressantes prises à Madagascar entre 1928 et 1946. Elles sont consultables sur dans un album Google-photo et sur le site de "Service protestant de Mission" (les liens sont indiqués plus bas).


1945. Groupe de missionnaires à Madagascar devant la maison de la famille Bourguet à Tananarive.

Samuel Bourguet est le quatrième debout en partant de la droite. En partant de lui et en allant vers la gauche, devant lui, la femme est Mme Pilet, son mari avec des lunettes est à côté d'elle, devant M.Pilet, légèrement flouté se trouve Mme Bourguet.
Tout à fait à droite, debout, l'homme en costume sombre c'est Jean-Claude Pilet, et un peu caché derrière lui on voit un visage souriant, c'est Yvonne Bourguet.
Tout à fait sur la gauche maintenant, on voit un grand monsieur avec un beau costume et derrière lui, le jeune homme, c'est Pierre Bourguet. Sur ce côté gauche, avec une sorte d'uniforme, c'est Oeschner de Coninck, après on voit un homme distingué en costume blanc, barbu, avec une cravate, c'est M. Lods. a côté de lui, en costume sombre c'est M. Bonzo. Tout à fait à droite, le jeune homme est André Lods.
Pour retrouver les femmes de pasteurs, on reprend à gauche, dans la rangée debout la première est Mme Dautry, après c'est une inconnue, ensuite en blanc Mme Cruzer, Mme Bozon, Mme Devine (avec la tête penchée)...
Enfin, au premier rang, sur la gauche, coincé entre une jeune fille complètement à gauche et une maman avec son bébé sur les genoux, c'est Anne-Marie Bourguet. Merci à elle pour avoir fourni toutes ces informations 74 ans plus tard !   
Crédit photo Défap-service protestant de mission, Paris.




Nous savons donc que "Samuel Bourguet est le quatrième en partant de la droite, tête bien ronde et crane chauve" dans ce groupe. Renseignement fourni par André Bourguet, son neveu, que nous remercions ici. André nous a donné d'autres informations sur son grand-père et son oncle. 
Anne-Marie Bourguet, fille du pasteur, a permis d'identifier les autres personnes sur la photo. 

Toutes ces personnes assistaient  à la Conférence missionnaire, on note la présence des pasteurs : Augier, Barnaud, Bourguet, Bonzon, Brunel, Burgurieu, Delord, de Visme, Kruger, Lods, Oeschner de Coninck, Pilet, et leurs familles.

Le pasteur Samuel Bourguet au milieu de ses élèves à la veille du Certificat d'Etudes du Second Degré.
Crédit photo Défap-service protestant de mission, Paris.


Liens



(photos transmises par sa fille Anne-Marie en mars 2019)


Ouvrage
 
Un pionnier de l'évangélisation en Bretagne, William-Jenkyn Jones.  
Samuel Bourguet. Clamard. Edition Je sers. 1928.

Article pour en savoir plus sur W. Jenkyn Jones


Sources 

Recueil de l'académie de Montauban (dans Gallica) 1971

Bibliothèque en ligne du Défap-service protestant de mission Paris. 
 
Pour la reproduction des deux photos à Madagascar, merci à  Claire-Lise Lombard de la Bibliothèque du Défap-service protestant de mission 102 Bld Arago 75 014 Paris.

Anne-Marie Bourguet, fille du pasteur. Témoignage recueilli en mars 2019. Un très grand merci aussi à Anne-Marie pour toutes les photos de familles transmises pour illustrer cette biographie.

André Bourguet, neveu du pasteur Samuel Bourguet. Echanges par internet en mars 2019. 
Jean-Marc Bouneau pour ces recherches concernant la famille Bourguet sur le site Geneanet. 

Catalogue de la Bibliothèque Nationale de France en ligne. Fiche Samuel Bouguet 

Ministers and Probationers of the Méthodist Church.1932. 
Biographie des méthodistes. Lettre B  

Répertoire des pasteurs de l'E.R.F. Page 50 Archives nationales. PDF. 

Le livre de Samuel Bourguet sur le pasteur Jones peut être commandé avec les références suivantes sur le site de la BNF : 8-LK2-7555. Tolbiac - Rez de Jardin - Philosophie, histoire, sciences de l'homme - Magasin.
Cet ouvrage constitué de photocopies revient à une somme très importante, malheureusement.

          

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Document annexe

Cette traduction (personnelle) vient d'un texte écrit en anglais, par un auteur inconnu, autour de 1930. Son titre est "Protestantisme in Brittany". Il fait référence au livre du pasteur Samuel Bourguet, c'est pourquoi il a semblé utile de le mentionner ici.
Vous pouvez accéder au document original en anglais en cliquant ici

"Beaucoup de gens au Pays de Galle semblent penser qu’il n’y a que des catholiques en Bretagne. En effet, la grande majorité des Bretons est catholique, mais il y a aussi beaucoup de protestants et des Bretons protestants, même si seulement une minorité a eu une grande importance dans le mouvement du Renouveau celtique en Bretagne.

Page 2.
Au début du XVI eme siècle, une bible en breton a été publiée à Londres par des Gallois. Il n’existe plus un seul exemplaire de cette bible. Ce qui n’est pas étonnant quand on sait qu’il n’existe qu’une copie de la première bible galloise imprimée à la même époque…
En 1889, le pasteur Le Coat de Trémel (dans le Trégor), a publié une traduction complète de la Bible en breton. Un livre de chants fut aussi publié « Chants chrétiens et vieux airs de Basse-Bretagne » par le pasteur Le Coat de Trémel et « La harpe des chrétiens » par le pasteur Jenkin Jones de Quimper, qui les édita à deux reprises. Beaucoup d’autres hymnes aussi bien que des poèmes religieux  furent publiés par le pasteur Omnès et Monsieur Quéré, dans des  feuillets aujourd’hui perdus.
La seule école bilingue bretonne qui a existé à l’époque, a été fondée par des protestants au XIXème siècle. Ils étaient si performants que le journal catholique « « Arvor », publia un article donnant cette école en exemple de ce qu’il faudrait faire en Bretagne…

L’influence du mouvement missionnaire gallois a été dominant dans le nouveau mouvement protestant en Bretagne. Y a-t-il  de meilleure preuve de cela que le livre publié en 1927 par le pasteur S. Bourguet, lui même missionnaire français en Bretagne, sous le titre « Un pionnier de l’évangélisation en Bretagne, W. J. Jones » ? Dans la première partie de son livre, le pasteur S. Bourguet dit que les Gallois ont davantage de facilités que les français pour évangéliser les bretons, comme ils sont de la même race et que les bretons ressemblent aux Gallois. Plus loin, il donne les conseils suivants « Afin que l’esprit réussisse dans l’évangélisation en Bretagne, un étranger (Je parle du français comme du Gallois) doit se donner lui-même complètement, pas seulement à son travail d’évangélisation mais aussi à la Bretagne elle-même. »
 
 
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