samedi 3 février 2024

Ecoles et pensionnats privés accueillants des protestants à Dinan de 1827-1890

Les pensionnats de filles sont en vogue au début du XIXe  siècle. De nombreuses écoles et pensionnats privés vont donc s'ouvrir à Dinan.
Certains ont la particularité d’accueillir de nombreuses élèves venues de pays où le protestantisme est très répandu.
Par exemple 16 filles sont protestantes dans le pensionnat de Mme Desguez. Mais l'enseignement donné n'est pas sous la coupe d'une congrégation religieuse comme dans d'autres institutions dinannaises comme celles des Soeurs de la Sagesse ou des Ursulines. 

Il est vraisemblable que certaines demoiselles, souhaitant pratiquer leur culte protestant, devaient se rendre au Temple anglican de Dinan...Cela se faisait déjà au collège des garçons, du temps d'Olivier Joubin qui resta en tant que directeur jusqu'en 1847 : dans une brochure publicitaire en anglais il précisait que "les étudiants anglais sont accompagnés à leur lieu de culte protestant par une personne spécialement désignée pour cela." (page 231, livre Dinan, la colonie anglaise)

A bien y regarder, le seul projet d'une pension spécifiquement protestante serait celui de Mme Dussauze en 1857...


Les écoles-pensionnats de Mme Desguez et des demoiselles Raffray. 1827-1851

Pension Desguez, Grande rue. Photo RF

Le pensionnat privé de Mme Desguez fonctionnait déjà en 1827-1828 au n° 4 de la Grande rue. Une affiche conservée aux archives municipales récapitule l'ensemble des prix décernés cette année-là aux demoiselles de cet établissement.

On y enseignait les matières suivantes : cours de français, écriture, arithmétique, instruction sur les vérités de la religion, langue anglaise, cours d'histoire de France, ancienne et romaine, mythologie, dessin, musique, couture, broderie, repassage... Le travail, l'application et la docilité étaient des valeurs récompensées comme la propreté, la bonne tenue et l'ordre. 

 

Affiche 1828. Archives municipales

Dans l'annuaire dinannais de 1833, on peut lire : « Madame Desguez s'attache à former les jeunes personnes qui lui sont confiées au travail, à l'ordre, à l'économie, à leur faire acquérir les connaissances et les talents qu'il est indispensable d'avoir dans la société dont elles sont destinées à faire partie. Aussi, le jour de la distribution des prix, les parents reconnaissants se rendent en foule dans la grande salle de la Mairie ; c'est un jour de fête pour la ville entière dont presque toutes les familles comptent quelques enfants dans cet établissement. »

Les filles viennent de Dinan, Dol, Loudéac, Rennes, Lorient mais de bien plus loin aussi : Jersey, Guernesey, Londres, Bristol, Plymouth, Philadelphie, New-York, Nazareth, l'île Maurice. Ces enseignements s'adressent, on le voit, à des familles aisées. Le recensement nous indique que 16 filles du pensionnat sont protestantes.   

Affiche 1828. Archives municipales


Mesdemoiselles Raffray prennent la suite de ce pensionnat après 1841 puisque cette année-là elles tiennent un pension rue du Cognet, près de St Sauveur.

Plan cadastral 1841. Archives municipales
 

 

Immeuble de la pension Raffray. Rue du Coignet. Photo RF

Sophie Raffray est la directrice et Émilie et Clara Raffray ainsi que Marie Mallet sont les trois autres institutrices. Il faut mentionner qu'une demoiselle Raffray est mariée avec le principal du collège communal de l'époque M. Joubin.

Raffray 1841. Archives municipales

En 1848, elles en sont encore les responsables et ont 20 pensionnaires. En 1851, c'est Émilie Raffray qui a pris la direction, Grande Rue et l'équipe s'est étoffée avec trois jeunes institutrices : Eléonie Tourou 22 ans, Mélanie Joanolly, une anglaise de 20 ans et Marie Tomsonn, 23 ans.

 

Raffray, Grande rue. 1851. Archives municipales

 

Le projet contrarié de Pierre Dussauze

Un peu avant 1854, Pierre Dussauze (1829-1891), un jeune protestant de la Société évangélique de France, est chassé de Saint-Malo par les tracasseries administratives. 

Il s'installe à Taden où va naitre son fils, Horace Pierre Dussauze, le 14 décembre 1853 à Taden. (Bien plus tard Horace va se marier, le 28 novembre 1901, avec Albertine Ernestine Corre, née le 28 juin 1868 à Lorient dans le Morbihan. Fiche Généanet ici

Horace Dussauze. Registre des naissances Taden. 1853, image 55 sur 612

 
Signature de Pierre Dussauze. Registre des naissances Taden. 1853

Pierre Dussauze décide de s'établir comme "maître de pension" à Dinan. Il souhaite enseigner aux enfants de familles protestantes locales françaises et surtout britanniques. Mais, si  les adversaires du protestantisme toléraient les Anglicans, ils ne souhaitaient pas qu'une telle pension s'installe à Dinan et décidèrent de tout faire pour étouffer ce projet. 

Des journaux protestants publient, à l'automne 1854, un récit du Pierre Dussauze :

« Le 22 de juin [1854], j’ai été, comme un vil criminel, appelé à comparaître devant le tribunal correctionnel de Dinan, pour avoir, en tout et partout, soulagé les malheureux qui se mouraient de misère (car il faut être en Bretagne pour se faire une juste idée de la pauvreté), parlé de l’Évangile et distribué, dans un certain nombre de familles, quelques-uns de nos traités religieux. 

Enfin, après quelques remontrances de la part du juge, j’ai été condamné à 400 fr. d’amende et aux frais. Je ne dois pas oublier de vous dire que onze témoins avaient été assignés à cette occasion, et dans ce nombre se trouvait une femme de mauvaise vie, probablement payée pour dire d’affreux mensonges et me faire condamner; car tout le monde s’accorde à dire que j’ai été jugé sur sa déposition. Elle a déclaré au président qu’elle ne m’avait jamais vu, mais qu’elle avait ouï dire que j’avais dit que « tant qu’il y aurait des soutanes, les gens seraient malheureux... ».

 

Le projet de Mme Dussauze

L'épouse de Pierre Dussauze, en première noce, dont on vient de voir les mésaventures à Dinan, est une institutrice originaire de Jersey, née vers 1829 ; elle se nomme Leonora Grigny (écrit Grigriy par erreur dans le livre Dinan, la colonie anglaise). Diane Moore précise qu'Eleonor Grigny est une femme de Jersey "dont la famille avait des liens forts avec la Société Wesleyenne française de Saint-Hélier." (Dinan, la colonie anglaise, page 126)

Le livre de Diane Monier-Moore sur la colonie anglaise à Dinan a mis à jour le projet d’une authentique pension protestante à Dinan. (On peut penser qu'après avoir déménagé de Taden, les Dussauze trouvent à se loger rue du viaduc à Dinan car c'est l'adresse indiquée dans un malheureux évènement familial : le décès de leur fille Nahomie, âgée de un an, le 10 février 1856).
Entre août et septembre 1857, Mme Dussauze plaça une série d’annonces dans The Jersey Independant and Daily Telegraph pour informer de son projet et en donner toutes les références et cautions morales (pasteurs, avocat, docteur...).

En juin 1857, elle indiquait également dans une annonce qu’elle se tenait à la disposition des familles intéressées lors d'un séjour qu'elle effectuait alors à Jersey. 

The Jersey Independant and Daily Telegraph, le 26 août 1857

 

The Coventry Herald, le 5 juin 1857


Dans le Bristol Mercury du 30 juin 1857 on apprend aussi que dans ce projet  "Mme Dussauze reçoit également un nombre restreint de jeunes messieurs protestants". Mais ce pensionnat a-t-il vraiment pris forme ? La famille Dussauze quitta Dinan en 1858, cela laisse peu de temps entre les annonces et le départ pour construire quelque chose.


L'école-pensionnat de Mlle Berthier

En 1855, Mesdemoiselles Noblet sont Place des Cordeliers et Mlle Berthier a déménagé rue du Cognet. En 1856, Mlle Berthier scolarise dans sa pension dix sept jeunes anglaises, une créole, une autrichienne et neuf françaises. La religion des demoiselles anglaises n'est pas indiquée.

Pension Berthier 1856. Liste d'élèves étrangères. Archives municipales


L'école-pensionnat de Mlle Gallet

En 1867 (et au moins jusqu'en 1876), Mlle Gallet dirige un externat de filles où sont scolarisées de jeunes élèves françaises (Alsaciennes), Suisses (la famille Taffatz, protestante) et anglaises, la colonie britannique étant d'importance à l'époque. On note par exemple lors des distributions des prix les noms de Constance Dickinson, Grace Curtis, Ethel Roberts, Donah Bouton, Lizie Lodwell, Harriet Curtis etc. 

 

L’école de Miss Brown

1887. Archives municipales

On découvre des informations inédites sur l’école de Miss Brown dans le passionnant article écrit par Diane Monier-Moore et publié dans Le Pays de Dinan 2015 et dans celui de 2016.
 
Il s’agit du journal de Cosme de Satgé écrit entre 1869 et 1890. L’article dans son ensemble nous fournit de précieux renseignements sur la vie à Dinan à cette époque. Voici quelques extraits du journal de ce Franco-Britannique qui vécut dans la communauté anglophone de Dinan de 1873 à 1898.

20 juillet 1883, c’est le jour de la distribution des Prix  à l’école de Miss Brown (Fanny Brown).
Mlle Suzanne Egly (née en 1853) est institutrice, Miss Hay et Mr. Guglielmo (musique) font partie de l’équipe d’encadrement.

21 janvier 1887, l’inspecteur des écoles primaires est venu voir la pension de Miss Brown, il souhaite qu’elle se conforme aux nouvelles lois sur l’organisation de l’instruction primaire.

15 décembre 1888, l’école de Miss Brown est appelée officiellement Ker Even. La suite de cette histoire est à retrouver avec l'article sur la création du Collège de Jeunes Filles de Dinan appelé plus tard le Collège Broussais.
 
Villa Ker-Even à Dinan

 
5 juin 1889, dans la petite classe de l’école de Miss Brown, on trouve 5 ou 6 enfants, garçons et filles, Anglais et Français (dont René de Satgé). Les cours se déroulent de 11h à midi…

13 avril 1890, Miss Brown vient voir Cosme de Satgé pour le renouvellement du bail  de Ker-Even
On apprend aussi que Victor Vénard (directeur à l'école des garçons) donnait des cours particuliers à Yvonne de Satgé (il était en retraite depuis 1885). Victor Vénard était né en 1827 à Saint Brieuc. Il était lithographe et instituteur. Il a épousé Jane Lindé (née en 1826) dont les origines étaient de Jersey et d’Allemagne. Elle était organiste.

 

Sources

Archives municipales de Dinan
Presse locale consultée à la Bibliothèque de Dinan
La colonie anglaise, 1800-1940, éditions Plessix, Diane Moore
 
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A lire aussi

L'histoire des protestants à Dinan, cliquer ici

La famille Taffatz, des protestants suisses à Dinan, cliquer ici

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vendredi 5 janvier 2024

Eglise évangélique, 38 rue du Pré-Chesnay à Saint-Brieuc

 

Les bâtiments du 38 rue du Pré-Chesnay à Saint-Brieuc. Photo RF

 
Une Église évangélique, membre de la Fédération protestante, est installée au 38 rue du Pré-Chesnay à Saint-Brieuc dans d'anciens bâtiments industriels appartenant à M. Guilleray.
Les locaux ont été aménagés pour les transformer en lieu de culte après le dépôt d'un permis de modification des lieux en 2015. 
 

 
C'est l'association La Paix de l’Éternel (Ngimbi-Sibi Paul) qui s'est chargée de toutes les démarches administratives.
 
Intérieur du local. Photo RF

 
Intérieur du local. Photo RF


Les membres de cette Église peuvent disposer d'un parking assez vaste situé à proximité, à l'entrée du Tertre Marie-Dondaine.
 
Les fondements de l’Église de la Paix de l’Éternel
 
Cette Église qui a vu le jour en France en 2005 et existe aussi en Angola. Il n'y a que très d'assemblées en France, dont l'une à Sevran (93).
Sur le plan local, elle est animée à Saint-Brieuc par le révérend Ngimbi-Sibi Paul
 
Ngimbi-Sibi Paul. Photo Facebook

La communication du groupe se fait par Internet avec des vidéos et par un compte Facebook. Différents groupes sont constitués à l'intérieur de chaque Église : évangélisation, musique et chant, les héros, les soeurs de valeur, médias...

Précision : cet article n'a pas pour but de propager la foi de ce groupe mais de tracer les grandes lignes de leur histoire à Saint-Brieuc qui s'inscrit dans l'histoire plus générale des différents courants protestants dans les Côtes d'Armor.

 
 
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A lire aussi

A retrouver à partir du sommaire de ce blog, d'autres articles sur les Églises protestantes à Saint-Brieuc comme par exemple l'histoire de l’Église évangélique pentecôtiste de Saint-Brieuc, ici

Sources

Archives municipales, permis de construire.

Facebook de l’Église Évangélique



mardi 2 janvier 2024

L’Église protestante évangélique Perspectives à Saint-Brieuc.

 

Cet article n'a pas pour but de parler de la foi des protestants évangéliques mais de tracer les grandes lignes de leur histoire à Saint-Brieuc ainsi que de partager différents documents liés à leurs activités sur ce secteur.

 

Les protestants évangéliques dans le quartier de Robien. 1960

Prenant la suite d'un groupe qui avait une salle de prière dans la côte du Légué, autour de M. Stamp (article ici), l’Église protestante évangélique s'installe à partir de 1960 au 10 rue Anne-de-Bretagne, dans le quartier de Robien. Elle est membre de la Fédération évangélique de France.

En 1975, deux manifestions sont annoncées par voie de presse. Du 24 au 27 juillet, la mission de Robien est soutenue par un groupe d'une trentaine de jeunes de neuf nationalités qui étudient la Bible et font du porte-à-porte. Le mercredi et le samedi ils tiennent un stand sur le marché.

17 mai 1975 Ouest-France

18 juillet 1975 Ouest-France


En 1985, on trouve cette Église sous le nom de "Mission évangélique Croix-Péron", en référence au nom du carrefour de la Croix-Perron, proche de la rue Anne-de-Bretagne.

 

Travailler avec d'autres

En 1995, la presse locale fait état de la première participation de l'Eglise évangélique baptiste dans le cadre de la semaine pour l'Unité des chrétiens. Pierre Dubois et Carmine Di Nocera, les deux diacres de cette communauté en profitent pour expliquer un peu plus le fonctionnement de leur groupe : autonomie de chaque Église souscrivant à la confession de foi de la fédération, proclamation de l’Évangile, culte dominical, réunions hebdomadaires de prière et d'étude biblique, enseignement des enfants et des adolescents. 

Les deux diacres évoquent des relations avec les protestants réformés mais encore peu de contacts avec l’Église catholique.

Semaine de l'Unité des chrétiens. 18 janvier 1995 Ouest-France

Pierre Dubois. 18 janvier 1995 Ouest-France



En janvier 2010, la situation du dialogue oecuménique évolue : Yves Labbé s'installe à Saint Brieuc quand il prend sa retraite de professeur à la faculté catholique de l'Université Marc Bloch de Strasbourg. Il occupe les fonctions de délégué épiscopal pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. Il multiplie les rencontres, les conférences et les émissions de radio, souvent en compagnie des représentants des autres religions chrétiennes (orthodoxes ou protestants). 
 
De leur côté les protestants réformés prennent des initiatives comme le raconte Jean-Claude Chevalier : "Au moment de la semaine de l'Unité en janvier se déroulait un culte œcuménique mais c'était surtout un culte catholique présidé par l’Évêque. L'idée de construire autre chose germait dans les esprits. Une invitation a été lancée au Temple réformé  où sont venus les églises évangéliques, les pentecôtistes, les orthodoxes, et les catholiques. Les membres présents ont souhaité un autre culte que celui qui était organisé précédemment. Tout a été construit avec l’ensemble des Églises.
Il y avait un thème et chacun avait environ 5 minutes pour intervenir avec sa spécificité. C’était un culte totalement œcuménique, l’évêque était présent mais ce n'était plus lui qui présidait, mais tous les représentants des différentes églises à égalité. 
Le responsable orthodoxe a résumé ainsi ce qui se passait : « Nous nous sommes exprimés dans nos différences, c’est ça l’œcuménisme, se laisser interroger par les différentes expressions » .
Des réunions se sont poursuivies régulièrement sur des projets. Les gens avaient envie de se retrouver et de mener des actions en commun par exemple pour l'épicerie solidaire qui était une belle initiative, lors de repas en plein air".
 
Ci-dessus, photo publiée dans ouest-France le 24 janvier 2010.
Lors de la semaine de l’Unité des Chrétiens en janvier 2010, une célébration réunit six confessions :
Pierre Dubois, protestant évangélique ; Hazel Door, église anglicane ; Valentin Kouacou-Mian, catholique ; Jean-Michel Sonnier, prêtre orthodoxe ; Jean-Claude Chevalier, église protestante réformée ; Thierry Le Gall, pasteur pentecôtiste.



Semaine de l'unité des chrétiens. Janvier 2010. Ouest France



On peut aussi parler d'un autre exemple avec cette conférence sur la prévention du suicide que Jean-Claude Chevalier de l’Église réformée ira faire au Temple évangélique de St Brieuc.

 

En 2010, un beau projet d'exposition et de conférences sur "Bible, patrimoine de l'humanité" mobilise de nombreuses personnes au sein d'un comité de pilotage avec des catholiques, l’Église réformée et le pasteur de l’Église évangélique.
Cette exposition a été vue dans 5 villes en 2009, Monaco, Nîmes, Strasbourg, Vannes avant de venir à Saint-Brieuc. Elle a ensuite été inaugurée officiellement au siège de l'UNESCO en février.




2010 Théâtre.


Jusqu'en 2010, L’Église évangélique bénéficiait des services de pasteurs puis elle a été animée par une association culturelle présidée par Pierre Dubois. L'assistance moyenne au culte du dimanche était de 50 personnes. Ce groupe s'est particulièrement investi en 2010 pour présenter à l'espace Lamennais une pièce de théâtre jouée par 15 acteurs amateurs sur l’Évangile de Marc, appelée "Marc, l'expérience" (samedi 22 janvier 2011).

Mais en 2010, une page se tourne et l’Église évangélique déménage.

10 rue Anne de Bretagne à St Brieuc

 

 

Un nouveau lieu de culte, rue Niépce. 2010

Le bâtiment est acquis en 2010 et d'importants travaux de rénovation sont entrepris par cette communauté qui compte une cinquantaine de fidèles. Ce local avait été celui de la "Crêperie Cessonnaise" jusqu'en 1997 par exemple et n'était pas adapté de suite pour une église !

Le 24 octobre 2014, Ouest-France fait le compte-rendu de l'inauguration du nouveau temple au 10 bis de la rue Nicéphore-Niépce par le pasteur Mickaël Piette : "Nous utilisons ces locaux depuis quelques mois mais il restait des travaux à terminer", explique le pasteur, Michaël Piette, 39 ans, marié et père de deux enfants. 

Mickaël Piette pour l'inauguration. Photo Ouest-France 24 octobre 2014

Ce jour-là, l'inauguration rassemble plus de quatre-vingts personnes, dont l'adjointe au maire, Sylvie Grondin (à droite sur la photo), et plusieurs dignitaires catholiques (l'abbé Gérard Nicole et l'Yves Labbé, deuxième et troisième en partant de la droite au premier rang) et protestants de Saint-Brieuc.

Inauguration. Photo Le Télégramme 22 octobre 2014

 

L’église protestante évangélique de Saint-Brieuc s'ouvre au public par différentes manifestations :

En avril 2014, la chorale des étudiants de l'Institut Biblique de Nogent-sur-Marne se produit à Saint-Brieuc.

En 2015 est lancé un atelier gospel et en juin 2016 a lieu un concert.

4 juin 2016

 

Le groupe gospel avec Sonya Pinçon à droite. Photo Le Penthièvre 3 septembre 2019


Le 10 juin 2017 l’Église reçoit le groupe Holy River Gospel et Sonya Pinçon.

Le 17 décembre 2017, l’Église protestante évangélique ouvre ses portes pour une représentation unique de la fameuse histoire de Noël de Charles Dickens : le Conte de Noël. L'organisation (acteurs, musique, mise en scène, etc.) est assurée par des bénévoles fréquentant l'église. L'objectif de cette représentation : offrir un bon moment, mais aussi "ramener vers le sens véritable de cette fête".

Cette Église évangélique est rattachée à deux Églises semblables à Lamballe et Lannion (longtemps située 42 rue Joseph Morand, puis à la chapelle des Fontaines). Mickaël Piette est en charge des trois. Elles font partie de Perspectives, une Église née de la fusion de France-Mission et de Vision-France, deux unions d'Églises évangéliques.

 

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Sources

Articles de Ouest-France

Église Perspectives, un témoignage sur le parcours d'Hélène Martinez à retrouver en cliquant ici 

Facebook de Mickaël Piette (pour les adeptes de vélo et de musique aussi !), ici

Une initiative en 2004

La chorale malgache Mirana se produit en concert dans l’Église évangélique de Robien en octobre 2004. 

Chorale malgache à Robien. Photo Le Télégramme 20 octobre 2004


 

 

lundi 1 janvier 2024

Les protestants évangéliques pentecôtistes à Lannion

 

Eglise évangélique de Lannion, route de Guingamp. Image Google

Cet article n'a pas pour but de de propager la foi des protestants pentecôtistes mais de tracer les grandes lignes de leur histoire à Lannion ainsi que de partager différents documents liés à leurs activités sur ce secteur. 

 

Les pionniers du protestantisme pentecôtiste dans le secteur de Lannion

Dans les années 50, Priscilla Johnson ouvre un lieu d'accueil pour les enfants au château de Coatilliau en Ploubezre. Des cours bibliques y sont également donnés jusqu’en 1955.

Dans les années 70, le pasteur Michel Pelletier, en charge de l’église évangélique de Brest, commence à organiser des réunions évangéliques de maisons à Lannion.

 

Premier lieu de culte. 1978

En 1978, un premier lieu de culte est trouvé à Lannion, rue Félix le Dantec avant de déménager dans un second lieu, 8 venelle des Trois-avocats, le local est acheté par Michel Pelletier. Le pasteur Henri Le Hir est le responsable de la communauté qui est composée d'une quinzaine de personnes. Puis viendront les pasteurs Gérald Reynaud et Daniel Bodolec. 

En 1997, le pasteur Gérard Musoni prend la tête de l’église et un an plus tard, il accompagne le mouvement d'autonomie vis à vis de l’Église de Brest.

Construction d'une salle de culte. 2003

Le local de la venelle des Trois-avocats est vendu et en 2003 une salle de prière est construite, 4 rue de Kergreis, route de Guingamp, sur un terrain de trois mille mètres carrés. C'est un local vaste, moderne et fonctionnel. Comme le dit le pasteur Musoni dans Ouest-France le 5 avril 2003 : "Chez nous, ce n'est pas l'architecture qui compte." Au rez-de-chaussée des salles permettent de se réunir et de célébrer le culte. La capacité est de 180 personnes. Une garderie est prévue pour les enfants. A l'étage on trouve un bureau pour le pasteur et de petites salles. Le pasteur est rémunéré au Smic par la communauté.

Gérard Musoni Lannion 5 avril 2003 Ouest-France

Au fur et à mesure des années, la communauté voit se succéder les pasteurs Jonathan Besnard, Fabio Morin, Thierry Le Gall. En 2018 arrive Denis Biava après le départ à Brest de Fabio Morin (article du Télégramme 5 décembre 2018, en cliquant ici). Denis est accompagné par son épouse Nathalie, très impliquée également.

L’Église est membre de la Fédération Protestante de France.

Denis Biava, photo Le Télégramme 2018

La communauté est très active et se développe à partir des années 2000. On peut trouver de nombreuses vidéos sur Internet.

Le 26 février 2023 marque une étape dans la reconnaissance du travail effectué par l’Église de Lannion. Ce jour-là, le culte du dimanche est retransmis à la télévision sur France 2 dans le cadre de l'émission "Présence protestante". (article dans le journal Réforme, en cliquant ici)

L'histoire de cette Eglise se vit au quotidien et elle peut être retrouvée sur Internet où de nombreuses vidéos sont disponibles...


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A lire aussi

Histoire de l’Église évangélique pentecôtiste de Saint-Brieuc, ici

Sources

Articles du Télégramme et de Ouest-France

Site de l’Église Évangélique de Lannion ADD (Assemblées de Dieu), page sur l'histoire de cette Église, ici

Facebook de l’Église Évangélique de Lannion, ici


 

samedi 23 décembre 2023

Priscilla Johnson, née Johnson (1894-1983) missionnaire protestante à Plouha puis à Coatilliau

 

Priscilla Hoops est une missionnaire protestante américaine qui a consacré sa vie aux enfants orphelins. Elle passera plusieurs décennies  au XXe siècle dans les Côtes-du-Nord, à trois endroits différents. Priscilla Hoops est née le 30 janvier 1892 à Newark dans le New Jersey aux États-Unis. Par mariage, elle deviendra Mme Johnson. 


L'oeuvre de Priscilla Johnson à Plouha.1928-1930

Avant qu'elle ne quitte les États-Unis pour s'installer France en 1927, ses amis lui adressent un message : « Élargis l'espace de ta tente ; qu'on déploie les couvertures de ta demeure. »(cité dans Ouest-France, édition du 16 juin 2017)

Arrivée en France, le premier lieu trouvé en 1928 par Priscilla Hoops, pour s'occuper d'orphelins et d'enfants défavorisés, est une location à Plouha. La maison se trouve au niveau de la plage du Palus et s'appelle la Maison des roses. En 1930, Priscilla Hoops déménage à Paris avec les enfants dont elle a la charge.

Le 19 septembre 1931, Priscilla Hoops se marie avec un protestant, Kenric Arnot Johnson (1890-1950).

En 1940, la guerre oblige le couple Johnson, et vingt-trois enfants qui leur avaient été confiés, à se réfugier en Angleterre.

La villa Les Roses en Plouha, site Jean-Yves Carluer

Hector Arnéra, missionnaire à Plouha.

Dans la même mouvance que les Johnson, dans le recensement de 1931, au Palus à Plouha, on trouve la famille d'Hector Arnéra (1890-1966), missionnaire évangélique. Après avoir servi dans l'armée italienne comme aumônier bénévole pendant la guerre 14-18, il ouvre une Église évangélique à Cannes, en 1920. Il voyage et s'installe à Plouha, autour des années 30, où son fils Alexandre Louis Virgile est né le 21 juillet 1927 (peut-être lors d'une mission en été ?). On sait que Hector Arnéra a effectué plusieurs missions dans ce secteur, parfois avec ses frères, en 1927, 1928, 1930, 1931,1932... puis en 1946 au Château de Coatelliau chez les Johnson.

Cette maison de Plouha sert de base à Hector Arnéra pour loger sa famille mais lui, de son côté, parcourt les routes de France jusque dans le sud pour continuer d'effectuer des missions.

Hector Arnéra. Recensement 1931 à Plouha.Vue 50. Archives départementales

 

L'oeuvre de Priscilla Johnson à Coatilliau en Ploubezre. 1946-1955

Les enfants de Priscilla Johnson au Château de Coatilliau, en 1952.

 

Ouest-France dans son édition du 16 juin 2017 raconte cette histoire de Priscilla Johnson à Coatilliau. On y apprend qu'en 1945, alors qu'elle est en Angleterre, le Ministère de la Santé lui demande de revenir en France pour s'occuper d'enfants déshérités.

Sous l'impulsion de Priscilla Johnson, 46 enfants sont hébergés au château de Coatilliau entre 1946 et 1955. Ce lieu se situe à Ploubezre au sud de Lannion ; à proximité de la Mission évangélique de Trémel qui héberge également des enfants. Les deux communautés entretiennent de bonnes relations.

Madame Johnson restera dix années dans le Trégor à aider de jeunes orphelins.

Ce château de Coatilliau est entouré de seize hectares de terre. Seize enfants forment le premier groupe de pensionnaires : « Le toit du château est en très mauvais état et nous pouvons compter cinquante-trois vitres brisées ou manquantes », écrit-elle.

Le Château au sud de Lannion. Carte Google

La missionnaire et son équipe se mettent au travail pour réussir à rénover le château. Bien vite, de tout le Trégor, on envoie des vêtements et diverses choses de première nécessité. Mme Johnson organise la redistribution pour ceux qui en ont encore plus besoin Des habitants du secteur envoient même leurs  enfants aux études bibliques.

« Nous l'appelions Tanté, se souvient Michèle Le Biennec, qui passait des après-midi et des nuits entières chez Priscilla Johnson. La maison était toujours ouverte, on y trouvait une réelle chaleur humaine. » 

Le missionnaire Hector Arnéra vient rejoindre les Johnson et tient des réunions d'évangélisation dans le château mais aussi dans les alentours. (D'après Les Frères larges. S Aharonian)

Et après le décès de Ken Jonhson en juin 1949, le Gallois John Morris arrive auprès de Mme Johnson en 1950 à Coatilliau et l'Américaine Louise Allen en 1954.

En 1955, le bail de location arrive à expiration et Mme Johnson doit chercher un autre lieu pour continuer sa mission auprès des enfants. Ce sera à l'autre extrémité du département des Côtes-du-Nord, à Quévert, à côté de Dinan.


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A lire aussi dans ce blog

L'histoire de Priscilla Hoops à la Maison blanche à Quévert, ici

 

Sources

Ouest-France, édition du 16 juin 2017

Blog de Jean-Yves Carluer, article sur la famille Arnéra, ici.

Les Frères larges, S Aharonian. 2016

France-Mission, Gilbert Presle-Fabio Morin, éditions Silas 2017

Généanet, Hector Arnéra ici

Généanet, Alexandre Arnéra né à Plouha en 1927, ici 

Inventaire du Patrimoine Culturel en Bretagne, notice sur le château de Coatilliau, ici