vendredi 8 août 2025

André Féat (1916-1945), pasteur de l’Église Baptiste de Morlaix, Résistant et déporté.

André Féat est un pasteur de l’Église baptiste de Morlaix qui était résistant. Il a été déporté au camp de Flossenbürg et il est mort à Dachau en 1945. 

A partir de cet article, des recherches menées début 2025 par Carole Féat, la petite fille d'André Féat. Ces nouveaux éléments, en particulier sur le sauvetage de juifs, vont permettre d'enrichir notre connaissance de l'action de ce jeune pasteur. 

L’Église baptiste à Morlaix
A Morlaix, une communauté baptiste protestante existe depuis l'arrivée du premier pasteur, un missionnaire gallois, John Jenkins, en 1834.
Un premier temple est construit en 1846, au 32, rue de Paris. 
La langue galloise, proche du breton, qui permet de traduire la Bible, explique l'arrivée de missionnaires dans les campagnes bretonnes où la religion catholique domine. John Jenkins est le premier pasteur de Morlaix, de 1834 à 1872.
Le temple de Morlaix était le plus ancien lieu de culte de la Fédération des églises évangéliques baptistes de France. Ce premier temple a aujourd'hui disparu. Il a été remplacé, au même endroit, par l'actuel au 32 rue de Paris, inauguré en 1923 et construit entre 1922 et 1924.  
Même s'il n'y a jamais eu de grande communauté, celle-ci se composant seulement de quelques dizaines de membres, une présence baptiste s'est toujours maintenue.
Dans la vie locale, les baptistes sont présents au niveau social, notamment au début du XXe siècle où l'église s'occupe d'écoles et d'hospices. Elle est présente au Diben (à Plougasnou) mais aussi à Lannéanou, à Huelgoat ou encore à Trémel, dans les Côtes-d'Armor. 
Temple baptiste de Morlaix, 32 rue de Paris 2016. Image Google street

André Féat, pasteur assistant à Morlaix dans les années 40, fait partie d'une longue lignée de pasteurs. Beaucoup se sont succédé sans rester très longtemps à Morlaix, peut-être à l'exception d'Alfred Somerville (1925-1955), d'Henri Razzano (1975-1984), de José Loncke (1984-1996) et d'André Letzel (2002-2008). Il faut aussi noter l'apport de Robert Somerville, ancien pasteur et figure nationale du protestantisme national, qui a toujours été proche de l'église de Morlaix et attentif à son développement.
Enfin, l’Écossaise Alison Wyld est devenue officiellement la première pasteure de l’Église baptiste de Morlaix le 14 février 2021.
Le pasteur Gerson Tomaz et son épouse, Sonia (au centre), Le Télégramme. Morlaix 10 septembre 2016.
Une famille engagée politiquement
André Féat naît à Morlaix le 20 octobre 1916, dans un contexte compliqué car la maman, Marie Simon, est célibataire et n'a que seize ans. L'enfant, André Marie Simon, est reconnu par sa mère le 13 novembre 1916 et plus tard, par le père avec le mariage des époux Pierre Féat et Marie Simon le 20 janvier 1919 à Morlaix. Pierre est alors mobilisé au 19e Régiment d'Infanterie.
En 1936, la famille Féat, dont tous les membres sont originaires de Morlaix, habite Rampe Saint-Nicolas. On a Pierre, le père, né en 1898, menuisier dans la Compagnie d'ameublement de Morlaix ; Jeanne, mère au foyer, née en 1900 ; André, fils, né en 1916, typographe ; Pierre, fils, né en 1924 ; Marguerite, née en 1927 ; François, né en 1932.  
 

Famille Féat Morlaix recensement 1936, vue 10 sur 199. Archives du Finistère. Attention aux erreurs Marguerite n'est pas de 1927 mais de 1922.

Le 14 novembre 1938 à Morlaix, André Féat se marie avec Germaine Eve, employée de commerce (Annonce dans La Dépêche de Brest du 15 novembre 1938). Le couple habite alors 22 Place des Halles à Morlaix.
La famille n'a pas de racines protestantes mais les parents sont engagés politiquement.
Le père, ouvrier adhérent au Parti Communiste, est fait prisonnier en 1940 pour suspicion d’appartenance au Parti. Il est arrêté et emprisonné cinq mois à la prison de Rennes.  
Dans un entretien au Télégramme du 9 mars 2019, Marguerite, la fille Féat, évoque des souvenirs de cette époque et se souvient des voyages effectués par sa mère une fois par semaine pour effectuer des visites à la prison de Rennes. Pendant ce temps, Marguerite s’occupe de ses frères cadets, dont le petit dernier, Yvan, né le 16 mai 1938. « Un prénom à la russe, refusé par l’Église », explique-t-elle. Hippolyte et André sont inscrits sur son acte de baptême. André, comme son frère aîné, est alors élève pasteur.
Un pasteur dans la Résistance
Dans les années trente, André Féat adhère à la S.F.I.O, dans le groupe des jeunesses socialistes de Morlaix. En 1939, il devient le trésorier fédéral des Jeunesses Socialistes du Finistère. Lors des campagnes électorales, il épaule Tanguy-Prigent, un socialiste qui deviendra ministre de l’Agriculture du Général de Gaulle après guerre.
Parallèlement, André exerce comme pasteur assistant à Morlaix, il habite toujours au numéro 22 de la Place des Halles. Son engagement politique le conduit également à adhérer au Parti Socialiste clandestin.
Il participe à la Résistance au sein du mouvement Libération-Nord et du Réseau Henri Vincent de protection des juifs (d'après sa soeur il a recueilli des juifs pour les soustraire à la barbarie). Il est spécialement chargé de la diffusion de journaux clandestins dans la région de Morlaix.
En tant que pasteur, au Temple de Morlaix (situé en face la Kommandantur), il va marier  sa sœur Marguerite et Jean Hameury son beau-frère, recherché par les Allemands comme réfractaire au Service du Travail Obligatoire. 
Sa soeur raconte : « Mon frère Dédé nous a mariés au Temple, situé face à la Kommandantur, en pleine Occupation alors que Jean, mon fiancé, était recherché car réfractaire au S.T.O ». L’inconscience de la jeunesse ou l’envie de défier l’ennemi ? « Un peu des deux probablement », analyse la vieille dame, dont le regard se perd dans les tréfonds de sa mémoire.
Otage 
Le 26 décembre 1943, André Féat fait partie d'une liste de 60 otages arrêtés  à Morlaix après un attentat contre les Allemands dans la commune (son beau-frère, Georges Le Roy, mari de sa sœur Josée est également arrêté). 
La déportation
André Féat passe par la prison de Rennes et par  le camp de Compiègne avant d'arriver à Buchenwald le 24 janvier 1944 (numéro de matricule  42 907).
Fiche du pasteur André Féat à Flossenbürg. Source Arolsen     
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André Féat est transféré au camp de concentration Flossenbürg, en Bavière, le 24 février 1944 ( numéro de matricule 6941). 
Le travail dans le camp de Flossenbürg tourne autour de deux grands axes : l’industrie d’armement, en particulier dans l’aéronautique avec des usines Messerschmitt (c'est dans ce kommando que décèdera son beau-frère), et les travaux usants dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.
Le 26 janvier 1945, André Féat fait partie d'un convoi de 750 détenus transférés à Kamenz (kommando de Gross-Rosen) où ils arrivent le 28 janvier. Enfin, il est transféré à Dachau le 16 mars, dans un convoi de 200 détenus dans le cadre d’une évacuation du camp de Gross-Rosen.
Il meurt le 3 avril 1945 à Dachau en Allemagne, dans ce qu'on a appelé "la baraque des prêtres" où 2720 prêtres et pasteurs ont été déportés entre 1938 et 1945 : 1034 d'entre eux y laisseront la vie parmi lesquels André Féat.
 
La famille apprend la triste nouvelle des semaines plus tard par un courrier transmis à son épouse. Un simple avis de décès des Jeunesses socialistes l’annonce publiquement. 
Le pasteur Alfred Somerville (1899-1975) sera très affecté de la mort d'André Féat qui était en formation au moment de son arrestation. Il aurait pu seconder le pasteur Somerville dans de nombreuses taches. Joseph Plassard (1919-1944), un autre membre de la communauté protestante, a lui aussi été otage à Morlaix, déporté et n'est pas revenu des camps.
Le nom d'André Féat figure sur un monument commémoratif à Morlaix.

Le saviez-vous ?
Le pasteur Henri Whelpton, de l’Église méthodiste de Lannion est venu plusieurs fois au Temple baptiste de Morlaix pour y donner des conférences. La presse des années 20 et 30 en conserve deux traces. La première se situe le 19 novembre 1925 (annonce dans Ouest-Eclair).
Conférence du pasteur Whelpton. 19 novembre 1925

La deuxième conférence va se dérouler le 2 mars 1933, Henri Whelpton évoque une page de l'histoire d'Angleterre : "L'homme qui sauva son pays, le destin de John Wesley."
 

 
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Sources 
-Etat civil de Morlaix, archives départementales du Finistère :
20 octobre 1916, registre des naissances, André Simon, reconnu et devenu André Féat ; 1919, mariage Pierre Féat et Jeanne Simon ; 14 mars 1922, naissance Marguerite Féat ; 1936, recensement Morlaix.
-La Dépêche de Brest, 14 novembre 1938, annonce de mariage André Féat et Germaine Eve.
-Documents des camps de Flossenbürg et Dachau (Base Arolsen, cliquer ici)
-Article du Télégramme, dans l'édition du 26 avril 2019, consacré aux souvenirs de Marguerite Hameury, soeur du pasteur André Féat, cliquer ici
-Article du Télégramme du 10 septembre 2016 sur l'histoire du Temple baptiste de Morlaix, cliquer ici
-Fiche de l'association Flossenbürg, cliquer ici 
-Article très complet sur les déportés de Morlaix dans les camps nazis Le chiffon rouge, P.C.F Morlaix, cliquer ici
-150 ans de protestantisme dans la région de Morlaix, document de l'Eglise baptiste de Morlaix, cliquer ici 
-Blog de l'histoire de l'Eglise protestante unie des Côtes d'Armor, article sur Henri Whelpton, cliquer ici
  
Famille Féat  
(Des recherches sont encore en cours)
 
Le père, Pierre Marie Féat, né le 7 juin 1898, rue de la gare à Morlaix, menuisier, médaille d'argent du travail (publication le 16 juillet 1957 dans Ouest-France), décédé le 11 novembre 1960 à Morlaix, retraité des tabacs, 10 rampe Saint-Nicolas (fiche Généanet ici).
La mère, Marie Féat, née Simon, née le 18 avril 1900 à Morlaix. Mariage le 20 janvier 1919 à Morlaix, décédée le 8 mars 1969 à Morlaix. 
Le couple Pierre et Marie Féat aura 5 enfants :
André, 20 octobre 1916, marié avec Germaine Eve, ouvrier typographe puis pasteur, décédé le 3 avril 1945. 
Marguerite, née le 14 mars 1922, mariée avec Jean Hameury le 18 septembre 1943 à Morlaix. Le couple aura un fils, Serge. Marguerite est décédée en juillet 2022. 
Pierre, né en 1924. 
François, né en 1932.
Hippolyte, André (appelé Yvan) né en 1938. 
Marguerite Féat fait aussi état dans un article du Télégramme de Josée qui serait sa soeur aînée, mariée avec Georges Le Roy (déporté). Georges Le Roy décède à 24 ans le 21 juillet 1944 dans le Kommando du camp de Flossenbürg.
Autre point à éclaircir : André Féat aurait été nommé pasteur à Ploufragan en 1944 (alors qu'il est arrêté en 1943!), une information à vérifier...
Marguerite Hameury, née Féat photographiée dans l'édition du 9 mars 2019 au sujet du droit de vote des femmes en 1945. A droite sa photo quand elle avait 20 ans.

Document
Transcription d'une lettre de Mme André Féat, transmise en août 2025 par Joëlle Gueguen membre de l'Eglise évangélique de Roscoff.



 
 
Documents sur la déportation. 
1944-1945

Fiche du pasteur André Féat à Flossenbürg. Source Arolsen     













 

 

 

 

 


 
 
 
 
Buchenwald. Fiche du pasteur André Féat à Buchenwald. Source Arolsen

 
Fiche du pasteur André Féat. Source Arolsen

Camp de Flossenburg. Fiche du pasteur André Féat à Flossenbürg. Source Arolsen

Fiche du pasteur André Féat. Source Arolsen

Camp de Dachau. Fiche du pasteur André Féat à Dachau. Source Arolsen

 
Fiche du pasteur André Féat à Flossenbürg, recto.

Fiche du pasteur André Féat à Flossenbürg, verso avec écriture manuscrite

 
André Féat, fiche à Flossenbürg, kommando Gross-Rosen 26 janvier 1945. Profession : Typographe
 
 
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dimanche 1 juin 2025

Hommage à Georges Bessis au Hinglé, mai 2024

 

Une journée de commémoration s'est déroulée le vendredi 31 mai 2024 au Hinglé à la salle polyvalente. Jacqueline Besrets en a été la coordinatrice et l'animatrice. Toute l'association Le peuple des Carrières avait œuvré de longue date pour organiser cette journée.


Les résistants fusillés le 31 mai 1944 à La Maltière à Saint-Jacques-de-la-Lande ont été honorés. Il s'agit de Marcel Blanchard, Jean Baptiste Brault et Jean Baptiste Garnier. A ce moment de mémoire ont été associés Georges Bessis (déporté), Raymond Corvellec (travailleur requis par la loi du 4 septembre 1942) et Marcel Miletto (Mort Pour la France en 1940). 

Les enfants de l'école du Hinglé et un groupe d'une cinquantaine de personnes étaient présentes tout au long du parcours des "rues de l'Histoire" avec lectures, poèmes, chants.

Départ du groupe dans l'impasse Georges Bessis

 

Devant la mairie, Gérard Berhault, maire du Hinglé, s'est adressé aux participants et aux enfants de la classe de CM2 de Marie-Pierre Gauvin.


A partir de la gauche Jacqueline Besrets, maire de Bobital et Gaëtan Accoh, maire du Hinglé.

Jacqueline Besrets et différentes personnes ont retracé le parcours de toutes les personnes (fusillés, déportés, Résistantes) dont un nom de rue avait été donné au Hinglé. A l'issue du parcours, Richard Fortat a présenté brièvement l'histoire de Georges Bessis.


Dans la salle polyvalent, les écoliers et la chorale Méli'Mélody ont interprété le Chant des partisans, le poème Liberté, la Marseillaise...



A 18 heures, une conférence a rassemblé une cinquantaine de personnes sur le thème « Le Hinglé (1939/1945) : morts aux combats, déportés et fusillés ». Alain Prigent et Richard Fortat, historiens, ont retracé le parcours des différentes personnes inscrites sur le Monument aux Morts du Hinglé en lien avec cette période de l'histoire.

 

Articles de presse

Ouest-France 30 mai 2024, présentation de la journée d'hommage

 
Ouest-France 4 juin 2024

Un an après, le 2 juin 2025, un article est paru dans Ouest-France, pour faire savoir qu'un fascicule avait été publié avec 32 témoignages issus de cette journée commémorative. Un beau travail !

Le Hinglé 2 juin 2025 Ouest-France

 

Sources-Liens

Article dans ce blog sur Georges Bessis, cliquer ici 

1939-1945 : Histoire et Mémoire dans les Côtes-d'Armor, blog de Jimmy Tual, cliquer ici

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Daniel Manach (1907-1940), pasteur au Légué de 1929 à 1930

 

Le pasteur Daniel Manach (1907-1940)



Né dans la foi protestante
 
Daniel Manach est né le 24 mars 1907 au Havre (acte en ligne). Suivant la voie de son père, le pasteur François Manach, il s'engage dans des études de théologie après avoir fait une année de philosophie à Rennes.
Toujours étudiant il commence au Légué, tout près de St Brieuc, où il succède à son père pendant un an d'octobre 1929 à septembre 1930. Devenu pasteur, il est nommé à Lannion en 1930 pendant un an pour seconder le pasteur Henri Whelpton. Il est amené à se déplacer dans les nombreuses annexes et dispose d'une auto pour cela. Il participe au Synode en 1930.


Daniel Manach. Archives du temple de St Brieuc


Il effectue son service militaire à Rennes en 1931 juste avant de rejoindre son poste de pasteur à Anduze dans le Gard où il remplace le pasteur Yves Crespin (qui était resté de 1929 à 1931 et avant lui M. Raspail de 1927 à 1929 et E.F Staub de 1919 à 1927).

Le 28 juillet 1932, il se marie à Cologny, en Suisse, avec Jeanne Marie Borel. Leur fille, Jacqueline, naîtra l'année suivante le 22 août 1933.
A ce propos, une anecdote est rapportée par Solveig Hansen (née en 1916) qui l'a bien connu :
"Jeanne Manac'h, avant qu'elle soit mariée, avait était la nurse des enfants de la famille Peugeot. Elle aimait beaucoup la petite Jacqueline et donna ce prénom en 1933 au moment de la naissance de sa propre fille".

 
 
Une thèse avant-gardiste
 
La thèse de Daniel Manach intitulée Hygiène spirituelle est éditée en 1933. Le contenu met en évidence la grande curiosité de Daniel Manach et son ouverture à des sujets autres que purement spirituels comme ici la psychothérapie. Il y fait référence aux travaux du Docteur Georges Liengme qui avait ouvert une clinique à Vaumarcus, sur les rives du lac de Neuchâtel en Suisse. Daniel Manach s'y était rendu à deux reprises.
Le Dr Liengme développa une méthode de “psychothérapie collective” qui a été dénommée, plus tard, “psychothérapie de groupe” par les Américains. Georges Liengme est un précurseur dans ce domaine.
Daniel Manach s'étant posé la question de l'incohérence entre le comportement de bon nombre de chrétiens et de leurs idéaux en avait conclu que, dans un certain nombre de cas, les apports de la psychologie pouvaient permettre de résoudre ce problème.




Thèse Daniel Manach 1933. Archives du temple St Brieuc. Don de Jean-Marc Kieffer




Un pasteur très actif
Daniel Manach propose des conférences au public sur des sujets variés (par exemple "Que penser du spiritisme?" en avril 1934).
Il devient le rédacteur d'un bulletin mensuel d'informations de l'Eglise Méthodiste d'Anduze, "Le trait d'Union" (dont une collection est conservée dans les archives du temple de St Brieuc. Années 1931 à 1938). A la lecture des différents bulletins, on voit que bien qu'éloigné de la Bretagne, il n'en oublie pas moins ses origines. Ainsi, en décembre 1932, il transmet à ses lecteurs du midi la "légende de Noël", l'histoire d'une vieille bretonne qui raconte pour la centième fois sa légende favorite où il est question du vent qui souffle sur la lande et d'un moine venu de Brest qui avait oublié ce qu'est la charité...
En décembre 1936, il organise une collecte pour "l'arbre de Noël des petits bretons de Perros-Guirec".



Le trait d'Union, mars 1933. Archives du temple de St Brieuc


Du 19 au 22 juin 1934, il a la lourde tâche d'organiser le Synode national de l'Eglise méthodiste à Anduze sous la présidence du pasteur M. Alain.
 
Il part d'Anduze après une dernière prédication le 20 septembre 1936, il est ensuite nommé à la fin de l'année 1936 à Thiers.


Daniel Manach pasteur à Thiers, octobre 1936. Archives Famille Manach temple de St Brieuc



Accueil de Daniel Manach pasteur à Thiers, octobre 1936. Archives Famille Manach temple de St Brieuc




En 1937, il assiste à la consécration de son père François Manach à Livron dans la Drôme, cérémonie dirigée par le pasteur du Havre M. Alain.

En 1938, Daniel Manach prend une part active à la création de l'Eglise Réformée de France en tant que délégué de l'Eglise Méthodiste avec Auguste Faure (en poste à Calais) et Henri Whelpton (en poste à Montreuil comme trésorier général cette année-là).



Liste des délégués de l'église méthodiste (Faure, Manach et Whelpton) avril 1938. Archives ERF


On peut dire que ses qualités sont reconnues au niveau national.
Le lundi 25 avril 1938, lors des travaux de l'Assemblée Constituante de l'Eglise Réformée, réunion dans l'ancien temple de Lyon, il est nommé secrétaire.
Il fait aussi partie de la commission de délimitation des circonscriptions et ce n'est pas une commission de tout repos ! On l'imagine promis à un brillant avenir, avec des responsabilités importantes.



Juillet 1939, la famille Manach sur la côte. La fillette est Jacqueline, fille de Daniel née le 22 août 1933. Elle était appelée Jacquotte. Daniel Manach est reconnaissable avec ses petites lunettes noires et à sa gauche, Jeanne, sa femme, d'origine suisse, avec sa coiffure en oreillons. A la droite de Daniel Manach se trouve sa soeur Madeleine.
Paulette Manach est à gauche assise; au milieu Jacquotte, et assise à droite Yvonne Manach. Mme Manach et le pasteur Manach sont sur la droite. Archives du pasteur Manach conservées au temple de St Brieuc

Eté 1939, la famille Manach, Daniel à droite. Archives du pasteur Manach conservées au temple de St Brieuc


 
Le début de la guerre
Daniel Manac'h reste à Thiers jusqu’au début de la Seconde guerre mondiale. Il revient au Légué avec sa famille peu de temps avant la mobilisation. Solveig Hansen se souvient qu'avant de partir, il a lu à haute voix le psaume 121 :
 "Je lève mes yeux vers les montagnes... D'où me viendra le secours?Le secours me vient de l'Éternel, qui a fait les cieux et la terre". Solveig, 80 ans plus tard, relit ce psaume chaque semaine en pensant au destin de Daniel Manac'h.
 
Engagé dans l'armée, il est victime d'une crise d'appendicite qui évolue en péritonite.
Solveig Hansen se souvient être allé le voir à l'hôpital des Capucins à St Brieuc où il avait été amené.
Jeanne, l'épouse de Daniel Manach, était hébergée dans la famille Hansen au Légué pendant l'hospitalisation de Daniel.

Finalement, les médecins n'arrivent pas à sauver Daniel Manach qui décède à Caveirac dans le Gard le 7 octobre 1940, à l'âge de 33 ans,
quelques mois après son retour. 
 
Sur l'annonce du décès dans Ouest-Eclair le 12 octobre 1940 on peut lire : "J'ai combattu le bon combat. J'ai achevé la course. J'ai gardé la foi".

Décès Daniel Manac'h. 12 octobre 1940 Ouest-Eclair


 
 
 
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Sources

 
Archives du temple de St Brieuc. Dossier Manac'h

Archives de Seine-Maritime. Acte de naissance 1907 page 265 du registre et mention de mariage (acte en ligne)

Collection de la revue "Le trait d'Union"1931-1938. Archives du temple de St Brieuc

Archives nationales de l'E.R.F. Dossier constitution de l'E.R.F

Témoignage de Solveig Hück (née Hansen), novembre 2019 et 24 mai 2023.