vendredi 1 novembre 2024

Les conférences du pasteur Théophile Roux à Saint-Brieuc, 1908-1917

Dans la foulée de l'inauguration du temple réformé de Saint-Brieuc, le pasteur Théophile Roux va inaugurer un cycle de conférences, annoncées dans la presse locale par l'intermédiaire du journal "Le Réveil". La première conférence se déroule le 11 octobre 1908 : "A la recherche de la vérité". Les autres thèmes traités seront les suivants : "Première prédication de l’Évangile en Europe", "Pourquoi y a -t-il eu une Réforme protestante?", "Pourquoi suis-je croyant?", "Les impressions d'un laïque lisant l’Évangile", "Les surprises d'un laïque lisant l’Évangile", "Les expériences d'un Évangéliste dans une grande ville", "Patrie et famille en danger, ne jouons pas avec le feu", "Mission française parmi les kabyles de l'Algérie", "La Sainte Vierge".

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 332, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 342, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 357, Archives 22


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 365, Archives 22


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908 (15 novembre), vue 373, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 381, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 390, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 398, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 406, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1908, vue 422, Archives 22


 
 
Suite des conférences du pasteur Théophile Roux
 
Le pasteur Roux va continuer son cycle de conférences au cours de l'année 1909. Elles sont toujours annoncées dans la presse locale dans le journal "Le Réveil". Le pasteur Roux fait preuve de beaucoup d'imagination, on trouve par exemple les sujets suivants : "Pourquoi y a-t-il tant d’incrédules ?",  "Comment y a-t-il encore tant de gens qui croient en Dieu ?", "Un industriel qui a réussi", "Le continent noir", "Progrès et christianisme", "Une scène de famille"...
(liste complète en bas d'article, document 2)


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1909, vue 44, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1909, vue 92, Archives 22


 
Le pasteur Roux n'est pas prêt à abandonner ses conférences du dimanche après-midi en 1910 et les sujets sont toujours très originaux :
Prenez garde à vous ; Maitre trompeur ; un Irlandais original ; « Je ne crois qu’à ce que je vois » ; Le testament du Père ; Chez des Chinois ; Les braves gens ; La confession ; Le crédo d’un socialiste ; Le mécontentement universel et son remède ; Le secret du contentement ; Ni incrédule, ni croyant ; Un tour chez d’anciens cannibales ; Faiseurs de joie...

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1910, Archives 22
Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1910, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1910, Archives 22



Dans le bilan de l'année 1911, on peut encore porter au crédit du pasteur Théophile Roux son lot de conférences du dimanche après-midi. Les thèmes ont l'art d'attirer la curiosité du public :
Démocratie et Evangile ; Criminels ; Le fondateur de la plus grande Eglise protestante du monde jugé par un professeur catholique ; Une héroïne de la guerre de Crimée, Florence Nightingale ; La foi d’un Romain ; Horizons sectaires et horizons chrétiens ; Le rugissement d’un lion ; Le Dieu qui descend et l’homme qui monte ; La religion qu’il faut à la France ; Le procès des religions, quelques témoins ; Chez les Peaux-rouges au Canada ; Un chrétien social ; L’avis de famille...
Souvent les conférences sont reprises sur deux dimanches à suivre. Il arrive aussi qu'elles soient remplacées par "un thé amical" comme il est indiqué sur les annonces dans le journal.


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1911, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1911, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1911, Archives 22


A partir de 1912, l'assemblée décide que les conférences du dimanche après-midi " seront annoncées par voie d'affiches imprimées, portant comme titre "Conférences Religieuses et Morales basées sur l'Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ".

On imagine que le pasteur Théophile Roux doit avoir un certain succès avec ses conférences du dimanche après-midi. Il lui faut beaucoup d'imagination pour trouver des thèmes qui surprennent le public et ceux de l'année 1912 ne dérogent pas à la règle : Nos enfants ; Le problème de la souffrance et la foi en Dieu ; Le portrait du Christ ; Le sauvetage de l’enfance abandonnée ; La devise républicaine Liberté, Egalité, fraternité ; Les traits essentiels de la religion chrétienne ; La vie joyeuse ; Le plus lourd des impôts ; témoignage d’un ex-Silloniste (par lui-même) ; un acte du drame de la Passion ; Notre foi religieuse ; Notre programme social ; M. Ed Gallienne, de Paris ; Le naufrage du Titanic ; Les musulmans ; A Londres, choses vues ; Le bon sens et la foi chrétienne.



Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1912, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1912, Archives 22

Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1912, Archives 22



En 1913, les 11, 12 et 13 janvier, un nouveau cycle de conférences est lancé avec la venue du professeur et pasteur Franck Thomas de Genève. 
 
Les autres thèmes traités cette année 1913 ne manquent pas d'intérêt : Les œuvres d’un orateur populaire ; M. le pasteur et le professeur Franck Thomas ; Une religion fraternelle ; Science et Foi ; Le croyant moderne ;  Un livre unique et merveilleux ; Peut-on encore croire en la Bible ? ; Docteur Livingston, le missionnaire explorateur ; Si l’homme meurt, revivra-t-il ?; L’école sans Dieu ; Toutes les religions sont bonnes ; peut-on connaître Dieu (lettre de quelqu’un qui a perdu la foi et réponse) ; L’âme française ; Un missionnaire chez les cannibales ; La pensée ouvrière ; Cléricalisme ou athéisme ? (par le pasteur O. Prunier, de Paris) ; Vie de Jésus-Christ ; Le sourire au Foyer.


Le Réveil 1913 (erreur sur l'annonce), vue 24, Archives 22


En 1914, la première conférence de l'année du pasteur Roux, le dimanche 4 janvier, porte un titre qui veut peut-être conjurer le sort : "Une bonne année". Tous les 15 jours un nouveau sujet est proposé au public : "Voyage aux Iles de la mer du Nord ; Icônes et héros de la Réforme ; Dans nos rues et nos journaux ; La jeunesse d’un philosophe ; Les sources de la vie ; Le sang de nos frères ; Un empire à conquérir ; La renaissance physique de la France ; Ce qu’il faudra toujours". Mais ces discussions vont bien souvent être remplacées, dès le début de la guerre au mois d'août, par de graves préoccupations : l'afflux de réfugiés, la mobilisation, les premiers blessés, les premiers morts.

Le pasteur Roux n'est pas mobilisé et il va avoir un rôle très important pendant cette période de guerre. En quelques mois, il va présider à l'ensevelissement d'une centaine de soldats, pour la plupart des protestants allemands (voir la page du blog qui aborde de manière très complète ce sujet).
Le pasteur Roux n'hésite pas à traiter du sujet de la guerre lors de conférences qu'il donne régulièrement en fin d'après-midi le dimanche, par exemple le titre de la conférence du 1er novembre est "A propos de la guerre". C'est le sujet qui occupe tous les esprits.


En cette fin d'année 1914, le 27 décembre le dernier sujet abordé lors de la conférence au Temple ne peut être qu'en rapport avec la guerre : "Les leçons de 5 mois de guerre".


Annonce dans le journal de St Brieuc Le Réveil (socialiste) 1914-1915

En 1915 les thèmes des conférences du dimanche après-midi portent uniquement sur des sujets en rapport avec la guerre. Par exemple en Février : "Si Dieu existe, si ce Dieu est bon et tout puissant, pourquoi a-t-il permis cette guerre ?"; Dans les mois qui suivent : "Dieu est-il avec nous ou avec eux ?" ; Sur le front avec nos soldats ; La nouvelle France ; Guerre religieuse ? Représailles ? ; Pour l’honneur ; La force victorieuse ; Les trois croix".
Les questions posées ne manquent pas d'à-propos et de courage.

1916, la paroisse vit au rythme de la guerre et les conférences du pasteur Roux sont toujours le reflet des préoccupations du moment : "Ce qui empêche de croire en Dieu ; Le meilleur de tout ; Glorieux fugitifs ; Après 18 mois de guerre ; L’allemand de l’intérieur ; Mobilisation générale contre l’Allemand de l’Intérieur ; Le relèvement de nos ruines ; Taisez-vous ! ; Propos de guerre ; Les surhommes ; Ce que nous a voilé la figure de Jésus-Christ ; En écoutant Jésus-Christ ; Un réquisitionné ; Le commandement difficile". On peut imaginer que ce dernier titre porte sur le commandement si difficile à tenir pour un chrétien alors : "Tu ne tueras point" !


Conférence temple St Brieuc. Le Réveil 1916, Archives 22




En 1917, les conférences ont continué au même rythme que les autres années. On retrouve dans les thèmes des sujets sur la guerre mais peut-être aussi un renouveau de sujets plus religieux : La grande attente ; Le pardon des offenses de nos ennemis ; Le Christ héroïque ; Trois officiers de l’Evangile ; Comment un non-croyant peut-il venir à la foi ? ; Sur le chemin de la croyance ; Nos alliés les américains ; Ames héroïques de soldats ; Soyons forts ; Le royaume des cieux ; entre Gaza et Jérusalem ; Soldats coloniaux et missions évangéliques ; sur le chemin de Jérusalem : un ministre des finances ; Vie de Jésus ; La Sainte Bible.
 
 
 
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Sources
Dossiers rassemblés dans les archives du Temple de St Brieuc, registres de l'association cultuelle, registre des membres 1906-1952, registres du conseil presbytéral.
Archives départementales des Côtes d'Armor. Presse en ligne, journal Le Réveil, Républicain et socialiste, années 1908, 1909, 1910, 1911, 1912, 1913 annonces des conférences du pasteur Théophile Roux.
Pour 1908, les numéros des vues qui indiquent les conférences sont les suivants : 324 (inauguration). 332. 342. 357. 365. 373. 381. 390. 398. 406. 422.
Pour 1909, les numéros des vues sont les suivants : 12. 20. 28. 32. 44. 60. 68. 84. 92. 100. (interruption jusqu'en octobre) 329. 337. 349. 370. 378. 387. 399. 407.
Pour 1910, les numéros des vues sont les suivants : 12. 16. 32. 40. 49. 57. 77 (interruption). 140. 152. 160. 168. 180. 188. 196
Pour 1911, les numéros des vues sont les suivants : 8. 20. 28. 36. 52. 60. 68. 84. (interruption) 365. 373. 381
Pour 1912, les numéros des vues sont les suivants : 4. 12. 20. 28. 36. 60. 68. 76. 84. 100 (fin mars puis interruption jusqu’en novembre). 351. 359. 363. 372. 380. 388. 396. 404
Pour 1913, les numéros des vues sont les suivants : 8. 16. 28. 36. 44. 52. 60. 68. 84. 223. 228. 236. 244. 252. 260. 268. 276. 284 
Pour 1914, 4Mi 19 R 33 les numéros des vues sont les suivants : 8. 12. 20. 32. 36. 44. 69. 77. 85. 101
Pour 1914, M1 19 R34, les numéros des vues  sont les suivants : 35. 39. 44. 47. 51. 55. 61. 66. 72.
article de presse édition du 20 septembre 1914, page 12 de la série 1914 en ligne;  
Pour 1915 les numéros des vues sont les suivants : 35. 39. 44. 47. 51. 55. 61. 66. 72
Pour 1916 les numéros des vues sont les suivants : 11. 15. 19. 23. 27. 31. 35. 43. 47. 51. 184. 188. 192
Pour 1917, première partie 4Mi 19 R34, vues 3. 7. 11. 15. 19. 23

Pour 1917, deuxième partie 4Mi 19 R35, vues 41. 45. 49. 53. 57. 61. 65. 69. 73


dimanche 13 octobre 2024

Sur les traces du pasteur Yves Crespin à Saint-Brieuc. Circuit résistance et protestantisme.


Les traces du passé ne manquent pas à Saint-Brieuc.
Une ville c'est aussi l’œuvre du temps et de la mémoire...

Vous habitez Saint-Brieuc ou vous découvrez cette ville, partez à la découverte des endroits évoqués dans le livre Le pasteur Yves Crespin, un chrétien dans la Résistance...
Le livre Le jeu de patience de Louis Guilloux est également recommandé pour bien profiter de cette promenade historique et littéraire... Les extraits sont indiqués aux différents moments du parcours...
Attention, nous ferons parfois de petites incursions dans le passé !

Une grande partie de ce circuit a été proposée au public lors des Journées du Patrimoine le 19 septembre 2020.

Lien vers un article de Ouest-France, ici (pour les abonnés)

 Lien pour accéder à la carte inter-active ci-dessous
Vous pourrez agrandir et cliquer sur les balises bleues pour faire apparaitre les noms des lieux de ce circuit...


Plan de Saint-Brieuc avec les lieux importants liés au pasteur Yves Crespin.



Commençons cette promenade dans le centre-ville devant le collège Anatole Le Braz où le pasteur était aumônier au début des années 40 et où le Erling Hansen était médecin scolaire. 

Vous pouvez lire le passage du livre sur Yves Crespin avec "La lettre au Proviseur. 1942", page 44.

A cette époque, c'était le Lycée Anatole le Braz, un lycée pour les garçons. Un autre monument existe dans la cour intérieure du bâtiment pour rendre hommage aux lycéens, professeurs et aumônier qui ont été tués pendant les deux guerres, arrêtés, déportés ou fusillés...

Un livre édité par un collectif d'anciens élèves de Le Braz retrace ces heures sombres : De la nuit à l'aurore.
Adresse : 46 rue du 71e Régiment d'Infanterie.

Vue extérieure du collège Le Braz à St Brieuc


Cour intérieure du collège avec le monument commémoratif.

Cérémonie du 10 décembre 2019 avec des élèves d'aujourd'hui et d'hier.



Passez devant l'ancienne librairie Le pain des Rêves (titre d'un livre de Louis Guilloux), fermée en 2024.
13 Rue Saint-François

Vous êtes en haut de la rue Saint-Guillaume et vous pouvez lire le passage du Jeu de Patience de Louis Guilloux où le pasteur voit défiler une compagnie d'infanterie allemande, pages 131 et 132


Vous contournez l'église Saint-Guillaume et arrivez sur la Place Duguesclin qui a retrouvé sa physionomie des années 40 depuis les travaux de rénovation en 2019.

Prenez sur la gauche, vous apercevez de loin le Palais de Justice.

Allez jusqu'à l'entrée du Parc des promenades. Ce Palais de Justice est le lieu où s'est déroulé le procès du dénonciateur du pasteur Crespin qui sera condamné, après-guerre, par la Cour à la peine de mort (sanction non exécutée). Extrait du compte-rendu dans Ouest-France de ce procès :
"Ce grand bagnard à la voix douce, aux gestes mous, à la mâchoire garnie d'or, qui cache des yeux malheureux sous d'épais sourcils, veut tout minimiser. Le président Colas, d'un mot démasque la fourberie.
-Toute votre vie, tout le dossier prouvent que vous êtes intelligent et cruel."

Contournez le Palais de Justice sur la droite et sortez du Parc par le petit portillon. Sur votre gauche, vous vous dirigez vers le Monument aux Morts. Le nom du pasteur Crespin figure sur une colonne à gauche du Monument.


Poursuivez sur le trottoir pour entrer de nouveau dans le Parc et prenez l'allée qui contourne la piste de skate-board. Traversez le parc et engagez-vous dans la rue Lamennais.

Vous débouchez sur la Place St Michel, et dans le bas, vous avez un monument commémoratif sur la Résistance et la Déportation qui a été inauguré le 18 juin 1996.

Inauguration du monument, 19 juin 1996 Ouest-France

Ce monument a été réalisé par le Lycée professionnel Jean Monnet de Quintin sur un projet du Lycée Ernest Renan de Saint-Brieuc. Voilà ce qu'en disait le journal Le Télégramme dans son édition du 23 avril 2016 : "Ce monument, par sa configuration symbolique tout empreinte de futurisme épuré, a reçu un accueil des plus mitigés, voire dubitatifs à l'époque. Or, la sculpture, en raison de sa complexité apparente, mérite une attention toute particulière. Elle symbolise en effet les souffrances endurées par les hommes et femmes déportés sous le joug nazi : tortures, coups répétés et autres formes de sévices. Elles sont traduites par des blocs granitiques ciselés, désarticulés, aux profils déshumanisés, sous des teintes différentes. Dans un enchevêtrement d'où émerge la ferraille, synonyme d'enfermement aux barbelés électrifiés. Une urne déposée à la surface contient les cendres prélevées dans douze camps nazis dont les noms figurent lisiblement". On remarquera en particulier la mention des noms des camps de Buchenwald et Dora, les deux camps où le pasteur Crespin a été détenu.

Lire le témoignage de Joseph Blanchot évoquant Yves Crespin à Dora, page 97




Plus haut sur cette place, du côté droit, c'est la maison de son ami protestant et résistant, Erling Hansen (une plaque est posée rappelant son rôle dans la résistance). 
Lire l'extrait où le pasteur et "Vincent" viennent faire une émission de radio clandestine chez le docteur Hansen, pages 132, 133 dans Le jeu de patience.


Juste en face de la maison du docteur Hansen, une autre plaque sur la côté de l'église St Michel avec un rappel sur les premières réunions de la Résistance locale avec l'abbé Fleury et Jean Métairie. A ce sujet, il se pourrait bien que les réunions des résistants se soient tenues au-dessus de la sacristie dans le très vaste grenier, et non dans la sacristie comme il est écrit sur la plaque commémorative (voir ci-dessous). Un grand drapeau français de trois mètres de large est toujours présent dans la salle au-dessus de la sacristie de l’église Saint Michel.

Drapeau dans le grenier de la sacristie. Photo Dominique Jugand.

Lire la biographie de l'abbé Fleury page 75

Voici la place St Michel telle qu'elle était auparavant.
Plaque commémorative, église St Michel.

Remontez la place et contournez l'église sur la gauche, vous apercevez l'entrée du cimetière St Michel où reposent notamment Erling Hansen et Louis Guilloux. Si vous avez le temps, petite visite guidée sur les thèmes du protestantisme à St Brieuc et de la Résistance.
Allée centrale du cimetière St Michel, face à l'entrée.

 

Vous arrivez face à l'année centrale et vous prenez sur la gauche.

Chapelle sur la gauche de l'entrée


L'allée où se trouve cette chapelle est l'allée numéro 1. Je vous propose de commencer à l'allée numéro 4 où la première tombe est celle de la famille La Veuve. 

Plan général des différents noms cités.
 
Georges Geffroy, lycéen de Le Braz, fusillé en 1944. Allée 4.


Au début de l'allée numéro 4, sur la gauche se trouve la tombe de Georges Geffroy, lycéen de Le Braz, fusillé en 1944.

Louis Guilloux, écrivain. Allée 4
 
Toujours au début de l'allée numéro 4, mais sur la droite se trouve la tombe de Louis Guilloux, écrivain et ami du pasteur Crespin.

Tombe de Lucien Camus, père d'Albert Camus
 
Allez jusqu'au bout de l'allée 4 et tournez à gauche dans la grande allée perpendiculaire. Vous apercevez le carré militaire avec sa colonne. Le long de l'allée des tombes en forme d'épées. Ne manquez pas celle de Lucien Camus, père d'Albert Camus, mort à l'hôpital militaire de St Brieuc pendant la guerre 14-18. Louis Guilloux viendra avec Albert Camus se recueillir sur cette tombe.


Monument du carré militaire

Juste devant la colonne commémorative, vous voyez une stèle sur la droite.

Stèle en hommage au soldat G. Sherlock


Pendant la guerre 14-18, le pasteur Théophile Roux va procéder à l'inhumation de nombreux soldats protestants, la plupart allemands, soignés dans les hôpitaux de St Brieuc. Le seul soldat protestant qui n'est pas allemand est George Sherlock, un soldat anglais, d'un régiment de fusiliers écossais, le Inniskillers Fusiliers Regiment, matricule 7319. Il était en traitement à l'hôpital auxiliaire N°201 de Mme Pitet, 4 Boulevard Laënnec et décède le 21 septembre 1914. Il est inhumé par le pasteur Roux le 23 septembre 1914 au cimetière St Michel à St Brieuc. (voir l'article consacré à 14-18)


Tombe du pasteur Émile Le Cozannet (1923-1986)

Vous ressortez du carré militaire et reprenez l'allée perpendiculaire, à trois rangées du mur de clôture du cimetière se trouve la tombe du pasteur Emile Le Cozannet et de son épouse Yvette. C'est la 10e tombe, sur le côté gauche, de la 10e rangée.

La famille d'Emile Le Cozannet était protestante à St Brieuc.
Émile participe activement à la vie de la communauté protestante de St Brieuc au moment où exerce le pasteur Crespin. Il aime aussi passer du temps le dimanche après midi autour d'une table  pour jouer aux échecs. Il se lie d'amitié avec les familles Hansen, Vivier et Crespin. C'est ainsi qu'il devient le parrain de Mireille Crespin, née en 1940. Plus tard il décide de devenir pasteur et exercera cette fonction à St Brieuc de 1977 à 1985.


Tombe familiale Hansen.

Pour trouver la tombe de la famille Hansen, et donc d'Erling Hansen, médecin et ami du pasteur Crespin, vous retournez le milieu du cimetière et la rangée est la deuxième avant l'allée centrale.
Remarquez la plaque des Résistants-déportés.


Stèle en mémoire de l'abbé Vallée, résistant, déporté.
 
La stèle de l'abbé Vallée est facile à trouver en retournant jusqu'à l'entrée principale du cimetière. Vous prenez la première allée sur le droite et le tombeau se trouve au début de cette allée.
L'abbé Armand Vallée, est né à Saint-Brieuc en 1909, il est le fils du fondateur des papèteries Vallée. Il est ordonné prêtre en 1931 et en 1933, il est nommé secrétaire des oeuvres du diocèse. Il fonde aussitôt un secrétariat social et crée l'Union des artisans des Côtes-du-Nord en 1934. Il est très actif dans le développement du syndicat CFTC, dans les conflits sociaux ou dans l'aide aux réfugiés espagnols, ce qui lui a valu le surnom « d'abbé Rouge ». Engagé dans la Résistance, il est arrêté en février 1942 par la Gestapo, emprisonné à Fresnes, transféré dans divers camps, avant de mourir à Mathausen en février 1945.
 
Revenez sur vos pas pour retrouver l'allée qui borde le mur du cimetière du côté sud. Dirigez-vous vers ces deux grands arbres, à gauche du plus penché vous trouvez la tombe de Roland Tostivint, fils de René et Yvonne Tostivint, une famille protestante de St Brieuc bien connue dans les années 60 à 80. Roland, élevé dans la foi protestante, deviendra une figure de St Brieuc pour ses céramiques et sa célèbre vielle (voir le portrait complet de la famille Tostivint en bas d'article sur Les Pasteurs et laïcs)


Roland Tostivint 1933-2008. Photo RF
 
Un peu plus bas, vous avez la famille Salaün et sur une plaque en marbre se trouve une citation d'Yves Salaün, lycéen de Le Braz, résistant fusillé en février 1944 au Mont Valérien.


Plan large pour retrouver le plaque d'Yves Salaün

Plus bas, le long du mur ouest du cimetière vous ne pouvez pas manquer la tombe d'Henri Avril, résistant, Président du Comité départemental de Libération puis Préfet des Côtes-du-Nord. Le neveu d'Henri Avril (Louis Jolivet) partagea la cellule du pasteur Crespin.


Tombe Henri Avril. Photo RF

La tombe de Mireille Chrisostome, une résistante fusillée le 14 juillet 1944, n'est pas très loin en remontant sur le côté droit.
 

Tombe de Mireille Chrisostome. Photo RF

A 5 minutes à pied, en sortant sur la droite du cimetière, vous passez devant l'école des Merles et un peu plus loin, vous trouvez la maison de l'écrivain Louis Guilloux, 13 rue Lavoisier. Peut-être y aura-t-il une exposition ou une visite du bureau à l'étage?
C'est une maison qui fait vivre la mémoire de cet écrivain.
Louis Guilloux y recevait souvent le pasteur et son épouse pour de longues discussions. C'est dans sa maison qu'il écouta le récit de Jeanine Crespin racontant son odyssée à Rennes, Paris puis Compiègne afin de retrouver son mari.
 Lire le passage du Jeu de Patience où Louis Guilloux rencontre Jeanine Crespin, page 251.


Bureau de Louis Guilloux que fait visiter l'association des amis de l'écrivain.


Extérieur de la maison Louis Guilloux


Retournez sur vos pas, contournez le cimetière St Michel et quelques centaines de mètres, rue Victor Hugo, vous arrivez au Temple réformé de St Brieuc avec la plaque sur Yves Crespin. 
Lire le passage sur l'inauguration de la première plaque commémorative dans "Le jeu de Patience" page 414.

 
Le temple rue Victor Hugo, photo des années 60. Le logement du pasteur est sous les toits
 

Si vous avez plus de temps....
Découvrez un autre secteur en descendant la rue de Gouédic. En bas de la rue, après avoir dépassé le garage, tournez dans la petite impasse à droite. Un panneau historique évoque le camp des réfugiés espagnols où venaient Louis Guilloux et le pasteur Crespin. 

"On a mis les réfugiés espagnols dans les ruines d'une usine... au fond d'une vallée, le long d'un ruisseau." Extrait du roman Le jeu de patience.



Reprenez la rue de Gouédic, vous ne pourrez pas manquer la prison avec une plaque commémorative. 



Sur le côté de la prison, vous avez la plaque de la rue du Pasteur Crespin. Celle que vous verrez est en moins bon état que celle-ci. Cette photo, c'est toute une histoire, elle a été prise par Jean-Claude Crespin, le fils du pasteur, il y a plusieurs dizaines d'années, en 1983...
Voici comment il raconte l'histoire : "Les 16 et 17 juillet 1983, je suis allé à Saint-Brieuc. J'ai filmé la rue Victor Hugo, la rue Pasteur Crespin... J'ai eu quelques ennuis d'ailleurs. Deux matons sont venus me demander ce que je faisais. J'ai expliqué que j'étais le fils d'un résistant de Saint-Brieuc et qu'une rue portait le nom de mon père. Ensuite, c'est une voiture de police avec son phare tournoyant : "Monsieur, nous avons reçu un coup de téléphone du directeur de la prison nous signalant qu'un individu prenait des photos de la prison..."
Tout est rentré dans l'ordre après le contrôle d'identité...   



Devant la prison, vous ne verrez pas autant de monde qu'en ce jour de mai 2019 où des élèves du collège Racine, accompagnés de leurs professeurs réalisaient un parcours audio sur la Résistance en s'appuyant sur les plaques de rues de St Brieuc.
Nous sommes à la fin de notre circuit pédestre sur les traces du pasteur Crespin à Saint-Brieuc...






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samedi 5 octobre 2024

Wilhelm Nicolaysen (1875-1914), militaire et protestant



Wilhem Nicolaysen (1875-1914)



Origines

 
Dans les membres fondateurs et jusqu'en 1913, nous trouvons dans les registres de la paroisse protestante de St Brieuc Wilhelm Ingwald Nicolaysen, né à Douarnenez (29) le 17 août 1875, marié le 28 mai 1906 à St Brieuc avec Nelly Trouessart, résidant Boulevard Pasteur à St Brieuc. Le capitaine Nicolaysen est le fils du consul norvégien de Douarnenez (Finistère). Le père de son épouse est directeur de la Banque de France à St Brieuc.
Le couple aura trois enfants. Ses trois filles, Hilda, Dagny et Yanhe, qui habitaient à Saint-Brieuc, venaient régulièrement passer leurs vacances à Douarnenez chez leur oncle Valentin qui avait également trois filles. Dans la famille, on précisait donc : les trois filles Nicolaysen de Douarnenez et les trois filles Nicolaysen de Saint-Brieuc.



Carrière et Guerre 14-18

Le capitaine Wilhelm Nicolaysen est d’origine norvégienne mais il opte pour la nationalité française. Il fait partie de la classe 1895 et son bureau de recrutement est Quimper. On lui attribue le matricule n°895. Il entre à l'Ecole militaire d'Infanterie de Saint-Maixent, promotion 1899-1900.

Pendant la guerre de 14-18, il est affecté au 31e bataillon de chasseurs, et meurt à Breschwiller (Alsace) le 22 août 1914.
Extrait du "Tableau d'honneur de la Grande-Guerre" : "A tenu la plus brillante conduite. Blessé grièvement en soutenant la retraite de son bataillon le 21 août 1914, est décédé à l'ambulance des suites de ses blessures."
Son nom est inscrit sur le monument aux morts dressé au cimetière de Douarnenez.

Il fut tué à la guerre de 1914-1918. C'était le premier officier de l'armée française, et protestant, qui ne portait pas un nom français. La revue L'Illustration rapporte que c'est à ce titre que les allemands lui firent des funérailles particulières.

  
 

Sources
 

Registre des membres Temple de Saint-Brieuc
Site Généanet. Fiche établie par Joël Chirol 
Site Généanet. Fiche sur sa fille, Hilda née à St Brieuc (6.11.1910), Dagny née à St Brieuc (17.06.1907) et Yanhe née à Saint-Dié dans les Vosges (4.06.1914)
Forum 14-18, anciens élèves de Saint-Maixent, recherches Francine Laude, fiche Wilhem Nicolaysen



 

 

   

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